Bonjour ! J'espère que vous allez bien et en avant pour ce nouveau chapitre !

Merci à Quimress, Ellis Ravenwood, MiaoiFuki, Deryous50 et Adeyyo pour leurs reviews.

Chapitre 11

Il en avait plus qu'assez. Assez que ce connard de Marimo ne lui révèle rien. Assez de ses multiples visages. Assez de tous ses mystères qui tournaient autour de lui. Assez de ses drôles d'accès d'humeurs, assez de la violence qui vivait dans cet homme. Putain… Que pouvait-il faire ? L'algue ambulante l'avait royalement envoyé chier et lui, ne pouvait qu'attendre son retour, comme un con.

Bordel, qui était ce putain de type qui se faisait appeler César et qui était cette Kuina, qui, à son évocation, a fait rentrer Zoro dans une rage folle ?

Ce cactus ne devait pas avoir un passé blanc comme neige et sa curiosité se faisait encore plus grande.

Il se souvenait que la tête d'algue n'aimait pas être touchée. Quand il lui avait demandé s'il ne s'était pas fait violer dans sa jeunesse, l'autre ne lui avait pas répondu, mais avait baissé son regard. Il avait touché dans le mille. Est-ce que ce César et cette Kuina avaient quelque chose à voir dans cette agression sexuelle ?

Il voulait tant le connaître d'avantage. Puis l'aura qui régnait autour de lui devenait insupportable et à la fois toujours aussi attirante.

Pourquoi cet homme avait un regard si sombre ? Pourquoi était-il si renfermé et inatteignable ?

Il voulait être, si cela lui était permis, de guérir son âme torturée et blessée. Il souhaitait faire tout ce qui était en son pouvoir pour le sauver.

Le voilà, comme autrefois, à se balader dans la ville, à la recherche d'une nouvelle proie. Sauf que cette fois-ci, il n'avait pas envie de chasser. Il errait, sans but, dans ce troupeau d'humains.

Revoir César lui a fait revivre des souvenirs douloureux. Comment cet enfoiré osait-il souiller la mémoire de Kuina ?! Il aurait vraiment dû le buter. De plus, il fallait que l'autre cuistot de malheur voit ce connard.

Enfoiré de blondinet ! Tout allait de travers depuis qu'il était apparu dans sa vie. Il avait réussi à le pousser dans ses retranchements et puis, le plus perturbant était que le passé n'arrêtait pas de le rattraper.

Il se sentait démuni quand le blondin était là. Il avait l'impression, avec lui, de découvrir une autre facette de la vie. Enfin, seul l'Ero-cook avait découvert une partie de son passé.

Il s'arrêta devant un bar et décida de se payer un verre.

Il s'installa au comptoir, pour être plus sûr d'être tranquille. Il commanda une bière, il avait vu sur la carte qu'elle avait l'air bonne et pas trop cher.

Le serveur la lui passa quelques secondes plus tard, tant mieux, le service était rapide ici.

Alors qu'il sirotait son amère liqueur, une voix familière prononça :

"La même chose, s'il vous plaît."

Le vert, intrigué, se retourna pour découvrir une chevelure flamboyante, il baissa l'oeil et vit de longues cicatrices traverser le visage. Il continua son examen visuel jusqu'à ce qu'il s'arrêta à sa prothèse de métal à la place du bras gauche de l'homme.

"Oh putain..." Ne put s'empêcher de dire Zoro.

Le roux et se retourna et cria :

"Zoro !"

Ce dernier pensa qu'il n'arrêtait pas de revoir des connaissances de l'orphelinat. Il dit d'une voix étonnée :

"-Kidd ? Qu'est-ce que tu fous là ?

-C'est moi qui devrait te demander ça, mec, répondit le dénommé Kidd.

-Je me balade."

Le borgne était méfiant. Revoir deux revenants du passé à deux jours d'intervalle, c'était plus que suspect. Il préférait rester sur ses gardes.

"-Alors, qu'est-ce que tu fais dans la vie ? Demanda le manchot.

-Des petits boulots, par-ci, par-là. Et toi ?

-Garagiste.

-Sans déc' ?

-Ouaip. J'ai même mon propre garage à moi.

-Et ça marche bien ?

-Plutôt. J'ai assez de fric pour bouffer et payer le loyer, c'est déjà ça.

-Ouais, c'est pas mal."

Ils rirent tous les deux. Mais pas d'un rire joyeux. Le leur était gras, forcé.

"Tu ne m'as pas l'air dans ton assiette, l'marimo. T'as des emmerdes ?"

L'intéressé ne répondit pas. Des emmerdes ? Pour sûr qu'il en avait ! Il se ressentait une étrange émotion et se comportait bizarrement en compagnie du Love-cook. De plus, il n'avait plus aucune envie de tuer, il voyait de moins en moins les gens comme des proies et de plus en plus comme des personnes. C'était comme s'il devenait un faible.

Et merde ! N'était-il pas censé être le plus fort, à être supérieur aux autres ?

"Oh ! Tu m'écoutes ?" L'interpella le garagiste en claquant des doigts.

Sorti de ses pensées, le vert balaya d'une main le vide et dit:

"Non, t'inquiète, je n'ai aucun problèmes."

Ils continuèrent à boire leur verre en silence.

Quand ils finirent leurs boissons, ils sortirent ensemble pour faire un tour dans la ville.

"-T'as un truc à faire, là ? Demanda Kidd.

-Nan.

-Ça te dit de jeter un coup d'œil à mon garage ?"

Il ne répondit, une nouvelle fois, pas tout de suite. La méfiance s'imposait. Il craignait que ce foutu rouquin ait un plan en tête, ce qui, la vie le lui avait appris, était parfaitement possible.

Devait-il répondre par oui ou par non ? En y réfléchissant, cela pourrait être une bonne idée, s'il était dans la merde il pourrait bien un jour buter ce con et se réfugier dans son garage.

C'est donc après ce petit débat intérieur qu'il accepta.

"Eh bien on est parti !" S'exclama le garagiste.

Après deux heures de marche, ils arrivèrent dans un endroit tout décrépit. Le garage s'y trouvait, vieillot, froid et malfamé, ne donnant point envie de s'y rendre si on était quelqu'un d'honnête. Mais il pouvait facilement attirer les gens qui avaient certains problèmes judiciaires, comme un pauvre homme en cavale ou qui aurait volé volé une voiture, ou bien même un adolescent en fugue et aurait piqué la bagnole de son père.

"-Pas mal ! Souffla Zoro. Et t'as des fidèles ?

-Plus que tu ne le crois.

-Combien ?

-Environ une dizaine.

-Pas mal..." Répéta-t-il.

Il examina la voiture que le roux réparait. Une vieille clio grise. Sale et abîmée, le moteur mort, le pauvre Kidd avait du boulot.

"-Est-ce que , continua le manchot, tu sais ce qu'est devenu Law et Luffy ?

-Non, je les ai perdu de vue depuis l'orphelinat.

-Et bien figure-toi qu'ils travaillent tous les deux à l'hosto.

-Ah ouais ?!

-Yep. Law est médecin et Luffy infirmier.

-Je plains les patients et le reste du personnel, ricana Zoro en pensant à la maladresse de Luffy.

-C'est sûr, dit Eustass en riant."

Ce cher Luffy. Son sourire éclatant avait le don de lui faire oublier ses soucis. Après la mort de Doflamingo, ils s'étaient tous les deux séparés, lui prenant la voie du sang, et l'autre la voie de l'honnêteté et de la lumière. Il se souvenait que le brun lui avait proposé de venir avec lui, pour qu'ils puissent ensemble reconstruire leurs vies bafouées et brisées par l'horreur, la maltraitance et la tyrannie qu'ils avaient subi à l'orphelinat ou plutôt l'Enfer, où Lucifer, dans toute sa cruauté, écartelait leurs espoirs et leurs avenirs. Ce démon avait dévoré leurs êtres chers, les condamnant au supplice éternel du Remords, les avait fait immolé dans les flammes de la Rage mais les avait fait plonger dans les abysses de la Peur, lui, par sa puissance, les avait fait plonger dans les limbes de l'Humiliation.

Mais lui, comme un con, avait refusé la possibilité de se reconstruire, de pouvoir tourner la page et aller de l'avant, il avait tourner le dos au choix de revenir humain, mais à la place il avait choisi la destruction et la folie, il avait décidé de rester une bête, un monstre, un démon.

Commençait-il à regretter d'avoir tué un bon nombre d'innocents et de les avoir comparé à de vulgaires proies ? Il n'en savait rien.

Ce Sanji l'avait décidément bien changé alors qu'il ne le connaissait que depuis quelques semaines. Cet homme était tout le contraire de lui.

Il détruisait alors que lui créait, il apportait la mort alors que lui apportait la vie, il amenait le désespoir alors que lui amenait le bonheur.

Il était le démon, il était l'ange.

"-Dis, demanda Kidd, t'as réussi à passer à autre chose, par rapport à...

-Non, répondit le meurtrier qui avait parfaitement compris le mot silencieux que voulait dire son ancien compagnon de malheur mais qui n'osait le dire tant il était détestable. Non je n'ai pas réussi. Je n'ai pas pu, je ne peux pas oublier et je ne veux pas.

-Je comprends.

-Et toi ?

-J'avais réussi un moment mais, ça m'a finalement rattrapé.

-Je vois."

Kidd, à l'époque de l'orphelinat, était aussi un favori. Il se souvenait que Doflamingo, pour s'amuser, lui avait sectionné le bras à l'âge de quatorze ans et lui avait brûlé la peau, lui infligeant des fameuses cicatrices.

À la mort de Kuina, ce dernier lui en avait énormément voulu, il l'avait pris, comme la plupart des autres enfants, comme une trahison, un acte de lâcheté. Et pour ce fait, Zoro n'appréciait pas vraiment le rouquin. Chez Doffy, ils ne se parlaient peu, mais étaient rivaux comme tous les autres pour attraper la nourriture sous le regard moqueur et cruel des adultes.

« -Hey, j'toffre un verre ? L'interpella le garagiste.

-Ma foi, pourquoi pas. »

Il avait toujours eu un faible pour l'alcool, c'était son péché mignon. Il savait qu'il mettait en danger son foie avec cela mais il fallait bien mourir de quelque chose un jour !

Il observa le roux s'en aller chercher une bouteille et deux verres. Il en profita pour observer d'avantage la voiture en état de réparation. Il n'y connaissait rien mais il pouvait tout de même deviner que la bagnole était sacrément endommagée. Le pauvre Kidd avait vraiment du travail à faire.

Il se releva quand il vit derrière lui Kidd. Il n'eut le temps de rien faire que ce dernier brandit une clé à molette et l'abattit sans autre forme de procès sur son crâne.

Un voile noir recouvra ses yeux et il sombra dans l'inconscience.

Je l'avoue, ce chapitre était très court mais c'est ce que je voulais faire, sachant que le prochain sera plutôt gros (normalement).

Je voudrais juste préciser une dernière chose, vous avez sûrement remarqué que la parution de ces derniers chapitres est devenue irrégulière et j'aimerais vous avertir que cela risque de continuer mais j'essaierai vraiment de réduire le temps d'attente entre chaque chapitre. Promis !

À la revoyure !