! BLABLA DE L'AUTEUR !
Hello tout le monde ! :) Comment ça va ? Bon, alors voilà le nouveau chapitre :) J'ai mis un peu moins de temps que la dernière fois, parce que le dernier chapitre est passé tout seul ^^ Je l'ai écris très rapidement :) Alors voilà, le chapitre 11 est là ! Mon dieu, j'en reviens pas d'être arrivé jusque là ! Merci en tout cas, car c'est vos reviews qui font que je me donne la peine de continuer à poster mon histoire :) Voilà, voilà !
Lucie : Eh bien, la voilà ;)
Chamonutella : Est-ce que je parle de Daryl dans ce chapitre ... ? Un peu, si on veut :) En tout cas, ne t'en fais pas, je suis en train de tout mettre en place. Ça avance. Difficilement, mais ça avance ! :D En tout cas, merci pour ta review :) Elle fait toujours plaisr ;)
Voilà, voilà ! Je vous laisse donc profiter de ce nouveau chapitre ! Bonne journée ! :D
Chapitre 11 :
Djun avait toujours été un grand frère exemplaire. Malgré ma difficulté à partager mes sentiments, même avec lui, il avait toujours été là. Quand j'étais plus petite, à une époque de ma vie dont je ne voulais pas me souvenir, mon frère avait été là pour moi quand tous les autres me rejetaient. Il avait joué à la fois le rôle de parent, de grand-frère, de meilleur ami et de confident. Il avait tout été pour moi. Depuis toute petite, depuis aussi loin que je pouvais me souvenir, Djun avait toujours été un soutien inébranlable que j'avais cru éternel.
Aujourd'hui, je savais que j'avais eu tort.
Quand nous étions partis de notre village, quand ce dernier avait été touché par l'épidémie, nous étions quatre. Gwen, Julian, moi et Djun. On s'était retrouvé ensemble un peu par hasard et on avait fini par sauter dans la première voiture qu'on avait trouvée, avant de partir en trombe, fuyant le carnage qu'était devenue notre ville.
Pendant plusieurs mois, c'était les garçons qui avaient géré les choses. Ils étaient forts, ils étaient doués avec les armes. Mon frère était archer. Le meilleur que je n'avais jamais vu. Il s'occupait de nous protéger, tout en prenant le temps de m'aider à perfectionner ma propre technique. Lui et Julian nous avaient alors appris à nous servir plus ou moins bien de nos armes. Puis on avait tout doucement commencé à s'investir, Gwen et moi.
Mais un jour, on avait été attaqué. Djun nous avait protégés. Tous. Parce que Julian avait perdu son arme. Parce que Gwen était trop faible. Et parce que je n'avais pas réussi à faire taire ma peur. On avait subi l'attaque, se protégeant du mieux qu'on le pouvait. On avait finalement réussi à s'en tirer, à s'enfuir. J'avais cru, sur le moment, que tout était fini. Tout allait bien, le pire était passé. Sauf que, quand je m'étais tourné vers mon frère, j'avais vu le sang sur son bras. J'avais vu la morsure. J'avais vu son air pâle, les premiers symptômes de la fièvre mortelle. J'avais senti mon monde s'écrouler tout autour de moi. Bêtement, j'avais pensé qu'on s'en sortirait tous. Bêtement, ce jour-là, j'avais pensé que tout s'était terminé, que le pire était passé. Je n'avais pas pensé une seule seconde au fait que mon frère, mon puissant et inébranlable grand frère, puisse se faire mordre. Je n'avais jamais imaginé la mort de mon frère. Et à ce moment-là, j'avais juste fait comme tous les autres. J'avais éclaté en sanglots en serrant mon frère dans mes bras, en lui disant que tout allait bien se passer, qu'on allait trouver une solution. Je lui avais murmuré des paroles d'espoir auxquelles moi-même je ne croyais plus depuis peu. Et j'avais attendu. Impuissante, j'avais attendu que la mort vienne chercher mon frère. Il avait tenu cinq jours et demi contre la maladie. Puis son cœur avait cessé de battre. Je l'avais senti ralentir puis se stopper complètement, car j'avais gardé la main posée sur son torse. Bêtement, un espoir fou avait subsisté. Je m'étais dit que, peut-être, mon frère n'allait pas mourir. Peut-être avait-il quelque chose de différent qui le ferait rester en vie ? Cet espoir s'était brisé quand son cœur avait cessé de battre. J'avais ensuite continué d'attendre, tenant fermement le corps sans vie de mon frère dans mes bras, pleurant toutes les larmes de mon corps. Puis je l'avais senti remuer. Faiblement. Juste assez pour que je sache qu'il était revenu. Ou, plutôt, que « la chose » était là. Je m'étais éloignée. Je l'avais regardé se relever, s'avancer vers moi. J'avais regardé ses yeux vitreux, son teint pâle comme la mort qui l'habitait. Puis j'avais levé un pistolet et je lui avais tiré une balle dans la tête. Comme il me l'avait demandé juste avant de mourir. Je n'avais pas pu lui éviter la souffrance de la transformation, mais je l'avais empêché d'errer pour toujours sous cette forme.
C'était alors la première fois que l'un de nous tirait pour tuer. Pour tuer vraiment, pour abattre un Mordeur.
Le lendemain, quand Julian et Gwen s'étaient réveillés, j'étais déjà debout. Je portais l'arc de mon frère, qui était aujourd'hui le mien, et son carquois, ainsi que les couteaux que je traînais encore avec moi aujourd'hui. Ce jour-là, j'avais pris la décision de tenir la promesse faite à mon frère. Il m'avait demandé de vivre, de continuer à me battre. C'était ce que j'allais faire.
Je n'avais pas réalisé à quel point cela allait être difficile.
Aujourd'hui, prostrée dans ma cellule, assise sur mon lit, je le réalisai pleinement, pour l'énième fois depuis la mort de mon frère. Le cauchemar m'avait bouleversé. Ce n'était pas la première fois que je faisais ce genre de songe. Mais depuis plusieurs mois, ils m'avaient laissé relativement tranquille. J'avais commencé à me faire à des nuits très courtes et désagréables, certes, mais sans cauchemars. Et là, alors que je commençais à me dire que tout n'allait pas si mal, finalement, la vie me rappelait brutalement dans quel monde nous vivions. C'était encore plus brutal qu'une balle dans l'épaule. Encore plus efficace.
Je poussai un profond soupir et clignai furieusement des yeux pour ne pas laisser les larmes prendre le dessus. Il fallait que je me reprenne. Ce n'était pas la première fois. Je m'étais déjà relevée à plusieurs reprises. J'allais le faire encore une fois. Parce qu'il y avait Gwen, que je ne pouvais pas la laisser et que je n'avais de toute façon pas le droit d'abandonner. Je n'avais pas le droit de baisser les bras. J'avais promis.
- Je peux entrer ?
Je relevais lentement la tête. Hershel était là, à l'entrée de la cellule. Je le regardai un instant sans rien dire, puis je détournai la tête. Je savais ce qu'il allait faire. Ils avaient dû poser des questions à Gwen. Elle avait dû leur dire pour mon frère. Hershel allait sûrement essayer de m'en parler, de me faire parler. Il avait sûrement dû ignorer la mise en garde de mon amie à ce sujet. Je ne parlerais pas. Pas de ça. Même Gwen n'était jamais parvenue à m'arracher une parole à ce sujet. Tout ce qui concernait mon frère, je le gardais pour moi. Je ne voulais pas en parler. À personne.
Le bruit des béquilles d'Hershel se fit entendre dans la cellule et il prit ensuite place sur le tabouret, qui n'avait toujours pas bougé depuis hier. Je ne bougeai toujours pas. Je n'avais pas envie de croiser un regard empli de compassion, de pitié. J'avais déjà suffisamment honte d'avoir perdu le contrôle comme je l'avais fait, devant tout le monde, alors subir en plus la pitié des autres… Non, merci.
- Comment vas-tu ? demanda Hershel.
Je ne répondis pas, me contentant de lui lancer un regard neutre, le visage impassible. Je le jugeai un instant. Il semblait fatigué. Ses yeux étaient cernés. Il avait l'air blasé, comme s'il en avait déjà trop vu. En fait, c'était presque moi qui en venais à avoir pitié de lui. Son âge, sa jambe, ses fantômes… Tout ça pesait sur ses épaules de façon trop continue, ne lui laissant aucun répit. Il ne parvenait pas à souffler, ne serait-ce qu'un instant. Oui, vraiment, j'en venais à avoir pitié de sa vie. Il en avait trop vu, trop vécu.
- Ton bras va mieux ?
Je haussai faiblement les épaules, apportant une vague de douleur à l'endroit de ma blessure. Je grimaçai. Ok, question crédibilité, on repassera. Hershel me fit un petit sourire, puis il sortit un tissu de sa poche. Il le déplia, puis me le tendit. C'était une sorte de... corde de tissu faite un peu à la va-vite. Je lançai un regard interrogateur au médecin.
- C'est pour ton bras. Cela te permettra de te lever sans qu'il ne bouge et sans que tu souffres de trop.
Je hochai la tête et passai tant bien que mal le tissu autour de mon bras pour avoir ce dernier en écharpe. Je grimaçai légèrement, mais, une fois que ce fut fait, je me sentis plus libre. Mes mouvements n'étaient plus autant gênés qu'avec le bras. Je relevai la tête vers Hershel.
- Merci.
Il me répondit par un sourire. Je détournai les yeux. Un long silence s'installa et je me sentis assez gênée. Je ne savais pas quoi dire. Je ne savais même pas s'il fallait que je dise quelque chose.
- Gwen m'a parlé de…
- Gwen n'aurait jamais dû vous en parler, tranchai-je, la voix sèche.
Hershel me lança un regard un peu interloqué. Je serrai les dents et détournai une fois de plus le regard.
- Elle n'avait pas à le faire, soufflai-je, les sourcils froncés. Mais je ne lui en veux pas. Je savais qu'elle le ferait. Je ne veux pas en parler, ajoutai-je en plantant à nouveau mon regard dans celui d'Hershel.
- Je… peux comprendre. Oui, je peux comprendre…, souffla-t-il, les yeux soudain dans le vague.
Des fantômes venaient de passer dans ses yeux. Je pinçai les lèvres, légèrement gênée. Dur de vivre. Dur de voir les autres mourir, partir. Dur de rester là, sans rien pouvoir faire d'autre que les regarder. Je comprenais. Trop, peut-être ? Sûrement. Un sourire moqueur et amer naquit au bord de mes lèvres.
- Ils doivent bien se foutre de notre gueule de là où ils sont, soupirai-je. On les pleure, on les plaint. Au final, c'est nous qui sommes à plaindre. On craque complètement. On perd les pédales.
Hershel me lança un regard peiné. J'avais les larmes au bord des yeux, mais je les ravalai. Je relevai la tête, les lèvres pincées pour ne pas pleurer. Un long silence s'étendit entre nous, tandis que les souvenirs nous assaillaient. J'en avais marre de penser à ça. Ce n'était pas une façon d'avancer. En pensant au passé, on oubliait le présent et on perdait notre avenir. Je refusais de tomber dans cet engrenage.
Je poussai soudain un profond soupir et posai mon regard sur le médecin.
- J'ai raté des choses ? demandai-je, désirant changer de sujet.
- Non. Nous nous contentons d'attendre, sans trop savoir ce que nous attendons exactement, souffla Hershel.
Je fronçai les sourcils. Soudain, mes souvenirs s'évaporèrent, laissant la situation reprendre ses droits sur moi. Il fallait que je réfléchisse. On était allé à Woodburry et on avait semé la pagaille. Le Gouverneur savait où se trouvait la prison. Il allait forcément venir. Ça, c'était une des choses dont j'étais sûre. Restait à savoir quand, et, surtout, avec quoi. Il allait nous dégommer, mais comment ? Il avait des moyens. Plus que nous. Il pouvait sans problèmes se permettre d'arriver ici avec une dizaine d'hommes, de défoncer la porte et de buter tout le monde. Malheureusement, on n'était pas en état de riposter. Gwen ne pouvait pas bouger, j'avais le bras immobilisé, on avait un bébé… On était mal. Franchement mal. Je pinçai les lèvres, légèrement stressée.
- Je peux me lever ? demandai-je.
- Bien sûr. Mais ne force pas trop.
Lentement, je me laissai glisser jusqu'au bord du lit et, quand mes pieds touchèrent le sol, je me levai. Des fourmis me parcouraient le bras droit, et c'était très désagréable. J'avais l'impression d'avoir des milliers de petites aiguilles qui se plantaient dans mon bras. Mais une fois debout, je me sentis mieux. J'avais l'impression de respirer plus librement, comme si je me libérais d'un poids. Je poussai un léger soupir et arrangeai l'écharpe autour de mon bras.
- Tu sais, tu n'es pas obligé de bouger tout de suite, me dit Hershel. Tu peux encore te reposer.
Je secouai la tête.
- J'ai juste pris une balle. Vous vous êtes fait amputer la jambe, et cela ne vous a pourtant pas empêché de continuer à aider les autres.
Hershel hocha la tête, puis se leva à son tour. Je lui fis un sourire puis me baissai pour attraper le pistolet qui se trouvait toujours à la tête de mon lit et le mettre dans ma ceinture. Je me relevai alors aussi lentement que je m'étais baissée. Je contournai ensuite Hershel de la même manière et sortis de la cellule, prenant garde à ne pas aller trop vite. À chaque pas que je faisais, une décharge se faisait sentir dans mon épaule. C'était douloureux, mais supportable. Bonne nouvelle. Au moins, je pouvais bouger.
Lentement, je me dirigeai donc vers le hall. Il n'y avait que Beth, Axel, Carol, la femme et Gwen. Cette dernière était assise sur une chaise, la jambe surélevée à l'aide d'une autre. En me voyant, elle me fit un grand sourire, et je pus voir le soulagement dans son regard. Carol et Beth me firent également un sourire, l'air légèrement gêné, et je tentai maladroitement de le leur rendre.
- Où sont les autres ? demandai-je alors.
Un silence gêné s'abattit alors sur la pièce et je fronçai les sourcils. Je regardai chacune des personnes présentes, cherchant à savoir ce qu'il se passait. Quand mon regard croisa celui de Carol, cette dernière poussa un profond soupir et passa une main dans ses cheveux.
- Difficile à dire, soupira-t-elle. Rick est dehors et Glenn, Oscar et Carl sont en bas. Ils essaient de voir où se trouve la brèche qui a permis d'entrer à Ty…
Je me tendis et Carol arrêta immédiatement de parler, me lançant un regard légèrement désolé. Je pinçai les lèvres pour ne rien dire et hochai la tête. Ouais. Je l'avais toujours en travers de la gorge celle-là.
- Ok…
Je vins me placer à côté de Gwen, la mâchoire serrée, j'avais vraiment du mal à encaisser le fait de n'avoir même pas pu parler à Tyreese et Sacha. Mais il fallait que je pense à autre chose.
- Qu'est-ce que vous comptez faire, du coup ? demandai-je. Je pense que le Gouverneur ne devrait pas tarder à pointer le bout de son nez, alors il faudrait s'organiser.
Je sentis à nouveau un malaise s'installer et je fronçai les sourcils. Qu'est-ce que j'avais dit encore ? Ils agissaient tous bizarrement. Je lançai un regard interrogateur à Gwen, qui pinça les lèvres en baissant la tête. Je sentis l'irritation monter en moi et je dévisageai chacune des personnes présentes.
- J'aimerais bien savoir pourquoi dès que je dis quelque chose, j'ai l'impression de dire une connerie, lâchai-je alors, pas vraiment d'humeur patiente.
- Les avis sont, comme qui dirait, partagés, déclara alors Hershel.
Je haussai un sourcil interrogateur.
- Glenn souhaite organiser la riposte de la prison. Mais je pense que… que le mieux serait qu'on parte.
J'eus l'impression de me recevoir un seau d'eau sur la tête. Je sentis chacun de mes muscles se tendre, ma respiration se coupa pendant quelques secondes. Quoi ? Quitter la prison ? Je consultais les autres du regard, interloquée. Pensaient-ils vraiment que c'était une solution ? Je lançai un regard perdu à Gwen. Elle ne le soutint pas. Elle était d'accord avec Hershel.
- Vous êtes pas sérieux ? soufflai-je. Quitter la prison ? Et pour aller où ? demandai-je. Vous… vous êtes pas sérieux…
- On a déjà réussi à tenir tout un hiver dehors.
Je me tournai vers Hershel, l'air perdu.
- Vous avez… Mais… Vous avez plus qu'une jambe, soufflai-je. Rick perd complètement la boule, Daryl est parti avec l'autre con, on a Judith, et Gwen…
Je m'arrêtai soudainement de parler et lançai un regard méfiant à Hershel.
- Quand vous dites « le mieux serait qu'on parte »… de qui voulez-vous parler au juste ? demandai-je.
Du coin de l'œil, je vis Gwen relever brusquement la tête et dévisager Hershel, l'air perdu à son tour. Le vieil homme fronça les sourcils.
- Je parle de toutes les personnes présentes ici. Vous venez avec nous, toutes les deux.
La peur qui m'avait enserrée la poitrine se dissipa et je pinçai les lèvres, me morigénant pour avoir affiché mon manque de confiance, désormais flagrant. Je ne l'avais pas joué fine sur ce coup-là. Mais j'avais eu tellement peur, d'un coup, de devoir à nouveau me débrouiller seule avec Gwen. Bien sûr, maintenant que j'y réfléchissais, il était évident qu'ils ne nous auraient pas laissés. S'ils avaient eu l'intention de le faire, ils m'auraient laissé à Woodburry.
- Pardon, je… Ouais… soufflai-je, soudain mal à l'aise. Mais alors c'est encore pire, il faut rajouter la jambe de Gwen et mon bras dans la balance, ajoutai-je. On pourra pas s'en sortir dehors. Notre seule chance, c'est de défendre la prison, soufflai-je.
- Vous savez mieux que nous que ce Gouverneur est beaucoup mieux armé, répondit Hershel en nous désignant, moi, Gwen et la femme. Si on reste, on ne pourra pas l'empêcher d'entrer.
Je fronçai les sourcils. Bon, ok, mettons les choses sur pause. Qu'est-ce qu'avait le Gouverneur ? Des hommes, des armes, l'emplacement de la prison. Il pouvait arriver à n'importe quel moment et attaquer, rapidement et en faisait un vrai massacre. Ok. Et nous ? Qu'est-ce qu'on avait ? En homme valide, on avait... Oscar. Glenn, aussi. Et, apparemment, Carl. Si Rick avait un éclair de lucidité, on pouvait également compter sur lui. Et il y avait Maggie aussi. Je pouvais être utile également, si on ne m'en demandait pas trop. On n'avait pas beaucoup de munitions, pour ne pas dire pas du tout. Mais on avait un avantage : on savait que le Gouverneur allait attaquer.
- Si on se prépare, on peut le prendre par surprise, finis-je par souffler.
- Quoi ? demanda Carol.
Je relevai la tête et plantai mon regard dans le sien.
- Ok, le Gouverneur sait où on est, il a des hommes et des armes. Mais nous, on a l'effet de surprise. On sait qu'il va attaquer. On ne sait pas vraiment quand, mais on peut prévoir. On a du temps devant nous. Mettons-le à profit pour se préparer à le recevoir comme il se doit, ajoutai-je un sourire moqueur au coin des lèvres.
- C'est beaucoup trop risqué, trancha Hershel, inébranlable.
Je n'étais pas du tout d'accord avec lui. Si cela n'avait tenu qu'à moi, j'aurai déjà envoyé tout le monde mettre en place une défense et une riposte. Cependant… je n'avais pas envie de tenter le diable. Forcer les choses ne me mènerait nulle part, sauf peut-être hors de la prison. Je ne pouvais donc rien tenter. De plus, je connaissais bien l'air qu'arborait le vieil homme en ce moment. Cette détermination farouche, je la ressentais à chaque fois qu'on devait prendre une décision concernant Gwen. J'étais prête à tout pour la protéger, et c'était également le cas d'Hershel. Il voulait protéger sa famille. Alors je ne pouvais rien faire, si ce n'était espérer que l'idée fasse son chemin dans son esprit. Je haussai donc les épaules, laissant Hershel remporter cette manche. Je me rattraperais plus tard.
Soudain, des bruits de course se firent entendre et tous les regards se tournèrent vers la porte menant aux couloirs. Beth se précipita sur la grille, les clefs en main, et ouvrit, juste au moment où Oscar, Glenn et Carl revenaient, essoufflés. Je m'approchais rapidement d'eux, légèrement inquiète en voyant l'état de Carl. Bon sang, ce n'était qu'un gosse !
- La zone de la chaufferie a de nouveau été envahie, déclara immédiatement Glenn.
J'écarquillai les yeux. La chaufferie ?
- Attends ! C'est pas le coin qu'on a pris trois plombes à nettoyer, la chaufferie ? demandai-je.
- Tout juste, répondit Oscar, l'air contrarié.
- Ça grouille de Rôdeurs, déclara Carl. Et ils continuent à entrer.
- On perd du temps. Le Gouverneur est probablement déjà en chemin et on est coincé ici avec des Rôdeurs
Je me tournai vers Hershel, les lèvres pincées. La balance se mettait à pencher de plus en plus en sa faveur. Si on était bloqué entre le Gouverneur et des Mordeurs, on était salement dans la merde. Et encore, c'était un euphémisme. Je lançai un regard à Glenn. Il semblait contrarié.
- En gros, on est pris entre le marteau et l'enclume, ajouta Carol.
- Je le répéterais pas ! On n'abandonnera pas la prison !
Je fronçai les sourcils et regardai Glenn plus attentivement. Il portait un gilet pare-balle avec du sang dessus, il avait les cheveux en pétards, trempés de sueur. Cette vision me rappela soudainement un évènement qui s'était passé quelques jours plus tôt. Rick sortant de ce même couloir, dans le même état, les yeux fous. Je pinçai les lèvres. Était-ce donc ça que faisaient les responsabilités quand elles tombaient entre les mains des hommes ? Elles les rendaient fous et aveugles ?
- Si les Rôdeurs ont trouvé un moyen d'entrer, ils vont peut-être pas tarder à arriver ici.
- Ou d'autres feront tomber une grille, rajouta Beth, appuyant les propos de Carol.
- Si une horde passait par là, ils entreraient tous, souligna Axel.
- On pourrait pas lutter, on n'est pas assez.
Je ne pouvais que leur donner raison. Si une horde nous tombait dessus… on n'avait aucune chance. Un endroit clos, des dizaines de Mordeurs, et peu de personnes valides… On n'avait vraiment aucune chance.
- Ouais, souffla Glenn. Alors on doit… on doit explorer l'autre côté de la prison, et trouver d'où ils viennent.
- Tu vas sortir ? demanda Hershel, l'air légèrement inquiet.
- Ce sera rapide en voiture.
- Je conduis, déclara Axel.
- Non. Reste ici, aide-les avec… les fortifications. J'emmène Maggie.
- Et tu crois qu'elle acceptera ?
Je tournais la tête vers Hershel, un sourcil haussé en signe d'interrogation. Pourquoi Maggie refuserait-elle d'accompagner Glenn ? Ils étaient pas ensemble ces deux-là ? Il s'était passé un truc que je savais pas ? Je lançai un regard à Glenn. Ce dernier secoua légèrement la tête, puis fit demi-tour et s'en alla dans la prison.
Un long silence s'étira une fois qu'il ne fut plus dans la pièce. Je lançai un regard aux personnes présentes puis poussai un léger soupir.
- On doit fortifier la prison. Et rapidement. Comme vous l'avez dit, Hershel, le Gouverneur doit déjà être en route. Il faut se dépêcher.
- Je vais m'occuper du passage extérieur, déclara Carol.
- Je viens t'aider.
- Moi aussi
Carol, Oscar et Axel partirent et je lançai un regard aux autres. Je ne connaissais pas bien la prison. Je ne savais pas ce qu'on pouvait faire. Je lançai un rapide regard à Beth. Cette dernière me fit un petit sourire.
- Je pense qu'on devrait les laisser faire, déclara-t-elle doucement.
Je pinçai les lèvres. Je n'aimais pas rester là à ne rien faire. Mais j'étais totalement inutile. Tout ce que je pouvais faire, c'était brasser de l'air. Je lançai un regard à Gwen, qui haussa les épaules en signe d'impuissance. Je poussai alors un profond soupir, tirai une chaise et me laissai tomber dessus. La douleur se réveilla soudainement dans mon épaule et je poussai un grognement de douleur.
- Doucement, Romane, dit Hershel en fronçant les sourcils.
Je me retins de lever les yeux au ciel. Je me sentais déjà suffisamment impuissante, il n'avait pas besoin d'en rajouter une couche. Soudain, une pensée me traversa l'esprit, et je relevai la tête.
- Où est Rick ? demandai-je.
- Dehors, répondis Beth.
Je pinçai encore une fois les lèvres. Tout le monde se démenait pour garder la prison, même si certains le faisaient sans trop y croire, et lui, il était dehors, à faire on ne savait quoi. Il avait vraiment rien d'autre à foutre ?
- Je vais le chercher, déclarai-je soudainement en me levant.
Je me repoussai ma chaise quand je sentis quelqu'un me retenir par le poignet. Je me retournai et mon regard croisa celui de Gwen. Cette dernière fronçait les sourcils. Elle n'avait pas l'air trop d'accord.
- Si tu veux mon avis, c'est une mauvaise idée, dit-elle en haussant un sourcil très explicite. Tu ne le supportes pas, et j'ai de bonnes raisons de penser que c'est assez réciproque.
- T'inquiètes pas Gwen, soufflai-je. Je sais garder mon sang-froid.
- Je sais, mais…
Son regard se porta derrière moi et je me retournai. Glenn, l'air contrarié, traversa la prison et sortit en trombe, claquant la porte derrière lui. Je haussai un sourcil sceptique et lançai un coup d'œil à Hershel. Ce dernier soupira et le suivit lentement. Lorsque la porte claqua à nouveau derrière lui, je reportai mon regard sur Gwen. Cette dernière secoua légèrement la tête puis reporta son attention sur moi.
- C'est une mauvaise idée. Ça ne va faire qu'empirer les choses, souffla-t-elle.
Je poussai un soupir et passai une main sur mon visage.
- Gwen… Ok, je déteste Rick. Mais il doit comprendre que le groupe a besoin de lui, soufflai-je. On a besoin de toutes les personnes en état de se battre, et il en fait partie. Du moins, physiquement parlant, ne pus-je m'empêcher de rajouter.
Gwen me lança un regard qui me disait « tu vois ? » , mais je décidai de l'ignorer. Je lui fis un petit sourire.
- Fais-moi confiance.
Oui, j'étais fourbe. Je savais qu'en utilisant cette phrase, Gwen me laisserait faire ce que je voulais. Comme je l'avais prévu, mon amie pinça les lèvres puis relâcha mon poignet. Je lui tapai dans la main en lui faisant un petit sourire, puis je sortis à mon tour de la prison.
Dehors, je vis Glenn et Hershel parler ensemble, de façon plutôt sérieuse. Je les contournais soigneusement, prenant garde à ne pas me faire remarquer plus que nécessaire. Glenn avait une attitude complètement à l'opposé de celle que j'avais pu voir jusque-là. Je n'avais pas trop envie de l'expérimenter plus que nécessaire. Une fois devant le portail, je dus m'y reprendre à plusieurs fois pour ouvrir avec une seule main, mais je finis par y arriver et je passai de l'autre côté. Rapidement, mon regard balaya la surface plane et je repérai alors Rick, de l'autre côté de la clôture. Je m'avançai vers lui, déterminée à le ramener, mais plus je m'approchais, plus j'allais doucement. Je finis par me stopper à quelques mètres de la clôture, les sourcils froncés, indécise. Je ne savais pas quoi penser de ce que je voyais. Rick semblait perdu. Je le voyais faire des allers-retours dans le petit bois, comme s'il cherchait quelque chose. Je m'avançai un peu plus, jusqu'à être juste devant la clôture. Il ne semblait même pas me voir. On aurait dit qu'il était sur une autre planète, dans un monde parallèle.
- Rick ? l'appelai-je, incertaine.
Il ne montra aucun signe qui aurait pu laisser croire qu'il m'avait entendu. Il continua à tourner en rond, cherchant quelque chose sans le trouver. Des bruits derrière moi me firent soudain me retourner et je vis Hershel arriver. C'était sûrement la personne la plus capable de ramener Rick parmi nous. Arrivé à quelques pas de moi, il me lança un regard interrogateur. Je fis un petit geste de tête vers Rick et le regard inquiet d'Hershel se posa sur lui.
- Il a pas l'air dans son état… euh… normal, bredouillai-je, faute de trouver d'autres mots.
- Je vois ça… Rick ! s'écria alors le vieil homme pour capter son attention.
L'homme sembla enfin se rendre compte que quelqu'un s'adressait à lui et tourna la tête vers nous. Je fronçai les sourcils et eus un mouvement de recul incontrôlé. Il faisait peur à voir. Ses yeux étaient fous et il avait l'air instable. Je me demandai finalement s'il ne valait pas mieux le laisser en dehors de… tout ça. Qui savait ce qui pourrait lui traverser l'esprit lorsqu'il se retrouverait devant le danger ? Allait-il devenir fou furieux ? Ou bien fuir comme un lâche ? Non… Rick n'avait pas l'air d'un lâche. Un salaud buté et prêt à tout pour parvenir à ses fins, mais pas un lâche. Il avait du courage, c'était certain. Et sûrement plein d'autres qualités. Mais, personnellement, ses défauts l'emportaient largement.
- Je vais lui parler, me dit soudain Hershel. Tu pourrais nous laisser seuls ? Je pense que… il m'écoutera plus si tu n'es pas là. Tu vois ce que je…
- Oui, coupai-je. Je comprends parfaitement. Je vais vous laisser.
En fait, ça m'arrangeait. Secouer Rick était nécessaire, mais si quelqu'un d'autre que moi pouvait s'en charger, alors c'était parfait. Je fis un rapide sourire au vieil homme puis m'éloignai, longeant la grille. Une fois que je fus à une bonne distance de Rick et Hershel, je m'arrêtai et balayai le paysage du regard. Tout semblait tellement… calme. Je ne pouvais m'empêcher de penser que la tempête qui allait arriver allait être brutale. Aussi brutale que ce calme était intense. J'avais l'impression que les Mordeurs s'étaient donné le mot pour se la fermer, pour se faire tout petit. Ils étaient réunis vers l'entrée, aussi calme qu'ils pouvaient l'être. Je fronçai les sourcils. Un mauvais pressentiment montait en moi, comme si je pouvais sentir une ombre s'abattre lentement sur la prison. L'ombre du Gouverneur, sûrement. J'avais peur, il fallait bien l'avouer. Cet homme était capable de tout. Quand on était parti de Woodburry, il n'avait pas hésité à nous faire traquer pour une information que je détenais et qu'il ne voulait pas voir s'ébruiter. Maintenant, avec le bordel qu'on avait mis dans sa ville et le coup qu'on avait porté à son ego, je ne savais pas de quoi il pouvait être capable. En tout cas, ce dont j'étais sûre, c'était qu'il n'était pas le genre d'homme à laisser couler. Il se vengeait toujours. Toujours.
Je clignai plusieurs fois des yeux pour ôter les images qui venaient de surgir devant mes yeux et tournai la tête vers la prison. De là où j'étais, je pouvais voir Oscar, ainsi que Carol et Axel, plus loin dans la cours. Ces deux-là discutaient ensemble. Je fronçai légèrement les sourcils. Ils avaient l'air d'être rapidement devenus assez… proches. Ils s'entendaient plutôt bien, je le voyais. J'avais toujours été douée pour voir les relations naître entre les gens. Je sentais toujours quand des personnes étaient faites pour s'entendre ou pas. J'aimais observer les gens qui m'entouraient, c'était peut-être pour ça. Ne pas parvenir à cerner quelqu'un me procurait une sensation de gêne assez désagréable. Comme avec Daryl, par exemple. Lui, je ne parvenais pas du tout à le cerner. Il avait une certaine… aura autour de lui. Quelque chose de mystérieux, d'un peu sombre. Il semblait constamment trainer un poids derrière lui. Quelque chose de lourd, de pénible. C'était très intriguant. Je devais bien avouer que cet homme attisait beaucoup ma curiosité.
Soudainement consciente de mes pensées, je secouai la tête, un sourire incrédule aux lèvres. Non mais… qu'est-ce qui me passait par la tête, sérieusement ? Comme si c'était le moment de penser à ça ! Le Gouverneur allait sûrement attaquer d'une minute à l'autre, et moi, je m'encombrai inutilement les pensées en réfléchissant à un homme avec qui j'avais tout juste échangé quelques paroles ! Lâchant un petit rire moqueur, je secouai une nouvelle fois la tête et entrepris de remonter vers la cours. Je voyais toujours Carol et Axel discuter. Ils semblaient bien rire.
Jusqu'à ce qu'Axel s'effondre soudainement, juste après un coup de feu retentissant.
Mon premier réflexe fut de me baisser le plus bas possible. Je lâchai une petite grimace quand mon bras cogna contre ma jambe, mais je décidai d'ignorer la douleur. Je me tournai alors vers le portail. Ce que je vis manqua de me faire avoir un infarctus.
Des hommes avaient, par je ne savais quel tour de force, prit place sur les tours de la prison et ils se mettaient à nous canarder allégrement avec leurs armes automatiques. Je me plaquai davantage au sol quand je vis une arme se tourner vers moi. Une pluie de balle m'arrosa alors et je me recroquevillai au maximum. Je ne sais pas si je devais remercier ma chance ou le manque de visibilité, mais aucune balle ne me toucha. Cependant, quand l'une d'entre elles explosa juste devant ma tête, je roulai sur le côté, poussant un cri de douleur quand mon bras s'écrasa contre le sol. Une décharge se répandit dans tout mon côté droit et je serrai les dents pour ne pas perdre mes moyens. Je profitai d'un creux du sol pour me mettre un minimum à l'abri derrière une ridicule petite bute de terre. Je serrai les dents. Je sentais le sang se remettre à couler de ma blessure. Le bandage devait déjà être rouge.
Lorsque les tirs cessèrent, je relevais légèrement la tête et regardai autour de moi. Je n'étais pas très loin de l'endroit où se trouvait Hershel. Malheureusement, tenter de le rejoindre aurait été trop dangereux, surtout avec les tireurs en hauteur sur les tours. J'étais bloqué. Je ne pouvais pas bouger.
- Merde, sifflai-je.
Il ne fallait pas qu'ils entrent dans la prison. Si le Gouverneur mettait la main sur Gwen… Blessée ou pas, il ne lui ferait pas de cadeaux.
- Hershel, appelai-je, ça va ?
- Je… Oui, ça va.
Je ne voyais de l'homme qu'une vague tâche blanche parmi les touffes d'herbe et j'étais rassuré de l'entendre me répondre.
Des cris se firent alors entendre en provenance de la cours et je relevais la tête. Je ne voyais pas tout à cause des herbes, mais je distinguai quand même Maggie courir avec deux armes automatiques qu'elle distribua avant de se cacher derrière un meuble, les tirs pleuvant sur elle. Je serrai les dents. Putain, on était salement dans la merde. Ils allaient entrer et nous mettre KO en un claquement de doigts. Et le pire, c'était qu'on n'allait rien pourvoir faire. De rage, j'abattis mon poing sur le sol. Bon sang, quelle poisse !
Soudain, un bruit de moteur se fit entendre, grandissant de seconde en seconde. Je relevai la tête, tentant de voir par-dessus les herbes. Un camion blanc et orange arrivait droit sur la prison. Droit sur le portail. Et il ne semblait pas ralentir d'un pouce. J'écarquillai les yeux. Je ne pus qu'assister, impuissante, à la destruction des portails. Le camion continua à rouler jusque devant le portail séparant la cours du reste de la prison. Je sentis mon cœur battre plus vite dans ma poitrine. Hershel et moi n'étions qu'à quelques mètres du véhicule. Nous serions forcément les premiers touchés. Hershel allait être descendu d'une balle dans la tête sans autre forme de procès. Et moi, on allait m'amener au Gouverneur, et j'allais passer un sale moment. Il allait me faire payer ma trahison.
Soudain, dans un grand fracas métallique, la grille qui se trouvait à l'arrière du camion tomba. Un frisson parcourut ma colonne vertébrale et je passai ma main dans mon dos pour sortir mon pistolet de ma ceinture. Je ne savais pas ce qu'avait prévu ce taré, mais je ne pouvais pas l'affronter sans arme, c'était certain. Je relevais alors la tête et retins le cri qui faillit sortir de ma poitrine.
Des Mordeurs. C'était des Mordeurs qu'il y avait dans ce camion. Et ils étaient en train de les déverser dans la prison. Droit sur Hershel. Droit sur moi.
Précipitamment, oubliant les tireurs sur les tours, je me redressai sur les genoux et me précipitai vers le vieil homme, le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine. Merde. Merde, merde, merde ! Je me laissai tomber à plat ventre à côté du médecin, tandis que les tirs reprenaient dans mon dos, et je croisai son regard.
- Faut qu'on bouge, soufflai-je, paniquée. On peut pas rester là, on va crever.
- Hershel, Romane ! hurla alors Rick. Dégagez de là !
Je ne me le fis pas dire deux fois et me redressais, oubliant totalement le danger des autres tireurs. Les Mordeurs arrivaient déjà sur nous. Serrant les dents, je levai mon arme et tentai de viser la tête du Mordeur le plus près. Ce n'était déjà pas facile avec une seule main, alors en plus que je n'étais pas doué avec les armes à feu... Je tremblais comme une folle et je ne parvenais pas à vraiment fixer une cible. Aussi, lorsque j'appuyai sur la détente, ce fut un vrai miracle que ma balle atteigne le Mordeur que je visais. Je me tournai vers Hershel et l'incitai à se lever. Il fallait qu'on bouge de là, et rapidement. Les Mordeurs se rapprochaient de plus en plus, je n'avais pas envie de les voir de plus près. Du coin de l'œil, je vis alors Maggie ouvrir le portail de la prison et, tandis que je ratais un autre Mordeur, une voiture grise entra dans mon champ de vision. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. C'était Glenn. Oh, dieu merci, c'était Glenn ! La voiture s'arrêta près de nous et je me tournai immédiatement vers Hershel pour l'aider à se remettre debout et à avancer vers la voiture.
Mon regard se posa alors sur Rick. Rick, qui se battait contre les Mordeurs, en dehors des grilles. Rick, qui ne se battait pas tout seul. Rick, qui se battait en ce moment-même avec un autre homme à ses côtés. Un poids s'ôta de mes épaules et je montai dans la voiture sans lâcher les hommes du regard.
Daryl était de retour.
Bon sang, Daryl était de retour.
