Où comment on découvre que certaines occupations ne sont pas des choses à faire de grand matin.


Chapitre 11

Pov Mycroft

Et là je m'applique, je veux absolument le faire céder, j'en ai rien à faire que l'on soit en décembre et qu'il fasse un froid glacial dans son appartement sordide, je me suis complètement et totalement dévêtu. C'est la première fois que je développe une pareille stratégie, j'espère que ça marchera.

Et toute la journée, je déambule dans les pièces aussi peu vêtu qu'au jour de ma naissance, je le suis du coin de l'œil et je vois que je ne le laisse pas insensible. A plusieurs reprises, il souffle même bruyamment et je peux observer un renflement à un certain endroit qui trahit un certain intérêt. Son corps va le trahir.

Mais non, il est resté stoïque et je me décide donc à aller dans sa chambre. Il fait froid mais je m'allonge sur le lit. Mon costume de soie sauvage ne me préserve que du froid extérieur car malheureusement pour moi, je suis aussi glacé intérieurement, maintenant je comprends mieux Père quand il disait que s'attacher aux gens n'aide en rien.

J'ai pu lire une partie de sa correspondance, que je lui aie pris en cachette, et j'ai vu qu'avec Oncle Nathy, ça n'a pas tous les jours été facile. Il voulait pourtant évité à son demi-frère de souffrir mais ça n'a pas réussi. Mais il faut aussi avouer que mon parrain est un peu spécial.

Je continus de grelotter mais je feins le sommeil quand Gregory entre dans sa chambre seulement vêtu d'un bas de pyjama de grossier coton gris, mais il semble fait pour lui. Le vêtement ayant connu des jours meilleurs, l'élastique distendu le fait tomber bas sur ses hanches et révèle des choses plus qu'intéressantes.

Croyant que je dors, il se glisse derrière moi, tire la couette et nous en recouvre. Je n'aime pas dormir en costume mais je me sens si bien dans ses bras que je ne saurais me "réveiller" pour protester. J'avais fini par m'endormir pour de bon mais je me rends compte qu'il faudra que j'aille demain travailler, le MI6 n'attend pas.

Mais si tout ce que j'ai fait aujourd'hui à fonctionner comme il se devait, je devrais normalement l'avoir tout à moi pour les prochaines vacances. Sur le coup de cinq heures du matin, je repars et je laisse un mot, je me suis servi dans un bloc de feuilles que j'ai trouvé sur son bureau. Mais alors que j'étais en train de signer, il est entré dans la pièce, encore somnolent, il s'est approché de moi.

- « Alors comme ça, on se barre Holmes ? »

- « Oui, je travaille tu sais… »

- « Et moi, tu crois que je fais rien, je dois aller au bahut… »

- « Oui, en effet ! »

- « Holmes, j'ai presque une heure et demie d'avance sur mon planning, ça te dirait qu'on ... »

Je ne le laisse pas finir sa phrase et je réponds précipitamment :

-« Oui, avec plaisir ! »

Pov Greg

-« ... Prenne un petit-déjeuner ensemble ? »

Je lui fais mon plus beau sourire à sa mine stupéfaite.

-« Hey, mec, le sexe dès le matin, c'est pas bon pour la santé... Peut-être ce soir si tu reviens et que tu as été sage... »

Je sors le matériel sur la table et me prépare un café. Il hésite encore un moment, mais quand je lèche ma cuillère pleine de sucre, il a les yeux fixé sur moi et la bouche légèrement ouverte... Je la lui referme en passant à côté de lui pour aller m'habiller. Quand je reviens, il est parti. Je suis un peu dépité quand même, il n'a même pas dit au revoir !

Enfin bon. S'il abandonne, c'est une bonne chose. Parce que de un, ça ne pourra jamais durer, mon père étant vraiment très contre les relations homosexuelles, et parce que de deux, franchement, qu'est- ce qu'il ferait avec un mec comme moi ? J'admets que physiquement, je suis bien loti, encore que bon...

Mais il pourrait avoir cent fois mieux, peut-être même (surement, en fait, qu'il a eu cent fois mieux avant : il côtoie les élites après tout. Et quelqu'un d'aussi chic dans mon appart miteux, ça fait tâche. Ça ne colle pas. Je finis de manger et je me prépare pour la journée, oubliant Mycroft Holmes dans un coin de ma tête jusqu'au soir.