Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.

Chapitre 10

Harry devait faire quelque chose, malheureusement il ignorait complètement ce que ce « quelque chose » pouvait bien être. Son regard ne pouvait s'empêcher de passer du regard stupéfait de Sirius, aux sanglots de Malfoy, au stoïcisme de McGonagall et au petit sourire de Dumbledore. Que devait-il faire? Que devait-il dire? Il devait faire quelque chose. Il ne pouvait pas laisser cette histoire continuer ainsi. Il ignorait pourquoi Rogue était si en colère. Était-ce parce qu'il avait vécu la même situation qu'eux par le passé, mais, contrairement à eux, avait décidé d'avorter? Ou bien était-ce parce qu'il était Rogue et donc était désagréable? Il n'aurait su le dire. Le brun finit par hocher la tête et se diriger vers Malfoy. Le blond était le plus important pour l'instant. Il parlerait à Sirius plus tard. Il essaierait d'expliquer à son parrain comment une chose pareille avait pu arriver. Plus tard. Il se mit alors à genoux devant le Serpentard et prit ses deux mains entre les siennes. Son cœur se serra douloureusement en voyant les yeux emplis de larmes de Malfoy. Merlin tout puissant… Le blond était vraiment enceint. Jamais Malfoy n'aurait permis à quiconque de voir ses larmes auparavant. Il fallait qu'il lui dise quelque chose. N'importe quoi. Ils avaient pris une décision non?

-Malfoy…

-Je ne le savais pas. Murmura le blond. Je suis… Je suis… Oh ma tête…

Il vit un tremblement secouer le blond et sut aussitôt que celui-ci allait probablement se remettre à sangloter. Il avait envie de lui hurler d'arrêter de pleurer. Que cela ne changerait rien. Qu'il fallait plutôt réfléchir à une solution et non s'apitoyer sur leur sort. Mais, hurler sur Malfoy n'apporterait rien de bon. Le Serpentard n'était pas lui-même pour le moment. Il était… fragile. Harry ne savait pas comment être délicat. Il ne savait pas comment ménager les sentiments d'autrui. Il n'avait jamais eu à le faire. Et bien! Il fallait une première fois à tout.

-Malfoy écoute… l'avortement est…

-C'est un meurtre! C'est… Je… Je ne peux pas.

-Malfoy, tu ne peux pas avoir ce bébé parce que tu te sens coupable. Déclara calmement Harry.

Il vit les yeux gris s'écarquiller et compris soudainement ce qu'il devait dire.

-Écoute, oublie ton opinion sur l'avortement. Oublie que tu penses qu'il s'agit d'un meurtre et penses-y 5 secondes. Pourquoi est-ce que tu veux avoir ce bébé?

-Potter ne me dit pas que tu veux encore…

-Non! Non, je n'essaye pas d'ignorer mes responsabilités! Je n'essaye pas de faire comme si ce bébé n'existait pas! J'y ai réfléchi, mais toi est-ce que tu y as réfléchi?

En voyant le regard de Malfoy, Harry ne put s'empêcher de frissonner. Le blond n'avait réfléchi à rien. Le Serpentard était encore un adolescent. Il agissait avant de véritablement réfléchir. Malfoy était convaincu que d'avorter était un meurtre. Lui n'en savait rien. Qui était-il pour juger les gens qui avortaient? Qui était-il pour savoir ce qui était bien de ce qui était mal? Bordel! Cela faisait des dizaines d'années que les gens se disputaient encore et encore sur ce sujet, ce n'était certainement pas lui qui allait soudainement avoir la solution! Mais, il y avait une chose qu'il savait… une seule et unique chose…

-Élever un enfant parce que nous n'avons pas le choix est une mauvaise chose.

-Pourquoi? Cracha Malfoy. Qu'est-ce que tu en sais?

-J'en sais beaucoup de choses puisque ma « famille » m'a élevé parce qu'elle n'avait pas le choix.

D'accord, il savait que Malfoy ne traiterait pas leur enfant comme les Dursley l'avaient traité. Mais, n'était-ce pas la même chose? Cet enfant allait le sentir. Il allait savoir qu'il n'avait pas été désiré, qu'il était une malédiction, qu'il avait gâché la vie de ses parents. Comment allait-il réagir alors? Qu'allait-il devenir?

-Tu sais… si je n'étais pas venu à Poudlard… si je n'avais pas connu Ron, Hermione et Sirius, je ne sais pas ce que je serais devenu. J'aurais pu devenir mauvais.

-Potter…

-Non, écoute-moi! Avoir un enfant veut dire penser à son bien-être en premier lieu.

-Je pense à son bien-être! Je pense à sa vie!

-Non, tu penses à ta conscience! S'énerva Harry. Tu te dis que tu serais un meurtrier si tu avortais. Tu ne penses pas à cet enfant, mais à toi!

Oh merde. Il vit les yeux de Malfoy se couvrir de larmes et faillit se foutre une baffe. N'avait-il pas dit qu'il devait parler calmement et gentiment à Malfoy? Mais, bon sang! Le blond l'énervait à agir comme un gosse de cinq ans qui refusait de comprendre qu'il devait devenir adulte tôt ou tard. Et, dans leur cas, c'était beaucoup plus tôt que tard. Si Malfoy voulait avoir ce bébé, il devait le mettre en premier plan. C'était pour ça qu'Harry avait paniqué. C'était pour ça qu'il avait voulu s'enfuir. Parce qu'il savait que s'il acceptait de faire partie de la vie de cet enfant, il allait devenir la première priorité.

-Tu dois te demander. Commença-t-il doucement. Si tu es capable d'aimer cet enfant. Si tu es en mesure de faire de lui ta priorité. Oublie le « meurtre ». Oublie tes préjugés et tes croyances, le plus important est cet enfant. Son bien-être.

-En le tuant… Tu penses que c'est pour son bien. Siffla sarcastiquement le Serpentard.

-Pourquoi mettre un nouvel enfant malheureux dans ce monde? Il n'y en a pas déjà assez?

Le Serpentard se redressa brusquement et, sans un mot de plus, partit en courant. Harry ne pouvait pas lui en vouloir. Lui aussi était épuisé. Il avait cru que Malfoy était préparé. Il avait cru que Malfoy était le plus mature entre eux. Mais, ce n'était pas vrai. Malfoy ne savait rien de la vie et de la douleur. Il était né avec une cuillère en argent dans la bouche et maintenant… Il n'avait plus son père et sa mère pour lui dire quoi faire. Harry se tourna alors vers Dumbledore, le fixant droit dans les yeux.

-Vous pouvez nous mettre dehors si ça vous chante. Déclara-t-il froidement. Je sais que d'avoir un élève enceint dans l'école serait mal vu. J'ai de l'argent. Je peux m'occuper de Malfoy et de notre enfant. En fait, avec tout l'argent que mes parents m'ont laissé, je pourrais m'occuper de 15 enfants sans même devenir pauvre. Mais, n'oubliez pas que Poudlard est notre maison. Si vous pouvez nous mettre si facilement dehors, cela veut dire que vous vous fichez éperdument du bien-être de vos élèves.

Il croisa alors le regard de Sirius et hocha faiblement la tête.

-Désolé de ne pas pouvoir te parler d'avantage, mais je dois aller voir Malfoy. Il a besoin de moi.

Et il avait accepté d'être là pour le blond. Il avait accepté d'être un père et d'être un partenaire pour Malfoy. Il se mit alors à courir à son tour, espérant que le Serpentard se trouverait dans sa chambre. Il n'eut même pas à prier longtemps puisque Malfoy se trouvait devant le portrait qui gardait sa salle commune, les jambes tremblantes et le souffle court. Harry s'approcha doucement de lui, posant délicatement ses mains sur les épaules du blond. À sa grande surprise, Malfoy fit soudainement volte-face et se jeta dans ses bras, pleurant à chaudes larmes. Sa première réaction aurait été de paniquer. Il n'avait jamais particulièrement aimé que Ginny l'enlace. Il ignorait toujours comment réagir. Ce n'était pas comme s'il avait eu beaucoup d'affection dans son enfance. Ses yeux s'assombrirent légèrement alors qu'il imaginait son enfant ayant la même vie que lui. Vivant dans une belle maison avec une famille qui le considérait comme un fardeau. Il ne voulait pas ça. Il ne souhaitait pas ce destin à quiconque alors à son propre enfant.

-Qu'est-ce que je dois faire? Gémit le blond.

-Malfoy oublie tes croyances ce n'est pas ça qui est important. Oublie l'argent, j'en ai beaucoup tu n'es pas sans ressource, tu ne seras jamais sans ressource. Tu dois simplement te demander si tu es capable d'aimer cet enfant. Si tu es capable de lui donner tout ce dont il a besoin. Pas seulement matériellement.

Malfoy se dégagea doucement de son étreinte et murmura faiblement le mot de passe de sa salle commune. Harry ne pouvait que le suivre silencieusement. Il allait être présent pour Malfoy peu importe sa décision. D'accord, il ne s'agissait que d'une nuit. Une nuit stupide et emplie de passion. Lui et Malfoy avaient été stupides de coucher ensemble sans protection. Mais, ils l'avaient fait et ils devaient accepter les conséquences. Ce bébé n'avait pas à vivre les conséquences de leurs actes. Ce bébé était innocent. Il avait le droit au bonheur. Ou il avait le droit de ne pas souffrir si Malfoy décidait d'avorter. Un désagréable pincement au cœur lui fit froncer les sourcils. Il n'allait pas commencer à mettre de la pression sur Malfoy. Le Serpentard était celui qui portait ce bébé, c'était donc à lui que revenait cette décision. Le blond pénétra alors dans sa chambre et s'allongea sur son lit, lui faisant signe de lui suivre. Harry s'allongea à son tour et Malfoy lui aussitôt les mains, les mettant tranquillement sur son ventre.

-Il est trop petit pour que tu le sentes, mais il est là, pas vrai? Souffla le blond. Il est là…

Les mains d'Harry se crispèrent sur le ventre encore plat de Malfoy et il ne put que déglutir avec peine. Qu'est-ce que Malfoy voulait qu'il lui dise? Il n'y avait rien à dire voilà tout. Ce bébé ne ressentait rien pour l'instant, n'est-ce pas? Était-il même véritablement vivant? Ah bordel… Il n'allait pas commencer à se poser des questions sur les sentiments d'un fœtus. Il… Il voulait simplement faire la bonne chose. La chose juste.

-Je crois que je peux l'aimer… Je ne sais pas comment m'en occuper, mais ça s'apprend non? Je peux le faire non?

Un léger sourire se forma sur les lèvres du Griffondor alors qu'il serrait le blond un peu plus fermement contre lui. Ses mains se mirent à se promener gentiment sur le ventre de Malfoy. Il devait avoir l'air parfaitement idiot.

-Je n'espère qu'une chose si tu mets au monde ce bébé. Murmura le brun.

-Quoi?

-J'espère qu'il héritera de ma grandeur parce qu'être aussi minuscule que toi…

Aussitôt, il reçut un coup de coude vengeur et éclata de rire. Son cœur s'allégea immédiatement en sentant le corps de Malfoy se détendre contre le sien.

-Premièrement, je ne suis pas minuscule. Siffla le blond. Deuxièmement, si ce bébé est une fille, je ne pense pas qu'elle appréciera particulièrement d'être aussi grosse que toi.

-Hé! Je ne suis pas gros.

-Troisièmement. Continua Malfoy, imperturbable. Il est hors de question que je devienne si énorme. Si ce bébé est aussi gros que toi, je risque de prendre 60 livres avant la fin de cet accouchement.

Harry continua à rire doucement, caressant délicatement la peau du Serpentard. Hum… Il avait presqu'oublié à quel point la peau de Malfoy était douce… Et s'il montait sa main juste un petit peu plus haut… Il se donna aussitôt une claque mentale face à ses pensées. Bordel! C'était à cause de sa libido qu'il se trouvait dans cette situation! Il n'allait pas recommencer à penser avec le second cerveau de l'homme!

-Alors, j'imagine que tu as pris ta décision. Fit remarquer Harry.

-Je comprends ce que tu m'as dit Potter… Je comprends et tu as raison. Je ne peux pas donner naissance à un enfant uniquement parce que je me sens coupable. Mais, ce n'est pas à cause de ça que je le veux. C'est mon bébé. Et je ne suis pas seul. Je t'ai toi. Et tu es riche donc je ne suis pas sans ressource.

-Merci Malfoy. Je me sens aimer. Répliqua sarcastiquement Harry.

-Aurais-je du parler de ton superbe corps Potter?

Harry sentit un rougissement désagréable s'étendre sur ses joues alors que Malfoy se mettait à rire doucement. Il ignorait ce que l'avenir lui réservait… Il ignorait même s'il pourrait rester à Poudlard qui avait été sa première véritable maison. Mais, en caressant le ventre de Malfoy, il avait soudainement et stupidement réalisé quelque chose. Il allait avoir une famille. Et cette pensée était suffisante pour qu'il se sente le courage de tout affronter.

À suivre…