Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.

Désolée pour le retard.

J'espère que cela vous plaira.

Bonne lecture!!


Chapitre 11 : Parle Moi

POV Bella

Je courais, cela faisait des lustres que je n'avais pas fait ça sans but précis.

L'air marin me fouettait le visage, mes pieds frappaient le sol avec force. C'est tout ce que je voulais. Vivre au jour le jour, oublier.

Quinze mois s'étaient écoulés. On m'a toujours assuré que la douleur s'estomperait, mais c'était faux, seuls les souvenirs disparaissent petit à petit, mais la souffrance, elle, reste toujours présente, tapis dans l'ombre, prête à refaire surface dès que le moment est opportun. Un moment de faiblesse et l'on retombe six pieds sous terre.

Je laissais mon rythme ralentir jusqu'à marcher et finir par m'arrêter.

Foutues cigarettes, elles me tueront!

J'essayais tant bien que mal de reprendre mon souffle et mon esprit se remit à penser à Lui. Et la souffrance réapparut.

Voilà pourquoi je ne faisais que courir depuis que j'avais quitté Seattle, parce que ça m'empêchait de penser, j'avais l'esprit libre.

Il me rappelait Riley, mon frère, ma moitié. Nous étions tellement proche. Les larmes inondèrent mon visage, mes genoux frappèrent le sol et mes poings les suivirent. Mon corps s'affaissa sous la douleur.

Comme si un album photo se trouvait sous mes yeux, des images défilèrent, nous, heureux, en famille malgré tout, et puis l'accident, l'hôpital et ce fichu entêtement.

Quand j'avais vu Edward pour la première fois, son caractère m'avait rappelé cette tête de mule. Mais contrairement à Riley, je pensais avoir aidé Edward, je pensais l'avoir fait quitter son monde de solitude, de malheur.

Après son accident, il s'était peu à peu éloigné de moi, se conditionnant, croyant que nous n'étions plus au même niveau, se diminuant du mieux qu'il pouvait, perdant la confiance en soi qu'il avait toujours eu. Nous étions si proche et en quelques semaines j'avais vu notre relation si spéciale s'effondrer sous mes yeux sans même pouvoir le contrôler. C'était douloureux. Et puis sa mort, les regrets, j'aurai voulu être davantage présente, j'aurai souhaité l'aider, j'aurai aimé tellement de choses. Alors je m'en voulais, et suite à cela j'avais voulu aider les gens comme je le pouvais. Connaissant l'hôpital comme ma poche, j'avais décidé d'y faire du bénévolat. J'y avais trouvé une certaine plénitude, un réconfort.

Mais il était arrivé et alors que je croyais l'aider, je m'apercevais qu'il était comme lui et que je le perdrais.

Comment pourrais-je le perdre s'il n'a jamais été à moi?

Je n'avais pas vraiment de raison suite à mon attitude. L'égoïsme, je ne voulais plus souffrir, plus comme j'ai souffert, cette douleur, celle que je ressentais à chaque fois que je le voyais s'éteindre de jour en jour. Non, je ne voulais plus.

Cette peur incontrôlable.

Je soufflais un bon coup et recommençais à fouler la plage de La Push.


Cela faisait près de trois semaines que j'avais quitté Seattle. Je ne voulais pas rentrer mais je devais. M'enfermer dans mon monde sans problème n'était pas une solution. Affronter les problèmes c'est se responsabiliser disait ma mère, mais j'étais une trouillarde et je m'évertuais plus à les fuir.

Alors quand je pénétrais dans mon appartement j'eus presque un mouvement de recul. L'envie incurable de repartir. Même si l'appartement ne me rappelais pas Riley, il me rappelait Edward. Il me manquait.

La nuit ne fut pas de tout repos, des cauchemars habitèrent mon sommeil. La douleur physique est cent fois moins douloureuse que la souffrance morale.

J'étais cassée, un semblant de femme cherchant désespérément à se reconstruire, seulement c'était beaucoup plus difficile que prévu.

Je me giflais mentalement contre mon manque certain de courage. Je n'étais pas une lavette, j'avais toujours tout surmonté.

C'est avec un état d'esprit de combattante que je me levais.

Ma journée fut joyeuse, mes camarades furent heureux de me retrouver.

Seulement une fois que je me retrouvais devant la grande bâtisse qui formait la structure hospitalière, une angoisse apparut.

Je n'avais pas réussi à définir si ma place était ici ou non, mais j'avais décidé que revenir ici serait une bonne idée pour voir si j'en étais capable. Tout cela à cause d'un patient. Pourquoi tout cela me touchait-il autant?

Je jetais un coup d'œil à ma montre et remarquait que l'heure des sorties n'allait pas tarder.

J'accédais alors au jardin à l'arrière et m'installais sur un banc. Pour me sentir mieux j'allumais une cigarette. Je tirais une longue taf et expirais longuement. L'effet fut immédiat et je me détendis peu à peu.

À peine avais-je tiré trois fois sur ma clope qu'une horde de fauteuils roulants arriva dans le parc qui était presque désert.

J'aurai reconnu la voix de Charles à des kilomètres. Son ton plaintif n'avait pas changé. Un sourire m'échappa.

Et une tignasse cuivrée fit son entrée. Un sourire illuminait son visage et même si j'essayais d'être heureuse de le voir ainsi sans moi, une pointe de tristesse me transperça.

Une magnifique blonde riait avec lui tout en le poussant davantage dans le jardin. Et là, ce fut la colère qui m'envahit. Tanya.

Je m'apprêtais à me lever pour partir car sa présence ne faisait crier à mon esprit qu'une seule chose: Dégage.

Ça avait toujours était elle ou moi, et la je ne me sentais que trop peu à ma place.

« Bella »

Je la quittais du regard pour observer Charles rouler vers moi. Il souriait, preuve que mon absence n'était pas passée inaperçu à ses yeux. Je lui souris, heureuse de le voir ainsi.

Je me dépêchais de terminer ma clope et me levais pour la mettre dans le cendrier géant qui servait également de poubelle. J'allais à sa rencontre et l'embrassais. Je saluais également Renée.

« Oh Bella, comme ça fait longtemps. »

Merde!

Je me retournais pour voir sa tronche d'hypocrite venir vers moi. Je lui lançais un regard meurtrier mais ça ne sembla pas empêcher son sourire ridicule de dégager.

Elle arriva près de Charles tout en ayant poussé Edward avec elle. Son expression était étrange, il me sondait, cherchant à savoir quelle attitude avoir avec moi.

Je me concentrais sur Tanya, cette -perfide, stupide, pute, égoïste, salope- blonde.

« On m'a dit que tu étais partie, s'exclama-t-elle radieuse. »

Pour toute réponse, mes yeux lançaient des éclairs.

« Comme je suis heureuse de te revoir.

Tu es bien la seul, répondis-je acide. »

Un silence se fit suite à ma réaction, et seul Charles savait exactement ce qui se passait.

« Tu es retour, dis-je sarcastique.

Oui, n'est-ce pas merveilleux, nous allons pouvoir nous voir plus souvent, recréer ses liens que nous avions autrefois.

Certainement pas. »

Mes mains se crispèrent alors en deux poings prêts à atterrir sur sa face.

« Je vais y aller, lâchais-je tendant de garder un minimum de contrôle.

Déjà, tu reviens bientôt? Osa-t-elle me demander. »

J'essayais de laisser retomber ma colère mais c'était difficile. Alors c'est la mâchoire crispée que je répondis.

« Non, je ne pense pas revenir. »

Je tournais donc les talon, laissant derrière moi une bonne partie de ma vie.

« Bella, m'appela un voix veloutée qui me pinça le cœur. »

J'hésitais un instant avant de me retourner. Mes yeux se plongèrent dans les siens et j'y lus la peine. Voyait-il à quel point je ressentais la même douleur?

Il fit rouler son fauteuil vers moi mais je reculais, cherchant à fuir encore et toujours.

« Tu ne vas pas revenir? »

Sa voix était tel un chuchotis et ça alla directement à mon cœur. Mon regard toujours ancré dans le sien, la douleur ne m quittait pas.

« Ce n'était pas une bonne idée de travailler ici, dis-je.

Pourquoi tu dis ça?

Je n'ai rien à faire ici, Edward.

Mais bien sûr que si.

Ah oui et pourquoi?

Pour moi. »

Je fronçais les sourcils, le doute m'envahissant tout à coup.

« Pour toi, demandai-je.

Pourquoi avoir fait tout ça pour moi, et partir sans prévenir jusque parce que je ne t'ai pas tout dit?

Tu ne me fais pas confiance Edward, comment veux-tu que j'ai moi-même confiance en toi?

Mais bien sûr que j'ai confiance en toi.

Alors pourquoi m'avoir menti, le questionnai-je.

Parce que je ne veux plus voir de l'espoir là où il n'y en a pas.

Tu ne veux plus espérer? M'énervais-je.

Mais pourquoi faire?

Si tu ne veux plus espérer pourquoi je resterai? »

Le blanc qui suivit ma question fut la réponse que j'attendais.

Je me retournai de nouveau en proie à quitter de nouveau cet endroit qui me rendait beaucoup trop nostalgique.

« Et si je te disais que je t'aime. »

Je pivotais sur moi-même pour replonger mon regard dans le sien.

« Si tu m'aimais tu ne me laisserais pas autant souffrir, tu ne te laisserais pas mourir, parce que moi je tiens à toi et la seule chose que je veux voir, c'est que tu sois heureux. »

C'est sur ces mots que je quittais enfin le parc hospitalier, certaine que je n'y remettrais pas les pieds.


Il m'avait fallu plus de deux heures avant d'avoir le courage de regagner mon appartement. Les larmes avaient eu du mal à quitter mon visage, et la peine à quitter mon cœur. Je n'étais qu'une pauvre conne solitaire qui venait de rejeter un homme qui venait de lui dire qu'il l'aimait.

Je ne sais pas depuis combien de temps j'errai dans mon deux pièces telle une âme en peine mais je faisais assurément pitié à voir.

Je dus m'endormir car ce sont des coups violents sur la porte qui me réveillèrent.

À peine avais-je ouvert la porte qu'un tornade brune fit irruption dans mon salon.

Si mes souvenirs étaient bons, c'était Alice la belle sœur d'Edward.

Elle bafouillait et je ne comprenais strictement rien. La peur habitait son visage ainsi que la panique. Je la pris alors par les bras pour l'immobiliser.

« Calme toi, qu'est-ce qui se passe lui demandai-je. »

Après de longues secondes elle reprit son souffle et réussit à me dire ce qui se passait.

« Edward a tenté de se suicider. »

Au moment précis où les mots passèrent le barrage de ses lèvres mon monde s'écroula.


Avis??

Désolée de vous laisser ainsi.

J'espère que vous ce chapitre vous a aidé à comprendre la réaction de Bella.

A bientôt!!