Bonjour à toutes et à tous :)

Voici le nouveau chapitre d'Anthony McKinnon et les Aléas du Temps. Si vous n'avez pas lu les chapitres précédents, je vous invite à le faire. De même que le tome précédent tant qu'à faire. Ce serait plus pratique pour lire l'histoire. Sur ce, je vous retrouve en bas puisqu'il y a d'abord une petite RAR :)

Guest : Merci pour ta review, cela m'a fait vraiment très plaisir :) En effet, la fin du chapitre précédent risque de changer énormément de choses dans le canon. Mais cela, tu le verras au fil de ces chapitres qui arrivent et surtout du prochain tome. En effet, je ne peux pas trop en dévoiler d'un coup quand il s'agit de changements radicaux par rapport au canon :)

Bonne lecture à vous :)


Chapitre 10 : Répercussions, Vacances et Match

En voyant Narcissa Black embrasser Matthew Perks à la française devant toute la Grande Salle, Anthony avait d'abord cru à un poisson d'avril. A une illusion particulièrement bien réussie. Même à un tour des Maraudeurs. Après tout, ils étaient capables du meilleur comme du pire. Toutes sortes d'hypothèses farfelues traversèrent son cerveau, des plus réalistes aux moins réalistes. Mais toutes avaient un point commun.

Il ne voulait absolument pas croire à la scène qui se déroulait sous ses yeux. Bon, ok, il les avait surpris ensemble avec Lily durant le mois de mars. Mais ils étaient alors dans une salle abandonnée et pour le moins… isolée des lieux de passage habituels des élèves. Là, c'était complètement différent. C'était… inattendu et particulièrement bizarre. Surtout, ça remettait définitivement en cause tout ce qu'il pensait du futur. Il était désormais très peu probable que Narcissa épousât Lucius Malefoy, ce dernier étant de toute façon toujours en prison.

Le couple fut interrompu par le professeur Dumbledore qui leur ordonna d'aller s'asseoir. Cependant, la jeune femme alla à la table de sa maison. Anthony s'était presque attendu à ce qu'elle mange à la table des Poufsouffle. Cela ne l'aurait même pas surpris à vrai dire. Surtout après qu'elle eût embrassé Matthew devant tout le monde.

La Grande Salle se calma bien vite même si les conversations tournèrent dès lors autour de cet événement. Ils étaient peut-être un dimanche, mais tout le monde semblait avoir désormais un sujet de conversation pour toute la journée. Anthony, lui, réfléchit à ce que cela impliquait.

Les premières conséquences visibles à long terme étaient simples. Déjà, si Malefoy ne sortait pas de prison, il n'aurait jamais d'héritier et sa famille disparaîtrait. Il en était le dernier représentant portant ce nom. Pire encore, Drago ne naîtrait jamais. Et cela perturbait Anthony. Il avait, indirectement, décidé de la naissance ou non d'une personne. Une personne qui n'existerait jamais. Or, il n'était pas Dieu, ni Merlin ou qui que ce soit d'autre. Il n'avait pas à décider, directement ou non de la naissance ou non d'une personne.

C'était réellement perturbant. Son esprit voyait s'affronter deux parties de lui-même. Cette partie qui disait qu'il n'avait pas le droit d'intervenir dans les affaires des autres et faire sa vie de son côté sans se soucier du reste. Ou alors intervenir en modifiant les choses le moins possible. Car il n'avait pas le droit de décider de l'existence ou non de différentes personnes. Il n'était pas tout puissant ou omniscient.

L'autre partie était partisane de l'intervention à outrance. Discrète mais importante, à l'image de ce qu'il avait fait jusque-là. Il ne décidait pas directement de la vie ou de la mort de personnes. Mais il n'avait pas à porter les conséquences des choix de d'autres personnes. Ce n'était pas à lui de choisir pour les autres.

Narcissa Black savait parfaitement ce qu'elle faisait. Il ne l'avait forcée à rien. C'était elle qui avait choisi, pas lui. C'était elle qui était en couple avec Matthew, pas lui. C'était elle qui avait choisi de se mettre sa famille à dos, pas lui. Il ne pouvait pas supporter la responsabilité des actions du monde entier. Même s'il en était potentiellement indirectement responsable.

Et surtout, quelle était sa part de responsabilité directe dans cette histoire ? Il n'en savait fichtrement rien. Certes, il avait des suppositions. Mais quelle était sa part réelle ? C'était impossible à savoir. Et il n'était pas assez fou pour aller interroger la jeune femme sur les raisons de son revirement. Il n'était pas suicidaire.

Ainsi, ce fut finalement la deuxième partie de son esprit qui gagna. En grande partie aidé par son désir de rendre le monde un peu meilleur et de vouloir sauver autant de gens que possible. Car la première partie ne le faisait certes pas décider de la vie ou de la mort de personnes. Mais elle signifiait laisser des gens mourir alors qu'il savait que cela allait être le cas. Comment pourrait-il vivre ainsi ? Il n'en savait fichtrement rien. Aussi, il valait mieux pour sa santé mentale et physique intervenir aussi discrètement qu'il le pouvait.

Malgré ses désirs de laisser cette démonstration d'affection derrière lui, Saphir et Lily ne purent s'empêcher d'en parler alors qu'ils travaillaient avec Severus dans leur salle de classe privée. La première informait la seconde de toutes les conséquences que cela allait avoir. La jeune fille rouge et or fut estomaquée d'apprendre toutes les répercussions que cela allait avoir dans la haute société sorcière.

En effet, les Black vivaient en ce moment-même ni plus ni moins que leur quatrième « scandale » est l'espace… de trois ou quatre ans. La fuite d'Andromeda avait déjà eu un gros retentissement. La répartition de Sirius Black également. Celle de Regulus avait été un cataclysme puisqu'il avait été plus ou moins le dernier espoir de sa famille. Là, c'était signifier que pratiquement toute la nouvelle génération des Black passait à « l'ennemi », selon leurs parents.

Il était alors aisé de comprendre le scandale. La position de la famille au Magenmagot serait durablement affaiblie dans leur camp. Et pas nécessairement au profit d'autres. En effet, les Nott n'étaient plus guère nombreux et n'étaient guère riches. Les Travers et les Yaxley étaient encore moins fortunés et ainsi influents politiquement. Et les Malefoy étaient déconsidérés, leur héritier étant en prison.

Surtout que les Selwyn, proches habituellement de ce groupe au Magenmagot s'étaient éloignés d'eux depuis l'affaire sur les origines de Voldemort, ce qui n'était guère étonnant. Oh, ils étaient loin de rejoindre le camp opposé, comportant notamment les McKinnon. Mais ils étaient beaucoup plus neutres désormais.

En résumé, le camp des McKinnon, principale famille de l'alliance entre ces derniers, les Londubat, les Fawley et les Prewett, avait, proportionnellement parlant, gagné en influence et pouvait ainsi orienter les décisions dans leur sens. Surtout qu'ils étaient de plus en plus soutenus par le groupe central, comportant outre les Selwyn, les Abbot, Greengrass et Bones.

Bref, cette décision de Narcissa Black de s'afficher en couple avec Matthew Perks, un né-moldu, avait d'énormes répercussions politiques, amplifiées par les précédents scandales. Et Anthony supposait qu'elle n'était ignorante de ses conséquences. Même si elle avait été éduquée juste dans le but de bien paraître et de porter des enfants, guère plus, elle était loin d'être ignorante des choses du monde politique, loin de là.

Finalement, ce ne fut que vers dix heures qu'ils purent réellement travailler tous les quatre sur leurs cours. Ces derniers devenaient de plus en plus durs au fil des jours, surtout parce que les enseignants leurs donnaient beaucoup de devoirs depuis presque une semaine. Au point qu'Anthony s'interrogeait.

Les professeurs, littéralement tous, donnaient beaucoup de devoirs. Même sa tante, jusque-là plutôt avare dans ce domaine s'était convertie. Désormais, il était rare d'avoir un cours sans recevoir une dissertation d'un minimum de quarante centimètres à faire sur un domaine plus ou moins précis. Parfois pour le lendemain. Résultat des courses, ils croulaient littéralement sous le nombre de devoirs, puisqu'ils devaient en plus apprendre leurs leçons comme d'habitude et s'exercer aux métamorphoses et sortilèges. Ils avaient presque l'impression de passer les BUSE. Alors qu'ils n'étaient que fin mars début avril. Et que les vacances étaient dans près d'un mois. C'était… réellement épuisant et déprimant.

Le plus embêtant était que plusieurs projets avaient été, du coup, mis en attente. Ainsi, il avait décidé de retarder la préparation du carnet pour Lily et d'attendre un peu la finalisation de celui de Severus, comptant le faire éventuellement après les examens. En effet, même s'il était capable de le faire, il n'en avait tout simplement plus le temps. Il ne pouvait pas s'arrêter au milieu d'un certain nombre de procédures très chronophages. Elles duraient près de six heures d'affilée. Et il n'avait tout simplement plus assez de temps libre pour le faire.

Même les projets de ses trois autres amis avaient été mis en pause. Du moins pour les parties pratiques. Tous s'occupaient comme ils le pouvaient. Mais ils n'avaient plus l'exaltation de tester des sortilèges et autres charmes ou maléfices. Ils n'avaient plus la joie d'essayer toutes sortes de boucliers, parfois complètement oubliés par le commun des sorciers.

En fait, réalisa Anthony, ils s'ennuyaient presque. Ils n'avaient plus la fibre d'excitation qu'ils pouvaient tous ressentir lorsqu'ils s'essayaient à la magie. Signe des temps, même le CAC fut officiellement suspendu. Le Club Moldu fut sauvé d'extrême justesse. Encore qu'il servit, ce dimanche, surtout pour aider les différents élèves à rattraper des retards ou à faire leurs exercices.

Cela continua les jours et la première semaine après la démonstration d'affection de Narcissa Black et Matthew Perks. Naturellement, la Gazette du Sorcier et Sorcière Hebdo en firent leurs choux gras, la première pendant plusieurs jours. Cela alimenta également pendant un certain temps les conversations à Poudlard. Surtout que, désormais, le couple se contentait de petites marques d'affection en public. Il n'y avait plus de grandes embrassades à la française. Ils restaient proches l'un de l'autre dans les couloirs et à la bibliothèque, sans pour autant se coller. Ils ne se câlinaient pas en public et chacun mangeait à sa table, bien que la jeune femme aille parfois à celle des Poufsouffle, l'inverse étant complètement suicidaire.

Cet état de fait convenait parfaitement à Anthony. Depuis qu'il avait surpris ses parents dans cette nouvelle dans des positions… compromettantes pour son bon équilibre mental, il avait beaucoup de mal avec les démonstrations amoureuses en public. Il avait tendance à trouver cela hypocrite. Car ce n'était pas avec ces marques qu'un couple était solide.

Il en était parfaitement au courant car il savait que ses parents se parlaient beaucoup. Ils ne se cachaient rien si cela ne concernait pas une affaire en cours dont ils ne pouvaient parler. Et leur couple était toujours aussi beau depuis toujours. Il adorait ses parents qui l'aimaient énormément en retour. Et s'aimaient tout autant, bien que d'une manière différente.

En revanche, cette démonstration eut une face beaucoup moins reluisante. Si aucun Serpentard n'osait s'en prendre à Narcissa, redoutable sorcière lorsqu'elle était provoquée, ou à son petit ami, lui aussi très bon sorcier, ils ne se génèrent guère pour se venger sur les élèves des autres maisons.

Comme toujours, les attaques furent menées par la frange extrémiste des Serpentard. Soit une petite vingtaine d'élèves. Quelques-uns suivirent, mais le reste semblait plus ennuyé qu'autre chose. Car ces quelques élèves réussirent ni plus ni moins que l'exploit de se mettre à dos toutes les autres maisons de Poudlard.

Si jusque-là toutes se disputaient plus ou moins gentiment, et que parfois cela finissait à coup de sortilèges s'il y avait quelques insultes en trop, elles s'unirent, de manière purement informelle contre ces quelques Serpentard. Qui finirent bien rapidement humiliés et battus lors d'une véritable bataille rangée dans la Grande Salle.

Par chance, lors de cette dernière, Anthony et ses amis avaient été retardés en cours par leur enseignante d'Astronomie. Aussi, ils n'avaient pu que voir les dégâts. La Grande Salle était un véritable champ de bataille. Les tables des Poufsouffle et Serdaigle étaient retournées comme des murs protecteurs. La seconde était criblée d'impact noircis, étant la plus proche de celle des Serpentard.

Les plats gisaient sur le sol, parfois catapultés par des élèves. Une trentaine de vert et argents gisaient sur le sol, parfois à moitié métamorphosés en limaces géantes. Certains élèves de Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle semblaient avoir quelques difficultés à se mouvoir. Les professeurs passaient entre les tables pour remettre de l'ordre.

Après quelques questions, ils comprirent le déroulement des faits. Cela avait commencé par des plaisanteries chez les Poufsouffle sur Matthew et le fait qu'il sortait enfin avec une fille, ayant été un célibataire plus qu'endurci jusque-là. Des Serpentard avaient entendu la conversation et avaient visé les malheureux plaisantins. Cependant, plusieurs sortilèges percutèrent la table des bleu et bronze.

Les Serdaigle se mirent rapidement à répliquer pour venger les leurs, tout comme les Poufsouffle. De nombreux vert et argent préférèrent prendre la poudre d'escampette, histoire de ne pas se prendre un sort perdu.

Comme toujours lorsqu'il s'agissait d'un combat incluant des Serpentard, les Gryffondor furent bien trop heureux d'ajouter leur contribution, renforçant le déséquilibre. A plusieurs contre un, il y eut bien vite un assaut général coordonné par les préfets et un déluge de sorts s'abattit sur la table des vert et argent.

Le résultat, pour être honnête, était loin d'être beau à voir. En revanche, la victoire des trois autres maisons ne faisait aucun doute. La table des Serpentard était brisée en de nombreux morceaux. Et tous ceux portant un écusson avec un serpent étaient immobilisés sur le sol.

Naturellement, tous les élèves virent leurs maléfices, sortilèges et autres transformations levées au fur et à mesure par les professeurs et l'infirmière, venue pour l'occasion dans la Grande Salle. Les élèves les plus âgés ou les plus doués dans les sortilèges de soins, comme Anthony, participèrent également à la tâche. Moyen pour le garçon de se rendre compte de la disproportion des forces.

Les trois à quatre dizaines de Serpentard s'étaient mis à dos pratiquement toutes les autres maisons. Il ne manquait guère d'élèves, la plupart des manquants ayant fui la Grande Salle ou ayant été retardés dans les couloirs pour une raison ou une autre. Ils n'avaient jamais eu une seule chance de s'en sortir un minimum indemne.

Evidemment, pratiquement tous écopèrent d'une retenue, même si aucun point ne fut retiré, sans quoi il aurait fallu remettre tous les sabliers à zéro, ce qui n'aurait pas servi à grand-chose à deux mois de la fin de l'année.

En revanche, quelque chose surprit Anthony. Dumbledore n'était pas là. Et c'était le professeur McGonagall qui gérait tous les problèmes engendrés par cette véritable bataille rangée de sortilèges. Le garçon se demandait ce qu'il pouvait bien faire à une heure aussi grave que celle-ci. Il était le directeur de l'école et ne fichait absolument rien pour aider ses employés ou les élèves dont il avait la charge. Et Anthony détestait ce genre de comportement. Il avait l'impression que le directeur se servait de l'école pour parvenir à ses propres buts.

Or, selon le garçon, c'était anormal. Une école était une école. Pas un outil politique ou militaire. Elle servait à l'instruction, pas à obtenir ses objectifs, sauf si on voulait devenir professeur ou directeur de l'école en question. Il avait de plus en plus l'impression que ce n'était plus le cas de Dumbledore. Néanmoins, il voyait mal ce qu'il pouvait faire.

Aller tempêter dans son bureau ? C'était inutile puisqu'il serait considéré de haut par le directeur. Après tout, il n'était qu'un gamin de treize ans, peut-être un peu plus intelligent que la moyenne selon le directeur. Et encore, cela restait à prouver. Cela ne l'avait pas gêné de reprendre à son compte, publiquement au moins, l'idée de la création du Cours d'Education Sorcière.

Anthony ne pouvait aller voir aucun autre enseignant. Sa directrice de maison était bien trop loyale à Dumbledore pour accepter la critique envers lui, sauf si cela mettait en danger les élèves dont elle aurait la charge, et encore. Slughorn, lui, avait besoin de la protection du vieux sorcier pour éviter de se faire attaquer par les Mangemorts. Et les autres n'avaient certainement pas assez d'influence pour le faire changer.

Nope, pour le coup, toute volonté de faire changer les choses était ni plus ni moins que vouée à l'échec. Et il n'allait certainement pas monter une machination pour parvenir à ses fins. Si Dumbledore devait être remplacé, ce serait pour de bonnes raisons et de manière parfaitement légale. Pas en faisant un coup monté ou en mentant. Anthony n'était pas capable de faire un coup comme ça dans la réalité. Il était droit et fier.

Les jours suivants, la tension redescendit d'un cran à Poudlard. La bataille rangée de la Grande Salle semblait avoir réussi à apaiser les esprits. Seuls quelques élèves restèrent plusieurs jours à l'infirmerie, mais c'était surtout par précaution. Le reste de l'école retomba dans la monotonie habituelle. Les professeurs donnèrent tous encore plus de devoirs. Anthony avait l'impression qu'ils essayaient de les assommer sous une masse de travail pour leur passer l'envie de se battre.

Et il fallait avouer que cela marchait.

Personne ne se jetait de sorts dans les couloirs. Il n'y avait pratiquement plus d'insultes, tout le monde pensant à tous les cours à apprendre et à tous les parchemins à écrire pour les prochains cours. Il n'était pas rare, désormais, que le garçon et ses amis terminent leurs devoirs à près de minuit dans leurs salles communes respectives. Lui travaillait alors avec Lily. Parfois, ils étaient rejoints par Remus.

Anthony apprit ainsi à découvrir un peu plus le loup-garou. Il était réellement extrêmement gentil. Il semblait aussi avoir beaucoup de mal à s'imposer et à imposer ses idées lorsqu'elles étaient les meilleures. En somme, il avait un énorme besoin de reconnaissance et d'être accepté.

Un peu comme Lily se dit le garçon, même si ce n'était pas exactement la même chose, tous les deux voulaient montrer qu'ils méritaient leur place dans le monde de la sorcellerie. Ils semblaient penser qu'être les meilleurs élèves de la promotion leur permettrait de le prouver. Même si pour Anthony, c'était loin d'être nécessaire. Pour lui, ils méritaient déjà leur place. Ils n'avaient pas besoin d'en faire plus.

Mais, passer du temps avec Lupin rappela le projet d'Animagi à Anthony. Il se demandait où les Maraudeurs pouvaient en être de ce dernier. Il était curieux de le savoir. En revanche, il se voyait mal le leur demander tout de go. Il n'était clairement pas suicidaire. Ou fou. Surtout que c'était leur truc à eux. Il leur avait proposé son aide. S'ils n'en voulaient pas, il n'allait certainement pas les forcer à l'accepter. Ils étaient assez grands pour la lui demander.

Néanmoins, il se demandait régulièrement où ils en étaient. Il supposait qu'ils avaient déjà commencé certaines étapes mais n'avait absolument aucun moyen d'en être sûr. Ils ne parlaient jamais de ce projet lorsqu'ils étaient dans le dortoir et ne faisaient pas la moindre allusion à ce dernier lorsqu'Anthony y était.

Le garçon aurait aimé commencer ses recherches de son côté pour connaître les procédures pour devenir un Animagus. Et pourquoi pas tenter l'aventure un peu plus tard. Mais il n'en avait tout simplement pas le temps. Aussi, il en était réduit à attendre une demande d'aide des Maraudeurs. Qui croulaient eux aussi sous la masse de travail donnée par les professeurs. Ce qui lui faisait supposer qu'ils avaient aussi peut-être remis certaines étapes à plus tard, quand ils auraient moins de devoirs.

Finalement, les vacances de printemps arrivèrent comme une véritable bénédiction pour les élèves. Si les professeurs leur donnèrent beaucoup de devoirs, ils auraient deux semaines pour les faire. Et ainsi un peu de temps libre. Le groupe de quatre amis en profita pour avancer autant que possible dans les dissertations données et leçons à apprendre. Cela leur donnerait du temps libre chez eux, tous rentrant à la maison.

Anthony passa le voyage dans le Poudlard Express avec Lily, Severus et Marlène. Cette n'avait guère apprécié le Serpentard au début de leur scolarité. Mais, depuis que son cousin et Saphir avaient donné quelques cours sur la haute société sorcière, il était plus présentable. Il était également plus aimable et s'ils n'étaient pas amis, ils s'entendaient sans trop de mal, ce qui n'était pas rien.

Anthony, dès qu'il arriva à Caisteal Maol, se précipita voir sa petite sœur. Elle lui avait terriblement manqué. Cette dernière jouait alors dans un petit parc pour bébé avec des briques en bois. Il s'arrêta devant la porte de la chambre de l'enfant et la regarda s'amuser. Elle lui fit fondre son cœur. Ouaip, il pouvait être complètement niais parfois. Mais cette vision de bonheur pur lui faisait oublier les événements qui se passaient dehors. En effet, les Mangemorts ne s'étaient guère arrêtés de commettre des meurtres et des enlèvements.

Finalement, Anthony entra dans la chambre en toussotant pour signaler sa présence. La petite fille se retourna et un immense sourire barra son visage. Elle tendit ses petits bras vers lui. Mais, jugeant qu'il n'allait pas assez vite, elle se mit à quatre pattes et se précipita vers son frère. Ce dernier la prit dans ses bras et l'embrassa un peu partout, la faisant éclater de rire. C'était le bonheur à l'état pur. Ils ne furent interrompus que par l'appel de leur mère pour le repas du soir.

Le début des vacances fut surtout marqué par la prédominance des devoirs à faire. Mais, après trois jours de travail acharné, il en fut enfin débarrassé. Il profita alors de l'occasion pour tester les carnets communicants avec Saphir, qui avait le sien de son côté. Ils marchaient parfaitement bien. Ils discutaient principalement des devoirs, mais aussi de leurs recherches.

Car oui, les recherches avaient pu enfin reprendre pendant les vacances. Ils savaient que cela ne durerait guère. Aussi, ils s'étaient accordés pour en faire le plus possible le mieux possible avant la rentrée. D'après eux, les professeurs donneraient encore plus de devoirs après cette dernière en vue des examens de fin d'année. Aussi, il fallait avancer dans les différents projets.

Anthony, de son côté, progressa dans le carnet de Severus. Ce dernier s'avéra assez rapide à faire une fois qu'il s'était bien reposé et beaucoup nourri. En effet, il devait réaliser un important effort magique et il avait bien besoin de cette énergie pour ne pas être victime d'un épuisement magique. Il se jura de le lui donner à la rentrée. Il commença ensuite à travailler de manière plus approfondie sur les protections du carnet de Lily.

Ces dernières se révélèrent bien vite plus complexes que prévu. En effet, elle utilisait différentes combinaisons de runes et de sortilèges. Il se dit qu'il aurait mieux fait de ne jamais lui prêter quelques jours le livre sur les Runes Anciennes emprunté dans la bibliothèque familiale. Elle l'avait utilisé pour cherche quelques runes à l'usage du sabre laser, ou épée de lumière de son nom officiel. Elle y avait alors trouvé les idées pour les défenses de son carnet.

Néanmoins, il parvint à faire toute la théorie avant la fin de la première semaine, à force de travail acharné. Et d'horaires fortement décalés et de peu de sommeil. Au point qu'il dormit pratiquement tout le dimanche pour rattraper les heures de repos manquantes pour son organisme.

La deuxième semaine commença très vite. Anthony partagea dès lors son temps entre quelques révisions, environ une heure par jour et diverses autres activités. La principale parmi elle consistait à rester avec sa petite sœur et à s'en occuper, sa mère ayant repris le travail au Ministère de la Magie.

La plupart du temps, Anthony et Elisa jouaient ensemble, à même le sol avec toutes sortes de jouets, moldus ou sorciers. Elle adorait également le voir transformer certains jouets en d'autres à l'aide de sortilèges de Métamorphose. Quand il le faisait, elle applaudissait à tout rompre de ses deux petites mains potelées avec un petit rire très aigu. Cela remplissait toujours de joie Anthony. Pour lui, ces moments passés avec elle étaient inestimables. Il avait l'impression d'être dans une bulle hors du temps.

Les midis, il lui donnait à manger avec des petits pots de compote ou parfois quelques autres aliments liquides comme de la soupe. Bien qu'elle lui en mettait partout, il adorait tout autant passer du temps avec elle que lorsqu'ils jouaient ensemble.

Mais Elisa n'était pas en permanence réveillée en journée. Et jouer avec son grand frère était épuisant pour un si petit organisme. Aussi, elle faisait régulièrement des siestes. Lorsque c'était le cas, Anthony lisait le livre qu'il avait reçu d'un expéditeur, ou expéditrice, il n'en savait rien, mystère. Ce dernier était vraiment une mine d'or sur la magie sans baguette.

Il avait enfin terminé l'introduction et le premier chapitre sur toute l'histoire de la Magie ainsi que tous les risques encourus et les précautions à prendre en conséquence. Il s'agissait surtout d'avoir du sucre à portée de main, ainsi qu'une bonne quantité d'eau. Car maîtriser la magie sans baguette était quelque chose de réellement épuisant lorsque l'on n'était pas formé à la chose. Il avait amplement eu le temps de le comprendre en lisant la centaine de pages du premier chapitre.

Il décida de le laisser un peu de côté avant de le reprendre à l'été. En effet, à peine avait-il commencé le chapitre suivant que la difficulté avait monté subitement. Cela parlait déjà de réaliser un certain nombre d'exercices de manière très régulière. Et il n'en avait pas vraiment le temps à Poudlard. Aussi, il se jura de tout commencer pendant l'été.

Mais, repenser à l'école lui fit réaliser une chose. Il allait devoir choisir deux ou trois options pour sa Troisième Année. S'il était déjà partant pour choisir les Runes Anciennes, il n'avait absolument aucune idée de ce qu'il pourrait prendre d'autre. La Divination ne l'intéressait pas plus que ça. Le Soin aux Créatures Magiques non plus, surtout que le professeur Brûlopot était quelque peu… fou.

Il ne restait alors plus que l'Etude des Moldus et l'Arithmancie. Il trouvait la première fort peu adaptée puisqu'étant constamment en retard sur ce qui se passait réellement dans le monde moldu. La seconde matière ne correspondait pas vraiment avec l'idée qu'il se faisait de la destinée. Il avait demandé à ses cousins et cousines plus âgés en quoi consistait cette matière. Il avait appris qu'elle prétendait connaître l'avenir avec une certaine probabilité définie. Ce qui était loin de correspondre avec l'idée qu'il se faisait de l'avenir.

Car pour Anthony, rien n'était réellement déterminé à l'avance. Les gens ne réagissaient pas en fonction de probabilités et de calculs, aussi complexes puissent-ils être. Et si c'était le cas, les humains, tout sorcier qu'ils pourraient être, ne seraient pas capables de les résoudre. Il y avait tellement de variables en jeu que l'avenir serait réellement compliqué à déterminer de manière quasi-certaine.

Il se décida donc à opter pour l'Etude des Moldus. C'était probablement ce qui lui irait le mieux. Et puis il pourrait avoir un certain nombre de bonnes notes en plus. Sans compter que pour travailler dans certains services du Ministère, c'était plus utile, notamment au service de détournement de l'artisanat moldu.

La fin de la deuxième semaine se passa plus tranquillement. Anthony se contenta de s'exercer un peu au duel avec Marlène, ainsi que de s'entraîner avec elle au Quidditch. Il hésitait énormément à rentrer dans l'équipe l'année prochaine. Il était, certes, plutôt bon en tant que batteur mais il n'aimait pas tant que ça jouer. Surtout dans une espèce de compétition entre les maisons de Poudlard.

De cela, il n'en avait encore parlé à personne. Et il hésitait franchement à le faire. En attendant, il avait donné sa parole d'être présent aux entraînements jusqu'à la fin de l'année et tiendrait sa parole. Sinon, il se sentirait en permanence coupable de trahison. S'il s'engageait à faire un truc, il le faisait.

Néanmoins, le dernier samedi fut loin d'être aussi reposant qu'il ne l'avait pensé. Dès le réveil, il sentit les regards étranges de ses parents posés sur lui. Ils le regardaient avec attention. Comme s'il avait fait ou pensé quelque chose d'étrange. Il avait l'impression qu'ils aimeraient farfouiller son esprit à la recherche d'une réponse quelconque à une interrogation dont il ne savait absolument rien.

Finalement, ce fut sa mère Ariane qui lâcha le morceau.

« Dis-nous, Anthony, tu aimes bien la petite Evans, n'est-ce pas ? »

Le garçon plissa ses yeux de suspicion. Il se demandait où elle voulait en venir. Elisa mangeait entrain sa compote de pomme mais remarqua soudainement le silence. Elle regarda à tour de rôle ses parents et son frère avec un air étrange gravé sur le visage, comme si elle comprenait que quelque chose différait de leurs comportements habituels. N'étant pas le centre de l'attention, elle se mit aussitôt à babiller.

Anthony prit la diversion involontaire de sa petite sœur comme prétexte pour ne pas vraiment répondre à la question. Il lui donna alors à manger à la petite cuillère pour esquiver toute conversation, qu'il ne voulait certainement pas avoir. Et surtout pas maintenant, à vingt-quatre heures de retrouver la jeune fille.

Il parvint ainsi à éviter ses parents toute la matinée, quitte à s'enfermer dans des recoins du château rarement explorés. Il fallait dire que quand il était tout petit, il explorait souvent ce dernier avec sa cousine Marlène, au point de donner de grosses inquiétudes à leurs parents respectifs.

Néanmoins, il fut forcé de redescendre dans la cuisine pour le repas de midi, son estomac criant famine. Là encore, il parvint à esquiver toute discussion gênante en parlant de l'actualité, pour le moins, banale du moment, si tant est que l'on pouvait dire une chose pareille alors que des personnes disparaissaient ou mourraient régulièrement. Le Ministère, ou plutôt la ministre de la Magie refusait toujours de prendre les mesures nécessaires comme une augmentation sensible du nombre de policiers magiques ou d'Aurors. Ainsi qu'une hausse du budget du Département de la Justice Magique.

Anthony espérait qu'ils ne tarderaient pas trop. Parce que si un gros coup avait été porté aux Mangemorts avec l'arrestation ou la mort d'un certain nombre d'entre eux, ils étaient encore loin d'être battus et tous arrêtés ou tués. Sans compter Voldemort naturellement. Voldemort qui était désormais appelé Tom Jedusor par beaucoup de monde, notamment au Ministère.

Mais il ne put échapper indéfiniment à la conversation qui avait débuté le matin même, si tant est que l'on pouvait appeler ça un début. Anthony fut surpris dans sa chambre par ses deux parents entrant simultanément. Voulant tenter le tout pour le tout, il demanda :

« Qui s'occupe d'Elisa ? Elle n'est…

-Elle est avec Tiki, qui s'occupe d'elle quand aucun de nous n'est présent, le coupa Ariane. Et n'essaye plus de détourner le sujet de la conversation. »

Glourps. Il était fait comme un rat. Il n'avait absolument plus aucune échappatoire. Si seulement il avait pu transplaner. Même si c'était impossible dans l'intérieur des murs. Et le garçon était certain que ses parents avaient ordonné aux elfes de maisons de refuser tout ordre venant de sa part.

Ils se placèrent face à lui, au bout de son lit, lui étant près de son oreiller. Ils avaient changé de lit quand Elisa était née. Ainsi, elle pouvait parfois dormir avec lui quand elle n'arrivait pas à dormir parce que ses parents n'étaient pas là. Et Anthony adorait dormir avec sa petite sœur.

Il se sentait nerveux. Comme s'il pouvait dire des choses qu'il pouvait regretter amèrement. Il n'avait absolument aucune idée de ce que ses parents s'imaginaient. Car oui, il était certain que ces derniers pensaient certaines choses. Peut-être même espéraient-ils qu'il la leur présenterait. Et pas comme une amie. Alors qu'il n'aimait pas Lily de cette manière. Du moins il ne le voulait pas du tout. Elle était son amie, point à la ligne.

« Je trouve que tu nous parles souvent de Saphir et Severus dans tes lettres, commença son père. Ainsi que de Lily. En revanche, il est étrange que tu ne parles pratiquement jamais d'eux ici. Est-ce que tu aurais peur de quoi que ce soit, demanda-t-il finalement ?

-Je n'ai peur de rien, répondit Anthony un peu trop vite à son goût.

-Ah oui, demanda sa mère avec un sourcil levé en signe d'interrogation ? Et si je te dis que nous avons invité cette fameuse Lily à venir cet après-midi et qu'elle peut arriver ici d'une minute à l'autre ? »

Anthony, la prenant au mot, regarda autour de lui d'un air paniqué. Sa chambre était extrêmement loin d'être rangée. Et lui-même n'était certainement pas en tenue pour recevoir qui que ce fût. Et encore moins une jeune fille. Il avait un survêtement de sport, utilisé quand il était chez lui.

Il fut interrompu dans son moment de panique par le rire de sa mère. Il grogna de dépit quand il comprit qu'il s'était fait avoir. Elle l'avait testé.

« Je ne l'ai pas du tout invitée sans te prévenir, le rassura-t-elle gentiment. En revanche, nous voudrions savoir ce que tu ressens pour elle, continua-t-elle, le prenant par surprise.

-Et pourquoi cela, demanda le garçon, suspicieux ?

-Je pense que l'on peut se poser la question lorsque tu prononces le prénom de la jeune fille dans ton sommeil tout en ayant un immense sourire, chose très rare lorsque tu dors. »

Heu… Il était, pour ainsi dire, plus ou moins foutu. Comment leur réussir à les convaincre qu'ils se trompaient désormais ? Il était fichu. Et il allait, en plus de cela, avoir du mal à regarder Lily en face durant tout le reste de l'année scolaire. Jusqu'aux vacances d'été quoi.

« Je l'aime bien, parvint-il finalement à articuler. Nous sommes de simples amis, finit par Anthony en se reprenant un peu. Rien de plus. Et de toute façon, je ne pense pas qu'il puisse y avoir quelque chose de plus de ma part. Je suis amoureux de Kathleen, non, tenta-t-il de demander ?

-Plus depuis près d'un an, répliqua sa mère, implacable. Au fait, qui essayes-tu de convaincre, demanda-t-elle rapidement après ? Toi ou nous ?

-Vous, évidemment, s'insurgea le garçon ! »

Ses parents, partirent dans un petit rire et le laissèrent en plan, l'esprit plus que jamais confus. Il était complètement perdu. Plus que complètement perdu d'ailleurs. Il n'avait jamais pensé à Lily de cette manière. C'était presque… bizarre. Oui, bon, bah tant que ça. Il aimait bien être proche d'elle et lui parler. Mais pas plus que n'importe quel autre ami, non ?

Mais Anthony laissa bien vite de côté ces considérations, probablement aussi par désir d'éviter tout questionnement pouvant remettre en question ses certitudes, qu'il ne voulait certainement pas voir disparaître ou au moins remises en causes. Aussi, il s'occupa l'esprit en lisant et en s'amusant avec des sortilèges stupides, ou bien en passant du temps avec Elisa.

Le lendemain, Anthony arriva très en avance à King's Cross avec Marlène et les parents de cette dernière. Ils réservèrent un compartiment. Leur cousine Alice et les autres filles du dortoir les rejoignirent rapidement. Mais le garçon décida finalement de les laisser entre elles, se sentant clairement de trop. Il partit donc à la recherche de personne avec qui passer le voyage. Quand il tomba sur les Maraudeurs en pleine discussion.

Le garçon ouvrit rapidement la porte et salua ses camarades de dortoir. Ces derniers s'arrêtèrent de parler alors qu'il faisait léviter sa malle jusqu'au filet à bagages et s'installait confortablement pour lire un livre emprunté chez lui. Cependant, il remarqua bien vite qu'ils ne continuaient pas leur conversation d'avant son arrivée. Il soupira discrètement avant de les inciter à la poursuivre.

Très vite, les quatre énergumènes obéirent à sa consigne, faisant exactement comme s'il n'était pas là. Néanmoins, il écouta leur conversation d'une oreille, ne pouvant pas s'en empêcher. Il comprit bien vite qu'elle portait sur Kathleen Abbot que Potter désespérait de draguer. Il tentait parfois de se défendre autant que possible en contre-attaquant ses amis sur d'autres personnes sur lesquelles ils pouvaient craquer. Mais c'était loin d'être suffisant.

Finalement, Potter se tourna vers Anthony avec un immense sourire.

« Dis, McKinnon, est-ce que tu saurais comment Sirius Black ici présent pourrait séduire ta chère et tendre cousine ?

-Laquelle, répondit Anthony en plissant les yeux de suspicion puisqu'il sentait un coup fourré venir ?

-Tu en as deux, demanda Lupin ?

-Ouaip. Marlène et Alice. Si c'est Alice, tu peux laisser tomber. Elle est amoureuse de Frank depuis… tellement longtemps que je ne m'en souviens pas.

-Frank Londubat, demanda Potter ?

-Non, Frank Dumbledore, ironisa le cousin de la jeune fille. Bien sûr, Frank Londubat, continua-t-il pour les rassurer en voyant leurs airs complètement stupides.

-Et l'autre, questionna Potter, avide ?

-Tu voudrais vraiment être avec Marlène, demanda Anthony à Black ? Réellement ? »

Pour toute réponse, le concerné n'osa pas le regarder en face et détourna même la tête pour être certain de ne pas croiser son regard. C'était pour le moins… étrange. En même temps, il aurait dû s'en douter. A cet âge, les hormones commençaient à faire leur travail. En tout cas, il souhaitait bien du courage à Black. Ce dernier, s'il tentait de draguer Marlène, allait en baver.

En effet, la jeune fille était loin d'apprécier le rouge et or, qu'elle trouvait trop arrogant et sûr de lui. Elle lui trouvait même un certain nombre de défauts. Mais elle ne les disait que si on la lançait sur le sujet. Le reste du temps, il lui était complètement indifférent. Elle se moquait plus ou moins de son existence, ne râlant contre lui que lorsqu'il perturbait les cours.

En résumé, il aurait énormément de mal ne serait-ce qu'à bien se faire voir de la jeune fille. Et Anthony n'allait certainement pas l'aider à le faire. Cependant, il remarqua autre chose, qu'il n'avait pas vu jusque-là chez l'aîné des garçons Black. Il était un peu raide. Comme s'il avait à nouveau subi des sortilèges de magie noire et des coups plus ou moins violents pendant les vacances.

Il savait que le petit frère était lui aussi rentré. Il établit donc une théorie. En apprenant que ce dernier rentrait chez ses parents, Sirius avait décidé de lui aussi rentrer. Probablement pour le protéger autant que possible des violences parentales contre eux. C'était tout-à-fait dans le style de garçon. Comme du personnage dont se rappelait Anthony dans le canon. Là-dessus, ça n'avait pas vraiment changé.

Cependant, cela fit supposer au garçon que le petit frère de Black ne devait pas être dans un excellent état, lui aussi. Il se souvenait comme Sirius était rentré des vacances d'été à Poudlard. Regulus n'était pas aussi fort que son aîné. Il était plus mince au même âge et plus fragile. Il était aussi beaucoup moins sûr de lui, même si être réparti à Gryffondor lui avait fait un peu de bien.

Il réfléchit quelques secondes et partit à la recherche du plus jeune enfant de la famille Black. Il fallait juste espérer qu'il soit seul, histoire de pouvoir vérifier s'il était blessé ou non. Parce que si c'était le cas, il pouvait faire quelque chose.

Mais il y avait un petit problème dans cette recherche. Le train était immense. Anthony mit plus de deux heures à réussir à le trouver. Regulus était seul dans un wagon visiblement crispé et gardait les dents serrées. Son regard, il pouvait parfaitement le voir, était douloureux. Le garçon entra et salua son cadet.

« Bonjour, Regulus, commença Anthony avec un ton formel.

-Bonjour, Anthony, répondit le garçon sur le même ton, aucun d'eux ne savant visiblement comment s'adresser correctement à l'autre.

-Quelque chose ne va pas, demanda finalement l'aîné des deux après quelques secondes de silence ?

-Tout va bi… aïe, fit Regulus alors qu'il avait bougé un peu trop vite. »

Le plus âgé des deux regarda le plus jeune avec un regard plus que circonspect. Il continua, tentant de le convaincre qu'il l'aiderait.

« Je pense que tu sais que je suis plutôt maladroit dans des escaliers.

-Je suis au courant, répliqua le blessé. C'est plutôt connu à Poudlard.

-Donc tu dois te douter que je sais exactement quand quelqu'un souffre de douleurs violentes ou non. Et que je connais un certain nombre de sortilèges de soin.

-Je suis tombé dans les escaliers, tenta Regulus…

-Oui, tout comme ton frère cet été qui était d'une maladresse incroyable, bien sûr, ironisa Anthony. Tu me prends pour un imbécile, s'énerva-t-il subitement ? Je sais parfaitement reconnaître quand quelqu'un chute réellement dans les escaliers puisque c'est ma spécialité.

-Je… d'accord, accepta rapidement le garçon, effrayé par la colère soudaine de son aîné. »

Anthony soupira d'aise et ferma les rideaux avant de sortir sa baguette. Regulus avait déjà retiré son pull et sa chemise. Il grimaça en voyant le dos du garçon. Il était parcouru de nombreuses traces de coups de ceintures ou un truc dans le genre. Il était extrêmement frustré de ne rien pouvoir faire au niveau légal. Car l'envie de lancer quelques méchants sorts aux parents des Black à Gryffondor le démangeait sérieusement.

Néanmoins, il avait quelqu'un à soigner. Heureusement, ils ne semblaient pas vraiment avoir subi de sortilèges de Magie Noire. C'était déjà ça de gagné. Certes, la douleur serait présente un certain temps mais il n'y aurait rapidement plus de cicatrices. Ce qui était déjà ça.

Anthony déploya toute une panoplie de sortilèges, n'oubliant pas de désinfecter d'abord les différentes plaies. Puis, il commença par les nettoyer avec quelques sorts. Ensuite, il les referma délicatement, une par une. Il résorba également un certain nombre de bleus. Il termina enfin par un diagnostic pour vérifier s'il n'y avait pas de blessures internes qui nécessiteraient d'aller voir l'infirmière. Mais, par bonheur, il n'avait rien. Ce qui n'était peut-être pas le cas de son frère.

Le médicomage improvisé termina par quelques recommandations de potions basiques. Il savait que le jeune Gryffondor était plutôt doué dans la matière. Aussi, il lui conseilla des préparations largement à sa portée, pour limiter les risques de mauvaise préparation et ainsi éviter de compromettre sa santé. Puis, il passa une partie du voyage avec lui, essayant de faire connaissance.

Mais Regulus était assez près d'une tombe en matière de conversation. Il répondait en général par monosyllabe. Et Anthony ne put même pas savoir quelles étaient ses passions. Néanmoins, quand il le quitta, il n'oublia pas de lui dire quelque chose.

« Si jamais tu es blessé par tes parents avant le retour à Poudlard l'année prochaine, n'hésite pas à me demander de te soigner, si tu ne veux pas que Pomfresh le fasse. Je le ferai très volontiers. »

Puis, il partit sans vraiment lui laisser le temps de répondre.

Anthony repartit dans son compartiment pour la dernière heure du voyage. Les Maraudeurs semblaient en pleine discussion. Ils s'arrêtèrent et semblèrent changer de sujet alors qu'il s'installait à sa place. Il sourit discrètement en se demandant de quel sujet pouvaient-ils bien parler. La Carte du Maraudeur ? Le Projet Animagus ? Probablement un truc dans le genre. Surtout pour qu'ils s'arrêtent au moment où il rentrait dans le compartiment.

Le train finit par arriver en gare de Pré-Au-Lard. Anthony prit une calèche avec des élèves de d'autres années qu'il ne connaissait pas du tout. Ils ne parlèrent pas de tout le voyage jusqu'à l'entrée de Poudlard. En descendant, il évita très soigneusement de passer juste devant les fameuses calèches. Il savait qu'elles étaient tirées par des Sombrals et ne désirait pas en percuter un.

Le dîner fut de manière générale assez joyeux. Avec Lily, ils se racontèrent leurs vacances. Il remarqua des sourires en coin chez ses deux cousines de son âge mais ne s'en formalisa pas. Alice était très romantique dans l'âme tandis que Marlène se faisait toutes sortes de films et imaginait toutes sortes de relations plus ou moins bizarres. Comme une entre Dumbledore et Aurora Sinistra, l'enseignante d'Astronomie. La raison ? Les robes du directeur avec des étoiles dessus. Ouaip, ses théories reposaient souvent sur des trucs aussi… abstraits.

Quand tout le monde eut terminé, les élèves se dirigèrent principalement vers les Salle Communes. Pratiquement tout le monde était rentré pour les vacances et après le voyage et le repas copieux, beaucoup voulaient dormir.

Lorsqu'Anthony monta dans son dortoir, il remarqua que les Maraudeurs s'engueulaient à nouveau. Il se dirigea vers Black sans mot dire et se plaça face à lui.

« Je vais te soigner, fit-il d'un ton qui n'admettait aucune réplique. Et n'essaie pas de me dire que tu n'as rien, je sais que tu as eu des problèmes chez toi. »

Comprenant qu'il ne servirait à rien de discuter, Black se tourna et enleva son haut, montrant son dos à son camarade de dortoir. Il était moins pire qu'après les vacances d'été. Probablement parce que celles-ci avaient duré moins longtemps.

Anthony répéta alors toutes les opérations réalisées sur Regulus autant de fois que nécessaire. Heureusement, l'aîné des deux frères n'avait pas non plus de blessures internes à faire soigner. Sinon, il l'aurait traîné de force à l'infirmerie, probablement avec l'aide de Potter et Lupin.

Quand il eût terminé, ce qui pris un certain temps, Anthony alla se coucher, n'oubliant de donner quelques recommandations à son camarade au passage. Il en ferait ce qu'il voulait, mais il désirait avoir la conscience tranquille. Il n'était pas responsable non plus de ses choix de les suivre ou non.

Anthony se posa une grande question les jours suivants. Qu'est-ce qu'il avait irrémédiablement changé et qu'il ne savait pas encore ? Il connaissait un certain nombre de conséquences de ses choix, comme la répartition de Regulus Black à Gryffondor. Il était triste que cela ait eu pour conséquences des coups et des blessures contre ce dernier. Il avait vaguement espéré que cela fasse prendre conscience à ses parents que Black n'était pas égal à Serpentard et que l'on pouvait avoir d'autres avis.

Oh, il ne s'était pas fait d'illusions. Mais il avait tout de même eu un certain espoir. Après tout, l'espoir faisait vivre, non ? Ses actions avaient eu un certain nombre d'autres conséquences. Mais il y avait une inconnue majeure. Une ombre colossale au tableau. Une menace qui planait indirectement sur lui et pourrait le mettre en danger de mort si cela venait à se savoir.

Voldemort. Ce dernier avait subi pendant quelques semaines des pertes dans les rangs de ses Mangemorts. Et ses attaques étaient un peu plus rares. Probablement parce qu'il tentait de recruter du monde pour regarnir ses rangs. Et puis il avait du temps. Ce dernier jouait largement pour lui, tous les efforts du Ministère n'étant pas orientés dans cette guerre.

Anthony espérait vivement que ce dernier ne puisse jamais découvrir que c'était lui qui avait tout révélé aux Aurors sur les origines du Mage Noir. Sinon, ses jours restant à vivre seraient très rapidement comptés sur les doigts d'une seule main. Et il n'avait pas réellement l'intention de mourir, pour être honnête. Il voulait mourir vieux et sans douleur. Et avec tout plein de petits-enfants et même des arrière-petits-enfants si cela lui était possible.

Mais il en était au même point. Espérer que personne ne puisse découvrir quoi que ce fût sur le fait que c'était lui qui avait tout dit aux Aurors. Il suffisait d'un traître au Ministère qui ferait le rapprochement et… il ne voulait pas vraiment ce qui pourrait lui arriver ensuite.

Les jours suivants, l'attention d'Anthony fut concentrée sur totalement autre chose. Le Quidditch. Car qui disait rentrée des vacances de printemps, disait derniers matchs de Quidditch de l'année. Ils avaient lieu le dernier week-end d'avril ou le premier de mai pour le match Serdaigle-Serpentard, et une semaine plus tard pour le match Gryffondor-Poufsouffle.

Ces échéances motivèrent les capitaines des différentes équipes à augmenter le nombre d'entraînements. Mais comme la plupart des élèves restaient en Septième Année, ils ne purent trop forcer, devant réviser pour les ASPIC.

Dans le même temps, les professeurs diminuèrent la quantité de devoirs. Il fallait dire que tout le monde s'était calmé, ne désirant pas revivre la véritable frénésie entre mi-février et les vacances de printemps. Tout le monde avait fini par être à deux doigts de craquer psychologiquement. Sans compter que les examens de fin d'année approchaient. Mais il y avait d'abord le Quidditch.

Tout le monde, ou presque, se rendit au stade pour voir le match entre Serpentard et Serdaigle. La partie dura plusieurs heures. Pratiquement tous les coups bas furent réalisés, principalement par les vert et argent, entrainant un grand nombre de tirs pour les bleu et bronze.

Au fil des heures, le match devenait de plus en plus moche à voir. Anthony était bien content de ne pas avoir à jouer contre les Serpentard. Ils ne jouaient même plus selon les règles. Tout ce qu'ils voulaient était détruire les joueurs adverses, qui se protégeaient tant bien que mal.

Mais, vers dix-sept heures, l'attrapeur des Serpentard récupéra enfin le Vif d'Or. La victoire échut à son équipe, avec cinq centaines de points contre quatre cent quatre-vingt-dix. Les vert et argent explosèrent de joie. Ils étaient désormais pratiquement certains de gagner la Coupe de Quidditch avec un nombre de point aussi… invraisemblable, puisqu'atteignant plus d'un millier.

Toute la semaine suivante, la tension monta entre les équipes de Gryffondor et de Poufsouffle. Il leur fallait marquer plus de quatre centaines de points chacune pour espérer gagner le trophée. C'était tout simplement colossal et pratiquement impossible à réaliser. Car les deux meilleurs attrapeurs de Poudlard allaient s'affronter en duel.

Dans le même temps, la plupart des Serpentard se mirent à harceler les rouge et or, plus proches d'eux au classement que les jaune et noir. Ainsi, les sorts se remirent à voler dans tous les sens. Et cette fois, les enseignants ne purent rien faire, à part intervenir localement.

Finalement, le jour du match arriva. La tension se libéra en bonne partie quand les élèves furent installés dans les gradins. Il fallait dire qu'ils n'allaient plus s'envoyer de sortilèges ou maléfices à la figure. Les deux équipes firent leur entrée sous les rugissements des spectateurs.

Le match commença très mal pour les deux équipes. Les gardiens furent très vite mis à l'honneur. Les poursuiveurs donnaient tout ce qu'ils avaient. Ne serait-ce que s'approcher des anneaux était déjà un véritable combat de tous les instants. Ensuite, il fallait encore parvenir à vaincre le gardien.

Ce fut Poufsouffle qui ouvrit la marque au bout de vingt minutes de jeu. Gryffondor égalisa presque aussitôt et le match recommença comme il avait débuté. C'était réellement magnifique à voir. Et en même temps terriblement frustrant. Car chaque équipe méritait de gagner tellement elle donnait d'énergie. Il fallut près d'une nouvelle demi-heure pour que chaque équipe puisse à nouveau marquer, après un temps-mort pour chacune.

Cela dura des heures, aucun des deux attrapeurs ne voulant se saisir du vif d'or. Ils espéraient certainement que leurs coéquipiers parviendraient à marquer beaucoup de buts. Même si la fatigue aida à en marquer un peu plus vite, cela restait toujours extrêmement compliqué.

Aucune équipe ne désirait rendre les armes et les deux attrapeurs avaient fait une trêve tacite. Vers dix-sept heures, alors que beaucoup d'élèves étaient parti manger entretemps et étaient ensuite revenus, les deux capitaines négocièrent rapidement. Les deux équipes étaient encore à cent-cinquante points chacune. A ce rythme, ils allaient y passer toute la nuit et même une partie du dimanche. Aussi, ils acceptèrent de ne pas gagner la coupe.

Les deux attrapeurs purent alors entrer en jeu. Ils commencèrent à fouiller le terrain du regard, cherchant avidement le vif d'or. Ils mirent près d'une heure à le repérer, au ras du sol. Il s'ensuivit une série d'acrobaties toutes plus folles les unes que les autres. Mais, comme un signe du destin, les deux joueurs l'attrapèrent en même temps, provoquant d'immenses protestations dans les tribunes, chaque maison revendiquant la victoire.

Le professeur Bibine finit par déclarer l'égalité complète entre les deux équipes après une délibération avec les autres professeurs.

Cette décision fut probablement la plus étrange de toute, mettant les Poufsouffle et les Gryffondor à égalité parfaite pour la Coupe de Quidditch. Finalement, tout le monde fêta ce match pour le moins… exceptionnel.

Anthony avait adoré ce match parce qu'il avait été passionnant à suivre. Mais il était certain d'une chose. Il ne serait jamais joueur de Quidditch. A part peut-être pour dépanner s'il n'avait pas le choix. Mais être à demeure dans l'équipe ne le tentait vraiment pas du tout. Il préférait rester en tribunes. Il était ainsi beaucoup moins partial que s'il était sur le terrain. Or, il détestait être partial et perdre toute conscience de la justesse des choses et une certaine impartialité. C'était pour ça qu'il préférait regarder le Quidditch qu'y jouer. Même s'il pouvait peut-être avoir des sensations énormes en gagnant.

A vrai dire, il se moquait de gagner ou non. Il n'aimait pas tant la compétition que ça. Aussi, ça ne le dérangeait pas vraiment de laisser sa place à quelqu'un d'autre dans l'équipe. Surtout s'il devait rajouter les contraintes des entraînements parfois tous les jours quand un match approchait, et par tous les temps, même quand des trombes d'eau tombaient.

Très vite, Anthony tourna son esprit vers les examens de fin d'année à peine quelques semaines plus tard.


Voilà pour aujourd'hui. j'espère que cela vous aura plu :) On y apprend notamment un certain nombre de conséquences et il y a un petit truc qui annonce un des thèmes du prochain tome :) A vous de deviner lequel :) Sinon, oui, Anthony n'est pas vraiment intéressé par jouer du Quidditch. Du coup, vous en aurez assez peu.

J'ai posté plus tôt ce matin pour une simple et bonne raison. Je suis dehors toute la journée et je ne pourrais pas le faire. Du coup, je le fais maintenant. Néanmoins, la semaine prochaine, ce sera à nouveau vers dix heures du matin :)

Comme toujours, si le chapitre vous a plu, ou ne vous a pas plu (cela peut arriver, je ne le nie pas), n'hésitez pas à me laisser une review. J'y réponds par MP, sauf pour les personnes qui le font en temps que Guest où je réponds en tête de chapitre.

Sur ce, je vous dis à la semaine prochaine (si tout va bien) pour le dernier chapitre de ce tome. Il s'intitulera Fin d'année, Dumbledore et Problèmes.