Le samouraï se demandait sûrement encore comment il avait pût arriver si tard sur place.
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Le soleil posait ses doux rayons sur le dojo, trahissant la poussière qui flottait dans l'air. Battant des paupières à plusieurs reprises, elle s'éveilla en gémissant. Son bras l'élançait et elle eut besoin de quelques secondes pour se souvenir de sa blessure. Elle se redressa en se tenant la hanche douloureuse, se souvenant de cette autre blessure.
Ses cheveux lâchés, pendant à son dos et encadrant son visage, elle posa son regard sur le jardin du dojo qu'elle pouvait voir vue que son shoji était ouvert. Elle se leva, titubant à l'extérieur pour humer l'air glacial du matin sans se soucier de sa tenue. Son yukata froissé, elle se contenta d'arranger son col afin que sa poitrine bien que bandée ne soit pas très visible. Son physique lui avait déjà attiré bien des ennuis et cela l'ennuyait, elle se demandait pourquoi une personne descente était sujette à de telles agressions !
Elle s'installa sur l'allée de bois qui parcoure le dojo entier en soupirant. Elle devait tenir le dojo, entraîner ses disciples qu'elle n'avait pas revus depuis des jours. Mais Kenshin ne la laisserait jamais pratiquer dans cet état. Elle en était certaine. Elle secoua la tête, lasse et alla au puits chercher de l'eau. Elle n'avait croisé personne depuis son réveil, cela l'étonnait et le décevait. Elle aurait aimé croiser son époux ou Yahiko pour comprendre comment elle était arrivée au dojo et s'était retrouvée en yukata alors qu'elle s'était effondre à mis-chemin, affaiblie par sa perte d sang.
Elle eut un sourire sans joie, se disant que son époux avait sûrement insisté pour s'en charger, jetant Sano et Yahiko dehors. Du moins, elle l'espérait, se répugnant à l'idée que quelqu'un d'autre que lui ou Megumi l'ait changée.
Elle se rinça le visage, bu quelque gorgée et soupira de contentement lorsque enfin elle se sentit bien fraîche.
Avec un sourire niais sur e visage, elle alla se changer, revêtant sa tenue d'entraînement, décidée à faire quelques katas avant le déjeuner.
Resserrant le bandage autour de son buste, elle fixait le ciel clair, se disant qu'il était inhabituel que tous soient sortis si tôt.
Elle noua ses cheveux en une queue de cheval haute puis se dirigea vers le dojo. Ravie, elle trouva le parquet propre, ayant craint que les bandits aient tout sali lors de leur passage. Elle salua, entra, décrocha un bokken du mur à armes, et commença.
Rares sont ceux qui passent par le dojo Kamiya pour aller à Tokyo. La propriété étant assez isolée du reste des habitations du centre, et pas très proche des routes principales, seuls ceux ayant envie de passer par là passent. Avec un large sourire, un individu marchait, se dirigeant vers ce dojo de kenjutsu dont tant parlent en ville. Quoi de plus naturel, nul dojo ne comporte une femme, jeune et bien belle, comme maître. Les quelques imprudents ayant essayé de lui faire la cour pour la propriété avaient finit sur le bord de la route, méconnaissables. Ceux qui tentaient à nouveau de lui faire la cour ou de la malmener avaient affaire à un sabreur puissant et effrayant qui est son époux. Respecté de tous et craint de ses concurrents, ce dojo enseignant l'art du sabre qui défend la vie au lieu de la prendre portait un lourd secret.
L'individu arriva enfin. L'enseigne disait : « Dojo Kamiya Kasshin »
Il le brisa d'un coups de poing, irrité de lire ce nom.
Il entra, sans frapper, sans s'annoncer. Un seul ki était présent dans la propriété. Il jubilait...
- Qui êtes vous, tonna une voix forte.
Debout dans l'embrasure des grandes portes du dojo, une jeune femme, en tenue d'entraînement, son avant bras droit bandé, son bokken en main, le fixait, attendant une réponse .
- Moi ? Je suis un ami.
- Taisez vos mensonges et déclinez votre identité !
Il ôta la le chaperon qu'il portait jusque là, dissimulant ainsi son visage. Elle le reconnut, pâlit, ses poings se crispant sur la garde de son bokken.
- Vous...
- Oui, le bel homme qui a failli te trancher la gorge il y a quelques nuits.
- Que voulez-vous ?
- N'est-ce pas évident ? Par ta faute, Batossai me prend de haut. Et un Shinsengumi connaît mon identité. Alors je vais joueru n peu avec ces pions que j'ai en main.
- Quels pions ?
- Ton époux et ce policier qui t'a sauvée voyons.
Elle fit un pas en arrière, une sueur froide lui parcourant l'échine. Il sourit à ce mouvement, fonçant sans attendre, faisant grimper son angoisse. Elle courut à l'intérieur, jeta à terre son bokken, saisit le katana de feu son père qui était accroché au mur et dégaina.
Il fut sur elle à l'instant même, sa lame fut stoppée à quelques centimètres de la gorge de la jeune femme qui remerciait ses réflexes.
- Oho ! Une Kamiya qui fait verser le sang ! Ce sera BEAU !
- La ferme !
Elle frappa de toutes ses forces, son bras la tiraillant de douleur. Son adversaire fut projeté contre le mur du dojo où il s'écrasa avec un grognement de douleur.
Il s'était rapproché d'un bond, la frappant à la tête. Avec un cri de douleur, elle s'esquiva, une main sur sa tempe en sang.
- Pourquoi vouloir me tuer, aboya-t-elle, perdant tout self contrôle, sa tête lui procurant une douleur insoutenable.
- Plaisir ? Amusement ? Réparation !
- Vous êtes un grand malade ! S'exclama-t-elle en le frappant de bas . Il n'eut pas le temps de parer, une large balafre lui déchira le visage, son sang se répandant avec un bruit sec sur le parquet.
Il hurla sa douleur, se tenant le visage, se secouant comme un forcené. Elle en profita pour filer, abandonnant son adversaire sur place.
Son katana ensanglanté en main, sujette à des vertiges alors que sa tempe saignait toujours, elle courrait sur la route, faisant exploser son ki , espérant attirer l'attention de n'importe qui.
Derrière elle la hélait son adversaire, la haine au cœur, réclamant vengeance pour son « beau visage défiguré ».
