Titre : La liberté a toujours un prix (chapitre 11)

Persos principaux : Tenten, Lee, Neji, Gai.

Rating : M à cause d'un lemon (ou plusieurs...) et de scènes de violence.

Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto, excepté Kalamata, Mei Ting, le prêtre et les gens de la famille/ville d'origine de Tenten.

Playlist : Rien en particulier ici.

P'tit mot de l'auteur :Bon allez, je suis gentille, je n'attendrais pas jusqu'à l'accouchement pour vous dire le nom du papa. De toute façon de nombreuses personnes l'ont deviné, non ? Quand même, c'était fastoche. Vous saurez même pourquoi ils ont fait ça (le cacher à tout le monde) et vous verrez que c'est pas si idiot que ça (enfin je l'espère !).


Il était difficile de donner un diagnostic quant à l'état de santé de Tenten, qui si elle était retombée dans les pommes ne semblait pas pour autant dans le rouge ; pour celui de Sakura, en revanche, c'était une autre paire de manches.

Ino se pencha et, indifférente aux regards mi-curieux mi-inquiets qu'elle sentait autour d'elle, elle arracha d'un geste rapide le tee-shirt de son amie, révélant une plaie à vif s'étendant des côtes gauches à la hanche droite. Son visage se fit grave.

- J'aime pas ça. Bon, vous autres, retournez-vous, c'est pas joli joli.

- Tu n'as pas besoin d'aide ? s'enquit Lee, l'air préoccupé.

La blonde lui jeta un regard en coin. Depuis qu'elle avait commencé à examiner sa dulcinée, le Fauve ne cessait de l'importuner, de lui tourner autour, de pousser des gémissements plaintifs, de... bref ! Elle allait finir par lui casser la gueule.

Shikamaru intervint pour empêcher un massacre.

- Ino, on te laisse t'en occuper. Lee, tu viens ! le menaça t-il du doigt. C'est pas grave, hein ? demanda-t-il à la jeune fille avec un large sourire - ceci dans le but de rassurer ce grand traumatisé.

- Mais oui, Shika, murmura-t-elle, déjà occupée à soigner la blessure.

En effet, si la quantité de sang perdue était alarmante, si les bords de la plaie étaient légèrement infectés, il n'y avait rien que ne savait guérir Ino. Sakura gambaderait bientôt en compagnie de son chéri dans les vertes prairies de leur amour... rose ? Mais qu'est-ce qu'elle racontait ?

- Allez, Lee ! le pressa le Nara.

Ce dernier rechignait à abandonner sa belle. Oh, misère. Non ! « Galère... »


Alors qu'Ino prenait soin de la rose, Neji... faisait de même avec Tenten. Attention délicate et peu commune de sa part, d'ailleurs ça inquiétait un peu Gai-sensei, qui commençait à se demander ce qui prenait au glaçon de son équipe.

Il fallait dire qu'entre lui entièrement fondu et Lee carrément taré à ce moment-là...

- Elle ne se réveille pas ? osa-t-il demander en s'approchant.

Chose qui vous paraîtrait amusante - mais pas pour le sensei le plus loufoque de Konoha - Neji avait adopté l'attitude d'une bête ; il avait crée une sorte « d'abri » (qui se résumait d'ailleurs à un arbre et une couverture dont il avait enveloppé Tenten) et son attitude plus que fermée en dissuadait plus d'un de se rapprocher de lui.

Exemples types : Naruto avait voulu s'asseoir à côté de lui et engager la conversation, il s'était vite fait rejeter. Hinata tenta de lui offrir un peu d'eau... sans succès. Et ce n'étaient là que quelques-uns des nombreux « cass' » de Neji.

- Non, répondit-il simplement, en touchant le front de la jeune mère.

Elle n'avait pas de fièvre, c'était déjà ça. Cependant son souffle demeurait saccadé, irrégulier, et, au vu de son agitation, elle devait souffrir de cauchemars, songea-t-il.

Gai-sensei remarqua qu'il n'osait pas - ou du moins, cela semblait être la raison - se montrer irrespectueux envers lui.

- Ecoute, Neji...

- Quoi ?

Le ton était sec et sans appel. Il était de fort mauvaise humeur et le montrait.

De l'autre côté du camp de fortune dressé en hâte, Kakashi leva les yeux au ciel puis fixa Gai : « Mon vieux, fais-toi respecter ! » pensa-t-il. Il laissa échapper un soupir.

Gai se rapprocha davantage de son élève, de façon à pouvoir lui parler sans être entendu de tous.

- Neji, je sais que c'est toi le père du bébé de Tenten.

- ...

- Ce que je voudrais savoir, c'est...

- N'en dites pas plus, siffla le jeune Hyuga en jetant un coup d'oeil furtif autour d'eux. Pas un mot !

Sa réaction le laissa étrangement stupéfait. On aurait dit qu'il ne voulait pas que quiconque sache ce secret d'Etat. Après réflexion, il comprenait ; il - ils ? - avai(en)t caché ce secret pendant si longtemps ! Toutefois, Neji avait négligé le facteur émotionnel, et à présent il s'était trahi.

Les autres avaient-ils perçu le changement chez le jeune homme ? Sans doute que oui.

- Plus bas, murmura-t-il en repoussant une mèche soyeuse du front de Tenten. On pourrait nous entendre.

Ils ne devaient pas être seuls, en effet. Si ils étaient aux côtés d'amis - Shikamaru, Hinata, Naruto... - ils côtoyaient également Kokoyo. La vieille femme était tombée inconsciente, suite aux multiples lésions infligées par le Jyuken du Hyuga.

Là dessus, les Hyuga - qui avaient tardé à arriver - s'étaient postés en sauveurs de tout ce joli monde et avaient fait fuir les Anbus. Tout le groupe s'était ensuite éloigné, à bonne distance du village.

Et Kokoyo était avec eux, solidement ligotée et baillonnée, mais malgré tout pas sourde. Elle ferait un bon otage en cas d'attaque. Attaque à laquelle, d'ailleurs, on ne croyait plus... car qui se risquerait à provoquer une horde de Hyuga en colère ?

- Je ne pense pas que Tenten sera très contente, à son réveil, dit Neji tendrement, en effectuant quelques mouvements circulaires sur son front.

- Pourquoi donc ?

Le jeune homme baissa encore davantage la voix, et Gai fut obligé de se pencher, son oreille près de sa bouche, pour l'entendre.

En face, Kakashi n'en perdait pas une miette.

- Nous devions garder ça secret, sensei ! avoua-t-il sévèrement, la bouche et la gorge sèches.

- Pourquoi ? insista-t-il. Vous aviez peur de notre réaction ?

Neji ouvrait la bouche pour lui répondre, quand l'ex-sensei de l'équipe sept leur fit un signe de la tête : des Hyuga arrivaient.

Lui savait parfaitement pourquoi. Gai, quand à lui, aurait dû prendre le temps de se renseigner pour que ce genre de choses n'arrive pas.

Neji se leva, respectueusement, à la venue de l'un de ces fameux Hyuga qui leur avaient sauvé la mise, quelques heures auparavant, confiant Tenten à la garde de leur sensei.

De ce que Gai pouvait voir, la discussion était mouvementée.


- Neji, nous disposons de nombreuses cachettes dans tous les pays ninja. Nous pourrions...

- Que voulez-vous exactement ? les interrogea-t-il durement.

Iyashii était un homme connu pour ses grandes capacités en Genjutsu, chose assez rare dans ce clan réputé pour être remarqué. Il savait mieux que quiconque déceler les faiblesses de ses adversaires, rien qu'en observant leur visage, l'éclat de leurs yeux, fussent-ils de la même famille que lui.

Aujourd'hui, néanmoins, il se trouvait face à un dilemne ; rien, absolument rien, ne lui permettait de lire dans l'âme, dans le coeur de ce garçon.

Il était certain de la véracité de ses théories ; ce génie avait goûté au plaisir interdit avec cette jeune fille, et maintenant elle en portait les fruits...

Cependant, chez les Hyuga, on ne partage pas. Les fruits, ils étaient à eux ! Et on punissait quiconque tentait de les voler ou de les dissimuler en faisant en sorte qu'il (elle ?) ne tente plus jamais de recommencer.

Connaissait-il seulement les conséquences de ses actes, ce gosse ?

- Nous cacherons Tenten quelques temps, juste assez pour qu'elle accouche et qu'elle soit en sécurité. Et ensuite...

- Et ensuite ? Vous lui prendrez le bébé, n'est-ce pas ?

Il y avait tant de haine, tant de mépris dans cette si jeune voix, qu'Iyashii frémit. Il dut reculer sous la puissance de ce sentiment - qui pourtant n'avait rien de nouveau pour lui.

- Les Hyuga sont vraiment des créatures pourries, lança-t-il en se détournant.

- Les Hyuga font cela pour se protéger, jeune homme. Et tu en fais partie, je te le rappelle.

- Non. Il y a longtemps que j'ai renié les méthodes de ce... clan.

- L'enfant est le tien, et aussi longtemps que le clan survivra, tu lui appartiendras, et il sera nôtre.

Neji eut un petit rire sans joie qui lui fit froid dans le dos. Neji riait extrêmement rarement, et ces rares fois, ce n'était que dans des circonstances vraiment spéciales.

- Qui vous dit que c'est réellement mon enfant ?

Là, il jouait carte sur table ; en mentant, il prenait un gros risque. Mais si c'était pour libérer son fils du poids certain que représenterait sa vie au sein d'un clan de dégénérés, il n'y avait pas à hésiter.

Lui-même avait suffisamment souffert comme ça, pas la peine d'inclure le bébé et Tenten dans ce cercle d'infernale damnation.

- Neji, es-tu stupide ? La barrière de chakra qui protège cet enfant ne peut être que l'oeuvre d'un génie !

- Présomptuosité de votre part. Tenten maintenait des liens étroits avec l'Uchiwa, ces derniers temps... et j'ai appris que l'Inuzuka lui tournait autour. Sans compter que Kalamata y est sans doute pour quelque chose.

- Tu oses...

Iyashii frémit de nouveau. Cette fois, le risque était double pour Neji ; non seulement il supposait - accusait ? - Tenten de connivence avec un déserteur, et en plus il niait avoir eu des... relations... avec elle ? Que cherchait-il donc ? Tout bon Hyuga aurait avoué et hop ! On n'en parlait plus.

A moins qu'il ne connaisse la punition réservée à celles qui portaient l'enfant Hyuga en leur sein sans l'être elles-mêmes...

- Protèges-tu cette fille, Neji ? lui demanda-t-il, le fixant intensément dans les yeux.

- Elle est ma coéquipière, répondit-il sans sourciller.

Iyashii eut brusquement pitié de lui ; lui, faisait partie de la branche principale. Il lui était difficile de comprendre la douleur d'un membre de la Bunke, encore plus de pardonner son geste.

Devoir cacher ses émotions sous une épaisse couche de glace...

Ne le faisait-il pas pour le bien de la mère et du bébé ?

- Vous vous trompez complètement. Ce n'est pas mon fils.

- J'aimerais te croire, Neji, répondit-il en plissant les yeux. Mais qu'ais-je donc d'autre que ta parole, alors que tous les éléments concordent ?

- J'avoue ! C'est moi le père !

Les deux hommes sursautèrent, sous le choc.

Kiba Inuzuka venait de se « dénoncer ».


- C'est moi le père de ce bébé ! lança puissamment l'Inuzuka. Je vous prierai donc de ne plus importuner ma compagne, ainsi que ce jeune homme ! Ils ne sont nullement responsables de cette situation.

- Vous m'insultez, ricana Iyashii. Croyez-vous vraiment que...?

- C'est mon épouse !

Au goût de Neji, il y avait un peu trop de passion, voire de vérité, dans ce plaidoyer ardent.

- Nous avons été mariés en secret, au mois de juillet ! mentit-il effrontemment.

- Ah oui ? Et par qui ? Avez-vous une preuve de ce que vous avancez, au moins ?

Et pour cause. Le mariage civil n'avait pas été adopté à Konoha, et pour rendre légale une union, on se devait de passer par un représentant d'une religion, quelle qu'elle soit.

La question était : comment Kiba allait-il pouvoir prouver ses dires ?

- Tenez, dit-il en sortant de sous sa veste de Chuunin un vieux papier froissé. Nous avons été unis par le prêtre de la Nouvelle Religion.

La Nouvelle Religion en question - de son vrai nom le « christianisme », importé des régions les plus occidentales du monde ninja - comptait extrêmement peu d'adeptes, du fait de l'arrivée il y avait peu de l'unique prêtre préposé aux offices.

Cependant, il y avait là des avantages indéniables. Nouvel arrivant, le prêtre ignorait la notion de « consentement des clans », qui faisait que les clans des deux mariés devaient approuver l'union de leurs progénitures respectives. Et même s'il s'en doutait, cette religion était un symbole d'amour, et les jeunes couples désireux de vivre leur vie sous un jour nouveau venaient de partout le consulter.

- C'est... un acte de mariage ? s'exclama le Hyuga, fort surpris.

- Oui, répliqua Kiba.

- Mais... pourquoi n'avoir rien dit ? Pourquoi avoir tu la vérité si longtemps ? le contra-t-il, examinant minutieusement le papier à la lumière du jour - visiblement, il cherchait une extrémité et soupçonnait ce document d'être un faux.

Cet acte de mariage était en fait - véritablement - un faux. Seulement Hana, la grande soeur de Kiba, et sa mère, Tsume, lui avaient donné de solides notions en matière de filoutage - dont les cartes d'identité truquées, et autres joyeusetés de ce genre-ci.

- Ah, vous savez... ma mère... elle n'est pas commode, avec la vieillesse, et tout ça !

Sa mère allait le tuer pour ça...

- Alors se retrouver grand-mère là, subitement ! Et Tenten n'a rien osé dire, elle pensait que Lee allait me casser la figure ! Et puis... il faut dire...

Kiba jouait à fond son rôle. Il serra les poings.

- ...je n'ai pas été très gentil avec elle les premiers temps. Je voulais...

Il détourna les yeux puis, d'un bref coup d'oeil, planta son regard dans celui de Neji. Electrisé, ce dernier baissa la tête.

- ...je lui ai dit... qu'on était trop jeunes... je voulais...

- Qu'elle avorte ?

Iyashii hocha la tête, mi-compatissant mi-avide d'en savoir plus. Le jeune homme était assez convaincant dans son rôle, et personne n'en perdait une miette. D'ailleurs, Neji pensait fort que Lee y croyait, au vu de son expression indignée. Il allait falloir mettre les choses au clair dès que cette petite comédie serait terminée.

Oui mais... ce serait alors se dénoncer à ses yeux ! Et au vu de ce qui c'était passé quelques mois plus tôt...

Inconscient du drame passionnel qui se jouait à quelques mètres de lui, en plein coeur de l'esprit du véritable géniteur, Kiba continua sur sa lancée :

- C'est ce que je lui ai demandé, reprit-il, les lèvres serrées. Puis on en a discuté et on a décidé de le garder. Voilà. On s'est dit... qu'on le dirait plus tard, mais...

- Vous n'en avez pas eu l'occasion, compléta Iyashii. Je comprends, mon petit, je comprends.

Ses yeux blancs étaient humides, et Neji se dit que, peut-être, il avait déjà fait subir à celle qu'il aimait la « punition d'amour ».

En fait d'amour, il s'agissait de sexe. La femme - non Hyuga, on ne touchait pas les membres du clan - qui portait l'enfant prodige était immédiatement avortée, avec interdiction totale de revoir son amant.

Mais l'horreur ne s'arrêtait pas là.

Une loi, votée et approuvée par le Conseil de Konoha au complet, faisait en sorte que la pêcheresse subisse une stérilisation définitive, pour ne plus faire de tort au plus puissant clan du village.

Aucun clan, même des plus redoutés - même, jadis, les puissants Uchiwa - n'avait osé appliquer une telle méthode. Ils se contentaient simplement de châtier le malheureux homme et de le forcer à épouser la mère de leur enfant à tous deux. Les unions qui en découlaient étaient rarement heureuses, mais enfin...

Neji le savait depuis une éternité, et, lorsqu'il avait appris la grossesse de Tenten, sa douleur avait été intense, à la mesure de ce qu'il lui faudrait subir si elle avouait - sous la torture ? Il ne voulait même pas l'imaginer - les délicieux instants qu'ils avaient passé ensemble.

- S'il vous plaît, Iyashii-sama, l'implora respectueusement Kiba. Retournez à Konoha, mais n'informez pas ma mère. Dites-leur que nous reviendrons bientôt, sitôt cette folie terminée. Mon épouse doit se reposer et elle a émis le désir de retrouver sa famille.

- Bien, Inuzuka-san, approuva le Hyuga en lui rendant son papier. Vous êtes devenu un homme. Occupez-vous bien de votre épouse et présentez-lui mes excuses, ainsi que celui de tous les Hyuga, pour ce que nous lui avons fait subir.

- Je les lui dirais. Rentrez, et dites bien que nous ne sommes pas des déserteurs en puissance !

- Evidemment ! rit-il. Quand à toi, Neji, c'est bien, tu sais où sont tes intérêts. Ne t'amourache pas d'une sotte à l'avenir !

Discrètement, ce dernier soupira. Le pire était passé.


Tandis que les Hyuga pliaient bagage, il restait un petit groupe, bouche bée, toujours sous le choc de cette annonce.

Un groupe qui comprenait Lee, Ino, et une Sakura tout juste éveillée qui grommelait un truc bizarre dans sa barbe.

- Gné, pas possible, grr, mal... crotte, flûte... pas possible ! J'y crois pas !

- Grr grr grr, lui répondit simplement le Fauve, en proie lui aussi à la plus grande des fureurs.

Oui, il était furieux. Cet Inuzuka allait le payer très cher pour cet affront ! Sans compter que Tenten s'était jouée d'eux pendant un bon moment. Bon, il comprenait ses raisons, mais de là à...

Non, décidément, ça ne collait pas. Il s'en rendit compte en l'observant, en observant Tenten, en observant Neji qui s'occupait de Tenten ; tout dans les gestes du maître-chien trahissait son angoisse, sa jalousie. Cette dernière suintait de tous ses pores. Il aimait Tenten qui n'était pas sienne...

- Eh bien, je n'imaginais pas du tout ça... marmonna la Yamanaka d'un air déconfit.

Elle aussi semblait perdue. Personne ne savait à quel saint se vouer.


Les quatre seules personnes qui détenaient la vérité ne la leur livreraient jamais.

Gai-sensei, qui si il n'avait pas encore les clés, attendait patiemment d'en apprendre plus de la bouche de ses élèves. Même si cela le choquait certes un peu, toute cette agitation pour un secret - il ne connaissait pas l'importance du secret.

Kiba, qui lui aussi ignorait les dessous de l'affaire, et qui cependant était prêt à tout risquer - honneur, amour, clan - pour le bonheur d'une femme qui ne l'aimerait jamais.

Et Neji et Tenten, père et mère, si proches et pourtant, qui s'étaient tellement éloignés au cours des derniers mois... au point que Lee avait pratiquement assumé le rôle du futur papa auprès de la jeune fille.

C'étaient eux, les pièces stratégiques de l'échiquier géant !...


Neji était retourné s'asseoir depuis quelques minutes déjà lorsqu'il sentit, sur ses genoux, Tenten remuer faiblement.

- Coucou, murmura-t-elle, et il sentit son coeur se fendre d'amour.

- Tu te sens bien ? s'inquiéta-t-il, en posant la main sur son cou gracile et dénudé.

Il pouvait sentir le pouls, plus accéléré que jamais. Sa peau chaude et douce...

- J'ai mal à la tête, gémit-elle d'un air faussement malheureux.

Neji sourit ; si elle plaisantait, elle ne devait pas aller si mal que ça.

- Ino devrait pouvoir arranger ça.

- Dis, chuchota t-elle d'une voix à peine audible, tu m'aides à m'asseoir ?

A l'entendre, on se rendait compte des dégâts que Kokoyo avait infligé à sa gorge ; elle avait serré trop fort et, à présent, Tenten parlait tout bas.

- N'en fais pas trop, quand... s'exclama t-il en la voyant vaciller.

Il s'empressa de la caller contre son torse, l'empêchant ainsi de perdre l'équilibre qu'elle avait visiblement tant de mal à conserver.

Tenten respira avec délice son odeur et entremêla ses doigts aux siens. Elle glissa sa tête dans son cou et lui, protecteur, passa son bras libre autour de sa taille, effleurant du même coup son ventre gonflé, sous le tissu soyeux.

« Non, je ne dois pas céder... non... »

- Tenten...

- Hmm ?

Il avait employé un ton d'une exceptionnelle gravité.

- Puis-je...?

C'était plus que ce qu'espérait la kunoichi. Elle lui prit vivement les mains pour les plaquer contre son ventre, ce ventre chaud qui portait la vie, celle qu'ils avaient conçue à deux, pour eux deux, par amour.

- Vas-y.

Sa voix était bien plus que chaleureuse.

Et c'est ainsi que le jeune couple s'endormit.

Les Hyuga étaient déjà loin, et eux, ils possédaient à présent la liberté.


- Oh oh, regarde-les, ils fricottent !

- La ferme Naruto ! Tu vois pas qu'ils sont épuisés ! tonna Sakura.

- Oui, et si mignons... osa Ino, les yeux en coeur.

Ce qui causait la plus grande frayeur à la rose, c'était le regard que Lee affichait. Il était difficile de dire ce qui, de la perplexité ou de la colère, l'emportait dans ses yeux.

Il en voulait à Tenten qui leur avait tout caché. Il en voulait à Neji qui leur avait menti. Il en voulait également à Kiba qui semait la confusion dans leurs esprits !

Mais, à les voir, là, si paisibles sous le vent d'automne, il ne pouvait avoir aucun doute.

Inconsciemment, le Fauve de Jade serra les poings.

Si Neji était réellement le père de l'enfant qui grandissait au sein de Tenten, alors il ne pouvait décemment épuiser sa rage sur lui. D'autant plus que sa coéquipière ne semblait pas avoir été victime d'un quelconque affront ; elle avait toujours été consentante !

C'était ça qui le mettait le plus hors de lui ; pourquoi mentir ? Mentir ? Mentir ! Que Neji et Tenten s'aiment à la folie, que leur amour fou soit emporté par le vent pour que tous le sachent ! Qu'importait, après tout ? Il y avait eu tant de souffrance pour tous pendant ces longs mois !

Méditation, méditation. Comme le lui avait appris Gai-sensei. « A ce stade-là », disait-il, « si tu ne peux contrôler tes nerfs, pars un peu plus loin te calmer ».

Et c'est ce qu'il fit. Il n'avait guère la force de rester plus longtemps, ses nerfs lâchaient. Oh, qu'il leur en voulait d'avoir été ainsi mis à l'écart.


Le soir même, enfin débarrassés de l'encombrante présence des Hyuga - exceptés Neji et Hinata - la joyeuse bande se réunit autour d'un feu de camp improvisé.

Il était temps d'en apprendre plus sur nos deux tourtereaux, et, surtout, sur le passé de Tenten qui n'en disait jamais rien.

Neji et Lee étaient assis complètement à l'opposé ; Tenten, craignant d'attiser les braises de la fureur de son meilleur ami, se détacha à contrecoeur de son aimé pour rejoindre Sakura. Elle ne voulait pas d'un second massacre.

- Bon, Tenten, c'est quoi cette histoire ?

La concernée sursauta, brièvement ; le débat venait d'être lancé par... Naruto ?

- Quelle histoire ? tenta-t-elle de rester neutre.

- Baka ! Kalamata, pardi ! Le dixième démon !

- Qui traites-tu de baka ? le menaça-t-elle en lui courant derrière, insensible à ses supplications (« Pas taper ! Pas taper ! »).

Sur la tempe de Neji, une veine se mit à saillir. Il soupira.

- Ne jamais mettre ensemble deux personne du groupe B.

Sur ces paroles pleines de sagesse, il entreprit de saisir le blondinet par la peau du cou pour le forcer à s'asseoir - ça n'aurait pas été très correct de faire ça à une femme enceinte, la sienne de surcroît.

- Naruto, ne contrarie pas une femme enceinte, ça vaut mieux pour toi, triompha Tenten de son propre coin où elle venait d'être ramenée de force - par la peau du cou ? On l'ignore - par Sakura.

Pour toute réponse, il lui tira la langue.

- Bande de bébés, marmonna Shikamaru.

Il se demandait ce qui l'avait poussé - ce qui les avait tous poussé - à venir.

- Tenten, abrège, on est tous crevés ! grommela-t-il.

De vigoureuses protestations s'élevèrent.

- Dis pas des conneries, Shika ! s'exclama Ino. On a tous envie de savoir...

- Moi le premier, rétorqua froidement Neji.

Il jeta un dur regard sur Tenten, qui, contrite, baissa les yeux. A lui même, elle n'avait jamais rien dit. Manquait-elle à ce point de confiance envers les autres ? Envers lui ? Envers lui à qui elle s'était offerte toute entière ?

- Je suis impatient d'entendre ça.

A ces mots, prononcés encore plus durement, elle releva la tête. Physiquement neutre. Son visage n'exprimait aucune émotion et ses prunelles sombres étaient totalement vides, à demi cachées par sa frange. Visiblement, elle se mettait en condition dès maintenant pour raconter... tout, observa Gai-sensei.

- Bien, si tu le demandes aussi gentiment...

Sa voix était plus glaciale que jamais, plus glaciale encore - si cela était possible - que celle de Neji.

- Où... es-tu née ?

La voix plus chaleureuse de la douce Hinata lui permit de commencer son récit. Il lui était difficile d'évoquer ces souvenirs douloureux mais la jeune fille avait un vrai talent pour questionner les gens, sans les brusquer.

- Dans le pays de la Terre, je pense. Je ne suis pas sûre.

- Tu veux dire que tu ne sais pas où tu es née ? l'interrompit Naruto.

Tenten secoua tristement la tête.

- Je ne sais pas vraiment. Kalamata ne me laisse pas voir.

- Pas... voir ?

- J'ai été amnésique !...

Sa voix se réduisit à un filet. Le démon avait bouffé sa vie, par altruisme certes – Kalamata voulait la maintenir en vie – mais elle était détruite, elle n'avait plus de famille.

Hinata s'empressa de continuer :

- Euh, Tenten... tu te souviens, maintenant ?

- Oui.

- Raconte-nous... comment était ta famille ? Ta mère, ton père...

- J'ai tué ma mère.

Elle semblait soudain horriblement en colère contre elle-même.

- Mère avait treize ans lorsque je suis venue au monde. Ça n'est pas passé. Il y a eu des complications, elle est morte. C'est la vie de toutes les femmes, là-bas. Ça va faire des siècles que les femmes de mon clan meurent en mettant au monde des enfants...

Elle cacha sa tête dans ses mains, dans un geste de honte.

- Et Père m'a reniée publiquement lorsque j'ai quitté la maison.

Un silence abasourdi suivit.

La petite lueur, qui, d'ordinaire, brillait toujours dans les yeux de Tenten s'était éteinte ; Neji ne put résister et alla se placer à ses côtés. Ils seraient deux à affronter les épreuves.

- Continue, Tenten, la pressa-t-il en lui passant le bras autour des épaules.

Elle lui saisit la main et la serra très fort dans sa propre menotte, espérant y puiser un peu de réconfort et d'affection. Inspirant profondément, elle repartit :

- Yuzhi m'a chassée parce qu'elle voulait le trône. Je croyais qu'elle était gentille, pourtant ! Mais...

Tenten s'était mise à parler comme une enfant, vivement, avec des mots simples, et Neji crut voir, un bref instant, l'ébauche de ce qu'elle avait été autrefois. Une petite fille timide, craintive et un peu seule.

- Elle m'aimait pas, reprit-elle. Alors elle a dit aux gardes de...

Elle déglutit difficilement et se cala un peu plus contre le jeune Hyuga. Elle avait envie de pleurer.

- ...je les ai tous tués. Je ne pouvais plus rester après ça ! paniqua-t-elle, comme si elle allait être jugée pour ses actes.

- Ne t'en fais pas, Tenten, la rassura immédiatement Kakashi. Tuer fait partie de la voie du ninja, même pour défendre sa propre vie. Parfois, on est obligé de...

- Vous ne comprenez pas, dit-elle d'une voix tendue. On n'est pas des ninjas. Et quand on est une femme, là-bas, il vaut mieux ne pas se faire remarquer.

Une femme.

Tenten avait sept ans.

- Comment tu as fait ça ? lui demanda Naruto.

- Aucune idée. Quand je me suis réveillée, ils baignaient tous dans leur sang.

« Réveillée » ? Cela sous-entendait qu'elle s'était évanouie à un moment où un autre de la... torture. Mon Dieu, qu'avaient bien pu faire ces types à une enfant de... sept ans, songea Gai avec rage.

- Ensuite je suis partie et j'ai erré pendant des mois dans la forêt avant qu'on me retrouve. Enfin ! Qu'on me trouve, se corrigea-t-elle. Et on m'a emmenée à Konoha.

- Attends deux secondes ! protesta le jinchuriki. Qu'est-ce que tu veux dire par « erré dans la forêt » ?

En une seconde, les joues de Tenten passèrent du rouge au carmin soutenu.

- Tu vas me prendre pour une barge... murmura-t-elle, l'air réticent.

- Bien sûr que non. Pas entre nous. Et pas sur ça.

Ils entretenaient quelque chose, ces deux-là, à voir la confiance toute nouvelle qu'ils s'accordaient...

- Je suis devenue folle, Naruto.

Il y avait une résignation mêlée de respect pour celui qui pouvait si bien la comprendre.

- Quand je suis arrivée à Konoha... eh bien...

Elle se mit à pouffer, contrastant étrangement avec l'ambiance qui régnait depuis quelques minutes sur la clairière.

- Mon père adoptif a dû m'emmener voir un psy, je me levais la nuit en hurlant au meurtre et je me cognais contre les murs...

Elle pouffa à nouveau.

- Bon, j'en rigole comme ça, mais croyez-moi, j'en avais marre d'avoir tout le temps une bosse au même endroit !

Le temps d'une blague, la joyeuse bande rit un bon coup !


Ce n'était pas facile - ou plutôt assez compliqué - de parler de ça. Pourtant Tenten finirait par y arriver. On en était persuadé.

- Parle-nous un peu de Kalamata, Tenten. Elle est comment ?

La question méritait réflexion...

- Hum... eh bien, elle est assez sympathique sur le fond ; elle ne cherche qu'à m'aider et à me rendre la tâche plus facile.

La réponse de Tenten en laissa plus d'un estomaqué ; un démon sympathique ? On aura tout vu...

- D'un autre côté, elle doit avoir un but, elle aussi, reprit-elle. Il ne faut pas tomber dans le cliché « démon qui devient gentil ». C'est impossible. Un démon, c'est un démon. Si ça t'aide, c'est par intérêt, et le jour où tu ne lui sers plus il te détruit avec la plus grande joie.

Un instant, elle se sentit mal à l'aide, Kalamata protestait vigoureusement. Mais elle s'efforça de la contenir mentalement.

- Bien dit ! tonna Naruto.

- Et quel est son but, justement ? intervint Neji, sourcils froncés.

- Je n'en sais rien du tout. Tuer... détruire... briser quelqu'un ? Je ne suis pas sûre. Elle est très très vache quand elle veut. - Tenten eut un air craintif – Quand j'avais... oh quoi... six ans, j'ai eu un petit chat.

Des exclamations telles que « kawaii » se dirent entendre du côté des filles. Au grand dam des garçons.

- C'est trop mimi ! s'ébahit Ino.

- Attends de voir la suite. Kalamata m'a reproché de trop aimer ce chat, je ne prenais plus de temps pour lui parler... alors elle m'a forcé à le jeter dans le lac. Je ne pouvais même pas aller le repêcher, je ne savais pas nager.

Cette fois, d'horribles cris de détresse ou de dégoût se firent entendre, et pas seulement du côté des filles. Shikamaru grimaça carrément, Neji fronça les sourcils presque comiquement et Kakashi, si il n'avait porté son masque, aurait ouvert grand la bouche.

- Putain, Tenten, c'est dégueulasse ton histoire !

- Je sais. Je ne peux plus voir un chat en face depuis cette histoire, avoua-t-elle tristement. Neji, reprit-elle d'un air plus sérieux, si un jour on vit à deux, on prend un chien ! Tu te pointes avec un chat je t'étripe !

Au moins, elle avait réussi à dédramatiser la situation...

- Ah, et j'oubliais ! s'écria-t-elle joyeusement. Lee, ne le prend pas mal, mais elle t'adore.

Silence total... puis Kiba émit quelques sifflements, bientôt repris par l'ensemble du groupe. Sakura elle-même se foutait ouvertement de sa poire.

- MEUH MOI J'AIME SAKURAAAAAAA !!!

Le cri de bête fauve les fit tous sursauter.

- Le scoop du siècle ! marmonna Ino. Saku, tu devrais peut-être le détromper, n...

Elle n'avait pas fini sa phrase que la rose s'était levée et, d'un pas décidé, avait plaqué ses lèvres sur les siennes.

Hinata devint écarlate et détourna les yeux ; Tenten, elle, les ouvrit en grand ; Neji ne put s'empêcher, en son fort intérieur, de ricaner bêtement ; Gai sanglota désespérément en déblatérant quelque chose à propos de la Fougue Amoureuse de la Jeunesse Magnifique ; Kakashi pouffa dans son masque ; Ino ouvrit tellement la bouche qu'elle tomba jusqu'à terre...

Ah ! C'est beau, l'amou-reuh ! Tenten se blottit plus fort dans les bras de Neji, souriante et abandonnée contre l'homme de sa vie.

Elle ne pensait plus à ça. Pour le moment.


Encore un p'tit mot : Je tiens à remercier les chaleureux commentateurs (notamment de Won, parce qu'ailleurs...) qui m'ont... commentaté ? Nan je blague, commenté.

Le fameux « groupe B », c'est en référence aux groupes sanguins selon les Japonais (qui sont censés influer sur la personnalité).

Minsky, je tiens à te féliciter (bien que tu aies posté ce commentaire il y a un bon moment déjà). Tu soulèves un point très important que personne ne semble avoir relevé : Kalamata. Bon, je n'en parlerai pas ici parce que ça pourrait spoiler l'histoire, mais à chaque fois que je parlerai d'elle dans la fic, je penserai à toi. Obligé.

Par contre, je suis déçue d'un truc ; dès qu'il y a eu le soupçon du NejiTen, il y a eu un vol de mouches lecteurs avides qui est venu se jeter dessus alors qu'auparavant... ben...

Ça me fait de la peine parce que j'ai l'impression qu'on aime ma fic pour le couple mais pas pour ce qu'elle est. Elle doit être nulle, malgré ce qu'on en dit. J'ai eu pas mal de désillusions sur cette fic mais celle-là doit être l'une des pires. Enfin, ça ne m'empêchera pas de continuer, contre vents et marées !