Bonsoir à vous bande de Scrouts à pétard ! (oui, j'ai une pêche d'enfer aujourd'hui et vous en subissez les frais).
C'est parti pour le chapitre 10 (déjà... comme le temps passe. Pour ceux qui se poseraient la question, c'est pour le moment à peu près le milieu de la fic).
Bonne Lecture les p'tis loups:D
Chapitre 10
Muggle Padre
Les vacances chez les Weasley étaient bien différentes de celles passées au Manoir Malfoy. Et bien que cela lui aurait arraché la langue de l'avouer, elles correspondaient mieux à la définition du mot. Pas de réceptions à rallonge, ni de cours supplémentaires. Chacun pouvait vaquer à ses activités du moment qu'il participait aux tâches ménagères. Ainsi, un roulement avait été instauré et pour le deuxième jour, Draco avait été affecté au nettoyage de la salle de bain alors que Ginny s'occupait de faire la cuisine, que Percy, Ron et Harry rangeaient le grenier, que Fred et George dégnomaient le jardin, que Hermione rangeait le salon et que Mme Weasley s'occupait du linge. Le jeune homme avait été déstabilisé par l'absence d'elfes de maison. Il n'avait pas osé poser de questions mais avait assez vite compris que ce n'était pas par souci financier mais éthique que les Weasley étaient leurs propres domestiques. Bien que l'idée de toucher une serpillière ou de côtoyer un seau le répugne hautement, Draco ne pouvait offenser des gens qui l'accueillaient sous leur toit alors qu'il n'avait plus de foyer.
Il était donc en train de gratter le sol carrelé de la douche comme un forcené lorsque Hermione apparut dans l'encadrement de la porte. Elle poussa un cri surpris en le découvrant à quatre pattes, la mine concentrée et rouge sous l'effort. Il sursauta violemment et la fusilla du regard.
« Granger ? Que fais-tu là ?! Tu n'es pas censée récurer le salon ? » Elle le fixa longuement avant de répondre :
« J'ai fini. Je venais voir si tu avais besoin d'aide. » Il n'y avait aucune pitié dans sa voix et Draco convainc que c'était définitivement dans les mœurs Gryffondor de s'entraider, même si l'autre n'était pas un ami. Il se racla la gorge mais ne sut quoi répondre. Bien sûr, il avait bien envie qu'elle ne le laisse pas seul, perdu avec ces outils ménagers inconnus mais s'abaisser à quémander, ça jamais. Elle dut le sentir car elle lui sourit et s'éclipsa en lui lançant :
« Je reviens tout de suite. » Elle réapparut quelques minutes après avec un gros livre à couverture en cuir usé. Elle marmonna fébrilement un « Je savais bien que j'avais vu ce bouquin en rangeant tout à l'heure. » Elle lui colla sous les yeux avec un air victorieux. Il lut : Les sorts qui vous ménagent. Il grimaça. La jeune fille rit doucement et lui adressa un sourire amusé : « Moi non plus je ne suis pas convaincue par leur jeu de mot. Mais en le feuilletant, j'ai pu constater qu'il était assez complet. » Draco lui prit le livre des mains et chercha dans la section « Salle de bain » les sorts qui lui convenaient et les lança. Au lieu de lui prendre une heure, sa tâche fut bouclée en un quart d'heure sous le regard satisfait et impressionné de Hermione. Elle s'excusa et sortit, le livre sous le bras. Il l'interpella alors qu'elle passait la porte. Ravalant sa salive, il osa :
« Merci... Hermione. » Elle eut un sourire resplendissant et après un signe de la main disparut.
Draco resta un moment seul, debout au milieu de la salle de bain immaculée. Les propos d'Edgar lui revinrent en tête : « Vous êtes comme qui dirait... confidents. ». Granger l'avait aidé face à Dumbledore. Elle avait aussi convaincu le reste de l'Ordre de l'accepter. Elle partageait le secret de sa paternité. Elle l'aidait à nettoyer une salle de bain. Il rit doucement. Ils pouvaient presque être amis. Il décida qu'à partir de ce moment-là, il ne la dénigrerait plus et tenterait d'être aimable avec elle. Ce fut Mrs Weasley qui l'arracha à ses bonnes résolutions en entrant dans la pièce.
« Oh Draco, mais c'est impeccable ! Tu as fait un excellent travail. » Elle avait un regard doux et un sourire sincère. Il eut une moue qui se voulait aimable. Elle sembla se rappeler de quelque chose :
« Oh ! J'ai oublié de te donner ton cadeau de Noël. » Il haussa deux sourcils surpris.
« Suis-moi. » dit-elle en s'engageant à nouveau dans le couloir. Hébété, Draco lui emboîta le pas et elle l'emmena un étage plus haut.
Il n'avait pas encore visité cette partie de la maison qui s'avéra être une grande mezzanine où des fauteuils étaient disposés ainsi que des tapis, des tables basses, quelques meubles, une bibliothèque et d'étranges objets.
« C'est l'ancienne salle de jeu des enfants. Désormais, Arthur s'en sert pour accumuler ses objets moldus. » Draco comprit mieux pourquoi il n'avait jamais vu aucun de ces objets. Elle se dirigea vers une petite commode sur était laquelle un étrange objet surmonté d'une sorte de trompette vieillotte. À côté de cet objet, il y avait un paquet au papier cadeau vert et ruban argenté. Elle le lui tendit.
« Joyeux Noël Draco. J'aurais voulu que tu l'aies en même temps que tous les autres mais ton arrivée nous a tous surpris. » Elle baissa le regard, penaude. Il ouvrit précautionneusement le paquet et découvrit avec stupéfaction un pull made-in-Weasley. Il releva les yeux vers elle puis déplia le pull pour l'observer [nda : je me suis retenue de rajouter « sous toutes ses coutures ahah »] attentivement. Il était vert sapin avec un grand D en laine grise en son centre. Le bord des manches, du col, et du bas du pull étaient également couleur ciel d'orage. Mme Weasley lui avait tricoté un pull. Il n'était pas beau, pour sûr non. Il devait gratter, il en était certain. Mais il avait un pull-Weasley. Comme tous les enfants Weasley en recevaient à Noël, comme Potter et Granger. Il faisait partie de leur cercle. Il avait basculé de l'autre côté. Il songea à la chemise de nuit de soie que sa mère lui avait confectionnée quand il avait six ans. Il serra le pull entre ses mains et retint une larme de couler. C'était seulement la deuxième fois que quelqu'un créait quelque chose qui lui était propre. Il releva la tête, déterminé, enfila le pull par-dessus sa chemise noire et regarda Mme Weasley avec un grand sourire, les cheveux défaits par la laine rêche. Sincèrement, il la remercia :
« Je suis très content. » Il ne pouvait rien dire de plus, ce n'était pas dans sa nature. Elle s'approcha de lui, lui frotta gentiment l'épaule et l'abandonna à son hébétude.
Le cinquième soir qu'il passa au Terrier lui parut totalement stupéfiant. Arthur Weasley était rentré du travail à temps pour le repas, d'une humeur étrangement joyeuse. Au dessert, il n'avait pu tenir davantage sa langue et avait sorti de sa sacoche en cuir troué des sachets carrés, fins, dans lesquels il y avait des disques noirs. Sa femme poussa un soupir las et ses enfants grimacèrent. Harry et Hermione rirent de bon cœur. Comme Draco était très curieux, il osa demander :
« Qu'est-ce que c'est ? » Fred et George couinèrent à sa question et Ron grogna. Draco lança à ce dernier un regard noir signifiant « Comment j'aurais pu savoir ? » et écouta attentivement les explications du patriarche de la famille.
« Ceci est un trente-cinq tours Draco, c'est ce qui permet aux Moldus, grâce à un appareil appelé tourne-disque, d'écouter de la musique. » Draco ouvrit de grands yeux. Mais Arthur Weasley était parti :
« Les Aurors ont démantelé un réseau de trafic d'objets Moldu reliant Pré-au-Lard et le Chemin de Traverse, ils nous ont rapporté les objets en question et j'ai vu cette caisse de Blues, je n'ai pas pu résister. » Comme Molly lui jetait un regard sévère, il précisa :
« Mais Ly'... Ils allaient les entreposer dans un hangar froid et humide. Et probablement les brûler dans cinq ans quand le délai d'entrepôt sera dépassé... C'était une occasion en or... » Il avait l'air d'un enfant pris en faute et Draco glissa un regard vers Ron tant sa ressemblance avec son père était flagrante. Contre son gré, il fut au cœur d'une dispute entre les deux parents Weasley.
Arthur s'exclama soudain :
« Mais Molly, tu vois bien que Draco ne connaît pas le tourne-disque. Ce serait une excellente idée d'organiser une petite soirée pour lui faire une démonstration.
-Arthur... n'embête pas Draco, il n'a probablement aucune envie de...
-Mais si ! Draco ? Draco... Ne penses-tu pas que ce serait une bonne idée. Je suis sûr qu'en plus cela pourrait te rapporter une bonne note en Etude des Moldus si tu parlais du tourne-disque à tes camarades de classe. » Draco allait lui répliquer qu'il avait pris Arithmancie en option mais alors Arthur Weasley lui lança un regard larmoyant qui le frappa tant il lui rappelait celui de Paule. A présent il savait de qui elle tenait cette faculté à le faire flancher et cela l'effraya. Il vit Fred et George du coin de l'oeil lui faire de grands signes le poussant à refuser mais, souriant faiblement à Arthur Weasley, il murmura :
« Pourquoi pas... » Le patriarche de la famille de rouquins poussa un cri victorieux et prenant sa voix la plus solennelle, il détacha toutes les syllabes de sa phrase :
« Je déclare officiellement la Soirée du Blues du Terrier ouverte ! » Il se leva de table tout excité et se précipita avec ses disques à l'étage. Les autres soufflèrent en envoyant des regards rancuniers à Draco qui se tassa sur sa chaise et Molly ordonna :
« Allez, tout le monde débarrasse et va se laver les dents, il lui faudra bien une heure pour tout préparer. » Percy leva un œil ennuyé vers sa mère et demanda poliment :
« Etant donné que moi je travaille demain, je pourrais peut être échapper à ce carnage...
-Perce chéri, tu sais bien que ton père sera insupportable tant que tout le monde ne sera pas en haut ! » Percy soupira mais se leva de table comme les autres. Alors qu'il apportait son assiette à l'évier, Draco sentit la main d'Hermione presser son épaule en signe d'encouragement. Hermione de son côté ne comprit pas bien pourquoi Ron l'étripa de ses prunelles océanes quand elle posa la main sur Draco. Certes ils n'étaient pas franchement amis mais les choses changeaient puisque Draco rejoignait l'Ordre, non ?
Lorsque enfin ils eurent tous atteint la mezzanine après avoir largement traîné des pieds, Draco découvrit que la pièce avait largement changé. Des tableaux d'hommes noirs ornaient les murs et il y avait un piano dans un angle. Molly Weasley poussa un hurlement outré :
« Je croyais que tu n'avais récupéré que les disques !
-Mais Molynette... Il y avait aussi quelques accessoires... Et ils allaient partir directement au Grand Incinérateur... Et puis cela faisait longtemps que je n'avais pas changé de thème...
-Longtemps ? Qui a fait une soirée country la semaine dernière ?! » Intervint alors Harry qui fixa Monsieur Weasley vivement en piaulant :
« Vous avez fait une soirée country sans moi ? » Ce à quoi les autres levèrent les yeux au ciel et Arthur baissa la tête en murmurant :
« J'ai pas résisté Harry... On a retrouvé un piano et j'ai du le réparer... » Il indiqua l'instrument de la tête et Harry soupira. Monsieur Weasley sortit l'un des disques noirs de son emballage et le posa sur l'étrange objet que Draco avait découvert dans l'après-midi et le disque se mit à tourner sous la trompette qui laissa entendre des notes de musique. C'est donc de là que sortait le son ! Songea Draco avant d'écouter attentivement après s'être tranquillement laissé tomber dans l'un des fauteuils. Les autres prirent place dans les canapés ou à même le sol. Ron engagea une partie de Wizard Speed avec Ginny et les jumeaux dansèrent la valse au milieu de la pièce sous le regard amusé de Harry qui pianotait distraitement sur l'infâme instrument qui lui avait ravi sa soirée country. Monsieur Weasley entraîna sa femme à la suite de Fred et George et Hermione vint s'asseoir sur l'accoudoir à côté de Draco. Il ne broncha pas et se concentra un moment sur le pied de la jeune fille qui battait de la mesure contre le fauteuil.
La voix était rocailleuse, l'instrumentalisation minimaliste. Tout était fait pour que l'on soit prit aux tripes. Les cris joyeux d'une Ginny victorieuse emplissaient la pièce, ainsi que les fausses notes de Potter sur les touches blanches. Hermione jetait des regards noirs dans la direction de ce dernier qui gâchait quelque peu le morceau mais étrangement Draco trouva que sa cacophonie incohérente participait à l'atmosphère légère et chaleureuse. Il laissa aller sa tête contre le dossier, apaisé. Les éclats de rire de Fred et George lui parvinrent mais il n'ouvrit les yeux que lorsqu'il sentit une autre présence à proximité. Percy Weasley était arrivé en bon retardataire. Son père lui adressa un regard satisfait et il grommela :
« Je suis là uniquement parce que votre boucan m'empêche de travailler. » Arthur lança un
« Oui oui, mon fils... » amusé et fit tournoyer sa femme. Draco ricana et Percy lui adressa un regard mauvais avant de se concentrer à son tour sur le pied de Hermione. Il l'interpella :
« Puisque ces deux grands bêtas de Harry et Ron sont coincés, veux-tu danser avec moi ? » Elle rosit légèrement et accepta. Draco sourit discrètement et constata que Ron et Harry échangeaient un regard entendu.
Hermione n'osait regarder Percy dans les yeux, ils se touchaient seulement par les mains et bougeaient sans élégance mais spontanément sur les notes raides de la mélodie. Comme ni l'un ni l'autre n'étaient de grands danseurs, ils se marchèrent un peu sur les pieds mais leurs éclats de rire gênés rejoignirent bientôt ceux des jumeaux et des parents Weasley. Soudain, il sembla y avoir une petite dispute entre Ron et Ginny et après un regard furax en direction de son frère, la rouquine se leva et marcha droit sur Draco. Ce dernier songea que décidément, il faisait l'objet de beaucoup d'attentions ce soir lorsqu'elle lui adressa la parole.
« Est-ce que toi qui doit savoir danser m'invitera sur la piste ? » Eh ben la belette, elle n'y allait pas par quatre chemins. Draco coula un regard en direction de Ron qui boudait en jouant rageusement avec ses cartes, les yeux fixés sur le tapis élimé sur lequel il était assis. Draco hocha la tête avec un sourire :
« Pourquoi pas. » Elle sourit à son tour et l'entraîna au milieu des danseurs. Draco savait danser oui, mais pas ce genre de choses. D'ailleurs, aucun autre danseur ne savait vraiment danser le blues. Et d'abord le blues, se dansait-il ? Il semblait à Draco que c'était plutôt quelque chose qui s'écoutait, se méditait. Mais il ne fit pas sa mijaurée et se dandina au même rythme que sa cavalière, la faisant parfois tourner et changeant parfois de sens.
Il s'avéra assez vite que la Soirée Blues devint une Soirée Musicale Générale et tous les styles défilèrent. Les jumeaux parvinrent à négocier de diffuser de la musique sorcière et Draco put enfin retrouver des sons connus. Ils échangèrent plusieurs fois de partenaire, dansèrent en groupe, rirent, se reposèrent et dansèrent à nouveau. Harry et Ron avaient fini par rejoindre les autres et Draco se retint d'envoyer des remarques moqueuses sur le déhanché incertain du survivant. Il fit de son mieux cependant pour ignorer les hanches de Ron qui ondulaient d'une manière assez captivante, une fois même à proximité immédiate alors que Hermione avait accidentellement bousculé son ami qui effleura Draco. Pour éviter de tomber, il se rattrapa même à son épaule, sa main glissant trop vite pour l'abandonner au goût du blond. En croisant le regard malicieux de la brunette, Draco revit sérieusement sa théorie d'accident. Il la fusilla du regard et riant, elle prit les mains de Percy pour danser à nouveau. Ron s'excusa en rougissant et Draco lui fit signe que ce n'était rien. Ginny l'entraîna un peu plus loin. Draco ne parla pas beaucoup, se contentant de danser, fermant les yeux souvent, riant parfois.
Mrs Weasley disparut quelques minutes pour aller chercher des jus de citrouille et alors que les parents dansaient sur un slow, les jumeaux allèrent discrètement chercher du Whiskey Pur feu pour en verser dans le jus de citrouille. Draco n'était pas bien convaincu du mélange même si cela ne l'empêcha pas d'en reprendre plusieurs fois. Il lui semblait de plus en plus qu'il assistait à une boum et cela l'amusait grandement. Enfin, les parents décidèrent d'aller se coucher et Percy aussi qui travaillait tôt. Hermione en fille raisonnable prit le même chemin et Ginny déclara qu'elle refusait de rester avec quatre idiots et un serpentard alcoolisé. Ce dernier rit de sa franchise et elle leur lança un signe de la main avant de disparaître. Harry bafouilla une excuse un peu bancale pour aller se coucher et il ne resta plus que les jumeaux et Ron en compagnie du blond.
Tous les quatre assis sur le tapis au centre de la pièce, ils échangèrent quelques blagues et firent des parties de Wizard Speed. Comme il était inconcevable de séparer les Twins, Ron fit équipe avec Draco. Ils convinrent d'un code par frôlements de coude pour se filer des informations et les jumeaux les grillèrent au bout de deux tours. Ils firent preuve de mauvaise foi et il fut décidé que les coéquipiers ne pourraient pas voir les cartes de l'autre. Quand ils furent certains que tout le monde dormait, Fred et George entraînèrent les deux plus jeunes dans le jardin où il faisait froid. La danse et l'alcool leur avait donné l'envie de prendre l'air. George prit la parole :
« L'avantage d'avoir un père féru de Moldus, c'est qu'il rapporte parfois des choses dont il ne connaît pas toutes les propriétés. » Il jeta un regard de connivence à son jumeau qui gloussa. Ron croisa les bras en reculant un peu, méfiant, et Draco attendit. Ils étaient assis en carré sous l'un des arbres du jardin et Fred passa la main derrière le tronc pour en sortir une pochette en toile. Il l'ouvrit et étala les herbes au milieu d'eux quatre sur une la nappe à carreaux qu'ils avaient chipé dans la cuisine pour ne pas se mouiller les fesses dans l'herbe fraîche. Enfin George continua :
« Ceci messieurs est de l'herbe... » Draco ricana.
« Sérieusement Weasley ? Je ne ne l'aurais jamais cru... » Ron rit à son tour et les jumeaux eurent un sourire machiavélique qui n'annonçait rien de bon.
« Draco, Draco, Draco... Cette herbe a le pouvoir de décoincer ton petit cul d'aristocrate... » dit Fred, feignant la condescendance. Draco grinça des dents mais ne releva pas.
Les Jumeaux coupèrent l'herbe et la disposèrent dans des tubes de papier et lorsque ce fut fait, ils en donnèrent un chacun à Ron et Draco et en prirent eux-mêmes. À l'aide de sa baguette, George y mit le feu aux quatre et la mit à sa bouche, aspirant bruyamment.
« Ceci est une pratique moldue. Ça s'appelle fumer. On peut mettre des herbes différentes dans les tubes mais celle-ci permet de se détendre considérablement. » Les Jumeaux échangèrent encore une fois un regard complice et Draco allait se moquer d'eux mais il avait lui aussi inhalé la fumée du tube et bien que l'impression générale fut celle d'un hérisson glissant dans sa gorge et escaladant ses narines, il commença à sentir une drôle de sensation. Il continua donc de suivre l'exemple des Jumeaux. Ron, qui ne voulait pas passer pour un dégonflé les suivit à son tour. Au bout d'un quart d'heure déjà, Draco put sentir les nuages qui se bousculaient dans sa tête. Il se mit à sourire bêtement et il vit que Ron avait les yeux étrangement brillants. Les jumeaux se moquaient d'eux et se préparaient un deuxième tube. Vint alors le moment de raconter des anecdotes ridicules et les trois roux furent agréablement surpris d'apprendre que chez les serpents les coups bas et les trahisons internes étaient nombreuses. Ils rirent tous en racontant leur petite histoire. Ils étaient d'excellente humeur lorsque la lumière se fit dans par la fenêtre de la chambre parentale et que la silhouette de Molly Weasley se mit à bouger.
Fred et George, plus habitués à la substance, et dotés d'un excellent instinct de survie, se relevèrent en premier et crièrent d'une même voix « Chacun pour sa peau ! ». Et ce fut la débandade. Draco n'aurait pas pu s'en sortir si Ron ne l'avait pas tiré par le bras pour le relever et l'entraîner à sa suite. Il parvint à courir jusqu'au pied de la maison et Ron lui appuya sur la tête pour le faire se baisser sous le rebord de la fenêtre de la cuisine alors que sa mère apparaissait dans la pièce. Draco jura mais Ron lui colla la main sur la bouche. Elle sentait l'herbe humide et l'herbe brûlée. Draco sourit bêtement. D'humeur taquine, il se mit à lécher cette paume odorante et Ron retint un couinement surpris. Il fixa Draco, sidéré. Draco lui fit son « regard incandescent effet aphrodisiaque garanti » mais Ron le secoua un peu en chuchotant « Si ma mère nous trouve là, on est vraiment morts. » Draco grogna et bouda jusqu'à ce que Molly Weasley remonte dans les étages après avoir inspecté le rez-de-chaussée. Ils l'entendirent s'adresser à son mari :
« Fred et George semblent dormir depuis longtemps. Les filles sont dans leur lit et Percy aussi. Harry est couché. Il ne manque que Ron et Draco.
-J'espère qu'ils ne se sont pas battus... A leurs âges on est trop impulsif... » Ron sourit. Il lui semblait que ses bagarres avec Draco remontaient à des siècles. Draco semblait s'en ficher complètement puisqu'il s'était remis à lécher la main de Ron qui tentait de le calmer.
Lorsque le noir régna à nouveau dans la cuisine, Draco se jeta sur lui pour l'embrasser. Ron était coincé, le dos contre la terre battue froide du sol, les mains du blond sur sa taille, sa langue dans sa bouche. Il voulait raisonner le blond pour qu'ils rentrent car à coup sûr ses parents n'abandonneraient pas la traque tant qu'ils ne leur auraient pas mis la main dessus. En parlant de main dessus...
« Draco ! » fit Ron, outré. Il repoussa la main entreprenante qui s'était glissée dans son jean.
« Mes parents... au premier... » Il n'arrivait pas à former de phrase cohérente alors que la bouche fine et gercée de Draco flattait son cou, tentant de s'engouffrer sous son pull par le col. Il agrippa les cheveux de Draco pour reculer sa tête. Il fut effaré de découvrir son regard fou de désir. Ce fut sa voix un peu effrayée qui calma Draco :
« Draco... » L'autre s'arrêta pour le regarder, un peu déboussolé. Ron le relâcha.
« On doit rentrer. De toute manière ils savent qu'on n'est pas dans notre lit. Alors on rentre, on subit la brimade et on se couche. » Il s'approcha de Draco pour lui embrasser la commissure des lèvres et mit sa main sur sa nuque pour le rapprocher et lui souffla à l'oreille : « Une fois en haut, tu pourras me faire tout ce que tu veux... ».
Et c'est à ce moment là que Draco Malfoy décolla la plus belle droite de sa vie à Ronald Weasley qui se retrouva éjecté à quelques mètres de lui. Ron allait répliquer que l'autre était fou quand il constata que la porte d'entrée était ouverte et que ses parents les regardaient avec des éclairs dans les yeux. Enfin surtout Molly. Arthur était juste en train de se demander s'il allait encore devoir jouer les figures paternelles alors qu'il avait envie de dormir et qu'une bataille de plus ou de moins, honnêtement, qu'est-ce que ça changeait ? Draco était à quatre-pattes, essoufflé, et le regardait dans les yeux, tentant de lui signifier qu'il espérait que le coup de poing ne remettait nullement en question ce que le rouquin avait proposé. Ron aurait ri s'il n'avait pas eu aussi mal à la mâchoire. Molly l'attrapa par le col de son pull et demanda à son mari de se charger de Draco. Il l'aida à se remettre sur pied et Ron entendit son père souffler un bref « Quand même depuis le temps.. » au blond avant d'être emmené de force dans la salle de bain. Sa mère le sermonna pendant une demi-heure sur son immaturité, sur son incapacité à comprendre que Draco était désormais sans famille et perdu dans un univers qui lui était inconnu et après lui avoir étalé du baume sur sa lèvre ouverte l'envoya se coucher en lui promettant mille morts s'il touchait encore à Draco. Il pénétra dans la chambre sur la pointe des pieds et découvrit que Draco était déjà couché. Il soupira, déçu et se glissa sous ses draps, d'humeur maussade.
Cependant, un léger bruissement de tissus lui fit tourner la tête quelques minutes après et il vit Draco se faufiler discrètement jusqu'au lit de Harry. Il se redressa, intrigué. Il vit alors le serpentard soulever les draps pour empoigner un traversin. Il l'entendit ricaner à voix passer et chuchoter un « j'en étais sûr. » et il eut juste le temps de se recoucher alors que le blond tournait la tête dans sa direction. Le blond s'approcha et Ron sentit à peine le matelas s'affaisser à côté de lui. Son souffle s'accéléra. Puis, il osa enfin ouvrir les yeux. Draco était en face de lui, se mordillant la lèvre inférieure, le regard fuyant. Il attendit. Après tout, il s'était quand même ramassé un pain en pleine poire et son orgueil était légèrement froissé. Après une minute qui sembla durer une éternité, Draco s'approcha encore pour effleurer sa mâchoire enflée des lèvres. Ron ferma les yeux, se retenant pour ne pas gémir de douleur. Sa peau était sensible suite au coup. Bientôt les mains de Draco peignaient ses cheveux fous et Ron ne résista pas à l'envie de coller le corps du serpentard au sien. Draco gémit, Ron constata qu'il bandait déjà et rougit.
Visiblement les choses n'allaient pas assez vite au goût du vert-et-argent puisque bientôt il enjamba Ron et le repoussa contre le matelas. Il défit fébrilement les boutons de son pyjama pour lui ôter et sa bouche se mit à allumer des multitudes de feux de joie sur le torse tendu du rouquin qui se raccrochait au derrière musclé de l'autre qui frottait son bassin au sien. Ron se retrouva assez vite nu sous les doigts agiles de Draco qui le conduisait assurément sur les sentiers de la folie. Il se tortillait dans tous les sens et les murmures rauques de Draco ne faisaient que l'enfoncer davantage dans son hérésie. Alors qu'il croyait ne pas être plus perdu, la langue bouillante de Draco lapa son gland d'un seul coup. Il faillit s'étrangler tout seul avec sa salive tant ce contact le surprit. Mais alors qu'ils étaient tous les deux dans un état proche de l'explosion, Draco se masturbant maladroitement en même temps, un bruit suspect venu du couloir les figea. En moins de temps qu'il ne me faut à moi pour l'écrire, Draco s'était redressé, avait sauté du lit de Ron directement dans le sien, camouflant le bruit du choc et de la latte brisée d'un sort de silence et Ron avait rabattu les couvertures sur lui et tentait d'enfiler à nouveau son pyjama. Harry entra dans la chambre à pas de loups et regagna son lit de camp en silence. Cinq minutes après, on l'entendait ronfler. Ron était dégoûté. Draco était écœuré. Ils n'avaient tous les deux jamais autant haï Potter. [nda : oui, même Ron l'a appelé « Potter »mentalement, sa frustration étant à son comble].
Draco aurait voulu retourner illico dans le lit de Ron une fois les chants nasaux de Potter se portant garants de son sommeil mais c'était inconcevable. Ils risquaient de réveiller le Survivant et seraient dans une situation autrement gênante alors. Mais un Malfoy n'est jamais sans ressources. Il se redressa et se racla la gorge plusieurs fois. Enfin, Ron se redressa à son tour et l'interrogea du regard. La pleine lune par la fenêtre baignait leurs deux visages d'un éclat blafard. Draco tendit sa baguette et lança un silencio sur le lit de Potter. Ron sourit mais avec un air navré. Draco repoussa ses draps et se déshabilla promptement sous le regard curieux de Ron. Une fois nu, il s'assit sur son lit, les jambes légèrement écartées et Ron, appuyé sur une main déglutit sans facilité. Draco ferma les yeux et passa une main sur son torse. Il se mit à trembler car après tout, l'air était frais en décembre dans la chambre de Ron. Il titilla ses tétons et laissa échapper un souffle rauque en cambrant le dos. Ron commençait à avoir très chaud de son côté. Il avala sa salive de travers lorsque la main de Draco descendit subitement pour empoigner son sexe clair. L'avidité se lut dans ses yeux lorsque le blond rejeta la tête en arrière en soupirant, les cuisses tremblantes, le sexe raide. Il frotta son gland en de subtils mouvements du pouce et sa deuxième main vint caresser ses testicules. Ron le regardait, hypnotisé. Les halètements de Draco bourdonnaient dans ses oreilles et il fut tenté de se masturber devant cette vision féerique. Sa volonté céda quand il entendit Draco faiblement murmurer son prénom entre deux gémissements et il glissa sa main droite dans son pyjama. Il vit enfin Draco éjaculer en un spasme qui le fit retomber allongé sur le dos. Ron allait l'appeler pour qu'il se redresse mais n'en eut pas besoin. Le bras du blond se dressa à la verticale et bientôt son buste aussi et en scrutant Ron de ses yeux licencieux, il lapa le liquide qui imbibait sa main. Ron ne résista pas et se déversa, poussant un grognement rauque. Il rouvrit les yeux difficilement et Draco lui envoya un sourire lubrique avant de ramener les couvertures à lui sans prendre la peine de remettre son pyjama.
Ron n'arriverait jamais à dormir avec cette dernière pensée.
Alors, contents ?:P
Comme vous l'aurez compris, ce chapitre est un peu un hommage à Arthur Weasley.
INFO EXPRESS =
J'ai repris l'écriture de mon autre « longue fic » (cf. mon profil Bouille) et je vais donc devoir jongler entre les deux publications à partir de dimanche prochain. Cela signifie que je posterai Les Blés et les Coquelicots toutes les deux semaines (à partir d'aujourd'hui).
(j'ai par ailleurs deux OS à écrire en réponse à des défis + un autre Ron-Draco en préparation, le temps m'est donc compté. Sans oublier que je dois en plus lire parce que je suis avant tout une grande lectrice de fics héhéhé)
Au programme du prochain chapitre (exceptionnellement : Lundi 4 ou Mardi 5 Novembre 2013 selon mon retour à la civilisation après les vacances) :
-La fin des Vacances
-Mais que fait donc Harry ?
Mais AVANT cela... vous aurez le droit au PREMIER BONUS (écrit spécialement pour clarifier l'un des manquements souligné par Jes Cullen-Malfoy). Et comme c'est un Bonus, la surprise de son arrivée est conservée (cruauté de l'auteur).
