Un grand merci à fanOUAT, Athena Skywriter, louloumpu, Julia-CS, Swan2015 et Guest pour les reviews! :D
Ce chapitre est beaucoup plus doux, et Emma et Killian vont enfin pouvoir discuter de leurs sentiments! Enjoy! :)
Mes pas me menèrent jusqu'à proximité de la plage, et je m'écroulai pratiquement sur un muret, laissant mes pieds pendre dans le vide, les yeux perdus vers l'horizon. L'air de la mer avait toujours eu pour effet de me calmer, le bruit des vagues s'écrasant sur le sable m'apaisait et je pouvais regarder le va-et-vient de l'océan pendant des heures. Killian m'emmenait parfois ici, lorsque j'étais inquiète ou triste. Quand nous nous disputions, c'était souvent notre lieu de rendez-vous lorsque nous étions prêts à nous réconcilier. Je pris une grande inspiration, emplissant mes poumons d'iode, écoutant le son régulier de la mer tout en essayant de me calmer alors que j'avais envie de me mettre à pleurer.
La réaction de Liam m'avait tellement blessée. Parce que je l'aimais et que, même s'il n'avait sûrement pas mesuré la portée de ses paroles, elles m'avaient fait beaucoup de mal. Surtout, j'avais l'impression d'être une bonne à rien. Leia me rejetait, Liam me disait qu'il me détestait, et je ne pouvais m'en vouloir qu'à moi-même. Je devais être une mauvaise mère. Il n'y avait pas d'autre explication possible aux comportements de mes enfants. J'avais l'impression que tout s'effondrait autour de moi, et j'aurais voulu me rouler en boule sur le sol et dormir pour l'éternité pour échapper à tout ça.
Je m'en voulais aussi d'avoir fui de la sorte. Je m'étais comportée comme une gamine, encore une fois. L'attitude raisonnable aurait été de retrouver mon calme, de m'accroupir devant mon fils et de lui expliquer d'un ton posé mais ferme qu'il ne pouvait pas dire des choses pareilles et qu'il allait être puni. Mais non, encore une fois, j'avais essayé d'échapper à mes responsabilité. J'étais vraiment une parfaite idiote. Je n'aurais pas dû m'étonner qu'il avoue me détester.
Rien ne semblait aller pour le moment, et j'étais complètement désemparée. Malgré ce que Killian m'assurait, ce n'était pas étonnant qu'il apprécie autant la compagnie de Jasmine. Elle semblait équilibrée, elle, ce qui était loin d'être mon cas. J'étais complètement instable émotionnellement, je n'arrivais pas à faire face à tout ce qui me tombait dessus. Et je me haïssais pour être incapable d'agir en adulte responsable.
Dans des moments pareils, mes blessures passées resurgissaient avec une violence impressionnante. J'avais l'impression que tout le monde allait toujours finir par me laisser. Et que j'étais la seule coupable. Il devait bien y avoir une raison rationnelle à ces abandons répétés. C'était parce que j'étais insupportable, irresponsable, et que personne ne pouvait me supporter plus de quelques années d'affilée. La sensation était horrible, car je vivais réellement le comportement de Killian comme un abandon. Et il était le seul qui était censé de jamais me laisser.
Je ne savais pas ce que je faisais là. Je ne savais pas ce que j'attendais. Mais je ne savais pas non plus où aller d'autre. Chez Granny, j'allais sûrement croiser Jasmine, Aladdin ou Salim, et je ne me sentais pas capable de supporter leur présence pour l'instant. Chez mes parents, j'allais devoir répondre à toutes sortes de questions auxquelles je n'avais pas envie de faire face. Au commissariat, j'allais juste réussir à me rappeler à mon incompétence. « La Sauveuse », qu'ils m'appelaient. Ils avaient bien tort. A part tout détruire autour de moi, je ne savais rien faire d'autre. La preuve, tout le monde finissait toujours par mourir ou souffrir, par ma faute. Peut-être aurais-je dû rester seule, dans mon appartement à Boston. J'étais malheureuse, certes, mais au moins je ne faisais de mal à personne.
Je ne savais plus quoi faire de moi-même. En voyant l'eau s'écraser sur la plage, j'eus la soudaine et folle envie de plonger dedans toute habillée. De disparaître pendant quelques instants dans cette immensité bleue. De me sentir insignifiante, rien que pour quelques minutes, d'oublier mes problèmes. Mais ce n'était pas une solution. Alors je ramenai mes jambes sur ma poitrine, plongeai la tête dans mes genoux, et me mis à pleurer. J'avais besoin de sangloter, d'évacuer toute cette douleur. Les secrets de Killian, ma peur de le perdre, les paroles de Liam, la distance de Leia, tout ça se transformait en petites perles salées, qui dévalaient mon visage pour aller s'écraser sur mon jeans.
- Emma ?
Cela faisait déjà un moment que je pleurais lorsque j'entendis la voix de Killian retentir dans mon dos. Je compris soudainement pourquoi j'étais venue jusqu'ici : c'était notre lieu de rendez-vous. J'avais inconsciemment eu envie de voir s'il allait venir me retrouver pour me réconforter. Et il ne m'avait pas fait faux bond.
J'eus soudain honte de douter ainsi de lui, alors qu'il était toujours là pour moi. Sanglotant toujours, je tournai la tête pour lui faire face, et son visage revêtit un masque de pure tristesse lorsqu'il vit dans quel état je me trouvais. Cependant, il n'avança pas tout de suite vers moi, et je compris qu'il avait peur que je le rejette. Pour lui montrer que j'avais envie de le sentir près de moi, je tendis une main dans sa direction, et il la saisit immédiatement pour la serrer entre ses doigts.
Il passa une jambe de chaque côté du muret, et m'attira à lui pour que je pose ma tête dans le creux de son cou. Je pouvais entendre son cœur battre à une vitesse folle dans sa poitrine, comprenant qu'il était vraiment peiné par mes larmes. Il passa son bras gauche autour de mon ventre, et son bras droit vint reposer autour de mon épaule alors que ses doigts se mettaient à jouer contre ma tempe dans un va-et-vient apaisant.
Il ne dit rien dans un premier temps, se contentant de me serrer contre lui, et ça me fit du bien. J'avais besoin de le sentir près de moi, de savoir qu'il était là et qu'il n'allait pas m'abandonner. Au bout de longues minutes, grâce à sa présence et à ses caresses, je finis par me calmer. Lorsqu'il vit que mes sanglots s'étaient fait plus rares, il chuchota avec douceur :
- Je savais que tu serais ici.
- Où sont les enfants ? Demandai-je d'une voix brisée, ne désirant pas tout de suite plonger dans la conversation que nous allions très certainement partager d'ici peu.
- J'ai appelé Henry pour qu'il vienne les garder. Je voulais qu'on parle de tout ça, rien que tous les deux. J'ai eu tort ?
- Non, murmurai-je en plaçant ma main sur son bras gauche, toujours posé contre mon ventre. Je suis heureuse que tu sois venu.
Il ne répondit rien, attendant que je sois prête à lui dire ce que j'avais sur le cœur. Il se contenta de m'embrasser tendrement sur la tempe, continuant à me caresser les cheveux pour m'apaiser. Au bout de quelques secondes de silence seulement entrecoupé par les bruits de l'océan, je finis par prendre une grande inspiration pour demander :
- Tu crois que je suis une mauvaise mère ?
Je savais qu'il n'allait jamais répondre par l'affirmative à cette question. Il était beaucoup trop doux pour ça, et il me respectait trop pour prononcer des mots aussi durs. Mais mon instinct me permettait aussi de dire lorsque quelqu'un me mentait, et je savais que je serais capable de déceler la vérité dans sa réaction. Il réagit au quart de tour :
- Quoi ?! Swan, bien sûr que non ! Tu es la meilleure mère que je connaisse !
Je tournai légèrement la tête vers lui pour rencontrer son regard, et vis dans ses yeux bleus qu'il ne me mentait pas. Je poussai un petit soupir de soulagement, et replaçai ma tête dans le creux de son cou, ma main agrippant toujours son bras gauche comme si j'avais peur qu'il finisse par disparaître.
- Qu'est-ce qui te fais dire ça ? Ajouta-t-il à voix plus basse, semblant peiné par ma question.
- J'ai abandonné Henry. Leia ne veut pas m'approcher. Et Liam vient de me dire qu'il me détestait. Je pense que ce sont de bonne preuves, tu ne crois pas ?
- Tu as abandonné Henry parce que tu voulais lui offrir sa meilleure chance, contra-t-il. Et Liam a dit ça sous le coup de la colère. Il avait vraiment l'air de s'en vouloir lorsqu'il t'as vue partir, tu sais.
- Et Leia ? Demandai-je, comme si je voulais me faire plus de mal en amenant sur le tapis les preuves de mon incompétence. Pourquoi me fuit-elle comme ça si je suis si douée, hein ?
- Pour Leia, c'est plus compliqué, répondit-il après une brève pause, comme s'il voulait prendre le temps de peser ses mots. Je ne comprends pas pourquoi elle met autant de distance entre vous. Mais Emma, elle t'aime. Tu ne le vois peut-être pas, mais c'est évident. Elle essaye d'être comme toi. Les gestes qu'elle fait, les mots qu'elle utilise, elle t'imite comme un modèle. Si ça ce n'est pas une preuve d'amour…
- Tu le penses vraiment ou tu dis seulement ça pour me remonter le moral ? Demandai-je en reniflant discrètement.
- Je le pense, love, sinon je ne le dirais pas. Et puis, j'ai moi aussi du mal à comprendre ce qui se passe dans la tête de Leia, parfois. Rassure-toi, tu n'es pas la seule. Elle a un caractère bien trempé, cette petite. Elle a repris de toi, ajouta-t-il pour me tirer un sourire.
- De nous deux, corrigeai-je, ce qui le fit rire doucement.
Il garda le silence pendant quelques instants, et je sentis que la conversation était loin d'être terminée. J'avais envie de parler de mes sentiments par rapport à Jasmine, d'enfin avouer tout ce que j'avais sur le cœur à mon mari, mais je ne savais pas par quoi commencer. Encore une fois, ce fut lui qui reprit la parole, avec un calme à tout épreuve :
- Tu veux bien parler de ce qui s'est passé hier ?
Je soupirai, hochai lentement la tête et me détachai de lui pour le regarder dans les yeux. Il enleva son bras droit de mes épaules pour enlacer ses doigts aux miens et, de ma main libre, j'essuyai les larmes qui mouillaient toujours mon visage. J'essayai dans un premier temps de trouver les mots justes pour expliquer ce que je ressentais, mais je renonçai vite à ces idées. Je n'avais jamais été douée pour parler de mes sentiments. Le mieux était d'y aller à l'instinct, et je me lançai donc après avoir pris une grande inspiration :
- Tu sais déjà un peu près pourquoi j'ai bu hier, mais je vais t'expliquer exactement le pourquoi du comment. Je sais que ça n'excuse pas mon comportement, mais ça t'aidera peut-être à comprendre. Je t'ai vu aller retrouver Jasmine, et c'était déjà un coup dur pour moi. La raison pour laquelle je suis si triste ces derniers temps, c'est parce que j'ai l'impression que tu t'éloignes de moi pour te rapprocher d'elle. Et oui, comme une idiote, ma seule réaction a été de m'éloigner à mon tour pour éviter d'être blessée. Ça n'a pas vraiment marché, on peut en convenir.
Il pressa un peu mes doigts entre les siens, comme pour m'encourager à continuer. Je lui souris vaguement et repris très vite la parole :
- Et puis je t'ai vu avec un bras autour de ses épaules. Et tu m'ignorais complètement, c'était comme si je n'existais plus. Alors j'ai juste voulu oublier pendant un instant, parce que j'en avais assez d'être aussi triste. Et j'essayais de me résonner, de me dire que tu m'aimais…
- Mais je t'aime ! Me coupa-t-il avec véhémence, ce qui me fit sourire de nouveau faiblement.
- Je sais. C'est juste que j'ai vécu ça comme un abandon. Et la seule solution que j'ai trouvé, c'est de fuir. Encore une fois.
Je m'arrêtai de parler, et le regardai dans les yeux pour observer sa réaction. Il avait l'air peiné par mes révélations, mais pas particulièrement surpris. Enfin, au bout de quelques secondes, il finit par recommencer à parler d'une voix douce :
- Mais enfin, Emma, pourquoi penses-tu que je préfère Jasmine à toi ? Tu es la femme de ma vie, je te l'ai répété des milliers de fois.
- A cause de tous les secrets que tu fais, avouai-je en me mordillant la lèvre inférieure, espérant que ça n'allait pas le mettre en colère et provoquer une nouvelle dispute. Je me dis que si tu ne veux pas ma parler de ce qui se passe réellement, c'est parce qu'il y a quelque chose entre vous…
- Il n'y a jamais rien eu entre Jasmine et moi, Swan, je te le promets, m'assura-t-il en serrant encore un peu plus fort ma main dans la sienne pour accentuer ses paroles. En tous cas, je n'ai jamais rien ressenti d'autre pour elle que de l'amitié. C'est vrai qu'à l'époque, j'avais l'air de lui plaire, mais elle est mariée, maintenant. Elle aime Aladdin. Tu ne dois pas t'en faire pour ça, je te le jure.
Je soupirai discrètement, constatant avec désespoir qu'il n'avait toujours pas l'air décidé à me faire part de ce qui les liait, mais je n'insistai pas. Après tout, c'était sa vie. Je n'avais pas le droit de m'immiscer dedans de la sorte.
- Ce n'est pas tout, dis-je alors, bien décidée à tout lui avouer. Je me rends aussi compte qu'elle est probablement bien plus équilibrée que moi. Regarde-moi. Je suis méfiante, pleine de contradictions. Quand je me sens mal, je peux être vraiment insupportable. C'est plus fort que moi, et tu ne peux pas savoir à quel point je me déteste pour ça.
- Emma ! S'exclama-t-il avec force, comme pour mieux capter mon attention. Tu ne comprends donc pas que je t'aime dans ton entièreté ? Pas juste tes bons côtés, mais aussi tes défauts ? Tu ne comprends pas que toutes tes petites imperfections, moi, je les trouve parfaites ? Je t'ai choisi toi, avec tes qualités et tes défauts, tes doutes et tes peurs, tes sourires et tes larmes. Je ne suis pas là que pour les bons moments, tu sais. Je suis là pour te soutenir, quoi qu'il arrive. Il ne faut plus que tu t'enfermes dans des murs de tristesse comme ça. Je suis là, je serais toujours là, et je ne t'abandonnerai pas. C'est promis.
Je le regardai avec intensité pendant quelques secondes, émue par son discours. Il avait bougé sa main pour la poser sur ma joue, et je soulevai la mienne pour enlacer ses doigts aux miens. Je me demandai un instant comment j'avais pu douter de cet homme. Il m'aimait, plus que personne ne m'avait certainement jamais aimée. Je ne devais plus jamais en douter.
Au bout d'un moment, ne sachant pas quoi répondre à sa déclaration, j'approchai mon visage du sien pour poser mon front tout contre le sien. Nous nous regardâmes dans les yeux pendants quelques secondes, en silence, puis il finit par sourire légèrement et demanda avec sincérité :
- Est-ce que tu veux que j'arrête de voir Jasmine ?
- Killian...protestai-je faiblement, ne voulant pas l'empêcher de faire quoi que ce soit à cause de mes peurs. Je ne veux pas être ce genre de femme.
- C'est une vraie question, Em'. Je respecterai ton choix. Est-ce que tu veux que j'arrête de la voir ? Répéta-t-il avec douceur.
Je réfléchis pendant quelques secondes. Je voulais tellement lui faire confiance, mais il était vrai que je me sentirais tellement mieux s'il ne voyait plus la jeune femme. J'aurais alors l'impression que tout serait rentré dans l'ordre, et je savais que je pourrais retomber sur mes pattes. Et puis il avait l'air sincère. Il voulait vraiment que je me sente mieux, il ne proposait pas cette alternative en espérant secrètement que je dise non. Alors je décidai de ne plus mentir, et finis par hocher lentement la tête, mon front toujours posé contre le mien.
Il sourit plus largement, semblant heureux que je sois enfin sincère avec lui. Puis il avança son visage pour briser la distance qui nous séparait et m'embrasser longuement sur les lèvres.
Nous restâmes quelques minutes à échanger des baisers sur le muret. Je me sentais beaucoup mieux, maintenant que j'avais parlé avec lui. C'était comme si le poids qui pesait sur mes épaules depuis l'arrivée de Jasmine venait de s'enlever d'un seul coup au contact de mon mari. Tout allait redevenir comme avant. Plus de mensonges, plus de secrets, plus de doutes. Il m'aimait. Je devais lui faire confiance.
Il finit par se détacher de moi, et reprit ma main dans la sienne avant de dire avec un petit sourire :
- On va arranger tout ça avec Liam, maintenant ?
Je hochai la tête et lui souris à mon tour. J'étais prête, prête à agir comme une adulte. Alors je me levai et, main dans la main, nous nous dirigeâmes vers notre maison, nos épaules se touchant presque, comme si nous refusions d'être séparés.
- Liam, je peux entrer ?
Je frappai trois coups à la porte de la chambre de mon petit garçon, et l'ouvris sans vraiment attendre de réponse. Killian m'avait informé qu'il se trouvait dans la pièce depuis mon départ, en guise de punition pour ce qu'il avait fait et dit. J'avais eu besoin de plusieurs minutes afin de rassembler le courage nécessaire pour aller m'expliquer avec mon fils. Ça ne pouvait pas être si compliqué que ça, après tout. Il avait quatre ans et demi, et j'étais sa maman. Et même si je n'avais jamais vraiment puni un enfant, il allait bien falloir que je commence un jour.
Mon fils était assis sur son lit, semblant s'ennuyer ferme, et tourna la tête dans ma direction lorsqu'il me vit rentrer. Il afficha immédiatement un air penaud et baissa les yeux sur le sol alors que je m'avançai vers lui d'un pas un peu incertain. Je redressai les épaules, essayant de me donner un air assuré pour ne pas lui montrer que je n'avais aucune idée de ce que je faisais. Puis je m'assis sur le lit, à côté de lui, et décidai une nouvelle fois de ne pas trop réfléchir et de faire confiance à mon instinct. Après tout, ça avait plutôt bien marché pour ma conversation avec Killian.
- Liam, regarde-moi, commençai-je donc d'une voix calme, mais ferme.
Mon fils leva ses beaux yeux verts vers moi, et me fixa avec une moue attristée. Il semblait vouloir m'amadouer, mais il avait aussi l'air sincèrement touché par la tournure qu'avait pris la situation. Je continuai avec une assurance de façade :
- D'abord, je te demande pardon pour avoir crié comme ça tout à l'heure, et pour être partie. Je n'aurais pas dû faire ça. Mais j'ai eu très peur. Tu as failli faire beaucoup de mal à ta petite sœur en me désobéissant. Et je ne vais pas te mentir, tu m'as aussi fait beaucoup de peine en me disant ce que tu m'as dit. Alors je ne reviens pas sur ma décision : tu vas être puni. Ce que tu as fait est mal, et tu ne dois plus recommencer. Compris ?
Il hocha lentement la tête, puis, comprenant que j'avais finis mon sermon, il répondit d'une petite voix timide :
- Je voulais pas faire de mal.
- Je sais que tu ne le voulais pas, Liam, mais parfois, les actions ont des conséquences. Il faut que tu apprennes que tu ne peux pas toujours faire ce que tu veux. Et, surtout, tu dois apprendre à ne pas toujours écouter Neal. Je sais qu'il est plus vieux que toi, mais quand il te dit de faire des bêtises, tu ne dois pas l'écouter. Il ne te commande pas.
- D'accord, dit-il en me regardant toujours timidement.
- Et je sais que tu ne pensais pas ce que tu m'as dit tout à l'heure, mais c'était mal, Liam. Tu ne peux pas dire des choses pareilles. Et je n'aurais pas dû agir comme ça, mais tu m'as rendue très triste. Il faut que tu le saches.
- Pardon, maman, dit-il avec sincérité en tordant ses petits doigts de nervosité.
- Comprends bien que je te punis parce que tu as fait quelque chose de mal. Mais comme c'est ta première punition, il faut aussi que tu comprennes quelque chose de très important : ce n'est certainement pas pour ça que je ne t'aime plus, d'accord ? Tu es mon petit garçon, et je t'aime de tout mon cœur. Ça ne changera jamais, quoi que qu'il arrive. N'en doute pas, c'est bien compris ?
Je lui souris pour illustrer mes paroles, et il releva un peu le menton en me rendant vaguemement mon sourire. En voyant qu'il ne savait pas vraiment quoi faire, je lui fis signe de s'approcher, et il ne se fit pas prier. Il se jeta dans mes bras en nouant ses bras autour de ma nuque, comme s'il avait vraiment eu peur que je sois fâchée. Je l'embrassai dans les cheveux en souriant, et il reprit la parole d'une petite voix mal assurée :
- Pardon, maman, je voulais pas te faire de peine. Je t'aime, tu sais.
- Je sais, bébé, répondis-je d'une voix douce, touchée par ses paroles.
Nous prolongeâmes notre câlin pendant encore quelques minutes avant que je ne me détache de lui en faisant une petite grimace. Il me répondit par un rictus, semblant comprendre que l'heure de connaître sa punition était venue, et je dis avec fermeté :
- Ça ne change rien au fait que tu vas être puni. Trois jours sans télévision, et tu restes dans ta chambre jusqu'au dîner, d'accord ?
- D'accord, répondit-il en haussant les épaules d'un air résigné. Je te promets que j'essayerai plus d'utiliser ma magie, maman.
- C'est bien, sweetheart, dis-je en l'embrassant sur le front. On te dira quand le dîner est prêt.
Il hocha la tête et je me levai du lit pour quitter le pièce. Une fois dehors, je poussai un grand soupir de soulagement, heureuse d'avoir fini cette conversation et, surtout, qu'elle se soit bien déroulée. Faire confiance à mon instinct avait été une bonne idée, après tout, parce que j'avais l'impression de m'être vraiment bien débrouillée. Liam avait eu l'air d'avoir compris ses fautes, et je me sentais beaucoup mieux.
Je descendis les escaliers d'un pas léger. J'avais partagé mes sentiments avec Killian, j'étais réconciliée avec Liam. Certes, j'avais encore des problèmes, mais je désirais voir le bon côté des choses. Et j'étais heureuse de constater que le poids qui pesait depuis des jours sur mes épaules s'était enfin envolé.
Killian m'attendait dans la cuisine. Henry était parti reconduire Neal avec Leia, ce qui nous laissait la maison a nous seuls. Lorsqu'il me vit arriver, il m'adressa un gentil sourire et me tendit une tasse de chocolat chaud agrémenté de cannelle. Je l'acceptai en le remerciant chaleureusement, et, voyant mon sourire, il commença :
- Je devine que ça s'est bien passé.
- Très bien, dis-je après avoir bus plusieurs gorgées du breuvage. Beaucoup mieux que je ne l'avais espéré.
- Je savais que tu allais bien t'en sortir.
Je souris largement devant cette déclaration, et posai la tasse sur le comptoir de la cuisine pour le serrer dans mes bras. Je n'arrivais pas à croire que j'avais vécu tant de choses en une seule journée : J'étais passée par la culpabilité, la tristesse, la détresse, et, finalement, tout rentrait dans l'ordre. A cet instant, je n'avais plus été aussi heureuse depuis des jours. Killian m'embrassa dans le cou avant de murmurer à mon oreille :
- Je suis fier de toi.
Touchée, mais ne sachant pas quoi répondre, je me contentai de le serrer encore un peu plus fort contre moi en guise de remerciement. Nous restâmes longtemps enlacés de la sorte, et lorsque je me détachai de lui, j'étouffai un long bâillement derrière ma main. Maintenant que la tension était retombée, toute la fatigue de ma nuit agitée me retombait dessus, et j'étais soudain épuisée. Killian passa ses bras autour de mes hanches et me dit avec douceur :
- Tu sais quoi ? Vas te coucher. Tu as besoin de repos. Je m'occupe de tout.
- Mais Killian… essayai-je de protester.
Même si j'avais envie d'accepter sa proposition, je ne voulais pas le laisser seul avec les enfants et les tâches ménagères. Mais il me fit taire en m'embrassant sur les lèvres, puis il continua :
- Mais rien du tout. J'insiste. Je viendrais te réveiller quand le dîner sera près.
- Tu es vraiment le meilleur, tu le sais, ça ? Dis-je avec un sourire, en déplaçant ma main pour la passer dans ses cheveux.
- Je sais, répliqua-t-il, ce qui me fit éclater de rire.
Et voilà pour aujourd'hui! tout a l'air d'être enfin rentré dans l'ordre, mais cette histoire est loin d'être terminée, j'offre juste un court répit à nos héros! :)
J'espère que vous avez aimé, et à la semaine prochaine! :)
