CHAPITRE XI : La Réconciliation
Karin était assise, recroquevillée dans son lit, un drap posé sur ses jambes. La douche qu'elle venait de prendre ne l'avait pas calmée. Elle avait envie de pleurer. Jamais Karin ne pleurait, jamais. Pourtant son corps tout entier le réclamait.
Tout à coup, quelqu'un frappa aux carreaux de sa fenêtre. Elle releva la tête et vît apparaître Tôshirô entre les deux battants ouverts de celle-ci. Karin regretta de ne pas les avoir fermés.
_Vas-t-en, dit-elle catégorique.
_Karin, je suis désolé, répondit-il. Je…
_VAS-T-EN !
Elle enfouit son visage dans son drap pour cacher les larmes qui montaient encore et encore.
_Si je suis froid Karin, c'est parce que…
_Parce que tu as toujours était comme ça, n'est-ce pas ? Tu es trop bête… Tout fou l'camp ! D'abord mes amis, ma scolarité et maintenant toi…
_Karin ! reprit-il plus fort. Si je suis si froid c'est parce que je… je t'apprécie vraiment… plus que ce qu'il faudrait, tu comprends ça ?
La jeune fille releva son visage et vînt planter son regard dans celui de Tôshirô. Il était beau, cette beauté glaciale qui émanait toujours de lui, ce halo de glace et ce charme posé qui n'appartenait qu'à lui.
_Tu sais Karin, qu'il m'est interdit d'être proche, je veux dire proche à ce point d'une humaine.
Elle soupira, heureuse et malheureuse à la fois. Il l'appréciait. Plus qu'elle ne l'aurait cru. Que devait-elle faire ? Elle aurait voulu lui dire ce qu'elle ressentait mais instinctivement, elle s'allongea et tira les draps pour faire de la place sur le lit.
_Reste avec moi cette nuit.
Son regard était plus intense que jamais.
_Juste quelque temps, reste avec moi avant de repartir…
Tôshirô allait se raviser. Etre dans les bras de celle qu'il chérissait n'était pas tout à fait ce qu'il avait prévu. Les choses ne devaient pas aller trop loin. Ils s'y brûleraient les ailes et jamais, jamais elle ne lui pardonnerait ce qui allait suivre.
Cependant, Tôshirô enleva sa veste de costume et vînt la rejoindre dans le lit où il s'allongea et la prit dans ses bras.
Karin sentait l'odeur de sa peau, sa tête ainsi posée sur son torse, et ses mains s'agrippèrent à son dos où elle caressait ses muscles contractés. Elle aimait ça.
Quant à lui, le désir était très fort, et plus il essayait de se contrôler, plus elle se collait contre lui, ses jambes autours de sa taille, ses bras encerclant son torse, son souffle si chaud contre sa peau… Il sentait le sang battre violemment dans ses tempes et l'excitation était telle, qu'il voulait la caresser, l'embrasser, l'aimer…
Le temps continua sa route sans que rien d'autre ne se passe. Ils étaient seulement là, tous les deux, enfouis dans les bras l'un de l'autre à attendre de trouver secrètement une solution.
Karin aurait souhaité que l'interdiction de s'aimer soit abolie.
Tôshirô, lui aurait aimé ne pas à avoir à obéir à sa mission. Jamais Karin ne lui pardonnerait ce qui allait suivre. Si elle pouvait rester ignorante de tout… mais hélas, dans l'ombre du jardin, un homme attendait, et épiait le balcon de la chambre de la jeune fille, le sourire aux lèvres :
_Bientôt, petite Kurosaki, bientôt tu seras à moi…
