Nous nous retrouvons le lendemain dans une salle de classe. Narumi déambulait à travers la classe, récitant son cours de biologie moléculaire. Quelques élèves prenaient des notes, alors que d'autres somnolaient cachés derrière leur bouquin. Bien que certains soient plus discrets que d'autre.
- Les molécules inertes insérées dans le corps de ce petit être doivent avoir une bonne centaine d'années. Comme vous devez le savoir, une molécule dotée d'un noyau, d'une membrane et de chlorophylles, est une molécule animale. Plusieurs chercheurs ont tenté de transformer ces molécules centenaires en de nouvelles molécules afin de créer une structure moléculaire identique, un clone. Ce projet est d'ailleurs l'un des plus intéressants en biologie moléculaire…, expliqua Narumi regardant ses élèves avec attention, remarquant que certains n'en avaient pas grand-chose à faire.
Le professeur s'arrêta devant le bureau d'Aoi, Mikan et ses autres amies. Il tapota avec son stylo sur son livre ouvert, montrant son mécontentement. Aoi le regarda, d'un sourire penaud et rigola nerveusement. Sumire, Anna et Nonoko, elles, ne prirent pas la peine de cacher leur rire, étant complètement hilares devant la scène qui se présentait devant elles. Mikan s'était endormie, affalée sur son livre fermé. Elle ronflait bruyamment, se faisant remarquer par tout le monde. Narumi se racla la gorge pour se faire remarquer, mais Mikan lui répondit par un ronflement sonore, ce qui fit rire tout le monde.
- Au prochain cours, nous étudierons la façon que possède notre chère Mikan de dormir en plein cours. C'est aussi très passionnant, dit-il regardant sa montre et souriant malicieusement.
La sonnerie annonçant la fin du cours retentit et les élèves fermèrent leur cahier avec vigueur. Certains s'étiraient sortant de leur sieste improvisée. Mais Mikan resta comme telle, n'entendant pas ni les discours sur elle, ni la sonnerie, ni même le professeur.
- Nous nous reverrons au prochain cours de biologie. Votre professeur d'Arts plastiques sera bientôt là. Sur ce, à bientôt mes chéris !, Narumi partit vers la porte mais s'arrêta se tournant vers Aoi. Aoi, vous réveillerez notre chère belle au bois dormant, à moins que son Prince charmant ait la gentillesse de le faire pour vous, termina-t-il regardant Natsume d'un sourire narquois.
Natsume leva les yeux au ciel, se demandant ce que pouvait bien lui vouloir ce travelo. Qui bien entendu n'en était pas vraiment un… normalement. Aoi lui lança un regard meurtrier, qui lui valut un soupire.
- On se demande ce qu'attend le prince charmant pour se bouger, cracha Aoi.
- Qu'est-ce qui a ? hurla Natsume la fusillant du regard.
- Aoi soupira et secoua la tête négativement, N'importe quoi…
Aoi passa les bras autour des épaules de sa meilleure amie et se mit à la secouer gentiment pour ne pas la réveiller en sursaut. Elle murmura à Mikan de se réveiller, mais ses actes ne lui valurent que des ronflements encore plus sonores et quelques grognements en réponses. Aoi rit nerveuse et essaya de la secouer plus énergiquement, parlant maintenant d'une voix habituelle. Mais Mikan balança ses bras dans sa direction en ronchonnant pour lui dire d'arrêter de la déranger. Aoi recula en soupirant et regarda le professeur d'un air penaud.
- Natsume se leva en soupirant et prit son air le plus détaché, Bon laisse-moi faire, sinon on va en avoir pour quatre heures. Et j'veux pas camper ici.
Aoi croisa ses bras sur sa poitrine, prenant un regard victorieux et se dit qu'il était temps qu'il se bouge. Elle regarda la scène d'un sourire amusé.
Tout le monde connait la légende de la belle au bois dormant ? Le réveille de la princesse par un tendre baiser de son prince, tout cela est bien connu. Mais revenons à notre histoire voulons-nous ! Natsume se trouvait déjà en face de Mikan et s'arrêta un moment pour la regarder. Il souleva son sourcil droit en soupirant, voyant qu'elle dormait à poings fermés. Elle était impossible. C'était à se demander comment il pouvait en être amoureux. Il approcha son visage de celui de sa belle, déplaçant une mèche de cheveux qui se trouvait devant ses yeux. Les chuchotements de la classe se firent incessants et pesants. Luna regardait la scène des yeux exorbités, alors que certaines autres personnes n'y prêtaient aucune attention. Aoi continuait d'avoir son sourire aux lèvres, qui s'accentua en voyant la mine déconfite de la soi-disant fiancée de son frère. Natsume s'approcha encore un peu, étant à peine à quelques centimètres du visage de Mikan et …
- Debout tire au flan ! hurla-t-il dans les oreilles de Mikan.
Aoi perdit son sourire, gobant les mouches sur l'acte de son frère. Luna, elle, eut à nouveau un sourire aux lèvres. Aoi se frappa le front avec sa paume, se disant que son frère était vraiment la plus grosse andouille sur terre. Mikan se réveilla en sursaut, tombant littéralement de sa chaise et hurlant un chiffre au hasard comme si un professeur lui avait demandé quelque chose. Elle regarda les gens hilares devant elle, se levant un léger mal de fesses. Natsume la traita à nouveau de nouille et l'aida à se relever. Elle regarda Aoi, qui semblait tout de même se retenir de rire. Les élèves sortirent de la salle, profitant de leurs quelques minutes de répit avant l'heure d'art. Natsume, lui, retourna à sa place, le siège placé juste derrière celui de Mikan et Aoi, un sourire aux lèvres, assez fier de lui. Après tout, il adorait taquiner sa petite amie. Aoi regarda si sa meilleure amie n'avait rien de casser et se mit à lui raconter l'heure de cours qu'elle avait loupé. Mais Mikan, encore dans les vapes, ne comprenait pas grand-chose à ce qu'elle disait.
Luca arriva par la porte de la classe et alla s'asseoir à sa place juste à côté de son meilleur ami. Il avait été absent du cours de Biologie moléculaire, car le directeur l'avait appelé à son bureau. Pour des raisons que nos héros ne connaissaient pas d'ailleurs. Il semblait dans la lune et ne répondit même pas au sourire amoureux que lui lançait Aoi. Il s'assit en soupirant, regardant par la fenêtre et Aoi lança un regard interrogateur à Mikan, qui lui répondit par un haussement d'épaule. Quand elle voulut ouvrir la bouche pour lui demander si tout allait bien, elle fut interrompue par le professeur d'art qui faisant son entrée. Natsume lui ne dit rien, mais son regard en coin sur son meilleur ami voulait tous dire… quelque chose s'était passée et ce n'était pas forcement positif…
Le professeur d'art fit asseoir tous ses élèves et prit le carnet d'absence afin de voir si tout le monde étaient là. Il parcourut la liste de son doigt, d'ailleurs très bien décoré de vernis à ongle noir. Mikan trouva ce professeur un peu étrange, mais très élégant. Il avait un style bien particulier, un peu gotique, mais tous de même assez moderne. Il possédait de longs cheveux noirs coupés en dégradé et de magnifiques yeux vert foncé. Ces mêmes yeux se posèrent d'ailleurs sur la jeune Mikan, qui cligna deux fois des cils se demandant ce qu'il pouvait bien lui vouloir.
- Sakura Mikan… sa voix se fit presque inaudible et très suave. Mikan en eut des frissons dans le dos.
- Mikan se sentit un peu intimidé face à cet homme très charismatique et lui répondit d'une voix assez incertaine. Oui professeur ?
- Personna s'approcha de son élève et prit sa main tel un gentleman, lui faisant un baisemain. Bienvenue dans ma classe d'art très chère. Mes yeux se régalent de voir une nouvelle muse dans ma classe.
On put sentir l'ambiance de la classe monter d'un cran, surtout vu l'état de rage dont se trouvait notre petit Natsume face à cette scène inattendue. Mikan essaya de récupérer sa main, sans froisser le professeur d'art et se sentit un peu nerveuse. Ce professeur était vraiment très étrange. Elle regarda Aoi qui sembla vouloir lui dire visuellement qu'il avait toujours été comme ça. Et bah… les cours d'art s'annonçaient palpitants. Le professeur retourna à son bureau et prit la craie afin d'écrire quelque chose au tableau. Les mots « Portrait Réaliste – Première Partie » apparurent sur le tableau. Il se tourna face à ses élèves et se mit à expliquer ce qu'il attendait d'eux.
- Bien, pour aujourd'hui vous allez réaliser un portrait réaliste à partir d'un modèle. Je veux que votre dessin ait l'impression de sortir du papier, qu'il nous transperce. Sa voix se fit grondante, comme si sa passion pour l'art l'animait au plus profond de lui. Et comment fait-on un dessin parfait ? Il regarda ses élèves avec entrain comme s'il pensait que quelqu'un allait donner la réponse pour lui. Avec un modèle encore plus parfait voyons ! Il se tourna vers Mikan et posa sa main sur l'épaule de la jeune fille. Sakura Mikan, vous serez notre modèle pour aujourd'hui.
Mikan ouvrit grand les yeux face à cette révélation. Quoi ? Devenir modèle ? Modèle de quoi ? … Des scénarios improbables se mirent à germer dans la tête de l'adolescente, comme être modèle de nue ou autre chose dans ce style-là. Elle voulut ouvrir la bouche afin d'exprimer son refus, mais fut interrompue par le haut parleur de l'académie.
« La jeune Mikan est demandée au bureau du directeur. Je répète, Mikan est attendue au bureau du directeur, Merci. »
- Le professeur d'art fit une mine déconfite et soupirant, malheureux. Dommage, mais nous nous reverrons dans peu de temps ma muse.
Mikan se sut que dire et se leva pour se diriger vers la porte d'entrée. Elle lança un regard à ses camarades et sourit en voyant la bouille jalouse de Natsume, qui semblait vouloir le cacher. Elle ne put s'empêcher de pouffer de rire, tant elle le trouvait adorable. Aoi, d'ailleurs, semblait partager son hilarité, ce qui lui valut un coup de poids dans le dos de la part de son frère. Luca, lui, semblait toujours dans ses pensées, regardant inlassablement par la fenêtre. Mikan perdit alors son sourire. Il était allé chez le directeur et était revenu dans cet état. Et maintenant c'était son tour… Qu'avait-il bien pu se passer là-bas ? Elle le saurait bien assez tôt… Elle se dirigea vers la porte du bureau du directeur et frappa deux coups à la porte avant d'entrer.
- Elle s'approcha de la mère d'Aoi et Natsume et sentit son ventre se contracté. Kanha, vous m'avez demandé ?
- Mme Hyuga se leva et s'approcha de Mikan la regardant d'un sourire triste. Oui… Entre donc Mikan…
Elle accompagna la jeune fille à l'intérieur du bureau et posa une main affectueuse sur son épaule. M Hyuga se trouvait assis dans sa chaise de bureau et fumait un cigare, bien que l'on ne le voit pas de dos. Mais la fumée qu'il laissait échapper de sa bouche le confirmait. Il se tourna et Mikan eut un sursaut de peur, elle n'avait jamais connu monsieur Hyuga avec un regard aussi hargneux. Il se leva de sa chaise, écrasant à moitié son cigare sur le cendrier de l'accoudoir.
- Bien Kanha tu peux disposer, ordonna-t-il à sa femme, lui faisant signe de s'en aller.
- Hiro, peut-être que nous pourrions discuter un peu et…
- Il interrompit la phrase de sa femme et se mit à parler bien plus fort, comme s'il rugissait. Kanha ! J'ai à faire !
Les craintes de Mikan se confirmèrent. Elle sentit la main de Kanha s'accrocher à elle, au point de lui en faire mal. Kanha lui lança un regard désolé et sortit de la pièce à contrecœur. Mikan avait peur… Il y avait quelque chose d'anormal dans tout ça. Elle s'assit sur la chaise en face du bureau du directeur, mal à l'aise.
- Elle prit son courage à deux mains et se mit à parler d'une voix calme, bien que tremblante. Monsieur Hyuga… Vous vouliez me voir ?
- Il s'approcha de Mikan et posa un regard froid sur elle. Hum… quelque chose me dérange Mikan… Savez-vous ce que c'est ?
- Mikan secoua la tête négativement, Non monsieur, je ne sais pas…
Mikan vit alors son regard rouge sang, s'enflammer comme un feu de foret et elle eut peur de s'y bruler vif. Bien que Natsume ait les mêmes yeux, elle n'avait jamais ressenti cette peur avec lui, bien au contraire.
- Je n'apprécie pas votre petit jeu, cracha-t-il.
Mikan sentit son cœur battre dans sa poitrine au point de lui en faire mal. Il avait tous découvert et bien entendu cela ne lui plaisait pas. Elle avait du mal à respirer et sentait sa respiration s'affoler autant de que son cœur. Elle était sur le point de tomber dans les pommes. Elle regarda Hiro reprendre le cigare encore fumant dans son cendrier et le porter à sa bouche afin d'en reprendre une bouchée. Il cracha la fumée au visage de Mikan, ce qui eut pour effet de la faire tousser et de faire pleurer ses yeux. Il s'accroupit face à elle et lui attribua un sourire charmeur, bien que dangereux.
- Je comprends tous de même mon fils, il termina sa phrase caressant l'une des cuisses de Mikan de sa main rugueuse. Après tous, vous n'êtes pas mal du tout, murmura-t-il.
Mikan sentit un frisson de dégout face à la caresse de Hiro. Elle voulut riposter lui lançant un regard de défi, mais sentit une brulure sur sa cuisse. Elle hurla de douleur et se mit à sangloter tant la douleur était vive. Hiro venait de la bruler avec son cigare et sourit à son action, fier de lui. Il rigola même portant ce même cigare à sa bouche finissant de le consumer.
- Et ce n'était qu'un avertissement. J'espère que toi et le petit Nogi arrêterons de tourner autour d'Aoi et Natsume. Car la prochaine fois … je ne serais pas aussi doux.
Il termina sa phrase en riant à gorge déployer et sortit de la pièce, laissant une Mikan brisée et en pleure sur le sol. Qu'allait-il bien pouvoir se passer maintenant ?
