Je ne crois pas avoir dans ma vie eu à prononcer des mots plus difficiles que ceux-là.

Je voulais qu'il revienne.

Je voulais qu'il reste.

Je voulais passer chaque seconde du reste de ma vie avec lui.

Mais je voulais que ce soit pour de bonnes raisons.

Pas parce qu'il avait pitié de moi ou qu'il y était obligé.

J'ai vu qu'il était choqué.

Mais je luttais contre les larmes et cette tache était trop difficile et trop prenante pour que je puisse me concentrer sur autre chose.

Au bout de quelques secondes il m'a demandé pourquoi.

Je m'y attendais.

J'ai mis un peu de temps à trouver la force de le faire, mais j'ai réussit à articuler:

« écoutes, je sais que tu te sens coupable mais je vais mieux, je serai bientôt guérie, et puis cet accident n'était pas ta faute, OK? Alors je voudrais que tu arrêtes d'avoir pitié de moi. Je ne suis pas une fille très intéressante, je sais bien que tu viens me voir parce que tu veux te faire pardonner, pas parce que tu me trouves marrante ou sympa. Alors on en reste là , tu reprends ta vie et moi la mienne. »

Je faisais de mon mieux pour retenir encore un peu mes larmes.

Il allait franchir la porte de ma chambre d'hôpital et ne jamais revenir et j'aurais le restant de mes jours pour pleurer.

Mais il n'est pas parti.

Il m'a dévisagée avec un air ahuri.

J'ai craqué.

C'était trop dur.

J'ai éclaté en sanglots.

La peine et le chagrin m'envahissaient. J'avais envie de lui hurler dessus. De lui dire de partir. De rester. Je ne savais plus. Je voulais que quelque chose se passe.

Il m'a demandé:

« Bella, pourquoi penses-tu que je viens ici? Parce que j'ai pitié de toi? »

Je ne pouvais pas parler mais j'ai fait oui de la tête.

Evidemment que je le pensais. Non en fait je le savais…

Il a voulu me prendre dans ses bras mais je savais que je ne pourrais pas le supporter.

Combien de fois avais-je rêvé être dans ses bras?

Mais pas comme ça.

Je voulais être dans ses bras parce qu'il m'aimait, pas parce qu'il avait pitié de moi.

Je l'ai repoussé.

J'ai trouvé la force de le repousser et je me suis laissée glisser sur mon lit, j'avais envie de me recroqueviller , de me terrer dans mon nid comme le petit animal blessé que j'étais.

J'ai senti sa main, chaude et douce sur ma tête, me caressant doucement les cheveux et ça a été plus que je ne pouvais supporter.

Je pleurais tant que mes cotes étaient douloureuses.

Je l'ai entendu rire.

Et j'ai souhaité être morte le jour de l'accident.

Voilà, ça m'arrivait.

Il avait compris et il se moquait de moi.

J'ai senti sa présence à coté de moi sur le lit et ses bras me serrer contre lui.

J'étais au bord de l'évanouissement.

« tu sais, si j'avais simplement voulu me faire pardonner, ou alléger ma culpabilité, je me serais contenté de te faire livrer des roses et des chocolats tous les jours. Je ne serais pas venu ainsi chaque fois que je le pouvais pour parler et rire avec toi… »

Je ne savais pas s'il mentait ou pas.

J'étais très prêt de lui et son odeur m'intoxiquait.

Je devais savoir, néanmoins.

Sa chaleur me faisait du bien.

J'ai réalisé que j'avais eu froid toute l'après-midi.

Depuis la visite de Tanya le froid ne m'avait pas quitté.

Je ne sais pas comment mais j'ai réussit à le regarder en face.

Je n'avais plus rien à perdre.

« ce n'est pas ce qu'on m'a dit! »

Il a eu un air effrayant, de colère absolu.

« qui t'a dit quoi?! »

« Tanya…Elle est venue me voir et elle m'a dit que tout le monde au Lycée savait que tu venais me voir parce que le proviseur te l'avait ordonné et que tu n'en pouvais plus de me supporter, que je n'étais qu'une gourde et »

Je n'ai pas pu continuer.

Il s'est jeté sur moi et un quart de seconde j'ai cru qu'il allait me frapper.

Mais ses mains ont prit mon visage en coupe et ses lèvres se sont posées sur les miennes.

Pour la deuxième fois en quelques jours j'ai cru mourir.

C'était mon premier baiser.

Et il était parfait.

Intense.

Doux.

Passionné.

Avide.

Et ça a duré longtemps.

Je ne voulais pas arrêter.

Jamais.

Nous nous serrions l'un contre l'autre, j'avais emprisonné son cou entre mes bras et il me tenait fermement contre son torse.

Et nos langues virevoltaient.

Je m'étais souvent demandée comment c'était d'embrasser un garçon.

Et je découvrais que c'était à la fois terriblement bon, et incroyablement facile et naturel.

Pas besoin de prendre des cours.

Je n'étais pas gênée, ni dégoutée ni timide ni rien.

C'était bon, tout simplement.

J'avais conscience de ce que je faisais.

J'embrassais Edward Cullen.

C'était lui qui avait initié ce baiser.

Lui que le faisait durer, autant que moi.

Lui qui caressait mon dos avec douceur et tendresse.

Je ne vouais pas penser. Mon cerveau enregistrait ce qui se passait mais était incapable de l'analyser.

Je ne réalisais pas complètement.

Je profitais juste du moment.

On a frappé à la porte et je me suis dégagée.

Je n'osais plus le regarder.

Son père est entré.

Il a comprit tout de suite.

Edward était à moitié couché à coté de moi sur le lit, nous étions rouges et je sentais mes lèvres bruler, elles devaient être rouges et gonflées.

Le docteur Cullen lui a dit qu'il était temps d'y aller.

« euh, oui, vas-y je te rejoins dans 1 minute! »

Il m'a caressé la joue et a passé sa main dans les cheveux de son fils.

Je n'oublierai jamais son regard sur moi juste avant qu'il ne sorte de ma chambre.

Ses yeux étaient doux, amusés, heureux.

Il était heureux que son fils m'embrasse.

Je commençais à réaliser.

Je venais d'embrasser Edward. Pour de vrai. Et il avait l'air heureux que ça soit arrivé…

Dès que son père a refermé la porte il s'est à nouveau emparé de mes lèvres.

J'ai répondu avidement.

J'avais envie de retrouver ces sensations de bonheur physique et émotionnel.

C'était fort, à nouveau.

C'était magique.

Je ne voulais pas que ça s'arrete, je n'étais pas sure de le supporter.

J'ai entendu son téléphone sonner. Je savais qu'on aurait du arrêter mais on n'en était pas capable.

Le docteur Cullen est venu le chercher en riant.

Ca a été dur de quitter ses bras.

Il me souriait.

Je ne l'avais jamais vu comme ça.

Et je me demandais si je ne rêvais pas.

Son regard était comme celui de Jasper quand il regardait Alice.

Il a enregistré mon numéro de portable.

Il m'a soufflé un baiser.

Je lui en ai envoyé un aussi.

Son père l'a littéralement trainé dehors et quand la porte s'est refermée j'ai pleuré à nouveau.

Mais de bonheur.

Je trépignais dans mon lit.

L'incroyable venait de se produire.

Je sortais avec Edward Cullen…

On a frappé à la porte et mon cœur s'est emballé, j'ai cru qu'il revenait.

Mais on m'amenait mon plateau repas.

C'était infect comme d'habitude…

Mais rien, absolument rien ne pouvait entamer ma bonne humeur.

Mon téléphone a sonné et j'ai faillit tomber de mon lit en me jetant sur ma table de nuit pour décrocher.

C'était bien Edward.

« hé ma puce! Qu'Est-ce que tu fais?! »

« de l'expérimentation! »

« QUOI? »

« oui! à mon avis la direction de l'hôpital se demande si un être humain peut vraiment avaler une semelle de chaussure avec du plâtre, alors je sers de cobaye. Evidemment ils appellent ça « du steak et de la purée » mais je ne suis pas dupe! »

Il riait.

J'étais capable de le faire rire! Mon cœur battait la chamade.

Il me téléphonait juste après m'avoir quittée. Il m'appelait ma puce…Je vivais mon rêve…

« demain je t'amènerai de la vraie nourriture mon bébé »

« je veux bien! D'autant plus que je vais devoir manger la cuisine de Charlie dès mercredi! »

Il m'appelait mon bébé…

Quand j'ai raccroché j'exultais.

J'ai téléphoné à ma mère.

Je l'ai réveillée et elle a eu peur.

Mais quand je lui ai dit que je sortais avec Edward elle était presque aussi heureuse que moi.

J'ai reçu des textos toute la soirée.

Le premier m'a transcendé:

« je pense à toi tout le temps mon bébé »

J'ai répondu:

« moi aussi mon bébé »

Il m'a appelée juste après.

Je fermais les yeux en entendant sa voix.

C'était si bon.

Je riais et je pleurais en même temps.

J'avais hâte de le revoir.

Je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit là.

J'étais trop heureuse.

Le lendemain matin je me suis demandé comment j'allais occuper ma journée, en l'attendant.

Je sortais de la salle de bain quand je l'ai vu, dans ma chambre.

Son sourire me transportait à nouveau.

Je n'arrivais pas à croire qu'il soit là…

Je me suis assise sur se genoux pour l'embrasser.

J'aurais bien consacré ma vie à ça.

L'embrasser.

Je me voyais bien inscrire ça sur mes vœux d'orientation:

« métier souhaité: passer ma vie à embrasser Edward Cullen »

Il a du partir très vite parce que Jasper l'attendait pour l'amener au Lycée.

Il m'a laissé de quoi patienter .

Son propre MP3 avec des chansons qu'il avait téléchargé pour moi…

De la nourriture, et jamais je n'avais autant apprécié du riz au lait et des crêpes.

Et surtout, il m'avait écrit une lettre.

J'en ai appris par cœur chaque mot. Jamais je ne pourrais les oublier.

« Bella, ton prénom est à présent pour moi le plus beau des mots d'amour, parce qu'il te désigne, toi, qui est la meilleure personne que j'ai jamais connu, qui est la plus belle femme que j'ai jamais vu, qui est ma raison de vivre, ma vie toute entière, mon amour absolu, ma prise de conscience, ma rédemption et mon avenir.

Je veux tout avec toi, je veux tout de toi, je veux tout te donner, tout t'offrir, tout vivre.

Je veux t'aimer.

Je veux te rendre heureuse. J

e ne veux plus jamais être loin de toi.

Tu es ma vie désormais, je t'aime Bella, plus que moi-même, plus que je ne savais qu'il était possible d'aimer.

Pour toujours.

Edward »

C'était une lettre d'amour enflammée ou je ne m'y connaissais pas.

Je lui ai envoyé des textos pour le remercier.

« merci pour tout Edward, et sache que je partage tes sentiments. B. »

Il me manquait mais en même temps le fait de l'attendre était excitant.

Je rêvais éveillée.

Je riais toute seule.

Le bonheur était presque douloureux.

Mon père m'a regardé d'un drôle d'air quand il est entré dans ma chambre.

« tes yeux brillent d'une manière incroyable Bee! »

Je lui ai tout dit.

Que je sortais avec lui. Avec Edward.

Il a eu une drôle d'expression mais il n'a pas commenté.

Dès qu'il a franchit ma porte ce soir là nous nous sommes embrassés.

Mon père était là mais rien ne me dérangeait.

Il était encore plus beau qu'avant.

C'était une sensation incroyable.

J'étais dans les bras d'Edward Cullen, en train de l'embrasser à pleine bouche, mais en même temps il n'avait plus rien à voir avec le garçon trop beau et trop inaccessible que j'avais tant admiré.

Il était mon petit ami, tout simplement, et il était doux et gentil.

C'était réel.

Et c'était bon.

Le mercredi je suis rentrée chez moi.

J'ai été heureuse de retrouver ma chambre, mes livres.

Mon père m'avait acheté une nouvelle chaise de bureau, une ergonomique.

Je me suis reposée un moment, parce que je souffrais encore de mes cotes et que le simple trajet chambre-parking et monter les escaliers m'avait épuisé.

Puis je me suis installée à mon bureau pour travailler un peu.

Edward est venu avec son père.

Je crois que je me suis jetée à son cou, autant que lui s'est jeté au mien.

On ne savait plus faire que ça.

S'embrasser, encore et encore.

Ca m'allait bien.

Le docteur Cullen a exigé que je l'appelle Carlisle désormais.

Il m'a refait mon pansement et Edward est resté.

Il m'a vue en soutien gorge et ça ne m'a pas dérangé, au contraire.

Ca m'excitait même assez.

Je voyais qu'il me trouvait belle.

Ses yeux me le disaient.

Sa virilité contre mon ventre et mes cuisses quand je l'ai embrassé sur mon rocking chair aussi.

J'étais fière.

Fière d'être celle qui lui faisait ressentir ça.

Il me désirait .Physiquement.

Et pour lui j'étais prête à tout.

J'avais envie de la chaleur de ses bras, de ses baisers, mais j'étais prête à aller plus loin.

Je ressentais moi aussi du désir physique pour lui.

Quand son père l'a tiré par le bras pour qu'ils partent, Edward m'a murmuré à l'oreille:

« je t'aime »

Je suis restée statufiée. Sa main a caressé ma joue et mon père a râlé, pour la forme.

Je suis descendue à la cuisine sans toucher aucune des marches.

Edward Cullen m'aimait…

Charlie avait été sympa avec moi et m'avait acheté un repas chez le traiteur.

Je finissais mon yaourt quand Edward m'a téléphoné pour me dire que j'étais invitée à passer le WE chez lui.

J'ai été abasourdie.

Mon ange gardien s'était enfin mit au boulot et rattrapait 15 ans à toute allure en réalisant tous mes vœux en un minimum de temps.

Mon père a parlé avec la mère d'Edward. Ce qu'elle lui a dit a eu l'air de le satisfaire et il a donné son accord.

Le soir, couchée dans mon lit, incapable de m'endormir, mon loup en peluche dans les bras, j'ai sourit à la vie.

J'étais bien.

J'étais heureuse.