Chapitre 10 : Une fin amère


Pietro essaya de se caler confortablement dans la banquette arrière, une moue ennuyée sur le visage. En vain.

Il jeta un bref coup d'œil au paysage qui défilait, à travers la vitre fermée, trop lentement à son goût. Des champs de blés, des champs de blés et—Oh comme c'est étonnant ! Encore des champs de blés. A croire qu'il n'y avait que ça ici. Il s'avança subitement, ses coudes posés sur les deux sièges avants.

- Tu ne pourrais pas aller plus vite ?

Ill ne prit même pas la peine de cacher son agacement.

- Oh on se calme Bip-Bip ! Je n'ai pas envie de finir encastré dans un arbre à cause du verglas, mais après libre à toi de continuer la route à pied, rétorqua Tony, toute son attention concentrée devant lui.

Pietro souffla, exaspéré. Il recula, son dos rencontrant à nouveau la banquette.

Il entendit avec surprise le bruit de sa portière se verrouiller dans un clic métallique.

- Je plaisante. Tu restes en voiture avec nous.

Tony lui adressa un grand sourire mielleux à travers le rétroviseur avant.

Pietro leva un sourcil, les bras croisés. Il secoua la tête. L'intention de partir ne lui avait même pas effleuré l'esprit.

Courir dans se froid ? Jamais.

Mais c'est vrai, il fallait avouer que ce trajet en voiture ne l'enchantait gère. Il aurait préféré rester à la ferme, avec Clint.

Cependant Stark avait bien sûr ramené sa fraise et avait insisté pour que Pietro les accompagne —lui et Bruce.

En effet, à cause du froid, le jet était recouvert d'une épaisse couche de glace, impossible de décoller à cause du poids de celle-ci, d'où la nécessité de plusieurs bouteilles d'antigels.

Ils avaient ainsi emprunté la voiture des Barton afin de partir à la recherche d'un magasin de bricolage.

Indépendamment, Tony voulait avoir une petite conversation avec lui. Comment refuser sans paraître suspect ?

Sans d'autre choix, Pietro accepta même si il n'avait absolument aucune idée du pourquoi et à vrai dire il s'en fichait royalement. Ses doigts se mirent à pianoter nerveusement contre sa jambe.

"Allez dépêche-toi Stark" pensa-t-il.

Plus vite le milliardaire aura acheté son antigel de merde, plus vite les trois Avengers pourront enfin se casser.

Ce n'est pas qu'il ne les aimait pas —non, vraiment— mais ils commençaient vraiment à lui taper sur le système alors qu'il ne s'était même pas écoulé deux jours depuis le réveil de Clint.

Encore Banner, il n'avait rien à lui reprocher même si il trouvait toujours fascinant de voir à quel point ce gars pouvait paraître calme et taciturne, complètement en opposé avec le monstre vert qu'ils avaient libérés, Wanda et lui, en Afrique du Sud.

Par contre, les deux autres c'était une toute autre histoire...

Il en avait plus qu'assez de sentir le regard de Romanoff, dans son dos, épiant chacun de ses faits et gestes. Ça ne l'étonnerait même pas si il découvrait qu'elle l'observait dormir, la nuit tombée, étant donné que c'était devenu sa nouvelle activité favorite durant la journée.

De même, il avait la nette impression qu'elle faisait tout en sorte pour qu'il ne se retrouve jamais un instant, seul avec Clint.

Et Stark...c'était juste Stark. Peut-être était-ce une réminiscence de son ancienne haine pour lui ou tout simplement un problème de culture. Pietro —après une longue réflexion— en était venu à conclusion que c'était sûrement un mélange des deux.

- Alors ? Si tu nous disais un peu, Maximoff, ce que tu sais faire maintenant ? questionna soudainement Tony.

Pietro l'observa quelques instants avec des yeux plissés avant de répondre :

- Laisse-moi réfléchir une seconde. Peut-être courir ? Mais je ne suis pas sûr.

-Arrête d'être aussi insolent.

Tony balança sur Pietro, à l'aveuglette, une peluche qui traînait à côtés de son siège. Pietro l'évita sans problème et roula des yeux.

- Concentre-toi sur la route s'il te plait, demanda Bruce, qui intervenait pour la première fois dans la conversation, en se massant l'arrête du nez.

Comme toujours, il paraissait exténué.

- Fais-moi confiance mon chou.

Le regard de Pietro se perdit dans le morne horizon qui défilait au loin jusqu'à ce que la voix de Tony l'interrompe dans sa rêverie.

- Je voulais dire par là, qu'est-ce que Clint t'a appris ?

Il leva le menton et croisa le regard de Pietro dans le rétroviseur. Pietro nota qu'il était affreusement sérieux.

- Hmm je sais me battre au corps à corps maintenant. Je cours plus vite et plus longtemps aussi, je crois. Et j'ai perfectionné mon habilité au tir, énonça Pietro, la mine concentrée.

- On dirait que vous n'avez pas chômés. J'ai toujours su que j'avais eu la bonne intuition de t'envoyer chez Barton.

Il hocha la tête, fier de lui. Pietro secoua la tête. C'était cette histoire à la con avec l'ambassade américaine qui l'avait envoyé chez Barton, pas lui.

- Hé bien j'espère pour nous que tu es devenu aussi fort que ta sœur. Tu aurais dû la voir, tu as vraiment raté quelqu—

- Arrête Tony, trancha la voix limite suppliante de Bruce.

Tony le regarda brièvement, les sourcils froncés, une moue intriguée et inquiète sur le visage. Finalement, il décida de reprendre son récit, sa voix ayant néanmoins baissé de plusieurs décibels :

- Non mais c'était impressionnant. Il lui a suffi de gigoter ses doigts, et de faire son tour de passe-passe avec ses jolis rayons —non pas rayons— rouges pour que la moitié du repaire deviennent zinzin.

Pietro, la tête nonchalamment appuyé contre la vitre, lui jeta un regard mauvais.

Est-ce que c'était censé être un compliment envers Wanda ?

Sa sœur ne faisait pas des « tours de passe-passe » et elle ne lançait pas des « jolies rayons rouges ». Elle possédait de puissants pouvoirs qui pouvaient réduire n'importe quel être humain en charpie. Il souffla une insulte en sokovien, à l'adresse de Stark. Ça irritait Pietro de voir le don de Wanda réduit à ces qualificatifs de gamin.

- Mmh…Tu as dit quelque chose ? questionna distraitement, Tony à son attention.

- Non, rien.


Pietro se dirigea vers la chambre de Clint d'un pas rapide. Enfin.

Ça leur avait pris un peu de temps mais ce foutu jet était enfin prêt à décoller.

Pour l'instant, il était prévu que Natasha et Banner l'empruntent quelques semaines, le temps de cacher ce dernier dans le Montana.

Stark, quant à lui, retournerait à New York au volant de la voiture des Barton.

Bientôt, la ferme allait pouvoir retrouver un semblant de calme —d'ici une heure si tout se passait bien— un retour inespéré à la confortable routine.

Pietro se retrouva face à —sans surprise— Romanoff et Bruce, aux côtés d'un Clint toujours alité. Il se remettait lentement de ses blessures.

Il lui jeta un bref regard lorsqu'il entra la pièce, son attention était surtout portée sur les deux autres Avengers.

Pietro se plaça en retrait. Il s'appuya tranquillement contre la porte grande ouverte, les mains derrière le dos.

Il attendait patiemment que les deux visiteurs quittent enfin la chambre et surtout la ferme.

- Repose-toi et je te fais confiance. Ne fais surtout rien d'imprudent. Tu es encore blessé, conseilla Natasha, l'air préoccupé.

- C'est moi qui devrais m'inquiéter. Soyez prudent. Surtout-vous Bruce. Si le gouvernement te trouve alors on ne pourra plus rien faire pour vous.

Le regard de Clint passa de l'un à l'autre avec une inquiétude non-dissimulée. Si ils se faisaient attraper alors Natasha risquerait d'être entraînée dans la chute de Banner. Elle sera accusé de complicité sur le champ.

Bruce lui adressa un sourire rassurant. Il était un expert dans l'art de la fuite et du camouflage et Natasha était une espionne entraînée. A eux deux, ils sauraient se débrouiller. Natasha se pencha vers Clint pour déposer un rapide baiser sur son front. Ses doigts effleurèrent sa joue quelques instants.

Bruce adressa un dernier sourire à Clint et suivit Natasha qui venait de tourner les talons. Cette dernière passa devant Pietro sans lui accorder un regard, le visage impassible. Néanmoins, glaciale, elle lança un simple :

- A bientôt.

Pietro ne répondit pas. Il se contenta de toiser le dos de la jeune femme tandis qu'elle disparaissait pour de bon avec son compagnon.

Clint lui jeta une oeillade surprise. Est-ce qu'il s'était passé quelque chose entre ces deux-là ?

Pietro haussa les épaules, faussement ignorant. Il se rapprocha de Clint, aussi rapide que l'éclair, l'estomac noué.

Il passa une main fébrile dans ses cheveux. Il ne savait même pas pourquoi il était aussi nerveux. Il avait l'impression que la dernière fois qu'il s'était retrouvé seul en présence de Clint remontait à une éternité. Il s'assit prudemment sur le bord du lit.

Durant plusieurs secondes, Pietro laissa son attention dériver sur la main de Clint avant de remonter sur le large pull anthracite qui dénotait avec les bandages blancs apparent. Puis ses yeux atteignirent finalement le visage de Clint. Ses yeux s'accrochèrent aussitôt à ceux gris qui le dévisageaient, perdus.

Il déglutit. Tant bien que mal, il tenta de soutenir le regard de l'homme face à lui mais son regard ne vacilla pas une seule seconde. Malgré les picotements qui envahissaient progressivement sa nuque et son coeur qui cognait avec force dans sa poitrine.

Ils restèrent quelques secondes à se fixer, leurs regards indéchiffrable pour l'autre. Finalement, c'est Clint qui baissa les yeux en premier. Pietro nota facilement les rougeurs sur ses joues et sa respiration plus rapide. Ce n'est qu'au bout d'un moment que Clint déclara d'une voix mal assurée :

- Je—Je voulais te remercier avant tout, Laura m'a dit que tu étais resté avec les enfants pendant toute la nuit.

- C'est normal, c'était ce qu'il y avait à faire.

Clint resta silencieux, les lèvres pincées. Pietro continua à le dévisager, les sourcils froncés. Que se passait-il ?

Clint refusait de lever la tête et restait obstinément silencieux. C'était presque comme si il était incommodé par la présence de Pietro à ses cotés. Qu'est-ce qu'il avait fait pour mériter ça ?

Pietro s'apprêtait à se lever puisqu'apparemment ils n'avaient rien à faire ici, lorsque la voix de Clint l'arrêta presque suppliante.

- Pietro attends—

Pietro s'exécuta à contre coeur. Clint leva enfin les yeux dans sa direction. Il décela sans mal l'incertitude dans son regard fatigué.

- Lorsque j'étais endormi — ce n'est peut-être qu'une hallucination. Très franchement, je ne sais pas. Mais quelques fois, j'avais—j'avais comme l'impression de sentir une main dans la mienne.

Il marqua une pause et ferma les yeux quelques instants. Ses doigts se crispèrent imperceptiblement.

- C'était toi ? Hein ? Je n'ai pas rêvé ? réussit-il enfin à demander dans un murmure.

Pietro ne répondit rien. Il baissa la tête. Il s'y attendait, ce n'était pas comme si la question était une surprise.

Il aurait dû se sentir gêné d'avoir été découvert, d'avoir laissé une faille apparaître dans son mur. Mais étonnamment il ne ressentait qu'une singulière satisfaction à l'idée que Clint se souvienne avant tout de sa présence.

Son regard vint à nouveau caresser —avec un sourire imperceptible cette fois-ci— la main de Clint qui reposait tranquillement entre eux—à seulement quelques centimètres de la sienne.

Sans avertissement, Pietro se saisit prudemment d'elle, ignorant obstinément le regard surpris qui planait sur lui. Il ignorait d'où il tirait ce soudain sursaut de courage.

Il lia doucement ses doigts à ceux de Clint. La paume, sous la sienne, était sèche et, sans mal, Pietro arrivait à sentir les minuscules crevasse qui témoignaient d'une longue carrière d'archer mais il se dégageait de la même paume une chaleur singulière.

Il inspira brusquement lorsque, contrairement aux autres fois, il sentit une réponse : des doigts s'accrochaient doucement au sien.

Il leva aussitôt les yeux avec surprise pour admirer Clint qui scrutait leurs mains entremêlées d'un regard dur à déchiffrer.

Clint avait la réponse à sa question. C'était lui qui était resté à ses côtés pendant son long sommeil. C'était sa voix énervante qu'il avait entendu lui raconter n'importe quoi durant des heures. Clint vacilla et se raidit. Il se sentait soudain étouffer. C'était trop, il ne pouvait plus faire ça.

- Non, souffla-t-il.

Il arracha vivement sa main comme si juste auparavant, elle avait reposé sur des charbons ardents. Avec désespoir, Clint enfouit son visage dans ses mains.

- Je dois t'avouer quelque chose. Tu—Je—

Il n'arriva pas à terminer sa phrase. Comment le lui annoncer ?

Clint n'eut pas le temps de réfléchir d'avantage à cette question puisque Tony entra dans la chambre d'un pas lourd, n'ayant aucune conscience de la tension qui régnait dans la pièce. Clint l'observa avec incrédulité, les sourcils levés.

Pourquoi il portait ses vêtements ?

- Je les aie pris ce matin dans ton armoire, pendant que tu dormais, expliqua Tony. Ça ne te gêne pas trop, j'espère ? Les miens commençaient à sentir mauvais. J'avais peur qu'il soit trop large vu ta carrure mais finalement après avoir coupé quelques centimètres, ils me vont comme un gant.

Il tourna sur lui-même, les bras écartés, au milieu de la pièce pour prouver ses dires.

Clint coula discrètement un coup d'oeil à Pietro. Il devina sans problème —à sa mâchoire serrée— son irritation.

- C'est bon tout est chargé dans le coffre de la voiture. J'enverrais quelqu'un pour te la rendre lorsqu'on arrivera à New-York, annonça Tony en se plaçant face à la fenêtre. Jolie vu, au passage.

Il y eut un moment de flottement. Clint ferma douloureusement les yeux.

- On ? répéta Pietro, interloqué.

- Oui, on. Moi et Toi. Toi et moi. Tony et Pietro, si tu préfères.

Mais de quoi parlait-il ? Pietro jeta un regard confus à Clint.

Voilà. Le moment fatidique était arrivé et Clint n'avait pas su trouver le bon moment pour l'annoncer à Pietro. Lâche.

Devant la réaction de Clint, l'horrible vérité s'imposa cruellement à Pietro : Clint voulait qu'il parte. Son silence était un "vas t'en" assourdissant.

Alors c'était ça qu'il voulait lui annoncer ?

Il était bête. Il avait—il avait secrètement espéré entendre des mots qu'il n'obtiendrait sûrement jamais.

Pietro avait dû mal à comprendre. Pourquoi ? Il pensait pourtant que Clint lui avait pardonné leur dispute. Qu'est ce qu'il avait fait de mal ? Pourquoi ?

Le teint blême, il se releva subitement et fixa Clint avec désespoir. Il voulait juste une réponse, une explication de sa part. Quelque chose.

Tony devant le silence de Pietro, se détourna, intrigué, de la contemplation du paysage pour faire face au visage bouleversé du jeune homme.

- Barton, c'est quoi cette histoire ? Il est bien au courant que l'entraînement est fini ? C'est bien ce que tu m'as dit, qu'il était prêt, que tu pensais qu'il n'avait plus rien à faire ici.

Tony se rapprocha des deux hommes, une expression méfiante sur le visage.

Clint se massa l'arrête du nez. Il ignorait consciemment le regard de Pietro.

- Tony—Je...

Pietro détourna finalement les yeux de Clint. Il prit une grande inspiration pour tenter de maîtriser la colère qui l'envahissait, pour la garder enfouie et ne rien faire d'irréfléchi. C'était peut-être le bon moment. Le moment pour prouver qu'il était plus qu'un gamin impulsif, qu'il avait appris.

- C'est bon, déclara-t-il au bout de quelques seconde d'une voix neutre. C'est juste un simple malentendu. Je pensais seulement que je devais partir demain.

Il se détourna des deux, sans un regard, et quitta la chambre d'un pas rapide. Clint baissa les yeux sur les draps clairs, les lèvres tremblantes, se refusant de le voir partir. C'était lui qui l'avait voulu, il le savait pertinemment mais en ce moment même, il luttait intérieurement pour ne pas faire marche arrière. L'espace d'un instant, il n'eut qu'une envie : se précipiter dans cette chambre pour retenir Pietro par tous les moyens.


Pietro rangea ses affaires à la hâte. Il jeta furieusement dans son sac, tout ce qu'il pouvait. Il avait encore du mal à réaliser que c'était fini, que son séjour à la ferme s'achevait de cette façon. Il savait bien qu'il n'allait pas rester éternellement ici, mais il avait —bêtement— cru qu'il allait pouvoir demeurer quelques temps encore aux côtés de Clint...qu'on lui accorderait quelques instants de plus avec lui mais celui-ci même en avait décidé autrement.

Et le pire était que Pietro n'arrivait même pas à lui en vouloir. Il n'était qu'un visiteur, Clint avait tous les droits de demander son départ. Ce n'était pas comme si il ne lui avait pas déjà suggéré, auparavant, que son entrainement touchait bientôt à sa fin.

Il jeta un dernier regard à cette chambre en fouillis, qui avait été la sienne pendant ces quelques mois puis ferma d'un geste d'épaule la porte.

Son sac sur l'épaule et la mallette d'entraînement de Stark à la main, Pietro s'engagea dans l'escalier, le regard vide. Arrivé à la dernière marche, il entendit de manière distincte la voix de Tony à travers la porte d'entrée légèrement entrouverte :

- Tu devrais vraiment remonter te coucher car si tu viens à t'évanouir alors qu'on est déjà parti, je ne pense pas que c'est Laura et Coopcoop qui vont réussir à te porter dans les escaliers vu ton poids, déjà que Banner et moi avions eu du mal quand t'étais blessé.

Clint secoua la tête, une couverture autour des épaules, alors que son fils grimaçait devant le surnom qu'on lui avait attribué.

Pietro discerna tous les Barton debout sur le perron. Il mentirait si il disait ne pas être surpris de voir Clint.

Il s'approcha du groupe pour faire face, en premier lieu, au sourire triste que lui adressa Laura, Nathaniel dans les bras. Clint venait sûrement d'annoncer son départ au reste de sa famille. Il évitait toujours son regard, son visage obstinément tourné en direction de Stark.

- Bien Maximoff, on peut enfin y aller, déclara Tony lorsqu'il l'aperçut.

Il frappa des mains avec un sourire ravi. L'homme n'attendit pas plus longtemps pour traverser, visiblement empressé, les quelques mètres qui le séparait de la voiture noire.

- Allez au revoir Barton ! cria-t-il en agitant la main avant de s'engouffrer dans le véhicule.

Pietro soupira, il se sentait nauséeux et il avait soudainement froid. Plus que quelques minutes et il s'éloignerait d'eux, de lui surtout. Et dire qu'ironiquement, ce matin, il n'avait qu'une envie, que les trois Avengers partent. Il ne s'était pas douté un seul instant que cela signifiait aussi son départ.

Il se planta face à Laura, un sourire reconnaissant sur les lèvres. En venant ici, il ne savait pas quoi à s'attendre avec elle mais elle avait toujours était là pour lui, même si ils n'avaient jamais été particulièrement proche. Au fil du temps, il ne pouvait ressentir que de la gratitude envers cette femme. Elle passa un bras autour de ses épaules et le serra comme elle pu avec Nath entre eux.

- Appelle si ta sœur et toi avez le moindre problème, lui murmura-t-elle à l'oreille.

Pietro acquiesça et lui adressa un dernier sourire. Après avoir salué brièvement chacun des enfants. Il se tourna finalement vers Clint. Il lu la culpabilité sur son visage. Clint lui adressa un sourire crispé avant de l'entraîner dans une brève accolade. Sa paume lui frôla à peine le dos puis il s'éloigna de lui aussi rapidement qu'il était possible de le faire. L

Lorsque Pietro fit à nouveau face à Clint, il lui fallut toute la peine du monde pour réprimer ses larmes.

Il renifla bruyamment.

C'était injuste. Il n'avait pas le droit d'être malheureux. C'était de sa faute. C'était lui qui l'avait voulu. Clint n'avait en aucun cas le droit de le regarder de cette façon, comme si il se souciait d'une quelconque manière de lui.

Pietro sursauta en entendant le soudain klaxon bruyant d'une voiture retentir dans son dos.

- Pour l'amour de dieu, dépêche-toi. On n'a pas toute journée, s'écria Tony, impatient, en sortant sa tête du véhicule.

Pietro ne se retourna pas. Il jeta un dernier regard circulaire à cette famille qui l'avait accueilli pendant tous ces mois.

- Merci pour tout et avant d'oublier.

Il sortit de sa poche, la petite clé qui lui avait été donné peu après son arrivée puis tendit la main en direction de Clint. Ce dernier fixa un instant la paume tendue avec hésitation. Finalement, il se saisit avec precaution de l'objet en métal, sans un mot.

Pietro n'attendit pas plus longtemps et s'arracha avec peine de sa place. Il couru presque vers le véhicule noir. Il n'y arrivait plus, il fallait qu'il parte.

Il déposa rapidement ses affaires dans le coffre de la voiture avant de presque s'écrouler sur le siège avant. Pietro ferma les yeux douloureusement, une main sur le front alors que Tony démarrait le véhicule et qu'il quittait lentement l'allée du domaine.

Il n'osa pas regarder une dernière fois en arrière ayant trop peur de ne pas pouvoir maitriser les larmes qui risquait de jaillir d'une seconde à l'autre sur ses joues, surtout avec Stark à ses côtés.

Pendant tous son séjour, à aucun moment, Pietro n'avait regretté sa venue. Il était réaliste, il savait ce qui l'attendait : qu'il allait devoir se contenter de peu, de simples mots ou de regards. Et ça lui avait toujours convenu car jamais—non jamais— il n'aurait osé tenter plus. Mais il avait été incroyablement bête, c'était devenu trop difficile.

Il s'était brûlé les ailes à trop dévoiler son cœur, et voilà sa punition aussi rapide et tranchante qu'un couteau, son exil.

Ce qui le tuait c'était cette lueur qu'il avait vu dans les yeux de Clint. Il n'était pas dupe. Tous deux le savait pertinemment, cet au revoir avait trop un arrière-gout d'adieu.

Il lâcha une injure et se frappa la tête contre la vitre. Il n'aurait jamais dû mettre les pieds dans cette putain de ferme.

- Je sais que tu ne m'aimes pas des masses et que ça ne t'enchante pas d'être avec moi mais ce n'est pas ma voiture donc évite de briser la vitre s'il te plait. Et allez souris ! Tu vas me faire déprimer avec ta tête d'enterrement. Attends ! C'est officiel. Tu es un Avengers. Et puis tu vas bientôt pouvoir revoir ta sœur jumelle.

Tony lui lança son poing dans l'épaule. Pietro l'ignora avec un soupir, le front désormais collé à la fenêtre. Oui, c'était difficile à admettre mais Stark avait raison, il allait retrouver Wanda et ainsi tout rentrera dans l'ordre, tout sera comme avant, comme cela l'a toujours été. Seulement eux deux.


Clint resta longuement assis sur le perron, les jambes repliés sous le menton. Il aurait dû se sentir soulagé que tout soit terminé.

Ce n'était pas le cas. Non.

Il avait juste la désagréable impression d'avoir fait une immense connerie. Pourtant, c'était la meilleure solution, la seule solution. Il s'était voilé la face pendant bien trop longtemps mais aujourd'hui —après tout ce qu'il c'était passé entre lui et Pietro— il avait compris une leçon importante. Il fallait qu'il apprenne à se contenter de ce qu'il avait.

Il avait emprunté un chemin trop risqué, il avait trop souvent joué avec le feu, et il aurait pu s'y perdre s'il ne s'était pas ressaisi à temps. Il avait une famille —une femme et des enfants. Alors, même si cela signifiait faire des sacrifices, même si il devait souffrir et avoir le cœur éclaté, il ferait tout pour la préserver.


Fin


Voilà merci de m'avoir soutenu pendant tout ce temps, j'espère que vous avez aimé cette fin…

Haha non je déconne, j'ai pas pu résister à cause du titre de mon chapitre. Je vous rassure, il reste encore un bout de temps avant que la fic se termine puisque ce chapitre signe officiellement la moitié de l'histoire.

En tout cas un gros merci pour toutes vos review et j'en profite pour répondre à DianeMoon merci à toi de suivre l'histoire et pour ton avis, en espérant que ce chapitre, un peu plus long que le précédent te plaira.

Alors c'est sûr que c'est un tournant assez radical mais j'aimerais bien savoir ce que vous en pensez ? Si vous avez toujours espoir qu'ils se mettent un jour en couple ?

Je vous embrasse et à vendredi-samedi prochain.