Holà, de retour, le cerveau pas encore tout à fait cramé. Merci à tous/toutes pour toutes les gentillesses.

L'affaire se corse.


Chapitre 11

Le club s'était vidé peu à peu mais Bulma mit du temps à s'en rendre compte. Elle était assise au bar, un verre de gin tiède quasiment vide devant elle et une cigarette allumée entre les doigts. Elle la laissait se consumer sans la fumer pendant que ses yeux absents flottaient sur la salle presque déserte du club. Elle se sentait vaseuse et avait vaguement conscience d'avoir certainement surestimé sa capacité à tenir l'alcool.

A quelques pas d'elle, Chichi tentait de convaincre des clients collants et bruyants qu'il était temps de rentrer. Malgré l'heure avancée, le jeune femme brune restait totalement bluffante dans sa tenue de cuir noir et les mecs s'accrochaient, trop bourrés pour comprendre qu'il n'avait pas la moindre chance de l'embarquer pour se la faire. En professionnelle aguerrie, elle s'efforçait de les pousser doucement vers la sortie sans jamais perdre son calme, avec ses faux airs de femme fatale qui semblait dire « la prochaine fois peut être ». Puis Reacom sortit de l'ombre et fit un pas vers eux. Il les couva d'un œil noir. Lui aussi avait des airs d'homme fatal à sa façon et en le voyant, les types captèrent enfin le message. Le club fermait.

A part Chichi, il n'y avait plus aucune fille en vue et Bulma s'aperçut que même la musique, d'ordinaire assourdissante, n'était plus qu'une mélodie suave en bruit de fond. Le barman avait disparu; seuls les hommes de main rôdaient ça et là, à la recherche de poivrots endormis dans les alcôves ou évanouis dans les chiottes.

Bulma se sentit vidée d'un coup. Grâce à ce connard de Jeyce, elle avait enchaîné les danses et le costume de flic lui avait valu une tripotée de fans tordus qui avaient dépensé des fortunes pour des strip-teases privés. Elle n'avait pas eu un instant de répit et son corps lui paraissait peser une tonne. Son cou la faisait souffrir et elle rêvait de larguer ses bottes à talons.

Chichi prit place à côté d'elle avec un soupir de lassitude. Elle attrapa une bouteille de l'autre côté du comptoir et se versa un verre.

- J'ai cru jamais m'en débarrasser de ceux-là, marmonna-t-elle avant de prendre quelques gorgées.

Elle s'alluma une cigarette qu'elle piqua dans le paquet de Bulma et conclut en recrachant la première bouffée.

- Enfin, au moins, ils ont pas mal raqué. Le boss devrait être content.

Bulma écrasa le mégot de sa cigarette oubliée et se massa le cou avec une grimace. Une douleur sourde commençait à la lancer jusque dans les cervicales.

- Il te reste des pilules ? demanda-t-elle à Chichi.

Sa camarade sortit une petite boite de sa ceinture et posa deux petits cachets cylindriques à côté du verre de Bulma.

- C'est tout ce qui me reste. La prochaine fois, il faudra voir ça avec le barman, annonça-t-elle.

Bulma avala les pilules en vidant son verre et grimaça à nouveau.

- C'est cher ? demanda-t-elle.

Chichi haussa les épaules.

- Ça dépend le prix que tu veux y mettre.

Bulma soupira et contempla le fond de son verre d'un air déprimé.

- Bulma, coassa une voix derrière elle.

Avant qu'elle ait le temps de lever la tête, la main de Dodoria se posa sur son épaule et le souffle du gorille lui effleura l'oreille.

- N'oublie pas que le boss t'attend, marmonna-t-il avant de la lâcher et de disparaître comme il était venu.

La gorge de Bulma se serra d'un seul coup. Elle avait passé sa soirée à repenser à cet enfoiré de Kiwi, du moins les quelques fois où elle s'était laissée aller à penser. Le corps désarticulé dans le couloir sombre, la flaque de sang sur le sol. Pourquoi Ouji l'avait-il abandonnée comme ça ?

Le contact de la main de Chichi sur la sienne la fit sursauter.

- Ne t'inquiète pas, murmura-t-elle, si tu fais ce qu'il te demande, il n'est pas pire qu'un autre.

Bulma la fixa avec incertitude. Si tu fais ce qu'il te demande. Et dans le cas contraire ? Elle n'avait pas de flingue, pas de plan B. Elle n'avait même pas les idées claires, elle le savait. Elle aurait dû rappeler Végéta, elle lui aurait dû lui demander de venir la chercher. Il aurait peut-être refusé mais elle l'aurait supplié et il aurait fini par venir. Vraiment. Elle aurait été capable de le supplier au point ou elle en était. Mais elle ne l'avait pas fait. Toute la nuit, elle avait eu la constante impression que tout le monde la surveillait, que tout le monde savait. A commencer par les hommes de Freezer. Ils avaient été partout tout le temps ce soir. Plus que d'habitude, elle en était sûre. Ils avaient dû continuer à chercher leur connard de copain. Il n'était pas près de le trouver mais maintenant, elle était dans la merde.

Elle attrapa son képi et le mit sur sa tête. Chichi lui avait refait le chignon moins d'une heure auparavant et à la voir, on aurait pu croire qu'elle était prête à repartir pour une nouvelle nuit de folie. Pourtant, c'était loin d'être le cas. Elle avait la tête qui tournait et du mal à se concentrer sérieusement.

Elle se hissa sur ses jambes et se dirigea lentement vers les escaliers qui montaient tout droit vers l'antre du lézard. Elle saurait trouver quelque chose. Sûrement. Elle pourrait peut-être sauté par la fenêtre… Mettre le feu? Tandis qu'elle escaladait l'escalier, perchée comme une reine sur ses talons, mille idées plus stupides les unes que les autres lui traversaient l'esprit, ou ce qu'il en restait à cette heure.

Arrivée en haut des marches, elle inspira longuement et frappa à la porte. Comme elle ne recevait aucune réponse, elle ouvrit précautionneusement et s'avança timidement dans l'entrée du vaste appartement. Elle se figea a quelques pas de la porte, peu pressée d'aller plus loin.

La lumière était tamisée mais elle distinguait Freezer de l'autre côté de la pièce, assis sur le sofa en face d'elle. En réalité il était plutôt vautré qu'assis, dans une attitude qui ne lui ressemblait pas. Les jambes écartées, la tête en arrière et les bras déployés sur le rebord du dossier. Même avec la distance et la pénombre, elle percevait ses yeux mi-clos sur elle. Il lui sourit, de cette façon glaçante qui n'appartenait qu'à lui.

Elle reconnut une invitation à s'approcher et traversa la pièce jusqu'à la table basse qui la séparait du sofa. Le même sofa sur lequel Végéta était installé la première fois qu'elle l'avait rencontré.

Elle baissa les yeux et remarqua le plateau encombré de came sur la table en verre. Une orgie de poudre et de cachetons dévastés était éparpillée là et elle reporta immédiatement son attention sur les pupilles ocre du lézard, juste pour confirmer, mais elle le savait déjà, qu'il était a l'origine du carnage. Il était shooté jusqu'à l'os.

Sans même s'en rendre compte, elle eut un mouvement de recul en se souvenant de cette soirée mondaine qui avait si mal fini. Quand il est camé… Les paroles de Lunch résonnaient dans la tête de Bulma et elle sentit son cœur s'affoler.

Il tendit la main vers elle.

- Mon petit chat, ronronna-t-il.

Elle hésita à jouer le jeu et à prendre sa main. Elle ne savait plus quoi faire. Si elle résistait, il s'énerverait, aucun doute. Il entrerait en rage et elle aurait sûrement droit à une nouvelle raclée. L'idée lui nouait l'estomac. Si elle faisait semblant d'être docile… Mais jusqu'à quel point pourrait-elle faire semblant ?

Avant qu'elle ne trouve de réponse, elle sentit les doigts de lézard se refermer sur son poignet.

- J'adore cette tenue, viens t'asseoir à côté de moi, siffla-t-il en la tirant vers le sofa.

Elle obéit mécaniquement et il passa aussitôt son bras sur ses épaules, l'emprisonnant tout contre lui. Se penchant vers son visage et écarta les pans de sa chemise pour mieux admirer son décolleté. Elle sentait son souffle saccadé sur sa mâchoire et dans son cou. Elle était tétanisée.

- Ça faisait longtemps que j'attendais ce moment, tu sais, chuchota-t-il. Je sens que ça va me plaire.

Il colla sa bouche à la sienne et avant même de pouvoir réagir, elle sentit sa langue passer avidement entre ses lèvres. En même temps, il resserrait son étreinte contre lui et lui caressait les seins de sa main libre. Le contact de sa langue humide fut comme un électrochoc. Elle se cambra avec un grognement et se débattit pour le repousser, perdant son képi dans le mouvement.

Il avait de la force et il réussit à la maintenir contre lui un moment mais il finit par rompre le baiser et relâcha son étreinte. Elle recula aussitôt en guettant sa réaction. Contre toute attente, il souriait. Ses yeux ocre flambaient d'une manière inquiétante aussi. Bulma savait que ça n'augurait rien de bon. Elle aurait préféré qu'il se mette en colère.

- C'est parfait. J'adore la jouer comme ça, ricana-t-il en passant sa main sur la cuisse de Bulma. Surtout avec ce costume.

Il s'empara des menottes accrochées à la ceinture du short et passa l'un des bracelets sur le poignet de la jeune femme, puis tirant d'un coup sur la chaîne, il la fit tomber du canapé tandis qu'il attachait le deuxième bracelet à la barre de fixation de la table basse. Bulma se retrouva à trois pattes sur le tapis. Elle fronça les sourcils avec incrédulité en considérant l'entrave autour de son poignet. Manifestement le lézard était trop perché pour réaliser que les menottes étaient un simple accessoire très facile à délier.

Mais elle n'eut pas le temps de s'attarder sur ce constat, il saisit son chignon et releva sa tête vers lui. Il contemplait le résultat de sa manœuvre avec une jubilation malsaine.

Il emprisonna lentement la gorge de Bulma dans le creux de sa main libre et pressa à nouveau ses lèvres contre les siennes. Elle se débattit comme elle put, essayant de détourner son visage pour rompre le baiser, mais il l'étranglait à moitié et sa tête était prise en étau entre la main qui agrippait ses cheveux et celle qui se refermait sur son cou. Elle essayait aussi de le repousser de sa main libre, mais ses gestes à l'aveugle étaient désordonnés et totalement inefficaces. Finalement, à court d'idée, elle fit une tentative pour le mordre.

Il parvint à esquiver son coup de dent à la dernière minute en se reculant brusquement avec un grognement d'incrédulité. Il avait lâché sa gorge dans la précipitation, mais tenait toujours son chignon fermement. Il la toisa un instant d'un air irrité en s'essuyant les lèvres, puis ramenant brutalement sa tête vers l'avant, lui cogna violemment le front contre le rebord métallique de la table.

Le choc parut se répercuter dans tout le crâne de Bulma et des tâches noires apparurent dans son champ de vision. Freezer saisit à nouveau ce qui restait du chignon et lui releva la tête en s'accroupissant à côté d'elle. Elle cligna des yeux pour rester consciente. Elle remarqua des gouttes de sang sur la table. Le coup avait fait sursauter le plateau de came qui s'était renversé sur le sol soulevant une légère brume de poudre.

Elle se sentait étourdie et tout d'un coup, le souffle du lézard n'était qu'à quelques millimètres de sa joue.

- Je sais ce que tu aimes, souffla-t-il, tu aimes les Saiyens c'est pas vrai?

Elle tourna le regard vers lui. Dans ses yeux ocre, la colère semblait s'être évanouie. Il ne restait que cette joie malsaine qui l'animait dans les pires moments. Il lui sourit.

- D'accord, jouons au Saiyen, conclut-il avec un haussement d'épaule.

Il lâcha ses cheveux et se releva. Tandis qu'il s'éloignait d'elle, elle porta une main tremblante à son front entaillé. Elle étudia le sang sur ses doigts. Il y en avait moins qu'elle ne l'avait redouté.

Cherchant le lézard des yeux, elle s'aperçut qu'il était en train de fouiller un tiroir de son bureau dans une autre partie de la pièce. Elle considéra les menottes qui la retenaient et tira un peu sur la chaîne. Elle n'aurait aucun mal à s'en débarrasser, mais il fallait le faire au meilleur moment.

Mais Freezer était déjà de retour. Il se posta debout devant elle et elle s'aperçut avec horreur qu'il brandissait un flingue d'un air satisfait. Son sourire était plus éclatant que jamais. Il fouilla sa poche et en sortit une balle qu'il fit rouler pensivement entre deux doigts.

- Tu vois petit chat. Un Saiyen n'est capable que de deux choses, annonça-t-il.

Il mit la balle dans le barillet et le fit tourner à toute allure avec un petit rire, puis il s'agenouilla en face d'elle.

- Deux choses, reprit-il, Et j'ai envie de te faire plaisir, donc on va jouer au Saiyen, d'accord? C'est ça que tu veux? C'est comme ça que tu fais avec Ouji?

Elle secoua la tête négativement avec panique.

- Je m'en fous de Ouji, boss, bredouilla-t-elle.

Mais il n'écoutait plus. Il fit courir le canon du flingue sur sa joue. Elle se figea et se tut, hypnotisée par le froid du métal sur sa peau.

- Un Saiyen n'est conçu que pour deux choses. Tuer ou baiser. Qu'est-ce que tu préfères que je fasse?

Elle secoua encore la tête en fermant les yeux, incapable de prononcer le moindre son, tandis que le canon se baladait le long de sa mâchoire et descendait dans son cou jusque dans son décolleté. Elle tremblait de tout son être et sentait les larmes dévaler silencieusement ses joues.

- Alors ? Tu n'arrives pas à te décider, hein ? Soupira-t-il. Moi-même, j'avoue que les deux me tentent. Et pourquoi choisir après tout ?

Elle ne put réprimer un mouvement de recul tandis qu'il calait le canon entre ses seins, juste a l'emplacement de son coeur. Il la rapprocha de lui en empoignant son épaule. Elle était impuissante à lui résister et quand il arma l'arme, elle ne put retenir un hoquet de terreur et ferma les yeux.

- Tss, tss, petit chat. C'est toi qui as voulu jouer. Me gâche pas le plaisir, sois bonne joueuse, sermonna-t-il doucement en essuyant ses larmes.

Clic.

Bulma faillit hurler et ouvrit les yeux avec horreur. Il avait vraiment pressé la détente, ce cinglé. Elle avait du mal à respirer, elle sentait son cœur prêt à exploser.

Le lézard releva le canon et l'étudia avec une certaine déception.

- Tiens, tu vois, je ne t'ai pas tuée. Bon, je crois qu'il ne me reste qu'une option, qu'en dis tu ? Demanda-t-il en posant le flingue sur la table.

- Non, gémit Bulma en se reculant.

Mais la menotte parvint à la retenir et Freezer la ramena sans ménagement vers lui en attrapant sa cravate d'une main tandis que, de l'autre, il arracha brusquement la minuscule chemise. Elle le repoussait de toutes ses forces, sans prendre garde à la menotte qui lui écorchait le poignet, mais ses efforts étaient vains. Agacé de son agitation, le lézard la gifla et la force du coup l'étourdit un instant.

Elle le sentit la soulever par les hanches et la plaquer sur le ventre contre le plateau de la table. Ses genoux touchaient à peine le sol et il la força à les écarter. Elle n'arrivait même plus à se débattre. La tête lui tournait et elle avait même du mal à suivre l'enchaînement des événements. Elle perçut les doigts nerveux du lézard batailler avec son short, une chose misérable conçue pour s'enlever de la plus facile des manières et qui se dégrafait par les côtés.

Quand le short céda, lui laissant comme seul rempart contre l'inéluctable son ridicule string de streap-tease, les yeux de Bulma tombèrent sur le flingue. Il était posé à quelques centimètres d'elle au milieu de restes de poudre.

Freezer attrapa soudain ses cheveux et lui releva sa tête. Il était sur elle, son entrejambe pressé contre ses fesses, penché en avant en appui sur sa main libre qui maintenait Bulma contre la table. Il était toujours habillé mais elle sentait son excitation au travers du tissu de son pantalon, appuyant contre le haut de sa cuisse. Il passa son nez dans ses cheveux et descendit dans le creux de son cou en inhalant.

- Une excellente idée, ton petit jeu, souffla-t-il d'une voix rauque. J'espère que t'es pas encore fatiguée, on a toute la nuit.

En guise de réponse, elle essaya à nouveau de se dégager, mais il tira juste ses cheveux un peu plus fort et lui arracha un grognement de douleur.

- J'adore. T'as vraiment joué comme ça avec Ouji ? Ricana-t-il.

Elle suffoquait presque sous son poids. Sa main droite était coincée au bord de la table à cause des menottes et la gauche lui servait d'appui pour éviter de se faire écraser par le corps de son agresseur. Elle tira sur la chaîne des menottes. Elle était surprise par la résistance du gadget. Le mécanisme d'ouverture était ultra simple pourvu qu'on ait une main a disposition et elle avait pensé que le reste des menottes aurait été aussi facile à démonter. Mais la putain de chaîne ne cassait pas. Dans sa position, Bulma n'avait pas beaucoup de force.

Il lâcha brusquement ses cheveux et elle entendit le cliquetis de sa ceinture immédiatement suivi du zip de la braguette. Le son lui insuffla une bouffée d'adrénaline et elle glissa lentement sa main libre vers le flingue. C'était la gauche, le plan était pourri, mais elle n'avait pas d'autre choix. De toute façon, le flingue n'avait qu'une balle dans le chargeur, même si elle tirait plusieurs fois, il lui faudrait une sacrée veine pour toucher le lézard. C'était mieux que rien.

Le bout de ses doigts se posèrent sur la crosse quand elle sentit sa queue contre ses fesses mais avant qu'elle ait pu faire un mouvement, quelqu'un frappa bruyamment a la porte.

Freezer et elle se figèrent simultanément.

- Boss, je suis désolé, y a une urgence, grogna la voix de Dodoria.

Bulma resta immobile, attendant la réaction du lézard. Elle l'entendit inspirer profondément, comme pour maîtriser un agacement extrême, mais il ne répondit pas.

- Ça va pas vous plaire, ajouta Dodoria.

Elle le sentit enfin se reculer et relâcher la pression sur son épaule. Elle l'entendit se ressaper hâtivement et se lever avec un juron. Il contourna la table pour rejoindre la porte.

Bulma soupira et se laissa glisser jusqu'au sol. Elle attrapa le flingue silencieusement, sans quitter le lézard des yeux. Il avait entrebâillé la porte et marmonnait à voix basse avec son homme de main.

Bulma cala le flingue sous son genou et examina rapidement le mécanisme de la menotte. Elle hésitait à la déverrouiller tout de suite.

Un fracas interrompit ses pensées et la fit sursauter. Tournant la tête vers la porte, elle s'aperçut que le lézard venait d'asséner un coup de poing à Dodoria. Le gorille tituba et s'écroula lourdement sur le sol de l'entrée.

- Incapables, siffla Freezer.

Il se retourna et revint d'un pas rapide vers Bulma en finissant de boucler sa ceinture.

- Tous des incapables, hurla-t-il a nouveau d'une voix exaspérée.

Il s'immobilisa devant la table et son regard navigua un instant sur la surface de verre avant de se fixer sur Bulma. Elle comprit qu'il cherchait le flingue. Elle se défit des menottes en une fraction de seconde et se recula juste à temps pour esquiver la gifle.

- Sale petite pute, cracha-t-il en la rattrapant encore une fois par les cheveux alors qu'elle essayait de se relever pour s'enfuir.

Il la traîna impitoyablement sur quelques mètres pour l'éloigner du flingue, insensible à ses gesticulations pour lui faire lâcher prise. Il finit par la libérer mais agrippa aussitôt son cou et un éclair de douleur irradia instantanément les épaules et les cervicales de Bulma. Il la hissa sur ses pieds tout en la regardant droit dans les yeux, savourant visiblement la douleur peinte sur son visage. Le spectacle parut l'apaiser un peu. Il sourit.

- C'est définitivement un petit jeu qu'il faudra qu'on reprenne, toi et moi. T'inquiète pas, j'en ai pas fini avec toi, susurra-t-il avant de presser ses lèvres contre les siennes.

Il la repoussa brusquement et elle manqua de tomber à la renverse. Elle recula de quelques pas en reprenant son souffle et en épiant les moindres gestes du lézard. Mais il semblait que le jeu était fini pour le moment. Il s'était détourné d'elle pour ramasser l'arme. Il la cala dans sa ceinture et sorti de la pièce d'un pas nerveux.

Bulma massa son pauvre cou. Elle avait encore la tête qui tournait et elle s'approcha du canapé d'un pas trébuchant pour s'y asseoir avec un soupir silencieux. Elle récupéra son short hâtivement tout en guettant d'un œil méfiant Dodoria qui se relevait lui aussi péniblement à l'autre bout de la pièce.

Le gorille finit par se remettre sur pied. Il défroissa sa veste d'un geste embarrassé et leva les yeux sur elle. Même à distance, elle sentait son irritation de s'être fait si minablement dérouillé en sa présence.

- Suis-moi, aboya-t-il.

L'ordre prit Bulma au dépourvu. Pourquoi avait-il besoin qu'il la suive? Elle savait rentrer toute seule et elle risquait pas de s'enfuir en mini-short et mini-soutif. Mais elle n'osa pas protester. Elle avait son compte de coups. Elle essuya mécaniquement le filet de sang qui coulait de l'entaille sur son front et se leva pour s'exécuter.

Dodoria crut quand même bon de l'attraper par le bras, comme si elle pouvait avoir l'idée de se barrer en courant à tout instant. Ce geste sonna une alarme dans la tête de Bulma. Cette brusquerie était inhabituelle, les filles étaient en général d'une docilité qui la rendait inutile. Mais ce soir, Dodoria se méfiait.

Y avait-il un rapport avec Kiwi? Il était impossible qu'ils aient trouvé le corps; les Saiyens l'avaient embarqué et elle leur faisait confiance pour qu'on ne le retrouve pas de si tôt. Comme Freezer le disait lui-même, ça faisait partie des deux choses pour lesquelles on pouvait compter sur eux.

Dodoria la tira sans ménagement jusqu'à la maison des filles et elle se demanda à nouveau ce qui pouvait se passer. Dès qu'ils entrèrent, ils furent accueillis par un fracas assourdissant. Un déluge d'objets en tout genre dévalaient les escaliers ou pleuvaient depuis les étages, éclatant dans les marches et roulant jusque dans le couloir de l'entrée.

Dodoria poussa Bulma dans le salon qui s'ouvraient à gauche de la porte d'entrée. C'était une pièce où les filles n'allaient jamais. C'était les hommes de main qui le squattaient la plupart du temps. Ils y regardaient la télé ou jouaient aux cartes pendant leurs gardes interminables, le cul vissé aux deux canapés de cuir fatigué qui se faisaient face.

Mais aujourd'hui, il semblait que le salon était réservé aux filles. Chichi, Lunch et Zangya étaient alignées silencieusement sur le même sofa, têtes basses. On avait dû les tirer de leurs lits car elles étaient toutes en tenue de nuit, débardeurs et shorts, ou même culotte pour certaines. Elles grelottaient sans un mot sous l'œil sévère de Zarbon installé douillettement sur le canapé en face d'elle.

Quand Bulma entra en trébuchant, les trois filles osèrent un coup d'œil à son attention, mais aucune ne fit le moindre commentaire.

- Assieds-toi, ordonna Dodoria d'un ton sec avant de ressortir.

Bulma s'exécuta et les filles se serrèrent pour lui faire de la place. Zarbon la scruta d'un oeil expert. Il semblait admirer son état lamentable, le sang dégoulinant de son front, ses cheveux hirsutes et sa joue rougie. Elle était tentée de soutenir son regard mais jugea préférable de baisser la tête comme les autres.

Elle entendait les claquements intermittents des objets jetés dans l'escalier. De temps à autres, la voix d'un des hommes de main résonnait depuis les étages et Bulma comprit subitement qu'ils étaient en train de procéder à une fouille en règle des chambres.

Même si elle calcula rapidement qu'elle n'avait plus rien de vraiment compromettant dans son studio, elle n'aimait pas ça. Elle luttait contre l'idée rampante que tout ce cirque avait quelque chose à voir avec Kiwi. C'était impossible. Même s'ils avaient compris qu'il était mort, pourquoi suspecter les filles qui avaient bossé toute la nuit au club? Que pouvaient-ils bien chercher ici?

Elle était coincée entre Chichi et Lunch et elle les sentait frissonner imperceptiblement, sans savoir si elles avaient froid ou peur. Sûrement un peu des deux. Et elles avaient raison d'avoir la trouille. Bulma elle-même commençait à flipper sérieusement.

Puis subitement, le bruit cessa. Un silence de mort s'abattit sur la maison, plus stressant encore que le chaos qui avait précédé. Un pas se fit entendre dans l'escalier. Un pas tranquille, inquiétant, sûr de lui, qui redescendait pour se diriger vers le salon. Les filles retenaient leur souffle, elles savaient d'instinct que c'était le lézard qui arrivait.

De fait, Freezer apparut dans l'embrasure de la porte. Il s'arrêta à l'entrée de la pièce et les toisa sans un mot. Il avait les mains dans les poches dans une pose décontractée, mais son apparente nonchalance ne trompait personne. La lueur sombre dans l'ocre de ses prunelles, ses narines imperceptiblement plissées, les rides infimes de son front, tout indiquait, pour celles qui le connaissaient trop bien, qu'il était hautement contrarié, ce qui signifiait qu'il était à deux doigts de basculer dans une de ses légendaires colères.

- Comme je suis déçu, soupira-t-il. Je vous soigne, je vous protège, je vous traite comme des princesses et vous me plantez un couteau dans le dos. Qui a fait ça?

Les filles se turent. Chichi rentra un peu plus la tête dans ses épaules, Lunch se raidit. Bulma ne voyait pas Zangya mais elle entendit son petit reniflement qui indiquait qu'elle se retenait d'éclater en larmes.

Freezer entra dans le salon et s'avança jusqu'à Lunch. Il passa sa main dans ses cheveux et reprit.

- Vous savez, ne rien dire quand on sait quelque chose, c'est déjà me faire beaucoup de mal.

Sa main abandonna les cheveux de Lunch pour saisir le menton de Bulma et la forcer à le regarder. Il fouilla ses yeux du regard et continua à parler.

- Mais faute avouée est à moitié pardonnée, n'est-ce pas? Il est encore temps de demander pardon, sait-on jamais.

Il lâcha Bulma et caressa la joue de Chichi qui avait levé la tête vers lui. Ses prunelles noires étaient embuées de larmes, mais elle s'efforçait encore de masquer sa trouille.

- De toute façon, ajouta Freezer, ce que vous ne dites pas maintenant, vous le direz plus tard quoiqu'il arrive, alors pourquoi perdre du temps comme ça ?

Alors qu'il arrivait à la hauteur de Zangya, la jeune femme craqua.

- On a rien fait, boss. Je vous le jure. Je sais même pas de quoi vous parlez, sanglota-t-elle nerveusement.

Il attrapa doucement la main implorante qu'elle tendait vers lui et lui sourit.

- Tu ne sais pas? Tu en es sûre, ma petite chose? Des fois, on ne sait pas qu'on sait, hm?

Il tira doucement sa main pour l'inviter à se lever.

- Je vous jure, boss, balbutia-t-elle.

- Chh. Ne jure pas mon enfant, répondit-il d'un ton rassurant en passant une main réconfortante dans le dos de la jeune femme.

Zangya tremblotait, seulement vêtue d'un short et d'un débardeur. Elle se raidit au contact du lézard.

- Tu as froid, hm ? Zarbon, dis à Reacom d'apporter de quoi se couvrir à ces dames.

Zarbon se leva sans un mot et quitta la pièce. Freezer se tourna vers les filles.

- On a trouvé de très vilaines choses dans vos chambres, Mesdemoiselles, annonça-t-il.

Lunch et Chichi le regardèrent d'un œil méfiant. Il pencha la tête de côté et leur adressa un sourire tout à la fois sadique et triomphant.

- En tout cas, jusqu'à ce que cette petite affaire soit réglée, il n'y aura plus un gramme de shit, de came ou de n'importe quoi de la sorte dans la maison, c'est compris ?

Les filles serrèrent les dents sans broncher.

Reacom arriva avec un paquet de linge dans les bras et interrogea le lézard du regard. Freezer tendit la main et attrapa un gilet noir sur le dessus de la pile. Il le tint à hauteur de Zangya pour qu'elle puisse l'enfiler comme une lady.

- Voilà, ma chère. Maintenant, nous allons discuter en tête à tête dans mon appartement. On sera plus à l'aise, expliqua-t-il en lui reprenant la main.

Les yeux de Zangya se tournèrent nerveusement vers ses camarades sur le sofa. Elle était terrorisée mais malgré tout, suivit docilement le lézard vers la porte. Il s'interrompit en chemin et jeta un coup d'œil aux autres.

- Ne soyez pas jalouses mesdemoiselles, il y en aura pour tout le monde. Je vous vois tout à l'heure, ajouta-t-il avant de quitter la pièce, Zangya à sa suite.

Reacom balança les vêtements sur le sofa libre et partit à son tour en claquant la porte derrière lui.

Chichi se jeta sur le paquet de linge et tira une veste à capuche du lot pour l'enfiler fébrilement. Bulma l'imita et s'installa en face des deux autres sur le canapé libre.

Il se passa un moment sans qu'aucune d'entre elles n'osent parler. Lunch se tordait les mains pensivement et Chichi s'était calée au fond de son siège, les genoux repliés sous le menton, les yeux fermés.

- Ils ont trouvé du sang, murmura Lunch tout d'un coup.

Chichi ouvrit les yeux et les tourna vers elle avec incrédulité. Bulma accusa le coup de poing que sa camarade venait inconsciemment de lui asséner.

- Au sous-sol, précisa Lunch dans un souffle. Kiwi a disparu.

Chichi se mit à mordiller son ongle nerveusement, sa façon à elle de digérer l'info.

- Comment tu le sais ? demanda Bulma.

Lunch leva un regard noir sur elle, voyant certainement dans cette question une façon de la soupçonner d'avoir quelque chose à voir avec tout ça.

- Je les ai entendus en parler, grommela-t-elle.

- On est mortes, conclut Chichi.

Sa voix était étrangement calme à cette affirmation.

- Sauf si l'une d'entre nous a quelque chose à dire pour innocenter les autres, répliqua Lunch.

- Tu crois vraiment que l'une d'entre nous sait quelque chose ? Quoiqu'il soit arrivé cette nuit, on était toutes au club en train de trimer, protesta Bulma.

Lunch la fusilla du regard mais ne répondit pas.

- Pourtant, il n'y a que nous qui utilisons le sous-sol. Personne d'autres n'y va jamais, soupira Chichi. De toute façon, que ce soit l'une d'entre nous ou pas, ça ne fera aucune différence pour lui.

Bulma commençait à comprendre pourquoi Végéta avait insisté pour qu'elle reste. Il avait voulu éviter qu'elle n'éveille les soupçons en disparaissant. Si seulement ses gars avaient fait le boulot correctement et avait veillé à tout nettoyer.

Elles sursautèrent toutes au son de la porte qui s'ouvrait brusquement. Lazuli apparut sur le seuil, habillée d'une robe de cocktail très conventionnelle qui lui allait divinement. Elle resta un instant la main sur la poignée de la porte, son regard d'acier flottant d'une fille à l'autre.

- Qu'est-ce que vous avez foutu ? grogna-t-elle.

Aucune ne répondit. Même si elles détestaient Lazuli, qui prêtait volontiers main forte au boss pour mieux les exploiter, les filles la considéraient d'une certaine manière comme leur dernier rempart contre les excès de Freezer. C'était elle qui l'avait convaincu de laisser un peu de répit à Bulma avant de reprendre le boulot et elle n'avait jamais peur de se confronter à lui quand il allait trop loin. Silencieusement, les trois strip-teaseuses pesaient les chances qu'elles avaient que Lazuli les sortent de leur situation merdique.

Lazuli referma la porte et s'adossa contre le chambranle en sortant une cigarette. Elle l'alluma et parut réfléchir un moment.

- Kiwi a toujours été un porc. En même temps, lequel de ces mecs ne l'est pas à sa façon ? soupira-t-elle.

- Tu crois vraiment que l'une d'entre nous l'a dézingué ? ricana Lunch d'un ton acerbe. J'aurais adoré que ce soit moi en tout cas.

- Ta gueule, coupa Lazuli. Tu crois que c'est le moment de la ramener ? Kiwi, c'est même plus le problème. Le problème, c'est qu'il a disparu et ça, ça veut dire que quelqu'un d'extérieur s'est introduit ici. Tu comprends ce que ça implique dans ta petite tête de piaf ?

Lunch se renfrogna et croisa les bras avec irritation.

Lazuli les fixait en fumant d'un air dubitatif, attendant que l'une d'entre elles disent quelque chose mais le silence durait.

- Alors ? Aucune d'entre vous n'a rien à me dire ? reprit-elle finalement. Vous savez, si vous voulez que j'aie la moindre chance de vous sortir de cette merde, il vaut mieux vous confier à moi qu'à Freezer.

Bulma se mordit les lèvres, mais se tut. Il était hors de question de faire confiance à Lazuli. Malgré tout, elle était tenaillée par une vague culpabilité. Si elle se murait dans son silence, toutes les filles allaient morfler avec elle, elle le savait.

Lazuli laissa tomber son mégot sur le plancher et l'écrasa de son talon raffiné.

- Très bien. Je vous laisse faire, conclut-elle d'un ton sec.

Derrière elle, la porte s'ouvrit à nouveau et Zarbon apparut. Il fit un petit signe de la main Chichi.

- Chichi, appela-t-il.

Chichi pâlit d'un coup et serra sa veste sur son corps en se levant.

- Le boss te demande, ajouta-t-il.

Les yeux perçants de Lazuli suivirent la jeune femme brune qui rejoignit Zarbon et quitta la pièce à sa suite. Quand elle eut disparu, Lazuli se tourna vers Lunch et Bulma.

- Ce sera bientôt à vous. Dernière chance ? reprit-elle.

Mais les deux femmes l'ignorèrent, immobiles et mutiques dans leurs sièges. Lazuli serra les dents et sortit d'un pas agacé en claquant la porte derrière elle. Le silence reprit son règne mais Bulma remarqua les coups d'œil appuyés de Lunch en face d'elle. Elle commençait à se sentir mal à l'aise.

- Lazuli est une salope de base mais elle a pas tort, finit par marmonner Lunch.

- A quel sujet ? balbutia Bulma.

- Quelqu'un de l'extérieur a dû s'introduire ici. S'il est arrivé quelque chose à Kiwi au sous-sol, où il n'avait rien à foutre d'ailleurs, aucune d'entre nous n'aurait pu le faire disparaître comme ça. Quelqu'un a dû venir.

- Mais qui ? murmura Bulma d'une voix à peine audible et avec l'air le plus innocent possible.

Lunch haussa les épaules.

- Sûrement quelqu'un qui en veut au boss. Ca fait du monde, je sais, mais il faudrait aussi que ce soit quelqu'un qui aurait eu un coup de main de la part de l'une d'entre nous, donc j'aurais envie de dire, des Saiyens par exemple.

Bulma s'agita sur le cuir du sofa et s'efforça de rire d'un air narquois.

- Je vois. Des Saiyens que j'aurai aidés parce que leur chef me fait la grâce de m'avoir payé, quoi ? Deux passes. Et Dieu sait que j'adore les clients qui payent pour coucher avec moi, ça crée des liens après tout. Et alors ? Pourquoi les Saiyens en voudraient au boss, d'abord ? Ils font des affaires avec lui d'après ce que je sais. Il leur ramène du fric, non ?

Lunch tripotait le lacet de son T-Shirt pensivement et ne semblait pas décontenancée le moins du monde par la réplique acerbe de Bulma.

- Une vieille vengeance pour une Saiyenne que le lézard a misérablement assassinée après l'avoir épousée, ça te dit rien ? Sans compter que Freezer a œuvré activement à l'arrestation de leur parrain à l'époque.

Bulma resta perplexe un moment.

- C'est la fille dont tu m'as parlé qu'il a tuée ? C'est ça ? Elle était Saïyenne ?

Lunch plissa les yeux avec méfiance.

- Tu veux me faire croire que Végéta ne t'en a pas parlé ? Tu crois que j'ai pas remarqué toutes les questions que t'essayent de poser tout le temps ? siffla-t-elle.

Bulma leva les mains en signe de bonne foi.

- Je… Non… Mais comment tu sais tout ça, d'abord ?

Lunch fixait Bulma avec incrédulité, comme si elle cherchait à trier le vrai du faux dans son discours.

- Ma mère bossait pour Freezer. J'ai grandi dans le quartier comme Végéta. On se connait depuis longtemps lui et moi. On avait quatorze-quinze ans quand il y a eu l'histoire de Fasha. Le père de Végéta s'est fait arrêter un ou deux ans plus tard ça a été le début de la fin pour les Saïyens. Végéta était un gamin, il a essayé de reprendre le flambeau mais il a fini par tomber aussi.

Bulma cilla à cette histoire. Jamais, elle n'avait réussi à faire parler Lunch de cette manière. Et elle avait l'air foutument au courant de tout. Mais elle savait que Lunch se trompait sur la raison pour laquelle les Saiyens avaient fait disparaître Kiwi.

- J'en savais rien, soupira-t-elle. Je te jure que je magouille pas avec les Saïyens. Et j'ai rien à voir avec ce qui est arrivé à Kiwi.

Lunch se pencha vers elle avec un demi-sourire.

- T'es sûre ? Parce que j'ai remarqué un truc bizarre. Il y avait un flingue factice dans ton costume et tu sais quoi ? Je l'ai retrouvé dans ta chambre en rentrant de mon service, pendant que tu prolongeais la fête avec le boss.

Bulma se figea.

- Dans ma chambre ? bafouilla-t-elle. Tu es entrée dans ma chambre ?

Le sourire de Lunch s'élargit.

- Je cherchais des clopes. T'as jamais pensé qu'on pouvait rentrer dans ta chambre quand tu n'y étais pas ? T'as vraiment trop de principes, pour une pute. En tout cas, j'ai pas trouvé de clopes, mais j'ai trouvé le flingue factice et je me suis dit que tu avais dû repasser au cours de la nuit et l'oublier là. Enfin, l'oublier ou le remplacer, au point où en est, pourquoi pas ?

Bulma sentit le sang quitter tout son visage et elle baissa les yeux, désespéré d'être trop prise au dépourvu pour rien trouver à dire. Elle entendit Lunch soupirer.

- J'ai jamais compris pourquoi toutes les nanas tombent comme des mouches pour un salaud comme Vegeta, maugréa-t-elle.

- Ça n'a rien a voir avec lui, s'agaça Bulma en la fusillant du regard. Qu'est ce que tu vas dire au boss ?

Lunch haussa les épaules avec un petit sourire.

- Ca dépend des questions qu'il me pose et de la façon dont il me les pose.

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