Bonjour, bonjour !

Merci à tous pour vos reviews, elles me font chaud au cœur. Je suis désolée si je met un certain temps à répondre à certains d'entre vous, des fois je pense avoir répondu et en fait non et après je m'embrouille et c'est une galère sans nom. Je prend toutefois le temps de répondre aux anonymes mentalement en espérant que vous percevez ma gratitude mais j'ai peu de foi en mes capacités surnaturelles donc bon. Sachez toutefois que je les lis et les relis et que je suis toujours aussi touchée par vos commentaires. Voilà !

Ensuite, voici donc le nouveau chapitre, fraichement pondu. J'espère que ça va vous plaire !


« Bonjouuur, partenaire ! », je m'exclame en surgissant derrière Allison alors qu'elle est en train de se servir une tasse de café. La salle de repos est calme ce matin et la jeune femme est la seule présente dans la pièce, raison pour laquelle je m'autorise cette espièglerie. J'évite de le faire quand les autres sont là parce qu'ils racontent à mon père que je fais des conneries et il en profite pour me refiler de la paperasse pour se venger.

Allison sursaute mais parvient, avec une dextérité que je ne peux m'empêcher d'admirer, à garder son uniforme intact de tout liquide. Elle se tourne ensuite vers moi et me lance un regard assassin qui me fait frémir. Bon OK, peut-être que la surprendre ainsi n'était pas la meilleure idée du siècle.

« Si jamais tu refais–

– Nope ! Plus jamais, promis », je la coupe précipitamment afin de ne pas entendre ses promesses de tortures. Ally n'est pas la même sans caféine. Et elle porte un flingue en ce moment alors je ne vais certainement pas faire le malin. Je préfère prendre une tasse dans le placard et me servir à mon tour pour lui faire comprendre que je ne suis pas venu ici uniquement pour la faire chier. Un silence s'installe rapidement et je touille mon café en trépignant sur place. Est-ce que j'ai déjà dit que je détestais le silence ?

« Tu sembles fatiguée ce matin…, je lance avec hésitation tout en rajoutant mes trois sucres habituels dans ma boisson.

– Et toi tu es bien trop énergique », me réponds-t-elle en me fixant suspicieusement. Elle jette un regard à la pendule et semble encore plus perplexe. Habituellement à cette heure-ci tu en es encore au stade où tu grognes comme un zombie au lieu de faire des phrases…

J'hausse les épaules. Le ton n'est pas très aimable mais au moins elle me répond, je suppose qu'on ne peut pas tout avoir.

« Batterie de secours, on en reparle dans deux heures quand elle sera épuisée et que je serais en train de me trainer sur le sol pour aller me chercher un autre café, je dis avant de plonger mon nez dans ma boisson.

– Non, ce n'est pas ça, répond-elle en fronçant les sourcils. Elle m'examine de haut en bas avant de rajouter, il y a quelque chose de différent…

– Ah bah enfin, je te ferais dire que ça fait des semaines que j'ai arrêté de mettre du gel dans mes cheveux, je pensais que tu ne le remarquerais jamais ! »

Mais Ally ne semble pas m'écouter et continue de me regarder scrupuleusement, comme si la réponse à sa propre question allait s'inscrire sur mon front. Un moment passe et son regard s'adoucit tandis qu'un sourire vient décorer ses lèvres, faisant ressortir ses adorables fossettes.

« Tu sembles… heureux », souffle-t-elle en penchant légèrement la tête sur le côté. Une habitude qu'elle a très clairement prise de Scott. Comme s'ils étaient pas déjà assez adorables comme ça, ils faut en plus qu'ils s'échangent leurs combines. J'appelle ça de la triche, moi.

J'intègre ensuite ce qu'elle vient de dire et je renifle moqueusement pour masquer le sourire idiot qui menace de se former sur mes lèvres.

« Comment ne puis-je pas l'être avec une coéquipière aussi merveilleuse que toi ? »

L'Art de la Diversion, par Stiles Stilinski.

Elle prend le temps de lever les yeux au ciel d'une manière très exagérée avant de répondre :

« Nous savons tous les deux que je ne suis pas celle qui te rend si… guilleret. »

Bon ok, je dois encore étoffer ma technique mais pour ma défense elle perd de son efficacité quand la personne me connait bien.

« … Sérieusement ? Guilleret, tu es sûre de ton choix ?

– Transi d'amour, si tu préfères, rétorque-t-elle avant de prendre une gorgée de sa boisson, me laissant face à son regard malicieux.

Je ne préfère rien du tout.

– Qui est transi d'amour ?

Je sursaute violemment en entendant la voix reconnaissable entre toute de mon père et je lance un regard d'avertissement à Ally, qui semble alors sur le point d'éclater de rire, avant de me tourner vers lui avec un grand sourire bien faux plaqué sur le visage. Tout son flanc droit est appuyé sur le mur et il nous regarde avec un sourcil haussé, les bras croisés sur sa poitrine. Son attitude crie la désinvolture mais je ne suis pas dupe, son regard est celui d'un homme en quête d'informations. Dans sa main gauche, sa tasse préférée, celle que je lui ai offerte il y a des années et sur laquelle il est marqué « Meilleur shérif Papa du monde ».

« Allison. Elle parlait du café. Parce qu'elle en avait besoin. Du coup c'était une image tu vois, pour dire qu'elle était contente d'en avoir enfin. Elle en avait plus chez elle, tu comprends… le café, l'amour tout ça », je balbutie tout en sachant très bien que ce que je dis ne veut rien dire et au vu de la tête de mon paternel il a très bien compris que je disais que de la merde. Du coin de l'œil je vois Ally se planquer derrière sa tasse pour cacher son sourire et je la déteste un peu pour ça. Tout est de sa faute.

« Bien sûr », lance mon père du ton le moins convaincu du monde. Il se redresse ensuite et vient se planter devant la machine à café sans rien dire de plus.

On regarde nos tasses pendant de longues seconde tandis que mon père continue sa tâche, l'air de rien.

« Bon et bien on va aller travailler, nous », je lance en faisant les gros yeux à la brune qui en profite pour acquiescer et saluer mon père avant de filer en direction de la sortie de la pièce.

Il hoche la tête avec un sourire qui me met mal à l'aise, comme s'il savait quelque chose que j'ignore et que l'idée le faisait clairement jubiler…

… Parrish n'aurait tout de même pas vendu la mèche, si ?

Non. C'est Parrish voyons. Gentil Parrish.

Mais ce sourire ne me dit rien qui vaille… il a l'air bien trop satisfait de lui-même.

« Je croyais que tu allais travailler ? », dit-il soudainement, me sortant de ma réflexion. Il arbore toujours son sourire. Il parait même encore plus grand maintenant.

Je vais tuer Parrish !

« J'y vais, j'y vais ! », je lance tout en me précipitant en dehors de la pièce. Il va falloir que j'ai un petite conversation avec le blond, et vite.


« Donc tu n'as rien dit ? », je murmure précipitamment en croisant les bras, les yeux rivés sur ceux de mon collègue. Après deux heures et demi d'essais infructueux j'ai enfin réussi à coincer Parrish à son bureau.

Celui-ci soupire tout en se passant une main lasse sur le visage.

« Pour la énième fois, non je n'ai rien dit à ton père. », répond-il sous les rires d'Allison qui écoute notre conversation tout en prétendant bosser. Je lui lance un regard noir parce que c'est un sujet très sérieux et qu'elle n'a pas le droit de rire. J'ai besoin d'être sûr qu'il n'a pas vendu la mèche.

« Alors comment ça se fait-il qu'il soit au courant ?! je m'écrie violemment en levant les bras au ciel. Je m'empresse de regarder autour de moi après mon explosion pour voir si quelqu'un fait attention à nous mais la pièce est presque vide. Je pousse un soupir de soulagement.

– Est-ce qu'il t'a dit de façon claire qu'il était au courant ? me demande Jordan avec un air pensif.

– Non mais il avait ce sourire–

Il lève les yeux au ciel tout en me coupant la parole comme un malpropre.

– Peut-être qu'il sait simplement que tu lui cache quelque chose et qu'il agit de cette manière parce que ça le fait rire de voir tes réactions ? C'est ton père Stiles, il te connait assez pour savoir quand quelque chose de nouveau se passe dans ta vie…

– Ou alors, je rétorque, il veut me faire croire qu'il sait pour que je lui dise que je sais qu'il sait et ainsi il saura vraiment puisque je lui aurais tout avouer moi-même ! je m'exclame vivement.

Je tourne mon regard sur le blond, qui me regarde à présent les sourcils froncés et la bouche ouverte, l'air perdu.

– Quoi ?

– T'es complétement cinglé.

J'ouvre la bouche pour répliquer (de manière intelligente et quelque peu cinglante à la fois, je tiens à le préciser) mais m'interromps quand la porte du bureau de mon père s'ouvre sur ce dernier. Je m'empresse de regagner mon bureau pour ne pas me faire réprimander sous l'œil goguenard de Parrish à qui je lance un regard noir.

« Stiles. »

Mon cœur rate un battement tandis que je tourne la tête vers mon père. Celui-ci me fait signe de venir dans son bureau et je déglutis. Je lance ensuite un regard alarmé à Allison qui hausse les épaules, l'air de dire « je peux rien faire pour toi ».

Mon père se tient devant une multitude de dossier quand je le rejoins et je soupire de soulagement quand je comprends qu'il m'a fait venir pour parler boulot, ce qui devrait être la première chose à laquelle je pense vu que je suis présentement sur mon lieu de travail mais le sourire de ce matin m'a vraiment perturbé.

« Je ne sais pas vraiment quoi faire de plus concernant l'affaire des loups, les recherches en forêt n'ont rien donné, on a aucune trace d'eux et plus aucun témoin. La seule solution qu'il nous reste pour le moment est d'être préparé au cas où ils décideraient de roder à nouveau en pleine ville. Je vais renforcer la sécurité au niveau des routes situées près de la réserve ainsi qu'en centre-ville et espérer qu'il n'y ait pas d'autres attaques, commence-t-il directement après avoir refermé la porte derrière moi.

J'hoche la tête avant de prendre la parole : « Nous sommes tous prêts à effectuer des heures supplémentaires si tu penses que c'est nécessaire tu sais. Parrish et Donna ont déjà commencé à évoquer le sujet avec le reste du poste. »

Mon père m'accorde un sourire fatigué et je sais sans qu'il n'ait besoin de le dire qu'il est reconnaissant envers tout le monde. J'ai envie de lever les yeux au ciel, parce que franchement des fois j'ai juste envie de lui rappeler qu'on a pas choisi ce boulot juste pour l'uniforme et les donuts.

« Est-ce que tu pourrais rendre visite à Deaton quand tu auras un peu de temps, je voulais aller le voir pour lui demander son avis concernant les loups mais je suis complètement surmené par les événements et je dois encore préparer–

– Pas de soucis, je lui réponds immédiatement. Je passerais le voir dans les prochains jours.

Il acquiesce et récupère un dossier sur son bureau qu'il me tend ensuite.

« Il contient les photos prises par le légiste ainsi que son rapport concernant les différentes traces retrouvés sur les lieux », me dit-il en voyant mon air interrogatif. Je l'ouvre, intrigué et le referme presque aussitôt avec une moue dégoutée qui fait rire mon père. Il secoue la tête doucement en me regardant avant de froncer les sourcils.

J'hausse les miens en réponse.

Il me regarde de haut en bas avant de reprendre la parole avec un ton incrédule :

« Est-ce que je rêve ou tu as repassé ton uniforme ?

Je grimace tout en essayant de trouver une excuse plausible pour expliquer le fait que oui, j'ai repassé mon uniforme avant de venir ce matin. Comme Derek passe au poste ce midi, je voulais être sûr d'avoir l'air présentable. Surtout qu'il a l'air d'apprécier l'uniforme alors je ne vais certainement pas lui refuser l'occasion de me voir bien apprêté.

– Et tu t'es parfumé ?! s'exclame-t-il après un moment. Le visage bien trop près. Je m'écarte brusquement.

Bon OK, je sais que c'est bizarre que Derek me renifle et tout mais bon je commence limite à trouver ça excitant moi, alors je veux être sûr de sentir bon dans le cas où il déciderait de le faire tout à l'heure… Ce n'est pas pour ça que j'ai envie que mon père s'y mette aussi par contre. Eurgh, dégoûtant.

– Bah quoi, j'ai plus le droit de prendre soin de mon apparence maintenant ? Tu dis ça comme si je le faisais jamais, je marmonne en croisant les bras dans une attitude défensive.

– Parce que c'est le cas ! Je te rappelle que c'est la raison pour laquelle j'ai éclaté de rire la première fois que tu m'as dit que tu étais gay. Tu es surement le gay le moins bien habillé de toute la planète !

Je pousse une exclamation offusquée – qui est quelque peu exagéré OK parce que je sais qu'il a raison– mais je n'ai pas le temps de répondre qu'il reprend :

« Qui est-ce ?

– Hein ? je glapis, tout en entendant mon cœur partir en couille.

– L'homme avec qui tu sors et dont tu ne veux pas me parler ? demande-t-il en haussant les sourcils. C'est étrange d'ailleurs vu que d'habitude tu as plutôt tendance à m'ensevelir sous les détails de tous les hommes pour qui tu as un intérêt… attention, je ne vais pas me plaindre hein parce que c'est le genre de chose que je n'ai pas besoin d'entendre mais j'aimerais seulement savoir ce qui est différent, cette fois, pour que tu sois si secret à son sujet… ajoute-t-il pensivement.

Ça y est, je suis foutu.

Je ne vais pas pouvoir m'en sortir avec un mensonge cette fois…

Je sais que si j'ouvre la bouche maintenant je vais finir par tout lui dire et il va se rendre compte que c'est du sérieux et qu'on ne parle pas ici d'un vague intérêt, mais bien d'une relation avec des sentiments compliqués que je commence tout juste à comprendre moi-même et à accepter, et c'est la première fois et ça me stresse. Nous échangeons un regard et j'ouvre finalement la bouche en voyant la lueur inquiète dans ses yeux bleus. Merde. J'ai pas envie qu'il se mette à penser le pire alors que le problème vient seulement de moi.

Je suis interrompu quand quelqu'un frappe à la porte et je pousse un soupir de soulagement quand mon père détourne son attention de ma personne.

« Shérif, commence Donna en passant la tête derrière la porte, je sais que vous êtes occupés mais Derek Hale est là pour vous voir. »

Je me tends brusquement en entendant le nom du brun et mon père qui s'était tourné vers la jeune femme, me lance alors un regard suspicieux.

OH MON DIEU, je suis tellement cramé.

« Oh bien sûr, je lui avais dit de passer, fais-le entrer Donna », répond-il sans me quitter des yeux.

Je me dandine sur place en espérant sans vraiment trop y croire qu'il va me dire qu'on a terminé et me laisser partir.

La blague.

Le silence pesant perdure jusqu'au retour de Donna, qui cette fois-ci ouvre la porte en grand pour laisser passer Derek. Le brun remercie l'assistante avec un sourire poli – Tiens, je le connaissais pas celui-là – qui disparait aussitôt qu'il jette un œil sur nous. Faut croire que la tension est vraiment palpable.

Merde.

Derek pose ses yeux verts sur moi – bien trop longuement pour que ça paraisse naturel– avant d'hocher la tête maladroitement.

« Stiles.

– Derek. »

C'est ridicule.

Il focalise ensuite son regard sur mon père –qui nous fixe un peu trop intensément à mon goût– et le salue à son tour.

« Shérif, j'espère que je ne vous dérange pas, je suis juste passé chercher mes clés… comme nous en avions discuté la dernière fois. », dit le brun avec une certaine hésitation.

Wow, encore ce ton poli, ça fait vraiment bizarre quand on est habitué aux grognements et aux regards noirs.

Je me sens spécial d'un coup.

Je sors de mes pensées et remarque que les deux hommes sont en train de se fixer sans rien dire. Derek semble sur le point de se barrer en courant et je comprends pourquoi quand je vois mon père le fixer avec un visage sans expression vraiment flippant.

Cela dure quelques secondes puis, alors que Derek semble sur le point de se mettre en PLS, mon père (qui semble totalement avoir oublié mon existence) brise la tension en allant fouiller dans le tiroir de son bureau, l'air de rien.

« Bien sûr, laisse-moi une seconde, le temps que je les retrouve. », dit-il avec un sourire aimable qui contraste brutalement avec la tête qu'il tirait encore deux secondes auparavant.

Derek profite du fait qu'il soit penché pour me lancer un regard paniqué et je lui réponds par un regard similaire parce que je ne sais pas vraiment quoi faire d'autre. Il amorce un geste dans ma direction mais je secoue la tête vivement et il se renfrogne.

Mon père fait à cet instant claquer son tiroir en le refermant violemment et je sursaute, le cœur battant à la chamade. Quand je pose à nouveau mes yeux sur lui, il nous jette un regard confus ce qui n'est pas étonnant vu les têtes qu'on doit tirer.

Il est temps de fuir.

« Bon, si tu n'as plus besoin de moi, je vais retourner travailler, je lance tout en me dirigeant vers la porte à reculons. Derek me lance un regard noir que je prétends ne pas voir et mon père acquiesce tout en tendant les clés au brun.

– On reprendra notre conversation dimanche midi, répond-il en me jetant un regard appuyé.

– Hun hun, dimanche tout à fait, on fait ça. »

Je m'empresse d'ouvrir la porte et je lance un dernier regard à Derek avant de sortir. Le brun semble hésiter entre la colère et la panique et je me sens presque mal de le laisser là tout seul. Presque.

« À plus tard ! » je finis par dire avant de refermer la porte.

Il s'en sortira…


Le restaurant est plein de monde quand j'entre à l'intérieur et il me faut un moment avant de repérer la tête brune de Derek. Il est assis à une table, tout au fond de la salle et semble assassiner son téléphone du regard. Jusque-là, rien d'inhabituel. Il relève la tête brusquement, comme s'il avait senti mes yeux sur lui et croise mon regard. Son visage s'éclaire un instant avant de se rembrunir presque immédiatement et je grimace tout en me dépêchant de le rejoindre.

Bien sûr, il fallait qu'il soit rancunier.

Je me penche vers lui et l'embrasse chastement avant de m'affaler sur la banquette en face de la sienne. Je sens son regard suivre mes mouvements mais il ne dit rien alors je dirige mon attention sur le menu.

« Alors, qu'est-ce qu'ils font de bon ici ? », je m'exclame avec enthousiasme.

Seul le brouhaha ambiant du restaurant me répond et je lève les yeux au ciel avant d'abaisser mon menu. Le brun a les bras croisés sur sa poitrine et je suis fier de pouvoir affirmer que l'expression de son visage ne véhicule en moi qu'un sentiment d'amusement et une bouffée d'affection.

J'aime quand il boude.

Ça me donne envie de le taquiner jusqu'à ce qu'il craque.

« Quoi ? je demande innocemment tout en essayant de garder un visage neutre.

– Stiles… », grogne-t-il.

Merde. Je sais bien que le ton qu'il emploie est censé m'avertir d'arrêter mes conneries mais la réaction que cela provoque dans mon corps est tout autre, je me tortille sur mon siège alors qu'une image s'impose dans mon esprit, image dans laquelle il grogne mon nom de cette façon dans une situation bien plus... intéressante.

« Stiles. »

Je sors de ma rêverie et plonge dans un regard vert troublé. Il arbore toujours son air revêche mais je discerne à présent une certaine rougeur au niveau de ses pommettes. Bizarre.

« Bon OK, je suis désolé de t'avoir laissé tout seul avec mon père, mais crois-moi il valait mieux pour nous deux que je m'en aille, j'étais beaucoup plus en danger que toi je te signale ! je lance en m'agitant, manquant de faire tomber mon verre dans le processus.

Il pousse un soupir et finit par se détendre. Je suppose qu'il se dit que c'est plus fatigant d'être énervé que de laisser tomber l'affaire. Ou alors, il s'est rendu compte que j'avais raison. Hum, ça m'étonnerait.

« Je comprends. C'est juste qu'il est compliqué d'agir naturellement quand on discute avec le père de son petit-ami tout en sachant que celui-ci n'est pas au courant de votre relation, lance-t-il avec un regard appuyé.

OUTCH.

Je suppose que j'ai mérité ce ton accusateur.

Penaud, je me rapproche et prend sa main dans la mienne.

« Je sais, je sais. Je lui dirais dimanche, lors de notre déjeuner… OK ? je demande tout en cherchant son regard. Je ne veux pas qu'il pense que j'essaye de cacher notre relation, c'est juste que je n'ai jamais eu à présenter quelqu'un à mon père auparavant.

Ses yeux se laissent finalement capturer et il répond après avoir poussé un léger soupir.

« Je ne veux pas que tu te sentes forcé, je sais que…ce n'est… s'ils n'avaient pas débarqués comme des fous furieux, tu n'aurais pas rencontré Laura et les autres avant un moment non plus. », avoue-t-il maladroitement.

Je ne suis pas vraiment choqué de l'appendre. Derek est du genre à garder les choses pour lui jusqu'au point de saturation.

« Nah, vaut mieux que je lui dise rapidement ou quelqu'un en ville finira par le faire – il a un nombre étonnamment élevé d'espions, à ton avis pourquoi je t'ai donné rendez-vous dans un restaurant végétarien ? C'est le seul endroit en ville où il n'a jamais mis les pieds– bref, là pour le coup il me passerait le savon du siècle. Quant à toi, il te coincerait quelque part et ferais en sorte que tu lui avoues tous tes secrets les plus sombres ceux qui te rongent la nuit, ceux qui te font rougir de honte, ceux–

– J'ai saisi. »

Je reste un instant la bouche ouverte avant de lui lancer un regard noir auquel il répond par un haussement de sourcils moqueur. Son téléphone vibre à cet instant et vient briser notre échange. Le brun y jette un bref coup d'œil avant de grogner.

« Laisse-moi deviner, Laura ? je demande avec un sourire en le voyant répondre de manière beaucoup trop agressive au sms. Il hoche la tête, toujours concentré sur son portable et je l'observe la tête dans la main, parce qu'il tape aussi lentement que mon père et que ça me faire rire à chaque fois que je le vois faire.

– J'avais oublié à quel point vivre avec eux était fatigant, finit-il par dire d'un ton las en reposant son téléphone sur la table.

J'éclate de rire devant son expression.

« Ça n'a rien de drôle, ils n'arrêtent pas de me demander d'acheter tout et n'importe quoi, ils foutent le bordel dans tout mon appartement et ils me réveillent aux aurores tous les matins parce qu'aucun d'eux–

– Viens dormir chez moi, si tu veux, je lance.

Hein ?

– Hein ? »

Derek me regarde avec de grands yeux, la bouche encore ouverte et je me serais surement vanté d'avoir fait apparaitre cette expression sur son visage si je n'avais pas exactement eu la même.

Je cligne des yeux et prie pour qu'un serveur apparaisse.

Pourquoi, pourquoi faut-il toujours que j'ouvre la bouche avant de penser aux conséquences ?

Ça me met dans des situations pas possibles depuis que j'ai appris à parler, bordel de merde.

Faut croire qu'on apprend jamais véritablement de ses erreurs…

« J'ai dit, je finis par marmonner après m'être humecter les lèvres, que tu pouvais venir dormir à la maison cette nuit si tu voulais.

Il me regarde toujours comme si je lui avais proposé de faire un threesome avec son oncle (frisson) et je ne sais pas vraiment quoi dire d'autre pour le débloquer. Je veux dire, on a tous les deux plus de 20 ans et on sort ensemble, même moi je peux dire sans paniquer que c'est forcément quelque chose qui allait arriver un jour, non ?

Son manque de réaction me fait paniquer par contre, provoquant un nouveau flot de paroles :

« Je travaille cette nuit, donc tu seras tranquille. C'est pour ça que je t'ai proposé, comme ça tu pourras dormir dans un vrai lit plutôt que dans ton canapé pourri. Après, si ça te gène, je comprends, je pensais juste que c'était une bonne idée, d'autant plus que j'aime l'idée de te savoir chez moi, même si je ne suis pas là. Et pas que cette nuit hein, tu pourrais venir crécher à chaque fois qu'ils deviennent trop envahissant… »

Le brun cligne des yeux lentement tandis que je continue mon monologue.

« Laisse tomber ce que je viens de dire, rien que l'idée de passer la nuit chez moi semble t'avoir complétement bloqué alors on va éviter d'aggraver les choses en parlant d'autres nuits…

–OK. Je vais venir. »

La fin de ma phrase reste bloquée dans ma gorge tandis que je croise le regard de Derek. Le brun semble enfin fonctionner à nouveau et je soupire de soulagement.

« OK, OK, OK. Bien. J'ai cru t'avoir perdu pour de bon, là », je réponds pour essayer d'alléger l'atmosphère.

Il a le culot de lever les yeux au ciel, comme si j'étais celui qui s'était figé pendant 2 bonnes minutes.

« J'étais en train de réfléchir, Stiles, comme font la plupart des gens normaux avant de parler », réplique-t-il avec sarcasme.

– C'est ça Grincheux, essaye de te convaincre que tu n'étais pas en train de paniquer.

– Je n'étais pas– … si tu ne balançais pas des trucs pareils d'un coup–

Ses oreilles prennent une jolie teinte rouge tandis qu'il marmonne dans sa barbe et j'éclate de rire.

Je m'apprête à le taquiner un peu plus mais le serveur arrive à ce moment-là et me coupe dans mon élan.

Ah bah c'est maintenant qu'il arrive celui-là… forcément.


« Arrête de rire, ce n'est pas drôle. », je siffle tout en me tournant sur mon flan.

Le rire de Scott redouble en réponse à travers mon téléphone et je me mords la lèvre pour ne pas sourire. Parce que ce n'est pas drôle, c'est juste le rire de Scott qui est horriblement communicatif.

Je lui laisse le temps de se calmer en posant mon téléphone à côté de moi et en activant le haut-parleur.

Je suis à moitié en train de somnoler quand il reprend la parole.

« Même si ça arrive d'une manière totalement imprévue, est-ce que tu es content que ça arrive ? demande-t-il et je lève les yeux au ciel parce qu'il n'a aucune subtilité.

– Est-ce que tu essayes de savoir si je suis en train de paniquer ? je marmonne tout en enfonçant un peu plus ma tête dans mon oreiller.

– Oui ?

– Je ne panique pas. Le fait que Derek panique m'a fait dépaniquer.

– Je vois, dit-il et je peux clairement entendre son incompréhension. Je ne dis rien de plus cependant parce que cela demanderait une énergie que je ne possède plus actuellement.

– De toute façon, je vais rentrer bien trop fatigué pour réagir à sa présence dans mon lit, j'ajoute après un bâillement.

Seul la respiration de mon meilleur ami se fait entendre après ça et je n'ai pas besoin de le voir pour savoir que Scott hésite à dire quelque chose.

« … Je réagis toujours à la présence d'Allison dans notre lit tu sais, peu importe l'heure à laquelle elle rentre, finit-il par répondre.

Mon cœur rate un battement quand j'imagine deux yeux verts embués de sommeil et je grogne dans mon coussin.

« Est-ce que tu essayes de me faire paniquer, Scotty ?

– Quoi ? Non, pas du tout, c'est juste que tu sembles étrangement calme vis-à-vis de tout ça, je trouve ça inhabituel.

– Tu dis ça comme si je réagissais toujours excessivement.

Le silence qui suit ma réponse est éloquent.

– Je ne réagis pas excessivement, je réplique sèchement.

– Non, non pas du tout.

– Enfoiré.

– Je t'aime aussi.

Un sourire se fraye un chemin sur mes lèvres.

– Je vais devoir y aller mec, ma pause est bientôt terminée, lance-t-il ensuite et j'hoche la tête mollement, rattrapé par le sommeil. Puis je me souviens qu'il ne peut pas me voir.

– OK, à demain.

– Ça va aller ?

– Oui, Scott. J'aimerais bien dormir maintenant, si tu veux bien.

– J'aimerais bien dormir aussi…

– Va travailler, idiot, je réplique.

– Passe une bonne nuit avec Mr Parpaing !

– Arrête de l'appeler comme ça.

– Et n'oublie pas : sans protection y'a pas d'action ! s'écrie-t-il rapidement, un rire dans la voix.

Il a raccroché avant même que j'ai pu réagir.

Enfoiré.


« Je t'arrête tout de suite. »

La brune me lance un regard surpris tout en enclenchant sa ceinture, regard qui jure totalement avec le sourire amusé qu'elle m'adresse.

« Je n'ai rien dit, répond Ally innocemment. »

J'hausse un sourcil peu convaincu et la regarde lutter un instant pour reprendre son sérieux.

« Nan mais sérieusement, quand est-ce qu'il a eu le temps de t'en parler ? » Je m'exclame brusquement après un court silence.

Elle éclate de rire et je grogne tout en croisant les bras, le visage tourné vers la fenêtre.

« Nous ne sommes pas obligé d'en parler, dit-elle doucement après un moment, le regard sur la route devant nous.

– Bien. », je réponds en haussant les épaules.

Il n'y a rien à dire de toute façon.

Le silence s'étire pendant quelques minutes et je regarde le centre-ville disparaitre tandis que nous roulons en direction de la préserve. La nuit est tombée depuis un moment et les lumières des lampadaires se font de plus en plus espacées. Aucune voiture ne croise notre chemin et la route est vide derrière nous aussi. Bientôt, les phares de notre voiture deviennent notre seul éclairage et mon regard se perd dans les bois sombres qui nous entourent.

La nuit se poursuit doucement, et Ally et moi finissons par discuter même si nous évitons soigneusement d'évoquer Derek. Enfin, j'hésite d'évoquer Derek, Allison, elle semble mourir d'envie de parler de lui. Et de moi. Et de lui et moi. Dans mon lit.

Sauf que je refuse. Plus je vais en parler, plus cela va me sembler anormal et je vais me mettre à stresser.

Donc c'est non.

Nous décidons de prendre une pausé café aux alentours deux heures et demi du matin quand je remarque que ma coéquipière somnole à moitié. Je vais commander nos cafés au diner habituel et quand je reviens Allison est endormie sur le volant. Je souris doucement et la laisse à sa sieste.

J'en profite aussi pour boire son café après avoir terminé le mien.

J'allais pas le laisser refroidir sans rien faire !

La nuit est froide et la radio crépite doucement. On a reçu aucun appel pour le moment et le café réchauffe un peu mon corps engourdi par le manque de mouvement. Mes pensées s'égarent et je pense à un certain brun qui doit être présentement être bien au chaud dans mon lit.

Non, non, non. On pense à autre chose.

Comme le regard perdu de Derek quand j'ai ouvert ma porte tout à l'heure.

Il est rentré à l'intérieur doucement, comme s'il n'était jamais venu, que l'endroit était sacré et cela m'a fait rire. Il s'est tourné vers moi avec un regard noir et je lui ai tendu un double de mes clés.

Désinvolte.

Comme si mon cœur ne battait pas les cent milles à l'heure.

Il les a prises doucement.

Le moment a semblé étrangement solennel.

Puis il s'est penché vers moi et m'a embrassé doucement, tout en laissant tomber son sac à dos sur le sol, près des chaussures qu'il venait de retirer.

Après, on est redevenu tout bizarre comme d'habitude.

Je lui ai balancé tout un tas de paroles sans queue ni tête en gigotant puis je lui ai baragouiné de se mettre à l'aise et de faire comme s'il était chez lui.

Cette phrase a déclenché sa propre maladresse.

Il s'est figé, les sourcils tellement froncés qu'il avait l'air de grimacer alors qu'il était en train d'hocher la tête à mon avalanche absurde de mots encore une seconde auparavant.

J'ai repris la parole, l'air de rien et l'ai laissé se faire à l'idée que oui, j'avais envie qu'il soit chez lui, ici. Qu'il se sente assez à l'aise pour venir quand il voulait, pour passer même sans prévenir, pour partager mon canapé, ma salle de bain, mon lit.

Tout.

J'ai fini par me taire à un moment, surement pour prendre ma respiration.

Il m'a finalement souri et je l'ai embrassé.

Longtemps.

Il était ensuite temps pour moi d'y aller mais j'ai d'abord passé cinq minutes à lui faire l'inventaire de tout ce qu'il y avait dans le frigo, lui dire où je mettais le papier toilette et lui expliquer comment fonctionnait la télévision. Parce que mon appart' est digne d'un putain de musée, faut croire. Et que je suis timbré.

« Tout ira bien, Stiles », m'a-t-il finalement dit en levant les yeux au ciel, après m'avoir pris la main pour m'empêcher de bouger. J'étais à ce moment-là parti pour lui montrer comment marchait le four.

J'ai hoché la tête.

Il a ensuite entrepris de me chasser de ma propre maison.

Ce qui m'a presque fait regretter de lui avoir dit de faire comme chez lui.

J'avais oublié que je disais ça à un asocial qui vivait tel un ermite dans sa grotte livresque.

ERREUR.

Il m'a balancé mon sac, m'a mis ma veste sur la tête et m'a poussé en dehors de l'appartement. Je me suis laissé faire avec un air ébahi tout du long et ne suis revenu à moi que lorsqu'il a fermé la porte derrière lui après m'avoir embrassé longuement.

Sans retirer la veste de ma tête. Ce qui fait que je voyais que dalle.

Je devais avoir l'air ridicule.

Il a de la chance d'avoir un petit-ami aussi conciliant que moi.

Franchement.

Je sors de mes pensées quand Allison se redresse brusquement. Je sursaute et elle tourne vers moi son regard encore embrumé par le sommeil. Le brouillard s'éclaircie alors qu'elle reprend conscience de son environnement et je sourie quand elle prend un instant pour bailler et s'étirer.

« Tu m'as encore laissée dormir, bougonne-t-elle ensuite.

– C'était soi ça, soit on finissait dans le fossé, je rétorque.

– … Quelle heure est-il ? demande-t-elle après m'avoir tiré langue.

– … Hum… trois heures passées. T'as somnolé vingt minutes et on a eu aucun appel. La nuit est calme.

– Tant mieux, je ne suis pas vraiment partante pour une course-poursuite, là.

– Tu veux que je conduise ?

– Nan, ça va. Il me faut juste mon café.

– Euh…, je réponds avec un sourire penaud en désignant les deux gobelets vides entreposés dans la portière.

Elle plisse les yeux dans ma direction et grogne.

« Tu dormais, et il était en train de refroidir !

– C'est ça, cherche-toi des excuses Stilinski, répond-elle en démarrant la voiture.


Nous reprenons notre ronde tranquillement et Allison à l'air assez réveillée pour conduire même sans café alors je la laisse faire sans rien dire.

La ville est complètement immobile, à cette heure. On entend pas un bruit si ce n'est celui de notre propre voiture. Pas même le bruissement des arbres. Tout semble figé. Les vitres se teignent de condensation et Ally allume le chauffage pour la faire disparaitre.

La chaleur me fait somnoler et je me redresse sur mon siège pour ne pas me laisser emporter. Ally me jette un coup d'œil et baisse le chauffage à nouveau.

« Mal dormi ? demande-t-elle finalement alors que nous rejoignons la route 06, celle qui borde la forêt.

– Pas assez.

– Mon café devrait pourtant t'aider à tenir le coup, rétorque-t-elle d'un ton ironique.

Je me tourne vers elle et lui lance un regard noir.

« Tu dormais ! » Je m'exclame brusquement et elle éclate de rire.

Le rire d'Ally se transforme toutefois en une moue horrifiée alors qu'elle regarde la route. J'essaie de voir ce qui provoque sa réaction mais j'ai juste le temps de l'entendre crier avant de sentir l'impact.

Ça se passe en quelques secondes.

La voiture freine d'un coup et je me cogne contre l'appuie-tête de mon siège. Sonné, il me faut quelques secondes pour réaliser ce qui vient de se passer. Je m'empresse de me tourner vers ma coéquipière. Allison semble intacte même si son regard est toujours figé sur la route. Je tourne la tête vers le capot et deux yeux vides me fixent. Je frissonne. La tête du cerf est figée dans notre direction, l'un de ses bois coincé dans le pare-brise.

Mort.

« Il-Il… a foncé s-sur la route... »

La voix d'Allison est étrangement faible et mon attention se focalise à nouveau vers elle. La jeune femme a les yeux ancrés dans ceux, vitreux, de la bête et je la secoue brièvement pour avoir son attention.

« Ce n'est pas ta faute Ally, OK ? Reste-là d'accord ? », je m'écrie en m'empressant de sortir de la voiture. Je la contourne et me fige, parce que le tableau est encore plus morbide de ce côté. La vision du sang me fait tourner la tête et je grimace. Nous n'allons certainement pas pouvoir redémarrer. Je me passe la main sur le visage et détourner les yeux de la bête tout en essayant de me réconforter en me disant qu'elle était au moins morte sous le coup. Pas sûr que ça aide beaucoup Ally de le savoir cependant, je pense en jetant un regard à ma coéquipière qui semble encore sous le choc.

Je lance un regard autours de nous et frissonne à nouveau, soudain oppressé par les arbres qui nous entourent et qui jettent sur nous leurs ombres intimidantes. Le silence de la nuit n'arrange rien surtout quand je songe à la raison pour laquelle le cerf a bondi hors du bois de cette manière.

Je me tourne en entendant un bruissement et mon cœur bondit dans ma poitrine. Je réfléchis un instant à un moyen de nous protéger d'une éventuelle attaque. Se barricader dans la voiture est la première idée qui me vient et je pense que ça pourrait marcher si nous restons immobiles. L'attention du prédateur serait tournée vers la carcasse du cerf. Il faudrait ensuite appeler des renforts et attendre sagement qu'ils viennent nous sortir de là, mais c'était faisable.

Je pousse un soupir et fais demi-tour afin de regagner ma place dans la voiture. Je me fige toutefois quand je perçois un mouvement du coin de l'œil. Il est difficile de discerner quelque chose dans la pénombre mais je suis pourtant persuadé qu'on nous observe.

Je sors ma lampe torche et pose ma main droite sur l'étui dans lequel se trouve mon flingue. Je m'avance ensuite vers le bord de la route et respire doucement pour essayer de calmer les battements de mon cœur.

Je lève la lampe vers le bois et essaye de balayer la plus grande surface.

Mon geste se fige quand je discerne ce que je pense être une silhouette, à moitié dissimulée par les arbres alentours. Je fronce les sourcils et hésite un instant.

A ce moment-là, le rayon lumineux réfléchit deux yeux et je sursaute en les voyant luire. La silhouette est bien trop haute pour celle d'un loup et son immobilité me conforte dans l'idée qu'il s'agit d'un homme. La curiosité faisant doucement place à la peur, je décide de m'avancer d'avantage.

Je ne quitte pas l'ombre des yeux et tente de garder ma lampe immobile afin de ne pas perdre sa trace.

Alors que je m'approche, la respiration accélérée par l'adrénaline qui coule dans mes veines, je marche sur une branche qui craque d'un coup sec sous mon poids. Je pousse un juron intérieurement quand la silhouette se met à bouger et accélère mes pas afin de la rattraper. Dans ma précipitation le faisceau de ma lampe bouge et je m'avance bientôt à l'aveugles, ayant perdu de vue la silhouette.

Sans m'en rendre compte, je m'enfonce peu à peu dans les bois, guidé par ma lampe torche qui essaye en vain de retrouver la silhouette qui m'observait. Je suis presque en train de courir, suivant l'instinct qui me dit que c'est important, que la silhouette peut m'apporter des réponses.

Je ne sais pas combien de temps je marche ainsi, entouré par l'étrange silence de la forêt. Seul mes pas apportent du bruit quand je marche sur des feuilles ou que je manque de tomber à cause d'une racine. Mon souffle crée une volute de fumée devant mes yeux et l'ambiance générale ne me plait pas trop.

Bientôt, je m'arrête et tente de calmer mon souffle. La silhouette est introuvable et je n'aime pas l'idée de laisser Ally seule trop longtemps. Je ne sais pas si elle m'a vu disparaitre dans les bois et je n'aimerais pas qu'elle s'inquiète de ne plus me voir. Je fais demi-tour et reprend la marche, toujours guidé par le faisceau de ma lampe quand un détail m'accroche l'œil près du sol.

Je fronce les sourcils et m'approche doucement.

Le sang, encore frais, forme une tache carmin sur le sol terreux et je frissonne malgré moi. Je l'examine un moment. La forme de la tâche indique clairement un mouvement donc il devrait y en avoir d'autres à proximité. Je bouge la lampe aux alentours et fini par trouver une autre tâche un peu plus loin.

Je suis en train de suivre le chemin que les traces forment pendant un long moment, me prenant les pieds à plusieurs reprises dans les buissons et les branches quand les arbres s'ouvrent sur une clairière. Elle est assez grande et son aspect dégagé m'aurait réconforté si mes yeux ne s'étaient pas posés sur la carcasse d'une vieille bâtisse.

La maison est noire et délabrée. Le genre qu'on trouve dans les films d'horreurs et dans lesquelles les protagonistes finissent par mourir de manière totalement idiote. L'image ne me rassure pas et j'hésite un instant à rebrousser chemin. La curiosité est plus forte cependant et mes pas continuent d'avancer, suivant les tâches de sang. Il est plus facile de les repérer dans cette espace ouvert et dénué d'arbre mais aussi parce qu'elles se font plus nombreuses.

Elles tracent un chemin plus ou moins linéaire jusqu'au escaliers qui donnent sur le perron. Je relève la tête quand une odeur putride remplit mes narines et dirige ma lampe sur le perron avec un mauvais pressentiment.

Le rayon lumineux éclaire alors le corps éventré d'un faon et je sursaute tout en abaissant la lampe.

Je suis soudain pris d'un haut de cœur et je prends un moment pour détourner le regard et respirer un bon coup. Une fois calmé, je tourne à nouveau la lampe vers le perron et je balaye la zone de lumière. Des traces de griffes sont visibles tout autour du cadavre, comme si le loup s'était amusé à s'acharner sur la pauvre bête.

Je sens mes yeux s'écarquiller quand le faisceau de lampe éclaire la porte d'entrée en son milieu. Peinte avec le sang encore frais du corps étalé à ses pieds, une forme étrange s'étale au centre de la porte en bois.

Une forme étrange qui ressemble vaguement 7, aux bords courbés et à la queue tordue. Des traces de griffes l'entourent, comme pour la mettre en valeur et je recule d'effroi.

Tout le tableau est menaçant.

Mais ce qui me glace le sang, c'est cette réalisation soudaine et angoissante qui surgit soudain.

Ce que je regarde ne peut pas être l'œuvre d'un animal.


TINTIIIINNN

Bon il est finalement beaucoup plus long que ce que je croyais, haha. Mais comme il ne se passait pas grand-chose au début j'ai eu pitié de vous.