Julindy: tu pensais qu'on avait touché le fond? Et bien...quand il n'y en a plus, il y en a encore. Je m'étonne moi même.
Aliena Wyvern: déconnecte ton cerveau avant de lire ça. C'est plus prudent.
Katleen: tu veux du rêve? En voilà.
NB: le titre est un fidèle résumé du chapitre
Chapitre 11
Ça part en cacahuette...
John et Loki furent les premiers à réagir et à venir s'enquérir de son état. Béatrice ne leur répondit pas. Elle n'aurait pas pu penser qu'elle avait été aussi loin avec Thorin Ecu-de-Chêne. Seigneur! Elle avait été l'amant de Thorin Ecu-de-Chêne! Mais comment c'était possible? Comment elle avait pu faire ça avec Monsieur Majestic-dont-même-les-pets-inspiraient-le-respect. Mais c'est vrai qu'elle aurait dû s'en douter avec le baiser qu'il lui avait donné. Elle ne savait pas si elle devait rire ou pleurer devant une telle situation.
North la regardait sans pitié. Et cela l'aida à se ressaisir:
"Ah bon? Dans ce cas, vous ne deviez pas être un amant exceptionnel tout roi que vous fûtes puisque que je vous ai oublié sans difficulté." répondit-elle avec une négligence cruelle.
"North : 0. Béatrice : 1." compta Mary pour s'amuser
Béatrice se releva et remercia John et Loki. Ce dernier remarqua dans les yeux de son amie un éclat de peine qu'elle réussit à dissimuler dans un battement de paupière. Le dieu soupira intérieurement: fallait-il que ces deux là creusent un peu plus le fossé qui les séparaient quand on voyait bien à quel point ils aspiraient à se retrouver.
Par chance, on frappa à leur porte avant que l'atmosphère ne s'alourdisse davantage. John fit un pas en direction de la porte mais il fut pris de vitesse par Béatrice qui, bien qu'elle eut mal aux genoux, déboula comme une folle furieuse, décoiffant presque John, pour ouvrir la porte à la volée.
"Bonsoir." entendirent-ils
Béatrice cligna des yeux : devant elle se trouvait un homme dans les cinquante ans. Son visage était dépourvu de barbe, il était plus grand mais elle aurait reconnu ce regard et ce sourire entre mille, ainsi que cette bonhomie naturelle que la Moria avait aspiré autrefois dans ses profondeurs.
"Oh! Oui, c'est une belle soirée, quoiqu'il fasse frais." déclara-t-elle en reprenant des mots qu'il avait prononcé une vie auparavant.
Le sourire de l'inconnu fit place à un "o" de stupéfaction quand il réalisa qui il avait devant lui.
"Bilbo Sacquet ?" avança-t-il tout de même prudemment
Béatrice s'inclina:
"Pour vous servir...Monsieur Balin. "répondit-elle les larmes aux yeux devant le bonheur de retrouver son ancien compagnon et mentor.
"Par Mahal ! Vous avez beaucoup changé mon ami." remarqua l'ancien seigneur de la Moria
"N'est ce pas? Je n'arrive pas à croire que je vous revoie. Quand j'ai appris votre mort...ça a été un sacré coup. Et vous revoilà..."
Béatrice, sous le coup d'une émotion vive, laissa s'échapper quelques larmes. Silencieusement, l'ancien Balin la serra contre lui, tout aussi ému de retrouver son ami hobbit dans cette jeune femme. Ils s'étaient éloignés après la mort de Thorin et il l'avait longtemps regretté, car les nains n'abandonnaient jamais quelqu'un de leur famille, encore moins de la...famille royale. Mais la douleur et le chagrin avaient définitivement séparé leurs destins, les condamnant à la mort et à l'isolement.
"Comment vous appelle-t-on désormais ?"
"Peter Davies. Je suis banquier. Ça ne change pas beaucoup des charges qui avaient été les miennes sous le règne de Thor, le grand-père de Thorin. En parlant de ce dernier, vous deviez le rencontrer. Tout s'est bien passé ?"
"Demandez au principal intéressé. Il ne me semble pas qu'il ait beaucoup changé."
"Ah ! Ma petite, ne vous fiez pas aux premières impressions, ni aux souvenirs car tout cela est trompeur. J'ai appris que vous étiez journaliste indépendante. C'est là un changement radical. Qui aurait pu le dire ?"
"Ça ne serait jamais arrivé si vous n'aviez pas saccagé ma cuisine."plaisanta Béatrice en l'emmenant au salon.
Elle voulut de nouveau faire les présentations mais on frappa derechef à leur porte d'entrée.
"C'est Dwalin. Il devait garer la voiture." l'avertit Peter avec un sourire.
Toute impatiente comme une enfant, Béatrice laissa tout son petit monde pour courir ouvrir de nouveau. Ni elle, ni Lucas ne remarquèrent que son comportement faisait naître un sourire tendre sur les lèvres de ce dernier.
John Corcoran pestait encore dans sa barbe de la rareté et du prix exorbitant des places de voitures à Londres quand la porte du 221b Baker Street s'ouvrit brusquement devant lui. Avait-il fait erreur? se demanda-t-il en avisant la jolie jeune femme blondes dont les courtes boucles miel couvraient le front, lui donnant des airs d'angelots italiens.
"Excusez-moi, j'ai dû faire erreur. Je devais retrouver un ami au 221b Baker Street."
Béatrice sentit un immense sourire lui ravager le bas du visage. C'était plus fort qu'elle.
"Vous êtes au bon endroit. L'ami en question est le roi des cons. Votre frère par contre n'a pas changé."
Devant l'air perdu de son vis à vis, Béatrice soupira, avant de faire une révérence désuète:
"Bilbo Sacquet pour vous servir. Gare à vous si vous tentez seulement de lorgner sur ma part de sushis. Et oui, finis le gentil épicier."
Un simple inconnu aurait de suite appelé l'hôpital psychiatrique le plus proche pour les informer qu'une de leur patiente s'était échappée.
Mais John Corcoran, ancien colonel qui avait fait ses états d'armes aux Malouines, en Irak et en Afghanistan, n'était pas un simple quidam.
Béatrice dut se retenir de rire quand elle lut la surprise, puis la joie, puis de nouveau l'étonnement se succéder dans le regard de l'homme qui la dépassait bien de deux têtes. Son visage aux traits durs s'éclaira.
"Bilbo Sacquet! Si je m'attendais à ça!" s'écria-t-il
"Et moi donc, Monsieur Dwalin!" lui répondit-elle en faisant un geste qui les surpris tous les deux : elle le prit dans ses bras.
"Mahal! Mais...vous êtes une femme!"
"Bien observé. Et vous êtes toujours un mastodonte." déclara Béatrice en souriant malicieusement.
John Corcoran semblait extérieurement maître de lui-même: aucun muscle de son visage ne trahissait le tourment qui était maintenant le sien. Il retrouvait le hobbit après avoir failli à son devoir de protecteur. Quand Lucas North était passé entre ses mains de formateurs, il avait failli avoir une syncope. Quand son banquier s'était révélé être son frère, il avait pleuré (d'autant plus que, frère ou pas, Balin l'avait sermonné pour être dans le rouge.). Mais tout cela n'était rien comparé à ce qu'il ressentait pour Bilbo. Dwalin s'en voulait car il aurait dû protéger Bilbo et veiller sur lui comme n'importe quel autre membre de la famille royale. Il n'aurait pas dû laisser Thorin traiter son promis comme il l'avait fait. Tout ce qui en avait résultait, c'était un chagrin immense.
"Rentrons avant d'attraper la mort. Au fait Monsieur Dwalin, à défaut de savoir utiliser l'épée ou la hache, je sais tirer avec un semi-automatique, un fusil de chasse, un fusil d'assaut aussi et un magnum." ajouta-t-elle
"Bilbo Sacquet qui ne craint plus de toucher à quelque chose de plus dangereux que son petit dard ? Le monde tourne à l'envers!" ne put-il s'empêcher de dire
"On vit dans un monde dangereux, Monsieur Dwalin. Il faut bien savoir se défendre, surtout nous autres réincarnés."
"Vous parlez, mais avez vous déjà pris une vie ?"
"Trois fois la même journée." se contenta-t-elle de répondre sans se vanter.
A ces mots et à son regard douloureux, John Corcoran sut qu'elle disait vrai.
"Que s'est-il passé ?"
"Mauvais endroit au mauvais moment. Vous avez entendu parler de l'attaque d'Ultron?"
Il acquiesça, ne comprenant pas en quoi elle était impliquée. Après cette nouvelle attaque extra-terrestre, toutes les armées et tous leurs corps avaient eu un nouveau débriefing et une nouvelle formation pour faire face à ce genre d'attaque. Mais Béatrice n'avait pas été dans l'armée. Elle n'en avait pas le profil.
" Je travaillais pour Mr Stark. Il m'a emmené sur le terrain et forcément notre campement a été pris pour cible. Vous seriez fier de moi : deux hommes au fusil d'assaut. Le dernier avec le revolver de Captain America."
Elle parlait de fierté, mais le colonel voyait bien que ces actes lui pesaient sur la conscience.
"Vous étiez en guerre, Bilbo. Vous savez ce que c'est, vous en avez déjà connu une. Je ne doute pas que vous n'avez fait que votre devoir. Le reste, c'est un simple instinct de survie."
Il posa sa large main sur son épaule et lui serra, transmettant par ce simple geste son soutien et son respect. Elle aurait pu hésiter, mais elle ne l'avait pas fait. Elle avait su ce qu'elle devait faire et n'avait pas reculer. Thorin avait bien choisi son consort.
"Je suis heureux que vous puisiez retrouver maintenant Thorin. Vous verrez, tout ira mieux entre vous, maintenant. Lucas n'a pas voulu vous retrouver en pénitence de ses actes passés, vous savez. Mais il a fait en sorte qu'aucun mal ne puisse vous atteindre depuis qu'il est revenu d'Afrique du Sud."
"Comment ça?"
"Il travaille dans une cellule anti-terroriste spécialisée dans les réincarnations des serviteurs de Morgoth et Sauron. Un de ses supérieurs travaille sur votre protection personnelle. Le colonel Lannister rêve d'ailleurs de vous avoir dans son service."
"Le colonel Lannister?! Jaimie Lannister?!"
"Oui, pourquoi? Vous le connaissez?"
Si elle le connaissait ? Béatrice et lui avaient eu une brève aventure aux Etats-Unis. Jaimie Lannister plaisait énormément à Béatrice, mais elle restait hantée par le souvenir de Thorin. Cela avait mis fin à leur histoire, au regret des deux parties. Ce n'était pas l'amour passionnel entre eux, mais ils avaient eu beaucoup de tendresse l'un pour l'autre. Elle avait été sincère avec lui et Jaimie lui avait été gré de cela. Parfois elle regrettait de ne pouvoir se sentir libre de profiter de cette nouvelle vie. A chaque fois qu'elle commençait à effleurer le bonheur, son passé la rattrapait. Elle aurait voulu bannir le souvenir de Thorin. Elle en était incapable. Et elle le haïssait pour ça. Tout était de sa faute!
"Très bien. Je devrai essayer de le recontacter."
John renifla: cela ressemblait à une vengeance de femme à s'y méprendre.
"Vous avez revu Thorin?"
"Oui. Malheureusement. Et il est encore plus suffisant qu'autrefois."
Ah! C'était donc ça: une querelle d'amoureux. Quoique Bilbo avait vraiment eu un regard et un ton méprisant pour l'évoquer. Il y avait anguille sous roche. Il allait devoir creuser. John la questionna encore un peu sur sa nouvelle vie. Cela allait être dur de l'appeler Béatrice.
Il savait qu'il n'était plus rien pour elle et qu'il n'avait pas été le meilleur ami possible pour Bilbo, mais cela ne l'empêcha pas de ressentir une grande bouffé de fierté quand elle lui résuma brièvement qui elle était maintenant et ce qu'elle avait fait: Où était le timide hobbit poli ? Bien loin, bien loin de cette brillante jeune femme qui avait déjà un début de carrière prometteur.
Béatrice s'apprêtait à fermer la porte quand:
"Béatrice Sterdford! Si tu me fermes la porte au nez, attends-toi à une descente des stup, des moeurs et de la douane chez toi!"gronda une voix légèrement éraillée "Et aussi de la SPA."
"Que veux-tu que la SPA vienne foutre chez moi Greg? Un poisson rouge ne tient pas deux semaines avec moi!"
"Mais tu ne nies pas le reste, avoue!"
"J'ai bien le droit d'avoir des plantes chez moi, non ? Et pour les moeurs, évite à tes collègues d'être traumatisés parce qu'ils m'auront vue..."
"Stop! Arrête-toi là. Je ne veux rien entendre de plus. Tu es pire qu'avant." décréta-t-il en riant.
Il l'attrapa dans ses bras et la serra fort contre lui. Il fut un temps, lorsqu'il l'avait rencontrée pour la première fois, il avait envisagé de refaire sa vie avec elle. Mais cette idée s'était vite envolée: Béatrice avait trop tendance à ressembler à Sherlock. Et puis à force de fréquenter les deux cousins, il avait vite vu Béatrice comme une éternelle gosse surexcitée. Jusqu'au "suicide" de Sherlock. Après son retour de vacances durant lesquelles il avait été forcé de les aider à traquer un faux chien monstrueux et un vrai savant fou, il avait assisté à une dispute extraordinaire entre Béatrice et Sherlock. Il n'aurait pas dû être là mais il avait voulu les voir à cause du procès de Moriarty qui s'approchait. Il n'avait pas pu s'empêcher d'écouter la scène.
Sherlock n'était pas le genre de personne qu'on pouvait s'imaginer se mettre en colère contre quelqu'un, tout simplement parce qu'il semblait tenir le genre humain en trop basse estime pour lui accorder son précieux temps et sa précieuse attention. Quant à Béatrice, elle était facile à vivre à sa manière. Jamais de colère, jamais de rancoeur, indépendante comme un chat, elle avait l'amitié facile. On ne pouvait pas l'imaginer faire une scène.
C'était pourtant ce qu'il s'était produit parce que tous les deux s'aimaient. Sherlock ne voulait pas que Moriarty puisse la découvrir.
"Mycroft" avait-il dit "t'a inscrite au M.I.T pour que tu ais au moins un diplôme comme chaque personne qui se respecte dans notre famille. Tu fais tes valises. Tes cours commencent dans deux semaines."
Et Béatrice lui avait crié qu'il ne pouvait pas l'écarter comme cela, qu'elle n'avait pas besoin d'un diplôme pareil, qu'il lui faudrait l'enfermer de force dans l'avion. Sherlock s'était montré inébranlable et intransigeant.
"Tu pars, un point c'est tout. Si tu veux continuer à travailler avec moi, va faire tes preuves ailleurs."
"Tu n'es qu'un vieux con réac' Smaug. J'ai réussi à berner un dragon sur son tas d'or, un roi des elfes et j'ai même su éviter une putain de guerre, mais parce que j'ai eu la mauvaise idée de renaître femme, tu veux m'écarter ?"
Une soudaine migraine s'était emparée de Lestrade à l'entente du nom "Smaug".
"Moriarty n'est pas un imbécile d'orc ou de nain, Bilbo." avait rétorqué Sherlock " Et que tu sois un hobbit ou une femme, cela ne change rien. Je ne veux pas qu'il sache que tu existes. Et tu commences à passer trop de temps avec moi. Il faut que tu t'éloignes, c'est..."
Béatrice avait giflé Sherlock avant de lui dire:
"Si tu ne détruis pas Moriarty, crois moi, c'est moi qui m'attaquerait à lui. Et seule s'il le faut. Je ne suis pas Bard, mais je n'ai pas peur des dragons et de ceux qui se tapissent dans le noir. JE NE VEUX PAS PARTIR."
"Tu n'as pas ton mot à dire. Tu t'en vas. Fin de la discussion."
"Mais pourquoi? Pourquoi est-ce que tu veux qu'on nous sépare? Pourquoi tu ne demandes pas à John de partir? Pourquoi est-ce que je devrais encore rester sur la touche?"
"Tu es prometteuse, Béatrice. Et je préfère te garder dans ma manche pour l'instant. Va te former. Mène tes propres combats. Puis reviens quand tu seras de taille à concevoir un plan aussi complexe que celui de Moriarty. A ce moment-là, je ne t'écarterai plus."
"Sherlock..."
"Stop Bilbo. Ce n'est plus ton combat."
"Gandalf m'a dit ça autrefois devant Bard et Thandruil. Ça ne m'a pas arrêtée."
"Je vais finir par croire que tu étais plus nain que hobbit. Pour l'amour de moi, fais ce que je t'ai demandé."
Lestrade n'en avait pas entendu plus. la migraine avait atteint un tel sommet qu'il avait perdu connaissance.
Lorsqu'il s'était réveillé, John était à son chevet, l'examinant. Après un rapide diagnostique, il lui avait prescrit une cure en fer. Puis il l'avait laissé avec Sherlock et Béatrice pour ranger sa trousse. les deux cousins se regardaient entre eux avec inquiétude. mais Greg les regardait désormais autrement. il ne comprenait pas pourquoi il savait que Sherlock aurait dû être dix fois plus imposant, moins humain et couvert d'écailles et pourquoi Béatrice aurait dû être un homme, non pas un homme, plutôt un enfant mais avec des pieds démesurément grands et velus.
"Maître hobbit?"
Greg aurait pu rire de la réaction de Béatrice qui avait bondi littéralement avant d'être caché par un Sherlock le menaçant de son archet si un, leur yeux si semblables n'avaient pas trahi la plus grande peur qui soit et si deux, son esprit n'avait pas commencé à superposer des images incroyables sur ces deux-là.
"Je suis Smaug, principale des calamités, dernier grand vers. Décline ton nom. Et ne sois point menteur, car je le saurai. Et dans ce cas, il t'en cuira. Dans tous les sens du terme." avait menacé Sherlock
Greg savait que Sherlock avait tendance à jouer les divas. Mais à ce moment-là, un instinct secret le poussait à le croire sur parole. Mais Smaug...Smaug...Smaug était...
"Ce n'est pas possible! J'ai tué Smaug!Et même que j'ai failli y passer!"
"Oh! C'est pas vrai! Bard? Bard le batelier?!"
Béatrice vait quitté la protection de Sherlock pour se rapprocher de lui. Sherlock continuait de le regarder avec suspicion. Mais le policier avait d'autres préoccupations. Elle l'avait appelé Bard et cela lui semblait être juste. Plus juste que le Greg Lestrade qu'il avait été pendant toutes ces années. Béatrice lui avait d'abord posé plusieurs questions dont seuls les réincarnés possédaient la réponse. Il avait employé naturellement des mots qui semblaient absurdes ou incongrus dans une discussion entre deux personnes ayant toute leur santé mentale. Puis les questions s'étaient étrangement rapportées sur le domaine de la navigation fluviale, sur la pêche et sur la vie lacustre. A toutes, il avait su répondre sans difficulté. les réponses coulaient de source s'il osait dire. Enfin elle avait vérifié ses souvenirs:il se rappelait d'abord d'une vie difficile mais heureuse en tant que batelier puis d'une vie plus protocolaire en partie minée par les affaires d'état.
"J'avais des enfants. Baïn, Tilda et Ilda." s'était-il rappelé brusquement
Le silence s'était fait brusquement lourd. Béatrice avait pris ses mains dans les siennes. Greg ou Bard...il ne savait plus tout à fait qui il était. Il l'avait regardée misérablement.
"J'avais un neveu, Frodon. je ne l'ai pas retrouvé. Mais cela ne veut rien dire. Je refuse de croire que ceux que nous avons connus et aimés sont au-delà de notre portée. J'ai été Bilbo. Tu as été Bard. Sherlock a été Smaug. Nous avons été. Aujourd'hui nous sommes revenus, mais nous ne sommes plus tout à fait les mêmes. Nous allons devoir composer avec notre ancienne vie, mais elle ne doit jamais venir entraver celle que nous avons aujourd'hui."
"Depuis quand vous vous..." commença Lestrade
"Nous nous souvenons ?" demanda Béatrice
Lestrade avait acquiescé.
"Moi depuis mes cinq ans." répondit Sherlock "Béatrice aussi."
"Depuis vos...Mais Bon Dieu! Vous auriez pu devenir fous!"
"Bilbo et Smaug ont pris le pas sur nous pendant cette période. Grâce à notre ancienne matûrité, on a su cacher notre "cas"."expliqua Sherlock
"Mais vous n'avez pas eu une enfance normale."
"Bah...on se rattrape aujourd'hui. D'après toi pourquoi est-ce qu'on est aussi dingue tous les deux ?" plaisanta Béatrice "Pour toi, ce sera peut-être plus facile de le cacher mais pour ce qui est de le supporter, c'est une autre paire de manches."
"Mycroft nous oblige régulièrement à consulter un psy qui, non seulement, est soumis au secret médical mais qui relève aussi de sa responsabilité. Après chaque session, il est obligé de détruire toutes ses prises de notes. Qui plus est, il ne nous a jamais vus, donc il ne peut pas nous identifier visuellement. Je te donne son nom et son numéro. Il saura que c'est toi qui appelle quand nous l'aurons prévenu. Son nom: le docteur Luwyn."
Sherlock lui avait ensuit donné le numéro du psychologue qui faisait des recherches sur "l'événement" que vivait ses patients. Grâce à lui et aux deux cousins, Lestrade avait réussi à s'habituer peu à peu au fait qu'il avait à la fois un pied dans le passé et un pied dans le présent.
"Tu as l'air en pleine forme, Greg! Mais attend...toi aussi, tu as pris du poids...Elle s'appelle comment ? Tu nous la présentes quand ?" s'enthousiasma Béatrice
"Oh! Misère le duo infernal se reforma." se plaignit-il
"Ne te défile pas. Et répond. Sinon, j'ai des photos compromettantes. Tu te rappelles le Dartmoor..." Béatrice lui offrit le sourire cinglé made in Sherlock Holmes.
"Rho! La ferme. Ça va, c'est bon. En fait j'ai retrouvé mon épouse."
Au sourire heureux qui illuminaient ce visage parfois si austère, Béatrice bondit dans ses bras.
"La fameuse Madame Bard ? C'est quand le...remariage? C'est quand dis ?"
"Si tu arrêtes de bondir comme un kangourou, tu le sauras."
"Mais j'aime les kangourous...surtout en steak. Je reviens d'Australie."
"Pitié Béa. Ne commence pas où on en finira jamais."
"Ok. Ok. Je me calme. Alors ?"
Greg ne put s'empêcher de sourire devant le visage bronzé et illuminé de Béatrice. Savait-elle seulement à quel point elle était charmante avec ses boucles blondes et châtain qui lui faisaient comme une auréole, ses grands yeux lumineux et son sourire qui faisait ressortir deux fossettes ? Elle vivait intensément et ressentait avec la même force les sentiments. Elle était sincèrement heureuse pour lui. Greg aurait pu aimer Béatrice. Bard craignait qu'on ne lui brise le coeur.
"C'est une collègue qui travaille au labo d'analyse. Elle s'appelle Eleanor."
"Et...et..."
"On pensait se marier en Août. Mais on annule."
"Mais pourquoi?" bouda Béatrice
"Parce qu'on a réservé l'église pour un autre événement important."
Devant son air interrogateur, il ne résista pas longtemps:
"J'espère que Sherlock acceptera d'être le parrain de notre enfant. Sally a accepté d'être marraine en tout cas."
Béatrice sembla bloquer quelques instants sur la déduction qui venait de faire jour dans son esprit.
"Euh...Béa ?"
Aucune réponse. Greg fronça les sourcils.
"Béa ?"
Toujours rien. John Corcoran qui avait patiemment attendu, se rapprocha d'eux, ne comprenant rien à ce qui se passait. Il vit la jeune femme bouche entrouverte et les yeux écarquillés.
"Qu'est-ce qui lui arrive là ?" demanda-t-il légèrement inquiet à cause du dézonage de la jeune femme.
"Aucune idée. En dix ans, elle n'a jamais eu un pet. je me présente au fait, Greg Lestrade, inspecteur à Scotland Yard."
"Colonel John Corcoran du Vème régiment de l'armée de terre. Vous étiez Bard, le gars qui nous a mis dans des tonneaux et nous a versé du poison sur la tête, c'est bien ça ?"
John lui tendit la main et Greg la serra tranquillement. Tous les deux ne se préoccupait plus de Béatrice. Mrs Hudson sortit à ce moment-là de son appartement pour mettre les poubelles dehors.
"Béatrice, pourrez-vous me fournir un RIB de votre banque, une photocopie de votre carte d'identité et de votre dernier contrat d'embauche, s'il vous plaît ? C'est ce que m'a demandée l'agence." lui demanda la logeuse.
"Pas...de...problèmes...Mrs...Hudson." prononça-t-elle très lentement
"Et ben, qu'est-ce qui lui arrive Greg ?" s'étonna la logeuse
"Je crois qu'elle est sous le choc et qu'elle dézonne un peu."
"Pauvre petite. Sherlock a parfois des passes identiques. Ça leur arrive souvent malheureusement. Pourtant, je vous promets que je ne leur donne rien de ma réserve personnelle."
"Je vais faire comme si je n'avais rien entendu, Mrs Hudson. Voulez-vous un peu d'aide pour les poubelles?"
"Oh! C'est très aimable, Greg."
John Corcoran se proposa aussi, en bon gentleman. Mais à peine eurent-ils soulever le réceptacle à ordures que:
"GREGORY DAVID LESTRADE..."
"Comment connais-tu mon deuxième prénom ?"
"J'ai infiltré un nombre de fois incalculable les données de Scotland Yard. Z'êtes des nuls question protection. Je disais...ah oui! GREGORY DAVID LESTRADE! Je sais que les cons, ça ose tout et que c'est même à ça qu'on les reconnaît. Mais toi! Tu en tiens une sacrée couche! Sally et Sherlock ensemble sur les fonds baptismaux! Mais tu veux déclarer la Troisième Guerre Mondiale? Tu es Frankenstein et tu as retiré ton cerveau de ta boîte crânienne avant de venir ? Tu es une blonde en infiltration ? La future paternité te court déjà sur le haricot ?"
"Sally est une bonne coéquipière et une excellente amie."
"Mais...mais...AVEC SHERLOCK ? QUOI?! SHERLOCK ?! Si l'église résiste, ta fille ou ton fils sera un envoyé du ciel. Misère! Je n'ose pas imaginer...AH! Si, en fait j'y arrive."
"Imaginer quoi ?"demanda Sherlock en rentrant à ce moment-là avec Molly
Béatrice était trop énervée pour remarquer que le bras de son cousin était fermement enroulé autour des épaules d'une Molly qui semblait passablement secouée.
"Vas-y, fais le malin Greg. On va voir qui va rire de ta ...blague." lança Béatrice
"Mais c'est pas une blague. Sherlock, veux-tu..."
"T'épouser ? Greg, j'ai longtemps vécu avec John, je sais. Mais, pour reprendre ses mots, je te dirai "je ne suis pas gay.". Donc ma réponse est non. D'ailleurs, j'ai une très bonne raison de la refuser et la voici."
Sherlock ferma la porte avant d'embrasser fougueusement Molly. Cette dernière se sentit de nouveau rassurée après l'épreuve qu'elle venait de vivre, dans cette atmosphère de folie-douce propre à la famille Holmes-Sterdford. Elle lui répondit avec une ardeur non-feinte.
John Corcoran se demandait s'il n'était pas tombé dans la quatrième dimension devant ce spectacle. Apparemment ce ne devait pas être dans les habitudes du gars de ramener une fille chez lui au regard de la réaction de l'ancien batelier et de Bilbo.
Béatrice fut la première à retrouver ses esprits:
"Mon lézard, tu es vraiment une drama-queen! Mais pour une fois, Greg a fait mieux. Ecoute le sans le couper. Tu vas adorer...son sens de l'humour, dirons-nous pour rester poli."
Greg soupira, en se ressaisissant. Ça ne faisait même pas vingt minutes qu'il avait retrouvé Béatrice qu'il était déjà mentalement et émotionnellement épuisé.
"Sherlock me ferais-tu l'honneur, non pas de m'épouser, je tiens à ma vie et Molly doit connaître des centaines de manières de tuer quelqu'un sans laisser de traces, mais d'être le parrain de notre futur enfant à Eleanor et moi. je précise qu'Eleanor est d'accord bien qu'elle ait d'abord eu un fou-rire puis une crise de panique quand j'ai suggéré ton nom."
"Béa faisait une scène. A cause de la marraine, je suppose. Et tu as choisi Sally dans ce rôle."
"Oui." soupira Greg
"Dans ce cas, j'accepte...juste pour le plaisir de pourrir la vie de Donovan."
Molly et Greg se frappèrent le front du plat de la main. Quel gosse!
Béatrice? Oh Béatrice tomba juste dans les pommes.
Et moi, j'ai eu un rire nerveux que je ne pouvais plus arrêter en écrivant cette scène. ^^Reviews?
