Disclaimer : Le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du dix-neuvième parallèle sont à moi.

Rating : T

Pairing : Severus Snape - OC ; Charlie Weasley.

Correctrice : Fantomette34


Mary12, Chocogrenouilles, Matsuyama, sev9hermi, Lilou0803 et Fantomette34, merci pour vos reviews !

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Voici un chapitre où Severus élucide une énigme criminelle pour la police moldue.

Bonne lecture !


o-o-o

Sherlock Snape

O-O-O

Quand le Potionniste vit les Sorciers avaient situé l'entrée de l'Hôpital, il en resta bouche bée...

C'était dans une boutique de Pompes Funèbres.

Saisissant raccourci.

Soit les fondateurs de l'endroit étaient versés dans l'humour noir, soit ils assumaient crûment le fait de ne pouvoir guérir tout le monde et de vouloir écourter la distance physique et temporelle entre leurs bons soins et la demeure en sapin.

Ça faisait faire des économies.

Et connaissant la réputation du lieu, la seconde hypothèse était la plus plausible.

Nemo, que ces considérations n'effleuraient pas, avança jusqu'à la porte et la trouva close.

"Fermé pour l'après-midi, fermé pour l'après-midi, bougonna-t-il en regardant le panneau, mais qu'est-ce qu'ils foutent ?!

- Sans doute ont-ils des convois funèbres jusqu'à ce soir.

- Ecoute, Severus, je sais qu'il n'y a pas de morte saison pour les enterrements mais là, c'est pas normal. Ils doivent rester ouverts, c'est une convention tacite entre Enquêteurs et Sorciers, même si ces derniers ne nous aiment pas.

- ... conclusion, ils ne veulent pas qu'on entre.

- Bien vu, Sherlock !... Et ces petits malins commencent à me courir sur le haricot. Peux-tu utiliser la Magie pour ouvrir ?

- Pas de problème."

Le Maître des Potions sortit sa baguette, jeta un coup d'oeil aux alentours.

Personne... Les gens n'avaient pas fini de déjeuner.

"Alohomora !"

Un déclic se fit entendre et ils purent pénétrer dans la boutique.

"Peut-être faudrait-il refermer ? murmura Nemo.

- Vous avez peur qu'un distrait vienne ici prendre une petite bière ?"

Le vieil homme sourit, tout en secouant la tête.

"Severus, je crois qu'Alistair a une mauvaise influence sur toi. Cette réplique aurait pu être la sienne."

Pas faux pensa la Chauve-Souris de Poudlard

mais c'était un progrès,

vu qu'avant son humour était inexistant.

...

A peine entrés, un croque-mort factice barra leur progression.

"C'est pour un enterrement ? demanda l'homme à côté de qui Percy Weasley passerait pour un joyeux drille.

- Oui, le vôtre, si vous persistez à nous empêcher d'aller plus loin, lâcha Nemo d'un ton - évidemment - mortel."

Le type n'insista pas. Le Capitaine était connu des Aurors de Paris. Bien que sans pouvoirs, il pouvait leur créer des difficultés à n'en plus finir et il ne tenait pas à être celui par qui les emmerdes arrivent. De plus, un Sorcier l'accompagnait et c'était encore plus mauvais signe.

"Allez au niveau trois, dans l'aile sans Magie, je vous annonce...

- Merci !"

Ils marchèrent vers le mur. Severus leva sa baguette et l'illusion qui masquait la porte disparut.

"Après vous, chef ! dit-il de manière à ce que le faux croque-mort n'en perde pas une miette.

Le duo passé, ce dernier laissa échapper son souffle.

Le Patron des Enquêteurs Internationaux de Paris était connu pour détester les Sorciers. Pour qu'il en arrive à faire équipe avec l'un d'eux, il fallait que la situation soit grave... très grave.

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Une secrétaire tenta de les arrêter. Manque de chance pour elle, c'était une ancienne élève du Potionniste qui ne se gêna pas pour la faire se ratatiner sur place*. Nemo admira la performance en connaisseur.

"Tu sais parler aux gens, toi. Tu ne voudrais pas m'accompagner la prochaine fois que je vais chez le percepteur ?"

Le vieil homme eut l'air déçu quand Severus déclina la proposition. Ce dernier, bien qu'il sache que l'autre plaisantait, n'avait pu s'empêcher d'apprécier ces paroles et de rêver.

Et si...

S'il était libre.

S'il pouvait changer de vie.

La Liberté, c'est de choisir ses chaînes, disait-on chez les Moldus.

Il aimerait se lier avec Nemo et le Dix-Neuvième parallèle.

Il l'était déjà par le coeur.

...

...

Dans l'aile sans Magie, les lumières étaient assurées par des lampes à incandescence et un tas d'appareils moldus peuplait la salle de réunion, entourant trois hommes qui les attendaient.

Le premier était sans doute le Médecin responsable de ce service, le second, en habits moldus, sentait la maison Poulaga à plein nez - Nemo lui fit un signe de tête - quand au troisième...

Et merde !

C'était un Auror... et pas n'importe lequel.

Dawlish, l'âme damnée de Fudge.

Qu'est-ce que cet idiot faisait là ?

.

L'intéressé devait penser la même chose.

"SNAPE ! Que nous vaut le déplaisir de votre présence ?

- Je passais par là, j'ai vu de la lumière alors je suis entré... Trêve de plaisanterie ! Je m'apprêtais à vous poser la même question. Que fait un Auror anglais à Paris ?

- Echange professionnel...

Pauvres Français !

... mais ça ne vous regarde pas ! Vous n'êtes pas un enquêteur et...

- HUM !"

Le policier moldu avait haussé la voix.

"Loin de moi l'idée de gâcher vos retrouvailles, Messieurs, mais si nous pouviez ajourner vos effusions, ça m'arrangerait. Le temps joue contre nous pour notre enquête... et contre vous pour la vôtre."

Nemo acquiesça et alla s'asseoir, Severus suivit. Dawlish, après avoir ouvert plusieurs fois la bouche, se résigna à les imiter. La réunion informelle commença.

...

"Je suis Almanzo Ribera, lieutenant à Interpol. Hier soir, un indicateur nous avait mis, mon équipe et moi, sur la piste de Di Santi, un Maître chanteur d'envergure internationale. Hélas, en pénétrant ce matin dans sa maison nous l'avons trouvé mort, poignardé par une lame longue et très fine qui a dû être amenée de l'extérieur.

- Et Chassebois, dans tout ça ?

- Il était blessé, adossé au garage. Avec des coupures profondes dues à une puissante Magie. Aucun moyen de savoir si les deux affaires sont liées ou s'il s'agit d'une coïncidence, l'homme s'étant traîné jusque là."

Un bref silence, puis...

"Peut-être qu'en résolvant l'homicide, on trouverait la réponse ? hasarda Severus.

- Peut-être... sauf qu'on n'est pas prêt de crier Euréka ! Il n'y a pas eu effraction et la scène du crime était intacte. Di Santi connaissait son agresseur et ne s'en méfiait pas.

- Aucun indice alors.

- Si. Ça !"

Et l'homme leur montra un objet plat que seul Nemo identifia.

"Un Compact-Disc ?

- Oui. Di Santi le tenait dans sa main. Il l'avait serré tellement fort que la chair en était marquée.

- Il n'est pas étiqueté. Savez-vous ce qui y est enregistré ?

- De la musique. Du piano pour être précis. J'espérais des documents sonores sur ses victimes mais ce n'était pas le cas."

Evidemment.

Le silence plana un moment sur les cinq hommes, silence que brisa, une fois de plus, Severus.

"Avez-vous reconnu le morceau joué sur ce... Compact-Disc ?

- Non. La musique classique et moi, ça fait deux.

- Pouvons-nous l'entendre ?"

Ribera s'approcha d'une mini-chaîne Hi-Fi et y inséra le disque aux allures de miroir. Une mélodie éleva ses arpèges dans la pièce. Il ne fallut que quelques mesures pour que Severus la reconnaisse.

" C'est le cinquième concerto pour piano de Beethoven.

- Le chien ? murmura l'Auror qui, pour une fois, était allé au cinéma.

- Pas vraiment, non." répliqua le Potionniste.

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Il était sûr, Merlin seul sait pourquoi, que ce morceau avait de l'importance.

"Avez-vous des suspects pour le meurtre de Di Santi ?

- Quelques noms... Des personnes proches de lui.

- Puis-je en voir la liste ?"

Dawlish protesta auprès de l'agent d'Interpol, arguant que le Sorcier n'était nullement un enquêteur. Ribera passa outre.

"Tenez ! dit-il en tendant au Potionniste une feuille annotée au stylo.

Severus la prit... et un nom retint aussitôt son attention.

"Lui ! s'écria-t-il, c'est probablement le meurtrier.

- Jean Lempereur... Pourquoi le suspectez-vous ? Si vous consultez mes notes, vous verrez qu'il est de faible constitution et handicapé, suite à un A.V.C. Il est obligé de marcher avec une canne."

Alors une image envahit l'esprit de Severus.

Lucius.

Lucius Malfoy et sa canne qui contenait...

"Je maintiens son statut de suspect pour trois raisons : premièrement, il n'était pas nécessaire au meurtrier d'être fort pour commettre le crime, la victime ne se méfiant pas. Deuxièmement, vous avez dit que la lame utilisée était longue et très fine. Celle d'une canne-épée correspondrait. Troisièmement... le morceau de musique. Le Concerto pour piano numéro cinq de Beethoven est aussi appelé le Concerto L'empereur."

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Un instant, les quatre hommes en face du Potionniste se figèrent, puis...

"Dios mio ! fit Ribera, si c'est ça...

- Et vous êtes encore là ?" susurra le Capitaine.

Le lieutenant partit comme une flèche. Ne restèrent dans la salle que le médecin, Dawlish, Severus et Nemo.

Ce dernier se leva. A voir la flamme dans ses yeux, il allait y avoir une mise au point au millimètre.

"Messieurs ?!... Maintenant qu'un de mes hommes a résolu le côté moldu de cette histoire, attelons-nous au reste. Comment va Chassebois ?

- Il est dans le coma. Ses blessures résistent à tout traitement, quelle que soit la méthode.

- Ses heures sont comptées ?

- Oui."

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Le vieil homme hocha la tête, autant pour accepter l'inéluctable que pour se donner le temps de réfléchir.

"Severus, retourne au Bar et mets les autres au courant, fit-il doucement, je reste ici, au cas où Chassebois reprendrait connaissance."

Le Potionniste obéit sans discuter.

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Avant de transplaner, il repensa aux deux personnes qui lui avaient permis de résoudre l'affaire Di Santi.

Un Moldu, un Sorcier.

Tobias Snape, son père.

Lucius Malfoy, le Mangemort.

L'un pour lui avoir, quand il n'était pas saoul, fait connaître la musique classique.

L'autre pour posséder, Severus l'avait vue, une canne évidée cachant sa baguette.

La vie était parfois d'une incroyable ironie.

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* Et tout ça sans potion. Quel homme !