Disclaimer : rien n'est à moi, même si je ne me gêne pas pour maltraiter mes persos;
Note de l'auteur : on approche de la fin, plus que deux ou trois chapitres (j'ai pas dit ça la dernière fois ?). Bonne lecture
Euh, c'est un casting gay, ici ?
Perry m'a viré, et moi j'ai viré Harry ! Voilà la conclusion de la semaine dernière, je ne suis pas plus avancé.
Après tout, je suis quand même un Malefoy, on ne me met pas à la porte.
Il est donc hors de question que je retourne chez Perry.
Mais, si je vais quelque part d'autre, il racontera à tout le monde ce que je suis vraiment, le milieu des artistes étant affreusement homophobe,( où va le monde?voilà que le milieu artistique devient homophobe, tout pour me faire couler franchement!) je ne risque pas de faire long feu.
Bien sur, je peux nier mais, et si Harry vend la mèche ? Surtout après ce que je lui ai fait.
Il est hors de question que j'aille m'excuser, tout est de sa faute
Voilà la conclusion de la semaine dernière, une bien inconfortable situation.
Il me manque, ceci est le résumé le plus important pourtant.
Je ne suis qu'un idiot, de toutes les façons, depuis ce jour, il n'a pas fait un pas dans ma direction, à croire qu'il ne pense pas à moi.
Pas de fleur à ma porte, ni de message sur mon répondeur.
Dieu que je l'aime, je suis prêt à aller m'agenouiller dans la première église pour qu'il me revienne.
A défaut, les mots de mes amis obstruent les interstices des portes et l'enregistreur est saturé.
Je ne veux pas sortir, je me sens misérable.
Je pourrais le croiser avec quelqu'un à tout moment si je mets le pied dehors.
Je veux mourir.
Je suis à cour de fusain et peinture, mes crayons sont un vague souvenir depuis trois jours, le frigo est vide, les paquets de chips presque entièrement éviscérés.
Je vais bientôt mourir de faim, mourir d'amour.
Je ne prends même plus la peine d'allumer les lumières et de prendre une douche.
Il fait nuit chez moi, mes dessins maintenant réalisés avec des cartouches d'encre sont accrochés partout, sur les fenêtres aussi.
Au début, c'était surtout des portraits de lui, pleins de brun et d'yeux verts partout !
Tristes, joyeux, en colère, amoureux, soucieux, saoul aussi. J'ai réalisé qu'à part ces sentiments je n'ai rien vu d'autre se refléter en eux !
La preuve que mon bonheur n'était qu'utopie ;
Puis, j'ai eu envie de dessiner les lieux que nous avions fréquentés, de nombre restreints eux aussi .
Tout se clarifie, à présent que je ne vis qu'à travers le passé.
Harry ne m'aimait pas, en tout cas pas assez pour partager la vie que je voyais pour nous.
Moi qui ai renié presque la totalité de mes principes.
On ne peut pas vraiment changer par amour.
Je me suis démontré à moi-même comment je pouvais être encore froid et cruel le jour où je l'ai mis à la porte.
Je n'en reste pas moins fou de douleur. Mais il faut que je sorte, Blaise va enfoncer la porte d'une minute à l'autre. Cela fait dix jours que je suis enfermé !
J'entends des voix étouffées autour de moi, mes paupières sont lourdes, j'ai soif, mais j'ai aussi très sommeil. Harry est là, il m'observe d'un air moqueur :
-Tu es pathétique Draco, pathétique... Pathétique ! Je ne t'aime pas, je ne t'aime pas !!
Il se retourne, le jeune pianiste se dirige vers lui l'embrasse fougueusement et me montre ses mains intactes, Harry les prends et les caresse.
Je sens une douleur atroce au niveau des miennes, comme si mes os étaient broyés. Je hurle, tout se met à tourner.
- Monsieur calmez vous, je vous en prie ! crie une voix masculine.
Lorsque j'ouvre les yeux, je suis ébloui automatiquement par la blancheur des lieux, un jeune homme essaie de me tenir en place pendant qu'il explique à une femme à côté que j'ai mis les mains dans l'eau bouillante qui sert à nettoyer les pansements qu'il s'apprêtait à emporter avec lui.
Je suis dans un lit, le plafond et les murs sont immaculés, les draps aussi. Apparemment c'est une chambre d'hôpital !
- De l'eau, j'ai soif.
Ma gorge est sèche, seules mes lèvres sont humides, de larmes qui viennent de nulle part.
Je me demande si j'ai bien fait de demander à boire, la déglutition est encore plus difficile que la parole.
Je ferme les yeux .
A mon énième réveil, Blaise est à mon chevet.
- Dray ! S'exclame-t-il, tu nous as fait une peur bleue.
J'observe, ému, mon meilleur ami enlever sans discrétion l'eau qui sort de ses yeux.
- Ne refais jamais ça, j'ai bien cru que...
- On ne meurt pas parce qu'on s'est enfermé dix jours dans un apart' Blaise !
- Tu, tu, étais plein d'encre et les médecins ont dit que tu étais déshydraté et sous alimenté, anémié ajoute-t-il précipitamment en me voyant rouler les yeux.
- Moi je t'ai ouvert la porte parce que tu me tapais sur les nerfs à frapper aussi fort.
- Toujours aussi connard vieux frère, il me prend dans ses bras, je suis content de te revoir.
Je lui tapote le dos et il me demande pourquoi ? Que vais-je lui dire ? Que j'ai fait une crise de folie, ou que j'ai au contraire ressenti la réalité comme jamais auparavant pendant ces instants passés avec moi-même ?
A la place je me tais, je crois bien qu'il respecte mon silence car il se lève pour arranger un bouquet de fleur posé sur une table.
- Il est arrivé ce matin, pendant que tu dormais, je n'ai pas vu la personne, j'étais descendu prendre un café, et il n'y a pas de carte.
- Jettes-les !
Je me couvre en m'installant plus confortablement, Blaise ne proteste pas à ma plus grande surprise et sort avec le vase.
- Tu as changé, j'annonce tout simplement quand il revient.
- Toi aussi, répond-il du tac au tac, et à ce que je sais, nous sommes toujours colloc' mais mis à part ces dix jours, je ne te vois plus, tu passe tout ton temps à ton atelier.
- A ce sujet, je, j'ai quitté Perry.
- C'est en rapport avec ta présence ici ?
J'acquiesce, Je suis très mal à l'aise. Encore une fois il me surprend en ne disant rien, il hoche tout simplement la tête.
- Tu ne me demandes pas pourquoi ? J'enonce prudemment
- Je te l'ai demandé, tu n'as pas voulu répondre.
- Oui, mais, d'habitude, tu me tannes jusqu'à ce que je réponde !
Mon explication le fait sourire :
- Pansy n'aime pas ça !
Ha, dis-je, sur le coup, je suis un peu faché contre cette fille qui me change mon meilleur ami, je ne m'attendais pas à ce que leur histoire dure aussi longtemps, il a du lire dans mes pensées car il ajoute :
- Elle et moi c'est plus sérieux que ce que je croyais, je l'aime alors que je ne sais rien d'elle en fait, à part qu'elle ne se marie plus avec George parce qu'elle reste avec moi.
Ha, dis-je encore, il se met à rire
-Tu es drôlement explicite aujourd'hui en fait toi.
Pour toute réponse je me redresse brusquement pour le prendre dans mes bras, avant de me coucher dos à lui.
Quelques minutes plus tard, quelqu'un entre bruyamment dans la pièce, me sortant de mon état de somnolence.
- Doucement bébé il dort murmure Blaise
Je grimace en entendant les bruits mouillés du baiser
- Non, non, ça va je suis réveillé !
Il manquerait plus qu'ils me virent dehors pour profiter du lit !
- C'est incroyable Draco ce qu'il y a comme œuvre dans ton atelier, tu les as toutes faites ? me demande Pansy.
- Oui Pansy je vais bien , merci de t'inquiéter pour moi je raille en souriant.
Elle fait un geste comme pour me signifier que ce n'est qu'une broutille.
- Et mes dessins, j'aimerais qu'ils restent où ils sont si ce n'est pas trop te demander.
Son visage se décompose automatiquement et elle fait voler sa petite robe à pois en se mettant face à Blaise, lui aussi n'en mène pas large, j'ai un mauvais pressentiment.
- Euh, Dray balbutie-t-il.
- Pas de "Euh Dray" ! ma voix est sèche, je repousse les couvertures, qu'avez-vous fait de mes croquis ?
- Rien, enfin, rien de très...
- Parlez !
Pansy se retourne, elle à l'air plutôt calme à présent.
- J'ai pris la liberté d'envoyer tes esquisses, enfin, toutes celles que j'ai pu trouver, à un oncle dont le beau frère possède une galerie d'art, parce que j'estime qu'on ne peut pas gacher les si belles choses que tu as produites, je suis sûre, pendant ton hibernation !
- Hum, on n'a pas encore de confirmation mais on pense que tu auras droit à un vernissage complet, ajoute Blaise d'une petite voix.
-Vous avez touché à mes affaires ! Dehors, sortez !
Ils s'empressent de me laisser seul. Je suis en colère, je suis furieux. Mon âme est représentée toute entière sur ces morceaux de papier, si elle a vraiment tout pris, même les peintures à huile, les pastels...
Le public ne me connaîtra jamais autant qu'à ce vernissage ! Je souris malgré moi en me pelotonnant dans les coussins.
Un vernissage…
Kikooo, j'espère que vous avez aimé ce chapitre en premier lieu et qu'ensuite j'aurais plein de reviews, parce que ça descend ça descend…
Mais, l'écriture avant tout, je me suis vraiment plu à écrire celui là, surtout la première partie.
Merci beaucoup à ma béta
Kiss
(Une review contre un ticket gratuit plus rencontre avec le peintre pour le vernissage de Draco !)
Tatu
