Un merci à toutes celles d'entre vous qui continuez à lire mon histoire, merci pour vos remarques, merci pour votre assiduité. Un chapitre qui révèle des secrets de famille.
Bonne lecture.
11
Bella
Je suis dans la salle d'attente. Ils sont en train de lui faire un lavage d'estomac. Et je ne sais pas trop quoi d'autre. Il n'a toujours pas repris connaissance. Son taux d'alcool dans le sang, est 3 fois plus élevé que la norme autorisé.
Je suis en train de lire une brochure et je n'en reviens pas de ce que je suis en train d'y lire.
«De nombreux étudiants sont aujourd'hui victimes d'overdoses d'antidouleurs, accessibles sans prescription. A la base, de ces tragiques accidents, la recherche d'un soulagement rapide ou plus rarement des dépassements commis sans s'en rendre compte »
Je suis dubitative, quelles douleurs, il ne fait quasiment pas de sport en dehors de celui qu'il pratique avec assiduité, dans les chambres de ses conquêtes.
Je repose la brochure. Je marche de long en large, il est 6h, du matin. Je dois appeler les Cullen. Je retourne à l'accueil, jusqu'au comptoir des admissions. Une jeune femme se tient derrière le comptoir.
- excusez-moi.
Elle m'ignore un instant, et enfin me regarde.
- oui.
- j'accompagne monsieur Cullen, je sors pour prévenir sa famille, pourriez-vous m'appeler, s'il y a des nouvelles pour mon ami.
- bien sûr.
Elle me sourit, de ce sourire propre aux équipes médicales. Elle sait que je suis stressée.
- merci mademoiselle.
Je sors, dehors le jour se lève sur la ville. J'ai froid et ma tenue y est pour beaucoup. Je porte un short et un t-shirt. Ma tenue de nuit. Je sors mon téléphone de ma poche et compose le numéro de Carlisle. Il doit être sur la route pour travailler. Il est chirurgien ici. La sonnerie résonne à mon oreille. J'attends. La dernière sonnerie, j'attends que le message enregistré se déroule et je laisse un message.
- bonjour monsieur Cullen, c'est Bella, je vous appelle parce que cette nuit j'ai trouvé Edward inconscient, il est au Seattle Grace. Je vous y attends.
Je raccroche. Je compose le numéro d'Esmé. Ça sonne, une fois. Deux fois. A la troisième, la voix de sa maman coule dans mon oreille comme une musique réconfortante.
- Bella, tu te lèves tôt ma chérie.
- bonjour Esmé.
- oui, bonjour ma grande.
- Esmé, je suis au Seattle Grace.
- tu es blessée.
- non, je suis ici pour Edward.
- Edward, mais pourquoi ?
- il m'a appelé cette nuit, il avait bu et il délirait. Je l'ai trouvé inconscient dans l'auditorium de l'université.
- mais quand.
- vers 3h, presque 4h.
- mais pourquoi ne pas nous avoir appelés plus tôt ?
- je voulais être sûr de leur diagnostic.
Elle garde le silence un instant.
- qu'a-t-il fait ?
- une overdose d'antidouleurs.
- je me dépêche ma grande, je suis là dans moins de dix minutes.
- merci.
Je n'ai pas de réponse, elle a déjà raccroché.
Edward
Je flotte dans un rêve où la douleur est un terme inconnu. Je flotte au travers de nuage, regardant le monde d'en haut.
Je suis au-dessus de mon corps. Des hommes et des femmes en blouses, se déplacent autour de moi. Je suis pâle, inerte. . . inconscient. Je n'ai plus mal. Je me déplace dans les airs, passant au travers de la matière. Je passe la porte de ma chambre. Je virevolte dans le couloir. Je regarde ce qui m'entoure. Il est vraiment étrange de savoir que nous ne sommes pas vraiment là, et pourtant, les scènes qui défilent devant moi, sont réelles. Je change de direction, je vais vers la salle d'attente. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu'il faut que je m'y rende. J'avance lentement, regardant ce qui m'entoure.
Alors que j'admire un bouquet de fleurs, que mon état second, amplifie les couleurs, je me détourne heureux de cet arc-en-ciel et je la voie. Assise près de la porte. Elle est installée, les deux pieds sur le fauteuil qu'elle occupe. Elle a l'air d'avoir froid. Non, elle a « froid ». Je m'approche d'elle, et je sens une vague d'amour me recouvrir. Comme elle est triste. Elle pleure. Je regarde son visage, elle est différente d'avant. Elle . . . elle « a peur pour moi ». Je la regarde surpris. Non ! Je n'y crois pas, j'entends ses pensées.
« Je suis une idiote, je n'aurais pas dû le repousser. J'aurais dû lui dire que je voulais qu'on soit ami. »
Je la regarde de plus près.
« Je suis qu'une idiote, et Emmett qui ne donne plus de nouvelles depuis des semaines »
Je suis sous le choc. Elle ne m'a jamais dit qu'elle n'arrivait pas à joindre mon frère. Il appelle mes parents presque chaque jour.
« J'avais qu'un seul ami, ici, et je l'ai perdu »
Des larmes coulent sur son visage. Je ne comprends pas tout. Je ne peux m'empêcher de la dévisager. Je ne ressens pas sa douleur, je ne ressens plus la mienne, mais je sais. Je sais, qu'elle aime mon frère, qu'elle veut être mon amie et que je ne peux pas lutter contre l'amour qu'elle a pour lui. Je ne pourrais jamais la prendre dans mes bras pour lui dire. Pour lui dire quoi.
« Je t'aime, comme un frère, plus que ça, comme un ami, un confident. Je ne te hais plus. Mais je t'en prie, reviens moi »
Je la regarde, toujours. Je la regarde et je sens un liquide qui coule sur mes joues. Je suis étonné. Depuis que je vis cette expérience physique. Je pose mes doigts sous mes yeux, je regarde le liquide qui les couvre. Etonnant.
Alors que je réfléchis, je sens une forte douleur dans ma poitrine.
- Ahhhhhhh.
Je regarde mon torse, je la regarde. Elle ne me voit pas. Je me redresse et une seconde secousse me traverse. Je refais le chemin en sens inverse. Je remonte le couloir, repasse devant les mêmes scènes qui avaient retenues mon attention un peu plus tôt et que je ne vois pas. Je réintègre ma chambre. Je suis de retour au-dessus de mon corps. Je vois l'équipe médicale qui me réanime. Le tracé du cœur est plat.
Une troisième décharge, je convulse, moi et mon corps. Je ressens une forte brûlure. J'ai mal, j'ai mal. Je souffre et je sens que je suis aspiré par mon enveloppe corporelle. Je lutte, je ne veux pas souffrir. Je lutte, mais plus je me débats, plus vite je suis aspiré. Je hurle intérieurement. La douleur est un vrai supplice, chaque muscle de mon être vibre de douleur. Je ne peux plus résister à tant de souffrance. Je sombre.
Bella
Esmé est assise à côté de moi. Il est presque 8h, nous sommes là, toutes les deux. On attend. Carlisle est en chirurgie. Il a été appelé sur une urgence. Je regarde la maman de mon ami. Elle a les traits tirés. Je lui serre la main. Elle me regarde. Elle a les yeux rougis. Moi aussi.
- oh, Bella, il m'en aura fait faire du souci cet enfant.
Je lui souris. Je ne sais pas quoi faire pour la rassurer, je ne suis déjà pas rassurer moi-même. Je regarde devant moi, je ne sais pas quand on aura de ses nouvelles, nous savons juste qu'il a fait un arrêt cardiaque, qu'il a été réanimé. Il n'a toujours pas repris connaissance, c'est normal, d'après ce que nous ont dit les médecins qui s'occupent de lui. Il a absorbé une trop grosse quantité d'alcool et de médoc. Ses reins n'ont pas aimés, et son cœur bas trop rapidement. Il est en tachycarde permanente. Mais voilà, sa tension est basse, trop basse.
Je regarde mes doigts que je ne peux m'empêcher de tordre dans tous les sens. Esmé pose son bras autour de mes épaules et m'embrasse sur la joue.
- il est fort mon petit, c'est un survivant tu sais.
Je me tourne vers elle, je ne comprends pas.
- tu ne t'es jamais demandé pourquoi Edward aimait se faire appeler Masen, quand il joue.
- non, c'est un pseudo ?
- non, ma chérie, c'est le nom de sa mère.
Je ne comprends rien. Je plonge mes yeux dans les siens, mais je ne vois pas où elle veut en venir.
- Bella, Edward a été adopté.
- je ne savais pas.
Elle garde le silence et moi j'encaisse la nouvelle. Une série de question me vient à l'esprit.
- et il le sait.
Elle rit doucement.
- oui, nous lui avons dit quand Emmett est venu au monde. Eddie venait de nous rejoindre, quand j'ai su que j'étais enceinte. Comme beaucoup de couple avant nous, nous avons tentés pendant des années d'avoir des enfants, mais en vain. Alors nous nous sommes tournés vers l'adoption.
Je la dévisage. Je suis tellement surprise, je n'ai jamais vu de différence de traitement entre les deux frères et même entre eux, ils ont des comportements tellement semblables que l'on jurerait qu'il partage le même sang.
- Edward est né en Angleterre. Sa mère Elisabeth Masen était une actrice et mannequin. Elle bénéficiait d'une certaine notoriété, mais elle évoluait dans un milieu où tous les coups étaient permis pour réussir.
Je ne comprends pas où elle veut en venir.
- elle est tombée enceinte, elle ne pouvait pas le garder, mais elle n'arrivait pas à se résoudre à mettre un terme à sa grossesse. Pendant les 6 premiers mois, elle a pu donner le change. Elle se sous-alimentait, pour prendre le moins de poids. Mais au début de son 7ème mois, elle a eu des complications. C'est à l'hôpital que nous l'avons rencontré. Elle était venue à New York, pour un défilé, mais avait perdu connaissance.
- pourquoi a-t-elle abandonné son fils ?
Esmé me dévisage. Elle est surprise.
- mais elle ne l'a pas abandonné ma grande, elle est morte et le chirurgien obstétrique à pratiquer une césarienne, pour sauver l'enfant.
- oh !
- oui, oh !
Elle regarde devant elle. Puis se tourne de nouveau vers moi.
- avant qu'elle ne perde connaissance, et les jours précédents, j'avais pu parler avec elle. J'ai pu découvrir, l'amour qu'elle avait pour son bébé. Elle ne voulait pas savoir si elle aurait une fille ou un garçon. Crois-tu que ce soit la décision d'une mère, ou d'une femme qui allait abandonner son enfant.
- je ne sais pas.
- non Isabella, elle voulait profiter de la surprise, elle avait réussi à mettre de l'argent de côté, elle voulait reprendre ses études. Elle n'avait que 23 ans ma grande, elle avait ton âge.
J'avale ma salive difficilement.
- elle est morte de quoi ?
- elle était dénutri, Edward n'était pas dans un bon état, elle est tombée dans le coma, ses organes ont lâchés les uns après les autres. Ils n'ont pu sauver que l'enfant, il avait un meilleur pronostic vital.
Elle a des trémolos dans la voix.
- nous avons fait une demande d'adoption au près des services sociaux.
Elle respire une nouvelle fois. Soufflant pour ne pas laisser les larmes prendre le dessus.
- nous pensions, Carlisle et moi, que vus qu'il venait d'être promu à un poste d'interne en chirurgie, nous avions de bonne chance d'obtenir gain de cause. Mais nous avons dû nous battre. Il est entré dans nos vies, il avait deux ans passé.
Je lui tiens la main, elle est aux bords des larmes.
- j'ai appris quelques mois après, que j'étais enceinte.
- ils sont tellement proche ses deux-là.
- oui, nous les avons élevés comme deux frères de sang, mais ils savent tous les deux, qu'ils n'ont aucuns liens.
- ils ont grandis ensembles, se sont deux frères, quoique puisse dire les tests ADN.
Elle me caresse la joue. Nous sommes coupés dans notre conversation, par l'arrivée de l'infirmière.
- madame Cullen, je viens vous prévenir que votre fils a été installé dans une chambre, aux soins continus.
- oh.
- son état est stationnaire, nous avons bon espoir de le voir se réveiller dans la journée.
- nous pouvons le voir ?
- bien sûr, mais l'une après l'autre.
- dans quelle chambre se trouve-t-il ?
- venez, je vais vous introduire dans sa chambre.
Je regarde Esmé suivre l'infirmière, mais je ne bouge pas. Je ne sais pas si je peux le voir dans cet état. Les machines qui ne manqueront pas d'être reliées à lui, il doit être intubé, les scopes, les alarmes. Non décidément, je ne peux pas.
- pardon Esmé, pardon.
Elle me regarde, alors que je m'enfuis à toutes jambes. Je ne peux pas le voir comme ça, c'est trop dur, trop difficile.
Edward
Je suis en moi, de retour. Je le sais, parce que je souffre de mille feux.
Je sens la présence de quelqu'un près de moi. Je sais que ce n'est pas une personne étrangère, je le sais car elle me caresse la joue, je sais que c'est Esmé. Elle pleure.
Je dois être dans un sale état. Si je pense ça c'est pour deux raisons. La première, c'est le fait que je n'arrive pas à me réveiller. Mon corps me refuse l'accès à ma conscience, car reprendre conscience, c'est me réveiller et il est trop fatigué pour ça. La seconde, c'est cette douleur atroce qui transperce mes entrailles.
La douleur est si forte, que je n'arrive pas à avoir une pensée cohérente. Je suis une loque. Par contre, je me souviens d'une chose. Je me suis saoulé, j'ai pris des médocs et je l'ai appelé, elle. Je me sens comme une merde.
Ma mère est toujours proche de moi, je la sens. Je n'arrive toujours pas à prendre contact avec elle. Je n'aime pas la voir souffrir. Enfin, quand je parle de voir. Je force l'ouverture de mes yeux. J'ai besoin de la voir, besoin de savoir qu'elle ne s'inquiète plus pour moi. J'essaye, je tente, je persiste, et enfin, j'y arrive.
La lumière m'aveugle. J'ai la langue qui a gonflée, je n'arrive pas à ouvrir la bouche assez grande. Je cligne des yeux. Je me lance.
- maaamaaan.
Je ne peux pas faire mieux, je sombre dans un sommeil qui me sera réparateur, je le sais.
