Bonjour/soir à toutes!

Nouvelle huit-dizaine, nouveau chapitre. Je vous remercie infiniment de tous vos messages, vos reviews que j'adore lire & qui me motivent à fond :) Vous êtes supers !

Je ne m'éternise pas trop mais je vous souhaite une très bonne lecture, un bon dimanche et à la prochaine!

Prenez soin de vous

Tiftouff

-o-o-o-

- Chapitre 11 : Fallait que je vienne...-

Point de vue d'Alice.

Dès que j'avais ouvert les yeux, j'avais su au soleil qui passait à travers mes volets que Jasper était parti. En ouvrant sa lettre, j'avais eu mal. La soirée d'hier avait été difficile, et j'avais eu mal de voir mon homme au regard si sombre... Son pardon, sa crainte que je le quitte, rien n'avait eu de sens... Jamais il ne m'avait pris avec autant de force. J'aurais été prête à accepter tout de sa part, tant qu'il ne croyait pas qu'il y avait éventuellement pu se passer quoi que ce soit avec ce mec en boîte.

Qu'il puisse croire que j'aurais pu le tromper est inadmissible ! Je ne veux plus qu'il croit ça, JAMAIS ! Même droguée, shootée, ivre morte, je ne pourrais pas le faire ! Ma vie est à lui, entièrement !

J'attrapais de nouveau sa lettre. Il m'a menti. Je savais que son retour de trois jours n'était pas anodin ! Il n'a pas voulu me faire de peine... Mais quelque chose ne va pas du tout là-bas, et j'ignore ce qu'il trafique, mais je n'aime pas le savoir seul. Jasper a besoin d'un certain équilibre, de certains repères et je sais très bien ce qui se passe quand on entre en conflit avec lui : il a la rancune tenace. Une crasse pour Jasper est une crasse, et il ne pardonne pas. Surtout les inconnus. Je voudrais l'aider, rester avec lui juste pour m'allonger à ses côtés et l'écouter me parler de ses soucis sur son tournage. Ou même juste rester bien au chaud dans ses bras, mais ça, c'est inobjectif !

J'attrapais mon ordinateur portable et me connectais sur internet, sur le site du tournage qui avait été mis à jour. Je n'y avais plus été depuis que Jasper était revenu voilà trois jours. Un nouvel article avait été ajouté il y a 48H.

«Todd Bredgner a aujourd'hui confirmé la mise à pied de l'assistant-production

Jasper Cullen pour une durée de cinq jours. Les deux hommes ont connu des différents qui doivent être réglés entre les deux parties rapidement. Mr Bredgner accueillera Mr Cullen à son retour, et ils seront prêts l'un comme l'autre pour reprendre le tournage dans les meilleures conditions possibles !

Toute l'équipe du tournage vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année!»

Voilà qui est bien hypocrite ! Ca me débecte ! Je sais pas à quel jeu joue Bredgner, mais se mettre Jasper à dos n'est pas la meilleure chose à faire. Il vaut mieux s'en faire un allié, qu'un ennemi. Jasper a besoin de se sentir en confiance, de sentir son travail désiré. C'est un créatif, s'il sait qu'il n'a pas d'attente, il n'a plus envie de le faire !

Je récupérais et pliais sa lettre pour la remettre dans l'enveloppe. Je sais qu'il a aussi besoin de moi. Il est sûrement moins dépendant... ou alors il sait mieux dissimuler ses sentiments. Mais il n'en reste pas moins qu'ils sont quand même bien présents... Comment puis-je le laisser affronter ça ? Ca va contre ce que je lui ai promis quand on s'est unis l'un à l'autre : l'aider, le seconder toujours. Etre là quand ça va, mais aussi quand ça ne va pas. C'est ce que fait tout couple.

J'attrapais son cahier. C'est étrange qu'il l'ait laissé ici... Je l'ouvrais pour voir comment avançait son scénario. Il y travaillait dur, c'était son ultime but. Beaucoup de lignes étaient bâclées, raturées, mais rien ne semblait vraiment établi. Des noms d'acteurs pêle-mêle pour les personnages qu'il avait créés, des caractéristiques, des schémas de décor. En biais, il y avait une danseuse, une femme qui semblait virevolter avec grâce. En dessous, en tout petit il y avait mon prénom. Cette danseuse, c'est moi ? wow... Ce dessin semblait si léger, si délicat... C'est moi... J'ignorais qu'il... qu'il faisait ça... Je tournais les pages et trouvais régulièrement plusieurs dessins de «moi». Un visage qui dort sur un oreiller et qui semble apaisé... Et puis des mots.

«Elle est belle.»

«Elle a encore rempli le dressing, elle est élégante, elle a du goût»

«Je t'aime»

«J'aime son regard quand elle m'aime.»

Punaise... Et dire que moi je suis là, alors qu'il est en Russie et qu'il n'a pas de soutien... Je suis une épouse irresponsable !

Je descendais au rez-de-chaussée après avoir passé un jean et une chemise. Renée arrangeait la crèche sous le sapin.

- Ah chérie, tu tombes bien ! Aide-moi à pousser le pied du sapin un peu...

Je l'aidais, tout en me piquant un peu le bras.

- T'as vu Jasper ce matin ?

- Oui, j'étais levée quand il est parti... Il t'embrasse d'ailleurs !

- Il avait l'air comment ?

- Comment ça comment ?

- Angoissé ? fatigué ?

- Fatigué c'est sûr... pas content de partir aussi... il s'inquiétait pour toi !

- Il ne peut pas s'inquiéter pour lui ?

Renée se relevait, se frottant les reins.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Il s'est fait mettre à pied par son équipe...

- Je m'en doutais !

Je n'aime pas ce ton qui scande : j'ai raison. Comme si le fait que Jasper se fasse mettre à pied était une évidence.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Le fait qu'il vienne ici, sans prévenir personne... J'ai trouvé ça étrange !

- Ce n'est pas parce que Jasper débarque ici de Russie à l'improviste qu'il faut immédiatement imaginer le pire !

Ce n'est jamais facile d'affronter les jugements sur Jasper... Je posais fermement le sapin au sol et attrapais mon blouson.

- Bah... Tu t'en vas chérie ?

- Je vais chez Elisabeth, voir Edward. J'ai besoin de lui parler !

- Alice, je t'ai vexée ?

Qu'est-ce qu'elle dirait, elle, si j'insinuais que papa fait des choses parce qu'il a fait une bêtise ?

- Laisse tomber ça, ok ? Je vais juste voir Edward...

Edward me comprendra, lui. Il aime Bella autant que j'aime Jasper !

Je montais dans le bus pour me rendre chez Elisabeth, chez qui mon beau-frère et ma belle-soeur passaient trois jours. Je croisais Eric qui sortait sa voiture.

- Bonjour Alice !

- Bonjour Eric, vous allez bien ?

- Ca va ma belle, je te remercie... Et ton mari, tu l'as lâché ?

- Il est reparti...

- Ca a dû lui faire court comme vacances...

- Ouais... C'est sûr... Edward est là ?

- Euh oui, il prenait sa douche quand je suis parti je crois... Je te laisse ma jolie, mes patients adorés m'attendent...

- Ouais, bon courage Eric !

- Merci !

Il déboîtait son véhicule et quittait l'allée, je fermais le portail derrière lui et toquais contre la porte avant d'entrer. Bella et Elisabeth éclataient de rire, assises dans le canapé du salon, autour d'un album.

- Salut les femmes !

- Oh Alice ma chérie ! Entre !

J'embrassais Elisabeth et Bella. J'ai toujours adoré Elisabeth ! Elle est généreuse ! Je posais mon blouson et mon sac et m'asseyais à côté de Bella.

- Vous faites quoi ?

- On regardait les photos d'Edward quand il était bébé !

Je reportais mon regard sur l'album et tombais sur deux photos : une d'Edward en couche, endormi dans son petit lit avec une sucette dans la bouche et un doudou dans la main. L'autre, allongé sur la table à langer, toutes fesses dehors, se tenant les pieds. Nous éclations de rire.

- Elle est excellente celle-là !

- Oui, il a eu une période vers un an où il avait grand plaisir à nous exposer ses fesses quand on le changeait !

- Ca lui a duré longtemps ?

- Je l'ignore... Quatre ou cinq mois... On s'inquiétait avec son père, on avait peur qu'il se mette à baisser son slip devant tout le monde !

Bella éclatait de rire et continuait à tourner les pages. Divers clichés de mon meilleur ami nous apparaissaient et je me concentrais sur cette bouille adorable et coquine. Edward, âgé de deux ans était vêtu d'un petit marcel blanc, d'un slip de la même couleur et avait le képi de son père sur la tête. Il souriait malicieusement, traînant un lapin bleu en peluche. Elisabeth commentait chaque photo, avec un souvenir ou une anecdote. Elle tournait les photos et s'arrêtait sur un cliché d'Edward père et Edward fils, ce dernier semblait âgé d'environ trois à quatre ans.

- C'est la dernière photo d'Edward avec son père... Il est parti le midi avec son régiment pour préparer leur dernière mission et... bon...

Elle refermait vigoureusement l'album, s'arrêtant dans ses explications. Nous savions tous ce qui s'était passé... Bella posait sa main sur celle de sa belle-mère.

- Ca s'est passé longtemps après cette photo ?

- Neuf jours... Je m'en rappelle, je venais de déposer Edward à la crèche et quand je suis rentrée, le colonel m'informait que mon mari venait de prendre une balle dans l'abdomen... bien sûr... ça a été rapide... heureusement pour lui... Je n'aurais pas supporté qu'il puisse souffrir... L'idée qu'il soit mort était suffisamment douloureuse...

Elisabeth s'éteignait toujours quand elle évoquait Edward père. Même la présence d'Eric ne la faisait pas oublier. Jamais !

- Mais vous avez su élever Edward merveilleusement... et je vous en suis reconnaissante !

Elisabeth relevait la tête vers Bella et attrapait nos mains.

- Je suis navrée mes chéries de vous gâcher vos vacances avec ça ! Je n'ai qu'un conseil à vous donner : profitez des gens que vous aimez ! Avoir des enfants de son mari, c'est le moment le plus intense de votre vie.

Elle posait sa main sur le ventre de Bella.

- Ne dis plus jamais que ce n'était pas prévu, Bella ! Prévu ou non, ce sera la plus belle chose que vous ferez Edward et toi ! Et toi ma petite Alice, ma chérie, quand Jasper te donnera un enfant, tu comprendras tout ça, je ne me fais pas de soucis pour ça !

Mon coeur se serrait. Jasper ne me donnera pas d'enfants, Elisabeth... Vous discuterez toujours entre vous, et je serai exclue de ces paroles parce que jamais je n'entrerai dans le cercle. Je souriais et heureusement, Edward apparut dans les escaliers, tout propre.

- Oh mais qu'il est tout beau mon meilleur ami !

Edward me souriait et vint m'embrasser.

- Salut toi !

- Salut ! Dis Bella, ça t'embête si je te l'emprunte une petite heure ?

- Non, bien sûr !

- T'as un peu de temps pour ta vieille amie triste et malheureuse, célibataire par force ?

Edward s'approchait et passait son bras autour de mon cou.

- On va aller se balader un peu au parc !

- Tu dînes avec nous Alice, ce soir ?

- Oh... pourquoi pas ?

- Alors je rajoute une assiette ! Je vais préparer du blanc de poulet à la crème, ça te dit ?

Mon ventre gargouillait.

- J'adore votre blanc de poulet à la crème !

- Je le sais bien ma douce ! Baladez-vous bien !

Edward embrassait sa mère et sa femme, en laissant doucement traîner sa main sur son ventre.

- Prends soin de toi, maman tu t'occupes d'elle !

- Promis, la seule chose qu'elle fera, c'est couper les champignons !

Edward attrapait sa veste en jeans et l'enfilait. Je reprenais mon blouson et nous quittions la maison, direction le parc d'enfants. C'est là où nous avions fait nos quatre cent coups quand on était gamins !

Des petits arpentaient le parc et criaient et riaient. Une dame avec un bébé d'environ un an le faisait avancer dans l'allée en souriant. Nous n'étions plus des enfants, mais j'aimais cet endroit. J'y étais souvent venue m'amuser, mais j'y étais aussi venue pleurer. Plusieurs fois. Edward attrapait ma main avec la sienne.

- Alors, de quoi tu voulais me parler ?

- Tu penses quoi de Jasper ?

- Jasper ? Je l'aime bien, il est sympa. Space, mais sympa ! Pourquoi ?

- Renée m'a dit un truc bizarre tout à l'heure...

- Comme quoi ?

- Jasper m'a laissé une lettre ce matin... Il n'a pas décidé de venir passer noël, il a été mis à pied pendant cinq jours...

- Il t'a menti ?

C'est sûr que dit comme ça...

- Il m'a juste dit qu'il venait en vacances...

- Ouais, d'accord... Mais il t'a menti !

- Il n'a pas voulu m'angoisser...

- Bon... Si tu le dis... Ca ne te gène pas ?

- Il ne m'a pas trompé, il ne m'a pas menacé de mort... Il m'a juste empêché de m'inquiéter !

- Bon... ok, ok ! Mais... c'est bizarre, non ? Qu'il ne t'ait pas dit ?

- Je le comprends... En fait Renée n'a pas été étonnée quand je lui ai dis qu'il avait été mis à pied... Elle m'a dit qu'elle se doutait qu'il ne revenait pas juste pour les vacances... Mais c'était sur un ton... tu l'aurais entendue...

Il m'attirait sur une balançoire et s'installait sur celle à côté.

- Al', on se dit tout, pas vrai ?

- Oui, bien sûr !

- Euh... comment dire sans que tu te vexes ? Tu ne crois pas que c'est toi qui a mal compris ? Ta mère aime bien Jasper, je ne vois pas comment ni pourquoi elle aurait dit ça sur Jasper...

- Qu'est-ce qu'elle a insinué en disant ça ?

- Rien ! Simplement on connaît tous Jazz, et il sait aller au clash ! C'est cette mise à pied qui n'est pas étonnante... En plus, il s'entendait mal avec son producteur !

Non mais c'est pas vrai !

- Toi aussi tu t'y mets ?

- Alice ! Heh, calme-toi deux minutes ! Je n'agresse pas Jasper ! Je dis juste qu'avec son caractère, c'est normal que les choses cassent parfois !

- Il ne fait rien de mal !

- On sait ! Ce n'est pas ce que je te dis : moi je te dis simplement que ton mari a un certain caractère qui n'est pas adéquat avec celui de tout le monde...

- Jazz n'est pas un monstre !

- Je le sais ! Il sait simplement ce qu'il veut, et dans un projet où ce n'est pas lui le GRAND patron, ça peut mener au clash... Tout le monde n'apprécie pas d'entendre de la bouche d'une personne extérieure ce qui doit être fait, tu comprends ?

Oui... Vu comme ça...

- Honnêtement, quand tu fais des robes, ou des habits pour toi et qu'il vient te voir en te disant que telle couleur de fil serait mieux avec tel tissu, tu lui dis quoi ?

- Jasper ne fait pas ça ! Il ne me dit pas quoi faire, il me respecte !

- Oui... Mais par exemple si quelqu'un vient te voir et te dit : ce tissu rouge ça ne va pas avec ce ruban vert... tu dis quoi ?

- Je leur dis d'aller se faire foutre et que c'est ma création !

- Ben voilà... Imagine quelqu'un comme toi, qui soit extérieur à Jasper... Tu crois franchement que son discours est avalé par tous ?

- Non...

- Alors ta mère n'a pas voulu dire ça... C'est ce que j'essaye de t'expliquer. Elle sait que Jasper tient tête et aime avoir le dernier mot, c'est un fait, on le sait tous ! Même toi tu le reconnais. Donc, quelque part, ce n'est pas étonnant qu'avec le producteur du film, ça se passe mal...

Ouais...

- Oui mais bon quand même ! Bredgner devrait l'écouter !

Edward éclatait de rire.

- Putain, t'es pas croyable !

Il secouait la tête en souriant.

- Ben quoi ?

- Ca te suffit pas que Jasper veuille avoir le dernier mot, il faut que tu viennes l'aider à l'avoir ! Vous vous êtes bien trouvés tous les deux tiens !

Le compliment me faisait plaisir et me serrait le coeur, me l'emplissant de bonheur. J'ai totalement l'impression d'être en phase avec Jasper, tout le temps ! Dès que je le regarde, je sais que c'est lui...

- Je trouve aussi !

- Ceci dit, faut que tu reconnaisses qu'il n'est pas toujours facile à vivre !

- Non, là-dessus j'ai aucun problème avec lui ! Si tu ne le fais pas chier, il te laisse tranquille ! J'ai aucun problème avec lui là-dessus !

Edward fronçait les sourcils.

- J'ai pourtant le souvenir de mémorables disputes entre vous deux quand on vivait chez vous !

- Mais ce sont des détails ! La place de la moutarde dans le frigo, qui a vidé la bouteille de coca, qui a sorti un steak alors que ce soir c'était jambon... Rien de significatif !

- Rien de significatif mais ça vous a fait casser des assiettes quand même !

On est impulsifs, c'est tout !

- Oui, mais on est toujours ensemble ! Donc ça n'a pas grande importance !

- Vous êtes le couple le plus atypique que j'ai jamais croisé !

- Je prends ça pour un compliment, souriais-je.

Mon meilleur ami me rendit mon sourire et se levait en me tendant la main.

- On rentre ?

- Attends, tu veux pas qu'on fasse un peu de toboggan ?

- Alice, y a des mômes qui en font !

- Et alors ?

- Alors ils ont cinq ans, et on en a 16 de plus !

- C'est pas si grave ! Au pire on se fait traiter de cinglés par les parents et on s'en remettra !

Il soupirait et j'attrapais sa paume pour l'y entraîner. Nous laissions passer plusieurs enfants et je grimpais en haut, Edward derrière moi. Les parents nous regardaient, certains bizarrement, d'autres amusés.

- Mademoiselle, veuillez descendre !

- On ne peut pas ! Voyez-vous ce jeune homme va avoir un bébé bientôt, et il veut vérifier la solidité des équipements avant d'y emmener son enfant ! C'est un bon père, pas vrai ?

Je me laissais glisser en riant sur la pente abrupte et tombais les fesses les premières sur le sol sableux.

- Tire-toi de là Alice, je voudrais descendre avant de passer définitivement pour un gogole !

Une petite fille d'environ cinq ans se tenait derrière Edward.

- Laisse-toi glisser Monsieur et si t'as très peur, ta maman elle peut te rattraper en bas.

J'éclatais de rire en regardant Edward descendre et se réceptionner avec ses jambes.

- Pffff ! J'ai l'air d'un clown !

Je riais encore à n'en plus pouvoir.

- Pauvre Edward, je te ferai faire VRAIMENT n'importe quoi !

Nous quittions le square sous le regard réprobateur des parents présents et nous arpentions la ville et la rivière en discutant de choses et d'autres.

- Au fait, comment ça a été hier quand t'es rentrée ? Jasper ne faisait pas trop la gueule pour l'autre abruti en boîte ?

- Ca a été bizarre, mais je crois qu'il a eu peur, c'était étrange !

- Peur de ?

- Je sais pas... Comme s'il avait eu peur de me perdre !

Edward s'immobilisait et me regardait dans les yeux.

- Alice, il a toujours peur de te perdre... Tu l'aimes c'est sûr, mais il t'aime aussi !

C'est toujours bon de l'entendre... J'aimais le fait que cela semblait être une évidence. Je me jetais au cou d'Edward pour embrasser sa joue.

- Ca me fait du bien de parler avec toi !

Il effleurait mon nez de son index en souriant.

- T'as toujours été là pour moi Alice, alors moi aussi !

- Bon, maintenant, si on parlait de ce bébé ?

Edward semblait plus heureux que jamais. Nous prenions la route pour rentrer.

- Heh oui, ce bébé... Ca chamboule tout, et il est même pas encore là !

- T'es prêt à être papa ?

- Ouais... j'crois... en fait t'es jamais préparé à ça mais ça me semble logique ! Et puis c'est avec Bella, alors je n'ai pas peur ! Au début, ça me faisait flipper... J'sais pas trop ce que je vais valoir comme papa mais bon... j'me dis que des tas de mecs sont devenus papas et qu'il leur a fallu commencer par une première fois alors y a pas de raison que ça marche pas !

- T'es prêt pour ça Edward ! J't'assure ! Tu seras d'enfer ! Puis y a pas beaucoup d'enfants qui ont des pères capables de faire du toboggan à 21 ans et qui passaient leur temps à montrer leurs fesses en photo ! riais-je.

Les yeux de mon meilleur ami pétillaient de bonheur.

- Tu sais quoi ? Ca me fait du bien de parler avec toi aussi !

Nous regagnâmes le domicile d'Elisabeth où Enso nous fit une sacrée fête, les pattes pleines de boue. Bella épluchait des pommes de terre avec sa belle-mère. Toutes deux riaient.

J'évitais de penser à Jasper, du moins autant que je le pouvais. Il me manque, c'est évident. Et il a un sale caractère, c'est évident aussi. Je ne pouvais m'empêcher de culpabiliser à le savoir là-haut tout seul. Moi je suis ici, oui, avec tout le monde. Mais lui là-bas, il n'a personne, pas même son cahier...

::..

Sur internet, j'avais surfé un peu sur tous les sites qui parlaient du tournage ou de mon mari. Bredgner avait donné une interview à ce sujet sur une page web parlant de l'actualité ciné. Il y invoquait des «divergences d'opinion assez conséquentes, mais rien d'insurmontable!». Il parlait aussi en long et en large du travail «fabuleux» de sa fille. Honnêtement, ça m'angoissait que mon mari tombe sur ces articles. Il n'est pas du genre nombriliste, mais il aime savoir ce que pense le peuple de lui.

Une page de discussion en ligne se lançait. Jasper.

J. déteste la neige. va crier s'il revoit de la neige. dit :

salut toi !

Alice, vivement que tu rentres dit :

oh bébé ! Comment ça va ?

J. déteste la neige. va crier s'il revoit de la neige. dit :

ça va, j'suis officiellement mort-vivant maintenant tellement j'suis naze !

Alice, vivement que tu rentres dit :

comment s'est passé ton retour dans l'équipe ?

J. déteste la neige. va crier s'il revoit de la neige. dit :

Todd a dit qu'il ne voulait plus parler de ça, que c'était du passé. William a eu le malheur de dire en réunion qu'il n'approuvait pas ce qui s'était passé, alors il a été viré lui aussi! Ca tourne au boudin ! On attend un nouveau cameraman d'ici demain !

Alice, vivement que tu rentres dit :

Ugg ! William viré ? Y a pas plus gentil que Will !

J. déteste la neige. va crier s'il revoit de la neige. dit :

ça m'a saoulé mais bon je ferme ma gueule puisque visiblement c'est ce qu'on attend de moi !

Alice, vivement que tu rentres dit :

t'es énervé ?

J. déteste la neige. va crier s'il revoit de la neige. dit :

perspicace !

Alice, vivement que tu rentres dit :

prévisible !

J. déteste la neige. va crier s'il revoit de la neige. dit :

évidemment !

Effectivement, il est plus qu'énervé !

Alice, vivement que tu rentres dit :

Reste tranquille bébé, ça ira vite et si tu

Je n'eus pas le temps de terminer ma phrase qu'il lança un nouveau message.

J. déteste la neige. va crier s'il revoit de la neige. dit :

avant que tu te fatigues, je vais te devancer : je sais je dois serrer les fesses et discuter avec Todd pour savoir ce qu'il veut de moi, blablabla... Tu m'excuses, jvais aller me coucher j'ai mal dormi, j'me caille, j'me suis levé tôt j'ai pas eu de répit depuis mon retour ! Jsais pas quand j'me reconnecterai ! bisous.

Alice, vivement que tu rentres dit :

Bon... ok... bisous. Je t'aime.

Mais il quittait le logiciel avant que je n'ai le temps de lui envoyer quoi que ce soit. Et ce n'était même pas la peine de tenter de lui téléphoner, le portable resterait éteint. Putain fait chier ! Je déteste m'engueuler avec lui... Je lançais ma page d'email, décidée quand même à ce qu'il ait quelque chose. J'entrais son adresse internet et le sujet.

«Jazz, je sais que tu détestes les phrases toutes faites, et je sais aussi que t'es fatigué.

Mais pense à tout ce que tu as, et s'il te plaît, ne gâche rien. Je suis outrée que Will se soit fait éjecter, mais visiblement Bredgner a un caractère et des réactions bien à lui.

Tiens bon quand même. Ce n'est pas facile mais je suis sûre que ton producteur réagira.

Après tout, tu aimais ses films c'est bien pour ça que tu as accepté sa proposition.

Je comprends que tu sois déçu, et je suis déçue pour toi... mais je pense qu'il fait tout froidement, et que le succès n'y sera pas. Rappelle-toi aussi que tu as signé pour un projet qui t'emballait. Mets-y du coeur, même si celui pour qui tu le fais ne sait pas comment travailler avec toi. Je t'aime Jasper, je suis toujours là pour toi.
Alice.»

J'envoyais et éteignais l'ordinateur pour descendre rejoindre les autres. Mais je m'arrêtais dans l'escalier en entendant les Cullen, les Masen et mes parents discuter... de nous.

- Alice ne descend pas ?

- Elle doit tenter d'avoir des nouvelles de Jasper !

- Elle ne respirera que quand il sera rentré ! soufflait ma mère.

- Elle est vraiment dépendante de lui !

- Bah, ils sont amoureux, laissez-les donc ! s'exclamait Charlie.

Merci papa...

- Parfois, ça m'inquiète... soupirait ma mère.

- Qu'est-ce qui vous inquiète, Renée ? demandait Esmé

- Alice a perdu beaucoup de centres d'intérêts depuis qu'ils sont mariés... Avant, elle faisait des robes pour tout le monde, des vêtements... maintenant elle ne crée plus que pour les tournages...

- C'est son travail...

- C'est vrai qu'elle est très dépendante de Jasper...

Oh non Bella... pas toi aussi !

- Elle s'inquiète pour lui...

- Oui ben alors elle s'inquiète en permanence ! Elle a fait un flanc de sa mise à pied... Comme si c'était la fin du monde ! Leur relation est intense !

Les larmes me montaient aux yeux. Comment peuvent-ils dire ça de nous ? Comment peuvent-ils minimiser la vie de mon mari à ce point ? Je m'inquiète pour lui, parce que je l'aime. Personne ne comprend à quel point.

- Vous devriez vous taire, si elle vous entendait...
J'entrais dans le salon.

- Alice... ma chérie...

- Pourquoi vous dites ça comme ça ? Qu'est-ce qu'il y a de mal à ce que je m'inquiète pour Jasper ?

Tous me regardaient, penauds.

- Alice, mon coeur... Tu nous as entendus ?

- Arrête avec ça Renée ! Je ne sais pas ce que t'as fait Jazz, mais c'est assez maintenant ! J'en ai marre... Vraiment marre... de ces messes basses, de ces critiques à demi voilées... Vous êtes tous en couple et vous vous êtes aimés suffisamment fort à un moment pour vous marier et faire des enfants... J'me suis mariée avec Jasper, quelle différence de si terrible y-a-t'il entre vous et nous ? C'est si mal de vouloir que Jasper aille bien ?

Les pleurs glissèrent sur ma joue alors que la boule dans ma gorge se fit trop imposante. Pourquoi tout le monde juge sans savoir ? Jasper semble être le seul à ne pas me regarder comme une extraterrestre quand je m'inquiète pour lui...

- Bien sûr que non, Alice... Tu...

- Laissez tomber... Vous ne comprenez rien ! Je pars en Russie ! Merci d'avoir tout fait pour me faire sentir à l'aise parmi vous !

Je grimpais à l'étage et entassais mes affaires dans mon sac de voyage. Je prenais une petite pochette de maquillage, mais rien d'important.

Tout ce dont j'ai besoin, c'est de voir Jasper. Personne ne se met à ma place. Eux, ils se sont trouvés facilement et rapidement. Moi, j'ai juste eu la chance que Jasper daigne m'accorder son nom et son coeur. On s'aime, c'est tout. Pourquoi ils ne le comprennent pas ? Est-ce que je leur dis que c'est mal de s'aimer comme ils s'aiment eux ? Je ne me le permettrais pas !

Je descendais au rez-de-chaussée, Carlisle était dans le couloir.

- Alice, il faut que tu te calmes s'il te plaît...

- Laissez tomber Doc ! C'est de votre fils dont il s'agit ! Je prends le bus, je vais à la gare pour aller à Seattle et je prendrai l'avion. Restez tous ici, ça sera mieux !

Je claquais la porte, obsédée par l'idée de retrouver Jazz et qu'il me serre contre lui, pour me murmurer que tout ira bien. C'est ce dont j'ai besoin... Je me sentais comme une fille traquée dans la forêt obscure. Jasper me protégeait, mais maintenant qu'il n'est plus là, je suis seule et sans lui, je ne sais pas me battre.

La porte s'ouvrait derrière moi et Edward sortait.

- Alice ! Attends ! Laisse-moi t'accompagner !

- C'est pas la peine Edward !

- Au moins jusqu'à la gare !

Sa main se refermait sur mon poignet et je me tournais vers lui. Il me prit dans ses bras.

- S'il te plaît...

J'opinais et il me fit entrer dans sa Volvo, jusqu'à la gare routière. J'avais besoin de faire ce trajet seule, pour réfléchir. Je serrais une dernière fois mon meilleur ami avant de grimper dans le train, direction la grande ville et l'aéroport.

Je sais que maintenant, ça ira...

..::..

Point de vue de Jasper.

J'arpentais le hall de l'hôtel, dans l'attente de l'arrivée de notre nouveau cameraman. Silence radio sur son identité. T'façon pour être honnête, ma bite ne serait pas plus grosse même si j'le savais... bien qu'elle soit déjà parfaite ceci dit entre nous!

Une voiture se garait devant l'entrée et deux silhouettes en sortirent. Ca devait être lui, on a réservé l'hôtel au complet ! Je m'approchais mais plus j'avançais, plus la silhouette s'affinait pour m'apparaître, familière. Je m'immobilisais en voyant le visage masculin.

Oh bordel de nouilles ! BENJAMIN !

Alors là, c'est le pompon ! J'HA-LLU-CINE ! Benjamin s'approchait avec son matériel, tout aussi étonné visiblement.

- Oh... euh... salut Jazz ! Qu'est-ce que tu fais là ?

- Le larbin pour le film... et toi ?

- Ben... Bredgner m'a demandé de remplacer William Fremont alors...

Une femme entrait et je reconnus... Maria ! Et double bordel de nouilles ! Alors là... C'est les nouilles, le gratin et le plat qui va au four ! Tout en même temps ! Doux jésus... Le visage de mon ex se crispait et elle s'approchait, furieuse. Je n'eus pas le temps d'esquiver qu'une baffe me tomba sur le visage.

Heeeehhh ! Non mais c'est fini cette manière de me frapper dès qu'elle me voit ou quoi ? Va falloir qu'elle se calme celle-là ! Benjamin l'attrapait.

- Hé, hé Maria ! Stop... Ca va, c'est bon !

- Qu'est-ce que tu fiches ici, Cullen ? crachait-elle.

- Je bosse ici !

- Oui, il bosse ici avec moi... Tu ne pourras pas indéfiniment le tarter dès que tu le verras sinon tu vas tomber ta main à force... Calme-toi... Désolé Jasper hein !

Je me massais la joue. Bah désolé oui tu peux ! J'ai bien fait de pas l'épouser celle-là !

- Y a pas de quoi...

Maria attrapait sa valise et s'éloignait.

- Benjamin ! On monte à la chambre, je suis fatiguée !

- J'arrive... bon... désolé, on papotera t'à l'heure !

- Ouais c'est ça... Tu m'excuses j'ai la joue cramée là !

Elle a une PUTAIN de droite la gonze ! A en faire tomber ses oreilles à Mohammed Ali !

Je fis demi-tour pour prendre l'ascenseur et aller me rafraîchir dans ma chambre mais j'entendis une voix féminine m'appeler.

- JASPER !

- Maria, si c'est pour la troisième baffe, trouve-toi un putain de pushing-ball !

Mais une tornade se jetait sur moi avant que j'ai le temps de faire face à mon ex et je sentis le parfum fleuri d'Alice.

Attatatatatateends... Alice... Alice, Alice ?

- Alice ?

Elle se jetait sur mes lèvres avec force et forçait le passage de sa langue.

- Mais... Alice ! Qu'est-ce que tu fais là ?

Mon coeur accélérait. Alice... mon bébé ! Je capturais sa bouche avec la mienne et bientôt, je me fichais du reste, soutenant son petit corps dans mes bras. Elle rompait le baiser, haletante.

- Alice ! Mais...

- Fallait que je vienne Jazz...

Elle nichait son visage dans mon cou.

- J'ai envoyé chier tout le monde !

Je m'asseyais sur le rebord d'un petit muret qui détourait une plante dans le hall, Alice dans mes bras.

- Qui ? Pourquoi ?

- Tes parents, les miens... ils ne comprennent rien à nous...

Ses yeux se remplissaient lentement de larmes. Il a dû se passer un truc là-bas... Putain, s'ils l'ont contrariée, ils vont m'entendre !

- Dis-moi ce qui s'est passé...

Je la tenais contre moi comme j'aurais pu tenir un enfant.

- Ils parlaient, dans mon dos... je suis trop dépendante de toi... comme si c'était mal !

Et moi, je les emmerde ! Je frôlais sa joue de mon pouce.

- On s'en fiche de ce qui se dit sur nous, ok ? On n'a pas besoin d'eux pour savoir ce qu'on a à faire... Tu m'aimes, et je t'aime.

- J'ai dû les vexer...

- Ils t'ont fait du mal aussi ! Ecoute-moi mon bébé, c'est pas grave. On s'en remettra et eux aussi ! On est tous les deux maintenant ! Oublie ça, t'es là c'est tout ce qui compte ! Je vais m'occuper de toi... d'accord ?

Elle se blottissait contre moi.

Alice est une enfant... Elle a besoin d'amour, de soutien et de réconfort en permanence. Elle a besoin de se sentir protégée. Je ne sais pas ce qu'ils ont dit, et pour être honnête, j'm'en tape un peu. Je ne veux juste pas qu'elle souffre, c'est tout. Personne ne fait de mal à Alice. Personne.

En plus, ce départ l'a forcé à voyager seule. S'il lui était arrivé quoi que ce soit, ça aurait été leur faute ! Je me penchais un peu et l'embrassais.

- T'en fais pas Alice... On s'en fout, d'accord ?
Elle opinait et se serrait davantage dans mes bras.

- J'vais devoir retourner sur le plateau, j'étais venu chercher le nouveau cameraman... Tu devineras jamais qui c'est, d'ailleurs !

- Benjamin ?

Elle me troue le cul cette nana !

- Je m'en serai doutée, vu ta tête... Il est venu avec Maria, c'est ça ?

- Bingo, t'es balèze. Et j'ai encore pris une claque !

Alice fronçait les sourcils.

- Elle a raté sa vocation de boxeuse cette fille !

- J'lui payerai un pushing-ball ! Elle doit avoir besoin de se défouler !

Ma femme opinait et fermait les yeux.

- Je vais te montrer ma chambre et tu vas aller t'y installer. Je reviens vers 20h ce soir...

- Je veux venir avec toi...

- Bon d'accord... Tu dormiras sur le plateau si t'es fatiguée... On se démerdera !

Je me relevais, la remettais sur ses pieds.

- Comment t'es venue de l'aéroport à l'hôtel ?

- En taxi, j'ai trouvé un chauffeur qui ne parle pas que Russe... D'ailleurs... t'as du liquide sur toi en monnaie locale ? J'ai rien pour payer le trajet !

Elle me fit sa petite moue de petite fille fautive et je sortais des billets de ma poche pour les lui tendre.

Puis tu peux y aller, j'me fais avoir à chaque fois !