Bonjour Bonjour !
Dernier chapitre uploadé par mes soins avant mes vacances demain. Pour les deux semaines à venir, c'est Sygui qui va s'occuper des mises à jour, alors soyez gentils avec elle ! MDR
En vous souhaitant une bonne lecture !
Chapitre 11 : La tempête
Quand Rose réapparut dans le salon de la maison familiale, elle s'éloigna automatiquement de Parkinson et se rapprocha inconsciemment de sa marraine. Minerva se désintéressa du regard noir que lui jetait Ginny et posa sa main sur la joue de sa filleule. Le professeur de vol sentit une nouvelle vague de colère l'envahir. Que cherchait McGonagall ? Lui voler sa famille ?
- Tout va bien ? demanda doucement Minerva.
Rose détourna le regard, tremblant des pieds à la tête. Minerva dévisagea Pansy qui la regarda, faussement étonnée.
- Madame la directrice, ravie de voir que vous êtes encore parmi nous, ironisa la médicomage. Je vais avoir besoin de vous pour soigner ma patiente…
- Et pourquoi pas moi ? demanda furieusement Ginny.
- Parce que je ne pratique pas d'intervention avec la famille dans les pattes.
- Intervention ? répéta d'une voix blanche le professeur de vol.
- Pas de temps à perdre, esquiva Pansy. Si vous voulez bien me suivre, professeur…
La médicomage s'engagea dans l'escalier sans se retourner, sa sacoche à la main. Minerva tapota doucement l'épaule de Rose et suivit Parkinson à l'étage. Arrivée dans la chambre d'ami, Pansy ne s'embarrassa pas de scrupules et expulsa sans ménagement le pauvre Hugo de la pièce. Le jeune homme ne demanda pas son reste et s'enfuit en courant.
- Enfin tranquille pour travailler… murmura Pansy avec un air hautain.
Elle jeta sa trousse sur Hermione, sous le regard neutre de l'animagus, et en sortit plusieurs fioles de potions et une longue seringue.
- Si vous pouviez m'expliquer…
La voix de Minerva était calme, posée et cela fit sourire Parkinson.
- On ne dirait pas que vous venez de vous engueuler avec la furie rousse. Très belle maîtrise, vous auriez pu être à Serpentard… bref, avez-vous déjà entendu parler du syndrome de Twicks ?
McGonagall se massa doucement le front, cherchant dans ses souvenirs ce que ce nom pouvait évoquer.
- Absolument pas, finit-elle par répondre.
- Et c'est normal, sinon vous seriez à ma place. C'est une maladie extrêmement rare et absolument fascinante…
Elle sortit un tube à essai de sa sacoche, souffla dedans pour ôter quelques poussières et le tendit à Minerva.
- Tenez-moi ça bien droit, ordonna Pansy. Quand deux jumeaux naissent, il arrive un cas sur cent mille que l'un soit sorcier et l'autre crackmol. Cependant, le crackmol va tenter de puiser dans la puissance magique de l'autre pour se mettre à niveau, ce qui affaiblira bien évidemment le rejeton sorcier. Cette connexion se fait une fois les niards mis bas, et on a pu démontrer que cela se fait de manière psychique.
- Et vous pensez que c'est ce qui arrive à Hermione ?
- Rose m'a expliqué que sa mère avait un lien avec un sorcier sombre qui lui avait déjà pompé sa magie. Je pense qu'il refait le plein… Mais je reste persuadée que la brave fifille à sa maman ne m'a pas tout dit.
- Mais vous en savez assez pour la guérir.
Ce n'était pas une question, aussi Parkinson éclata d'un rire léger.
- Bien sûr. Je suis la meilleure…
- Ce qui m'étonne, c'est que vous avez pensé rapidement à cette maladie.
- J'interviens quand la situation est désespérée, et que toutes les pistes logiques et simplistes ont été écartées. Mon talent est d'être originale…
- Et vous êtes sure que c'est cette maladie ?
- En tout cas, ça y ressemble. Il y a toujours un risque que ce soit autre chose. Mais il n'y a qu'un moyen de le vérifier, et je vous assure que ça va être amusant.
- Je doute que nous ayons le même sens du divertissement, Docteur Parkinson, rétorqua McGonagall.
Pansy la dévisagea un instant, et un rictus étira ses lèvres.
- Sans aucun doute, Madame la Directrice… répondit-elle en débouchant deux fioles de potions.
Elle les vida dans le tube à essai que tenait McGonagall, puis rajouta quelques gouttes de diverses mixtures. Trois coups de baguette plus tard, la médicomage parut satisfaite. Elle se saisit de la seringue, ôta le capuchon de la longue aiguille, la trempa dans le liquide translucide et l'inspira jusqu'à ce que le réservoir soit plein.
- C'est maintenant que ça va être jouissif… J'ai toujours rêvé de faire ça… murmura-t-elle avec un sourire peu chaleureux, tout en expulsant les bulles d'air qui dansaient dans la solution transparente.
- Faire quoi ? demanda Minerva, inquiète.
- Planter une aiguille dans le cœur de Granger, voyons…
La médicomage se retourna vers sa patiente et dégrafa la blouse d'hôpital que cette dernière portait. Minerva lui saisit la main et la foudroya du regard.
- Vous n'allez pas faire ça ? gronda la directrice de Poudlard.
- C'est soit le cœur, soit le cerveau… et comme il a la taille d'une tête d'épingle, je préfère viser son petit cœur bien tendre de Gryffondor…
Voyant l'expression froide de son ancien professeur, Pansy soupira.
- Il faut que le liquide arrive rapidement à son cerveau. Cela dressera une barrière qui coupera la connexion. Ca, c'est le premier effet kiss cool. Le deuxième agira sur le long terme, empêchant toute nouvelle tentative de vampirisation. En théorie, ça devrait fonctionner comme ça d'après les livres, dans le cas des jumeaux…
L'animagus lâcha la main de la médicomage et recula d'un pas.
- Vous pouvez l'immobiliser ? On ne sait jamais…
Minerva acquiesça, fit le tour du lit, et appuya ses mains sur les épaules d'Hermione.
- Vous l'avez déjà fait ? demanda l'ancien professeur.
- Planter une aiguille dans un cœur ? Non, mais ce ne doit pas être bien sorcier…
Et sur ces mots, elle visa du côté du quatrième espace intercostal gauche au niveau du sternum et enfonça la seringue sans hésitation. Hermione eut une convulsion, mais Minerva la maintint allongée. Pansy appuya sur le piston et injecta le produit. D'un geste sec, elle ôta l'aiguille.
- C'était vraiment sympa, dit-elle en sortant un cachet de vicodine de sa poche. Faudra que je le refasse…
Elle ramassa toutes ses affaires qu'elle jeta pêle-mêle dans son sac et sortit de la chambre en suçotant son comprimé, laissant McGonagall seule avec son ancienne élève. La directrice s'assit sur le rebord du lit et resta regarder Hermione dormir.
Rose s'était assoupie sur le canapé, contre Ginny, mais se réveilla en entendant des bruits de pas dans l'escalier. Elle ouvrit un œil et observa Parkinson descendre gaiment les marches, sa sacoche à la main, l'air satisfait.
- Alors ? demanda Ginny.
- On laisse mijoter une nuit et on observe le résultat demain matin. Pas que votre compagnie me déplaise mais… en fait si ! Je rentre chez moi, j'ai besoin de sommeil. Je passerai prendre des nouvelles de la mourante vers dix heures. S'il se passe quoi que ce soit, tu sais où me trouver, Rose…
- Où est marraine ? interrogea la jeune femme.
- En tête à tête avec ta mère, bien sûr…
Ginny bondit hors du canapé et grimpa les marches de l'escalier quatre à quatre.
- Enfin seules… murmura Pansy.
Rose tira sa baguette et la pointa droit sur le buste de la médicomage.
- C'est comme ça que tu me remercies d'avoir sauvé ta mère ?
- Vous m'avez déjà volé deux baisers…
- Et c'est tout ce que vaut la vie d'Hermione Granger ? Si j'avais su, je ne me serais pas donnée cette peine…
Rose baissa les yeux. Pansy en profita pour s'avancer et poser furtivement ses lèvres sur celle de la jeune femme.
- Mais qu'est-ce qui vous prend ? s'exclama l'animagus en reculant vivement.
- Jamais deux sans trois… murmura sensuellement la médicomage. A demain, Rosie chérie…
Elle tourna les talons et quitta le salon en accentuant son mouvement de bassin. A peine Parkinson partit, que des voix s'élevèrent à l'étage. Rose soupira et s'engagea dans l'escalier. Plus elle s'approchait de son ancienne chambre, plus la dispute se faisait entendre. Sa mère et sa marraine. Que s'était-il passé entre les deux femmes pour qu'elles s'écharpent ainsi ?
Rose pénétra dans la pièce et remarqua que sa mère était aussi rouge que ses cheveux, alors que la directrice de Poudlard était à deux doigts de se transformer en magyar à pointes.
- Vous pouvez arrêter de vous engueuler ! Je vous rappelle que m'man a besoin de repos, murmura sèchement la jeune femme en jetant un regard froid aux deux mégères.
Minerva hocha la tête tandis que Ginny s'assit à côté de sa femme pour lui prendre la main. Hermione s'agita dans son sommeil et son visage se crispa.
- Tout va bien ma chérie, je suis là… chuchota Ginny.
- M… Minerva… balbutia Hermione d'une voix rauque.
La rousse lâcha la main de sa femme, les yeux exorbités de surprise et de douleur. Elle quitta le lit et sortit rapidement de la pièce, sans un regard en arrière. La directrice de Poudlard regarda son professeur partir, l'air navré.
- Minerva… protégez Ginny… marmonna l'enchanteresse, endormie.
- Elle doit faire un cauchemar… murmura Rose. Mais pourquoi maman Ginny est-elle partie ?
- Je te confie Hermione. Je dois retourner à Poudlard. Contacte-moi s'il y a du nouveau…
Minerva se dirigeait vers la porte quand sa filleule l'interpella.
- Marraine, que se passe-t-il ? insista Rose.
- Rien qui ne soit irrémédiable, répondit doucement l'ancien professeur de métamorphose.
Elle salua d'un signe de tête la jeune femme et s'éclipsa. Rose retourna son attention sur sa mère. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. La dixième sage lui toucha la joue du bout des doigts et retira vivement sa main. Hermione était brûlante de fièvre. Rose se dépêcha d'aller chercher un gant d'eau fraîche qu'elle posa sur le front de sa mère. Elle la veilla une bonne heure, puis s'installa confortablement dans le fauteuil de la chambre et se plongea dans un livre qu'elle avait trouvé sur la table de chevet.
Hermione ouvrit péniblement les yeux, complètement groggy. La pièce semblait tanguer légèrement, aussi elle attendit que sa vision se stabilise pour tenter de s'asseoir. Elle fronça les sourcils en remarquant qu'elle n'était plus à Sainte Mangouste, mais dans l'ancienne chambre de Rose. L'incompréhension flotta un instant dans ses yeux, pour laisser place à l'horreur des souvenirs qui remontèrent à la surface de sa mémoire. Cinq zombis pénétrant dans sa chambre, sa tentative avortée pour faire de la magie, comme si elle n'était qu'une vulgaire moldue, Minerva la protégeant, Ginny les découvrant dans une position compromettante.
- Ginny… murmura-t-elle, angoissée.
Elle se leva le plus rapidement possible et remarqua sa fille qui dormait paisiblement dans un fauteuil près du lit. Se tenant aux murs, elle traversa silencieusement la pièce et se rendit dans le couloir, direction la chambre qu'elle partageait avec sa femme. Elle fut déçue de la trouver vide, le lit non défait. Hermione grimaça et fit demi-tour. En plissant les yeux, elle remarqua une faible lumière venant du rez de chaussée. La langue de plomb descendit prudemment les escaliers et longea le salon pour atteindre la porte entrouverte qui donnait sur la cuisine.
Ginny était attablée et regardait avec mélancolie des photos qu'elle avait étalées sur la surface boisée. La rousse tenait entre ses doigts un cliché qui avait été pris le jour de leur mariage. Toutes deux étaient rayonnantes, heureuses.
- Bonsoir ma chérie… murmura Hermione de sa voix fatiguée.
Le professeur de vol releva brusquement la tête, les yeux agrandis de surprise. Elle se leva rapidement, manquant de renverser sa chaise, mais se retint de se jeter dans les bras de sa femme. Au lieu de ça, elle lui adressa un regard furieux.
- Qu'est-ce que j'ai fait ? balbutia Hermione, étonnée.
- Tu oses me demander ? gronda Ginny, contenant sa colère.
- Je ne comprends pas… bégaya la langue de plomb, complètement perdue.
Ginny tapa du plat de la main sur la table, faisant sursauter l'enchanteresse.
- J'aimerai savoir pourquoi tu m'as épousée, alors que visiblement tu serais plus heureuse avec ta chère directrice de Poudlard ! s'exclama vertement la rousse.
- Quoi ?
Hermione avait l'impression d'être au beau milieu d'un cauchemar. Elle ne comprenait pas ce que lui reprochait sa femme.
- Ok, je suis en train d'halluciner, c'est la morphine… réfléchit-elle à haute voix.
- Je te jure que ton « Minerva » gémi était bien réel ! tempêta le professeur de vol.
La langue de plomb fut prise d'un vertige et tituba en arrière. Elle s'attendait à tomber quand deux bras l'attrapèrent.
- Je peux savoir ce qui te prend ? demanda sèchement Rose à Ginny. Tu vois bien qu'elle pige pas une noix de ce que tu racontes… Y'a pas besoin d'être devin pour ça !
Elle aida Hermione à se remettre debout et l'accompagna jusqu'à une chaise.
- Assied-toi là, je vais te chercher quelque chose à boire, lui dit-elle doucement.
L'enchanteresse acquiesça mollement. Elle avait l'air désorienté, regardant autour d'elle comme si elle ne reconnaissait pas le décor. Rose attrapa son autre mère par le bras et l'entraîna vers l'évier.
- Non mais ça va pas ? murmura-t-elle froidement. Tu vois bien qu'elle est abrutie par le traitement, et tu l'engueules pour quelque chose que tu es la seule à comprendre.
- Ca ne te regarde pas, Rose, rétorqua sèchement le professeur de vol. Et puis, il a bon dos le traitement… Je ne sais même pas ce que Parkinson a fait !
- J'l'ai aidé à préparer sa trousse. Elle y a collé une seringue avec l'aiguille la plus longue que j'ai jamais vue. Et c'était pas pour une prise de sang, crois-moi !
- Et elle en a fait quoi ? demanda Ginny, narquoise.
- Si j'ai bien suivi toutes les rediffusions d'Urgence, elle a dû lui foutre direct dans l'cœur… Ca serait bien du genre de cette garce d'en profiter…
La jeune femme prit un verre et le remplit d'eau fraîche. Elle leva les yeux et plongea son regard dans celui de sa mère qui semblait éberluée.
- Je ne te comprends pas. Quand tu t'es tirée tout à l'heure, pour je ne sais quel prétexte à la con, maman a supplié dans son sommeil Minerva de te protéger. Même dans ses cauchemars tu restes sa priorité. Et à peine debout, tu lui hurles dessus à m'en réveiller…
Rose tourna les talons et apporta le verre d'eau à Hermione qui contemplait le plafond en fronçant les sourcils.
- Ca va, m'man ? chuchota Rose en portant le verre aux lèvres de sa mère.
Hermione but difficilement une gorgée, et regarda sa fille.
- Je ne sais pas ce que j'ai fait… Pourquoi Ginny m'en veut ?
- Pour rien, elle a ses règles. Viens te coucher, ça ira mieux demain…
Rose aida sa mère à se relever et l'accompagna jusqu'en bas des escaliers. Hermione semblait hagarde, déconnectée de la réalité. Elle se laissait entraîner par sa fille sans opposer la moindre résistance, sans émettre la moindre remarque. Au pied des marches, la dixième sage jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Ginny se trouvait sur le pas de la porte de la cuisine et les regardait sans savoir comment agir. Rose leva le menton et lui jeta un regard typiquement Serpentard : hautain, dédaigneux, expriment parfaitement tout le mépris qu'elle éprouvait à cet instant.
Elle aida sa mère à grimper les marches et l'amena, non pas dans la chambre d'ami, mais dans celle qu'elle partageait avec Ginny.
- Tu seras mieux dans ton propre lit… murmura l'animagus. Rendors-toi. Je reste près de toi…
Hermione acquiesça mollement, puis ferma les yeux. Quelques minutes plus tard, la respiration de l'enchanteresse se fit calme, régulière et Rose sut que sa mère s'était assoupie.
La jeune femme regarda sa montre et grimaça. Elle était censée être au ministère dans six heures. Elle secoua la tête et soupira. Les quelques jours de vacances qu'elle avait posés pour profiter de ses fiançailles étaient terminés et elle n'avait pas pu en profiter, bien au contraire. Sa vie avait basculé en l'espace d'une soirée, et elle aurait donné n'importe quoi pour que ces derniers jours n'aient jamais existé.
Rose s'installa à côté d'Hermione et tenta de faire le tri dans ses pensées. Scorpius était mort et son amitié avec James était fragilisée par les derniers évènements. Sa mère, la personne la plus forte qu'elle connaissait, était à présent hors service alors qu'un danger incommensurable planait. Et, goutte d'eau qui faisait déborder le vase, elle avait à ses trousses une médicomage que rien ne semblait arrêté.
Elle se massa les tempes du bout des doigts, tentant de retenir les larmes qui menaçaient de couler. Comment sa mère avait fait pour garder la tête froide malgré les épreuves qu'elle avait traversées ? Les images de la pensine lui revinrent en mémoire par bribe. Et la plus marquante était sans aucun doute son meurtre à dix-huit ans. La neuvième sage avait vu ses amis assassinés, ainsi que Ron, mais elle avait gardé sa combativité jusqu'au bout et s'était dressée face à Voldemort jusqu'à la mort.
Comment avait-elle géré la situation lors de sa deuxième vie ? Comment avait-elle pu supporter d'avoir le destin du monde sur ses épaules ? Rose secoua la tête. Définitivement, elle n'était que l'ombre de sa mère. Et pourtant, on lui en demandait autant. Comment pouvait-elle l'aider à vaincre un nécromancien, alors qu'elle n'avait que le tiers du quart du talent de l'enchanteresse ? Au même âge, Hermione avait déjà vaincu en combat Dumbledore et McGonagall réunis, avait tenu Voldemort en échec, et avait sauvé Ginny au ministère. Alors qu'elle n'avait rien pu faire pour sauver Scorpius.
Elle écrasa sur sa joue une larme qui s'était échappée. Elle avait besoin de parler à quelqu'un, de vider son sac. Mais à qui se confier ? Son premier réflexe avait toujours été de se tourner vers Hermione. Mais c'était impossible pour le moment. Ginny ? Sa deuxième mère attaquerait d'un chauve-furie bien placé Parkinson comme réponse à tous ses problèmes. Cette perspective enchanta un court instant l'animagus, mais elle comprit vite que ce n'était pas une solution à long terme.
Naturellement, sa marraine était la suivant sur la liste des confidentes. Cependant, elle ne voulait pas importuner Minerva, qui avait l'air d'avoir un sérieux conflit à régler avec sa deuxième mère. Severus ? Rose pouffa de rire. Son parrain la regarderait d'un air condescendant pour ensuite lui aboyer dessus en lui intimant d'arrêter de se complaire dans son malheur, d'ôter les yeux de son délicat nombril et de prendre exemple sur sa mère qui, elle, est une sorcière potable pour une Gryffondor. Et puis, quel conseil pourrait-il donner, à part d'enterrer Pansy dans la forêt interdite ?
Subitement, le nom de la bonne personne flotta dans son esprit. Son oncle William. Elle se promit de lui rendre une visite après sa journée de travail.
La porte s'ouvrit brusquement et Rose sursauta, en sortant sa baguette de sa manche. Elle leva les yeux et soupira de soulagement en voyant sa mère entrer.
- Tu es venue l'engueuler pendant qu'elle dort ? demanda narquoisement la Serpentard.
- Je prends le relais, va dormir un peu. Je crois que tu travailles demain… répondit doucement Ginny.
- Certes, mais si je sèche, ma chef de service ne s'en rendra pas compte… rétorqua Rose en désignant du menton sa mère endormie. Et il me semble que tu bosses aussi. Tes cours reprennent demain. Les vacances de Toussaint sont finies, si je ne m'abuse…
A ces mots, quelque chose tapa à la fenêtre Rose dirigea sa baguette vers le rideau, et agita sèchement la fine tige de bois. Le tissu s'écarta légèrement pour faire apparaître un hibou.
- Ca vient de Poudlard… marmonna la jeune fille en quittant le lit pour se diriger vers la fenêtre.
Elle ouvrit au volatil et récupéra la missive accrochée à sa patte.
- C'est pour toi, m'man, dit-elle en lisant le nom inscrit sur la lettre.
Elle lança le parchemin à Ginny qui le rattrapa d'un geste souple et empreint de grâce.
- Ca me bluffe toujours quand tu fais ça, ajouta Rose avec un sourire. Je te laisse maman. Sois sympa si elle se réveille… Bonne nuit !
Ginny déposa une bise sur la joue de sa fille et la regarda sortit de la pièce. Elle ferma doucement la porte et déplia le parchemin. Ses yeux s'agrandirent de surprise à la lecture de la missive.
« Chère Ginny,
Suite aux derniers évènements survenus dans votre famille, je me suis permise d'organiser votre remplacement pour la semaine de cours à venir. Je vous demanderai juste de me confirmer par retour de hibou votre disponibilité pour arbitrer le match Gryffondor/Serdaigle qui se déroulera samedi prochain.
N'hésitez pas à me contacter pour quoi que ce soit, je reste à votre disposition.
Mes amitiés à vous et à votre famille.
Minerva McGonagall,
Directrice de l'Ecole de Magie et de Sorcellerie de Poudlard »
Le professeur de vol passa une main dans ses cheveux, étonnée. Elle posa la missive sur la table de chevet, passa rapidement son pyjama et se coucha près de sa femme. Elle posa négligemment le bras en travers du ventre d'Hermione et s'endormit, la tête sur l'épaule de sa femme, blottie contre elle.
Voilà ! La suite la semaine prochaine !
En vous souhaitant un bon week-end,
Bises,
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