Bonjour tout le monde ! Ou bonsoir…plutôt bonsoir vu l'heure à laquelle je poste. Mais j'ai pris de l'avance sur les review (ce miracle).
Je réponds aux guest et je vous laisse à ce chapitre !
Titou Douh en est la correctrice !
Mireillelabeille : Ce n'est jamais un problème de répondre X) ! C'est même un plaisir ! Je suis contente de savoir que mes chapitres te font du bien dès le matin XD, c'est vrai que je poste tard. Je suis aussi très contente de l'intérêt que tu portes à Dimitri et Natasha, ça me fait vachement plaisir ! Je ne vais pas bavasser sur William c'est évident qu'Harry et lui vont se croiser haha ! J'espère que tu aimeras la suite tout autant ! Gros Koeur sur toi et bonne lecture !
Lyna P : Bonjour à toi nouvelle lectrice et enchantée huhu ! En quelques jours ? Incroyable mais je suis heureuse de voir que tu as apprécié ! J'espère que tu aimeras la suite ! gros koeur sur toi !
Sur ce les agneaux je vous souhaite une délicieuse lecture !
.
.
MARQUE
« I wonder how am I still here
And I don't want to move a thing
It might change my memory »
Here with me. Dido
.
.
C'était une pensée qui lui avait traversé l'esprit dès qu'il avait vu Regulus retirer son bras d'argent, juste après que ce dernier ait jeté un sort de silence dans la chambre.
Harry avait eu le temps d'observer la pièce aux couleurs de Gryffondor, avec un seul et immense lit à baldaquins. Il y avait une valise, celle de Regulus, laissant penser qu'il se contenterait d'aller et venir sans vraiment se poser, et un bureau où de nombreux parchemins s'étalaient.
- C'était ta chambre, avait fini par dire le cadet des Blacks.
Harry s'était assis sur le lit sans rien dire. Mais maintenant qu'il voyait le bras mutilé de Regulus, il avait un nombre fou de choses à dire.
- Je sais ! Je sais comment faire pour savoir si Voldemort est encore en vie !
Regulus l'avait regardé avec étonnement.
- Comment ?
- La marque ! La marque des ténèbres, elle ne disparaît pas totalement… Ton bras…
- J'ai perdu mon bras en essayant de récupérer la coupe, Harry.
- Mais tu avais la marque, n'est-ce pas ?
Regulus soupira.
- Harry, la marque n'existe plus.
Harry ouvrit la bouche, surpris.
- Quoi ? Mais si, il suffit de regarder le bras d'un mangemort. Malfoy, Lucius Malfoy en est un !
Regulus laissa un sourire narquois se poser sur ses lèvres à la mention du nom des Malfoy. Qu'Harry le dénonce ouvertement lui faisait un peu plaisir. Il n'avait, même après tout ce temps, réellement accepté l'amitié des deux hommes. Il secoua la tête, il était en train de tout mélanger.
Lucius Malfoy était un inconnu pour ce Harry là. Et l'homme était aujourd'hui parfaitement inoffensif.
- Ta mère a fait beaucoup de choses, Harry. Ta venue dans le passé en a fait de même. L'impact que tu as eu sur les événements a modifié des choses insignifiantes et d'autres beaucoup plus grandes encore. Par exemple, y avait-il un auror Chester à ton époque ? Et un Cassius Corgan à la tête du département de la justice magique ?
- Non, souffla Harry.
- Ces deux personnes sont des amis de tes parents, ils ont combattu avec l'Ordre et Cassius a perdu beaucoup, par ma faute... Mais ils sont saufs grâce à toi. Le fait est que leur implication dans la vie politique et dans la justice a poussé ta mère à s'impliquer encore plus qu'avec de simples batailles. Si ta mère a reçu l'Ordre de Merlin pour avoir fait avancer la médecine magique, elle est aussi connue plus officieusement pour être celle qui a effacé la marque de tous les mangemorts.
Harry écarquilla les yeux.
- Non…
- C'était un impératif. Personne ne voulait prendre le risque que Voldemort les appelle. Et le fait que quasiment tous les mangemorts finissent à Azkaban légitimait l'effacement de la marque.
- Mais elle était encore là !
- Sûrement parce que nous n'avions pas détruit tous les horcruxes à ce moment-là.
Le jeune homme fronça les sourcils.
- Tu dis que Frank jure qu'il a tué Voldemort. Mais tu ne crois pas qu'il soit réellement mort, n'est-ce pas ?
Regulus secoua la tête.
- Non, je ne le crois pas.
Harry se figea et Regulus crut qu'il allait se mettre à paniquer mais ça n'arriva pas. Le garçon se contenta de froncer encore plus les sourcils et Regulus eut la brève vision d'Harry lors de leur discussion dans la Chambre des Secrets. A quel point il avait était déçu et énervé et Regulus se souvenait de l'effet que cela faisait de décevoir. Décevoir au point d'en avoir mal.
- Donc, il n'y a plus de bague, plus de diadème, plus de coupe. Vous n'avez pas trouvé le journal et le médaillon de la grotte était un faux. Ce n'est pas logique. Dans mes souvenirs, c'est toi qui as remplacé le médaillon par un faux. C'est toi qui tentais de le détruire. Si je savais où était le médaillon pourquoi je ne l'ai pas détruit moi-même. Tu as détruit la coupe de son vivant ?
- Oui.
Harry croisa ses doigts sous son menton, les coudes appuyés sur ses genoux.
- J'aurais pu le faire moi-même...
- Tu aurais pu. Mais tu avais d'autres priorités : tu ne pouvais pas courir après les horcruxes et sauver tes parents.
Harry comprenait. Mais pourquoi la possibilité évidente de détruire le médaillon lui avait échappé.
- Où étais-je ? Mes parents m'ont parlé de leur scolarité mais après ça ? Tu ne me dis pas tout. Comment ai-je pu être proche de Voldemort au point de lui voler quelque chose de… Non…
Harry avait levé un regard choqué sur Regulus. Et le silence du Black fut une claque retentissante.
- J'en étais un ?!
Regulus se leva et Harry recula sur le lit.
- J'ai pactisé avec Voldemort !
- Harry, écoute-moi !
Harry se tut.
- Ce que tu as fait pour parvenir à tes fins n'est pas le plus important. Harry Adams souhaitait que sa vie ne soit jamais ébruitée et tu comprends pourquoi.
Il fit oui de la tête, essayant toujours d'accepter le fait d'être marqué comme une bête par son pire ennemi.
- Je t'encourage, même si ça me tue de le dire, à ne pas te focaliser sur des actes que tu ne penses pas avoir fait. Si je suis ici, ce n'est pas pour te mettre face au danger, Harry. Toi et moi savons qu'il est possible que Voldemort revienne, entouré des pires personnes. Mais nous savons aussi qu'il n'a plus personne et que son nom ne fait plus naître aucune peur dans le cœur des sorciers.
Harry se concentra sur les mots de Regulus.
- Si je suis là, c'est pour toi, Harry, et uniquement toi. Parce que je suis la seule personne à savoir ce qui t'arrive et que je sais que tu ne le vis pas bien.
Le garçon resta éberlué.
- Ce n'est pas ce que tu es censé vivre. Tu ne dois pas te préoccuper de Voldemort, tu n'es plus un horcruxe et tu ne seras sûrement pas sa proie.
- Mais… La prophétie.
- Au diable la prophétie, Harry ! Neville ne parle pas aux serpents, tu ne le fais pas non plus ! Te battre contre Voldemort n'est plus ta priorité ! C'est pour ça qu'Harry Adams est mort, pour que tu vives !
- Mais… Mes souvenirs…
- … Son toujours là !
Regulus faisait les cents pas dans la pièce et donnait l'impression d'être un lion en cage.
- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Je n'ai pas d'explication à te donner et tu dois savoir mieux que moi comment expliquer ce mélange dans ton esprit. Ce que je sais, je l'ai appris en t'observant, Harry. Tu es le même, tu es pareil. Tu peux ouvrir le carnet, tu peux discuter normalement avec Sirius et Louve. Tes parents ne voient pas de différence. Je ne vois pas de différence. C'est toujours toi mais avec des souvenirs différents. Et c'est pour ça aussi que les journaux sont là.
- Tu le savais ? Tu savais que j'allais oublier ?
Regulus s'arrêta et observa le visage troublé d'Harry.
- Non, bien sûr que non. Je pensais… J'ai cru.
- Tu as cru qu'Harry Adams reviendrait, fit Harry d'une voix sans émotion.
Regulus passa sa main valide sur son visage et se laissa tomber sur la chaise.
- Je voulais que tu puisses vivre ou découvrir des souvenirs heureux. Ce que j'ai fait est horrible... La façon dont je l'ai fait... Harry était… Non, tu étais, tu es tellement précieux pour moi. Je suis désolé.
- De quoi ?
Regulus releva brusquement la tête et fut interloqué de voir qu'Harry souriait.
- De quoi ? D'avoir cru qu'un mort referait surface et que tu pourrais lui demander pardon.
Harry cessa de sourire puis baissa les yeux.
- Depuis que je suis revenu à moi, j'ai des sensations de déjà-vu. J'ai l'impression de savoir et de connaître. Ça le fait avec des objets mais avec des personnes aussi. Je sais quand…je veux dire, je ressens quand quelqu'un est important pour moi. Quelqu'un que je n'ai jamais vu. Je ne te connaissais pas, Regulus, mais mon cœur hurle le contraire. Si Adams a donné sa vie pour moi... Si j'ai donné ma propre vie pour moi et qu'à vos yeux, je n'ai pas changé, alors ça veut dire que tu es important pour moi.
Regulus sentit ses yeux le piquer mais il se força à continuer à fixer Harry.
- Tu as raison, je ne le vis pas bien. J'ai la sensation d'être un étranger. Mais le pire, dans cette histoire, c'est que je ne veux pas disparaître. J'ai peur que mes souvenirs s'effacent. Je ne me souviens pas de l'endroit où j'étais, tu sais ? Pour moi, être dans la forêt en face de Voldemort, c'est une scène qui semble avoir eu lieu il y a quelques semaines alors qu'en réalité, il s'est passé... Combien ? Quatorze années ? Plus de vingt ans ? Où étais-je ? Je ne comprends rien, c'est vrai, et le fait que Voldemort soit encore vie ne me réjouis pas. Mais tu te trompes en disant que ce ne sont plus mes affaires. J'ai sûrement laissé passer la seule chance de le détruire de mes propres mains et si par malheur il revenait et s'en prenait à ceux que j'aime, je…
- Rien ! le coupa froidement Regulus. Ce n'est absolument pas de ta faute ! C'est celle de Dumbledore, celle de ceux qui l'ont soutenu, la mienne, celle de ceux qui ont fermé les yeux, celle de ceux qui n'ont rien fait. Jamais, Harry, tu m'entends !? Jamais tu ne seras la personne responsable des actes de Voldemort ! Tu es celui qui a fait bien plus de choses pour le monde sorcier que n'importe qui ! Tu mérites de vivre cette vie, tu mérites d'avoir des parents, d'être aimé et de vivre normalement ! Tu le mérites plus que n'importe qui !
Regulus vit nettement Harry retenir ses larmes sous un regard dur.
- Tu n'es peut-être pas Harry Adams, ou Harry Potter l'élève de Durmstrang, mais tu es Harry, n'est-ce pas ?
Harry rigola doucement et Regulus s'approcha pour s'agenouiller en face de lui.
- Essaie de vivre, Harry. Essaie de vivre normalement. Ne te préoccupe pas de tes souvenirs, vis cette vie, parce que c'est ta vie et qu'elle est toujours là. Natasha et Dimitri te manquent ? Tu aimes ton frère ? Tu adores Louve ?
- Oui, murmura Harry.
- Alors c'est que tout va bien. Dis-toi que c'est une chance de te souvenir de ta vie d'avant tout en ayant les mêmes sensations que ta vie présente. Ça veut dire que tu as encore plus la possibilité de comprendre la chance que tu as et ce qu'on t'offre à sa juste valeur. Essaie d'être heureux Harry. De mon côté, je ferais tout pour comprendre ce qu'il s'est passé et si tu le désires encore et si rien ne change, je mettrais tout en œuvre pour trouver une solution.
Harry jaugea silencieusement Regulus. Il n'arrivait pas à croire qu'il confiait sa vie à Regulus Black mais il était sûr que l'affection qu'il avait pour l'homme était parfaitement justifiée.
- Tu es sûr d'être un Serpentard ?
Regulus s'assit à côté de lui sur le lit en rigolant.
- Tu me crois si je te dis que j'ai supplié le choixpeau de m'envoyer à Serpentard alors qu'il voulait que j'aille à Gryffondor ?
Harry écarquilla les yeux.
- Oh… Et bien, tu me crois si je te dis que j'ai supplié le choixpeau de m'envoyer à Gryffondor ?
Ils se regardèrent surpris tous les deux par leurs propos avant qu'Harry ne reprenne la parole.
- En fait, nous sommes pareils, n'est-ce pas ?
- A mon sens, tu as bien plus de mérite que moi.
- Regulus, tu as passé des années à essayer de sauver et protéger les gens que tu aimais parce que tu te sentais responsable.
Regulus ne répondit rien. Il se sentait de nouveau petit et maladroit.
- Quand j'ai appris que je devais mourir, j'ai été… Soulagé. Je sais c'est horrible, mais... Je me disais que finalement, c'était mieux ainsi ? Partout où j'allais, je n'amenais que le malheur et la mort. Hermione et Ron se retrouvaient blessés, l'école était attaquée. Sirius et Remus mourraient. Et j'étais seul, terriblement seul.
- Harry…
Harry baissa les yeux. C'était la première fois qu'il mettait enfin des mots sur tout ce qu'il ressentait.
- Même si Ginny a un peu vécu ce que je vivais, elle avait une famille, un soutien. Moi, je ne faisais que grappiller des parcelles de bonheur un peu partout. Peut-être que ma peur des détraqueurs est en fait due au fait que j'avais l'impression d'être ça : quelqu'un qui aspire le bonheur dans un puits sans fond sans le laisser s'échapper.
Regulus acquiesça.
- Je vois parfaitement ce que tu veux dire. J'y ai songé plusieurs fois durant la guerre. Ça me semblait évident que ce soit injuste que je sois encore en vie. Mais j'ai fini par accepter que même si j'avais ma part de responsabilité, tout n'était pas entièrement de ma faute. Harry, promets-moi que tu vas essayer.
Harry acquiesça. Il allait essayer parce qu'il en avait envie. Il avait envie de vivre. Plus que tout.
Il se releva et se dirigea vers la porte avant de se tourner vers Regulus.
- Je n'ai pas pris le temps d'écrire mes journées dans le journal.
Regulus lui offrit un immense sourire et Harry le trouva beau, aussi séduisant que Sirius.
- Je crois que c'est le cadet de mes soucis.
Harry lui rendit son sourire. Regulus se leva à son tour et s'approcha pour le prendre dans ses bras.
- Je suis heureux que tu sois en vie, Regulus.
- Merci, Harry.
OoooooooooooooooooOoooooooooooooooooooO
Sa discussion avec Regulus avait apaisé un nombre incroyable de ses craintes. Il avait pris en considération le fait évident qu'il n'avait aucun pouvoir sur son état ou sur ses souvenir et à dire vrai, il était plus facile de profiter de cette vie en acceptant le fait qu'il y avait lui en lui.
Ça avait pris le temps qu'il fallait mais Harry avait décidé que tant qu'il n'avait pas de réponse satisfaisante, il ferait comme s'il avait toujours été là. Cette façon de voir les choses avait débloqué plusieurs situations : notamment le fait d'accepter qu'il ne se souvenait de rien mais qu'il pouvait le dire à tout le monde.
Mieux encore, il avait pu discuter normalement avec Severus Rogue et l'homme était charmant. Harry pouvait lui répondre sur le même ton incisif sans que ce dernier ne se vexe. Il y avait une sorte d'échange mordant entre eux et ils ne se fatiguaient pas de s'échanger des piques camouflées en humour. Harry s'étonnait de réussir à passer du temps avec l'homme sans que ses souvenirs nauséabonds ne viennent le hanter. Il était aussi plus facile d'accepter un Severus sympathique qu'un Severus horripilant et avec de sérieux problèmes sentimentaux le poussant à devenir une véritable enflure de la pire espèce.
Aussi, ces deux derniers jours s'étaient écoulé dans une paix satisfaisante et Harry, même s'il n'en donnait pas l'air, avait tout de même tenu à redécouvrir ses souvenirs. Il s'éclipsait ainsi la nuit entière pour revivre des journées de son enfance et en ressortait avec un grand sourire. Même ceux où il était triste ou en colère avaient le goût des joies de l'enfance.
Regulus, quant à lui, n'était resté qu'une journée de plus avant de s'envoler à dos du « Cavalier ». Mais il lui avait promis qu'il reviendrait le voir souvent et qu'il pouvait toujours le joindre par lettre.
Harry l'avait regardé s'envoler sans se sentir complètement perdu. Même s'il se sentait parfois rongé par la curiosité de savoir quelle vie il avait eue exactement dans le passé, il n'était pas certain de vouloir tout savoir. Il y avait quelque chose dans la façon de raconter de Regulus qui sous-entendait que rien de ce qui entourait Harry Adams n'avait été rose. Il s'étonnait toujours d'accepter aussi bien qu'un lui avait vécu dans le passé même s'il avait décidé qu'il ferait la part des choses entre ce qu'il était censé avoir vécu et ce qu'il se souvenait d'avoir vécu.
Ce qui le tracassait réellement était plus le fait que peu à peu, il avait l'impression que la vie qu'il était persuadé d'avoir vécue en compagnie de Ron et Hermione prenait des allures de brumes et de rêve trop long. Alors après chaque plongeon dans les journaux, il se forçait à essayer de se remémorer sa vie.
Il se fixait sur des scènes importantes en commençant par la mort de Sirius même si elle s'accompagnait d'une tristesse sans nom, comme l'inquiétude constante que Sirius n'était pas hors de danger. Puis il essayait de revivre d'autres souvenirs plus heureux: ses vacances au Terrier, ses fous rires avec Ron, l'entêtement d'Hermione, ses promenades sur le Chemin de Traverse.
Et Draco Malfoy.
Sans le vouloir vraiment, il se retrouvait à penser à lui plus que nécessaire. Harry divaguait longuement sur les moments heureux en compagnie de Ginny et parfois, il ressentait l'immense envie de supplier ses parents de trouver les Weasley. Il n'avait pas menti en disant que pour lui, ça ne faisait que quelques semaines qu'il ne les avait plus vus. Mais c'était aussi la première fois que le manque de leur présence n'était pas aussi fort. Harry savait que c'était parce que ses journées étaient intenses et remplies de l'unique chose qu'il désirait. Il pensait à Ron, Hermione et Ginny mais plus comme s'il s'attendait à a les retrouver à la rentrée et à leur raconter ce qui lui était arrivé.
Il ne réalisait pas totalement que ça ne pouvait pas se passer comme ça. Ou plutôt il voulait éviter d'y penser.
Ceci dit, Draco Malfoy était un autre sujet. Parce qu'il était l'une de ces rares personnes qu'il ne pensait pas croiser et pourtant qu'il se satisfaisait d'avoir croisé. Harry aurait du se comporter avec Draco comme il se comportait avec lui habituellement. Même s'il avait une piètre image du garçon dans ses derniers souvenirs, il aurait du sentir la haine affluer. Mais quelque chose était diffèrent, Harry avait lu la suffisance de l'héritier Malfoy mais en même temps une possibilité étrange : celle que le jeune homme était plus accessible qu'avant. Moins…
Harry n'arrivait pas à mettre de mot dessus. Cependant, il ne pouvait pas nier le fait que Draco Malfoy occupait ses pensées autant que ses amis et ça, c'était déplaisant.
Il était toujours surpris des informations laissées au compte-goutte par Regulus sur l'innocence de Lucius Malfoy et le fait que ce dernier soit l'un des seul ancien mangemort en liberté. Mais tout n'avait pas l'air reluisant dans le nouveau monde pour la famille de sangs-purs. Harry avait compris que Lucius travaillait à présent à la bibliothèque sorcière et que toute idée de conquête politique était hors de sa portée.
Ce qui l'amenait encore et toujours à penser à Draco Malfoy.
Pour changer de sujet, Harry essayait vainement de compter les différences. Il avait eu envie de poser mille et une questions à Louve sur Poudlard mais il ne voulait pas que ça paresse étrange et qu'elle lui dise que s'il était si curieux, il n'avait qu'a demandé à y entrer.
Harry devait bien avouer que même si le Poudlard d'aujourd'hui était au centre de tout un tas de questions, son intérêt pour Durmstrang prenait une place de plus en plus imposante. Malgré ça, rien qu'en pensant à Sirius en professeur de métamorphose, il se mordait les doigts de rater quelque chose d'aussi exceptionnel et pire encore : être loin d'un professeur Rogue juste et pédagogue le rendait presque fou. Il se demandait alors comment Neville vivait tour ça.
Finalement, Harry s'était aperçu que les seules inquiétudes de sa vie étaient ses devoirs de vacances, qu'il avait mis en suspend à cause de l'absence d'aide de Dimitri et le fait qu'il devait s'occuper de son petit frère, activité qu'il trouvait tout à fait intéressante.
OooooooooooooOoooooooooooooooO
31 décembre 1990
Je sentais le souffle de Nolan dans mon cou mais pour rien au monde je n'aurais bougé d'un pouce. Par deux fois, quelqu'un passa à côté de nous sans nous voir et je sentais ce quelqu'un hésitant. Je faillis pouffer de rire et dus mettre mes mains sur ma bouche. Mais quelque chose avait changé et la porte du placard s'ouvrit en grand.
- LA ! Sept ! Ils sont là, VIENS !
Nolan se redressa et me poussa en avant pour me faire sortir.
- Trouver, c'est bien mais attraper, c'est mieux, dit-il. Cours, Harry !
- Quoi ?! Non ! hurla Gabriel.
Mais c'était trop tard : Nolan partit dans un sens en rigolant et moi dans l'autre. Gabriel resta planté entre nous. Sans regarder où j'allais, je continuai à courir. Le manoir de Tante Beckie et oncle Cassie était immense.
Je ne me rendis compte de rien lorsque Louve sortit de nulle part et me prit dans ses bras.
- Je te tiens, Harry ! Tu as perdu !
- Tu t'es faite attraper, grognai-je.
Louve se détacha de moi, la mine boudeuse.
- Septimus connaît cette maison comme sa poche, il n'y a pas une seule cachette qui lui résiste.
- Dis plutôt que tu étais fatiguée d'attendre !
- Aussi.
- LOUVE !
Septimus courrait vers nous. Ses mèches châtains était humides de sueur mais un immense sourire mangeait tout son visage.
- Gab' a attrapé Nolan ! Il ne reste plus que… Tab et Charlie.
Je fis la grimace.
- J'ai perdu contre des bébés.
- Ils sont petits et plus difficiles à attraper, me consola Louve.
Septimus fit marche arrière, de nouveau prêt à chasser. Je traînai des pieds, cherchant sans chercher avec Louve derrière moi.
- Oh, je sais !
- Quoi ? Tu sais quoi ? me demanda Louve.
Mais sans lui répondre, je repartis dans le salon, ce qui me prit pas mal de temps. Là-bas il y avait déjà tout le monde : Papa et maman étaient en pleine discussion avec Tante Beckie et Tante Tunie ; ils parlaient de politique et de ministère, rien de bien intéressant. Maman m'observa d'un œil sévère et je levai le pouce dans sa direction pour qu'elle m'oublie avant de me diriger vers Sirius.
Il était déjà en train de dévorer les amuse-gueules et me fit un grand sourire quand il me vit.
- Harry ! Mon gamin favori, qu'est ce que tu fabriques ?
- Tu n'as pas vu Lord ?
Il fronça les sourcils.
- Je croyais qu'il ne te lâchait pas d'une semelle.
- C'est plus facile de courir quand il n'est pas enroulé autour de moi. Mais j'ai besoin de son flair.
- J'ai un bon flair, moi !
- Mais tu es trop vieux pour jouer à cache-cache, dis-je.
Sirius râla dans sa barbe.
- Lord aussi est trop vieux pour ça.
Je tournai la tête dans tout les sens.
- Severus n'est pas avec toi ?
- Il accueille le reste des invités. Je mange les meilleurs trucs pour rendre William fou de rage.
J'écarquillai les yeux.
- L'auror Chester est ici !?
Sirius leva un sourcil plus haut que l'autre.
- C'est vrai qu'il est auror.
- Mais ça veut dire que… Louve !
Louve venait enfin d'arriver dans le salon. Elle traînait des pieds mais accéléra le pas quand elle me vit.
- Je ne trouve pas Nolan et Gabriel. Je suis sûr qu'ils sont retournés dans la salle de jeu pour ne rien faire.
- On s'en fiche, viens !
Je la pris par la main et la tirai avec moi jusqu'à la porte du jardin parce que c'était que par là qu'ils pouvaient arriver.
- Quoi ?
- Mets ton manteau !
Elle le fit plus rapidement que moi, comprenant sûrement ce que ça voulait dire. Une fois emmitouflés dans nos vêtements avec des bottes à nos pieds, Louve ouvrit la porte fenêtre du jardin en grand. Un immense vent s'engouffra dans la pièce ébouriffant nos cheveux.
- Il fait froid !
Mais ça ne nous arrêta pas une seule seconde. Je bondis hors du manoir, mes pieds atterrissant dans la neige encore intacte. Louve me suivit en riant puis ramassa de quoi faire une boule et me la lança en plein visage. Je répliquai avec force et elle pouffa pour recracher la neige qui s'était perdue sur sa bouche.
J'avais déjà oublié pourquoi je l'avais fait sortir. Mais la raison vint à moi brutalement : une énorme masse grise bondit de je ne sus où et j'aurais du hurler de terreur. Mais l'immense loup qui s'abattit sur moi décida de me dire bonjour à grands coups de langue.
- Syracuse ! C'est dégoûtant ! Arrête, hahah !
- Bonjour, Harry ! gronda t-il. Bonjour ! Bonjour !
- Syracuse !
Louve se vautra sur lui, enfonçant son visage dans sa fourrure.
- Tu es venu !
- Bonjour, Louve ! Bonjour !
Syracuse s'éloigna de moi et se mit à bondir autour de nous. Il était vraiment énorme : deux ou trois fois plus gros que Sirius quand il devenait un chien. J'avais le souffle coupé mais une main entra dans mon champ de vision et je la pris sans hésiter, pour me rendre compte que c'était celle de l'auror Chester.
Je clignai bêtement des yeux avant de souffler un « merci » presque inaudible.
- Bonjour, Harry, me fit-il de sa voix grave et profonde.
J'eus immédiatement la chaire de poule. L'auror Chester, ou William Chester, était un homme imposant, grand et fort, et jamais souriant. Il avait deux cicatrices sur le visage et aucun de nous ne savait d'où elles venaient.
Il lâcha alors ma main et je me mis à le regarder franchement pour m'apercevoir qu'il ne se privait pas de le faire aussi.
- Vous allez-bien ? tentais-je.
- Tu me vouvoies ?
Je sentis le rouge me monter aux joues. C'était stupide mais je ne savais vraiment pas comment m'adresser à lui. Il m'impressionnait.
- Non, oui… Enfin...
Et pour la première fois, un sourire étira ses lèvres et il était vraiment… Vraiment…
OooooooooooooooooOoooooooooooooooooooO
Harry referma la dernière valise sous le regard endormi de Charles.
- Tu dors debout, plaisanta-t-il.
- C'est pas vrai, marmonna le garçon.
Ils observèrent tous les deux Lord glisser sur la valise d'Harry avant que ce dernier ne se redresse et aide son frère à grimper sur le lit. Deux coups furent frappés et Harry tourna la tête en direction de Severus.
- Tout est prêt ?
- Oui, fit Harry, on cessera d'être des parasites dès demain.
- Qui a parlé de parasite, grinça Severus. Vous êtes plus comme des moutons de poussières : faciles à chasser, difficiles à empêcher de s'installer.
Harry sourit et Severus en fit de même. L'homme s'approcha de lui et leva une main vers les cheveux d'Harry avant de s'arrêter en plein mouvement. Harry s'était tendu face à ce geste mais il leva un regard encourageant vers son ancien professeur de potions qui ébouriffa gentiment ses cheveux à la manière de Sirius. C'était quelque chose d'étrange qu'Harry avait remarqué presque aussitôt, surtout parce qu'il savait qu'il avait du être proche de Severus Rogue dans le passé : l'homme avait toujours l'air profondément triste et en même temps soulagé quand il le regardait. Harry n'avait pas osé demander quel lien avait uni Harry Adams et Severus Rogue mais il était presque sûr que ce n'était pas une simple camaraderie.
Et cette supposée relation le mettait mal à l'aise. Pour lui, à cet instant, Severus Rogue était son professeur de potion, du moins son ancien professeur, mais il avait toujours cette figure adulte.
Pourtant, il retrouvait cette impression chez Regulus aussi. Celle que les deux hommes ne voyaient pas vraiment un adolescent mais autre chose, parfois.
- Quelque chose ne va pas ? demanda Harry.
Severus sembla surpris par sa question et Harry était toujours intrigué par les expressions douces de l'homme. Des expressions qu'il n'avait jamais crues possibles de la part de Severus Rogue. Avait-il été aussi étonné quand il était revenu dans le passé ?
- Non, tout va très bien. Et toi ?
Harry sourit. Il en avait mal aux joues parce qu'il avait l'impression de ne faire que ça depuis deux semaines.
- Tout va bien aussi.
Et c'était on ne peut plus vrai : pour le moment, Harry ne voyait aucun nuage s'amonceler au dessus de lui.
.
La maison des Corgan étaient impressionnante. Harry ne s'était pas posé autant de questions après être sorti de plusieurs de ses souvenirs qui avaient eu lieu dans cette maison. Mais à présent qu'il l'avait réellement sous les yeux, il se rendait compte de toute la portée de certains événements et de l'impact qu'il avait probablement eu sur certaines vies.
Il était bien loin de la maisonnette coquette de Privet Drive aux parterres de fleurs qu'il se devait d'entretenir.
Lorsque les immenses grilles d'un blanc éclatant s'étaient ouvertes pour accueillir la jeep des Potter, Harry avait découvert un immense jardin boisé, dont la pelouse était entretenue avec perfection. Jusque là, il pouvait encore trouver un peu des mimiques de sa tante. Mais lorsqu'il mit un pied sur le gravier qui entourait les marches de l'entrée pour apercevoir une Pétunia aux cheveux blonds et détachés, au sourire amusé et aux formes un peu plus harmonieuses que ce qu'elle arborait dans sa vie d'avant... Harry se rendit enfin compte de tout ce qu'il n'y avait plus dans la vie de sa tante.
Il n'y avait plus de sœur morte, volée par le monde magique. Il n'y avait plus de Vernon Dursley partageant la même haine farouche pour James Potter. Il n'y avait plus de Dudley, à qui on passait tous les caprices.
Harry avait émis l'idée que ça ne le dérangeait pas, mais... Il ressentit d'un coup toute l'horreur de cette réalité, de la même façon qu'il l'avait sentie en comprenant que Teddy Lupin ne verrait jamais le jour.
Certes, d'autres personnes étaient nées et elles semblaient plus douces et agréables à vivre que Dudley... Mais c'était tout de même comme tuer quelqu'un.
Pourtant, presque tout ça disparut quand elle s'approcha de lui.
Regulus lui avait dit qu'il avait tu son enfance auprès de Pétunia à ses parents parce que les deux sœurs étaient réellement proches et que Lily accordait de l'importance à tout ce qu'Harry avait vécu et qu'elle n'aurait sûrement pas supporté de savoir que sa sœur avait été horrible avec lui. Harry avait acquiescé : jamais il n'aurait lui-même avoué une telle chose à ses parents.
Pétunia Corgan était une femme épanouie et son sourire n'était en rien crispé. Il était tendre, doux et avenant. Et Harry se laissa étreindre de la façon la plus naturelle, comme si c'était Molly Weasley.
Elle se détacha un peu de lui et Harry constata que Pétunia avait vécu plus de changements encore que Severus Rogue. Elle n'était plus une femme au visage émacié et sévère. Elle était un peu plus ronde mais ça lui allait vraiment bien. Ses cheveux blonds ondulaient sur ses épaules et elle portait une robe jaune canari qui dévoilait ses jambes et ses bras. Ses yeux bleus pétillaient de malice.
- Comment vas-tu, mon grand ?
- Très bien, tante Tunie.
Elle fronça légèrement les sourcils avant de le lâcher pour accueillir le reste de sa famille. Charles ne tarda pas à courir vers elle et Harry la vit couvrir son frère de baisers pour ensuite accueillir plus décemment ses parents.
- Quatre jours ! Vous êtes en Angleterre depuis quatre jours et ne reçois votre appel qu'hier ?! Vous avez intérêt à avoir une excuse valable, Lily et James Potter !
Harry observa sa mère et son père arborer un air d'enfant pris en flagrant délit de bêtise.
- C'est de ma faute, fit Harry précipitamment, j'ai eu un accident et il fallait… Enfin.
Les yeux de Pétunia s'écarquillèrent d'horreur et Harry reconnut cette expression : la même qu'elle avait arboré quand Dudley avait reçu une queue de cochon.
- Et tu vas bien ?! Tu es guéri ?! Oh, par tout les saints, pourquoi faut-il que tu te mettes toujours dans le pétrin !?
- Je vais bien. J'ai juste quelques problèmes de mémoire.
Pétunia sembla encore plus alarmée mais Harry se sentit vraiment content de l'effet que cela produisait sur sa tante.
- Bon, ça suffit, entrez. Vous m'expliquerez tout ça autour d'un thé.
Aucun des Potter ne se fit prier. Harry sentit la main de son père dans son dos et le laissa le pousser à l'intérieur.
- Où sont Laïalus et les enfants ? s'enquit Lily.
- A Londres, pour quelques achats de dernière minute.
En disant ça, elle coula un regard vers Harry.
- Est-ce que tu as mal à la tête mon ange ?
Harry fit non de la tête. Il se retenait juste de rire face à la prévenance de Pétunia. C'était déconcertant et en même temps, assez hilarant.
Pétunia les installa dans le salon, qu'Harry reconnut sans peine. Il s'assit entre ses parents, tandis que Charles avait décidé de courir dans la chambre de Tabitah sans que personne ne lui dise quoi que ce soit.
Une fois que les tasses furent posées, James, Lily et Harry Potter eurent droit à une séance d'interrogation en bonne et due forme : comment ? Quand ? De quelle façon ? Pourquoi ?
Harry avait vu le visage de sa tante passer par des expressions qu'il connaissait bien : la colère, la frustration, l'impatience. Et d'autres qu'il n'avait jamais vues : l'inquiétude, l'incompréhension, la peine. Il s'était senti terriblement désolé pour elle, elle qui devait vivre une vie normale entourée d'événements anormaux qu'elle devait essayait de comprendre au mieux.
- Je suis désolé, fit Harry.
- Ne le sois pas, ce sont des choses qui arrivent. Mais je croyais que tu avais des problèmes de mémoire ? Tu m'as l'air de te souvenir de tout très bien.
Harry haussa les épaules. Cette phrase commençait à le fatiguer, en vérité.
- Je me souviens comme je peux.
- D'accord, fit-elle, inutile de te pousser encore.
Et elle leva les yeux au ciel.
- Lily, je peux te parler ?
Harry et James regardèrent sa mère se lever sans un mot et suivre Pétunia dans la cuisine. Puis James se tourna vers son fils.
- Tu as bien fait.
- Quoi ? souffla Harry.
- Si je ne supporte pas de ne rien dire à Sirius, ta mère supporte encore moins de garder des secrets pour sa sœur.
Harry tritura son bracelet.
- C'est juste que je suis un peu épuisé de garder des secrets.
- Est-ce que tu veux parler… De tes autres souvenirs ?
Harry observa son père en fronçant les sourcils. Tout d'un coup, il se sentit encore plus fatigué.
- Non. En fait, tout est si diffèrent que c'est comme s'ils n'avaient plus aucune importance. J'ai juste l'impression d'avoir raté tellement de choses...
James passa son bras autour des épaules de son fils.
- La façon dont j'ai réagi quand tu nous as avoué ce qui t'étais arrivé était pire que tout. J'aimerais me dire que c'est sans importance vu que c'est diffèrent maintenant mais je ne peux pas.
- Papa… C'est bon.
- Non, ce n'est pas bon : je me suis comporté comme un gosse. J'ai vraiment cru que les choses redevenaient obscures, tu sais. Dumbledore nous a caché beaucoup de choses sur ta vie d'avant et Adams a aussi caché beaucoup de choses à notre époque. Je sais que les choses qu'on cache sont ce qu'il y a de plus moche et de plus horrible. J'ai bien compris que ce que tu as en tête ne forme pas les moments les plus heureux de ta vie, Harry. Je suis désespéré que tu n'aies pas les moments heureux de cette vie. Te blesser, te faire du mal, te faire de la peine est la chose que je ne veux pas faire dans ce monde. Je suis désolé, Harry.
Harry baissa les yeux et entoura la taille de son père pour enfouir sa tête dans son cou.
- Crois-moi, papa : c'est pour cette même raison que parler de mes souvenirs ne sert strictement à rien. Tout ce qui est ici, c'est tout ce que j'ai toujours voulu. Je ne veux rien gâcher.
Il sentit les lèvres de son père s'appuyer contre le haut de son crâne.
- Harry, tu ne gâches rien. Jamais. Tu es ce que j'ai de plus précieux.
Harry se contenta de serrer encore plus son père contre lui sans répondre. Il avait l'impression que s'il ouvrait la bouche, ça serait juste pour pleurer et pas de la façon la plus glorieuse qui soit.
Leur étreinte dura jusqu'à ce que du bruit se fasse entendre dans l'entrée et qu'un cri perçant traverse toute la pièce.
- CHARLES !
James et Harry se regardèrent les yeux ronds. Des pas lourds dans les escaliers suivirent le cri et ils virent Charles courir en direction du vestibule. Ils se levèrent comme un seul homme pour voir les prémices de ce nouveau raffut : dans l'entrée, Tabitah Corgan, une petite fille aux cheveux noirs de jais et bouclés jetait ses bottes tandis que Charles riait aux éclats.
- J'ai vu votre voiture ! C'est trop bien que tu sois là ! J'ai plein de choses à te montrer !
Tabitah piaillait sans s'arrêter mais Harry avait déjà levé les yeux vers les deux hommes qui posaient discrètement leur manteau.
Laïalus Corgan était égal à lui-même, un sourire doux posé sur ses lèvres fines. Il était grand et mince et Harry retrouvait cette sensation apaisante qu'il ressentait à chaque fois qu'il voyait le père et le fils en souvenir. Nolan, même s'il avait la même façon de se tenir que son père, ressemblait à Pétunia. Il avait ses yeux bleus, ses cheveux blonds qu'il avait courts à présent, les traits fins que Pétunia pouvait avoir quand elle était plus mince... Et Harry remarqua que deux boucles d'oreille en forme de fleurs décoraient ses lobes.
Il se dégageait d'eux une telle douceur, aux antipodes du comportement exécrable de Dudley.
Nolan s'approcha de lui en premier et le gratifia d'un sourire. Harry ne savait pas du tout quelle expression il était en train d'arborer. En fait, il ne savait absolument pas comment réagir.
- Tu as déjà le mal du pays ?
Harry resta idiot un instant avant de se mettre à sourire.
- Tu aimerais bien.
Nolan leva les yeux au ciel.
- Ne mets pas le bazar dans ma chambre.
- Voilà que tous mes projets tombent à l'eau.
Ils se jetèrent le même regard amusé avant de rigoler.
Harry fut salué avec joie par Tabitah et plus poliment par Laïalus.
Quand il retrouva sa mère, celle-ci avait le visage d'une enfant qui s'était faite sermonner, mais elle lui adressa un sourire amusé malgré tout. Il ne savait pas exactement de quoi les deux sœurs avaient bien pu parler mais Harry n'avait pas le cœur à demander si c'était de sa faute.
A la place, il reporta son attention sur Nolan qui lui faisait signe de le suivre.
En entrant dans la chambre de son cousin, Harry s'attendait à trouver deux lits dans la pièce. Mais il se rappela, en voyant que ce n'était pas le cas, que les souvenirs du journal était ceux d'un enfant de dix ans.
Il découvrit une chambre d'adolescent normale, avec un lit deux places coincé dans l'angle de la pièce et un bureau juste à coté. Contre le mur, près de la fenêtre, il y avait une table et deux fauteuils où traînait un plateau d'échec normal dont les pièces avaient l'air taillées d'une façon particulière.
- C'est toi qui l'as fait.
Harry se tourna vers Nolan et ce dernier n'arborait plus son sourire amical. Il dépassa Harry pour s'emparer d'une des pièces de l'échiquier et la donna au jeune homme. Harry la prit et constata avec effarement que c'était la reine et qu'elle avait le visage de sa mère. Il jeta un œil sur l'autre reine qui était, elle, à l'effigie de Pétunia.
- Je…
- Tu te n'en souviens pas, je sais.
Harry reposa la reine.
- Louve te l'a dit ?
- Dès le lendemain. Je n'ai rien dit à mes parents. Elle pensait que tu ne le ferais pas.
- Elle s'est trompée.
Nolan rigola doucement.
- Ça lui arrive. On est encore en train d'essayer de te décrypter.
Harry s'assit sur la chaise du bureau tandis que son cousin se laissait tomber sur le lit. Harry continua à parcourir la chambre des yeux. Il trouva, parfaitement repassé, l'uniforme des Poufsouffle sur un cintre accroché au mur. Tout était soigneusement rangé, rien à voir avec le bazar de la chambre de Louve.
- Harry.
Le garçon se tourna de nouveau vers Nolan.
-Oui ?
- Si tu as la moindre question, n'importe laquelle : demande, fais un effort. Ce n'est pas difficile de demander.
Harry cligna des yeux en se demandant ce que Nolan voulait dire.
- Tu vas pouvoir arrêter de t'occuper des autres et on va enfin pouvoir s'occuper de toi.
- Je ne suis pas malade, fit Harry de plus en plus perdu.
- Non. Qu'a dit Regulus, exactement ? Parce que je suis sûr que c'est pour ça que vous êtes revenus.
Harry plissa les yeux et se demanda à quel point Nolan était un garçon clairvoyant.
- Il a dit que j'allais bien.
- Tu en as l'air, en effet. Ne me regarde pas comme ça, on dirait que tu me prends pour un espion.
Harry secoua la tête en souriant.
- C'est parce que tu joues aux espions.
- Je suis sûr que Dimitri doit être dans un état lamentable.
Harry fronça les sourcils et Nolan frotta sa joue.
- Mince, tu ne te souviens de rien.
- Si tu le sais, ne parle pas de façon aussi énigmatique, dit Harry piqué au vif.
Nolan sembla tout d'un coup choqué et Harry essaya de se reprendre.
- Tu as raison, je suis désolé, reprit Nolan. C'est juste que… Ça doit être dur pour toi.
Harry haussa les épaules.
- Pas vraiment, non.
- Si, c'est même un miracle que tu n'aies pas encore hurlé de colère.
- Pourquoi je ferais ça ?
Harry commençait à croire que Nolan savait presque tout de lui.
- C'est vrai, pourquoi ? Alors que tu ne te souviens de rien mais que tu tentes de faire bonne figure. Que des gens autour de toi te parlent d'événements qui ne te disent rien en espérant que tu réagiras. Louve aime faire ça, n'est-ce pas ? Et je suppose que Dimitri n'a pas montré toute sa déception ?
Harry pinça les lèvres et braqua un regard énervé vers Nolan.
- A quoi tu joues, exactement ?
- Je me dis juste que c'est bizarre que tu ne sois pas roulé en boule dans ton lit à essayer de te souvenir. Tu as l'air de vivre ça comme une petite contrariété.
- Tu ne sais absolument pas de quoi tu parles.
- Vraiment ? C'est toujours pareil avec toi, tu minimises toujours ce qui t'arrive sans laisser aux autres le choix.
Harry sentit la panique et la colère monter en lui en même temps. Il avait l'impression que le gentil Nolan était juste une enflure qui était en train de le poignarder là ou ça faisait mal.
- Tu a failli ne rien dire. Je me demande ce qui t'a fait changer d'avis. Tout ça parce que tu n'aimes pas inquiéter tes parents. En fait, tu n'aimes inquiéter personne. C'est fatiguant et ça doit être énervant d'être au centre de tout ça sans pouvoir t'y soustraire. Des fois, je me demande pourquoi tu te mets dans de telles situations.
Harry sentit le sang lui monter au visage et se leva d'un coup.
- La ferme ! Tu ne sais absolument pas ce que je ressens ! Je ne sais pas pour qui tu te prends exactement mais tu vas la fermer ! Tu crois que ça m'amuse ? Tu crois que j'ai fait exprès de me cogner la tête ou de tomber dans l'eau !? Je ne sais absolument pas ce qu'il se passe ! Et toi, tu penses mieux savoir la façon dont je dois agir !? Pourquoi je devrais me plaindre !? J'y arrive pas ! Je n'arrive pas à me souvenir de toi ou de Louve ! Mais je sais que je vous connais alors ça devrait suffire à tout le monde !
Harry se stoppa net, surpris d'avoir éclaté de la sorte. Il porta la main à sa bouche. La colère, c'était ça qu'il n'avait plus ressenti. Et c'était étrange de la voir survenir de nouveau. C'était comme si ce sentiment s'était tu et que maintenant il le retrouvait. Mais il savait que ça l'avait quitté, juste avant de mourir. Juste avant qu'il trouve serein le fait de disparaître. Il regarda Nolan, choqué.
- Je suis désolé.
Nolan fronça les sourcils, il se leva et se plaça devant Harry.
- Désolé de quoi ? A ta place, je serais en train de crier encore plus fort. Je me demande comment tu fais.
- Quoi ? souffla Harry.
- Tu as perdu presque tous tes souvenirs mais tu te souviens de comment te comporter avec tout le monde. Tu ne trouves pas ça étrange ? C'est bien loin d'une simple mémoire musculaire.
- Qu'est ce que tu essaies de dire ?
- Louve m'a dit que tu n'avais aucun mal à discuter avec Sirius, aucun mal à jouer avec Charles et elle et que tu te comportes normalement avec tes parents. Le seul moment ou elle t'a trouvé bizarre au début, c'est avec Severus. Mais tu adores Severus. Elle a ajouté que si elle ne savait pas que tu avais perdu la mémoire, elle ne l'aurait sûrement jamais deviné. Mais tu te rappelles de nous.
- Graduellement, j'ai des flashs.
- Non. Tu as des journaux.
Harry écarquilla les yeux.
- Comment…
- Tu me les as montrés. Tu penses être proche de Louve, mais tu es mon cousin, Harry.
Harry plissa les yeux, peu sûr de vouloir poursuivre cette conversation. Il n'aimait pas du tout l'intrusion de Nolan. Il avait la sensation que le garçon était bien plus observateur que n'importe qui.
- La vraie question, c'est pourquoi venir voir Regulus, alors qu'une amnésie peut-être parfaitement gérée par ta mère. Je veux dire, c'est la plus grande médicomage du monde sorcier.
Nolan leva la main pour la porter vers le crâne d'Harry mais ce dernier se recula vivement.
- Que peut bien savoir Regulus de plus qu'elle ?
- Je ne vois pas ce que tu veux dire, siffla Harry.
Mais sa question sembla faire coïncider trop de choses dans le cerveau de Nolan.
- Tu n'as jamais était méfiant avec moi.
- Qu'est ce que tu en sais ?
Mais Harry savait que c'était vrai : tous ses souvenirs tendaient à dire qu'il avait une confiance aveugle en Nolan. Il était dans la pire des positions. Il ne s'était pas imaginé un seul instant que Nolan serait ce genre de personne. Il n'avait vu que les jeux et les rires.
Nolan s'approcha de nouveau.
- Tu ne l'as jamais été parce que je suis ta famille.
Harry sentit quelque chose se tordre ses boyaux, sensation qui s'accompagna d'un pincement douloureux au niveau de son sternum. Il leva la main pour serrer sa poitrine et Nolan suivit son geste avec attention avant d'attraper la main d'Harry.
- Tu as mal ?
- Non.
- Tu viens de me mentir en une journée plus que tu ne l'a fait en treize ans d'existence, Harry.
Harry secoua la tête, il sentait ses yeux le piquer.
- Arrête ça.
- Alors arrête de me raconter n'importe quoi ! Pourquoi aller voir Regulus ?
- Ce ne sont pas tes affaires…
Nolan serra un peu plus la main de son cousin.
- Tu as toujours mal quand il se passe quelque chose de difficile. C'est arrivé avec Louve, c'est arrivé avec Dimitri et Charles et ça t'arrive à toi.
- Lâche-moi, murmura Harry.
- Non.
Le ton était incisif et Harry leva les yeux vers Nolan. Ce dernier avait tout l'air de ne pas vouloir lâcher le morceau et Harry savait exactement ce qui se jouait à l'intérieur de lui. Quelque chose se battait pour tout avouer et autre chose se battait pour ne rien dire. C'était comme mentir à ses parents : ce n'était pas nécessaire. Harry essaya de se concentrer sur ses propres choix.
Il avait tout dit à ses parents parce qu'ils méritaient de savoir. Il avait tout dit à Regulus parce que c'était nécessaire qu'il sache. Mais Nolan ? Quel intérêt y avait-il à ce que Nolan sache ?
Harry ferma les yeux. C'était la même chose que d'avoir été dans la tête de Nagini. C'était la même chose. Il avait voulu se taire parce que tout le monde l'avait cru fou. On finissait toujours par le croire fou. Quand il avait entendu le basilic, quand il avait dit à tout le monde que Voldemort était revenu, quand il avait cru être celui qui avait attaqué Arthur Weasley...
Pourquoi le dire à Nolan ?
Parce que ça serait comme le dire à Ron, Hermione ou Ginny. Parce que c'était sa famille. Parce que s'il y avait bien quelqu'un pour le croire, c'était sa famille. Il avait ressenti cette même douleur face à Dimitri, cette même sensation de ne rien vouloir dire, parce que c'était mieux ainsi. Jusqu'à ce qu'il trouve une solution.
Mais Nolan ne comprendrait pas. Dimitri ne comprendrait pas, pas même Louve. Parce qu'il n'était pas de cette réalité. En fait, Harry le réalisa avec horreur, Ron et Hermione ne comprendraient pas non plus.
- Je ne peux pas…
Nolan lâcha sa main mais le prit contre lui.
- D'accord, souffla t-il contre son oreille. Je suis désolé, je ne voulais pas être comme ça avec toi. Je suis désolé, Harry, je ne te poserai plus de question.
Harry gémit douloureusement contre son cousin. C'était trop.
- Ce ne sont pas mes souvenirs, hoqueta-t-il dans un sanglot.
- Quoi ? fit Nolan d'une voix blanche.
-Les souvenirs que j'ai oubliés… Ce ne sont pas les miens.
- Harry ?
Mais Harry étouffa un autre gémissement contre son cou et Nolan se contenta de le serrer contre lui.
- Pardon, Harry.
.
.
Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ça vous a plu ! N'hésitez pas à laisser un ptit message ça fait toujours plaisir ! Koeur sur vous !
