Namasté !

Ca y est, c'est le dixième chapitre. Première fois que je vais aussi loin dans une fiction, première fois que j'ai autant de retours, positifs et constructifs en plus, première fois que je suis aussi heureuse en partageant ce que j'écris. Alors voilà, je tenais à vous le dire, comme à peu près à chaque chapitre mais c'est important pour moi, un énorme MERCI pour votre présence et votre soutien !

Je tiens quand même à préciser qu'on a dépassé les 50 reviews et qu'à l'heure où je vous écris, c'est-à-dire 00:47, il y a 2,929 vues sur l'intégralité de ma fiction. Pour certains, ça peut paraître tout petit, mais pour moi, c'est fantastique. Même en faisant de gros, gros efforts d'imagination, je ne me serais pas imaginée aller aussi loin. Je suis fière de moi, et encore plus de vous ! MICIII ! Et puis merci à vous, mes lecteurs de France, mais aussi de Suisse, de Belgique, d'Espagne, de Pologne, des USA, d'Algérie, du Maroc, du Canada, de Norvège, du Venezuela, du Chili, du Royaume-Uni et de Hong Kong. Je pense à vous !

Allez ! Dans ce chapitre, quelques révélations, du genre de la grande question "mais avec qui a-t-elle casé Lisanna ?" réponse tout'suite ;)

Je vous retrouve en bas !


Il faisait si sombre. Et si froid. La jeune femme frissonna.

Elle aurait dû être plus vigilante. Mettre le long chandail qu'elle avait apportée avec elle au Pôle, en plus de la cape moirée qui la recouvrait de la tête aux pieds. Elle aurait dû aussi prévoir une mini-lacryma, mais la sienne avait disparu de ses affaires.

Elle ne l'avait tout de même pas perdue ! Si ? Se connaissant, ce serait bien possible. Elle avait la fâcheuse tendance de tout laisser derrière elle et d'oublier où elle avait rangé ses affaires. Heureusement que sa mère s'était occupée de ses bagages, et lui avait confié une notice avec toutes ses affaires répertoriées… Elle lâcha un rire étouffé. Même à 18 ans, elle avait toujours besoin de sa maman… Son rire s'étrangla dans sa gorge. Sa maison lui manquait tellement.

- Qui va là ?

Immédiatement, elle se tapit dans un recoin obscur, se maudissant intérieurement d'avoir fait du bruit. Les miliciens rôdaient !

Des pas résonnèrent sur le pavé. Des bottes ferrées claquèrent à deux mètres d'elle, puis s'arrêtèrent. Le temps fut comme suspendu. Elle retenait sa respiration, s'empêchant d'émettre le moindre son.

Finalement, les bottes firent demi-tour et elle expira doucement.

Elle jeta un coup d'œil hors de sa cachette, à droite, à gauche, puis s'élança dans les ruelles. Ses chaussures plates ne faisaient aucun bruit sur les dalles sèches de la Citacielle. Elle profitait de cet avantage pour se glisser à chaque coin de rue, au nez et à la barbe des soldats de la milice.

Levy l'avait prévenue avant qu'elle ne s'en aille. La milice était une police intérieure détestée du peuple, car ses membres, chargés de maintenir l'ordre et de faire respecter le couvre-feu, étaient plus enclins à boire leur paye à la taverne avant leur tour de garde qu'à prendre leur mission au sérieux. Beaucoup d'habitants de la capitale avaient déjà eu à subir leurs foudres injustifiées. La bleue lui avait raconté les histoires horribles des garçons passés à tabac et des filles violentées. Aussi la jeune femme savait à quoi s'attendre, et restait sur ses gardes.

Le long de sa cuisse, elle avait un long poignard qui avait appartenu à son frère. Le contact glacé de la lame contre sa chair et son poids à sa hanche étaient étrangement rassurants : si jamais on l'attaquait, elle aurait de quoi se défendre.

Son père avait toujours tenu à ce qu'elle sache se battre. Aussi, il l'avait entraînée dès son plus jeune âge, au même titre que le reste de sa fratrie. Il lui avait cependant toujours formellement interdit de posséder une lame, car le port d'arme chez les femmes était puni de cinquante coups de fouet à Alexandrie. Mais au Pôle, rien n'indiquait que la même sentence était en vigueur… donc elle ne s'était pas gênée. De toute façon, si quelqu'un s'en prenait à elle, il ne resterait pas assez longtemps en vie pour pouvoir la dénoncer.

Elle s'accorda une pause et souffla. Levant les yeux, elle contempla la voûte céleste, un sourire pensif aux lèvres.

Ici, dans le Nord, les gens soufflaient leurs bougies et fermaient leurs fenêtres avant neuf heures du soir. Plus personne ne circulait dans les rues, plongées dans un silence d'église. Et au-dessus de sa tête, couvrant la Citacielle de son manteau de velours noir, la nuit s'étirait et les étoiles brillaient plus fort que jamais elle ne les avait vues faire. C'était bien la seule chose qu'elle préférait à son Arche d'origine…

Elle poursuivit son chemin, ombre parmi les ombres de la ville endormie. Évitant les miliciens, elle gagna rapidement une terrasse en surplomb et s'accouda à la balustrade.

Ce n'était pas très prudent, elle le savait. À découvert, elle serait rapidement repérée si jamais une patrouille venait à passer par là. Mais elle aimait jouer avec le danger, comme le lui répétait son père lorsqu'elle s'entraînait à lancer ses couteaux.

Et puis, en cas de réel péril, elle n'aurait qu'à se transformer en oiseau et ses ailes l'emmèneraient loin d'ici.

Elle observa la chute vertigineuse sous ses pieds. Très, très loin, tout en contrebas, une vallée paisible où serpentait un fleuve aux eaux limpides s'étalait sous la pointe du rocher géant qu'était la Citacielle. Sur ses flancs, à l'intérieur même de la pierre, la ville avait été construite, et tout au sommet, le palais se dressait comme une flèche à l'assaut du ciel. Ses tours effilées donnaient le vertige, et les bannières aux couleurs des Dragons, bleu et or, claquaient au vent à leur pointe. La jeune femme remarqua que la salle du trône, où Acnologia les avait accueillies le premier jour, se trouvait dans le donjon. La tour la plus haute était entièrement creuse, et ne servait qu'à ça. Des fenêtres ovales perçaient les murs sur toute leur hauteur. Lorsqu'elles y avaient pénétré, elles, les cinq Choisies, un dais bleu et doré cachait la vertigineuse hauteur de plafond. Plus tard, elle avait vu des représentations de la Tour du Trône et avait compris à quoi cette pièce ressemblait réellement. Lavinia, la jeune maid affectée à leur service, lui avait expliqué que les façades intérieures de la salle étaient en train d'être lavées et restaurées. Les fresques immenses qui les couvraient nécessitaient beaucoup d'entretien.

Soudain, elle entendit des voix. Des voix braillardes, soûles probablement, et de plus en plus proches. Elle quitta prestement le balcon et s'élança à travers les rues. Brusquement, des silhouettes bruyantes apparurent en face d'elle.

Et merde ! Elle fit volte-face et passa à nouveau sur la terrasse. Derrière elle, des rires gras s'élevèrent, et un soldat lança :

- Oh, mais que vois-je ? Il me semble qu'un petit oisillon s'est égaré… Venez, les gars !

Les miliciens se ruèrent à sa poursuite. Elle grinça des dents et accéléra l'allure. « Bien fait pour elle ! » pensa-t-elle. Elle n'avait qu'à pas être si sûre d'elle !

Elle courait aussi vite qu'elle le pouvait. Mais les miliciens étaient nombreux, et malgré leur état d'ébriété, ils connaissaient mieux la ville qu'elle et anticipaient tous ses déplacements. Elle serra les poings, glissa la main sous sa jupe fendue sur les côtés et attrapa le poignard, qu'elle plaça entre ses dents. Puis elle se transforma.

Un guépard tout en muscles et en nerfs remplaça la jeune fille aux cheveux blancs. Des cris de stupeur s'élevèrent dans son dos.

- Qu'est-ce que c'est que ça ?

- Merde, elle nous échappe !

Personne ne pouvait la dépasser sous sa forme féline. Les pavés sous ses pattes défilèrent si vite qu'ils devinrent flous, et elle tendit tout son corps à l'extrême, volant aussi vite que le vent. Elle jeta un coup d'œil en arrière, et exulta, triomphante. Elle les avait semés !

- Viens par là, ma jolie !

Ses yeux s'écarquillèrent de stupeur. Ses pattes s'emmêlèrent, elle tomba en avant, et failli se planter le poignard au fond de la gorge. Elle fit face avec horreur à la terrible situation.

Elle était prise au piège, prisonnière d'un filet qui se resserrait à chaque instant un peu plus. Sous la pression, elle reprit sa forme humaine.

Un rire rauque lui parvint. Au-dessus d'elle, un homme la surplombait avec un sourire malsain. Elle cracha, se débattant de toutes ses forces, et usa de sa lame pour tenter de se libérer. Il l'attrapa par les cheveux, la soulevant de terre.

Elle hurla de douleur. Des larmes s'échappèrent au coin de ses yeux. Devant elle, elle pouvait voir l'expression jubilatoire de l'homme à travers les mailles du filet. Dans un sursaut d'énergie, elle lui cracha au visage.

Son visage passa d'une joie sinistre à une colère sans nom. Il l'envoya valser, la projetant contre le mur d'en face, puis il rejoignit son corps affalé sur les pavés à grandes enjambées et l'obligea à le regarder.

- Écoute-moi bien, petite idiote. Si jamais tu refais ça… je te ferais souffrir tellement que tu n'ouvriras plus la bouche que pour me supplier. Et crois-moi, le sort qui t'attend aux mains de mes hommes est mille fois plus enviable que celui dont je te menace.

- Lord Stinger ! Vous l'avez attrapée !

L'homme se tourna à demi, et un sourire carnassier se dessina sur sa peau burinée. Il lâcha la jeune fille et se releva, époussetant ses genoux.

- Je vous la laisse, j'ai des choses à faire.

Il marcha vers le groupe de miliciens et saisit par le col le lieutenant à leur tête.

- Et si jamais une proie vous échappe à nouveau… vous savez ce qui vous attend, gronda-t-il d'une voix basse et sombre.

L'officier hocha vivement la tête, apeuré.

Lord Stinger s'en alla ensuite, disparaissant dans la nuit aussi vite qu'une volute de fumée. Les soldats se tournèrent vers la jeune fille toujours empêtrée dans le filet, une lueur lubrique dans le regard. Le lieutenant ordonna qu'on la délivre, ce que deux hommes s'empressèrent de faire, ne se gênant pas pour la toucher au passage. Elle feula comme un chat à chaque fois que leurs mains répugnantes la touchaient, mais cela ne les découragea pas pour autant. Lorsqu'ils la plaquèrent au sol, la maintenant des deux bras, et que l'officier s'avança au-dessus d'elle, elle prit vraiment conscience de la situation. Ses yeux s'enflammèrent, et mue d'une rage qui ne faisait que croître, elle se plia en deux, puis planta ses talons dans l'estomac de l'officier, le repoussant loin d'elle. Elle se tordit comme un serpent, asséna un coup de tête à celui qui la retenait à sa droite, et balança son pied dans les parties génitales du second. Elle se releva souplement, attrapa son poignard qui avait roulé non loin et fit face au restant de ses assaillants.

Merde.

Merde, merde, merde et merde.

Elle revit en pensée le visage fâché de sa mère à chaque fois qu'elle jurait. Mais là… des fois, il n'y avait que ça pour exprimer l'ampleur de la mouise dans laquelle elle se trouvait.

Une dizaine de soldats la regardaient, avec un mélange de haine et de désir, abrutis par l'alcool. En théorie, la quantité de chopes qu'ils avaient ingurgité aurait dû l'aider à se débarrasser d'eux, mais à dix… L'officier, vomissant ses tripes sur le sol suite au coup qu'elle lui avait donné, rugit, s'étouffant à moitié :

- Butez-la !

Comme un signal, ils se jetèrent tous à la fois sur elle. Elle se prépara à encaisser l'attaque, la main serrée sur la garde de son poignard, et se mit en position de défense. Serrant les dents, elle attendit le choc.

Qui ne vint pas.

Bouche bée, elle vit les miliciens tourner sur eux-mêmes comme des pantins désarticulés à qui on ferait faire la toupie, puis s'assommer contre le mur de leur propre chef. Ils s'affalèrent par terre.

- Qu'est-ce que… bredouilla-t-elle.

La jeune femme releva la tête et chancela. À dix pas devant elle, un homme étrange se dressait. Des poupées de bois virevoltaient autour de sa tête en piaillant, incompréhensibles, et un heaume recouvrait la quasi-totalité de son visage.

- Bordel, Bixrow, qu'est-ce que t'as foutu encore ? hurla une voix féminine.

Une femme aux longs cheveux châtains et un homme aux mèches vert clair accouraient. Le chevalier qui venait de sauver la jeune fille pivota vers eux et décroisa les bras. Et… il se mit à rire.

Incrédule, elle se laissa tomber au sol. Qui étaient ces gens ? Et… qu'avait fait le casqué bizarre ? Les miliciens avaient eu un comportement étrange avant de s'assommer, et il était apparu. Était-il à l'origine de… ?

Celui aux cheveux verts souleva l'officier toujours à terre, qui maintenant se taisait, hébété :

- Qu'est-ce que tu faisais, Gordon ?

- J-je-je vous jure que je ne lui ai rien fait, lord Justin ! Elle nous a échappé, et nous l'avons poursuivie, c'est tout !

Soudain, sous les yeux ahuris de la jeune fille, il se pétrifia. Littéralement. Tout son corps se changea en pierre, et le vert le laissa tomber au sol, où il vola en éclats.

L'étrange trio pivota vers la blanche, qui serra plus fort son couteau. Rien n'indiquait qu'ils n'allaient pas l'attaquer eux aussi !

- C'est qui, elle, Bixrow ? demanda la femme d'un ton léger, comme s'ils ne venaient pas de tuer un homme.

- J'en sais rien, répondit celui au heaume en haussant les épaules. Elle allait se faire tailler en pièces par les autres soûlards, alors je leur ai réglé leur compte.

- Tu t'appelles comment ? l'interrogea le vert en se baissant pour la regarder dans les yeux.

- Et vous ? Vous êtes qui, au juste ? répliqua la blanche, une lueur de défi dans les yeux. Des tarés meurtriers ?

Le chevalier eut un rire tonitruant, tandis que le prénommé Justin esquissait un sourire.

- Elle a du cran, cette petite, dit-il.

Soudain, la femme aux cheveux châtain l'attrapa par le bras et la força à se mettre debout. Elle planta ses yeux noirs dans ceux, limpides et clairs, de la jeune fille, et siffla :

- Si on n'était pas intervenus, tu te serais fait battre et violer, petite. Tu as eu de la chance qu'on passait par là. Alors meurtriers c'est bien beau, mais je te signale que tuer cet homme n'était qu'un bienfait au nom de l'humanité et envers ta petite personne. Gordon était une ordure de la pire espèce, et toi-même était prête à lui planter ce joli petit cure-dent dans l'estomac. Pas vrai ? Donc maintenant, tu vas répondre bien gentiment à la question de Fried. Comment tu t'appelles ?

- L-Lisanna.

- Lisanna comment ?

- Lisanna Strauss.

- Strauss, Strauss… réfléchit Fried. J'ai déjà entendu ce nom quelque part.

- D'où tu viens, gamine ? demanda l'homme au casque.

Lisanna contempla ses pieds. Était-ce bien prudent de le leur dire ? À ce stade, elle n'avait guère d'autre choix. De toute façon, elle se ferait bien réprimander par Ayria quand elle rentrerait au palais, donc…

- Je viens d'Alexandrie. Je fais partie des Choisies.

Un grand silence s'abattit sur le trio. La femme et le chevalier se tournèrent vers lord Justin, qui semblait complètement estomaqué.

- Toi ? Une Fiorienne ? Mais qu'est-ce que tu fais hors du palais en pleine nuit, par tous les dieux ?

- Je…

- Ever, la coupa Fried, ramène-la au palais. Je vais demander à Dranbalt d'effacer la mémoire des soldats. Il est hors de question qu'ils se rappellent de quoi que ce soit concernant cette fille.

- Et moi ? grogna Bixrow.

- Accompagne-les. Une dernière question : de qui es-tu la fiancée ?

- De lord Natsu.

Les trois échangèrent un regard étrange, puis Ever saisit à nouveau Lisa par le coude et l'entraîna à sa suite. Bixrow fermait la marche, et derrière eux, Fried commençait à écrire des runes pour enfermer les miliciens assommés derrière une barrière infranchissable.

x x

x x

- Tu es une inconsciente ! Une gamine capricieuse ! Comment as-tu osé t'aventurer hors du palais, sans permission, et en pleine nuit ? Si les Raijinshuu n'étaient pas tombés sur toi, est-ce que tu te rends compte de ce qui te serait arrivé ? Et la faute aurait rejailli sur moi !

- Pas la peine de hurler, Ayria, je t'en prie.

- Eh bien moi, je te prie de bien vouloir cesser de jouer à l'agent secret et de redescendre sur l'Arche ! Ton acte était extrêmement égoïste ! Est-ce que tu t'en rends seulement compte ?

- J'ai compris ! hurla Lisanna. D'accord ? J'ai compris ! Tu n'y étais pas ! Tu n'étais pas là quand ils m'ont clouée au sol, et quand il s'est assis sur moi. Tu ne sais rien ! Rien de la peur que j'ai éprouvée ! J'étais terrifiée, tu m'entends, Ayria ? Terrifiée ! Plus jamais je ne referais une telle chose, ça, je peux te le promettre ! Parce que je ne veux plus jamais me sentir aussi… piégée.

La blanche enfouit son visage dans sa main et contint le sanglot qui menaçait d'éclater. Un grand silence se fit. Elle entendit un bruissement d'étoffes et les bras de la blonde l'enlacèrent, chaleureux et réconfortants. Lisa se laissa aller, lâchant les larmes qu'elle retenait depuis trop longtemps, le visage niché dans le cou de son amie.

- J-je-je suis désolée, renifla-t-elle bruyamment. Je voulais juste découvrir la ville…

- Chuut, ça va aller, chuchota miss Vermillion d'un ton apaisant. Je n'aurais pas dû te crier dessus aussi fort.

.

Dans le couloir qui longeait le salon où les deux femmes se trouvaient, les quatre autres Choisies, Terence et les deux membres de l'unité Raijin attendaient. Terence se passa la main sur son visage fatigué, visiblement soulagé, et chuchota à l'attention de Bixrow et d'Ever :

- Je vais vous reconduire. Merci infiniment de votre aide… Sans ça, je ne sais pas ce que nous aurions fait.

- C'est tout naturel, dit la femme en hochant gracieusement la tête.

Les deux étranges mages tournèrent les talons et quittèrent le couloir, conduits par le blond. Dès qu'ils furent hors de vue, Lucy lâcha ce qu'elles pensaient toutes :

- Mais c'est qui, eux, au juste ?

- Des Mercenaires.

La petite voix fluette de Levy les fit sursauter. Elles se tournèrent vers elle, qui acquiesça.

- L'Ordre des Mercenaires est présent sur toutes les Arches du Nouveau Monde, mais ses fonctions ne sont reconnues qu'au Pôle et à Byron et Tanith, ses colonies. L'armée du Pôle, les Loups du Nord, comptent de nombreux Mercenaires parmi leurs rangs. Ce sont d'anciens chevaliers de l'Ordre qui ont juré fidélité au clan Dragon.

- Et en quoi consistent-elles réellement, ces fonctions ? souffla Kinana.

Levy haussa les épaules.

- Assassinats, vols de trésors, protection… les Mercenaires font de tout, tant qu'ils sont rétribués. Mais ce sont principalement des chasseurs de primes, et ils sont aussi infaillibles que cruels. C'est pour ça qu'ils sont autant craints et honnis. On dit d'eux qu'ils n'ont pas d'âme et ne pensent qu'à l'argent. Les notions d'amitié, de loyauté et de confiance leur sont totalement étrangères.

- Mais ces deux-là n'étaient pas des Mercenaires, Levy, dit Lucy, les sourcils froncés.

La bleue hocha la tête, le visage fermé.

- Non, tu as raison. Ils avaient le blason des Loups du Nord sur eux.

- L'armée Polaire ? murmura Yukino.

- Exactement.

Un long silence s'installa. Yukino se laissa glisser au sol, atterrée. Dans quoi sa cousine s'était-elle fourrée ? Pourquoi des membres de l'armée du Pôle, qui consistait en elle-même un secret d'État, étaient intervenus ? Elle avait transgressé la règle du couvre-feu et techniquement, les miliciens faisaient leur travail. Alors pourquoi ?

- Je les connais, ajouta Levy après un temps. J'ai vu leurs visages dans le livre sur le Pôle que j'avais lu à bord du zeppelin.

- Qui sont-ils ? demanda Lucy.

- Le grand avec le heaume se nomme Bixrow. Il n'a pas de nom de famille. C'était un redoutable Mercenaire du temps où il faisait encore partie de l'Ordre. Il a un Talent aussi spécial que ses deux acolytes : la manipulation. Il peut soumettre à son autorité des humains aussi bien que des objets inanimés. La femme, c'est Ever Green. Seuls ses proches ont l'autorisation de l'appeler uniquement par son prénom. Sinon, elle pétrifie les autres… Elle a longtemps porté le surnom de Gorgone.

- Comme miss Orlando… souffla Yukino.

- Qu'est-ce que tu as dit ?

- Non, non, rien.

- Le dernier du trio, c'est Fried Justin. Un enchanteur. Il connaît aussi bien les runes que moi, voire plus, et contrôle l'Écriture des Ténèbres. C'est un sort très ancien qui lui permet d'appliquer des runes sur sa propre personne, pour gagner des aptitudes ou se transformer en démon, comme la sœur de Lisanna, ou sur ses adversaires pour les défavoriser. Il écrit très vite. Quand ses runes sont gravées avec son katana, elles sont mortelles pour celui ou celle qu'il combat. C'est le membre le plus fort de l'unité Raijin, et son leader.

- Et c'est quoi, cette unité Raijin ?

La voix de Lisanna les surprit toutes. La jeune fille était sortie du salon, escortée par Ayria, et avait entendu leur conversation. Yukino bondit :

- Lisa !

- Je vais bien, la rassura la blanche avec un faible sourire. Mais poursuis, Levy. Moi aussi, ça m'intéresse cette histoire.

La bleue hocha la tête et continua :

- Les Raijinshuu… ce sont les capitaines les plus hauts gradés des Loups du Nord. Ils sont eux-mêmes sous l'autorité du commandant, qui obéit aux ordres de l'Héritier chargé de l'administration des armées. En revanche, je ne sais pas qui sont ces deux derniers.

- Moi, je sais, souffla Lucy. Du moins en ce qui concerne l'Héritier. C'est mon fiancé, Luxus Dreyar. C'est l'aîné de sa génération, Levy, tu l'avais oublié ?

La petite lectrice se frappa le front.

- Mais oui, suis-je bête ! Tu as raison, Lu-chan. L'ancien dux bellorum des Loups du Nord était Metallicana, il a donc dû léguer ses responsabilités à l'aîné de la génération suivante… qui est lord Dreyar. Cependant, le mystère reste entier pour le commandant de l'armée.

- Ça ne fait rien. On en sait déjà bien assez sur eux.

- Plus qu'on ne devrait, marmonna Ayria, le visage fermé.

- Une dernière question, Levy : je me suis faite capturer par un certain lord Stinger. Est-ce que tu aurais entendu parler de lui ?

Miss McGarden releva brusquement la tête. Elle dévisagea la blanche avec gravité, sous les regards étonnés des cinq filles.

- Tu as croisé Bluenote Stinger ? Et tu es toujours en vie ?!

- Euh, oui… et donc… bredouilla Lisanna, impressionnée par le regard noir de Levy.

- C'est le chef de la milice. C'est lui qui lui a donné sa mauvaise réputation, car il ne se donne pas la peine d'exercer aucun contrôle sur les activités de ses hommes, à qui il inspire juste une terreur sans nom. Au contraire, il aime jouer avec ses « proies » et ne les laisse en général jamais s'enfuir… Pour qu'il t'ait relâchée, il devait être réellement occupé. C'est un mage terriblement puissant. Il agit sur la gravité.

- Comme Libra, de la maison Stellaire, souffla Yukino.

La petite jeune femme acquiesça.

- J'ai l'impression qu'il y a bien trop de connexions entre notre Arche, et notre Histoire, et ce lieu, pour que notre rôle de Choisies soit totalement innocent. Pourquoi les Dragons n'épousent-ils jamais des habitants du Pôle ? Pourquoi cinq Fioriennes, tous les sept ans ? Pourquoi uniquement entre seize et vingt ans ? Il y a trop de mystères autour de nous, et ça m'empêche de dormir. Sans compter ces fiancés, qui ne souhaitent pas plus ces mariages que nous – excepté toi, Kinana. Font-ils tout cela au nom de l'Honneur, ou ignorent-ils finalement autant de choses que nous ? Mes doutes au sujet du Roi Dragon vont croissant. Il n'est censé que posséder des pouvoirs de régent, mais sa puissance s'est étendue bien au-delà de ce que lui avait conféré l'Ange Séraphique, Grandine. Je crois que nous avons été jetées dans la fosse aux loups.

Un long silence suivit les paroles funestes de la bleue. Puis Ayria, d'un ton las, déclara qu'il était temps pour elles toutes d'aller dormir. Elles se séparèrent et pénétrèrent à l'intérieur de leurs chambres respectives, tandis que la blonde restait au milieu du couloir, le regard dans le vide. Soudain, ses yeux jade se remplirent de larmes, et elle se mit à pleurer silencieusement, retenant comme elle pouvait ses hoquets désespérés. Elle sécha ses pleurs d'un revers de manche, reprit contenance, et disparut à son tour dans ses quartiers, ombre d'elle-même au dos voûté.

Au détour du couloir, un jeune homme blond aux yeux aussi verts que l'eau du lac Tenrô se laissa lentement glisser le long du mur.

x x

x x

La bleutée regardait par-dessus la balustrade. Le paysage qui l'entourait avait beau être magnifique, ces derniers temps, elle avait perdu toute envie de dessiner. Était-ce lié à l'absence prolongée de lord Cheney ? Cela devait faire douze jours qu'elle ne l'avait pas revu depuis son apparition au pied du trône d'Acnologia. Entre-temps, elle avait rencontré son fiancé, et avait désiré ne plus jamais le revoir. Il était odieux à chaque fois qu'ils se croisaient, et écourtait toujours les entrevues obligatoires que chaque Choisie avait chaque jour avec leur fiancé, quand il ne s'y présentait tout bonnement pas. Pour ses amies, cela non plus ne s'arrangeait pas. Levy et lord Redfox devaient être ceux entre qui il y avait le plus de tension. À chaque repas qu'ils prenaient tous ensemble, les éclairs que leurs regards défiants lançaient à l'autre étaient perceptibles de l'autre bout de la table. Lucy, elle, n'avait plus revu son futur époux. Lord Dreyar avait dû se rendre avec Terence neuf jours auparavant pour faire le tour du Pôle et de ses Satellites. Depuis, le blond lui envoyait régulièrement des lettres par oiseau-mécanique, mais Yukino n'avait souvent pas le courage de lui répondre.

Elle était de plus en plus faible. Sa santé empirait de jour en jour, comme l'avait prédit Ayria. Désormais, même marcher l'épuisait, et au lieu de ses longues promenades dans le parc intérieur du palais elle en était réduite à rester assise toute la journée sur ce balcon monotone. Elle avait l'une des plus belles chambres des appartements réservées aux sept Fioriens, grande, lumineuse et possédant sa propre terrasse privée, mais ce privilège l'indifférait.

À chaque repas que la convenance les obligeait à prendre tous ensemble, Fioriens et Dragons restants, dans son cœur s'infiltrait de plus en plus l'insidieux poison de l'envie. Elle enviait Kinana et son promis galant, tendre, et si éperdument amoureux d'elle. Comme elle aurait rêvé qu'un homme la regarde comme lord Erik le faisait avec la jeune orpheline ! Dans les iris limpides de Terence, elle ne lisait qu'une affection sincère et une envie de s'amuser. Dans ceux de lord Sting, il n'y avait que haine et mépris. Et dans ceux de Rogue… elle ne se rappellait même plus de ce qu'elle pouvait y voir.

Heureusement, ces repas étaient égayés par les présences réconfortantes des deux uniques Dragonnes : Grandine et sa fille, Wendy. L'une comme l'autre étaient de loin les personnes les plus agréables et adorables que la bleutée ait jamais rencontré. Elle adorait la petite aux cheveux bleus et admirait profondément sa mère, qui n'avait pas d'ange que le surnom mais aussi tous les traits de caractère. De l'autre côté de la table, Skiadrum et Metallicana, les deux frères qui ressemblaient beaucoup à leur père, l'arrogant Roi Dragon qui présidait la cène. Le premier paraissait très cultivé aux yeux de Yukino, mais aussi noyé dans un incommensurable chagrin. Ses prunelles rouges étaient voilées, mortes. À ses côtés, le père de lord Redfox, avec sa crinière couleur acier et ses iris qui passaient du rouge le plus ardent au noir charbon, lui faisait aussi peur que son fils. Et elle ne pouvait qu'applaudir le courage qu'avait Levy de tenir tête aux deux.

Weisslogia, le père de Luxus et de Sting, consentait certaines fois à descendre de son Observatoire pour les rejoindre. Lui aussi lui avait paru très érudit, mais comme son cousin Skiadrum, il semblait… absent. Comme détaché du monde actuel.

Igneel, le dernier de la fratrie, était absent. La bleutée ne l'avait jamais vu : il était actuellement en train de régler des conflits avec des marchands au niveau du Cercle extérieur. D'après ce qu'elle avait retenu de ces longs moments de gêne, où personne ne parlait et mangeait du bout des lèvres, elle savait qu'il ressemblait un peu à Erik, à qui il manquait beaucoup, comme son petit frère d'ailleurs. Le fiancé de Kinana leur avait confié, avec un sourire un peu triste et évitant d'élever la voix pour ne pas irriter son grand-oncle, que « l'affaire Natsu » mettait toujours dans une colère noire, que son frère avait beau être un incorrigible crétin, ils étaient malgré tout très proches. La fuite du jeune Héritier l'avait énormément affecté.

Mais Yukino ne participait plus aux repas, comme Ayria, d'ailleurs. La jeune femme, parce que la salle à souper était grande et surtout loin de sa chambre, et qu'un simple aller-retour la vidait de ses forces, surtout pour devoir subir les regards foudroyants de son futur époux et miss Vermillion, à cause d'un incident qui s'était produit le troisième jour, juste la veille du départ de Terence et de lord Dreyar.

La bleutée renversa la tête en arrière dans son fauteuil d'extérieur en rotin, le corps las et l'esprit fatigué. Sa maladie l'épuisait tant que respirer, parfois, la faisait souffrir.

« L'incident » avait eu lieu lors du troisième repas qu'ils prenaient ensemble. Ayria était en train de servir les plats : pour une raison ou une autre, elle n'était pas acceptée à la table. Elle faisait le service, habillée du même uniforme que Lavinia. Au début, cela avait indigné les jeunes filles, mais le manque de réaction de Terence et le sourire rassurant de leur chaperon et amie les avaient amenées à se taire. Ensuite, elles lui avaient bruyamment demandé des explications, mais Ayria était restée muette.

La blonde servait donc la soupe, reposant précautionneusement les bols sur leurs assiettes en porcelaine. Elle s'était ensuite approchée d'Acnologia, et tout s'était bien passé, jusqu'à ce qu'elle renverse la moitié du potage sur la nappe immaculée et la chemise du régent.

Hébétée, Ayria fixait la tache, ne comprenant pas comment elle avait pu en mettre à côté. Elle n'avait pourtant pas bougé… Puis elle avait relevé le regard jusqu'au royal Dragon et son cœur avait arrêté de battre l'espace d'un instant.

Acnologia avait un sourire mauvais. Très mauvais. Qui disparut dans la seconde, laissant place à une expression furibonde. Il avait hurlé, libérant sa rage, déchaînant ses foudres sur la pauvre Ayria à genoux, la traitant de moins-que-rien, de moins-que-femme et lui demandant à quoi elle servait, si elle ne pouvait pas même servir une satanée soupe. La jeune héritière de la maison Vermillion avait tremblé, incrédule face à ces reproches injustifiés qui pleuvaient sur elle, et puis le clou de la performance était arrivée.

Le Roi Dragon l'avait saisie par les cheveux, et lui avait plongé la tête dans le bol.

Les Fioriennes avaient bondi, tandis que Terence voyait rouge. Il s'était précipité pour faire payer au roi l'affront fait à sa sœur, quand un mot d'elle et la main de Yukino sur son bras l'avait stoppé net.

- Arrête !

Le cri d'Ayria les avait tous figés. Elle s'était redressée lentement, dégoulinante de soupe et avait toisé longuement le régent. Puis elle avait saisi délicatement entre le pouce et l'index, comme le ferait une vraie lady, la propre serviette d'Acnologia et s'était essuyée le visage et les cheveux avec. Et elle avait lâché la serviette dans le bol, puis tourné les talons.

Les jeunes femmes s'étaient rassises, prudemment. Le Roi semblait satisfait de sa petite prestation, jusqu'à ce que la voix vibrante de colère de Grandine ne le fasse relever la tête.

- Tu es très content de toi, n'est-ce pas ?

- Oh, tais-toi, femme, gronda-t-il.

Le reste du repas s'était passé dans une atmosphère électrique, pendant que Terence et l'Ange Séraphique foudroyaient tour à tour du regard le souverain nonchalant, qui poursuivait son dîner comme si rien ne s'était passé.

Après l'incident, les jeunes filles étaient allées voir leur amie ensemble. Mais sa porte était close, et fermée à clef.

.

La bleutée, perdue dans ses pensées, se rappela du visage grave de Terence qui les avait convoquées cette nuit-là au salon. Il les avait fait asseoir, puis avait lâché, tout le corps crispé :

- Il faut… que je vous dise quelque chose, misses.

Les Choisies avaient attendu la suite de son discours, fébriles.

- Vous… vous connaissez l'importance qu'accordent les Dragons, et la population du Nord plus globalement, à la fécondité et à ce rôle de maternité qu'ils jugent primordial chez la femme. (À ces mots, Yukino avait vu Levy serrer les poings de rage contenue). Pour eux, une femme est censée perpétuer le sang de la lignée : bien sûr, d'autres droits lui sont accordés, et la femme participe autant à la chasse que l'homme, mais l'enfantement est leur principale « fonction ». Mais, voilà le problème : les habitants du Pôle ont la fâcheuse tendance à mépriser, et rabaisser, les femmes ne pouvant pas procréer. Les femmes stériles. Souvent, on les considère comme inutiles : il y eut même une époque où… où on s'en débarrassait.

- Or, avait-il poursuivi, les yeux rivés sur ses gants blancs, Ayria est… stérile.

Les jeunes femmes s'étaient concertées du regard, incrédules et surprises.

- Elle l'est devenue à l'issue de son premier mariage. Elle a fait une fausse couche : mais l'accouchement, en plus de s'être très mal déroulé et d'avoir donné naissance à un bébé mort, l'a privée de la capacité de se reproduire, et ce, à tout jamais. Cette histoire a fait beaucoup jaser. Pensez donc, l'héritière choyée de la maison souveraine de Fiore, incapable de concevoir ! Son époux a brisé leur union, et jamais un autre homme n'a voulu d'elle. Elle a été longuement moquée, alors que la culture de la natalité n'est même pas réellement en vogue de par chez nous.

- Alors pensez, s'était-il enflammé, à cette histoire colportée par-delà les Arches, jusqu'ici, où une femme n'est femme que si elle peut mettre au monde ! Quand le Roi Dragon a su qu'elle nous accompagnait, il a sans doute décidé de nous mettre à l'épreuve en testant notre sang-froid. Et ce soir… j'ai lamentablement échoué. Si Ayria n'avait pas été aussi lucide, j'aurais provoqué un incident diplomatique et Oba-san ne me l'aurait jamais pardonné. En plus de son réel mépris envers ma sœur, Acnologia devait sans doute aussi mesurer l'influence et tout le pouvoir qu'il a sur nous. Je pense qu'il a désormais une idée très claire de son emprise… je suis désolée. Je vous présente toutes mes excuses.

Embarrassées, les jeunes femmes n'avaient su quoi répondre, jusqu'à ce que Lisanna lâche, un peu amère :

- Pourquoi ne pas nous en avoir parlé plus tôt ? Nous aurions été averties. Et, dans le zeppelin, vous aviez dit qu'Ayria voulait devenir vestale. Était-ce un autre mensonge ou la vérité ?

- Je ne pouvais pas. C'était à ma sœur de décider si oui ou non elle souhaitait vous le confier. Ayria a terriblement honte de sa stérilité : et j'ai eu beau tenter de la convaincre que vous ne la jugeriez pas, elle s'est entêtée. Quand à son souhait de prendre le voile, c'est la pure vérité. Elle voulait le devenir après le voyage jusqu'ici et l'année rituelle qui sépare les fiançailles du mariage. Sur ce point, nous ne vous avez pas menti.

- Et j'ai bien l'impression que c'est le seul, avait marmonné la blanche, avant de les quitter, rapidement suivie par les autres filles.

Seule la bleutée était restée, pour que Terence l'aide à rejoindre sa chambre.

.

Elle se réveilla brusquement. Oh… elle s'était assoupie. Elle jeta un regard circulaire autour d'elle : rien n'avait changé. Les feuilles des arbres du parc intérieur bruissaient toujours sous la brise, et le soleil froid et pâle du Nord réchauffait un peu son corps engourdi par la maladie.

Ils étaient à la belle saison. Dans quelques mois, le temps fraîchirait et l'hiver s'installerait, pour six lunes. Six lunes ! Six fois trente jours à devoir subir l'absence de Rogue, la haine féroce de Sting et la douleur de ses côtés à chacune de ses inspirations sifflantes.

Elle se laissa aller à nouveau dans la chaise, fatiguée. Aurait-elle seulement le courage, et l'envie, d'aller jusqu'au bout de ces six mois ? L'air lui paraissait si froid même en été… elle n'osait imaginer quelle température y allait-il avoir en hiver.

x x

x x

Elle. Fiancée à son cousin, son frère, son double, son jumeau.

Non. Non, ce n'était pas possible. Il savait depuis le début qu'elle n'était pas pour lui. Mais qu'est-ce que ça faisait mal quand ce fait, acide, concret, le frappait en pleine figure.

Le pire, c'était qu'il connaissait bien son ami. Sting était égoïste. Passablement méprisant quand il s'y mettait, et prompt à rejeter la faute sur le dos des autres. Il avait souvent tenté de corriger ses travers, le plus souvent avec un bon coup de poing, mais le fils du Lys restait le même. Insupportablement énervant. Et surtout, très, très dangereux quand il était en colère.

Elle en verrait de toutes les couleurs avec lui, Rogue le savait. Sting lui ferait payer cher leur union forcée. Ce n'était de la faute ni de l'un, ni de l'autre, le Dragon blond le savait, mais il s'en moquerait.

Il pressa ses poings contre ses paupières lourdes. Il dormait mal en ce moment, encore plus qu'à l'accoutumée. Sa tête lui faisait mal. Ses vieilles migraines semblaient avoir resurgi. Comme s'il avait besoin de ça.

Il se redressa. Il était déterminé à se ressaisir. Lors de ces deux semaines à bord du zeppelin, il s'était laissé aller. Il n'aurait pas dû. Elle s'était trop rapprochée de lui, et lui tenait encore plus qu'à elle qu'avant. Elle avait réussi à abattre ses défenses à une vitesse surprenante, et maintenant, ses sentiments reprenant le dessus, ça faisait mal. Bordel, qu'est-ce que ça faisait mal.

Il devait se calmer. S'éloigner. Remettre en place ses barrières, se blinder contre toute sentimentalité éventuelle. Il ne voulait plus avoir mal.

Son attirance n'apporterait rien de bon, à aucun d'eux trois. Oui, car Sting était impliqué aussi, maintenant. Il devait l'oublier, la rejeter. Oui. C'était ce qu'il fallait faire. C'était la meilleure, et unique, possibilité.

Alors pourquoi avait-il la sensation de ce froid dans la poitrine, qui le congelait peu à peu comme le sort de glace absolue ?


Pfiou ? Alors ? ça vous a plu ? ;p

Pourquoi ai-je posté plus tôt ? Tout simplement parce que mercredi prochain, je ne pourrais pas mettre en ligne, je serais en voyage scolaire ^^ Et je trouvais irrespectueux pour vous de vous laisser encore une semaine sans rien, alors j'ai mis le turbo et tada ! un nouveau chapitre tout frais tout neuf !

J'ai adoré l'écrire du point de vue de Lisanna, ce qui ne m'était encore jamais arrivé !

J'ai modifié un peu les pouvoirs que les gens ont dans le manga : Bixrow peut aussi manipuler les humains et l'Animal Soul de Lisanna est complète. Mais bref ^^

Un dux bellorum c'est le chef des armées à l'époque romaine (Astérix, tout ça... ;))

Donc voilà ! beaucoup de blabla très condensé dans ce chapitre parce qu'il fallait expliquer plein de choses, alors... j'espère que ça fait pas trop mal aux yeux !

Réponse aux RA :

firecat : Ouais, mais je trouve ça plus respectueux pour vous les lecteurs de poster régulièrement ^^' ce que je n'arrive toujours pas à faire

ça arrivera t'inquiète t'inquiète ;) OUI ! je ne le répéterais jamais assez, mais mon UA est librement inspiré de La Passe-miroir ! J'ai remanié certaines choses à ma sauce, mais tu as parfaitement raison !

la même visiteuse que d'habitude : éwui ! Tu as raison, ça m'encourage vachement ! T'as vu comme j'ai posté vite ! XD / CAAFAR c'est pas mal XD (les box sont des bébêtes nuisibles. Je l'affirme et le maintiens !) / Merci :3 oui, je sais... (mais si ça se trouve je le suis, nyaha ! *w*) Oui ! j'ai réussi à faire une Lucy badass ! / J'adore placer des références au manga *-* ça fait des rapprochements intéressants ! / Gajeel, c'est un psychopathe de nature XD (je l'affirme et le maintiens !) mais c'est ça qu'on aime chez lui ! (GAVYYYY) / Hé non... alors, tu as deviné le pairing Lisanna X ... ? ;p (qui voit Natsu en couple sérieux ? il est trop mignon m-m-mais... c'est tout !) / Oui oui ! il s'écrit ! il s'écrit ! Et tout arrivera bien vite ! (enfin... je sais pas. :tousse:) OUI JE LE SUIS MUAHGAGAHAA / Ouuf, j'suis soulagée !

Ouais ! (mais si c'était constructif...) (enfin, surtout délirif en fait. Mais c'est bien aussi ! XD) Babaï ! :cœur avec les doigts:

AU REVOIR ! (je sais pas dire au revoir en hindi et mon Google Traduction ne marche pas ! Heeeeelp !)