Chapitre 11: Pâtisseries et panique
- Tu. Es. Magnifique, déclara Piper en levant ses deux pouces, un sourire aux lèvres.
- Vraiment ? demanda Annabeth en se retournant pour se regarder dans le miroir sur pied dans la chambre de Piper.
Elle portait son uniforme : la jupe verte à carreaux lui arrivait deux centimètres au-dessus des genoux, le chemisier était noué et rentré dans la jupe par l'arrière, pour mieux marquer ses formes, et le sac à dos de Piper était passé sur ses épaules. Le tout était complété par des chaussettes montantes et des chaussures à semelle compensée, empruntées à la fille d'en face. Elle ressemblait à une lycéenne de Herald dans les normes.
Dans moins d'une heure, Luke allait l'emmener à Hestia's Hearth, le petit café du centre ville qu'avait recommandé Piper. Il allait poser des questions sur sa vie et sur ses cours, et Annabeth allait mentir une nouvelle fois. Mais était-ce tellement different ? L'école c'est l'école. Elle n'avait qu'à remplacer quelques pronoms.
- Vraiment, lui assura Piper. Sérieusement, maintenant, même extérieurement, tu es Annabeth. Tout le monde ne va y voir que du feu.
- Je n'ai pas porté de soutien-gorge depuis des semaines. C'est étrange.
Annabeth prit ses seins dans ses main et les secoua un peu. Elle devait admettre que c'était un soulagement de pouvoir respirer à nouveau.
- Euh, ne fais pas ça.
Piper rit, attrapa les mains d'Annabeth et les plaça le long de son corps.
- Bon, la perruque.
Piper lui avait dit qu'elle avait passé la nuit à la relooker pour elle, et ça se voyait. Elle était chère - pas le genre de perruque qu'on trouvait au magasin de costumes - et blonde, presque de la même couleur que les cheveux d'Annabeth, et avait une frange balayée sur les côtés. À mi-hauteur de la tête en mousse où la perruque était placée, les boucles devenaient visibles. Piper aida Annabeth à la mettre et organisa les boucles pour qu'elles pendent au dessus de ses épaules. Elle fit un pas en arrière, et Annabeth se contempla une nouvelle fois dans le miroir. Une fille lui rendit son regard.
La boule au ventre, elle espérait que ça fonctionnerait. Elle était Annabeth, qui était Andy, qui était habillé en Annabeth, deux degrés de son identité en moins.
Pendant un moment effrayant, elle ne sut pas qui elle était vraiment: Andy ou Annabeth.
- Voila, dit Piper en s'approchant avec un serre-tête. Ça va faire plus naturel.
Annabeth l'aida à le placer sur la tête, et Piper sourit.
- J'ai l'air ok ?
- Bien mieux que ok. Tout se joue dans ce que tu ressens. Donc, comment tu te sens?
Annabeth se regarda de haut en bas une nouvelle fois, mordillant sa lèvre inférieure. Elle croisa les bras et frissonna.
- Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. J'en suis sûre.
Piper attendit avec elle près de la porte pendant qu'Annabeth fixait la route, cherchant la voiture de Luke. Piper dut lui rappeler de ne pas trop jouer avec ses cheveux, car ils ne paresseraient plus naturels si elle les touchait trop souvent.
- J'ai déjà chaud. Et ça pique.
Annabeth passa les doigts sous la perruque et se gratta le cuir chevelu.
- Comment t'y arrives ?
- On est des filles. On supporte la douleur. Je suis sérieuse, arrête de la toucher !
Elles rirent, et Piper coiffa les franges qui recouvraient le visage d'Annabeth.
- Bon, je dois demander, dit Piper tout en travaillant. C'est comment, la colocation avec tous les mecs ?
- C'est normal, pas si différent qu'on pourrait le croire.
- As-tu vu beaucoup de… ?
Piper balança ses haches d'avant en arrière, en sifflant.
- Oh mon Dieu, grogna Annabeth, mais riant tout de même.
Ses joues chauffèrent, comme si elle avait été giflée. Piper écarquilla les yeux.
- Donc tu as vu des trucs.
- Non, ça va, vraiment. Je veux dire, c'est pas si important pour eux. Et on est tous des mecs, en fin de compte. Mais… c'était un choc pour moi, au début.
- AU DÉBUT ? Tu veux dire qu'il y a eu plus d'une fois ?
- Bon… C'est plus, genre, comme s'ils étaient allergiques aux t-shirts.
- Percy. Ça c'est Percy.
- C'est mon colloc'. Tu t'attendais à quoi ?
- Attends… Tu as vu sa zigounette ?
Annabeth essaya d'éviter de rougir, mais c'était trop tard.
Piper la pointa du doigt :
- Tu l'as vue !
- Arrête. Ça a surement été plus embarrassant pour moi que pour lui.
- Oh mon Dieu. C'est trop bon. Il ne sait pas, pour toi, pas vrai ? Que t'es une fille, et tout ça ?
- Non. Il ne sait même pas que je vais voir Luke aujourd'hui. Il est en entrainement tout l'après-midi, donc je serai rentrée avant lui.
- Tu vas lui dire, un jour ?
- Pas question. Jamais.
Une Corvette jaune métallisée apparut au virage. La plainte aiguë du moteur se fit plus forte quand la voiture s'approcha. Luke était là.
- D'accord, on y est, dit Annabeth en se redressant.
Elle respira un bon coup, et Piper lui prit les mains.
- Tu peux le faire. Si tu as besoin de quoi que ce soit, envoie-moi un SMS.
- Merci, Piper.
La Corvette s'arrêta en face de l'entrée de l'Académie Herald, et Luke en sortit. Il sourit en s'appuyant contre la voiture et la salua de la main:
- Annie !
- Ooh, il est mignon, murmura Piper. En toute objectivité, bien sûr.
Annabeth essaya de rester calme.
Il ferma la portière, et Piper et Annabeth le rencontrèrent à mi-chemin. Sans même ralentir, il la prit dans ses bras pour l'embrasser, et serra son corps contre le sien. Pendant un instant, Annabeth craint qu'il n'arrache la perruque, mais il desserra son étreinte juste à temps.
- Je suis si content de te voir ! dit-il, sa voix près de l'oreille d'Annabeth.
Son dos était robuste sous sa chemise, ses manches étaient relevées, et il sentait le santal. Il se recula en la tenant à bout de bras et la regarda de haut en bas.
Il n'avait pas changé. Il était toujours son Luke, le même sourire en coin, les mêmes cheveux blonds ébouriffés, la même cicatrice le long du visage, causée par une morsure de chien quand il avait cinq ans. Ses yeux étaient d'un bleu aussi éclatant qu'elle s'en souvenait.
- Regarde toi ! dit-il. Tu n'as pas changé.
Annabeth rougit et se tapota le haut du crâne.
- Je pourrais dire la même chose de toi.
- Et c'est qui, ça ? demanda-t-il en se tournant vers Piper, qui se présenta et lui serra la main.
- Je suis la coloc' d'Annabeth, expliqua-t-elle.
- J'espère qu'elle te laisse dormir, la nuit, avec toute sa lecture.
- Oh non, elle ne dérange vraiment pas. Elle est géniale.
Piper sourit à Annabeth, qui se rappela d'acheter quelque chose pour Piper au café, en guise de remerciements.
- Tu veux venir avec nous ? À trois, ça devient une fête.
- Merci, mais non. Ne vous inquiétez pas pour moi. Mettez vous à jour, tous les deux.
- Je rentre dans pas longtemps, dit Annabeth.
Alors qu'ils montaient dans la voiture et pendant que Luke conduisait, Annabeth sut que le plus dur était passé et elle se convint qu'elle pouvait vraiment, vraiment y arriver.
- Quoi ?!
Percy était bouche bée face à la pancarte « FERMÉE POUR MAINTENANCE » affichée sur la porte menant à la piscine.
- Ouais, mec, t'as pas reçu le mail ? dit un de ses coéquipiers. Pas d'entrainement pour le week-end non plus.
Percy était dévasté, tout son univers tombant en miettes autour de lui.
- Ben… je suis censé faire quoi, maintenant ?
Le garçon lui dit, comme si c'était la réponse la plus évidente du monde :
- En profiter ?
- Pourquoi es-tu de retour si tôt ? demanda Jason.
Il l'avait vu à travers sa porte ouverte, et seule une serviette recouvrait son corps nu. L'entrainement devait être fini, et Jason était prêt à aller se doucher.
- Je suis coincé. Perdu. Abandonné, dit Percy, découragé, ses cheveux recouvrant ses yeux.
- Waouh. Un peu dramatique, non ?
- La piscine est fermée, expliqua-t-il.
- Alors viens avec nous. Nico, Leo, Frank et moi allons en ville.
- Pour quoi faire ?
- Aucune idée. Peut-être manger, ou prendre un verre. Un peu d'air frais ne te ferait pas de mal.
- Et Andy ?
- Je crois qu'il est sorti. Je l'ai vu partir il y a quelques heures. Allez, comme au bon vieux temps.
Percy se ragaillardit, voyant là une meilleure option que s'assoir dans sa chambre toute la journée tout seul.
- D'accord, dit-il. Donne moi dix minutes.
Annabeth attendait pendant que Luke passait les commandes pour eux deux, assise à une petite table près de la fenêtre de Hestia's Hearth. Pour un jeudi après-midi, ce n'était pas très bondé. Il y avait un couple dans un coin, une femme âgée qui regardait une tablette, et un vendeur solitaire en charge d'une petite file de clients au comptoir, une machine à expresso fumant derrière lui.
L'endroit sentait le café, la cannelle, et le vieux bois. Il y régnait un agréable environnement rustique, tellement qu'Annabeth se voyait bien passer les nuits de la semaine de finaux ici, confortablement affalée sur une des chaises en cuir, avec son ordinateur portable près de la cheminée inutile pour le climat de la Caroline du Sud.
La ville dame assise quelques tables plus loin avait arrêté de travailler sur son iPad, et regardait Annabeth par dessus ses lunettes. Ses lèvres était serrées l'une contre l'autre, minces et pâles, alors qu'elle fixait les jambes d'Annabeth. D'une embardée, celle-ci réalisa qu'elle était assise comme un garçon, avec ses jambes largement séparées, l'entrejambe ouverte au monde. Ça avait été la norme pour si longtemps qu'elle avait complètement oublié qu'elle portait une jupe.
Elle unit ses genoux si rapidement que ses cuisses claquèrent. La ville dame semblait toujours vexée, comme si Annabeth avait manqué le respect à tout son genre en étant si peu féminine.
- J'aime bien ce que tu as fait à tes cheveux.
Luke revenait avec deux mugs : pour lui, un macchiato, pour elle, un latte. Il les posa sur la table et s'assit face à elle.
- Oh, vraiment ? demanda Annabeth en jouant avec une des boucles.
- Ouais, tu ne les avais jamais eus comme ça avant. C'est joli.
- Piper m'a aidée.
- Toi, coquette pour moi ?
Annabeth rit et lui assura :
- Non. Alors, comment va le Master ?
- Il arrive, dit-il un sourire absent aux lèvres. Être un assistant professeur aide. Je suis presque sûr(e) que la moitié du temps, c'est les élèves qui m'apprennent quelque chose. Et, euh, mon père veut que je reprenne la compagnie quand j'aurai mon diplôme.
Annabeth se pencha en avant, surprise :
- Vraiment ? C'est génial !
- Ouais, c'est une super opportunité pour moi.
Il y avait une once de tristesse dans sa voix.
Quand ils étaient jeunes, Luke n'avait pas toujours la meilleure des relations avec son père. Il était toujours ailleurs, en voyage d'affaires, faisant le tour du monde pour des meetings et des événements de grande envergure, il n'était presque jamais à la maison avec sa famille. Avant, Luke le détestait pour cette raison. En le voyant maintenant, Annabeth se demanda si une partie de cette haine l'avait suivi dans sa vie adulte.
- T'imagines, quand même ? demanda-t-il. Moi ? Président d'une Fortune 500* ? Jamais je ne me verrais directeur général d'un service postal.
Il se frotta les yeux avec ses mains, comme s'il essayait de se réveiller après un rêve.
- Je sais que tu peux le faire. Ton père ne t'a pas choisi pour rien. Tu n'es pas content ?
- Je suis pas sûr… C'est jute que…. quand j'étais gamin je voulais être policier, ou professeur, et maintenant je ne fais que suivre les traces de mon père. J'ai l'impression que je fais ce qu'on me demande de faire, et pas ce que je veux.
Annabeth hocha la tête, comprenant bien.
- Donc tu vas faire quoi maintenant ?
- J'ai pas le choix, pas vrai ?
Il sourit une nouvelle fois, sa cicatrice creusant sa joue.
- Je sais que je ne devrais pas négliger l'offre. Les gens de mon âge trouvent difficilement du travail, et moi, on m'en tend un.
- Tu peux pas le faire comprendre à ton père ?
- Tu le connais. Il ne va pas m'écouter. C'est la compagnie de la famille. Si je n'accepte pas, je pourrais très bien être mort.
- Ce n'est pas vrai.
Luke soupira. Clairement, il ne la croyait pas.
Elle décida de changer un peu le sujet:
- Ça veut dire que tu vas partir ?
- Dans quelques mois, ouais. Je vais déménager en Grèce. C'est un peu pour ça que je voulais te voir, au cas où c'était la dernière fois.
Le sourire d'Annabeth se transforma en moue. Elle le regarda les sourcils froncés :
- Mais ça ne veut pas dire qu'on ne va plus jamais se revoir. Ce n'est pas comme si tu allais disparaître de la surface de la terre.
Luke rit.
- Je sais, tu as raison. Je suis désolé de plomber l'ambiance. Je ne voulais pas accaparer l'attention. C'est pour ça que j'ai ramené quelque chose pour toi.
D'où il le sortit, Annabeth n'en avait aucune idée. Il dévoila une fine boîte rouge avec un ruban doré noué autour.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle, le visage brûlant en prenant la boîte lentement.
- Un cadeau, dit-il le sourire étincelant. Ouvre-le.
Elle tira sur le ruban et ouvrit le couvercle. À l'intérieur se trouvait un journal à la couverture de cuir, tannée et souple, les bordures des pages dorées. Sur la couverture se trouvait son nom, imprimé à l'encre. Des larmes brûlaient à l'arrière de ses yeux.
- Oh, Luke, dit-elle sans savoir comment exprimer sa gratitude.
- Je me rappelle(s) que quand nous étions petits, tu remplissais des feuilles volantes avec tes schémas. Je me suis dit qu'il était temps que tu aies un vrai carnet à dessins, donc je l'ai commandé exprès.
- Il est magnifique, dit-elle en le caressant des doigts. Tu n'étais pas obligé.
Le sourire de Luke ne fit que s'agrandir.
- T'es au courant que je ne vais jamais l'utiliser, pas vrai ? Je ne peux pas me permettre d'en gâcher une page.
- Alors tu vas devoir me montrer les bâtiments en personne. Promis ?
Annabeth savait qu'elle était écarlate, alors elle baissa la tête et laissa le rouge l'envahir.
- Merci.
- Pas de quoi. Mais j'ai faim. Tu as faim ?
- Je pourrais manger quelque chose, dit Annabeth sans pouvoir le regarder complètement dans les yeux.
- Tu veux un muffin ? Un scone? On peut partager.
- Surprends-moi.
- D'accord. Je reviens dans deux secondes.
Luke se leva et se dirigea vers le comptoir, inspectant la vitrine pour trouver la viennoiserie la plus appétissante. Annabeth pressa le journal contre elle, l'embrassant comme si c'était un trésor inévaluable. Elle rayonnait. Juste qu'il pense à faire quelque chose comme ça, elle était flattée.
Elle attrapa le mug, but une petite gorgée de son latte tiède, et jeta un coup d'oeil par la fenêtre.
Un groupe de jeunes marchaient le long du trottoir dans sa direction, blaguant et riant, et elle ne réalisa pas au début, jusqu'à ce que… PERCY.
Annabeth faillit cracher son latte sur la fenêtre.
Elle tituba, et couvrit sa bouche de sa main, se forçant à avaler. Elle toussa et s'étouffa, respirant difficilement. La vieille dame la regardait de nouveau, croyant visiblement qu'elle avait une crise de nerfs.
Percy, Jason et les autres étaient concentrés sur leur conversation, ignorants du fait qu'Annabeth était à l'intérieur du café en train d'avoir une attaque cardiaque.
Aucun d'eux ne regarda à l'intérieur lorsqu'ils la dépassèrent, et elle se répéta mentalement: S'il vous plait, n'entrez pas. S'il vous plait, n'entrez pas. Pour l'amour de Dieu, s'il vous plait, n'entrez pas.
La clochette au-dessus de la porte du café résonna, et Annabeth se retourna à toute vitesse. Jason entra le premier, suivi par Frank, Leo et Nico, puis Percy, qui resta en arrière pour tenir la porte à un homme qui sortait.
Que faisait-il là ? Il était sensé être en entrainement ! Elle maudit les Cieux, la Terre et les Enfers pour sa malchance. En panique totale, Annabeth ratissa la frange de la perruque avec ses doigts, couvrant au maximum son visage.
Percy traîna un peu en regardant la salle avant de rejoindre les autres, et Luke, au comptoir. Annabeth fouilla le sac de Piper et, les doigts tremblants, sortit son portable.
911, écrit-elle en hâte. ALERTE ROUGE PERCY EST LÀ.
Elle pressa « envoyer » et jeta son portable sur la table. La vielle dame la regardait comme si c'était un spectacle gratuit. Annabeth se cacha dernière sa main, faisant de son mieux pour fusionner avec la chaise.
Je fais quoi ? Je fais quoi? Je fais quoi ? Et s'il me voit ? Et s'il me reconnait? Et s'il essaye de me parler? Je fais quoi? Je fais quoi ? Je fais quoi ?
Un portable sonna depuis quelque part en face d'elle, et Jason répondit:
- Salut Piper. Quoi de neuf ? … Pas grand chose. On passe juste cherche un peu de caféine…
Jason jeta un oeil à Percy.
- Ouais, il est là, pourquoi ?
Elle pouvait les voir à travers ses cheveux. Percy regardait les gens, un petit sourire aux lèvres et les mains dans les poches. Il se balançait sur ses talons, attendant son tour.
Annabeth n'avait pas remarqué que Luke était revenu avec une pâtisserie à la cannelle posée sur une assiette.
Elle bondit presque quand il parla :
- Tu te sens bien ?
- Ouais ! dit-elle d'une voix trop aiguë. Je vais bien ! Je viens juste de me souvenir que j'ai des devoirs à faire et je dois rentrer. Tout de suite. Immédiatement.
- D'accord, je vais nous chercher une boîte à emporter…
- Non ! On mangera en chemin, allons…
- Je peux passer aux toilettes, avant ?
- Luke…
- Je fais vite.
Il posa tout, et lui sourit :
- Je suis vraiment content qu'on ait pu se voir.
- Ouais, moi aussi, dit-elle le cœur à la gorge.
Luke se faufila entre les tables et disparut le long d'un couloir.
Frénétiquement, Annabeth rangea son portable et essaya de fourrer son journal dans son sac, mais ses doigts (maudits doigts) glissèrent et le journal se retrouva par terre. Elle s'apprêtait à le ramasser quand une main s'interposa.
Elle sentit un poids tomber dans son estomac quand elle reconnut ces avant-bras rasés. Percy, un café à emporter à la main, lut la couverture.
- « Annabeth. » C'est à toi ? demanda-t-il et le lui tendant.
Sa bouche ressemblait à celle d'un poisson hors de l'eau. « Hum… » fut tout ce qu'elle arriva à dire cachée dernière un rideau de cheveux.
- Tiens, dit-il en secouant légèrement le journal car il le tenait depuis trop longtemps.
Son coeur battait la chamade. Hésitante, elle attrapa le journal entre ses doigts tremblants, lui arracha des mains, et le pressa contre elle, en sécurité une nouvelle fois.
- Percy, appela Jason en lui faisant signe depuis une table près de la porte, où Leo avait une conversation agitée avec Frank à propos de la nécessité d'avoir beaucoup de place pour son coude.
Annabeth déglutit. Le rouge de ses joues s'était propagé sur son cou, comme une paire de mains contre sa gorge. Percy devait imaginer que son absence de réponse était due à la timidité.
- Bonne journée, dit-il en rejoignant ses amis sans ajouter un seul mot.
Quelques secondes trop tard, Luke réapparut.
- Prête ? demanda-t-il.
Annabeth était déjà debout et se précipita vers la porte à toute vitesse. Elle dut passer à côté de Percy et les autres en sortant, et, ne voulant regarder aucun d'entre eux, garda la tête baissée.
Une fois la porte ouverte, elle se mit à courir vers la voiture de Luke. Elle l'entendit rire quand il accourut pour la rattraper.
- Annabeth, quelle est l'urgence ?
Personne ne découvrirait son secret. Jamais.
*pour les ignorants comme moi: une Fortune 500 c'est une compagnie qui fait partie des 500 compagnies les plus fortunées d'après le journal Forbes, d'où le nom
Les personnages sont à RR et l'histoire est à flyingcrowbar, je ne fais que la traduire. Vous pouvez trouver la version en anglais ici: post/102034414808/i-got-a-boy ou ici: s/10616649/1/I-Got-a-Boy
Bonjour à tous et à toutes! Voila le chapitre 11! Je veux remercier Barbiemustdie, qui, une nouvelle fois, s'est collé à la tache de corriger ma traduction; et vu les terribles coquilles que je laisse, elle a du boulot! Non, mais sérieusement: comment êtes-vous tous restés là à lire après avoir vu le nombre de fautes que je fais? Bref. Merci à elle. Et merci à vous pour continuer à lire malgré les fautes.
Pour ceux qui se posaient la question: oui, Luke avait bien des copies à corriger: il est assistant-professeur (un truc très commun ici aux USA). En gros si t'es un bon élève tu passes des heures supplémentaires à être l'assistant; tu corriges, tu donnes quelques cours;
Ah et aussi: j'ai oublié au dernier chapitre, mais: Bravo à WolfBlut qui avait prédit que Piper serait la première à connaître le secret d'Annabeth!
À dans deux semaines pour la suite!
Morvedetroll: Je suis contente que ça te plaise! Si ma traduction peut t'aider, alors c'est genial!
WolfBlut: Et oui, Piper est bien la première à savoir! C'est une des raisons pour lesquelles j'ai adoré l'histoire originelle: l'humour qu'il y a partout! Merci à toi de laisser des reviews! Y répondre me fait plaisir! (et c'est le moins que je puisse faire, non?) Le prochain chapitre de la mer des monstres sera la mardi prochain!
- Si j'oublie de répondre à quelqu'un: je suis vraiment désolée, des fois je reçois les mails, je les lis et j'oublie qu'ils existent... et donc je ne répond pas. Ce n'est pas par méchanceté, promis! C'est juste mon côté tête en l'air qui cause souvent des retards de publication...-
