Hello ! Me revoilà avec un nouveau chapitre (court) après une absence de deux semaines pour cause de partiels. Celui-ci déroge à la règle du chapitre ultra-long, et, comble du comble, n'a pas été relu, je crains donc le pire concernant les fautes, mais je n'ai pas tellement le temps de faire autrement... En espérant qu'elles ne soient pas trop nombreuses ! :s
Comme toujours, un grand merci à mes quelques revieweurs, dont un certain nombre a d'ailleurs disparu (j'espère ne pas les avoir déçus), et merci à mario77 pour la mise en favoris de mes trois fics (ouah !). Maintenant, j'attends une petite review de ta part, au moins sur l'une d'entre elles !
J'en profite tout de même pour pousser un sérieux CDGR : le nombre de revieweurs est actuellement en chute libre, mais pas le nombre de lecteurs, alors chers anonymes, sachez qu'une review est ce qu'il y a de plus gratifiant pour un auteur, et que même une simple ligne de commentaire de temps à autres fait plaisir.
Sur ce coup de gueule, je vous souhaite une bonne lecture ! ;)
Skye Marcus : ne t'en fais pas, je suis dans le même état que toi (la preuve, je n'ai pas répondu non plus à nos MP) J'ai compris (et adoré x) la métaphore du marron, mais elle reste... disons... hasardeuse ^^ Bon courage à toi aussi pour tes partiels si tu n'as (comme moi) toujours pas fini ! :)
furieuse : la review tardive ne pose aucun problème dans le cadre du CDGR, le plus important est qu'elle soit postée ;) Pour les 80%, on est TRES loin, mais je garde espoir qu'un jour, peut être... Bref, j'adore que tu adores en tout cas ! :)
PBG : deux reviews adorables, que demander de plus ? C'est moi qui devrais pleurer devant tant de compliments ! :$ (Et j'en profiterais pour t'emprunter ton mouchoir TBC, je trouve ça très classe ! Pour aider Tony à retirer les miettes de son costume, c'est parfait ^^)
Gwenetsi : elle me paraît parfaitement à la hauteur, cette review ! ^^ La conscience de Ziva risque de faire encore des siennes, je m'amuse beaucoup à l'écrire, et si, je te confirme, Liat a bien des faiblesses (oui, oui, des !). Concernant tes questions... Une piste va commencer à se dessiner sérieusement, je te laisse découvrir ça !
« Une piña colada, s'il-vous-plaît ! » lança Ziva à l'adresse du barman de l'Acqualina, qui acquiesça, avant de s'empresser de réaliser sa commande.
Dès qu'il déposa la boisson devant elle sur le comptoir, elle s'empressa de la boire en croisant les jambes sur son tabouret de bar, écoutant vaguement les conversations des clients de l'hôtel qui l'entouraient.
Il lui restait encore une heure à tuer avant le retour de Ray, et plutôt que de rester seule, enfermée dans sa chambre d'hôtel, elle avait préféré savourer la fraîcheur du lobby de ce palace et laisser traîner ses oreilles avec une indiscrétion dont elle n'avait plus fait preuve depuis longtemps, et dont elle apprenait à se délecter à nouveau.
A sa droite, installé à une petite table, un couple se disputait à propos d'une certaine « Mindy ». Elle n'avait pas pu découvrir si celle-ci était la collègue de bureau de l'homme, ou la meilleure amie de la femme, mais elle semblait causer un tumulte impressionnant au sein de leur relation.
Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire.
Mindy sonnait exactement comme le prénom qu'aurait pu porter l'une des multiples conquêtes de Tony. Beaucoup moins comme celui d'une femme que Ray aurait pu afficher à son bras.
La fidélité qu'elle lui connaissait et la confiance totale qu'elle pouvait avoir en lui étaient les deux principales raisons pour lesquelles elle se satisfaisait pleinement de sa relation avec l'agent de la CIA
Certes pas de passion incontrôlable ou d'étincelles brûlantes entre eux, mais une union stable, durable... Quelque chose qu'elle savait pouvoir bien fonctionner. Ou du moins qu'elle espérait pouvoir bien fonctionner.
Sa dernière relation amoureuse, passionnée et passionnelle, s'était suffisamment mal terminée pour qu'elle recherche une autre dimension de l'amour, qu'elle avait le sentiment d'avoir trouvé avec Ray.
Pourtant, un petit quelque chose manquait.
Un petit quelque chose comme dans le couple sur sa gauche, qui s'embrassait passionnément, riait, échangeait des regards qui trahissait leurs sentiments réciproques, et ne pouvait rompre le contact physique de leurs épaules ou de leurs mains s'effleurant régulièrement.
Une fusion qu'elle n'arrivait pas à trouver avec son petit ami. Jamais ils n'arrivaient à terminer la phrase l'un de l'autre ou à ressentir le besoin irrépressible de l'autre même si le manque se faisait parfois sentir. Mais il disparaissait aussi vite qu'il apparaissait subitement.
Elle poussa un discret soupir, qu'elle noya dans une nouvelle gorgée de cocktail.
Elle avait beau essayer de se convaincre du contraire, une flammèche ne valait pas un incendie… Elle avait abandonné le feu sacré de la passion en son âme et conscience, mais le choix se révélait parfois pesant.
Elle prit une nouvelle inspiration et ferma brièvement les yeux.
Sécurité et stabilité étaient devenues ses maîtres mots depuis qu'elle avait posté son premier mail de démission au Mossad, et elle avait bien l'intention qu'ils le restent, bien que l'ancienne Ziva tente parfois de reprendre le dessus.
Préférant finalement se concentrer sur une autre cible que ces deux amoureux légèrement dérangeants par leur bonheur trop affiché, elle tendit une nouvelle fois l'oreille pour percevoir la conversation d'une jeune fille, 16 ans, tout au plus, avec un homme beaucoup plus âgé qu'elle identifia comme son père.
Celui-ci semblait circonspect alors qu'elle lui racontait sa rencontre avec un garçon, vraisemblablement.
A nouveau, ses lèvres s'étirèrent en un sourire.
Quoi de mieux, en plus d'une piña colada, que quelques souvenirs de jeunesse pour tout oublier des problèmes du présent ?
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Juin 2000, Tel Aviv
Ziva referma la porte de la villa familiale derrière elle, avant de jeter son sac au pied du porte manteau et de passer la main sur son front encore humide de sueur.
Malgré l'immense fatigue qu'elle éprouvait à la fin de cette journée chargée, elle n'arrivait pas à faire disparaître le sourire qui marquait son visage cerné.
« Ima ? Aba ? appela-t-elle en retirant ses baskets pour profiter du contact froid du carrelage contre ses pieds nus alors qu'elle se dirigeait vers la cuisine, où sa mère était soit en train de débattre avec son père de l'un de leurs nombreux sujets de discorde, soit en train de faire réciter ses leçons à sa petite sœur Tali en préparant le dîner. Vous êtes là ? Tali ?
- Ziva ! s'exclama la dernière interpellée en lui sautant dans les bras, comme chaque soir depuis une semaine. T'es encore rentrée tard !
- Je sais, Tali, mais l'entraînement est contraignant, commenta-t-elle simplement. Tu sais où est maman ?
- Là, chérie ! lança une voix venant de la cuisine, avant que Rivka David ne se décide à apparaître dans l'encadrement de la porte. Tes examens se sont bien passés, ce matin ?
- Plus important, la coupa aussitôt son père qui se matérialisa aux côtés de sa femme, alors que Ziva s'apprêtait à répondre. Ton entraînement ? Hadar m'a dit que tu n'avais pas terminé ! Si tu n'honores pas tes engagements, tu...
- Laisse-la, elle a d'autres priorités que le Mossad, répliqua sa mère en se plantant devant le directeur adjoint du Hamisrad, intraitable. Le bac avant tout. Tes entraînements viendront ensuite.
- On a déjà parlé de ça, Rivka, le Mossad est son avenir plus que le bac, grogna-t-il alors que leurs filles levaient les yeux au ciel, trop coutumières de cette dispute devenue habituelle entre leurs parents.
- Oui, euh, tout ça pour dire que non, je n'ai pas tenu, mais c'est une remise en forme, se justifia Ziva avant que sa mère n'ait eu le temps de contre-attaquer. Et comme dit ima, il faut aussi que j'assure mes examens. Mais j'ai rencontré quelqu'un, tu connais...
- Malachi Ben Gidon, la coupa immédiatement son père sur un ton froid. Je connais, oui. Et je sais que c'est lui qui t'a ramené au Mossad. Etrangement tard. Et je t'attendais justement pour te demander où vous aviez disparu. Tous les deux. Seuls. Tous les deux. Seuls.
- Nulle part ! protesta-t-elle, alors qu'elle sentait le regard inquisiteur de ses deux parents se poser sur elle, pour une fois d'accord, et celui sarcastique de sa jeune sœur, qui n'osait pour l'instant piper mot, mais n'en pensait pas moins. On est simplement rentrés au Mossad en marchant.
- Tu aurais mis 45 minutes pour rentrer à l'agence en marchant rapidement, commenta Eli David, l'expression indéchiffrable. Une heure en marchant lentement. Et pourtant, tu as mis une heure trente.
- Ok, ok, on a fait un détour par un café pour que je puisse me racheter de l'eau, mais tu ne voulais pas que je meurs déshydraté après un jogging, si ? plaida-t-elle en levant les yeux au ciel, à la fois habituée mais toujours agacée par les soupçons de son géniteur.
- Ziva, ce n'est pas pour te policer, mais à ton âge, nous pensons que... » commença Rivka après avoir échangé un regard entendu avec son époux.
L'interpellée étouffa un soupir. A chaque fois qu'il s'agissait de garçons, ses parents se sentaient obligés de reproduire le schéma « gentil flic-méchant flic », qui, à la longue, tendait à devenir lassant.
D'autant qu'elle avait davantage l'impression d'avoir face à elle un tribunal de l'Inquisition qu'un procès juste et équitable.
La preuve, elle n'était pas autorisée à faire appel à un avocat.
« Maman, je n'ai pas couché avec un quasi-parfait inconnu dans les toilettes du café où j'ai acheté un jus d'orange, ok ? soupira-t-elle, décidant que parler crûment l'aiderait peut être à se débarrasser du problème plus rapidement. Alors détendez-vous... Tous les deux.
- Tu as dit tout à l'heure que c'était une bouteille d'eau, pourquoi est-ce devenu un jus d'orange ? répliqua son père, impassible, alors que Rivka baissait discrètement les yeux vers le sol, visiblement aussi peu enthousiasmée par cet interrogatoire en règle que sa fille.
- Parce qu'il a pris un jus d'orange et moi une bouteille d'eau ! cria-t-elle, hors d'elle. Et qu'on s'en contre-fout ! Moi, fille de 17 ans, j'ai discuté avec un homme de 21 ans, drame ! Tu comptes t'en remettre, aba ?
- Je te déconseille ce ton avec moi, siffla le directeur du Mossad. Et tu sais bien que la contradiction dans les détails est le premier signe de mensonge. Ensuite, tu ne connais pas les hommes qui travaillent au Mossad, moi si. Et je te conseille d'être prudente. Maintenant, pose la question que tu voulais poser quand tu es rentrée. Tu sais, la raison pour laquelle tu cherchais ta mère... »
La jeune fille s'empourpra, gênée de voir que son père semblait tout savoir de sa vie privée, et se mit à fixer le bout de ses pieds, alors que Tali la regardait, les yeux brillants de curiosité. Au bout de quelques secondes, elle se décida à relever la tête, le rougissement de ses joues contrôlé, et lâcha :
« Malachi m'a invité à une soirée, avec certains de ses amis, demain soir et...
- Non, trancha Eli David d'un ton sans appel. Rivka ?
- Je vais être obligée de soutenir ton père, chérie, renchérit l'interpellée, visiblement mal à l'aise. Je ne connais pas ce Malachi, et je ne tiens pas à ce que tu sortes alors que tu as tes entraînements et tes examens, tu es assez fatiguée comme ça...
- C'est hallucinant ! s'emporta la jeune fille, exaspérée par l'attitude soumise de sa mère, et celle insoutenable de son père. Vous m'imposez un rythme d'enfer, et ça va être de ma faute si je fais trop de choses ? Je n'ai jamais le droit de me détendre un peu ? De sortir une soirée ? Dans un club où il y aura des témoins, si c'est ce qui vous inquiète ? Sérieusement, vous êtes dégueulasses avec moi ! J'en ai marre, je me casse d'ici ! »
Coupant court à la discussion, elle se précipita vers les escaliers, et les monta quatre-à-quatre, échafaudant déjà les plans les plus complexes pour réussir à faire céder ses parents, ou au besoin, à faire le mur le lendemain soir.
La dernière chose qu'elle entendit avant de claquer violemment la porte de sa chambre fut la voix hilare de sa petite sœur lancer :
« Ouh, Ziva n'est pas contente que vous lui interdisiez de voir son nouveau chéri... Vous allez souffrir, les parents ! »
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Mars 2012, Miami
« Mademoiselle ? Vous réglez la piña colada en liquide ou en carte ?
- Je peux la mettre sur une chambre ? suggéra Ziva, tirée de ses pensées par le barmaid qui venait de retirer du comptoir le verre qu'elle avait vidé sans même s'en rendre compte.
- Bien sûr ! affirma-t-il en sortant un petit carnet de son tablier. Quel nom et quel numéro de chambre ?
- Cruz, épela-t-elle en veillant à ce qu'il écrive correctement le nom de son compagnon. Ray Cruz. Chambre 5072.
- Attendez, je vérifie un instant sur le fichier informatique, commenta-t-il en jetant un coup d'oeil à un iPad bien caché sous le comptoir. J'ai bien une chambre 5072, mais pas au nom de Cruz...
- Quel nom ? s'enquit-elle, surprise.
- Pas de nom, expliqua-t-il. Une agence gouvernementale, je pense. Votre ami est un fonctionnaire ?
- Oui, on peut dire ça comme ça, lâcha-t-elle sans pouvoir retenir un rire grinçant. C'est un menteur, aussi, si ça peut vous être utile de le savoir. »
« Tony, je ne pense pas du tout que ce soit une bonne idée, commença Liat Tuvia en grimpant les marches de la mosquée à la suite de son coéquipier, armé d'un mandat de perquisition. On est au beau milieu de la prière, je suppose qu'on va garder nos chaussures, et ça va passer très mal...
- Ecoutez, on n'a pas le choix, soupira l'agent du NCIS, visiblement aussi mal à l'aise qu'elle à l'idée de pénétrer dans le lieu de culte au pire moment de la journée. Si on veut qu'ils soient tous réunis pour voir leurs réactions, et perquisitionner au meilleur moment, c'est maintenant. Vous me suivez ? »
Elle acquiesça vaguement, avant d'attraper son écharpe et se voiler avec comme elle l'avait fait la veille, le minimum de respect dont elle pouvait faire preuve alors qu'ils s'apprêtaient à interrompre la prière collective.
Alors qu'ils s'engouffraient dans le couloir carrelé et entrapercevaient les nombreux fidèles, la jeune femme tâcha d'ignorer le bruit que ses chaussures faisaient alors qu'elle marchait d'un pas rapide sur les dalles glacées.
Allez, détends-toi, Liat, ce n'est pas non plus comme si c'était la première fois que tu profanais un lieu sacré, contrairement à d'autres… songea-t-elle sans pouvoir s'empêcher d'esquisser un discret sourire en voyant l'Italien froisser le papier lui donnant l'autorisation légale de fouiller la mosquée de fond en comble sous l'effet de la nervosité.
« Je prends les commandes, si vous voulez, glissa-t-elle à son oreille alors qu'ils arrivaient dans la grande salle de prière où tous les croyants s'étaient redressés sans achever de réciter leur deuxième rakat et que l'imam rivait sur eux des yeux écarquillés par la surprise.
- Pas la peine, je gère, souffla-t-il à voix basse avant de s'avancer vers le religieux. Je suis désolé de vous interrompre en pleine prière, mais j'ai ici un mandat de perquisition pour cette mosquée. Une équipe du NCIS viendra dans l'après-midi fouiller ce lieu, en attendant, j'aurais besoin de parler à votre homme de ménage à propos du meurtre du lieutenant Bowen...
- Attendez une minute, l'interrompit son interlocuteur, tandis que l'officier du Mossad restait en retrait et jetait des coups d'oeil soupçonneux à quelques hommes qui avaient eu des réactions plus outrées que les autres. Vous êtes en train de me dire que vous osez interrompre une prière pour m'annoncer que des dizaines de policiers chaussés vont débarquer dans ma mosquée pour fouiller à la recherche des prétendus tueurs de l'un de nos fidèles dans l'après-midi ? Et vous venez pour accuser l'un des plus fidèles croyants de ce lieu d'avoir assassiné Alan, auquel nous tenions tous énormément ? J'aimerais savoir de quel droit vous vous permettez de proférer des accusations infondées et de profaner le lieu de culte de personnes respectables qui n'ont rien à voir avec ce dont vous les soupçonnez !
- Au nom du droit américain, répliqua Tony, tout en veillant discrètement qu'aucun des hommes ne quitte la salle pendant sa conversation animée. Et si le lieutenant Bowen faisait vraiment partie de votre ''grande famille'', et si vous êtes persuadé que personne ici n'a absolument rien à se reprocher, pourquoi ne voulez-vous pas me laisser interroger les hommes à qui je veux parler, et mes collègues inspecter ce lieu ? Parce que tout ce que nous voulons faire, c'est retrouver le meurtrier de Bowen aussi vite que possible, avant qu'il ne fasse plus de dégâts. Lui, ou sa cellule, d'ailleurs, la piste terroriste est la plus probable. »
L'imam marqua un temps d'hésitation, avant de lâcher, glacial mais résigné :
« Vous demanderez à vos hommes de retirer leurs chaussures. Et Ali, viens par ici. »
Dans la foule opaque de fidèles, l'interpellé d'une quarantaine d'années se détacha et se dirigea vers le mihrab où les deux hommes l'attendaient. Liat, quant à elle, n'avait pas changé d'attitude, et préférait observer les réactions parmi les croyants.
« Monsieur Zarifi, on a deux ou trois questions à vous poser, lança l'Italien en le tirant par le bras, alors que l'imam semblait superviser l'interrogatoire. Concernant la mort d'Alan Bowen.
- La atakalamu ma3aka, répliqua le petit homme au teint mat qui se tenait devant lui sur un ton agressif.
- Ali, le coupa immédiatement l'imam avec fermeté. Tu vas lui dire tout ce que tu sais, et n'oublie pas que le mensonge est un péché très grave. Allez-y, que vouliez-vous savoir ?
- Je voulais savoir quels étaient ses liens avec le lieutenant Bowen, lança Tony en plantant son regard noisette dans celui de l'homme de ménage, visiblement très mal à l'aise.
- Monsieur Bowen était un homme très bon, répondit-il simplement. Il m'aidait parfois à prendre soin de la mosquée, et faisait partie des rares à me saluer lorsqu'il entrait ici.
- Il était un ami ? s'enquit l'agent très spécial, trop absorbé par son interrogatoire pour voir que sa coéquipière s'était mise à se glisser lentement, très lentement et très discrètement, entre les croyants pour s'approcher de deux personnes qui avaient attiré son regard.
- Pas forcément un ami, sayid, mais une personne à qui parler, répondit-il, son attitude changée du tout-au-tout, passée d'une morgue et d'une insolence insupportables à une déférence presque exagérée. Il me parlait de ses problèmes, et je lui parlais des miens.
- Vous vivez confortablement, monsieur Zafiri ? demanda-t-il avec calme, amenant lentement son propos vers la question qu'il lui faudrait fatalement formuler tôt ou tard.
- Je fais comme je peux, sayid, j'ai plusieurs emplois, expliqua-t-il. Vous savez, j'ai cinq enfants à nourrir, et ma femme ne travaille pas. Alors parfois, j'ai un peu de mal.
- Est-ce que le lieutenant vous aurait, éventuellement, donné un peu d'argent pour vous aider ? suggéra-t-il sur un ton innocent, mais le regard rivé sur le petit homme. Un chèque ?
- Non, jamais, sayid, je ne suis pas un mendiant ! s'exclama-t-il, comme outré par cette idée.
- Et il ne vous aurait jamais confié une enveloppe avec plusieurs chèques, à encaisser quotidiennement pour vous aider à nourrir vos enfants ? poursuivit-il, son ton devenant de plus en plus incisif.
- Wallah, je vous le jure, il ne m'a jamais donné d'argent pour m'aider à vivre ! répondit aussitôt Ali en levant solennellement la main, alors que l'imam s'était mis légèrement en retrait.
- N'oublie pas, Ali, le mensonge est un péché, commenta l'Italien en le forçant à le regarder dans le blanc des yeux. As-tu déjà reçu une enveloppe de la part du lieutenant Bowen ? Avec de l'argent t'étant destiné, à toi, ou à ta ''cause'' ?
- Sayid, je ne comprends pas de quoi vous parlez, affirma-t-il, l'air perdu. Quelle cause ? Et quelles enveloppes ?
- Tu ne vois pas où je veux en venir, Ali ? répliqua Tony sur un ton grinçant. Alors laisse-moi être plus clair. Je pense que tu as réussi à faire donner de l'argent au lieutenant en lui faisant croire qu'il donnait pour une bonne oeuvre. Puis il a appris qu'en réalité, il donnait son argent à une cellule terroriste dont tu ferais partie, Ali. A ce moment, vous avez jugé nécessaire de le tuer, parce qu'il devenait gênant, il contrariait vos plans. Alors vous l'avez égorgé !
- Non, sayid, non, je... jamais je n'aurais fait ça ! bredouilla l'homme de ménage, visiblement paniqué, cherchant du regard l'imam en espérant qu'il lui apporterait du soutien.
- Ca suffit, vous allez trop loin, agent... DiNozzo ! commenta en effet ce dernier, après avoir hésité un instant sur le nom de l'Italien.
- Oh, mais c'est notre ami Ali qui est allé trop loin ! poursuivit l'agent très spécial. Peut être même que c'est lui qui a personnellement égorgé le lieutenant, et peut être qu'il a même encore sur lui la lame qui a servi à commettre le crime. Vous voulez bien me montrer vos poches ?
- Ca ne sera pas la peine, Tony, lança une voix familière étouffée derrière lui, dont le son le fit immédiatement pivoter sur lui-même. Je crois que j'ai trouvé la fameuse lame... »
Tony sentit tous les muscles de son corps se contracter lorsqu'il aperçut, au milieu de la foule effrayée qui s'était fendue, un colosse barbu à l'air à la fois nerveux et dangereux.
Et qui se tenait juste derrière Liat, sa main gauche posée fermement sur l'épaule de celle-ci, et son bras droit enroulé autour du cou de l'Israélienne, au bout duquel il put apercevoir une lame de Damas menaçante pointée sur la gorge de sa coéquipière.
« Si vous bougez, lança fermement l'homme alors que l'Italien hésitait à attraper l'arme qui pendait à sa ceinture, je la tue. »
Alors ? Pas de crise d'AIPM dans la salle ? O:) J'attends maintenant vos reviews !
Je profite de la présence du petit bouton jaune sous mon texte (si, si, vous savez, celui avec marqué "review this Chapter" !) pour vous annoncer que j'ai une autre fic en cours, et si vous préfériez que je poste les deux simultanément, ou après avoir terminé de poster celle-ci (sachant que Lioness risque d'être encore longue). Voilà, j'attends vos avis à ce sujet aussi ! :)
Lexique :
- Ima (hébreu) : mère
- Aba (hébreu) : père
- La atakalamu ma3aka (arabe) : je ne te parle pas (à toi)
- Sayid (arabe) : monsieur
Titre :
mes titres sont les trois quarts du temps empruntés à des titres de films ou de chansons (qui ne reflètent pas forcément mes goûts musicaux ou cinématographiques, mais collent simplement bien aux thèmes du chapitre). Ce titre Shark in The Water est une chanson de VV Brown, et correspond à peu près à l'expression "anguille sous roche" en français. Ziva découvre ainsi que Ray n'est pas aussi parfait qu'il veut bien le paraître, et Tony et Liat que le coupable n'est pas forcément celui qu'ils avaient soupçonné au premier abord.
