Avec un sifflement exaspéré, il expédia en vitesse la dizaine de rapports d'état de la ruche, avant d'aboyer quelques ordres aux trois officiers qu'il avait réaffecté en urgence à la gestion du vaisseau avant qu'il ne se noient complètement sous la paperasse, puis il partit, son manteau claquant sur ses talons.

Galymn, un ancien scientifique qui faisait office de soldat et de garde depuis son arrivée sur Oumana l'attendait hors de la salle du trône, la tête baissée avec respect.

« Au rapport, soldat ! » exigea-t-il, continuant tout droit en direction de la cellule où était enfermé son prédécesseur.

« Vos prévisions étaient exactes, Commandant. Rosanna Gady a bel et bien tenté de s'approprier le commandant de Silla, mais comme je vous l'ai signalé plus tôt, ce dernier à refusé. Madame Gady est partie après avoir menacé d'exaucer son vœu de mourir. »

« Elle ne le fera pas. Elle déteste tuer et fera tout pour l'éviter. Delleb est déjà venue le voir, et il lui avait déjà fait part de sa volonté de la servir... » gronda-t-il, une colère sourde bouillonnant en lui.

« Est-ce mal, Commandant ? S'il désire nous rejoindre, cela faciliterait l'intégration du reste de la ruche, non ? » demanda Galymn, perplexe.

Oui, cela faciliterait grandement l'intégration des wraiths de Silla, mais certainement pas sa relation avec Delleb. Ce wraith n'était qu'un raccourci, sa présence n'était pas indispensable... S'il était trop stupide pour comprendre quelle était la meilleure solution, il ne serait pas responsable de sa mort, pas vraiment.

« Inutile de m'escorter jusqu'au prisonnier, soldat. Je connais le chemin. Allez vous rendre utile ailleurs. Sur le pont trois, par exemple. » répliqua-t-il, ignorant la question de son subordonné.

Ce dernier le salua d'une courbette avant de rebrousser chemin alors qu'il s'enfonçait dans le ventre de la ruche, jusqu'aux quartiers des soldats de bas rang.

D'une pensée, il congédia les gardes de faction avant d'entrer dans la cellule.

Il vit avec satisfaction le commandant déchu se redresser d'un bond, le fixant avec méfiance depuis le fond de la petite pièce.

Après quelques secondes, Jû'reyn se reprit et, se redressant de toute sa hauteur, le défia du regard, détaillant avec une moue désapprobatrice son uniforme sans aucune fioriture et sa coiffure minimaliste.

« Je suis à présent certain que la reine Delleb sera enchantée de mon allégeance, avoir... ça en guise de commandant, quelle honte pour une telle souveraine ! » ricana ce dernier sur le ton de quelqu'un qui vient de marcher dans une crotte.

Il se força au calme. Au plus grand calme. Il n'avait jamais eu recours à la brutalité pour s'imposer, ce n'était pas ce sale petit insecte qui allait le faire changer.

« Je ne suis venu ici que par courtoisie, prisonnier. Ceci sera mon seul et unique avertissement. En tant que commandant de Delleb et officier Ouman'shii, il est de mon devoir de m'assurer de neutraliser toute menace envers les miens. Vous ne sortirez donc de cette cellule que lié par serment à nous, ou mort, j'y veillerai personnellement. »

L'autre gronda, alors qu'ils bataillaient silencieusement dans l'Esprit, tentant chacun d'imposer sa présence à l'autre, se tournant autour comme deux félins.

Il parvint finalement à dominer après de longs instants de lutte.

« Ensuite, en tant que mâle alpha et second de ma reine, je ne peux en aucun cas tolérer de partager ma place et ma fonction avec un sale petit m'as-tu-vu de votre trempe. Je vous conseille donc très vivement d'éviter de prêter serment à Delleb, si vous ne voulez pas subir un désagréable accident de décompression explosive dans les heures qui suivent. A moins que ce ne soit un dysfonctionnement des portes coupe-feu...ou tout autre malheureux incident. » siffla-t-il, menaçant.

« La mort ou la mort. Même une larve d'une décennie se rendrait compte qu'il ne s'agit pas d'un choix, « Commandant » ! » répliqua l'autre.

« La mort ou Rosanna Gady, débile congénital. Elle m'a appris la vertu du choix librement exercé. Je vous laisse faire le vôtre, « Commandant » persifla-t-il, se retournant pour quitter la cellule.

Un souffle d'air l'avertit de l'attaque de son semblable, à laquelle il s'était au demeurant attendu, et d'un geste leste, il se retourna, interceptant son adversaire en plein vol avant de le jeter contre le mur.

Jû'reyn s'effondra au sol, le souffle coupé par le choc, et avant qu'il ne puisse se redresser, il le saisit à la gorge, appuyant sa dague sur sa carotide palpitante.

« Allez-y, débattez-vous juste un peu... que j'aie une bonne raison de vous éliminer... Allez-y... »

A sa plus grande déception, l'autre ne bougea pas.

D'un geste brusque, il le plaqua durement contre le mur, relevant l'abondante masse soyeuse de ses longs cheveux pour sectionner au ras du crâne une mèche sur le haut de la nuque, puis il le relâcha.

« Je prends ça... Juste un petit rappel pour vous. C'est votre vie que j'aurais pu prendre, mais j'ai encore l'espoir que vous puissiez être utile, malgré toutes les apparences. »

Se redressant d'un geste souple, il s'éloigna d'un pas.

« Pour une fois, je serais ravi de voir que j'ai tort.» ajouta-t-il, jetant négligemment l'épaisse mèche sur le prisonnier qui le fixait d'un regard brûlant de haine.

Cette fois, il quitta la cabine sans que Jû'reyn ne bronche.

Il avait gagné.

Milena ignora soigneusement le regard mi-compatissant, mi-perplexe d'Amanda, qui bien que toujours incapable de parler avait repris quelques activité sur la frégate et l'aidait pour le moment à bander son avant-bras.

Lorsque la soldate eut terminé, elle la remercia sobrement puis avec un grincement de dents, renfila le manteau de cuir qu'elle avait emprunté dans la laverie pour tenter de se protéger un peu.

Le vêtement lourd et rigide frottait désagréablement sur ses deux avants-bras bandés jusqu'au coude et couverts de morsures plus ou moins profonde, mais il avait le mérite d'encaisser le plus gros des dégâts de la minuscule mais redoutable mâchoire de Zen'kan.

L'enfant était aussi sauvage et méfiant qu'un puma, et tout aussi rapide. Un instant, il était calmement assis à un mètre d'elle à la fixer de ses immenses yeux d'or liquide, et l'instant d'après il était suspendu à son poignet, ses petites dents solidement fichées dans sa chair.

Tom l'aidait autant que possible, mais il faisait partie de l'équipage de l'Utopia, et avait donc, contrairement à elle qui n'y était qu'une « passagère », son lot de corvées à faire.

Malgré le lien télépathique qu'il était parvenu à établir avec son cadet, même lui peinait à l'apprivoiser, alors comment était-elle censée arriver à quoi que ce soit avec cette petite créature rétive ?

Lorsqu'elle entra à nouveau dans sa cabine, son cœur manqua un battement, alors qu'elle la découvrait vide. Fort heureusement, il ne lui fallut qu'un instant pour repérer la petite silhouette recroquevillée sous une des couchettes, deux yeux luisants la fixant avec insistance tandis qu'un grondement sourd sortait de sous le matelas.

Résignée, elle s'installa par terre, s'appuyant sur la couchette d'en face.

« On est pas copains toi et moi, hein, gamin ? »

Un vague grondement sembla lui répondre.

« Tu sais, je te veux pas de mal, alors pas la peine de m'attaquer à chaque fois comme ça... »

Les deux billes d'or la fixaient sans ciller.

« D'ailleurs pourquoi je te parle ? Tu ne sais même pas encore parler le wraith, alors l'anglais... Au moins avec Tom, on pouvait communiquer par gestes. Mais toi ? Même ta langue natale doit être un affreux charabia pour toi, hein, Zen'kan ? »

Elle se figea. Que lui avait dit Markus déjà ? Ah oui, ils n'apprenaient « l'humain » que vers leurs cinquante ans, et à vocaliser le wraith que vers l'âge de sept à dix ans. Mais ils parlaient avant ! Simplement pas avec leur bouche. Logique pour une espèce télépathe.

Maintenant, comment entrer en contact télépathique avec un enfant si méfiant que même son frère arrivait à peine à l'atteindre par l'Esprit ?

Déjà, il faudrait qu'elle soit en contact physique avec lui, et ensuite il faudrait qu'il initie le contact.

Un souvenir remonta, faisant germer une idée saugrenue dans sa tête.

C'était le jour de leur retour sous le bouclier après leur exil sur Atlantis. Au milieu de la nuit, Tom était entré dans sa chambre, la réveillant en sursaut.

«Hein ?! Quoi ?! Kekyspass?! » avait-elle baragouiné, se jetant par réflexe sur le pistolet paralysant qu'elle gardait sur sa table de nuit.

« C'est moi, Milena. Je peux venir dormir avec toi ? » avait-il demandé d'une toute petite voix.

Elle était restée interdite quelques instants.

« Pourquoi ? Tu as fait un cauchemar ? »

« Non, mais je n'arrive pas à dormir. J'aime pas être tout seul. Je me sens plus... en sécurité quand je sens la présence de quelqu'un d'autre près de moi. Tu es d'accord ? »

« Bien sûr. Viens là, mon insecte grégaire à moi. » avait-elle répondu, ouvrant largement ses couvertures au jeune wraith qui était venu se blottir contre elle avec bonheur.

Cette nuit-là, elle avait dormi profondément, paisiblement, faisant d'étrange rêve d'exaltantes chasses et de petits vaisseaux filant dans l'obscurité de l'espace.

A l'époque elle n'avait attaché aucune importance à ces rêves, mais elle n'en avait jamais fait de pareils, et n'en avait plus refait de tels. Et pour cause: elle était à présent certaine qu'ils n'étaient pas siens.

Ça pouvait marcher.

Elle se redressa tranquillement, afin de ne pas effrayer la petite silhouette qui l'épiait, puis descendit un des matelas de sa couchette pour le poser au sol, avant de le garnir de tous les coussins et de toutes les couvertures de sa cabine, assez nombreux vu les deux occupants avec qui elle la partageait depuis la veille.

Elle médita quelques instants sur les options qui s'offraient à elle, puis finalement décida de se déshabiller pour enfiler l'ensemble de douce toile qu'elle utilisait comme pyjama à bord du vaisseau (1), priant pour que le petit ne décide pas d'en profiter pour la mordre une fois de plus.

Elle s'installa ensuite sur le matelas, arrangeant la literie en une sorte de nid comme elle l'avait vu si souvent faire par Tom, puis elle tenta de convaincre Zen'kan de la rejoindre.

Après vingt minutes de mots gentils et de petits gestes encourageants sans aucun progrès, elle renonça, se laissant mollement tomber dans les oreillers.

Elle fixait le plafond en se demandant ce qu'elle pouvait bien faire de faux, lorsqu'un bruit de frottement, suivi du mouvement discret du matelas qui pliait sous un petit poids, l'alerta.

Elle se retint de bouger ne serait-ce que les yeux et quelques minutes plus tard, un petit doigt terminé par une griffe aiguisée se plantait dans ses côtes, lui arrachant un cri alors qu'elle sursautait.

Un sifflement furieux, et deux yeux jaunes la fixaient à nouveau depuis l'obscurité de la couchette, emplis de reproches.

« Si tu ne veux pas que je crie, ne me plante pas tes griffes dans les côtes, espèce de... mini-wraith ! » protesta-t-elle mollement avant de se rallonger, la tête légèrement tournée de côté afin de pouvoir surveiller le petit cauchemar vert.

Cette fois-ci, il ne fallut que trois minutes à Zen'kan pour sortir de sa cachette et s'approcher d'elle.

Il l'observa avec curiosité, ses fentes respiratoires palpitantes alors qu'il la reniflait, puis elle le vit ouvrir en grand la bouche et avant même de s'en rendre compte, elle hurla.

« NON ! »

Cette fois, l'enfant ne fila pas se cacher, mais se figea, l'air terrifié.

« Tout va bien, Zen'kan. Je ne vais pas te faire de mal, mais ne mords pas. D'accord ? »

Le petit resta figé durant presque une minute, puis il reprit son inspection.

Il tenta encore par deux fois de la mordre, s'immobilisant à chacun de ses « non », avant d'opter pour une nouvelle approche.

Dégainant son doigt comme une sorcier sa baguette, il le lui planta en plein front, y laissant une petite marque sanglante.

« Non, Zen'kan, non ! » le gronda-t-elle, se redressant sur le coude pour lui coller une petite tape sur le côté de la tête.

Un couinement et l'enfant recula en crabe, à la limite de l'abri tout relatif de la couchette.

« Non ! Non, ne t'en vas pas, s'il te plaît ! Je suis désolée, je n'aurais pas du m'énerver » le supplia-t-elle, bien plus désespérée qu'elle ne l'aurait dû par la situation.

L'enfant poussa un petit gémissement protestataire, mais au moins ne bougea-t-il pas.

Elle se recoucha.

« Allez viens, Zen'kan. Viens vers moi. On va finir par être amis, toi et moi, hein mon gars ? »

Après d'interminables minutes d'hésitation, le petit alien succomba à nouveau à sa curiosité, et s'approcha une fois encore d'elle.

Milena ne put s'empêcher de se tendre un peu lorsqu'il avança sa minuscule main vers son bras, mais elle ne sentit qu'une petite paume qui explorait lentement le bandage approximatif qui recouvrait la dizaine de morsures dont il l'avait gratifiée.

Rassuré par son absence de réaction, l'enfant s'approcha un peu plus près, s'asseyant sur ses talons à côté d'elle pour observer très soigneusement son bras, qui semblait le fasciner.

Il examina avec attention sa main, explorant chacun de ses doigts avec la minutie d'un horloger, les comparant à ses propres mains, puis satisfait de son examen, se mit à tirailler sur le bandage, tentant de le défaire, en vain.

Avec un grondement frustré, il secoua son bras, la fixant d'un air désespéré.

«Qu'est-ce que tu veux gamin ? Tu crois pas que tu m'as assez décorée comme ça ? Je vais avoir de belles cicatrices avec tout ça, moi, tu sais. »

L'enfant imperturbable poussa un nouveau grognement, agitant son bras d'un air autoritaire.

« Ça sait pas encore parler et ça donne déjà des ordres. Y a que les wraiths pour faire ça... » rit-elle, heureuse d'avoir pu établir un contact autrement que par la violence avec l'enfant.

Elle se redressa prudemment, tandis que Zen'kan se crispait, l'observant soudain avec inquiétude.

« Tu veux que j'enlève le bandage ? Je risque de mettre du sang sur les draps et Amanda ne sera pas contente. Tu veux aller t'expliquer avec Amanda après, hein ? »

Un sifflement exaspéré, en tout point identique à ceux qu'elle avait si souvent entendu sortir des lèvres des grands prédateurs à chaque fois que les choses n'allaient pas aussi vite qu'ils l'auraient voulu.

« D'accord, d'accord, mais je te préviens, si tu me mords encore, je t'en colle une, et une vraie cette fois, c'est clair ? » l'avertit-elle d'un ton dur.

Au regard du petit, il n'avait rien compris en dehors de son ton menaçant, et il se contenta de la fixer avec crainte.

Avec un soupir, elle dégrafa, puis déroula lentement la longue bande toute tâchée de sang.

Elle avait retiré la moitié du bandage lorsque Zen'kan se mit à émettre de petits crissements aigus de détresse, tendant désespérément les mains vers son bras.

Elle le lui tendit avec une hésitation et il l'attrapa fermement, enserrant avec force son poignet mal en point. Ravalant une exclamation de douleur, elle le regarda tirer son bras à lui, reniflant à nouveau avec attention sa peau à présent à nu, puis ouvrir lentement la bouche.

« Non ! » gronda-t-elle, retirant son bras, rouvrant certaine plaies seulement à moitié coagulées.

Zen'kan se remit à émettre les étranges crissements, qu'elle finit par identifier comme une sorte de pleurs sans larmes.

« Pas mordre, Zen'kan, pas mordre ! » rouspéta-t-elle en lui rendant son bras.

L'enfant cessa immédiatement de gémir, s'approchant à nouveau de son bras, ses minuscules dents luisant dans la lumière artificielle de la cabine.

« Zen'kan, non... » le prévint-elle, sans toutefois bouger.

L'enfant se figea pendant quelques instants, avant de recommencer à bouger.

« Zen'kan... » répéta-t-elle, levant lentement son autre main en un geste menaçant.

L'expression du petit changea, s'emplissant de crainte, et elle fut totalement incapable de mettre sa menace à exécution. Comment aurait-elle pu faire du mal à un être au regard si implorant ?

Elle laissa retomber son bras, se résignant à sentir à nouveau la douleur cuisante de la morsure.

Ce fut la sensation humide et tiède d'une langue qui l'assaillit à la place, et elle contempla avec des yeux ronds le petit alien qui léchait délicatement ses plaies tout en la fixant d'un air inquiet.

Elle se détendit.

« Je suis sûre que c'est pas hygiénique du tout. Tu dois avoir la bouche aussi propre qu'un chien errant, mais au moins, tu ne me mords pas... et puis avec la double injection d'antibiotiques que j'ai déjà reçue grâce auxdites morsures, je crois que je survivrai. Tu vois que tu peux être gentil quand tu veux, Zen'kan. » babilla-t-elle, trop heureuse pour vraiment se soucier des conséquences.

Le petit ne cessa son manège que lorsque la dernière plaie eut coagulé et que plus une seule goutte de sang ne souillait son bras.

« C'est très gentil ça, Zen'kan, très gentil. » le félicita-t-elle, lui caressant la tête par habitude, comme elle l'aurait fait avec Tom.

Le petit wraith se crispa, attendant des coups qui ne vinrent jamais.

« Tu n'as pas à avoir peur. On appelle ça un câlin. C'est plutôt agréable, non ? »

Son ton doux dût le rassurer un peu car il se détendit insensiblement.

« C'est comme tes léchouilles, mais en moins baveux. Ça sert à montrer son affection. Je sais pas toi, mais moi je préfère ça aux morsures... »

S'allongeant à nouveau, elle continua à lui grattouiller la tête distraitement, réalisant combien l'échange l'avait vidée.

Le geste répétitif et la douceur des draps eurent vite fait de la rendre somnolente.

Elle comprit qu'elle s'était endormie lorsqu'elle se réveilla en sursaut alors que Zen'kan s'installait contre son flanc, tournant sur lui-même comme un chien dans son panier.

Avec un sourire heureux, elle le couvrit délicatement d'un drap avant de refermer les yeux.

Peut-être n'aurait elle pas besoin d'un lien télépathique pour entrer en contact avec lui, après tout.


(1) Milena passe beaucoup de temps sur Oumana, mais aussi sur l'Utopia. Elle y a donc sa propre cabine et quelques affaires qui y restent en permanence. D'habitude, Tom occupe une autre cabine, non loin de celle de Liu et Jiu, mais depuis l'arrivée de Zen'kan, il dort dans celle de Milena pour garder un œil sur son frère.