Niahhhhh. Qui est le plus fou de nous ? Vous et vos mots dingues de puissance, dingues de beauté, qui me touchent comme on m'a rarement touchée ? Ou moi et mon sourire qui en ferait exploser la lune si elle n'était pas si loin dans le ciel ? Je sais pas. Je suis folle de joie de voir comme vous aimez, comme vous parlez de ce que j'écris, Lia, tu me fais tellement, tellement plaisir. J'avoue que j'ai pensé que les gens ne liraient plus ma fic une fois l'absence de suite, à cause du net, et qu'on allait m'oublier. Mais dans ma boite e-mail il y a eu tout le contraire, une avalanche de vos compliments superbes et j'en perd presque la tête. Merci. Merci. Merci.

Nao, je t'aime. Et c'est peut etre bien Maël qui te le murmure dans l'oreille, aussi.


OoO

Je suis retourné à l'hôtel. J'avais pris la décision de tout arrêter avec Nolan pendant la nuit, et bien que Bill était encore à mes côtés et s'était endormis de nouveau contre moi, je n'avais pas pu attendre le levé du jour pour rompre. C'était sûrement idiot, absurde et cruel, mais cela me rongeait et je n'avais pas envie de tromper Nolan plusieurs jours. Je savais que si je n'avais rien fait immédiatement je n'aurais pas eu la force le lendemain. À présent, je traverse la ville dans l'autre sens et vais rejoindre mon frère et ses bras rassurants.

- Vous êtes bien matinal, monsieur.

John lance des regards inquiets dans le rétroviseur et attend visiblement une explication.
Je crois que je lui dois bien ça, avec toute l'affection et la compréhension qu'il a à mon égard.

- Je viens de rompre, et je n'avais pas envie d'attendre ce matin.
- Vous ne trouvez pas ça étrange de rompre en pleine nuit ? Les jeunes sont bizarres, parfois…

Je hausse les épaules et m'avance pour le voir autrement que dans le miroir étroit.

- Je suis très bizarre, il faut bien l'admettre.
- Bizarre, vous monsieur ?
- Oui John, bien plus que tu ne le penses, je crois…
- Tom, de quoi parlez-vous ?
-…

J'hésite. Comment annoncer une telle chose à ce vieil ami de toujours, qui m'a vu grandir depuis le début de notre succès ?

- John je… écoute, c'est assez difficile à dire. Je n'ai confié ça à personne, même si Nolan doit s'en douter.
- Quelque chose de grave ?
- Peut-être… Peut-être pour toi, pour les autres, John. Pour ceux qui n'y comprendrons sûrement rien. Qui me renieront. Qui nous renieront, Bill et moi.
- Bill, votre frère ? Qu'avez vous fais, monsieur ?
- John… Bill et moi sommes ensemble.
-…
-…

Oh mon Dieu, John, j'ai vu tes yeux dans le rétroviseur, et à côté de moi, ton visage est près du mien et tu n'oses plus penser, John, tu as peur, peur de ce que tu as entendu, n'est ce pas ?

-… John ?
-…
-…

Je t'en prie, libère nous de ce silence, il est insupportable.

- Je. Comment dire… ?
- Dis, John, parles moi. J'en ai besoin.
- Comment est-ce possible ? Vous, deux frères ? Bien sûr ce n'est pas interdit mais… Je n'arrive pas à savoir ce que j'en pense monsieur.
- John, brise ce froid entre nous. Tutoie moi, ne m'appelles pas monsieur, et surtout, dis moi ce que tu en penses. Si tu dois être violent, sois-le. Ce sera moins pire que la retenue et le dégoût à peine caché.
- Je … Tom. Je t'aime comme un fils. Et ton frère, je l'aime aussi tellement. Te renier, jamais. Comment le pourrais-je ? Mais c'est si soudain.
- Soudain, oui, je ne savais pas comment te l'annoncer.
- Êtes-vous bien sûrs de ce que vous faites ?
- Tout à fait sûrs, John, rien n'a jamais été aussi évident que lui et moi.
- Faites attention à vous deux.
- Comment ça ?
- Confiez-vous à ceux qui ne vous détesteront pas. Ne mettez pas en péril l'amour qu'on vous porte ou même votre vie. Il y en a plus d'un qui aurait une réaction excessive face à une telle révélation.
- Mais pas toi, John.
- Parce que jamais je ne pourrais renoncer à l'attachement que tu me portes.
- Merci, John. Infiniment, merci.

Il me regarde sortir de la voiture et me fait un dernier signe, naturellement. La distance a disparue entre nous. Je lui suis tellement reconnaissant d'accepter tout ce qui fait que je suis moi.

Après avoir parcourut le hall de l'hôtel et monté les escaliers en hâte, j'ouvre doucement la porte de la chambre et pose les yeux sur le corps de Bill, les traits détendus dans son sommeil, les bras écartés, prenant toute la place dans le lit et respirant sereinement, il a l'air d'un petit enfant rassasié d'amour.

- Quelle tenue…

Je m'approche en me déshabillant, ôte pull et jean, chaussures et casquette, et ne laisse que mon caleçon. Aussitôt entré sous les draps, je sens Bill s'écarter et me piéger dans l'étau de ses bras, amoureusement noués derrière ma nuque.

- Tooom, tu m'as manqué.
- Déjà ?
- Déjà.
- C'est que tu es fou de moi, dis donc !

Il ouvre les yeux, fronce les sourcils, plonge son regard dans le mien et s'immobilise. Sa bouche n'est qu'une fente quand il murmure quelques mots que je ne parvient à comprendre qu'en tendant l'oreille.

- Non, c'est juste que t'es un très bon coup.
- … Salaud !

Il éclate de rire et m'embrasse langoureusement alors que je fais mine de me lever, puis s'installe à cheval sur moi, m'empêchant de partir ou même de bouger.

- Baaaah, tu me baves dessus !
- Comment ? N'importe quoi !

Il colle son torse au mien, et mordille mon cou avec passion, en respirant très fort.

- Biiill, tu sais que c'est impossible de te résister quand tu fais ça…
- Pourquoi tu crois que je le fais, imbécile ?

Ses mains se déplacent jusqu'à mon caleçon qu'il enlève sans hésiter, et je me relève en le serrant un peu plus contre moi. Notre désir ne nous a pas quitté, et il est hors de question de le faire disparaître. Je veux Bill, comme la première fois, comme la seconde, et à jamais.

- Bon Dieu, ce que j'aime ça…

Il me sourit et s'attaque à mon oreille. Son dos sous mes mains ondule un peu, son bassin s'appuie contre mon entre-jambe, assis sur moi il m'incite à bouger mes hanches à mon tour.

Et encore, encore, encore ses bras et l'amour avec lui…