Coucou les mandragores !
Prêtes pour cet avant-dernier chapitre de Regarde-moi ?
Bonne lecture ! =D
Chapitre 10 : Mariage
- Je t'ai déjà dit que tu es particulièrement sexy dans ton costume ?
- Non seulement tu me l'as déjà dit, Toinou, mais en plus tu me l'as fait comprendre l'autre jour en me faisant l'amour dans cette cabine d'essayage.
- En même temps comprends-moi, tu étais une véritable tentation, je ne pouvais plus me retenir !
Mathieu pouffa des réponses de son amant.
- Remercie la grand-mère de Jack alors, sans elle ça n'aurait pas été possible.
- Je vais la demander en mariage. Je peux : elle est veuve.
- Fais ça et c'est abstinence jusqu'à nouvel ordre.
- Alors que tu portes ce costume ? Hors de question ! La mamie restera seule.
Quand Rose et Jack avaient décidé de se marier, ils avaient prévu une cérémonie très simple et de louer une salle où tous s'éclateraient ensuite. C'était sans compter sur Marie-Jeanne-Gabrielle, la grand-mère quasi centenaire de Jack, qui acceptait de prendre en charges tous les frais à condition que tout le monde soit bien habillé – soit portes des costumes et tenues de mariage traditionnelles – et que le soir, au repas, le vin d'honneur soit servi. Alors que Jack découvrait son aïeule fort riche et ne se remettait pas de devoir porter un costard cravate, Rose haussa les épaules.
- Si tu veux tu pourras mettre des chaînes à ton costume. Vu que ta mamie doit aussi bien voir que Mathieu, elle n'y verra que du feu.
- Il y aura du caviar au menu, laisse-moi me remettre de cette nouvelle.
- Elle a accepté que tu t'occupes de la musique.
- Il va y avoir des serveurs toute la soirée ! Je suis sûr qu'il y en a jeune et beau qui va te draguer !
- Il rencontrera mon couteau dans ce cas.
Bref, à force de discussion avec la vieille femme, des compromis avait été réalisés. Mais la consigne était passée : être bien habillé. Mathieu, ne pouvant choisir seul, avait été dépendant d'Antoine. Si ce dernier avait d'abord pensé que choisir de belles tenues serait barbant, réaliser que cela permettrait de faire plusieurs essais sur son aimé de façon à le rendre le plus élégant possible le rendit tout content. Et après plusieurs essayages, il trouva un magnifique costume blanc qui allait à merveille au plus âgé. Et Antoine tomba tellement sous le charme qu'il ne put s'empêcher de suivre ses sens et il fit l'amour à un Mathieu surpris mais heureux de mettre son homme dans un tel état.
Antoine, quant à lui, avait opté pour un costume plus classique, noir.
En cette fin de mois de mai, les deux amants se rendaient comme prévu à ma mairie.
- On n'est pas en retard ? demanda Mathieu.
- Nan, ne t'inquiète pas. J'ai pensé à partir en avance. Je n'ai personnellement pas envie que la mariée cherche à m'assassiner sur place parce que j'ai retardé la venue de son témoin.
- Rose ne t'aurait pas assassiné.
- On parle bien de la même personne ?
- Elle t'aurait torturé à mort avant de te laisser pour mort. (1)
- Effectivement, c'est cohérent.
- Mathieu, Antoine, je suis si heureuse de vous voir !
Rose se précipita vers ses amis et se jeta sur eux. Cela ne manqua pas : en prenant Mathieu dans ses bras, dans son élan, Rose fit tomber l'aveugle par terre. Mais parce que c'était habituel, Antoine avait prévu le coup et s'était par mesure de sécurité placé derrière. Bien lui en prit, cela évita à son aimé de se fracasser au sol, accompagné par une mariée un peu trop enthousiaste.
- Oh pardon, j'oublie à chaque fois…
- Pas grave !
Rose ne pouvait contenir son excès de joie.
- Je ne pensais pas que tu te marierais un jour, avoua Mathieu.
- Moi non plus, mais la grand-mère de Jack a promis un voyage aux Bahamas en cadeau de mariage. Comment ne pas être heureuse ? Waaaaaaaaaaah !
Rose courut dans la salle et malgré sa robe fut rapide. Elle renversa peut-être une ou deux personnes au passage, mais comme elle arriva à terme dans les bras de Jack, elle ne regretta rien. Parce qu'ils se roulaient une pelle magistrale tous les deux, la maire dût tousser pour que commence la cérémonie de mariage proprement dite. Mais ce fut quand même laborieux de ramener le couple à la réalité.
La maire allait commencer à parler quand un bruit tonitruant se fit entendre, plongeant l'assistance dans le silence.
- Je savais bien que tu n'avais pas assez mangé ce midi, Antoine.
- Ce… C'est pas moi !
Le passage chez le maire effectué, tout le monde – sauf la maire, qui n'était pas invitée – se rendit dans la salle de fête louée pour l'occasion. Presque aussitôt, la piste de danse fut envahie par les invités. Jack n'y échappa pas, mais heureusement pour lui, ce ne fut pas catastrophique et il accepta même une autre danse avec Rose (c'était ça ou danser avec sa grand-mère). Antoine ravit plusieurs femmes en dansant avec elles. Mathieu, qui se fichait pas mal de la danse, se dirigea en direction des toilettes. Il les avait repérées au bruit des chasses d'eau. Alors qu'il allait pousser la porte, une voix l'interpella.
- Mathieu ?
Il y a bien des années, cette même voix l'avait mis dans tous ses états. Et si Buscarron et Antoine ne s'étaient pas occupés de lui à ce moment-là, Mathieu ignorait ce qu'il lui serait arrivé. Mais les années s'étaient écoulées, il avait évolué. S'il fut surpris, il réussit à se maîtriser.
- Alex… Que fais-tu ici ?
- Je travaille en tant que serveur pour les réceptions de mariage.
- C'est bien ma chance.
- Ecoute Mathieu, je voulais te dire que je suis désolé ! Excuse-moi pour ce que je t'ai fait quand on était ados, c'était con.
- Très.
- S'il te plait, pardonne-moi. J'aimerais tourner cette page avec toi. On pourrait être amis.
- Amis ?
- Oui ! Voire même plus…
Mathieu sentit une main effleurer son bras. Il eut aussitôt un mouvement de recul.
- Alex, je tolère ta présence ici parce que tu travailles, mais n'essaie même pas de renouer le contact avec moi !
- Mais je…
- Ta gueule et va travailler sinon je te fais virer !
Antoine s'assit sur la première chaise trouvée, complètement épuisé. Depuis quand les femmes désiraient tant danser avec lui ? Bon, il savait pourquoi, et se faire draguer par une partie d'entre elles l'avait fortement agacé. Maintenant, il n'avait qu'une seule envie, c'était de serrer son Mathieu fort contre lui.
Celui-ci justement arrive par derrière et ses bras entourèrent son cou tandis que ses mains se posèrent mollement sur son torse.
- Toinou.
- Mathou ?
- J'ai une envie de crêpes et de bière.
- T'es enceinte ?
- T'es con.
- Il y a trop de monde ici, j'étouffe.
- Attends, on sort deux minutes si tu veux.
- Merci.
Tous deux sortirent discrètement par l'une des portes et respirèrent l'air frais.
- Bon, maintenant tu me dis ce qu'il se passe. T'as pas des envies comme ça, sauf quand tu es contrarié ou que tu es malade. Ou que tu accuses le chat d'une de tes bêtises. Donc qu'est-ce qui se passe ?
- J'ai remballé un ex, ça va, mais ça m'a chamboulé en me rappelant du passé.
- Je vois… C'est le blond qui était en colère en revenant des toilettes tout à l'heure ?
- Oui. Le massacre pas, hein !
- Seulement s'il touche à l'un de tes cheveux. Tiens, bois ça, tu iras mieux après.
- C'est quoi ?
- La bouteille de Dom Pérignon que se gardait mine de rien l'ancêtre de Jack pour son usage personnel. Elle n'a rien vu, je crois.
- QUI A PRIS MA BOUTEIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIILLE ? AAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHH !
- MAMIE LÂCHE CE COUTEAU JE SUIS INNOCENT !
- Un conseil, bois-la vite !
- Je crois oui.
(1) Si vous pensez à une autre fic bien précise, le clin d'œil est fait exprès ;)
A bientôt pour le dernier chapitre ^^
