Disclaimer : Je sais pertinemment qu'ils ne sont pas à moi. Mais je m'en contrefiche.

Rating assez soft sur le coup.

Pairing John/ Gabriel

AN : Petit Chap, je suis désolée, mais RL est très prenante , toutefois je ne laisse pas tomber. Bisouxmouchous


Lestrade/Watson

John se réveilla en sursaut, avec la sensation persistante d'être observé. Quand il ouvrit un œil, il réalisa qu'il était dans un lit et une chambre, sinon inconnus, pas vraiment familiers.

La mémoire lui revint et il tourna la tête lentement, la reposant sur l'oreiller.

Il croisa un regard brun posé sur lui et fit une petite grimace.

Il était à plat ventre, les deux bras sous le fameux oreiller justement, dans la position la moins sexy du monde. Enfin. A son avis. Parce que pour ce qui était de Lestrade qui avait sa main posé juste là, dans le creux de ses reins, la position n'était peut être pas si idiote.

"Je peux? Murmura Gabriel.
"Yep.
"Ca va? Bien dormi?
"Yep.
"Ok.

Ils restèrent silencieux quelques instants, chacun mesurant la présence de l'autre à cet endroit là.

"Je dois me lever, désolé. Marmonna Gabriel avec un sourire, tu peux rester au lit si tu veux.
"Je viens dans une minute.
"D'accord.

Gabriel hésita un instant et se contenta de caresser brièvement le dos sous sa main, avant de se lever et de disparaître.

John l'entendit bouger dans l'appartement: cuisine, bruits de placards et d'eau, Gabriel devait préparer le café, puis les pas qui vont vers la salle de bain, la porte qui se ferme, quelques secondes de silence feutré puis l'eau de la douche.

John se leva à son tour, un peu mal à l'aise brusquement. Il ne paniquait pas. Certainement pas. Il n'était pas du genre à paniquer. Il n'avait jamais paniqué.

De plus, Lestrade avait bien dit qu'il était d'accord, alors pourquoi cette inquiétude sourde? Le médecin s'habilla rapidement, il était dans le salon en train d'enfiler son pull quand il entendit l'autre homme sortir de la salle de bain.

"John?
"Oui?
"Sers toi un café, ou fais toi un thé si tu préfère. Lança Gabe de la chambre, je te rejoins dans une seconde.
"Okay...

John se servit un café et attendit que n'apparaisse Gabriel, toujours cette angoisse au creux du ventre.

L'inspecteur entra dans la cuisine, terminant de boutonner sa chemise blanche, un petit sourire aux lèvres, il s'affaira, attrapa une tasse et se versa un café, John ne le quittait pas des yeux, appréciant les gestes efficaces, sûrs, de l'autre homme. Il le regarda fourrager dans un des placards et en sortir quelques biscuits.

"Tu veux manger quelque chose? Moi, je grignoterais un truc au bureau. Lui proposa Gabriel en se tournant enfin vers lui et un plantant son regard dans le sien.
"Non... Merci. Mais, ça ira. Je repasse par la maison pour me changer, je prendrais un truc là bas.
"Si tu veux te doucher, on a le temps tu sais...

John secoua la tête.

L'inquiétude ne se dissipait pas et la facilité avec laquelle Gabriel avait l'air de prendre tout ça le perturbait un peu. Il était trop tôt pour partager la salle de bain... Après avoir partagé le lit, c'était d'une incohérence crasse mais bon...

"Heu...Non, de toutes façons faut que je me change, je peux décemment pas retourner à la clinique habillé comme hier. Donc...
"D'accord. Je suis presque prêt, on part dans dix minutes.
"Ok.

Le silence tomba dans la cuisine, John évitait malgré lui le regard de Gabriel et pensait à Sherlock qu'il allait retrouver dans une petit demie heure. Qu'allait-il lui dire? Qu'y avait il à dire?

Silence inconfortable à mesure que le temps passait. Un portable sonna dans l'appartement, les faisant sursauter. Gabriel s'excusa d'un regard et partit à la recherche de l'objet en question.

Il revint, les sourcils froncés, en train de lire un message.

"Faut je parte, une autre affaire. Sally m'attend au bureau. Dit il en reprenant sa tasse et en buvant une gorgée de café entre deux phrases.
"Chuis prêt.
"On y va.

Gabriel déposa sa tasse dans l'évier, et alla chercher sa veste et son manteau, John l'attendait près de la porte d'entrée, plongé dans ses pensées.

"Hey... Murmura Gabe à son oreille. On y va?
"Mmm..mm obtempéra John en hochant la tête.

L'inspecteur le repoussa doucement contre le mur de l'appartement. Tout à fait dans son espace personnel brusquement.

"Appelle moi. Je n'aurais pas le temps de le faire et je ne veux pas que tu croies que j'ai changé d'avis. Dit Gabriel à voix basse, ponctuant ses mot d'un bref bécot .

John se sentit rougir et la boule au creux de son ventre se déliter.

"D'accord. Promis. Murmura-t-il.

Lestrade lui fit une petite grimace et s'éloigna d'un pas, il ouvrit la porte et attendit que John ne sorte avant de refermer.

Ils parvinrent à se glisser dans une rame de métro bondée, Gabriel attira discrètement John contre lui. Tout contre lui. L'épaule de John contre sa poitrine, rien d'ostensible quand on les regardait. Mais la complicité était là et ça rassurait Watson qui ne se sentait pas forcement prêt, lui non plus, à faire son coming out.

John descendit le premier, il croisa le regard de Gabriel une dernière fois et d'un petit signe de tête lui fit part de son au revoir.

Tout en gravissant les marches du 221B, John se demandait comment cela allait se passer dorénavant entre lui et Sherlock.

Les révélations de Gabriel la veille au soir n'avaient pas eu l'impact qu'elles avaient maintenant. La soirée avait été chargée en émotions et John avait pu faire l'impasse sur les sentiments de Sherlock à son égard.

A présent, de retour chez lui, la question se posait. Comment allaient ils faire?

Car pour John, faire comme si ces révélations n'avaient pas eu lieu et n'en conserver que la relation entre lui et Gabriel, ce n'était pas du domaine du possible.

Et son amitié avec Sherlock étant vraiment précieuse, le dilemme était d'autant pire.
Finalement, dans l'immédiat, le problème se trouva évité, puisque l'appartement était vide de tout occupant.

Sherlock n'était pas là.

John fit un tour rapide et au vu de la vaisselle et du désordre ambiant qui était exactement le même que la veille quand lui même avait quitté l'appartement pour aller à la clinique, il en conclut que son ami n'était pas rentré le soir précédent.

Soulagé et convaincu que celui ci était probablement reparti vers une enquête ou une expérience quelconque, ne s'inquiétât pas outre mesure.

John se contenta d'envoyer un bref texto à Lestrade en quittant Baker Street.

Je pars bosser. Bonne journée.
J

Celui qu'il reçut en retour le fit sourire.

Toi aussi.
XOXO
G


Sherlock n'était pas rentré la veille au soir, il s'était éloigné dans la rue, avait passé et repassé dans sa tête les événements de la soirée, il s'était demandé à quel moment tout avait bien pu basculer et le laisser, lui, dans cette situation idiote.

Il pouvait essayer de se moquer de Gabriel, mais la vérité, c'est qu'il était foutrement blessé de constater que John, malgré ses révélations, n'en avait rien à faire de lui, et pire encore, que Lestrade, qu'il savait fou amoureux de lui depuis au moins trois ans, n'abandonne carrément pour se tourner vers John.

Et ça, même quand on se proclame sociopathe, c'est parfois dur à avaler.

Sherlock était donc parti, il avait soigneusement évité la station de métro et s'était éloigné dans le coeur de la ville, il avait retracé les scènes des deux crimes, il avait repéré les cameras de Mycroft, et avait pu s'en jouer, comme les deux suspects, ne présentant que son dos à chaque fois qu'une prise de vue était inévitable.

Il arpentait lentement la rue du premier crime, cherchant des indices qui auraient pu lui échapper, sur le bord de la voie.

Son pas se ralentit quand il approcha de la ruelle dans laquelle il avait bécoté Lestrade.

En fait il s'arrêta complètement. Les mains dans les poches du Belstaff. Tête basse. Repassant encore une fois ce minuscule baiser dans son esprit. Et le second, à peine un peu plus appuyé, qu'il avait reçu ce même soir. Au club. La vengeance de Lestrade avait été finalement assez subtile et plutôt dévastatrice.

Il sentait encore les lèvres de Gabriel contre les siennes. Et comme une crampe au niveau de son estomac.

Son portable vibra, le rappelant sur terre brutalement, la sonnerie annonçait Mycroft et il hésita à répondre, il n'avait pas envie de parler à son frère.

Mycroft n'avait rien d'intéressant à lui apprendre.

Quoique...

"Mycroft. Tu veux quoi?
"Que cela fait il, Sherlock, de ne pas être en charge de tout? Comment se sent-on quand on a pas tout prévu? Demanda la voix un peu moqueuse de l'aîné des Holmes.
"La ferme Mycroft. Je prévois toujours tout. Gronda Sherlock en se tournant pour faire face à une des caméras de surveillance, se doutant parfaitement que son frère était en train de l'observer.
"Sherlock... Ne ment pas, je te prie. Tu n'avais rien prévu sur ce coup là et tu es bien embêté maintenant.
"Pour quelle raison?
"Parce que Lestrade t'échappe finalement et que John ne tombe pas dans tes filets. Et qu'ils vont se tenir compagnie tous les deux. Tu es conscient du fait que Gabriel risque de tomber, à un moment ou un autre, vraiment amoureux de John?

Sherlock se contenta de raccrocher rageusement tout en faisant demi tour et en s'éloignant dans la nuit.

Qu'est ce qu'ils avaient tous avec ces histoires stupides de sentiments? Tomber amoureux. C'était ridicule. John et Lestrade. C'était des adultes, on ne tombe pas amoureux quand on a quarante ans, on ne se conduit pas comme un adolescent boutonneux.

On n'est pas...

Le train des pensées de Sherlock dérailla quelques instants. Il venait de revoir ce baiser qu'il avait imaginé entre Gabriel et John. Leur air complice. Amusé même.

Et cette fois il ne ressentit qu'un vide immense dans la région approximative de son cœur.

Et une vague nausée.

Il secoua la tête et repartit lentement vers le centre de la ville, inconsciemment ses pas le ramenèrent vers Baker Street, il hésita une brève seconde avant de se détourner et de partir vers Barth's finalement.

Il y termina sa nuit, attendant plus ou moins un texto de John quand celui constaterait son absence à l'appartement.

Et fut déçu en n'en recevant pas et en déduisit, fort justement, que son ami avait probablement passé la nuit chez Lestrade. Et cette certitude là lui fit de nouveau un drôle de truc à l'estomac.

"C'est un truc d'ado boutonneux..."


TBC