Auteur: Katoru87
Rating: M
Couple: moi je sais et, pour l'instant, c'est suffisant.
Genre: UA (Univers Alternatif)
Résumé: Harry est un jeune étudiant désargenté et seul qui fait de son mieux pour survivre à Londres., une ville hors de prix. Il va jusqu'à vendre la seule chose qu'il possède vraiment: son corps.
And all that music
Chapitre 11
J'ai un mauvais, très mauvais pressentiment. Je sais qu'il est un peu tard pour se poser des questions, en fait il est trop tard tout court. Depuis que je suis arrivé, je me sens mal à l'aise. Mon Red Rose contre moi, je regarde chaque voiture qui passe avec le même étonnement que Gulliver sur son île. Je ne pourrais pas aller au conservatoire cet aprés-midi, j'ai prévenu Remus et prétexté une visite chez un ami malade – c'est sa corde sensible ça, les amis malade. Je n'en joue pas d'habitude mais quand y'a pas le choix, y'a pas le choix. Si ce n'est pas aujourd'hui je devrais attendre encore et je ne peux plus.
Je suis au point de rendez-vous habituel, là où Lucius vient toujours me chercher quand je l'appelle, une ruelle de Covent Garden. Dans le bar d'en face, à travers la vitrine sale, je vois deux hommes jouer aux cartes en discutant. Un léger brouillard de fumée de cigarettes rend ce petit monde flou, grotesquement éthéré. Un peu comme un spectacle d'ombres chinoises mais en couleur. Debout sur mon bout de trottoir de béton gris, les mains dans les poches et le nez dans l'écharpe, je respire autant que possible les vapeurs d'alcool qui s'échappent par la porte, espérant me griser assez pour oublier que j'ai peur. Trop de choses diffèrent de l'habitude pour que je sois tranquille. Dans quoi je me suis fourré? Dans quel merdier?
C'est étonnant cette capacité de toujours se rendre compte de ses bourdes quand c'est trop tard. J'espère que celle-ci – car je ne doute pas que je suis en train de faire une connerie format king size – n'aura pas de conséquences aussi dures pour moi que l'histoire avec Ernie MacMillan. Si jamais je remets un jour la main sur ce connard il comprendra sa douleur en baignant dans ses tripes. Rien que penser à lui me donner envie de le frapper avec ses propres bras.
La neige tombée ces derniers jours fond lentement dans les canniveaux, formant de gros tas de glace brunâtre et glissante mélangée au feuilles à demi-décomposées des platanes – désormais nus – qui bordent la grand rue, à dix pas d'ici.
Les minutes s'écoulent et je commence à me demander qui je vais voir arriver. La voix du message que j'ai reçu hier, sur mon répondeur, pour me donner ce rendez-vous m'était parfaitement inconnue. Est-ce que ce sera Lucius, malgré tout, avec sa beauté froide et magnifique que je ne pensais jamais trouver chez un être humain? Il ressemble à la version masculine des poupées mannequins Vélane. Ou alors, est-ce que ce sera un parfait inconnu auquel on m'aurait « vendu »?
J'ai l'impression d'être revenu au soir où j'ai attendu Snape, debout dans le vent glacé de l'automne et solitaire devant la vitrine d'une boutique de lingerie fine. Sauf que ce soir, même si je porte mes grosses godasses vertes, j'ai eu la présence d'esprit de mettre un jean sans trou. C'est que ça caille quand même.
J'aimerais que ce qui m'attende soit aussi agréable que le moment que j'ai passé avec le superbe chanteur.
Je ne sais plus quand j'ai fermé les yeux, en fait, je ne me suis même pas rendu compte que je les avais fermé, mais quand je les ouvre, je me retrouve en face d'une forme noire et imposante presque collée à mon visage. Je ne tarde pas à piger que c'est un manteau. Un immense manteau long qui doit sûrement cacher un corps tout aussi imposant. Un corps qui doit être capable de m'écraser.
Un corps qui n'est pas celui de Lucius – trop grand – et l'angoisse me noue à nouveau le ventre. Je ne sais pas qui j'ai devant moi.
J'ai envie de fuir.
Je finis quand même par lever les yeux et plonge dans une mer noire, brillante comme une tâche d'encre fraîche sur une feuille de papier vierge. Ces yeux que je n'ai vu que deux fois en vrais, mais des milliers d'autres sur des affiches ou des vidéos.
Severus Snape est debout devant moi, me dominant de toute sa hauteur, beau à tomber raide. Aussi superbe que dans mes souvenirs. Mais qu'est-ce qu'il fait là?
- J'ai soudoyé Lucius pour qu'il me laisse sa place. Me dit-il avec un sourire.
Au temps pour moi, une fois de plus mes lèvres se sont déconnectées de mon cerveau sans me demander mon avis. Merci les copines!
Je n'avais pas réalisé que j'avais parlé à voix haute.
- Pourquoi?
J'ai beau me creuser les méninges – du moins, ce qu'il en reste – je ne trouve pas de question plus intelligente.
- Tu me plaîs Harry. Beaucoup même. Alors j'ai demandé à Lucius de me céder sa place de client privilégié. Je n'ai pas osé t'en parler parce-que j'avais peur que tu te mettes en colère. Après tout, tu as le droit de décider avec qui tu veux coucher, même si c'est pour de l'argent, et nous avons pris une décision te concernant sans ta permission.
- Vous savez que vous venez de m'empêcher de râler là?
- Tant mieux. Fait-il en riant. J'espère que tu ne m'en voudras pas. Et à Lucius non plus, je ne lui ai pas laissé le choix. La dernière fois m'a beaucoup plu et j'aimerais recommencer. Tu as un corps magnifique.
Je rougis mais ça pince, quelque part dans ma poitrine. J'avais espéré qu'il veuille me voir moi, mais en fait, il veut juste s'envoyer en l'air sans prise de tête. Juste du sexe. Et bien sûr, j'ai un corps qui lui plaît, il est « à vendre », donc il se fait client et moi putain.
Tant pis. Je savais à quoi m'en tenir la première fois que j'ai dit oui à Lucius.
J'espère juste qu'il sera un peu plus salaud que la dernière fois. Il me plaît trop.
Il ne faut pas que je tombe amoureux.
Tout sauf ça.
Déjà qu'avec Draco c'est mort avant même d'avoir commencé, si lui s'y met je ne sais pas comment je vais me démmerder.
- Je sais que je suis magnifique!
Un peu de modestie de temps en temps, y'a que ça de vrai.
De même qu'un peu d'auto-persuasion, parce-que mon compteur « confiance-en-soi » frise le zéro depuis pas mal d'années.
- Et où va-t-on?
- D'abord, je t'emmène déjeuner. Ensuite, c'est une surprise.
Oh non, oh non, oh non!
Le connaissant, je vais adorer cette surprise et mon coeur d'artichaud va fondre.
Il me prend par le bras et me guide vers une grosse Mercedes noire rutilante de propreté. Il l'a fait laver ce matin ou quoi? Pendant qu'il s'installe au volant, je regarde une dernière fois le bar qui me paraît presque réconfortant.
À travers la vitrine, je vois une femme d'environ quarante ans s'installer au piano et, l'espace d'une seconde alors qu'un client sort de la salle enfumée, je l'entends jouer une très vieille chanson américaine que je n'avais plus entendu depuis des années: « l'homme de la lune » (1).
o0O0o
Il m'emmène dans le même petit restaurant que la dernière fois et, en farouche partisan de la cuisine diététique, je commande des oeufs mayonnaises, un steak saignant planqué sous ma sempiternelle montagne de frites et une grosse part de tarte au chocolat sous un Himalaya de crème anglaise.
Surveiller sa ligne ça a du bon quand même.
J'espère qu'avec ça je vais me remplumer un peu parce-que j'en ai marre d'être aussi mince. Je n'ose pas imaginer combien de filles m'étriperaient si elles pouvaient lire dans mes pensées mais à vrai dire, je m'en fous un peu.
De toute façon, elles peuvent pas!
En face de moi, Snape mange ses haricots tout en me piquant des frites quand il croit que je ne le vois pas. C'est injuste, c'est pas en lui piquant un de ces machins verts que je vais le punir de cet outrage. Du coup, quand son dessert arrive, je plante ma fourchette dans sa tarte au fromage et lui en pique un gros morceau.
C'est bon, putain!
- Faut pas te gêner surtout. Me grogne-t-il, une lueur amusée dans ses yeux noirs.
- Je me venge pour les frites.
- Touché.
- Et puisque j'ai votre accord...
Ma fourchette fond sur son assiette mais il m'a vu venir avec mes gros sabots verts et il l'a retiré, du coup, je pique dans le vide.
- Maieuh!
- Je ne m'attendais pas à devoir défendre mon assiette.
- C'est toujours plus facile que de défendre sa vertue!
- Bien dit!
J'attaque enfin mon gâteau et je fonds tellement c'est bon. La croûte est légèrement croustillante et l'intérieur est tellement moelleux que je dormirais bien sur un matelas fait en gâteau au chocolat. La crème remplace le lait et contribue à l'onctuosité en évitant le côté sec. Un délice.
Quand j'étais ado et que les rares personnes au courant de mon homosexualité me demandaient « si tu avais le choix entre un Severus Snape (déjà mon idole à cette époque je le rappelle!) nu et un gâteau tu choisirais quoi? »
À l'époque, je répondais que je voulais le mec, quitte à crever de faim.
Je ne suis plus si sûr de moi maintenant.
Mon violon repose sagement entre mes pieds.
Une cuillère entre dans mon champ de vision et je retire mon assiette pour éviter ce qui me semble être une attaque aérienne imminente.
On ne pique pas la bouffe d'Harry Potter deux fois!
De son côté de la table, Snape éclate de rire.
- Je voulais juste goûter la crème anglaise. Argumente-t-il en souriant.
- D'accord, mais une cuillérée et faite gaffe je vous ai à l'oeil.
- Tutoie-moi, ce...
- Je préfère conserver une certaine distance.
Il sourit, un peu tristement peut-être, et se reconcentre sur son dessert sans toucher à ma crème. J'ai le coeur qui bat à cent à l'heure, si fort que j'ai l'impression qu'il va sortir de ma poitrine et me laisser derrière pour se taper un petit marathon. On devient complice, on se rapproche au point de piquer dans l'assiette de l'autre mais le fait de le vouvoyer m'aide à me souvenir que je suis une décoration. Enfin, pas vraiment, plutôt un escort.
Toujours est-il qu'on est pas amants et qu'à moins de ça, je ne le tutoierai pas. Même si on devient « amis », c'est non. Les faux espoirs j'ai donné.
On finit de manger et il me bande les yeux. Il ne veut pas que je vois ma surprise.
o0O0o
Je ne sais pas où nous sommes. Le bandeau est tellement opaque et tellement couvrant que je ne vois même pas sur les côtés. En plus, pour être sûr que je ne me cogne pas, Snape me porte. C'est embarassant mais je suis tellement excité que je pense que je ne pourrais pas tenir debout. Il monte des escaliers, je le sens, comme cette odeur qui flotte dans l'air. Une odeur de bois, de cire d'abeille et de papier à musique.
Où est-ce que nous sommes c'est un mystère. Je n'entends pas un bruit et j'en viens à croire qu'il m'a aussi mis du coton dans les oreilles. Comment? C'est un mystère, mais bon, on verra bien.
Il s'arrête de monter et avance. Quelques minutes plus tard, il m'installe dans ce qui ressemble à un de ces fauteuils qu'on trouve dans les théâtres et quand il m'enlève mon bandeau, je constate que j'ai vu juste. Je suis au Queen Elizabeth Hall, une prestigieuse salle de concert de musique classique où je n'ai mis les pieds qu'une fois dans ma vie et c'était pour demander mon chemin au portier. Je venais de débarquer à Londres à l'époque.
Et devant moi, il y a tous les musiciens d'un orchestre symphonique, prêts à jouer. Les derniers retardataires finissent d'accorder leurs instruments. Tom Riddle est au premier rang, Red Rose en main. Il est vraiment superbe. Et là, je me souviens que c'est ici qu'aura lieu le prochain récital de Snape, dans deux semaines. Et il m'offre le privilège d'assister à l'une de leur répétition, en présence – en plus de la sienne – du plus grand violoniste du siècle.
C'est une magnifique surprise qu'il vient de me faire.
Même si je ne devrais pas le penser, parce-que ça chauffe ma poitrine et c'est justement l'effet à éviter.
Tout le monde se tait. Je ne sais pas ce que Snape a raconté pour justifier ma présence, toujours est-il qu'être au troisième rang ne me plaît pas. Je me lève, mon violon dans les bras, et je vais au premier rang, sous le regard amusé de toute la salle. Ils ont très bien compris que je suis ravi.
M'en fous, un jour, je jouerai avec eux!
- Je vous présente Harry Potter. Dit simplement Snape.
J'ai droit à un salut collectif et il ne dit rien de plus. Visiblement, personne n'est gêné par ma présence alors je me mets à l'aise. Les yeux rivés sur Riddle et Snape, j'attends la musique et la voix.
Le chef-d'orchestre arrive, s'installe, me lance un petit sourire et la répétition commence.
Je suis aux anges!
La voix de Snape est un pur enchantement. Rien à voir avec ce qu'on entend sur les enregistrements. Elle coule de sa gorge comme une fontaine douce amer de chocolat noir. Elle emplit toute la salle comme une lame de fond prête à tout emporter sur son passage et je ne me débats pas. Je la laisse me prendre et me bercer. Deux semaines avant la première ils sont déjà si bien préparés que c'est presque un concert privé auquel j'ai droit.
Enfoncé dans mon fauteuil recouvert de velour rouge élimé et si usé qu'en certain endroit il en est rose pâle, je souris béatement. D'habitude, j'écoute les CDs de ce genre de concerts, c'est la première fois que je me retrouve de ce côté de la scène et c'est très agréable. En tout cas, c'est moins stressant.
Au bout d'une bonne heure, quand la musique s'arrête et que les musiciens sortent presque tous pour leur pause, j'ai du mal à émerger de mon rêve. J'ai les yeux fermés et je profite des derniers échos, des dernières notes en suspend dans l'air. C'est Tom Riddle en personne qui me réveille en venant s'asseoir à côté de moi, son violon en main. Snape, lui, discute d'un détail avec le chef-d'orchestre.
J'étais détendu, maintenant, je suis horriblement crispé. Il aurait pas pu aller poser ses fesses plus loin? Non mais c'est vrai quoi. Quand il était à trois mètres devant moi, j'arrivais à me la jouer relax, mais là, c'est plus possible.
Je suis assis à moins de trois centimètres de mon modèle.
- Tu es étudiant au conservatoire d'après ce que Severus m'a dit.
- Oui.
Pas possible! J'ai répondu sans bafouiller. Espérons que ce sera aussi facile quand j'aurais à sortir une phrase complète.
- Ton instrument vient d'où? Me demande-t-il avec un sourire éblouissant de sincérité. J'ai l'impression qu'il a envie de retrouver un peu de sa « jeunesse étudiante » en parlant avec quelqu'un qui n'a pas encore son diplôme en poche. Et puis, il m'a l'air naturellement chaleureux.
- De chez Ollivander.
C'est dingue, il a un don pour mettre les gens à l'aise. Faut dire aussi qu'il parle d'un truc que je connais. Le fait de jouer du violon tous les deux et de fréquenter la même boutique nous donne une sorte de complicité qui me plaît. J'aurais aimé l'avoir comme grand-frère, même si je n'ose imaginer le complexe d'infériorité que j'aurais connu. Quel effet ça fait d'être le frère d'une star?
- C'est bien le meilleur. Murmure-t-il en souriant. C'est également chez lui que je vais. Peu importe l'endroit dans le monde où je me trouve, personne d'autre ne touche Red Rose – c'est le nom de mon violon. Ajoute-t-il, car bien sûr, c'est un détail que je ne suis pas censé connaître. Mais j'ai décidé de le surprendre, histoire qu'il se souvienne de moi.
- Je sais.
- Comment ça? Je ne le dis qu'à ceux avec qui je travaille où qui me semble sympathique.
Je suis flatté. Vraiment.
Devant son air ahuri, j'ai envie de faire durer un tout petit peu le suspense.
- Vous savez que votre violon a un jumeau?
- Oh, monsieur Ollivander te l'a montré. C'est vrai. Deux modèles uniques particulièrement têtus dans le choix de leur maître. Le jumeau n'a pas voulu de moi. M'avoue-t-il, un peu dépité. Je me demande s'il lui a trouvé quelqu'un, ce sont des instruments exceptionnels et il serait dommage que l'un d'eux moisisse dans l'arrière boutique.
- Le jumeau a trouvé son maître. C'était d'ailleurs le seul violon qui voulait bien de lui.
- Qui est-ce?
Je prends mon étui et l'ouvre, dévoilant la copie conforme de son instrument. Il ne devait pas s'attendre à celle-là vu sa tronche.
Quant à moi, j'oscille entre la fierté et la gêne. J'ai le même Red Rose légendaire que Tom Riddle, mais face à lui, je me sens très intimidé. Je suis un illustre inconnu, lui est une banale célébrité.
D'un coup il se lève et rejoint la scène. Devant les musiciens ahuris, il se met à jouer avec force un duo pour violons de Beethoven (2) et c'est là que je comprends ce qu'il attend de moi: d'abord, il veut savoir si je suis digne d'un tel objet, si je mérite seulement de toucher une telle merveille, ensuite, il veut savoir ce que peut donner un duo de ces deux violons qui rivalisent avec le meilleur des Stradivarius.
Je connais ce morceau par coeur et c'est sans hésiter que je le rejoins. Du coin de l'oeil, je remarque le sourire sur les lèvres de Snape. Mais je ne m'attarde pas.
Je joue avec Tom Riddle. Je joue avec Tom Riddle. Je joue avec Tom Riddle.
Et là, je sens plus fortement que jamais ce lien dont parle Draco, même avec lui je ne l'ai jamais senti aussi fort. Les deux violons nous relient Riddle et moi, comme avec un fil d'or. Ce ne sont pas mes doigts qui courent sur les cordes, ce sont nos doigts et ce sont nos archets qui font gémir la caisse de résonnance. Une unique caisse de résonnance.
Je me sens si bien que je pourrais jouer pour toujours.
Jouer et jouer et jouer jusqu'à en perdre la tête, jusqu'à en faire fondre le vernis rouge de cette rose rouge. Nous sommes dans une bulle et j'ai l'impression de voir mes parents au premier rang, là où j'étais assis quelques minutes avant et ils me regardent avec une admiration et une fierté qui me gonfle de joie. Et à cet instant-là je sais que je suis meilleur que mon père, que j'ai dépassé le grand James Potter.
Et je sais que l'homme avec qui je joue se souviendra de moi. Toujours.
Je distingue Tom à travers les cils de mes paupières à demi-baissées. Il a les yeux fermés mais son sourire est immense. Il doit ressentir la même chose que moi. Du moins je l'espère car moi, je suis au paradis.
Quand les dernières notes s'éteignent dans l'air saturé de la salle Elizabeth, je tremble presque sur mes jambes. J'ai les genoux en coton et une armée de papillons dans le ventre.
J'en voudrais encore.
Je me souviendrai de ce moment pour le reste de ma vie. Cet instant magique où je n'ai fait qu'un avec un autre. Quand je joue avec Draco, étant donné que je l'aime, le lien que j'ai avec lui – du moins pour moi – est chargé de sexe et de désir, alors que là, c'était purement spirituel et c'était encore meilleur.
Tom et moi on se regarde, un peu essouflés. Les musiciens se lèvent et nous couvrent d'applaudissement en criant et en sifflant. Même Snape est de la partie.
Lui et moi, si ce soir on prend la direction de l'hôtel, je jure sur ce que j'ai de plus cher qu'il ne dormira pas de la nuit.
- Quand tu auras ton diplôme, viens me voir. Me dit simplement Riddle en me tendant une carte.
Son sourire est superbe. Il est évident qu'il est ravi. Moi aussi, un partout la balle au centre.
- Ton violon ne s'y est pas trompé, tu n'es pas n'importe quel musicien. Tu iras loin.
On se serre la main. L'instant magique est brisé par une voix que je connais bien.
- Tom.
Neville Londubat arrive de nulle part et va embrasser Riddle sous mes yeux, disons, étonnés.
J'ai raté un épisode?
À suivre...
(1): clin d'oeil au livre de Tom Spanbauer « L'homme qui tomba amoureux de la lune », et également à la fic de Myschka « Chronique d'une dernière année ».
(2): j'ignore totalement si ça existe, j'avoue. Mais bon, avouez que ça a de la gueule.
