Bonjour ou bonsoir ! J'espère que votre rentrée s'est bien passée, voici le onzième (déjà onze) chapitre de cette histoire. J'ai décidé de répondre aux commentaires ici pour plus de facilités haha.

Soyann : Merci pour ton commentaire et tous les autres! Je crois que les deux autres garçons de Poufsouffle de leur année avaient fait une brève apparition dans le chapitre huit ou sept, je ne sais plus (on les voit un peu plus dans la suite). Merci de m'avoir prévenu que j'avais (aussi) fait une erreur de continuité vis-à-vis de la répartition de Teddy, je ne l'avais pas vu, celle-là. Je n'ai pas vraiment eu le temps de continuer cette fic ces derniers temps, je suis au chapitre 32, et quand j'ai commencé à publier, vers juin, je devais être autour de cinq chapitres. Il y a plus de marge maintenant haha. Je pense qu'il y aura beaucoup de chapitres, autour d'une cinquantaine ou un peu plus.

H jedusor : Merci pour ton commentaire et pour tes messages d'encouragement! Je pense (ou en tout cas, c'est le cas dans cette histoire) que les parents de Scorpius l'ont complètement tenu à l'écart de la société sorcière, et il n'avait pas beaucoup d'amis en grandissant - encore moins d'amis sorciers - ce qui explique le fait qu'il n'était pas au courant que son père était un Mangemort.

J'ai également reçu un commentaire par rapport aux bandes-dessinées qui sont mentionnées au cours des différents chapitres, et comme je ne suis pas complètement immergée dans le fandom DC ou Marvel, je m'excuse d'avance si je fais des erreurs.

Par contre, j'ai vu plusieurs personnes me dire qu'elles n'appréciaient pas Albus, et je suis curieuse ; pourquoi ? C'est un des personnages principales de l'histoire et je ne suis sûrement pas assez objective pour voir ses défauts.

Update 08/09 : J'ai apporté quelques modifications au début de ce chapitre et ai notamment rajouté une scène (pour plus de contenu, et aussi un meilleur contenu). Rien qui ne change de manière très significative l'histoire, mais je tenais à le signaler.


La Volière était vide, ce matin ; à vrai dire, c'était samedi, et ils étaient peu à se lever à neuf heures un samedi pour envoyer une lettre. Déjà, le temps commençait à se refroidir, l'air se faisait plus fort, et les feuilles commençaient à tomber des arbres. C'était la mi-octobre.

-Tu ne trouves pas que Scorpius est... bizarre, en ce moment ? se risqua Albus tout en se penchant pour attacher sa lettre à la patte de sa chouette, Array.

-Comment ça ? fit Rose en haussant les épaules avec indifférence. Il n'a pas l'air différent, pour moi.

-Tu plaisantes ? répondit-il. Il est distant, depuis quelques jours.

-Peut-être qu'il a enfin appris qu'on préférait que nos parents ne savent pas qu'on est amis, suggéra Rose.

Albus vit sa chouette s'envoler par la fenêtre, et se retourna vers sa cousine.

-C'est vraiment ce que tu souhaites ? Tu imagines comment il réagirait, si c'était le cas ? fit-il, la peur commençant à lui retourner l'estomac.

-Il prendrait ses distances, présuma Rose. C'est ce qu'il fait, non ? Et si quelqu'un lui avait dit ?

-Phebe, tu veux dire, répondit Albus.

-Non, répondit Rose, semblant réfléchir, en secouant la tête. Je connais Phebe. Si on lui dit de ne rien dire, elle ne dit rien.

Enfin, ils descendirent l'escalier de pierre, et s'approchèrent de la porte menant à la sortie.

-Qui, dans ce cas ? demanda Albus en poussant la porte de bois.

-Je ne sais pas, répondit Rose en toute franchise. C'était qu'une idée, tu sais. Scorpius pourrait ne pas savoir.

Albus resta silencieux. A présent, il n'arrêtait pas d'y penser. Il sentit de nouveau le poids peser contre lui ; le même poids qui l'enserrait depuis ce jour, au match de Quidditch. Alors qu'ils descendaient l'allée de pierre, Anson les rejoignit, déjà emmitouflé sous une écharpe et un bonnet.

-Mrs. Christie vient de retirer dix points à Serpentard, annonça-t-il en marchant aux côtés d'Albus.

-Qu'est ce que tu as fait ? demanda celui-ci.

-Tu sais qu'il n'est que neuf heures ? fit Rose avec un sourire.

-Oui, répondit Anson. J'allais vous rejoindre à la Volière, et je m'entraînais au sort – vous savez, celui pour faire apparaître des fleurs, on a vu ça il y a quelques jours – et j'ai en quelque sorte fait exploser une armure.

-En quelque sorte ? répéta Albus en riant.

-Elle n'était pas vraiment explosée, précisa alors Anson. Et Christie est arrivée, et... bref, elle a dit qu'elle ne me donnait pas de retenue, car sinon, j'atteindrais trop vite un plafond et mes parents seraient surchargés de lettres.

Albus ne pouvait s'arrêter de rire. Enfin, ils parvinrent jusqu'à la Grande Salle, remplie de moitié, et ils prirent place à la table de Serpentard. Tout autour d'eux, Albus n'avait pas besoin de participer aux conversations, il en devinait déjà leur contenu ; le Tournoi des Trois Sorciers, et l'arrivée des élèves français et bulgares, dans quelques jours, maintenant. Albus aussi était pressé. Il n'avait jamais vraiment voyagé en-dehors de la Grande-Bretagne, et n'avait jamais non plus entendu d'autres langues que l'anglais (si on oubliait le gaélique qu'Anson marmonnait parfois dans son sommeil).

C'était une matinée typique, à Poudlard. Le plafond annonçait une journée pluvieuse, et il voyait déjà des élèves occupés à jouer aux échecs, à faire leurs devoirs, penchés sur leur parchemin, tenant la plume si près de l'encre que leurs doigts se tâchaient ; bien que la Grande Salle ait surtout été là pour le permettre de manger. Certaines bougies étaient allumées pour palier au manque de lumière dû aux épais nuages gris, tout là-haut, et par les grandes fenêtres de la salle, Albus voyait l'eau du lac noir s'agiter.

Eux aussi cédèrent bien vite à la tentation de rester dans la Grande Salle, aujourd'hui, et Anson avait sorti un jeu de cartes explosives, tandis que Rose s'efforçait de reprendre les notions de métamorphose avec Albus.

-Transformer un animal en un objet, répétait-elle avec une patience admirable. C'est surtout une question d'entraînement – bien que je te déconseille de changer Array en cuillère, il risquerait de prendre feu. Tu dois comprendre avant de pratiquer. Comprendre. Pas apprendre ton cours par cœur, c'est pour ça que...

Elle s'arrêta. Le regard d'Albus avait dérivé dans un coin de la pièce. Il était bien dix heures et demi, et la Grande Salle était couverte par les conversations de petits groupes d'élève, assis d'un coin d'une table à une autre, une lueur jaune baignant la salle.

-Albus, tu m'écoutes ? fit-elle alors.

-Je ne sais pas, répondit celui-ci en un soupir. C'est ennuyant, la métamorphose. On peut pas jouer aux cartes, à la place ?

-Quand tu veux, fit Anson avec un sourire, en battant ses cartes, tandis que les portes de la Grande Salle s'ouvraient pour laisser entrer un nouveau groupe d'élèves.

Albus se laissa aller aux cartes, et se décala pour faire face à Anson, tandis que Rose poussait un soupir exaspéré.

-Tu ne viendras pas te plaindre, quand tu seras en galère avec tes révisions, à la fin de l'année, lâcha-t-elle. Je fais ça pour toi, tu sais.

Albus leva les yeux au ciel. Il n'aimait pas lorsqu'elle prenait ce ton moralisateur.

-Hé, Albus.

Il redressa brusquement la tête. Scorpius se tenait juste debout, à quelques pas de lui à peine, et tout de suite, il remarqua les tremblements qui agitaient ses mains, la manière dont ses yeux cherchaient d'un air désemparé des points imaginaires et mouvants d'un côté et d'un autre de la salle.

-Scorpius, fit-il, le souffle court, alors que l'inquiétude le gagnait vraiment, cette fois ; et ce n'était pas pour lui, mais pour son ami. Qu'est ce qui...

-Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ? coupa-t-il alors, ses yeux se plantant enfin dans les siens.

Et, dans la manière dont il avait parlé ; un souffle difficile et des mots qui luttaient pour franchir ses lèvres, la gorge qu'il sentait serré de sanglots, Albus se leva et traversa les quelques mètres à peine qui les séparaient, mais Scorpius se recula comme par instinct, et Albus se figea face à lui.

-Pourquoi tu ne m'as pas dit que mes parents étaient des Mangemorts, Al' ? demanda-t-il alors, sur le même ton presque brisé, épuisé, et comme un murmure. Je croyais qu'on était amis. Je croyais qu'on...

-On est amis, Scorpius, dit Albus. On est...

-Alors pourquoi tu ne m'as rien dit ? coupa Scorpius, plus vite et plus durement, les sourcils froncés par l'incompréhension. Les amis n'agissent pas comme ça, Albus.

-Tu crois que je voulais te cacher ça ? Tu crois que c'était mon choix ? souffla Albus, avant de marquer une pause. Scorpius, crois-moi, j'aurais aimé te le dire, mais... je ne pouvais pas trouver les mots, et... ce n'est pas le genre de chose qui s'explique avec des mots, tu sais.

-Oui, je sais, répondit sèchement Scorpius. Tu sais, je pensais que tu étais moins égoïste. Moins égocentrique, et plus soucieux. J'avais tord. J'avais tord aussi quand je pensais que je pouvais avoir confiance en toi.

Albus resta immobile, ses bras et ses jambes semblaient s'être changés en marbre. Ses mots l'avaient atteint en plein visage, et à présent, il ne pouvait plus bouger. Il aurait aimé prévenir Scorpius, c'était vrai. Il aurait aimé le prévenir plus tôt, beaucoup plus tôt, mais il avait déjà été si surpris en s'apercevant qu'il n'était pas au courant pour son père... Albus avait vu l'admiration qu'il avait pour lui, lorsqu'il en parlait. Il avait vu l'enthousiasme qu'il mettait dans les conversations quotidiennes lorsqu'il pouvait parler de ses parents.

Albus le trouvait si heureux, dans ces moments, qu'il n'aurait jamais songé un instant, qu'il n'aurait jamais eu le courage, de lui dire la vérité. Même si ça voulait dire qu'il devrait mentir.

Mais Scorpius avait déjà tourné les talons et s'avançait à présent vers les portes de chêne de la Grande Salle, Augustus traînant derrière lui, semblant presque regretter la discussion qui venait d'avoir lieu, mais enroulant son bras autour des épaules de Scorpius en signe de réconfort.

Il ne revit pas Scorpius du reste de la journée, si ce n'est en cours, et dans ces cas-là, il gardait son air abattu, ses yeux baissés vers son bout de parchemin, mordillant le sommet de sa plume sans vraiment écouter le cours. Et c'était une attitude si étrange de la part de Scorpius – il était sûrement un des meilleurs élèves de leur année, avec Rose et Phebe – qu'Albus se retrouva encore une fois confronté à l'inquiétude. Et si tout ces pupitres, tout ces élèves ne s'étaient pas trouvés entre eux, alors, il se serait sûrement précipité vers lui.

Mais il ne fit rien et, au lieu de ça, il vit la journée passer. Jusqu'à ce qu'enfin, le soleil se couchant déjà derrière la chaîne de montagnes, au loin, faisant dorer la verdure des arbres, scintillant sur la surface sombre du lac, il arrivait enfin aux marches de pierre, face à l'entrée du château, revenant de la Volière. Et, alors qu'il montait les stèles grises, il se retrouva face à Scorpius pour la seconde fois de la journée. L'ai perdu dans ses yeux et l'incompréhension, la tristesse, qui marquaient son visage. Mais cette fois, Albus ne se défila pas.

Scorpius non plus. Il resta immobile, face à lui, son écharpe jaune et noire autour du cou. Albus ne savait pas combien de minutes s'étaient écoulées dans ce même silence, uniquement troublé par le vent qui sifflait à leurs oreilles et le chant tardif des derniers oiseaux.

-Désolé, dit-il enfin, en un souffle.

Le mutisme dans lequel resta Scorpius l'inquiéta autant qu'il le poussait à continuer. Alors, prenant une profonde inspiration, Albus reprit :

-Crois-moi, j'ai voulu. J'ai voulu te le dire. Plusieurs fois, même. Mais... tu sais, Scorpius, il y a des fois où envisager faire quelque chose qui pourrait te faire du mal semble être la chose la plus inhumaine au monde.

Sa voix s'éteignit une nouvelle fois. Ils étaient dans le parc ; un parc désert et refroidi par l'air de la fin du mois d'octobre.

-Mais je suis ton ami, assura Albus. Tu es même... Scorpius, tu es le premier véritable ami que j'ai jamais eu. Et parfois, quand je pense à tout ce que je pourrais faire pour toi... mon cerveau se met à vriller.

Scorpius bougea enfin. Il cligna lentement des yeux, détourna le regard avant de, finalement, le ramener au sien.

-C'est gentil, Albus, mais... marmonna-t-il. Ça ne change rien au fait que tu ne m'aies rien dit. Et ça ne change rien non plus au fait que tu caches à ta famille le fait qu'on soit amis. Est-ce que tu te rends compte d'à quel point c'est douloureux, de savoir ça ?

-Oui, s'exclama aussitôt Albus. Oui, je m'en rends compte, et... Scorpius, je suis désolé. Crois-moi. Je veux juste... je ne veux pas que les choses changent, entre nous, d'accord ?

Mais Scorpius restait silencieux, et paraissait encore moins convaincu. Alors, Albus fut celui qui soupira, cette fois, avant de le regarder.

-Tu vas venir chez moi, dit-il alors. Pour Noël. Avec ma famille. Tu vas les rencontrer, d'accord ? Si ça peut réussir à te faire sentir mieux, alors je ferais ça, d'accord ?

Scorpius parut réfléchir, en silence, l'espace de quelques secondes.

-D'accord, céda-t-il, en un souffle.

Alors, Albus l'entraîna vers lui, et enserra ses épaules de ses bras en une étreinte, laissant sa tête reposer contre son épaule, une épaule trop raide et trop inerte à laquelle il n'était pas habitué.

-Je ne veux pas que tu te sentes mal, Scorpius, dit-il en un dernier souffle. Tu es la première personne qui a vraiment de l'importance pour moi et... je ne veux pas que tu te sentes mal.

oOo

Albus ne pouvait s'empêcher de dévisager les élèves de Beauxbâtons et de Durmstrang qui marchaient parmi eux, tandis qu'ils regagnaient tous ensemble la Grande Salle. Ils avaient fait impression, en arrivant Beauxbâtons avec son carrosse et ses chevaux ailés, Durmstrang avec son navire qui avait jailli de l'eau – ce qui faisait demander à Albus comment Poudlard se rendrait dans ses écoles, dans cinq ans, lorsqu'une des deux accueillerait à leur tour le tournoi.

Ils étaient grands, et imposants, aussi. Durmstrang, avec leurs vêtements trop chauds, et Beauxbâtons, avec leurs vêtements trop légers. Les bulgares jetaient des regards tout autour d'eux, les français gardaient la tête droite, fiers. Ils avaient tous l'air de juger le château, ses grands murs gris certains ébahis, d'autres réticents.

Beauxbâtons était guidé par une femme au visage déjà ridé, malgré un âge plutôt jeune. Elle semblait avoir une quarantaine d'année, des cheveux blonds attachés en queue-de-cheval, pas très grande. Elle avait l'air droite, aussi. Albus avait le sentiment qu'elle s'entendrait bien avec leur directrice. Ou alors, elles se détesteraient. C'était à voir. Ses élèves la suivaient, comme un petit troupeau, un troupeau dissipé, c'était sûr. Il voyait les nombreux groupes, différents, qui riaient, sortaient du rang, jetaient des regards au château, que la directrice s'efforçait de tenir en place.

Et puis Durmstrang avait un directeur. C'était un homme qui portait des lunettes, avec un menton développé, et un crâne qui commençait à se dégarnir. Il était grand, courbé, mélangé parmi ses élèves. Albus n'avait pas l'impression qu'il ait eu une très grande autorité, mais ses élèves restaient calmes malgré tout pour faire bonne impression, sûrement. Ils parlaient tout bas, mais là encore, il voyait bien que l'école présentait différents cas ils marchaient, tous serrés ensemble, certains plus proches que d'autres. C'était eux qui scrutaient le château, plus que les français.

D'un côté, donc, il y avait la classe très dissipée, malgré une fierté palpable, des français et de l'autre, les élèves réservés, autonomes, désireux de donner bonne impression, de Bulgarie. Et c'est comme ça qu'ils entrèrent dans la Grande Salle. Une cinquième table y avait été ajouté, et les étendards aux couleurs et aux armoiries de l'école étaient sortis, accrochés aux murs. Albus suivit Anson et les autres garçons de son dortoir jusqu'à la table de Serpentard. Il vit les élèves de Beauxbâtons et Durmstrang prendre place à la cinquième table. L'uniforme rose clair de Beauxbâtons et celui, noir, de Durmstrang, offrait une grande distinction à la table. Et puis les deux directeurs délaissèrent leurs élèves, et regagnèrent la table des professeurs, sur l'estrade. Et Minerva McGonagall entama son discours.

-Ce soir, comme vous le savez tous, nous accueillons les écoles de Beauxbâtons et de Durmstrang entre nos murs, disait-elle. Je m'attends, bien sûr, à une conduite irréprochable de la part des élèves de Poudlard.

-Tu as entendu ça, Anson ? fit Wright Dickman avec un sourire amusé. Irréprochable.

Celui-ci répondit par un sourire.

-Je vous prie donc d'accueillir Grigori Petrov, directeur de Durmstrang, et la directrice de Beauxbâtons, Jocelyne LeBeau, fit leur directrice.

Albus se joignit aux applaudissements qui gagnèrent la salle. C'est alors que se levèrent trois sorciers, assis dans le fond de la salle, auprès d'un journaliste et de son photographe.

-Egalement, le Tournoi sera placé sous la surveillance du Ministre de la Magie, Mr. Shacklebot, poursuivit la directrice. Du ministre des Jeux et Sports Magiques, Mrs. Elgerton, et du ministre de la coopération magique internationale, Mr. O'Laughlin.

Les applaudissements retentirent encore, tandis que les ministres saluaient les élèves. Et puis, ils regagnèrent leur place.

-A partir de ce soir, et ce jusqu'au 31 octobre, à dix-huit heures, les élèves de dix-sept ans – dix-sept ans, et pas moins – pourront déposer leur nom sur un bout de parchemin dans la Coupe de Feu afin de soumettre leur candidature, reprit la directrice. Il n'y aura qu'un seul candidat choisit par école, qui s'engagera dans le Tournoi des Trois Sorciers. Il est enfin bon de rappeler que ce tournoi n'est pas pour les plus peureux d'entre nous et que l'engagement que le champion prendra avec la Coupe est irrévocable.

Le discours s'acheva rapidement, laissant place au banquet. C'était un mélange de spécialités (Albus avait deviné que c'était des spécialités en voyant de la crème anglaise il n'avait jamais de crème anglaise, d'ordinaire) des différents pays, toutes proposées sur la même table.

-J'espère que mon frère sera le champion, dit Wright en regardant avec appréhension les plats qui étaient face à lui. Il vient d'avoir dix-sept ans, et puis... ce serait cool.

-Tu n'as pas peur d'avoir la pression ? demanda Libby Walker, une fille, petite et blonde, de leur année.

-Pour que j'ai la pression, il faudrait que j'ai des doutes sur le fait d'être choisi, fit Wright avec un clin d'oeil. Moi, j'ai pas besoin de doute. Je sais déjà que la prochaine fois que le Tournoi aura lieu, en septième année, je serais le champion de Poudlard.

-Vraiment ? fit Ethel Cause en levant un sourcil interrogateur. Car si on se présente tous, dans cinq ans, je pense que la championne sera Elvira.

Elvira Holmes, assise juste à côté de sa meilleure amie, releva la tête et eut un grand sourire en direction de Wright.

-Je pourrais te battre en duel, si je le voulais, dit Elvira.

-C'est faux, répondit Wright.

-C'est vrai, rétorqua Elvira, toujours souriante. J'ai les meilleures notes en Défense contre les Forces du Mal.

-Comment tu sais ça ? demanda Jeremiah McIntyre, intrigué.

-Mr. Sapping me l'a dit, fit Elvira.

-C'est du favoritisme, annonça Lionel Uleaven, indigné.

-C'est complètement du favoritisme, approuva Wright.

Elvira se contenta de lever les yeux au ciel, avant de regagner son assiette. Albus se demandait qui, à Poudlard, allait être le champion. Il espérait que ce serait un Serpentard. Par Merlin, il voulait vraiment voir la tête de James si le champion était un Serpentard.

Le banquet passa vite. Après tout, il était tard, maintenant, et les délégations bulgares et françaises devaient avoir fait une longue route. Alors, Albus suivit sa maison jusqu'à l'extérieur de la Grande Salle.

C'est là qu'il la vit. La Coupe de Feu. Elle avait été installé devant les marches de pierre, pendant le banquet, sûrement. C'était une sorte de pilier de pierre, gravée aux armoiries de Poudlard. Et dedans dansait une épaisse flamme bleue. Tout autour de son socle, une fine ligne blanche tracée dans la pierre.

-C'est une limite d'âge, informa Albus à Anson. Je le sais car mon père me l'a déjà expliqué.

-Ton père ? répondit Anson, étonné.

-Oui, fit alors Albus, un peu gêné, maintenant, car il n'aimait pas vraiment parlé de sa famille, et en particulier de son père. Il a en quelque sorte été le champion de Poudlard.

-Vraiment ? s'exclama Anson. C'est génial !

Albus eut un sourire, malgré tout. Parfois, il oubliait qu'Anson était un né-moldu, à quel point Anson était un né-moldu, et à quel point les moldus ne savaient rien sur lui. Il trouvait ça plaisant, enfin.

-Oui, répondit-il. Va lui dire ça.

Son père n'aimait pas spécialement parler de son adolescence, ou de son enfance, ou de sa vie en fait. Albus s'en était rendu compte au fil des années, à force qu'il essaie d'en apprendre plus sur lui. Et finalement, il s'était lassé, laissant les journaux en apprendre plus sur son père que son père lui-même. Et puis ce genre de discussion avait fini par disparaître. Et puis les discussions, tout court, pour qu'au final Albus ne parle que très peu avec son père, quelques paroles échangées une fois par jour, avec de la chance.

Ils entrèrent en même temps que les autres d'un air jovial dans la salle commune. Chacun parlait du Tournoi, et Albus entendait déjà les dernière année parler de participer. Il n'était pour personne en particulier, mais si quelqu'un devait être le champion, ce serait Elena Andrew, la préfète-en-chef de Serpentard. Elena était sympa, et puis, elle était douée.

oOo

S'il y avait une chose dont Albus était certain, c'était que la prochaine fois qu'il ferait une promesse, il y réfléchirait à deux fois avant de parler. Ce soir-là, lui, Anson et Rose avaient réussi à se glisser à la table de Poufsouffle. C'était facile, après tout les professeurs ne prêtaient pas vraiment attention à eux. Et à côté de lui, Scorpius avait retrouvé sa joie habituelle, et Albus savait qu'il y était pour quelque chose – fait qu'il trouvait réconfortant tout autant qu'il l'effrayait surtout qu'à présent, il avait le devoir de présenter Scorpius à ses parents – car son ami ne le laisserait pas oublier de si tôt cette promesse.

Albus était presque sûr que les choses allaient mal se passer. Il était presque sûr qu'il aurait à choisir entre sa famille et Scorpius. Sa gorge se nouait lorsqu'il y pensait trop. Et puis, lorsqu'il en parlait, Scorpius semblait tellement ravi. Albus avait peur.

Face à eux se trouvait la table de Beauxbâtons et de Durmstrang, qui eux aussi attendaient. Il y avait quelque chose de différent, cette année-ci. On sentait bien que c'était un Halloween différent déjà, la Grande Salle n'était pas décorée, si ce n'est par les couleurs des quatre maisons, et par les armoiries de l'école. Et enfin, entre les tables et l'estrade, la Coupe de Feu, située à l'endroit réservé habituellement au tabouret et au Choixpeau lors de la Répartition, et déplacée pour l'occasion. Et chacun avait les yeux tournés vers la colonne de pierre, les conversations fébriles, d'un coin à l'autre de la salle.

-Pourvu que ce soit un Poufsouffle... Pourvu que ce soit un Poufsouffle... répéta Augustus, tout bas.

-Fais attention à ce que tu dis, marmonna Scorpius, en lui donnant un coup de poing amical dans l'épaule. On a des Serpentard et des Gryffondor, à cette table.

Rose leur adressa un sourire amusé. C'est alors que la directrice prit la parole.

-La Coupe de Feu va enfin annoncer les noms des trois champions, dit-elle simplement, en s'approchant de la coupe. Si votre prénom est appelé, vous vous dirigerez vers l'estrade, puis vers la porte menant à la salle des trophées, au fond, à gauche.

C'est alors que la flamme de la Coupe passa du bleu au rouge un rouge vif, qui fit fermer les yeux à Albus. La flamme s'effila, et recracha le bout de parchemin. La directrice s'en saisit, avec précaution, et le retourna.

-La championne de Beauxbâtons... entama la directrice d'une voix plus forte, quoiqu'un peu trop sévère pour ce genre d'événements. Est Nadine Gavreau.

Un tonnerre d'applaudissements retentit dans la salle, et une fille se leva de la masse d'élèves de Beauxbâtons. Elle semblait être quelqu'un de populaire, d'après les applaudissements et les acclamations qu'elle recevait elle était très grande, avait un visage très fin, et une peau très sombre. Elle se dirigea, toujours dans l'uniforme clair de son école, jusqu'à l'estrade, adressant des sourires, un peu gênés, sûrement, aux professeurs et aux élèves, et entra dans la salle des trophées après une tape maternelle de sa directrice sur l'épaule.

La coupe était redevenue bleue, en attendant, et il y eut un craquement tandis qu'un filet de flammes relâché le second bout de parchemin. De nouveau, Minerva McGonagall s'en saisit, et le lut à voix haute, d'une voix forte :

-Le champion de Durmstrang... est Dyakon Paskalev !

Dyakon Paskalev se leva de la table, à son tour, serrant brièvement dans ses bras ses amis. Il était un peu petit, mais très musclé c'était, en fait, une sorte de cube fait de muscles. Il n'avait pas l'air très intimidant, juste très... fonceur. A son tour, il s'avança vers l'estrade, se risqua à son tour à des sourires, saluant son directeur d'un signe de la tête.

Et puis, il disparut par la porte que Nadine Gavreau avait franchi, quelques minutes auparavant.

Désormais, il ne restait plus que Poudlard, et ce serait mentir que de dire que personne n'était pressé de savoir qui serait le champion. Les discussions reprenaient, les regards se multipliaient d'élève à élève, les coups d'oeils furtifs en direction de la Coupe, de la directrice, des autres élèves, de la porte de la salle des trophées, des élèves de Beauxbâtons et de Durmstrang.

-J'espère que ce ne sera pas un élève de Serdaigle, disait, très vite, dans l'attente, Augustus. Tout sauf Serdaigle.

-Pourquoi ? demanda Rose, intriguée.

-Car Serdaigle a gagné la Coupe des Maisons, l'an dernier, répondit Scorpius avec un sourire amusé.

-C'est complètement stupide, fit Albus.

-A qui le dis-tu, répondit Scorpius, en se tournant vers lui. Mais c'est Augustus, tu sais, alors...

-La championne de Poudlard... est Alvena Greengrass !

-Oui, je comprends, fit Albus, en même temps que la directrice.

-Scorpius ! appela alors Rose, en se tournant vers eux. C'est pas ta cousine, par hasard ?

Ils s'arrêtèrent. Albus dirigea son regard vers la jeune fille qui se levait de la table de Serdaigle. Elle portait l'insigne des préfets-en-chef, était assez petite, avec des yeux clairs, et de longs cheveux noirs. Elle ressemblait à Scorpius, de visage... Par Merlin. Cette fille, c'était la cousine de Scorpius. Celui-ci aussi paraissait étonné.

-Non, répéta-t-il. C'est impossible... on en avait déjà parlé. Elle avait dit qu'elle préférait passer sa septième année à réviser pour ses ASPICs. Elle n'allait pas se présenter. Elle...

-Eh bien, coupa Rose en la suivant du regard tandis qu'elle entrait à son tour dans la salle des trophées. Elle vient d'écoper d'une année sabbatique, si c'était son plan.

Scorpius resta muet.

-Bon sang, marmonna-t-il. Ma cousine est la championne de Poudlard.


Ce chapitre est fini, n'hésitez pas à laisser votre avis en commentaire, c'est toujours gentil ! Aussi, ne vous attendez pas à ce que le Tournoi prenne une graaande place au sein de l'histoire, je vous préviens pour ne pas vous décevoir.