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- A ton tour, fit-il.
- Oh tu sais, mon enfance a été tout ce qu'il y a de plus banal. Je suis allée à l'école. J'ai eu peu d'amis moi aussi. Mais j'étais heureuse.
Elle s'assombrit.
- Hermione...
La manière dont il prononça son prénom la fit frissonner.
- Je suis sincèrement désolé pour tes parents.
Elle tiqua au mot "parents" et il le remarqua.
- Merci.
Il sentait clairement qu'elle cachait quelque chose. Mais il n'avait pas l'intention de la brusquer.
Elle regarda l'heure.
- On devrait se préparer. On a cours dans une heure.
- Oui, tu as raison.
Elle semblait hésiter.
- Drago... euh... pour cette nuit...
- Je n'ai pas l'intention d'en parler.
- Merci.
Elle était perdue. Ils avaient fait l'amour et ne savait pas ce qu'elle voulait. Elle ne savait pas non plus ce qu'il voulait non plus. Elle décida d'attendre de voir comment il réagirait dans les jours à venir. Ils n'était pas ensemble à proprement parler mais elle sentait qu'il y avait quelque chose entre eux, quelque chose de relativement fort.
Elle s'habilla d'une jupe plissée, de grande chaussette blanches et d'un petit pull noir.
Elle enfila sa cape et s'apprêta à partir. Les Griffondors et les Serpentards avaient cours en commun : enchantement.
Elle rejoint ses amis devant la salle de cours.
Ginny avait bien évidemment raconté l'épisode de la veille à son petit ami et il décida de lui parler à son tour, sans la brusquer.
- Salut Mione. ça va ? fit Harry.
- Oui, très bien.
- Tu as l'air fatiguée.
- Oui, je n'ai pas beaucoup dormi.
Il la prit par le bras afin de l'éloigner un peu du groupe. Ron ne broncha pas. Il savait ce qu'Harry voulait lui dire et comme le brun avait toujours été plus proche d'Hermione que lui-même, il considérait que c'était à lui de lui parler.
- Je crois qu'il faut qu'on parle.
- Comment ça ? dit-elle, sur la défensive.
- Tu t'éloignes de nous. Pourtant tu sais qu'on est là pour toi, n'est ce pas ?
- Oui, je le sais, soupira-t-elle.
Elle dissimula sa rancœur. Drago, lui, avait fait le premier pas alors que ses soi-disant meilleurs amis attendaient qu'elle leur demande de l'aide.
- J'ai simplement besoin de solitude en ce moment, ajouta-t-elle assez sèchement.
- Je ne suis pas sur que ce soir la meilleure chose à faire Mione. Tu m'échappes sans que j'arrive à te retenir et ça me brise le cœur. Tu m'effraies. Tu es froide et distante. Ginny et Ron ne te reconnaissent plus non plus.
Elle ne répondit pas, ne sachant que répondre.
Puis elle leva les yeux et les plongea dans le regard émeraude de son ami et la sollicitude qu'elle y lut l'agaça malgré elle.
- Je ne veux pas que l'on ait pitié de moi.
Il sursauta, surpris.
- De la pitié Hermione ? Tu crois réellement que c'est de la pitié ? Si tu appelles pitié l'amitié, il va falloir que tu relises le dictionnaire, surtout si tu n'es pas capable de faire la différence entre les deux.
Elle se raidit.
- Ginny m'a également dit que tu nous en voulais toujours.
- Ce n'est pas volontaire, crois-moi. Mais cet été, j'ai vraiment eut le sentiment que vous m'aviez abandonnée.
- Ce n'est pas…
- De votre faute, je sais.
- Alors pourquoi nous le reproches-tu ?
Elle haussa les épaules.
Les Serpentards arrivèrent à ce moment, suivis du professeur Flitwick, coupant court la discussion.
Elle risqua un regard vers Drago. Il la regarda aussi sans animosité aucune et lui fit un sourire imperceptible. Cela la soulagea de voir qu'il ne s'était pas moqué d'elle.
Ils s'engouffrèrent tous dans la salle de classe à sa suite et s'installèrent bruyamment.
Assise près d'Harry, elle l'ignora et il eut le sentiment d'être allé trop loin.
- Mione, chuchota-t-il.
Elle lui jeta un regard glacial.
- Je ne voulais pas te faire de peine. J'aimerai juste que ça redevienne comme avant entre nous. Souviens-toi, le trio...
Elle esquissa un sourire en souvenir du bon vieux temps mais répondit :
- Rien ne sera plus comme avant Harry, et tu le sais.
Il soupira.
- Je le sais.
..............................
- Aujourd'hui, nous allons étudier le sortilège de l'amplificatum, commença le professeur. Vous avez devant vous différents objets et le but de l'exercice sera d'augmenter leur taille de manière consequente.
Différents objets se trouvaient sur les pupitres : des boites d'allumettes, des souris, des plumes...
- La formule à réciter est AM-PLI-FI-CA-TUM. Allez-y.
Tout le monde s'atela à la tâche. Ron mit le feu à sa plume tandis qu'Harry fit chanter sa tasse.
Hermione observait tout le monde s'empetrer dans son devoir. Malefoy avait réussi à lancer le sort à la perfection et un énorme crapaud tronait sur son bureau, lançant de bruyants côassements.
Elle saisit sa baguette et un curieux fourmillement monta de ses doigts jusque dans son coude. Elle n'en tint pas compte et agita sa baguette en prononçant la formule. Un éclair de lumière verte en jaillit, faisant littéralement exploser le bureau. Tout le monde cria et la moitié des personnes se jetèrent sous les tables.
Elle regarda autour d'elle ébahie.
Tous les élèves se relevèrent, et la fixèrent, appeurés. Les Serpentards ricanaient et Drago la regardait d'un air abassourdi.
- Miss Granger, je peux savoir ce qui vous a pris?
- Je ne sais pas ce qui s'est passé professeur.
- Je vous en prie ! Lancer un sortilège d'une telle puissance en plein cours, et interdit qui plus est ! Vous auriez-pu blesser vos camarade ! Je vous prie de vous rendre dans le bureau du directeur sur le champ !
Elle allait insister mais quand elle vit les regards des autres élèves, elle attrapa son sac et sortit de la salle en fonçant les sourcils.
La gargouille la regarda et la reconnaissant, la laissa passer en souriant.
La porte du bureau de Dumbledore s'ouvrit avant même qu'elle frappa et elle entra.
Le directeur se tenait derrière son bureau, les mains jointes. Il l'attendait.
- Miss Granger.
Elle le salua d'un signe de tête et s'installa dans le fauteuil en face de lui.
- Où avez-vous appris ce sort ?
- Mais quel sort ? s'exclama-t-elle. Je n'ai fait que jeter le sort de l'amplificatum.
- Vous devriez pourtant savoir que le sortilège de l'avada destructo est un puissant sortilège de magie noire, Miss Granger, dit-il d'un voix sévère.
- Le sortilège de quoi ? Je ne sais pas de quoi vous parlez. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Un jet de lumière verte est sortie de ma baguette.
- Vous ne me cachez rien, n'est ce pas ?
Elle se mordit les lèvres.
- Non professeur.
Il l'observa d'un air suspicieux puis soupira.
- Je vais devoir examiner votre baguette Miss.
- Très bien.
Elle la posa sur le bureau devant elle.
- Je vous dispense de cours pour la journée. Reposez-vous. Je vous ramènerai votre baguette en fin de journée.
- Merci.
Elle se leva et se rendit dans sa salle commune.
Elle tourna en rond puis se rendit dans sa chambre, perdue.
Son pied buta dans un objet.
La petite pierre aux reflets d'essence. Elle la ramassa, troublée. Elle l'avait laissée tombée durant la curieuse expérience qu'elle avait vécue en prononçant la formule.
Et si ça avait un lien.
Le fourmillement se fit de nouveau ressentir.
Elle s'assit en tailleur sur son lit, la serrant entre ses deux mains, et ferma les yeux, se concentrant. Elle sentit petit à petit l'étrange vibration s'étendre à tous ses membres. Un puissance monta en elle et elle ne chercha pas à la controler. Lorsqu'elle sentit ses cheveux se dresser sur sa tête, elle ouvrit les yeux et se raidit.
Elle se voyait dans le miroir en face de son lit et était nimbée d'une douce lumière verte, tandis qu'elle flottait à quelques centimètres au dessus de son matelas.
