Chapitre 10 : Les Volturis
Les jours passaient à un rythme beaucoup trop lent à mon goût. Le temps anesthésiait mes pensées et je me sentais dérivé dans cet océan de solitude que je ressentais. Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais assis dans le salon, j'avais perdu la notion de cadre temporel. Mes yeux fixaient un point au loin, le paysage m'était neutre, je n'attendais qu'une chose, un évènement qui puisse enfin me sortir de cette mélancolie. J'avais l'impression de tomber sans jamais voir la fin de cette chute. Je ne ressentais rien d'autre que l'ennui. Les secondes s'écoulaient à une fréquence de compte goute, j'avais l'impression de dormir tout en sachant que je ne le pouvais pas. Si seulement je pouvais rêver mais mon cerveau n'était qu'une masse de coton qui ne répondait pas. J'étais vide et rien ne pouvait m'aider à me relever, à me sortir de ce néant qui avait pris part et qui dominait à présent mon existence.
Cela faisait une semaine que Rose avait accompli don sinistre dessein. Elle était revenue le sourire aux lèvres et se repassait inlassablement la mise à mort de Royce dans son esprit. Il avait vu ses amis de fortune se faire tuer un par un et il savait que le prochain était sa propre personne. Il avait tout fait pour empêcher son destin d'arriver et s'était enfermé dans une chambre forte gardée par deux jeunes gens, armés et assez imposants pour des mortels. Ma sœur avait eu l'idée sournoise de l'aborder dans sa robe de mariée et elle s'était glissée à l'intérieur de son ancienne chambre pour s'en emparer. Elle avait tué en toute discrétion les gardiens et avait fait sauter les gonds de la porte blindée. Royce King II n'était plus que l'ombre de lui-même, ses yeux sortaient de leur orbite à cause de la peur et de la fatigue, il n'avait plus dormi depuis le meurtre de son ami le sudiste. Elle l'avait trouvé tapi derrière son bureau, elle n'avait eu qu'à l'écarter pour tenir à pleine main sa proie. Sa victime avait beau crier, personne ne l'entendrait et ne viendrait à son secours. Elle avait alors mis en action toutes les idées salaces qui avaient germé dans l'esprit de ce vermisseau lors de leur premier entretien. Elle me les avait demandés pour mieux préparer sa vengeance et je lui avais fait part avec dégout de tous les répugnants fantasmes de cet homme. Elle les avait accomplis à la lettre et allait tout en intensité, le pouls de sa victime à cause de l'excitation mais aussi de sa peur dominante était devenu erratique. Il avait mis un certain temps avant de reconnaitre sa fiancée défunte et disparue, son cœur s'était emballé de plus en plus, elle l'avait pris alors au niveau de sa poitrine et avait serré fort jusqu'à ce que ses os se brisent et que les vaisseaux principaux se rompent. Elle avait attendu la fin de la terrible mort de son amant, elle l'avait vu suffoqué et en avait ri. Royce King II était mort d'une hémorragie interne, les médecins en conclurent que dans l'état du bureau, il avait du recevoir le meuble en pleine cage thoracique.
Depuis son retour, elle se gardait de me faire partager ses pensées car elle aimait me voir seul. C'était pour elle le résultat de mon égoïsme, de mon attitude blessante envers elle et la conséquence de mes rejets envers sa personne et ses faveurs quotidiennes. Cependant mon manque d'attention la blessait. En effet elle ne vivait que pour être le centre de notre attention, elle aimait se faire remarquer, se sentir importante et être la plus belle, la plus désirable des vampires. Ma solitude et mon renfermement étaient pour elle un échec et une entrave à sa réussite. Dès qu'elle passait dans le salon et qu'elle me voyait assis à la même place, il lui venait une multitude de noms d'oiseaux auxquels je correspondais selon ses critères.
Mes parents, quant à eux, s'inquiétaient de mon état. Cela leur rappelait que trop bien mon comportement avant que je ne parte. Ils voulaient éviter un nouveau départ, ils n'osaient m'aborder de peur de me voir de mauvaises humeurs ou de voir simplement mon aphasie. Je croyais surtout que c'était mon manque de réaction qui allait les perturber. Un jour, Carlisle décida enfin à me sortir de ma catatonie et me demanda de le suivre, ce que je fis. Nous sortîmes en silence et parcourûmes une certaine distance dans les bois environnants.
« Tu sembles lointain depuis quelques temps… Tu compte nous informer bientôt d'un nouveau départ ?
-Je ne compte plus repartir Carlisle. J'ai bien assez souffert de votre absence à mes côtés. Je m'excuse de vous avoir inquiéter maman et toi mais ces derniers temps, j'ai l'impression que le temps passe beaucoup trop lentement et je ne peux rien faire pour l'accélérer… mon esprit est parti ailleurs pour compenser mon impatience et mon corps ne répondait plus à rien. Je ne ressentais pas le besoin de chasser ou de me distraire, je le faisais pas pur ennui. Je me sens mal de te faire partager cela…
-Cela ne me gêne aucunement, c'est même mieux que tu les partages et je suis heureux d'être cette personne…
-Tu sais j'aurai pu rester comme cela encore longtemps si tu ne m'avais pas sorti de mes songes. As-tu déjà ressenti ce vide ?
-Bien sûr et cela durant plusieurs décennies, je voyageais pour m'occuper mais rien ne m'apaisait. Je crois que c'est le fait d'aimer mon métier et de t'avoir rencontré au fond de cet hôpital qui m'a fait sortir de cette aphasie.
-Merci de me dire cela…
-Ne nous refais plus cela, c'est assez dur de ne rien pouvoir faire pour t'aider. On s'est senti impuissant avec ta mère, tu l'as d'ailleurs blessé inconsciemment et Rose est froissée par ton attitude… il faudrait que tu leur présente des excuses individuelles…
-Je le ferai. Et pour ce qui est de Rosalie, je pense que la faire mijoter, lui montrer qu'elle n'est pas le centre du monde lui sera bénéfique…
-C'est vrai que c'est digne d'un parfait gentleman », me sourit-il.
Je rendis alors les armes.
« Très bien, je le ferai. Attend, tu sembles préoccupé et tu me fermes tes pensées, qu'est-ce qu'il t'arrive ?
-Je l'expliquerai devant tout le monde. »
Nous rentrâmes en prenant notre temps, Carlisle me regardait souvent du coin de l'œil. Je le rassurai avant d'entrer de nouveau dans notre demeure. Mon père appela chacun des membres de notre clan et nous demanda de nous réunir à la salle à manger. Esmé me regardait avec attention, quant à Rosalie, fidèle à elle-même, elle passa devant moi avec un nombre incalculable de noms d'oiseaux. Quand je franchis le seuil de cette salle, je me mis à sourire sachant l'ironie de son existence. Elle n'était là que pour montrer un semblant d'appartenance à la vie humaine mais pourtant aucun humain n'oserait jamais se risquer dans une crique remplie de vampires. Une grande table y était disposée, elle n'était qu'un objet de décoration car nous n'y mangions jamais. Nous nous y installâmes et Carlisle prit la parole.
« Il y a quelques temps que j'aimerai vous informer de la venue d'amis à moi. Ils m'ont contacté il y a quelques jours. Ils viennent d'Alaska et comprennent trois sœurs, ils se nomment les Denalis. Leur créatrice a été tuée à cause de la légende des enfants immortels… »
A cette simple évocation, nous nous raidîmes. Les enfants immortels n'avaient pas laissé une bonne impression dans notre monde. Des vampires mâtures avaient un besoin d'assouvir leur manque de maternité et avaient créé de véritables monstres. Beaucoup plus assoiffés qu'une population adulte, ils étaient devenus un fléau. Leur bouille d'anges était leur pire arme, un simple sourire charmait la victime. Beaucoup trop de sang avait coulé à cause de ces créatures et les Volturis étaient intervenus avant que notre nature soit révélée. Je ne savais rien de ce clan italien mais je savais qu'il formait une famille royale et qu'il avait forgé les règles de notre monde. Avant eux, nous n'étions que des animaux et une vraie anarchie régnait sur la Terre. Nos lois étaient simples, nous devions à tout prix garder notre existence dans le secret, nous ne devions pas nous nourrir à outrance et nous exposer au regard humain sous peine de mourir. J'avais observé la raideur de Rose, nous ne lui avions jamais parlé des enfants immortels, j'en conclus qu'Esmé avait dû lui en parler lors de leurs voyages à Rochester.
« Bien sûr, les Volturis ont eu vent de cette affaire et l'ont exécutée. Tanya, Irina et Kate ne s'en sont jamais remises et sont maintenant très observatrices des lois et les appliquent à la règle. Peu de temps après vinrent s'ajouter Carmen et son compagnon Eleazar. Leur histoire est très belle, Eleazar était un garde des Volturis et c'est grâce à l'amour de Carmen qu'il est parti et qu'il a pris sa liberté. Il a toujours eu foi et la garde, il croit en la mission du clan italien. Tout ce que je peux vous dire concernant les italiens, c'est qu'ils sont très respectueux des arts et de la science, par contre ils ne croient pas en la nature humaine. Rien ne les divertie plus que la chasse et encore les trois chefs Aro, Caïus et Marcus sont sédentaires et ils demandent à leur garde d'aller leur apporter leur met de choix. Aro est le plus aimable et le plus cultivé des vampires que je connaisse et je le respecte même si sa façon de considérer les hommes n'est pas celle que j'espérais pour un grand vampire comme lui… Pour revenir aux Denalis, Eleazar est resté très longtemps au service des Volturis car il possède le don de capter et d'identifier les dons qui l'entourent, Aro est un fervent admirateur des talents rares et il envoyait mon ami parcourir la planète à la recherche de l'être d'exception… »
Rose ne fut que plus attentive à ses mots, le conte de Carlisle l'ennuyait à mourir mais le fait qu'Eleazar ait un don l'intriguait et la rendait impatiente. Elle voulait savoir si elle possédait un don et s'il était centré sur sa beauté notamment, elle ne voulait qu'une confirmation car elle en était certaine d'en posséder un. Quant à moi, le temps allait me paraître long, je n'attendais qu'une chose et cet évènement était proche : j'allais rencontre un Volturi et je voulais tout savoir de ce clan, de nos origines et j'étais certain que notre futur invité allait m'y aider.
« je ne ressens qu'un profond respect pour Aro et ses frères et mon amitié envers eux est ont créé les règles sans qui notre monde ne serait que chaos. Ils nous dirigent avec une certaine clémence mais également avec une poigne de fer. Nul ne peut résister aux Volturis sans risque de se faire détruire. Il y a les membres permanents qui restent à vie au côté des frères et il y a des gardes non permanents qui comme Eleazar peuvent partir quand bon leur semble. Les permanents sont les plus dangereux, ils possèdent des talents que vous n'oserez jamais imaginer et sont de redoutables combattants. Aro est très curieux, il est d'un caractère assez doux et aime s'entourer de bonne compagnie. Il possède un don similaire à toi Edward, il peut lire les âmes mais il peut lire la totalité des pensées qui ont meublé ton esprit mais il est limité à ses paumes de main, il faut donc un contact avec le vampire ou l'humain.
-Quand est-ce qu'arrivent nos invités ? », Demanda Esmé.
« D'ici la fin de la semaine. »
A ces mots, mes parents sortirent de la salle pour s'occuper individuellement des papiers administratifs de l'hôpital et de peinture. Rosalie s'apprêtait à sortir de la pièce quand je la priai de rester, le moment était venu de lui présenter des excuses.
« Tiens, Monsieur Edward est sorti de sa transe et a retrouvé la parole… Tu es sorti de ton monde, c'est bien, tu aurais mieux fait d'y rester, c'était des vacances au moins…
-Je vois que tu as toujours gardé ton amabilité. Je voulais simplement te présenter mes excuses, je sais que je n'ai pas été de compagnie agréable ces derniers temps…
-Tu peux le dire et pour ce qui est de tes excuses, il va t'en falloir plus pour que je les accepte. Ce n'est pas en faisant quelques rond de jambes que je vais passer l'éponge sur le fait que tu m'aies ignoré et que tu te sois montré grossier…
-Je me suis montré grossier ?
-Oui tout à fait, mais il y a de cela quelques semaines alors que tu m'accompagnais dans les bois…
-Tu méritais grandement mes reproches et je ne m'excuserai pas de ces faits-là. Il te fallait entendre tous tes défauts, tu n'as toujours pas changé et si tu continue comme cela, personne ne t'appréciera comme tu l'étais lors de ta vie humaine. Je ne m'excuserai aucunement pour ces propos, je viens près de toi aujourd'hui pour mon comportement depuis une semaine et rien d'autre…
-Et que veux-tu exactement que je les accepte aussi vite ? Tu peux toujours rêver mon cher. Et maintenant j'aimerai prendre congé de ta personne aussi déplaisante soit-elle à mes yeux.
-Et bien que fais tu encore là à m'expliquer pourquoi tu veux partir… »
Elle partit se réfugier dans son sanctuaire pour se contempler devant son miroir. Elle était vraiment furieuse et je n'avais rien fait pour améliorer son humeur. Je ne devais pas regretter mes mots mais je ne pouvais m'en empêcher. Elle ajouta au loin mais simplement par le biais de la pensée que si je voulais qu'elle accepte mes excuses, je lui devrais un service plus tard. Cela me rendit encore plus amer, ne lui avais-je pas rendu ce service en plaidant sa cause il y a des jours de cela ? Rosalie était vraiment une personne peu aimable, égoïste et narcissique. Tout devait tourner autour d'elle et cela m'épuisait de voir qu'elle réussissait à manipuler mes parents, je serais bien le seul à lui résister. Je me rendis à reculons vers le refuge de ma mère, la cuisine. Bien que l'on ne s'en serve pas, elle aimait cet endroit simplement pour l'esprit convivial qui en ressortait. Elle aimait y peindre, toute son inspiration était décupler en ce lieu. Quand je décidai enfin d'entrer, elle me sourit pour m'encourager et vint se serrer contre moi. J'aimais son contact, j'avais l'impression que l'air était plus doux à son contact.
« Je suis désolé de la peine que j'ai pu te causer à cause de mon mutisme…
-J'ai eu l'impression de te perdre une seconde fois… Tu compte repartir… ?
-Je n'en ai pas l'intention. Les années sans votre présence ont été les plus longues et les plus noires de mon existence. Je ne compte plus repartir, si tu savais tous les combats que j'ai dû mener pour ne pas revenir tout de suite et je regrette toutes ces défaites. J'aurai dû mener ma vie vers vous bien plus tôt…
-Je n'ai pas compris qu'est-ce qui t'avais mené à cet état de catatonie… j'ai eu très peur d'avoir perdu mon fils…
-Je n'avais plus de notion de temps et je voulais que l'éternité pas plus vite. Je n'ai même pas senti les tourments que je vous infligeais, je ne peux que m'en excuser…
-Tes excuses étaient bien acceptées et cela bien avant que tu ne franchisses cette porte. Je ne pourrais jamais t'en vouloir mon chéri. »
Je la serrai encore plus dans les bras, elle se recula et me fit un baiser sur le front avant de repartir à ses occupations. Je partais de mon côté en direction de l'étage, quand j'eus passé la porte de Rosalie, je pus entendre ses remarques cinglantes à mon sujet.
« Qu'est-ce que c'est mignon… c'est attendrissant de t'entendre pleurer dans les jupes d'Esmé… ça t'a fait du bien Edward chéri… »
Il ne fallait pas que je réplique, pour elle me mettre en colère était un jeu, une sorte de revanche pour mon désintérêt de sa personne. Je passais outre et continuai mon chemin. Je me mis à regarder au plafond et je vis la vieille croix que le père biologique de Carlisle avait sculptée quand me vint l'idée de poser quelques questions à mon mentor. Alors que j'arrivais sur le pas de la porte de son bureau, il me dit d'entrer.
« Tu désires me parler
-Je voudrai m'entretenir avec toi sur le sujet des Volturis. Je sais que tu m'en as déjà légèrement parlé mais cela m'intrigue.
-Approche… »
Il vint vers moi et m'accompagna près d'un immense tableau. Il devait dater de la Renaissance, il représentait une scène de l'Antiquité. Il était très coloré et abordait une fête païenne. Des dieux au loin regardaient la décadence. L'un d'eux retint mon intention, ses cheveux d'or formaient de légères anglaises, son regard triste et protecteur montrait sa différence d'avec les autres divinités. Je me tournai vers mon père et il me comprit, il confirma son identité. Il était bien ce dieu triste et aimant.
« Tu vois cette personnalité avec les cheveux si blonds qu'ils paraissent blancs. Je te présente Caïus, il a épousé sa première et seule création. Il est peut-être celui qui est le plus franc du clan, il ne cache pas ses intentions de guerre. Il est le plus froid de tous, le plus cynique. Il n'a que du mépris pour l'espèce humaine et notre race. D'ailleurs il ne m'a jamais bien accepté du fait de mon alimentation, je lui paraissais bizarre et dangereux. Il a eu une légère mésaventure il y a quelques siècles, alors qu'il chassait il a croisé un enfant de la lune et a failli y rester. Depuis cette histoire, tu peux comprendre pourquoi les loups-garous ne sont plus si nombreux, on dit même qu'ils ont disparus. Il est revenu à Volterra encore plus froid qu'il ne l'était avant. Je ne le connaissais pas à l'époque et ce n'est que bien plus tard que je l'ai croisé. J'essayais de ne pas trop être à ses côtés pour ne pas lui être désagréable. Je ne le connais que très peu mais les seuls où je le vis à l'œuvre, j'ai pu constater que son avis est implacable, il ne désire que destruction, guerre et chair… »
Il me montra un autre personnage, il avait une chevelure brune tirant vers le roux, son regard était celui d'un être ennuyé.
« C'est Marcus, il a vécu il y a quelques siècles une séparation horrible. Il était marié à la sœur d'Aro et en était aussi éperdument amoureux que je le suis actuellement d'Esmé. Sa femme était considérée comme une rivale par celle de Caïus et fut éliminée par elle. Il ne s'en est jamais remis, il aurait pu partir de chez les Volturis mais il ne voulait pas se retrouver seul donc il resta par dépit. Il ne participe guère à la vie autour de lui, il est assez renfermé et ne respire que l'ennui. il a le don de ressentir les liens et les sentiments qui unissent deux êtres et c'est pour cela que Aro a décidé de le garder près de lui… »
Il se tourna vers moi et je compris tout de suite qu'il avait attendu tout le récit pour mieux introduire le personnage le plus important de la peinture. Il ne prit même pas la peine de me montrer l'élément restant. Il était brun, les cheveux longs et lisses, son regard était imposant, toute sa personne l'était. On pouvait sentir son importance, sa suprématie sur le monde des vivants mais aussi sur les autres dieux. Tout en lui n'était que finesse et prestige, on ne pouvait que l'admirer.
« Je n'ai pas besoin de te dire l'identité du dernier personnages sur le balcon. Il est le plus important des vampires de notre monde, toute en lui n'est que majesté. Je ne peux que te faire partager mon respect pour sa personne. Il a un don très particulier dont je vous ai fait part tout à l'heure, tu peux mieux le comprendre que quiconque. Il est très cultivé et très attrayant, il aime la science et les arts mais je ne peux que pleurer sa façon de considérer l'espèce humaine. Il ne considère l'humain que pour la nourriture et aime se nourrir de la vie de sa proie avant d'en faire son repas. Il a été très surpris quand je lui ai fait part de mes intentions, j'allais contre ma nature selon lui et partir vers le monde sauvage de l'Amérique n'était pas ce qu'il espérait vu ma finesse comme il le disait. Il ne voyait pas ce que je voyais de distrayant dans ce continent de bruts mais il ne m'a jamais proposé de devenir l'un d'entre eux.
-Tu penses que tu aurais accepté si tel avait été le cas.
-Non, bien sûr que non. Je n'aurai pas pu supporter leur façon de dénigrer l'espèce humaine, ni être sédentaire et encore moins me faire à leur mode de chasse et de proies. Je ne peux que regretter la compagnie de l'esprit cultivé d'Aro, il sait vraiment beaucoup de choses et aime les partager. Avec ses 3000 ans d'expérience, il a une façon de voir la naissance des connaissances d'une manière originale et très calquée sur la réalité. C'est passionnant d'être en sa compagnie et je pense qu'il serait heureux de savoir que j'ai décidé enfin à me faire des compagnons. A l'époque, je ne voulais aucunement abréger une vie et c'est je pense toujours pour cette raison que je refuse de transformer une personne en pleine santé et ayant toutes ses facultés. Il est très intéressé sur les dons et je pense que s'il te croisait, il ne voudrait pas se séparer de toi et tu n'aurais plus que le choix entre notre famille et son clan…
-Je choisirai sans hésitation notre famille
-Tu sais le pouvoir a quelque chose de très attractif et cela Aro te le fait bien comprendre. De plus, il a un talent de persuasion or du commun, rien qu'à la tonalité de sa voix, on est facilement envouté et il peut très bien usé des talents de ses gardes pour te garder auprès de lui…
-Quels talents ?
-Et bien on dit que certains sont doués pour manipuler les sentiments au sein du clan pour renforcer leurs liens et peuvent les inverser chez un clan autre. Par exemple, il pourrait faire en sorte que nous devenions antagonistes. »
Ces dernières paroles me firent l'effet d'un coup violent porté à l'estomac. Je n'en revenais pas et tout cela pour la quête du pouvoir, je ne voulais en aucun cas me séparer de ma famille et il fallait pour cela que je ne rencontre jamais cet italien. Carlisle me fit sortir de mes pensées.
« Tu sais je pense que tu pourrais bien entendre avec Aro même si tu as un caractère bien à toi qu'il déplorerait. Vous êtes tout deux cultivés et vous avez soif de connaissance. Vous avez des dons similaires et je pense que s'il te connaissait, il voudrait faire de toi l'un des siens. Je pense qu'avec toi à leur côté, ils deviendraient encore plus puissants et menaçants…
- Je ne pense pas que faire partie d'un clan où on ne veut que pouvoir et que l'on tourne en dérision les autres soit à mon goût. Je ne veux plus redevenir le monstre que j'étais donc je ne me nourrirai plus de sang humain, j'en ai beaucoup trop souffert. De plus, je ne pourrais jamais vous quitter et partir vers une famille où je devrai plier l'échine et exécuter un ordre quelconque.
-Je retrouve bien mon fils dans ces propos, j'ai eu peur un moment que tu ne sois attiré par leur compagnie…
- Je ne suis venu te voir que pour éclairer ma curiosité sur leur personnalité mais rien de plus. J'aimerai connaître nos origines et savoir le pourquoi de notre existence.
-Je n'ai malheureusement pas les réponses à cette question et je pense qu'ils l'ont peut-être. Je n'en suis pas certain cependant.
-Je te remercie de m'avoir accordé de ton attention, je vais te laisser.
-Edward, si je peux me permettre. Ne te poses pas trop de questions, je m'en suis pas mal posé et même j'ai réfléchis à celles dont tu poses actuellement et je n'ai pas encore de réponses.
-Merci… »
Je me tournai vers la sortie et partis vers ma chambre. Je parcourus les derniers mètres qui me séparaient de la solitude mais j'y allais avec plus d'entrain vu que j'avais trouvé enfin un sens pour cette attente. Je ne pouvais que penser à la discussion que je venais d'entretenir avec Carlisle. Tout dans les Volturis m'intriguaient mais jamais je ne voudrai faire partit de ce clan. J'étais né dans le clan où je voulais être et où je voulais rester. Je ne pouvais que savoir que la personnalité d'Aro devait être fourbe. En entendant les pensées d'autrui, on se forme assez rapidement une carapace que l'on sait entretenir. Je savais très bien que l'on pouvait très bien ne pas penser ce que l'on disait et je pensais que le chef des italiens devait jouer à ce jeu-là. Toutes les pensées positives de Carlisle a son sujet pouvait se révéler tellement fausses et j'avais fortement l'impression que ce devait être le cas.
*****
Les jours passaient plus rapidement en fin de semaine. Je ne faisais que de me repasser ma conversation sur les italiens et je me faisais de plus en plus à l'idée de la fourberie d'Aro. Je craignais en cette vérité car notre monde était gouverné par sa personnalité et si c'était vraiment la vérité alors nous ne serions que des pantins dans les mains de ce monstre. Il n'aurait aucune hésitation à détruire un clan quelconque qu'il considère dangereux et n'aurait aucune limite pour convoiter son prochain. Il me fallait en discuter avec Eleazar car il avait côtoyé les Volturis au plus profond de leur administration puisqu'il avait été un garde. Il devait connaître la véritable nature de leur chef.
C'était dans cet état d'esprit que j'avais passé le restant de la semaine. Elle s'acheva bientôt et c'est avec une certaine impatience qui me rendait irritable que vint enfin l'instant de la délivrance. J'entendis des roues qui quittaient la chaussée principale et qui venaient dans notre direction par un sentier forestier. Les Denalis arrivaient.
