Note : Bonjour à tous et toutes ! Me revoilà, après plusieurs mois de silence, avec un tout nouveau chapitre (encore plus long que les précédents) ! J'espère qu'il sera à la hauteur de vos attentes !
Un grand merci aux revieweurs du chapitre précédent : Laelya, Ccile (m***** pour tes révisions de concours, je suis passée par là aussi !), brigitte26, X barma, lololitaoe, un guest, Kelewan, un autre guest (ta review m'a vraiment touchée, ça fait plaisir d'avoir des lecteurs comme toi !) et mag-chan !
Chapitre 11 : La fête est finie
Quand y'a plus d'alcool sur le sol que dans les verres
C'est qu'il est l'heure de rentrer
Quand y'a plus d'musique et t'es tout seul sur la piste
Il faut qu't'arrêtes de danser
La fête est finie, Orelsan
Connaissez-vous ce moment précis, au beau milieu de l'euphorie (à un concert, une fête, une soirée…) où vous ne vous sentez soudain plus à votre place ? Où vous vous stoppez net en réalisant que vous n'avez plus qu'une envie : prendre vos jambes à votre cou ? Pourtant, quelques minutes auparavant, vous vous amusiez comme tous ceux qui vous entourent et qui continuent de secouer leur tête au rythme des basses. Mais quelque chose s'est brisé en votre fort intérieur et vous êtes brusquement passés de l'exaltation au néant. Le moment ne semble plus faire aucun sens. Vous vous demandez pourquoi vous êtes en train de vous dandiner avec de parfaits inconnus alors que vous pourriez être dans votre lit à regarder une série sur Netflix.
Pour ma part, je ne connais que trop bien ce sentiment. Je l'ai expérimenté un nombre incalculable de fois. Souvent, je ramassais mes affaires et quittais la fête sur le champs. Car il n'y a plus d'espoirs pour vous à partir de ce moment-là : vous êtes condamnés à rentrer chez vous, l'esprit embrouillé, une peine inexplicable vous pesant sur le coeur.
C'est ce sentiment, très exactement, que l'ensemble de nos protagonistes ressentirent vers deux heures du matin, à l'aube du 20 juin, lorsque, simultanément, ils se retrouvèrent confrontés à de bien déplaisantes nouvelles.
Si j'étais vous, j'arrêterai ma lecture ici. Les événements relatés dans ce chapitre ne sont pas des plus joyeux. Disputes et déceptions seront les seules ressorts de cette terrible soirée d'été qui restera à jamais gravée dans la mémoire de nos héros.
De nombreuses situations de la vie courante avaient tendance à agacer Blaise Zabini. Les remarques désobligeantes de son patron, la grève des gestionnaires du réseau de Cheminée, les arrivées à l'improviste de sa mère à Londres… Il ne pouvait s'empêcher de se crisper au moindre événement qui le contrariait.
Si Blaise était rapidement frustré par les petits problèmes du quotidien, il n'en était pas pour autant une personne colérique : il lui arrivait rarement de déclencher une querelle dans ce genre de situation. Il évitait de montrer qu'il perdait le contrôle et préférait dissimuler ses véritables sentiments sous un masque de sérénité. Il se contentait de quelques remarques perfides et n'allait souvent pas plus loin.
Ainsi, seul un Blaise Zabini poussé dans ses retranchements pouvait être amené à se mettre en colère et déraper. Théodore Nott, pour avoir partagé la vie du jeune avocat pendant trois ans, le savait pertinemment. Il savait que, sous la surface, Blaise avait le sang chaud. Il savait aussi comment le faire arriver au point de non retour, comment lui faire perdre le contrôle. Ce soir-là, il était parti au combat avec pour seul objectif d'y parvenir. Et le moment tant attendu était finalement arrivé. Blaise était à bout de nerf, Théodore pouvait le sentir. Il n'allait pas tarder à craquer. A mesure que le médicomage débitait ses accusations, il voyait distinctement les poings du métis se resserrer contre ses flancs et sa mâchoire se crisper. Ses yeux noirs le foudroyaient, emplis d'une colère prête à exploser.
« Tu veux discuter ? lâcha t-il finalement, coupant Théodore dans son interminable monologue. Très bien, on va parler, toi et moi.
Aveuglé par la fureur, il ne remarqua pas l'expression de victoire qui se dessinait sur les traits du brun. Sa patience avait atteint ses limites. Il se saisit fermement du poignet de son ex-compagnon, serra fort, et les fit tous les deux disparaître dans un tourbillon vert.
Dans le bar, le public était ébahi par la scène qui venait de se dérouler sous leurs yeux.
« On ne saura jamais comment cette histoire se termine... se désola une vacancière.
- Ca sent mauvais pour vous, confia une autre à un Alfonso encore sous le choc.
Le trajet du bar au bungalow se fit dans le plus grand des silences. Ron jetait de temps à autres des coups d'oeil anxieux dans la direction d'Harry. Il avait l'impression de le voir comme pour la première fois.
Une multitude de questions l'assaillaient. Etait-il possible, après des années d'amitié, qu'il n'ait jamais véritablement cerné son meilleur ami ? Qu'il ait pu laisser passer une information aussi importante que celle-ci ? Qu'Harry soit donc en réalité… gay ?
Le rouquin secoua la tête. Il n'y avait aucun sens à tout cela. Harry était sorti avec Cho en cinquième année, et avec sa soeur pendant sept ans. Il éprouvait forcément de l'attirance pour le sexe féminin. Et puis, il n'avait pas pu se cacher pendant toutes ces années… Ce n'était pas vivable. Pas vrai ?
Et pourtant… Et pourtant… Il devait admettre que la scène à laquelle il avait assisté au bar, entre Harry et Malefoy, ressemblait bel et bien à de la drague. Et puis, le français n'avait pas eu l'air d'être en train de lui faire une blague. Il avait même l'air plutôt sûr de ce qu'il affirmait.
Ron commença à énumérer dans sa tête les personnes homosexuelles qu'il connaissait. Pour beaucoup, l'annonce avait été tardive (surtout si on prenait le cas de Tante Muriel, qui l'avait annoncé lors de son centième anniversaire !). La société sorcière n'était pourtant pas du tout opposée à ce genre de relation, mais il restait de tradition que les personnes homosexuelles se montrent extrêmement discrètes.
De plus, Harry avait été élevé à la moldue, et Ron avait entendu dire que les moldus ne toléraient pas aussi bien l'homosexualité que chez les sorciers. Ainsi, puisque le sujet était peu abordé et peu affiché chez les sorciers, peut-être avait-il cru que l'homosexualité n'était pas mieux accueillie dans la communauté sorcière que chez les moldus.
Le coeur du rouquin se serra à cette pensée. Et si Harry se faisait tout ce mal depuis toutes ces années parce qu'il pensait qu'il risquait d'être rejeté ? Cela n'était pas acceptable. Il fallait qu'il fasse quelque chose, qu'il lui parle, pour lui montrer qu'il n'avait aucune honte…
« Ron… Ron ?
La voix d'Hermione lui parvint comme dans un rêve. Il sursauta.
- Hein ? Quoi ? balbutia t-il.
- Tu peux nous ouvrir, s'il-te-plait ? soupira sa fiancée. Tu es le seul à avoir pris ta baguette.
Le rouquin cligna des yeux. Il était si absorbé dans ses pensées qu'il n'avait pas remarqué qu'ils étaient arrivés à leur bungalow. D'un geste distrait, il agita sa baguette pour que la porte s'ouvre.
- Aaah ! s'exclama Harry en se ruant vers sa chambre. J'ai bien besoin de cette nuit de sommeil…
- Harry, attends ! s'écria Ron.
Les mots étaient sortis de sa bouche avant même qu'il ait eu le temps d'y réfléchir.
- Chéri, ne cries pas si fort, le réprimanda Hermione.
Harry fronça les sourcils, surpris.
- Qu'est-ce qu'il y a Ron ? Un problème ?
- Non… Non, non, non. Justement. Ce n'est pas un problème. Et il faut que tu le saches ! s'exclama le rouquin.
- Ron… soupira sa fiancée. Qu'est-ce que tu racontes… Laisse Harry tranquille, il doit aller se coucher...
- Que je sache quoi ? intervint le brun.
- Que… Que personne ne te le reprochera ! Que si tu veux être toi-même tu peux ! La société sorcière est parfaitement ouverte à ce genre de… ce genre de relations !
Ron devait admettre qu'en prononçant cette phrase, il s'attendait plus à une réaction négative qu'autre chose. Il fut tout de même surpris de voir Harry tourner rouge de colère, lui agripper le col et s'exclamer :
- De quoi tu parles exactement ? Quel "genre de relations" ?
La chute sur le sable fut rude. Théodore se réceptionna comme il put avec ses mains, lâchant un petit cri de douleur lorsqu'il sentit un de ses poignets céder sous le choc. Il se retourna, furieux, vers un Blaise parfaitement stable ses deux jambes.
« Tu l'as fait exprès ! siffla t-il, accusateur. Tu m'as lâché le poignet au moment d'arriver pour que je tombe !
- Tout comme tu as fait exprès de m'humilier devant tout le centre de vacances et mon petit ami, rétorqua le métis, croisant les bras sur sa poitrine.
Il était à présent étrangement calme. Avoir retourné la situation en sa faveur lui avait redonné confiance. Il se sentait de nouveau en contrôle et prêt à affronter Théodore et ses mauvais tours.
- C'est donc tout ce que ma douleur représente à tes yeux ? cracha Théodore, toujours dans son personnage de l'ex blessé. Une humiliation devant ton "petit ami" ?
Il prit soin d'insister sur les guillemets en les mimant avec les mains.
- Cesse ton petit manège, grogna Blaise, des accents menaçants dans la voix. Tu ne souffres pas plus qu'un Cornelongue en Roumanie !
Pour ceux qui n'auront pas compris la référence, les Cornelongues sont des dragons originaires de Roumanie : c'est d'ailleurs sur leur territoire qu'a été établie la plus grande réserve de dragons au monde (celle où Charlie Weasley travaille). Bref, je m'égare.
- Qu'est-ce que tu cherches à insinuer, exactement ? siffla Théodore.
- Exactement ce que je t'ai reproché maintes et maintes fois et dont tu n'as jamais eu cure : ton indifférence face à tout ! explosa le jeune métis. Tu te fiches éperdument de moi ou de ma nouvelle vie amoureuse ! Tout ce que tu recherches, comme d'habitude, c'est à attirer l'attention. Tu ne supportes pas que j'ai trouvé quelqu'un, que j'ai tourné la page. Il faudrait que je sois encore en train de regretter notre relation.
Satisfait de la tournure que prenaient les événements, Théodore décida que la mascarade avait assez durée. Reprenant un visage plus neutre, il quitta son personnage de l'ex-petit ami offensé et répliqua, sur un ton beaucoup plus grave :
- Ne rêve pas, Blaise. J'ai autre chose à faire que de me soucier de ta petite vie.
Il devait admettre qu'il prononçait la phrase non sans un certain plaisir. Après tout, le but de cette opération n'était pas de laisser croire à Blaise qu'il regrettait vraiment leur séparation. Il faut que je lui montre à quel point tout cela m'est complètement indifférent, se persuada t-il, non sans réaliser à cet instant qu'il agissait exactement comme Blaise venait de lui reprocher.
J'ai l'impression que tu ne ressens rien. Jamais. Les mots du métis lors de leur rupture lui revinrent comme un coup de poing à l'estomac. Peut-être que son ex avait raison. Ou alors… Ou alors tu essayes simplement de t'en persuader et de dissimuler tes véritables sentiments, remarqua l'agaçante petite voix dans sa tête, celle qui avait tendance à avoir toujours raison.
Un sourire amer se dessina sur les lèvres de Blaise :
- J'ai bien compris que tu n'en as jamais rien eu à faire de moi. Tout passait avant moi de toute façon : ta petite ambition personnelle, tes patients, ton père qui ne t'as jamais aimé, ta pote Tracey et ses problèmes de couple… Tout ! Tout plutôt que de passer une après-midi avec moi ou que de partir en vacances ensemble !
- Blaise… J'ai des responsabilités, je suis médicomage !
- On a tous des responsabilités Théodore ! Et on arrive tous à s'organiser ! Et puis… Il me semble que cette année tu as réussi à prendre des vacances ! Bizarrement quand ce n'est pas avec moi ça te ne pose plus aucun problème !
- Arrête, tu sais très bien que tu exagères, se défendit Théodore, piqué à vif. Je ne pouvais pas toujours te suivre dans tes délires d'oisiveté, et passer ma vie en gueule de bois !
Connaissez-vous ce moment où une dispute atteint son point de non retour ? Où on sait qu'une réconciliation est désormais impossible ? Où chacun commence à se déchainer l'autre ? Vous êtes sur le point d'assister à un de ces moments.
Blaise était de nouveau fou de rage. Comment son ex osait-il lui reprocher quoique ce soit alors qu'il était l'unique responsable de la rupture ? C'était Théodore qui l'avait poussé à bout jusqu'à ce qu'il n'ait plus que le choix de le quitter. Comment pouvait-il à présent inverser les rôles et le faire passer pour le méchant ?
- Tu sais ce que tu es Théodore ? Un mec ennuyeux, borné, casanier, qui ne pense qu'à une seule chose : sa petite carrière ! Ce sont ta froideur et ton indifférence qui ont tué notre relation !
- Et toi, tu n'es qu'un pauvre innocent, je suppose… siffla l'héritier Nott. Jamais là le soir, toujours de sortie avec je-ne-sais-qui, à faire je-ne-sais-quoi !
- Arrête, nous avons déjà eu cette discussion ! Je t'ai toujours été fidèle, et tu le sais très bien, se défendit Blaise. Les sorts de traçabilité l'ont même prouvé !
- Les sorts de traçabilité sexuelle, mais bien sûr… Comme si je ne savais pas qu'ils pouvaient être falsifiés ! J'ai des patients qui viennent me voir tous les jours à ce sujet. Ne va pas me faire croire que tu n'as jamais dérapé à une de tes soirées arrosées !
- Tu vois, c'est ça ton problème, Théodore. Tu es incapable de faire confiance…
L'avalanche des reproches avait commencée. Plus rien ne semblait pouvoir arrêter ce flot de ressentiments et d'amertume. Cette discussion, sur le sable d'une île paradisiaque au milieu du Pacifique, était étrangement similaire à celle qu'ils avaient eu, plusieurs mois auparavant, le jour où Blaise avait décidé de rompre avec Théodore.
Utiliser les moyens immoraux pour obtenir ce qu'elle désirait n'avait jamais fait peur à Pansy Parkinson. A vrai dire, elle trouvait même l'exercice plutôt amusant.
« C'est le bungalow 265 ! annonça t-elle à Tracey, un sourire victorieux imprimé sur les lèvres.
Cette dernière écarquilla les yeux.
- Comment tu as fait ?
- Hum… Disons que j'ai réussi à convaincre le barman… suggéra la Serpentarde avec un sourire malicieux.
- J… Je ne veux pas savoir ! s'empressa de la couper son ex-camarade de dortoir.
Son visage avait tourné écarlate en l'espace de quelques secondes. L'héritière Parkinson secoua la tête.
- Ce n'est pas ce que tu crois… la corrigea t-elle, piquée à vif. (Pourquoi est-ce que tout le monde croyait qu'elle était ce genre de filles ?) J'ai juste constaté qu'il était très sensible au sort de chatouillis.
- Ahem… Oui bien sûr, répondit Tracey, affreusement gênée. Je me doutais que c'était quelque chose comme ça. Et donc c'est le bungalow 265 ?
La brune décida de laisser passer pour cette fois.
- Oui, c'est bien celui où Dean réside. On va lui rendre une petite visite ?
Il était un fait avéré qu'Hermione Granger était une personne bien plus empathique et perceptive que son fiancé, Ron Weasley. Comme elle le résumait si bien, il avait "la capacité émotionnelle d'une petite cuillère". Cela rendait donc compliqué pour lui de se mettre à la place des gens, et de comprendre leurs motivations secrètes.
Hermione, au contraire, avait un sixième sens pour comprendre les autres. Par exemple, elle avait compris depuis longtemps que la relation entre Harry et Ginny ne menait plus nulle part, mais que chacun s'efforçait de la maintenir pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec l'amour.
Pour Ginny, il paraissait assez évident qu'elle s'accrochait à une chimère de son enfance : Harry avait été son idole, son fantasme de petite fille. Elle ne se rendait pas compte que cette relation ne lui apportait rien, et surtout pas ce dont elle avait besoin. Lorsque la séparation avec Harry avait été consommée, Hermione s'était empressée de faire ouvrir les yeux à Ginny, sur ses goûts et sur les hommes qui lui correspondaient. Elle n'avait pas été surprise lorsque, quelques mois plus tard, cette dernière lui avait annoncée qu'elle sortait avec Neville Londubat.
Le cas d'Harry était plus compliqué pour quiconque ne le connaissant pas très bien. Mais Hermione, qui était sa meilleure amie depuis l'âge de onze ans, avait rapidement compris d'où venait le blocage : Harry n'aimait pas les filles. C'était aussi simple que cela. Elle n'avait jamais essayé de lui en parler. Elle n'était pas sûre qu'il s'en était lui-même rendu compte, et elle voulait lui laisser le temps de se découvrir à son propre rythme.
Aussi, elle su immédiatement qu'elle devait à tout prix faire taire Ron avant qu'il n'aille trop loin. Le rouquin avait compris le secret d'Harry, et s'apprêtait à lui jeter en pleine figure.
« Ron, Harry, arrêtez… s'écria t-elle en les séparant.
En vain, son fiancé était déjà lancé dans sa tirade.
- Harry, je… tu peux nous le dire tu sais. Hermione et moi ne te jugerons pas. En fait, personne ne te jugera ! Ou alors ils auront affaire à moi !
La jeune femme vit les poings d'Harry se serrer, signe évident qu'il était prêt à exploser de nouveau. Elle devait arrêter tout cela avant que la situation ne vire au drame.
- Ron… Je ne vois absolument pas de quoi tu parles… articula le Sauveur lentement, le visage rouge.
- Les garçons… siffla Hermione, tout en cherchant sa baguette des yeux.
Elle su que Ron allait faire une gaffe avant même qu'il n'ouvre la bouche.
- Ce n'est pas grave de préférer les hommes, tu sais…
En cette nuit du 20 juin, le ciel était clair et complètement dégagé. La voûte céleste surplombait un océan parfaitement calme dans lequel la lumière des astres se reflétait avec netteté. Pourtant, nombreuses furent les personnes qui traversèrent la plage du centre de vacances ce soir-là sans remarquer ce magnifique spectacle. Drago Malefoy en faisait partie. Il était trop contrarié par les événements de la soirée pour prendre le temps de regarder autour de lui.
Il était même fou de rage. Comment Potter avait-il osé le traiter de cette façon ?
« Je ne suis pas un de ces types, moi ! singea t-il. Tu sais ce qu'il te dit "un de ces types" ? D'aller te faire voir. Tu n'es qu'un minable insecte, Harry Potter ! Un stupide veracrasse, un immonde scroutt à pétard !
Drago aurait pu poursuivre ses récriminations encore longtemps. Il faut dire qu'il avait énormément d'insultes en stock pour qualifier son rival*. Malheureusement, il fut interrompu dans son monologue par des voix, au loin. Elles venaient de la plage. Elles paraissait furieuses. En tendant l'oreille, il constata qu'elles proféraient elles aussi des injures plus fleuries les unes que les autres.
- Misérable gnome des forêts irlandaises !
- Espèce de bouse de dragon !
- Sale détraqueur !
- Bachi-bouzouk !
Ouah, ils sont presque meilleurs que moi !* songea Drago, effaré. Ils ont même utilisé une insulte moldue ! Ils ne devaient pas être bien loin de lui… Et s'ils utilisent un registre aussi étendu d'insultes, il ne peut s'agir que de…
… des Serpentards ! réalisa t-il. Mais oui, bien sûr !
Comprenant ce qui était en train de se passer, Drago se mit à courir. Il n'y avait plus une seconde à perdre. Ces deux-là pouvaient rapidement en venir aux mains.
« Blaise ! Théodore ! hurla t-il à plein poumons. Arrêtez !
Il attrapa sa baguette dans sa poche et la brandit devant lui.
- Arrêtez immédiatement !
Alors qu'il contournait une dune, il tomba nez à nez avec les deux concernés. Ces derniers ne semblaient pas avoir entendu ses cris. Ils continuaient de s'insulter allègrement, se tenant chacun par les cols de leurs chemises.
- Si seulement j'avais ma baguette... menaçait Théodore, les yeux lançant des éclairs.
- Arrêtez ! répéta Drago.
Puis, ne connaissant aucun sort pour séparer deux personnes en train de se battre à mains nues, il s'écria :
- Expelliarmus !
Le sort eu l'effet escompté. Théodore et Blaise furent instantanément séparés et expulsés loin l'un de l'autre.
- Fini de faire les enfants ! s'exclama l'héritier Malefoy en se dirigeant vers Blaise pour lui attraper le bras. Maintenant chacun rentre chez lui.
Puis avec autorité, il força le métis à se lever et à le suivre.
Cette soirée est encore plus désastreuse que je ne le pensais, conclut-il alors qu'ils rentraient au bungalow.
« C'est bête à dire, mais je crois que je me sens mieux… souffla Harry avec un petit sourire.
Hermione s'autorisa à pousser un soupir de soulagement. Elle ne pensait pas cela possible, mais elle avait réussi à apaiser la situation. Ce n'était pourtant pas gagné d'avance, car Ron avait mis le Sauveur dans tous ses états, en le confrontant sur son secret le plus intime.
Mais la jeune femme était parvenue à faire voir au jeune Auror qu'il n'avait rien à craindre, et que la société sorcière était toute disposée à l'accepter comme il était. Après de longues heures de discussions (le soleil se levait déjà), il avait fini par l'admettre : Oui, il préférait les hommes. Il se sentait enfin libéré d'un fardeau, capable d'être lui-même avec ses amis. Et Hermione pouvait enfin se détendre et souffler. Encore une fois, elle avait évité le pire en rattrapant la gaffe de son fiancé.
Elle aurait pourtant dû savoir que le pire arrive toujours lorsqu'on baisse sa garde. Et le pire arriva, sous la forme de Ron et son manque total de tact :
« Ah, je m'en suis douté, tout à l'heure, quand je t'ai vu discuter avec Malefoy. Vraiment, on ne voyait que ça… Il y avait cette tension entre vous, cette flamme…
Elle n'eut pas le temps de saisir sa baguette que déjà Harry se levait, le visage rouge de colère :
- Ron, ce n'est pas parce que je viens de reconnaître que j'aime les hommes qu'il faut que tu t'imagines que je craque pour n'importe qui ! Malefoy ? Sérieusement ? Mais tu me prends pour qui ?
Puis, sans demander son reste, il se rua vers sa chambre. Il claqua la porte violemment derrière lui, sans plus laisser le temps à Hermione d'arranger la situation.
- Chéri, parfois tu ferais vraiment mieux de te taire, soupira la jeune femme.
Tracey éclata de rire.
« Hahaha ! Je n'avais rien fait d'aussi fou depuis… très, très longtemps !
Pansy alluma une cigarette et tira une longue bouffée. Elle tendit ensuite sa clope à son amie.
- N'empêche, poursuivit la blonde en tirant à son tour. Je ne pensais vraiment pas qu'il aurait le toupet de nous proposer un plan à quatre avec sa pouffiasse !
- Je crois qu'il ne voyait pas où était le problème… Quel goujat ! s'exclama Pansy.
- Mais ça ne rend notre vengeance que plus drôle, pouffa Tracey. La tête qu'il faisait quand ils, quand nous avons…
Un sourire machiavélique se forma sur le visage de son ex-camarade de dortoir au souvenir du mauvais tour qu'elles avaient joué à Dean.
- Bien fait pour lui ! Il a dû être si frustré...
- Pile au moment où…
Elles gloussèrent de concert.
- Et ensuite quand nous l'avons laissé en plan… s'exclama Pansy. La tête qu'il faisait n'avait pas de prix ! Même l'autre idiote ne voulait plus rester. Il a fini la soirée tout seul !
- Ca lui apprendra !
Elles rirent encore quelques minutes, profitant du moment, assises toutes les deux au bord de la plage face au lever du soleil.
- Tu sais… fit soudain Tracey, alors que leur fou rire se calmait. Je crois que je suis contente que ce plan avec Dean n'ait pas fonctionné, finalement.
- Moi aussi… confessa Pansy. On s'est bien plus amusées avec notre vengeance.
Tracey hocha la tête. C'est également ce qu'elle ressentait. Peut-être qu'elle s'était trompée, en fin de compte. Ce n'était pas des relations sans lendemain avec de beaux inconnus dont elle avait besoin. Non, ce dont elle avait besoin pour l'instant, c'était…
- Peut-être qu'on devrait continuer, lâcha t-elle finalement.
Pansy faillit s'étouffer avec la fumée de sa cigarette.
- Quoi ? Comment ça ? Continuer à se venger de Dean ? Tu crois qu'il n'a pas déjà eu sa dose ?
Tracey secoua la tête.
- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. Et si on continuait à… juste faire des plans ensemble ? Et cette fois-ci, pour faire le bien ? Pour aider nos amis par exemple ? Ca aurait certainement plus de sens que de se battre pour des mecs qui n'en valent même pas la peine.
- Hum… Ce n'est peut-être pas une si mauvaise idée, finit par répondre Pansy. Surtout que je crois que certains d'entre eux commencent sérieusement à avoir besoin d'aide…
Rendez-vous au prochain chapitre. Au programme : Pansy et Tracey entrent en action ! Blaise, Théodore, Harry et Drago en font les frais…
* Avez-vous remarqué vous aussi que Malefoy est hyper inventif quand il s'agit d'insulter les autres ?
