Aaaaahh, toutes mes excuses ! J'ai vraiment eu une semaine plus que chargée et c'est la première fois que j'arrive à souffler plus de cinq minutes pour boucler les derniers détails de ce chapitre, je suis désolée . Enfin voici quand même le chapitre, j'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture^^
CHAPITRE 11 : Conséquences
Hermione mit quelques instants à réagir. Puis finalement, ses pieds décolèrent du sol et elle courut pour le rejoindre, parce que Lucius Malefoy ne l'avait pas attendu.
—Je tiens à préciser que je veux que vous m'en disiez plus à propos de Bellatrix avant que nous ne recommencions à parler de quoi que ce soit d'autre.
S'il ne s'était pas s'agit de Lucius Malefoy, Hermione se serait presque attendu à ce qu'il roule des yeux ou fasse quoi que ce soit d'autre pour démontrer son agacement. Au lieu de ça, il fit ce qu'il faisait le mieux et ce qu'il faisait tout le temps. Il se montra froid et méprisant.
—De quoi comptez-vous me parler aujourd'hui ? Continua-t-elle alors qu'ils passaient une petite porte de bois, à l'arrière du bâtiment qui, selon Hermione, ressemblait à s'y méprendre à une porte de service.
Il ne lui répondit pas, au lieu de ça, Hermione découvrit ce qui s'avérait être une cuisine immense des plus rustiques.
Plus encore, alors qu'elle s'apprêtait à l'assaillirent une fois de plus de questions, elle se stoppa nette, bouche-bée, en le voyant se diriger tout naturellement vers les fourneaux. Il entreprit de préparer ce qui semblait être du thé.
Hermione n'en croyait pas ses yeux. Lucius Malefoy dans une cuisine ? Pour préparer quelque chose qu'elle allait visiblement consommer ? Invraisemblable.
Elle eut soudain une pensée.
Devait-elle faire attention à ne pas se faire empoisonner ?
—Fermer votre bouche, Miss Granger. Ou serait-ce une tare héréditaire puisque vous faite cela à longueur de temps ?
Cela fit son effet, elle se redressa et pinça fort les lèvres, rougissant quelque peu. Comment pouvait-il savoir tout ça alors qu'il lui tournait le dos ?
—Comptez-vous parler un jour ? Le pria-t-elle au bout d'un moment. Je n'ai pas que ça à faire, Ron va bientôt rentrer à l'appartement.
Il lui coula un regard ironique et elle comprit. Ron allait finir par être au courant à un moment ou à un autre… Mais en attendant, elle comptait bien lui cacher cette information autant que possible. Et puis, se dit-elle par la suite, avec un brin de culpabilité, il n'avait pas vraiment besoin de savoir qu'elle allait lui rendre visite régulièrement, que cela allait durer sans doute un moment, ni pourquoi.
Malgré tout, Malefoy ne parla pas immédiatement.
Il attendit de lui avoir donné une tasse de thé et de retourner s'adosser contre le meuble le plus proche. Un peu trop nonchalamment pour sa personne, selon Hermione. Elle se demandait ce qu'il pouvait bien lui arriver.
—Bellatrix était quelqu'un de très protecteur du temps de Poudlard et même bien après. Sans doute un peu trop pour son propre bien. C'était quelque chose de très notable, surtout après que Narcissa soit entrée à Poudlard. Elle était de trois ans sa cadette et surtout, elle l'aimait tellement que même si nos parents m'avaient poussé à garder un œil sur Bellatrix, celle-ci a suffisamment insisté pour que je l'aide à protéger sa sœur. Et pourtant, Merlin sait que Narcissa n'a jamais eu besoin d'aide… C'était une personne à part, totalement en marge du reste de ses condisciples et pourtant adorée de tous.
Il soupira.
—J'en ai même fini par passer autant de temps avec elle qu'avec Bellatrix par le passé. Celle-ci a bien sûr été un peu vexé mais… Je crois qu'elle l'a bien vécu… Sans doute sa tendance à vouloir voir sa sœur heureuse et à l'abri. J'ai appris à voir ça comme une marque de confiance.
Malefoy resta silencieux un moment, totalement plongé dans ses pensées, dans son passé et il avait l'air étonnamment bienheureux en pensant à la femme qui l'avait quitté. Comme s'il tenait vraiment à elle…
Puis, Hermione réalisa qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps avant que Ron ne rentre et elle n'eut pas le cœur de le tirer de ses pensées alors elle se leva discrètement et s'en alla. Ce n'est que quand elle rentra chez elle que la jeune femme comprit qu'il avait peut-être essayé de gagner du temps, pour la ficher dehors. Elle se demanda un bref instant si cette nostalgie sur son visage avait été totalement simulée ou non…
X
Presque deux semaines s'étaient écoulées, comme une trainée de poudre, et Hermione était présentement assise sur un canapé confortable du Square Grimmaurd quand le moment si fatidique arriva. Elle discutait tranquillement avec Harry de son idée de demander Ginny en mariage après sa sortie de Poudlard dans peu de temps. Ils étaient jeunes, certes, mais quand Hermione les voyait ensemble… Les deux jeunes gens semblaient totalement transpirer l'amour et étaient tellement mignons…
Plus précisément, elle s'extasiait sur la bague qu'Harry avait déjà acheté à sa cher et tendre quand un bruit sourd retentit à l'autre bout de la maison. Si, dans un vieux réflexe qu'il faudrait peut-être un jour tendre à enterrer, les deux amis sortirent leur baguette et se mirent en position de combat, ils se détendirent en soupirant en voyant Ron entrer comme une furie dans le séjour. Même si, pour Hermione, le relâchement fut seulement pour un quart de seconde.
Et pour cause, grand bien lui en prit quand elle réalisa que son petit-ami lui jetait des regards noirs à intervalles plus que réguliers en faisant les cents pas, une main serré sur un papier froissé.
Puis, tout aussi soudainement qu'il était arrivé, il sembla se planter dans le sol pour la fixer ouvertement en serrant les mâchoires, avant de reprendre ses allers-retours.
Elle n'osait pas détacher son regard de lui, de peur de louper quelque chose, un signe, n'importe quoi, qui pourrait lui donner une indication sur la marche à suivre ou sur ce qu'il s'apprêtait à faire. Malgré ça, elle sentait parfaitement le regard totalement perdu et interrogateur d'Harry qui devait faire la navette entre les deux et qui, sans aucun doute le connaissant, devait commencer à s'énerver aussi.
—Ron, par Merlin, calme-toi ! Finit-elle par craquer.
Malgré son conseil, Hermione bouillonnait littéralement de l'intérieur. Elle avait peur de savoir – elle savait – ce qui pouvait bien amener son petit ami ici, dans cet état. Elle était conscience que cela allait arriver, pourtant… elle avait espéré, au plus profond d'elle-même, qu'il s'était trouvé une deuxième nature, plus mature. Et pourtant, malgré le nœud dans son ventre, elle se prenait à espérer que tout ça se passe bien, que c'était sans importance et n'avait rien à voir avec Lucius Malefoy.
—Me calmer ? Eructa-t-il en s'arrêtant finalement pour de bon et Hermione eut l'impression qu'il aurait pu la tuer d'un simple regard. Tu me demandes de me calmer, toi ?
Il eut un ricanement qui lui fit mal au cœur tellement il était à la fois vide et débordant de rage.
—Non, mais Hermione, qu'est-ce qui t'as pris ? Comment as-tu pu me faire ça ? Nous faire ça ?
Elle déglutit.
—Ecoute, je…
La jeune femme n'eut pas le temps de finir que ce qui devait arriver arriva.
—Je peux savoir ce qu'il vous arrive à tous les deux où vous compter commencer à vous écharper devant moi sans explication ? S'éleva la voix d'Harry, légèrement agacé.
Pour seul réponse, Ron lui lança simplement au visage ce qui se trouvait être une page de La Gazette du Sorcier et si Harry commença par le foudroyer du regard, il se calma rapidement comme il émit un hoquet de surprise en découvrant la Une du journal.
Au bout de quelques secondes, n'y tenant plus, Hermione se pencha par-dessus son épaule et lu l'article en diagonale, pestant contre ces sales rapaces, même si elle s'y attendait.
« L'incroyable nouvelle cause perdue d'Hermione Granger.
Il ne serait pas peu dire que le Ministère de la Magie, et plus particulièrement le département de la Justice Magique, a été secouée hier suite à la nouvelle lubie d'Hermione Granger. Après les elfes de maison et les orphelins de guerre – rappelons sa campagne pour la prise en charge et l'adoption d'enfants sans plus aucune famille - , l'héroïne de guerre s'attaque au cas de Lucius Malefoy. La nouvelle s'est rependue comme une trainée de poudre et a secouée chaque bureau après qu'elle eut rendue visite au Chef du Département de la Justice Magique – où, rappelons-le, elle réalise actuellement une formation.
Celle qui se plait à gagner les cœurs de toutes les personnalités qui puissent lui apporter quelque chose – on se souviendra bien entendu de son histoire avec Victor Krum et Harry Potter alors qu'elle n'était encore qu'en quatrième année à l'école de sorcellerie Poudlard – Hermione Granger s'attaquerait-elle maintenant à Lucius Malefoy ? Après tout, hier ce n'est pas moins qu'une révision complète du dossier de l'ancien mangemort qu'Hermione Granger a demandé. Ou plutôt exigé. Si l'on en croit quelques employés du service présents sur les lieux, elle aurait fait jouer son rôle dans la guerre qui a secoué le monde sorcier, ne laissant d'autre choix à Mr Dawlish que d'accepter sa requête. Les raisons de cette soudaine décision semblent encore un peu obscures, mais il est de notoriété publique que Lucius Malefoy est un homme d'une richesse extraordinaire en dépit de toutes ses exactions.
Personne à ce jour n'aurait entendu parler de son projet tout aussi fou que scandaleux et nous sommes en droit de nous demander si elle n'obtiendrait pas gain de cause grâce à son identité. Serait-il alors légitime de la laisser continuer sur cette voie et profiter du monde sorcier ? Que se passerait-il si elle parvenait un jour à un poster de haute importance au Ministère grâce à sa réputation et non à la qualité de son travail?
Nous vous tiendrons au courant, chers lecteurs, de l'avancée des événements.
La Gazette du Sorcier, 15 mai 1998 »
X
—C'est une blague, n'est-ce pas Hermione ? Dit finalement Harry en lâchant le journal. Un terrible malentendu ?
Hermione soupira et, en jetant un coup d'œil à Ron, eut au moins le plaisir de voir qu'il s'était calmé entretemps, bien que toujours d'une mauvaise humeur évidente.
—Pourquoi ne voulez-vous pas le comprendre ? Ce que je fais est juste. Il n'est pas normal que tous ces Serpentard et ces proches de Mangemorts soient mis à l'écart par la société. Si vous étiez né du mauvais côté, comme eux, vous pensez vraiment que vous apprécieriez de voir les autres sorciers vous dénigrer et vous mépriser alors même que vous ne partagez les idées qu'ils abhorrent ? C'est absurde ! Et puis, je suis certain qu'un jour nous aurons besoin d'eux car ils représentent une grande partie de la population et que beaucoup sont morts pendant la guerre, que le taux de natalité à baisser fortement, impliquant des générations de sorciers beaucoup plus clairsemées qu'avant. Et quand nous nous en rendrons compte, ce sera trop tard, car ils ne nous pardonneront pas ce qu'on leur a infligé !
—Certes, finit par dire Ron, tout à fait calmé maintenant, c'est logique. Admettons que je veuille bien le comprendre. Cela ne m'explique pas pourquoi diable tu vas chercher des Noises à Lucius Malefoy ! Cet homme aurait dû finir en prison, c'est tout ce qu'il méritait !
Hermione haussa les épaules.
—Ce n'était peut-être pas le meilleur choix du monde, je te l'accorde. Peut-être qu'il méritait la prison, je suis d'accord. Mais ce que moi je trouve injuste, c'est qu'il continue de vivre avec nous, sans avoir le droit d'utiliser la magie. Il est cloitré seul dans son manoir. C'est cruel.
Elle n'allait certainement pas lui admettre avoir un accord avec lui, ce serait le meilleur moyen pour que Ron la considère comme une folle.
—Toutefois, quoi de mieux pour tous les sauver que de frapper un grand coup, tout en bas de la pyramide ?
—Mais 'Mione, s'indigna Ron avec une moue plus enfantine que ce qui devrait être permis pour son âge, on parle d'un Mangemort qui a essayé à plusieurs reprises de nous tuer ! Et puis tu as pensé à ta réputation en cas d'échec ?
Hermione eut un geste nonchalant de la main en se levant.
—Au diable l'avis des autres ! Je fais ce qui me semble juste, un point c'est tout. Et tu auras beau essayer, même toi, Ronald Weasley, tu ne pourras pas me faire changer d'avis !
Ron la fixa un long moment avant de soupirer et une lueur s'éteignit dans son regard.
—Très bien, lui accorda-t-il finalement, fait ce que tu veux, mais ne vient pas dire que tu n'as pas été prévenue quand tu t'en mordras les doigts.
Et sur ces mots, il partit, sans un regard en arrière.
C'était presque terrifiant, cette sorte d'acceptation, d'ignorance. Bien plus encore que s'il lui avait simplement hurlé dessus pendant une durée indéterminée. Sans doute d'autant plus qu'il s'agissait de Ron et que sa première réaction était toujours de s'énerver jusqu'à ce qu'il réalise avoir tort. Ce qu'il n'avait pas fait là. Il avait simplement abandonné.
Sans doute Harry le vit-il aussi, car il lui passa une main rassurante dans le dos, faisant abstraction de la tonne de questions qui devaient tourner dans sa tête à lui aussi.
Pour les deux prochains chapitres, un petit bon dans le temps, histoire d'éviter de trop traîner en longueur.
