Voici l'avant-dernier chapitre. J'écris beaucoup trop d'histoires à la fois, et je dois dire que celle-ci est l'une de celle qui me passionne le moins. J'ai bien plus envie de m'attaquer au cycle 3. Alors, au lieu de me torturer et de vous imposer ce supplice, je vais en finir avec cette fin prévue de longue date maintenant.
Ce chapitre reste l'un de mes préférés de ce cycle.
11 : Catastrophe (Tsubasa R.C.)
Au moment où la vie d'Albus Dumbledore prit fin, plusieurs cris retentirent.
Le premier fut un cri de joie. Une joie froide, cruelle, qui fit frissonner les autres. Voldemort, devant les grilles du château, triomphait de son vieil ennemi et lançait ses Mangemorts dans le château.
Le second fut un cri de douleur en réponse au cri de joie. Harry Potter s'éveilla en hurlant, son visage le brûlant, et sa cicatrice le menant au bord de la folie. Il réveilla tout le dortoir à lui seul, ce qui permit à de nombreux élèves par la suite d'avoir la vie sauve.
Le troisième cri fut un cri d'effroi. Aeson Houvil comprit en voyant Harry que le Maître des Ténèbres, son créateur, arrivait. Il ne voulait pas que ses amis meurent. Albertine était morte par sa faute, aussi, il veillerait à ce que plus jamais cela ne se reproduise.
Le quatrième cri fut un cri de détresse. Rubeus Hagrid, au pied de la tour d'Astronomie avait découvert le corps de son idole, Dumbledore, mort, brisé, et sa douleur était aussi grande que la joie de Voldemort. Ce fut son cri qui alerta les autres professeurs et permit à toutes les personnes du château d'apercevoir les ombres mouvantes qui s'approchaient résolument en chantant.
Ce fut un mouvement bref, mais rapide les professeurs se ruèrent vers les dortoirs, vers les portes d'entrées, et vers les tours pour défendre leurs élèves encore endormis. Les cris des fantômes, des professeurs, des portraits, et finalement des armures vinrent à bout du plus lourd des sommeils, en l'occurrence, celui de Neville Londubat. Tout le monde était réveillé tandis que les premiers jets de lumières magiques volaient dans le ciel et que le chant des Mangemorts atteint les oreilles. C'était une mélodie lente, sombre, proche d'une marche funèbre. Les élèves écoutèrent et frissonnèrent.
« Sing, sing, and dance
As the Dark Lord command
We will follow the rules
And all the lies
He created for us. »
Une fenêtre se brisa et enfin, la panique gagna le troupeau de jeunes gens qui s'ébroua avant de se mettre à courir pour chausser au moins une cape et des chaussures. Tous se saisirent de leur baguette avant de filer droit vers les préfets qui donnaient des ordres afin qu'ils gagnent la Grande Salle.
Dans les couloirs, c'était la bousculade la plus brutale qu'il eut été donné de voir à Poudlard. La rumeur de la mort du professeur Dumbledore s'était répandue grâce aux cris désespérés des personnages des tableaux. Les élèves, troublés, effrayés, ou simplement trop accaparés à vouloir fuir, réfutaient cette pensée. C'était impossible. Il ne pouvait pas mourir. C'était Dumbledore !
Dans un couloir, Ron et Aeson portaient à moitié le corps d'Harry, Hermione se frayant un chemin vers la sortie la plus proche. Ils savaient ce que Voldemort cherchaient, et Harry n'était pas en état de combattre. Il roulait des yeux et haletait. Parfois, il s'écriait qu'il devait y aller, puis il retombait en fièvre, l'esprit comateux. La douleur qui lui fendait le crâne semblait trop difficile à combattre.
La Grande Salle était bondée, et déjà, des Mangemorts se battaient avec des professeurs. Les préfets faisaient fuir les plus jeunes via des passages secrets. McGonagall aboyait des ordres à travers le chaos, tandis que, bien plus imposant, Hagrid lançait une immense table sur un groupe de Mangemorts qui s'apprêtaient à entrer. Ses joues rouges ruisselaient de larmes et sa barbe était pleine de morve, mais la rage qui se lisait sur ses traits était plus que dissuasive.
Dans ce désordre, Hermione indiqua un trou dans le mur, probablement causé par une explosion. Des élèves fuyaient déjà, surtout des élèves de Serpentard qui repoussaient les plus petits pour fuir les premiers. Aeson comprit l'idée et ils s'avancèrent dans la masse, luttant pour arriver à destination.
Ils furent rejoints par Ginny, Luna Lovegood, Parvati Patil, Dean Thomas, et Neville Londubat. Ensemble, ils quittèrent en courant, traînant à moitié Harry derrière eux. Dans le parc, c'était le même vacarme les fidèles de Voldemort poursuivaient ceux qui voulaient fuir, des armures luttaient en vain, des gobelins de pierre protégeaient les élèves des maléfices avant d'exploser, et en haut de la tour d'astronomie, la marque des Tenèbres brillait de son éclat funeste. C'était peut-être terrible, mais Hermione songea que, de cette façon, l'Ordre finirait pas intervenir avec l'aide des Aurors.
Un cri attira son attention. Un jet de lumière rouge passa tout près d'elle et elle eut juste le temps de crier aux autres de se mettre à couvert alors que deux jets verts fusaient vers eux. C'était Bellatrix Lestrange, Drago Malefoy, et Avery. Ils ne cachaient même pas leurs visages, sûrs que désormais, plus personne ne serait en mesure de les arrêter. Si Bellatrix et Avery paraissaient aux anges à l'idée de livrer Harry Potter à leur maître, Drago faisait pâle figure.
Neville et Ginny levèrent à leur tour leur baguette pour utiliser le Charme du Bouclier. Néanmoins, la priorité était de mettre Harry à l'abri, aussi, Ron et Aeson continuèrent de courir en direction de la forêt. Ron lança un regard derrière lui pour voir si Hermione les suivait, mais elle était occupée à riposter aux maléfices de Bellatrix qui riait à gorge déployée en l'abreuvant d'insultes. Il voulut la rejoindre. C'est à cet instant qu'un vent glacial souffla derrière sa nuque.
Tremblant, Ron se retourna peu à peu. A sa grande surprise, et à celle de toutes les personnes présentes, des Détraqueurs venaient d'arriver, avalant avec avidité la joie de Bellatrix et d'Avery. Les amis saisirent cette chance pour fuir à toutes jambes, quelques Détraqueurs sur les talons. Ils firent à peine quelque pas dans la forêt que les centaures manquaient de les renverser. Bien que Firenze ne soit pas avec eux, ils étaient assez en colère contre les Mangemorts pour se décider à laisser filer les adolescents.
Une fois dissimulé derrière un grand chêne, ils prirent enfin le temps de respirer. Harry émit une longue plainte et eut un haut le cœur. Le cœur de Ginny battait la chamade et elle lança à Aeson un regard désespéré. Ce dernier grimaçait en écoutant les rumeurs que Luna avaient saisies dans sa fuite. Dumbledore était mort. Cette nouvelle finit par faire craquer Parvati qui explosa en sanglot contre l'épaule d'un Neville trop abasourdis par les événements qui se contenta de lui tapoter l'épaule. Hermione et Ron se serrèrent l'un contre l'autre.
Personne n'osait émettre la moindre supposition, le moindre avis. Au loin, la bataille semblait continuer. Ils avaient l'impression que tant qu'ils se taisaient, ils seraient à l'abri. C'était sans compter les Détraqueurs, créatures qui ne laissaient jamais guère de répit.
Le froid envahit le groupe, la détresse, le malheur. Si Harry n'avait pas donné de cours l'année dernière, jamais Ron, Hermione, Neville, Luna et Ginny ne seraient parvenu à former des Patronus qui, à défaut de chasser les monstres, les repoussèrent pour un temps. Aeson en profita pour lever sa baguette, et lorsqu'il se mettait à lancer des sorts, mieux valait ne pas être son ennemi : une bourrasque violente souffla les Détraqueurs qui hurlèrent leur déception. A nouveau, sur le signal de Ginny, ils quittèrent leur refuge pour se diriger vers la cabane d'Hagrid. La petite dernière de la famille Weasley espérait qu'ils trouveraient de quoi revigorer Harry. Car, c'était lui, l'Elu, même si personne n'osait le dire.
Ils se déplacèrent le plus vite, le plus silencieusement, et le plus discrètement possible. Ils sursautaient dés qu'une branche craquait sous leurs pieds. Un tremblement de terre les arrêta pour un temps, puis ils reprirent de plus belle, songeant que la bataille devait faire rage. Hermione priait pour que les Aurors soient déjà sur place.
La cabane de Hagrid était en vue. Ils s'apprêtèrent à faire les derniers mètres les séparant de cet abri provisoire lorsque Luna émit un son étranglé. Ils se tournèrent lentement, craignant le pire. L'un de ses bras avait disparu. Elle regarda d'un air étonné son moignon, tandis que de nouveaux filets de sang se dessinaient dans ses chairs, certaines profondes, d'autres non. Puis elle tomba à la renverse.
Neville se précipita vers elle et il fut frappé par un éclair doré. Ses vêtements prirent feu et ses hurlements finirent par avoir raison des espoirs du groupe. Harry se releva soudain, le teint gris, les mains tremblantes, et il fit couler de l'eau de sa baguette sur Neville. Il s'était souvenu du sort d'Aquamenti. Revigoré par l'action de leur ami, les autres pointèrent leur baguette vers les Mangemorts qui s'avançaient en souriant. Cependant, Aeson agrippa le bras d'Harry et l'entraîna avec lui.
-« Qu'est-ce que tu fais ? » s'exclama Harry tandis qu'un coup d'œil en arrière lui indiqua que Lucius Malefoy lançait une immense flamme en direction de Parvati.
Aeson ne répondit pas et resserra sa prise sur son bras, au point que Harry en eut mal. Harry lutta sans parvenir à quoi que ce soit, car la douleur de sa cicatrice l'avait épuisé. Aeson le plaqua contre le mur de la cabane. Harry voulut se redresser pour aller au secours de ses amis, mais Aeson posa ses deux mains sur ses épaules et le maintint contre le mur.
-« Aeson ! » cria Harry. « Ils vont se faire tuer si… »
Il se tut. Devant ses yeux, Aeson tirait une longue chaîne d'or de son cou. Depuis le Retourneur de Temps d'Hermione, Harry n'avait jamais rien vu de tel. Soudain, l'espoir fou qu'ils puissent retourner dans le passé et empêcher la mort de Dumbledore le rendit euphorique. Il eut presque envie de crier lorsqu'il vit qu'il s'agissait d'un médaillon. C'était une opale avec la lettrine « S » gravée sur le boîtier. Quelque chose d'inquiétant se dégageait de ce pendentif. Harry leva les yeux, la bouche pleine de questions. Aeson le devança :
-« C'est la cause de touts tes problèmes, » dit-il. « Et c'est ce que recherchait Dumbledore. C'est un Horcruxe, Harry, une parcelle de son âme, et c'est grâce à elle que je vis. Néanmoins, j'ai décidé que ce fragment était trop précieux pour être gaspillé de la sorte. »
Certains d'être trahis, Harry rugit en se jetant sur Aeson qui recula de deux pas. Dans son dos, Hermione hurlait sous les coups de l'Endoloris.
-« Je n'ai pas le temps, » dit Aeson, la peur gravée sur le visage.
Soudain, il avala le médaillon. Durant quelques secondes, Harry songea qu'il allait s'étouffer avec, et à sa grande horreur, il en était satisfait. Pourtant, Aeson réussit à faire passer le tout, et un souffle putride emplit les narines d'Harry. Les yeux d'Aeson se révulsèrent. Il tomba à genoux, son corps convulsant. Un vent qui n'avait rien de naturel se mit à tourbillonner autour des deux garçons. Harry se sentit perdre pied, comme souvent lors de ces moments d'absence qu'il avait. Il était terriblement en colère, furieux. Il avait envie de tuer.
Aeson se releva en chancelant, le visage ruisselant de sueur. Il semblait faire preuve d'efforts surhumains. Il sourit avec une extrême compassion en regardant Harry se débattre avec ses propres émotions. Les yeux d'Aeson n'étaient plus dorés. Ils étaient rouges.
-« Même si je n'ai vécu que quelques années, j'ai commis trop de fautes. Pourtant, je me suis vraiment bien amusé cette année, parce que vous étiez là. J'ai perdu une amie. Je n'en perdrais pas plus. »
Il se releva, paraissant enfin maître de lui-même. Le seul détail le trahissant, c'était le mouvement compulsif de ses mains qui s'ouvraient, puis se fermaient comme des serres.
-« Il y a d'autres Horcruxes, Harry, » dit Aeson. « Tu devras les trouver. Je sais que tu en es capable. Le vieux sénile t'a donné tous les indices. »
Il sourit et tourna le dos. Harry ouvrit la bouche, mais un jet de lumière passa à côté de sa joue, causant une vive brûlure. Il se jeta sur le côté, roula à terre, et se mit à genoux derrière un gros potiron.
Aeson se battait en duel. Pour la première fois, Harry vit à quel point il était vraiment puissant. Lors de la bataille au ministère, il était aveuglé par la colère, et il était bien trop occupé à poursuivre Bellatrix. Cette fois-ci, il avait juste la bouche ouverte devant l'habilité d'Aeson qui, sans souffler le moindre mot, répliquait à chaque sorts en lançant des maléfices que seuls Hermione connaissait. Il maîtrisait les éléments, s'emparait des sorts qu'on lui lançait, les sublimait, puis les renvoyait. C'était bien plus beau que le feu d'artifice de Coupe du Monde de Quiddich. C'était époustouflant. Face à ce spectacle, les Mangemorts reculaient. Ils avaient raison de le faire : le sang-froid d'Aeson disparaissait. Un sourire cruel commençait à se dessiner sur ses lèvres, et ses yeux rougeoyaient comme ceux du Seigneur des Ténèbres.
Ron rejoint Harry, supportant le poids mort d'Hermione. Ron rassura Harry elle était juste évanouie, et Ginny était partie chercher de l'aide au château. Ron se faisait du souci pour Luna en revanche. Un peu plus loin, Neville tentait bien de soigner ses blessures, mais il n'était pas vraiment doué pour ce genre de magie.
Un éclair illumina le parc comme si c'eut été en plein jour. Ils plissèrent les yeux, puis un rire sombre résonna. Aeson venait d'abattre un Mangemort.
En écoutant un peu mieux, Harry s'aperçut que les bruits de la bataille avaient diminué. Il espérait vivement que ce n'était pas parce que tout le monde était mort. De fait, ses pires craintes virent le jour lorsqu'une horde de quinze Mangemorts arriva, cernant un homme à la haute stature, le visage osseux, le teint pâle comme la craie, un nez en forme de serpent, et une baguette qui distribuait des sorts mortels. Lord Voldemort venait de trouver sa proie.
Ron gémit en le voyant et il s'enfonça en se plaçant au-dessus du corps inanimé d'Hermione. Malgré sa peur, il était près à se battre pour la protéger. Il n'était pas le seul.
Alors que Lord Voldemort approchait, un regard triomphant vers son homoncule, alors que des Aurors arrivaient en criant à Harry de se mettre aux abris, alors qu'Harry comprenait enfin, les Détraqueurs surgirent.
Tout alla très vite.
Harry forma un Patronus, les Mangemorts se glissèrent derrière leur maître, Voldemort ordonna à ses créatures d'attaquer, et Aeson les attira à lui. Il lança un regard à Harry, en souriant. Ses yeux n'avaient rien de rouges. Harry cria. Un Détraqueur s'était emparé d'Aeson et l'âme de ce dernier se volatilisait.
Puis, tout alla au ralenti.
Harry sombra dans le néant. Il était là, et il y avait aussi Voldemort, ainsi qu'Aeson. Ou plutôt Thaddée. Elle était nue, couverte de sang, ses longs cheveux noirs traînant jusqu'au sol. Voldemort la regarda sans aucune expression avant de se détourner d'elle. Puis Harry aperçut le médaillon que Voldemort ordonnait à Thaddée de garder caché. Il la voyait blessée, tuer, apprendre, et soudain pleurer. Thaddée devint Aeson, et elle pleurait dans un lit d'hôpital en murmurant le nom d'Albertine. Harry vit ses fragments de vie à Poudlard.
Enfin, la ronde des souvenirs s'arrêta. Il ne restait qu'Aeson et lui. Aeson lui sourit faiblement. Son image disparaissait.
-« Merci d'avoir donné un sens à cette vie. »
Harry ouvrit les yeux. Ron était penché au-dessus de lui, effrayé. Il se redressa brusquement et regarda autour de lui Aeson était couché par terre. Voldemort terminait de hurler de rage. Les Aurors répliquaient face aux Mangemorts. Harry vit Lupin et Tonks. D'un air hagard, il regarda Ron qui semblait médusé, le visage crispé par la douleur et la colère.
Aussi vite qu'elle avait commencé, la bataille de Poudlard prit fin.
Harry se releva, sa baguette étendue par terre. Il vit Rogue parmi les Mangemorts, ainsi que Malefoy. Il se souvenait vaguement qu'il les avait soupçonné, et qu'il devrait être en colère. Un sentiment de vide déchirant l'empêchait de se concentrer.
Harry échappa à la mort grâce à Hermione, revenue à elle, et à Maugrey. Hermione tira Harry par la manche, et le maléfice passa à côté de son épaule droite. Maugrey lança une riposte en direction du fautif, Lucius Malefoy. Voldemort portait désormais la poupée sans âme qu'était Aeson dans ses bras, et il se volatilisa par les airs, brume immonde qui se disperse. Ses fidèles s'en allèrent en courant, les Aurors continuant de les poursuivre, aidés de professeurs. Avec un détachement lointain, Harry eut envie de rire en voyant le professeur Chourave lancé ce qui semblait être des écorces pleine de pus.
Hermione, revenue à elle, rassura Ron. A la place, elle regarda Harry.
-« Ca va ? » demanda-t-elle.
Harry les regarda. Ils étaient amoureux l'un de l'autre, c'était vraiment clair maintenant. Ron et Hermione s'aimaient. C'était gênant et beau à la fois. Il était heureux qu'Hermione semble aller bien. Oui, il était heureux.
-« Aeson est mort. »
Hermione écarquilla les yeux. Ron ouvrit la bouche. Harry lui-même ne savait pas pourquoi il avait dit cela. En même temps, c'était vrai. Ses deux amis se tournèrent vers le reste du groupe.
Madame Pomfresh s'occupait de Luna, aidée de près par Neville qui paraissait déjà aller mieux. Monsieur et madame Weasley accouraient en direction de leur fils, Ginny sur leurs talons. Le professeur Flitwick était penché près de Parvati. Hagrid accourrait vers sa cabane, lieu de tout ce tapage.
Ron émit un son étranglé. Hermione venait de se jeter dans ses bras, le corps secoué de sanglots, le serrant un peu trop fort. Soudain, une main se posa sur l'épaule d'Harry. Il se retourna pour voir le visage familier de Lupin. Il semblait avoir encore vieillis, et ses traits étaient tirés.
-« Tu n'as rien ? » demanda-t-il.
Harry secoua la tête par la négative. Il regarda les autres élèves qui commençaient à sortir du château.
-« Tant mieux, » dit Lupin en suivant son regard. « On ne peut pas en dire autant pour tout le monde. »
Il se tut, le visage grave. Il pensait en effet à Dumbledore et aux corps d'élèves qu'il avait été obligé d'enjamber. Il y avait aussi de nombreux blessés, autant parmi les enfants que parmi les adultes. Malgré tout, il était heureux de savoir Harry en vie, bien que celui-ci semble un peu perdu.
En réalité, Harry se sentait enfin lui-même, libre, conscient de chaque secondes. Il se souvenait des paroles énigmatiques d'Aeson. Il tentait d'assembler les pièces de ce puzzle géant qui paraissait enfin à sa portée. Néanmoins, le vide qui emplissait son cœur gagnait ses pensées. Il aimait ne pas penser. Pas maintenant.
Les Weasley arrivèrent enfin et prirent leur fils dans leurs bras. Hagrid les rejoint aussi, posant une immense main sur la tête d'Harry. Hagrid avait recommencé à pleurer.
-« Mauvaise journée, hein ? » dit-il d'un ton bourru.
Harry acquiesça. Que pouvait-il faire d'autre ?
Voldemort était venu jusqu'ici, mais ce n'était pas pour Harry. Il était venu pour reprendre son Horcruxe qu'il savait en danger. Il avait tué trop de gens sur son passage. Encore. Il continuerait de tuer jusqu'à ce qu'il meure à son tour. Harry serra les poings.
-« Il faut l'arrêter, » dit-il alors d'une voix grave.
Les autres se tournèrent vers lui. Un éclat familier qu'on n'avait plus vu depuis longtemps brillait dans ses yeux.
-« On va l'arrêter. »
La journée était finie.
Ils retournèrent tous lentement vers le château, se soutenant les uns les autres.
To be continued in « Predestination »…
