Chapitre 11
Lexa dormait sur le canapé au soleil. Polyphème installé en boule, sur son ventre dormait également. Clarke assise dans le fauteuil un peu en retrait la dessinait.
Lexa commença à s'agiter dans son sommeil et se réveilla en sursaut. Polyphème réveillé par la même occasion, prit peur et s'accrocha à elle.
– Aïe ! Cria Lexa en sentant les griffes du chat dans sa chair. Elle le regarda, eut un mouvement de recul et le poussa, effrayée.
Il atterrit par terre. Vexé, il ne lui accorda pas un regard. Il s'éloigna, sauta sur le fauteuil où sa maîtresse se tenait quelques instant plus tôt, et commença sa toilette.
Clarke qui s'était précipitée vers elle la rassura.
– C'était un cauchemar, rien de plus.
Lexa se leva pour reprendre un peu de contenance, et ramassa le dessin tombé à terre. Elle le regarda et leva la tête vers Clarke.
– Oh, ce n'est pas encore fini expliqua, Clarke.
La jeune femme déglutit face aux yeux verts qui la fixaient, et décida de changer de sujet.
– Tu as faim ?
– Oui.
– Suis-moi, je vais te préparer un truc.
Clarke cuisina des œufs à la poêle avec du bacon, pendant que Lexa préparait des toasts. Elles mangèrent et elle lui raconta l'histoire de Polyphème et son origine. Lexa écouta en souriant.
À la fin du repas, elle regarda sa montre, et s'aperçut qu'il était plus tard que ce qu'elle pensait.
– Il faut que je rentre, dit-elle. Aden doit m'attendre.
– Tu ne peux pas appeler une voisine pour qu'elle le garde un peu ? Lexa, tu as reçu un coup de couteau. Honnêtement tu devrais dormir dans un vrai lit pour te reposer. Et puis en tant que ton médecin attitré je préférerais te garder en observation pour cette nuit… Précisa-t-elle avec un petit sourire.
– Ce n'est pas une voisine, mais un voisin. Un vieux croûton qui nous déteste Aden et moi.
– Tu veux donc partir contre avis médical ? Plaisanta Clarke.
– J'en ai bien peur, soupira Lexa.
– Ok, dit Clarke, je comprends. Je te ramène.
Elle gara la voiture devant chez Lexa et coupa le moteur. Lexa regarda par la fenêtre puis reporta son attention sur Clarke.
– Merci, dit elle doucement.
– Ne me remercie pas cette voiture se conduit toute seule…
– Tu vois ce que je veux dire.
– Quoi les points de sutures ? Encore une fois, ne me remercie pas, j'ai menti t'auras une cicatrice… Il faudra que tu prennes quand même quelques antibiotiques pour éviter toutes infections.
Lexa hocha la tête en signe d'acquiescement, sourit, se pencha et l'embrassa sur la joue.
– Bonne nuit, dit-elle en sortant de la voiture.
– Bonne nuit, répondit la jeune femme.
Clarke la regarda rentrer dans l'immeuble, soupira et démarra la voiture.
Le lendemain Lexa observa Clarke arriver qui lui souriait.
– Bonjour partenaire, dit Clarke. Ça va ? Tu n'as pas trop mal ?
Lexa fit une petite grimace.
– Les points tirent un peu mais sinon ça va.
– Bien. Devine ce qu'on va faire aujourd'hui.
– Aucune idée.
Clarke adopta un air professionnel.
– Nous allons interroger John Dalton, euh Dawson, pour voir s'il peut nous dire où crèchent ses frères… Je suis sympa c'est toi qui pourra mener l'interrogatoire.
– C'est vrai ?
– Absolument pas !... Mais si ! Je te laisse étudier le dossier, puis on y va ? Lui dit-elle en ouvrant un tiroir et en lui tendant une chemise en carton.
Lexa l'attrapa et l'ouvrit.
– Je vais me chercher un café, tu veux un thé ? Lui demanda Clarke.
– Mmh ? Oui merci, répondit Lexa déjà absorbée par sa lecture.
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Elles pénétrèrent dans la salle d'interrogatoire où les attendait l'individu assis sur une chaise métallique, menotté et attaché à un anneau en fer soudé à même la table qui faisait face à un grand miroir sans teint sur le mur opposé.
L'homme avait des cheveux gras, des petits yeux noirs et une moustache qui ne lui allait vraiment pas. Curieusement ce physique ingrat le faisait réellement ressembler à un des frères Daltons.
Il siffla en les voyant entrer.
– Regardez-moi ça ! Deux belles petites poupées rien que pour moi…
Clarke et Lexa ne lui accordèrent même pas un regard. Alors qu'elles s'asseyaient Clarke précisa.
– Je t'avais prévenu qu'il n'était pas très futé…
– Hé ! S'offusqua le suspect pas vraiment content.
– Tais-toi Avery…
– Je m'appelle John…
Face à lui Lexa le considéra un instant.
– Où sont tes frères ?
– Je n'ai pas de frères…
– Donc tu es le seul à cambrioler des maisons ?
– Ben ouais !… Merde ! Jura–t–il.
Lexa sourit intérieurement, c'était vraiment trop facile.
– Tu viens d'avouer les faits…
– Je ne dirai rien sans la présence de mon avocat, répondit-il bougon.
– Tes frères… Jack, Kevin et… Ah mince… Comment s'appelle le dernier déjà, Bob, non, Nick ? Non, ce n'est pas ça, ah je l'ai sur le bout de la langue… Tom ? Se demanda-t-elle tout haut.
– Ryan ! Putain ce n'est pas dur à retenir !… Merde ! Jura-t-il à nouveau.
Clarke ne put s'empêcher de remercier le ciel d'avoir arrêté le plus con de la bande…
– C'est ça... Ryan… Merci. C'est lui le cerveau, non ?
– Je ne dirai rien sans la présence de mon avocat, marmonna-t-il.
– Oh, tu sais quoi ? J'ai oublié de te le dire. Ton avocat a appelé. Il ne te représente plus. Bien sûr, il t'en sera commis un d'office… mais ça risque de prendre un peu de temps. Lui expliqua Clarke d'un ton neutre.
Il pâlit à cette annonce.
Lexa reprit la parole.
– Alors, maintenant on va parler sérieusement… John. Tu étais sur les lieux, tu as poignardé un officier de police, rien que pour ça tu as droit à une belle peine de prison… Le mieux que tu aies à faire c'est de nous dire où sont tes frères pour alléger ton voyage en taule. Elle le regarda en souriant, tu es plutôt beau gosse mentit-elle, tu vas faire quelques heureux en cabane…
Il déglutit.
– Tu crois vraiment que tes frères se préoccupent de toi. Ce n'est pas eux qui t'ont abandonnés dans la maison quand ils ont compris que les flics arrivaient ?
Il baissa la tête.
– Ils n'en ont rien à faire de toi… Réponds-moi honnêtement, ils ne se sont jamais moqués de toi ?
Il gardait la tête baissé. Lexa se leva.
– Pense à toi pour une fois John… Je te laisse réfléchir un peu… Je reviendrai plus tard…
Elle sortit de la pièce, suivie par Clarke. Elles entrèrent dans la pièce à côté et l'étudièrent à travers le miroir.
– Tu penses qu'il va craquer ? Demanda Clarke.
Lexa soupira.
– Regarde-le. Il est grand, et plutôt costaud. C'est le plus impressionnant des quatre frères… C'est aussi le plus stupide. Ils l'ont abandonnés. Je pensais ce que je lui ai dit. Si ça se trouve ça fait des années qu'ils profitent de lui et le bernent complètement en se foutant de lui ouvertement. Et lui encaisse… Mais au bout d'un moment le vase déborde… surtout si l'on est menacé… Il ne faut jamais sous-estimer la méchanceté dont quelqu'un est victime, d'autant plus si ça vient de ton propre sang… On apprend beaucoup de chose en observant les proches de quelqu'un Clarke, crois-moi.
– Oh, je te crois, lui répondit-elle en se disant que Lexa ne savait pas à quel point elle avait raison.
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Comme l'avait prédit Lexa, John Dawson dévoila tout et elles arrêtèrent le reste de la bande. Cela renforça leur respect mutuel. Dans les quinze jours qui suivirent, leur amitié se développa encore plus. Lexa but une ou deux fois un verre avec Clarke et Raven dans le bar de la rue en face du commissariat. Elle apprécia l'énergie et l'espièglerie de Raven qui allait de paire avec celle de sa partenaire. La jeune femme passa une nouvelle soirée chez eux. Clarke et Aden se découvrirent une passion commune pour le dessin. Il voulait devenir dessinateur de Bandes Dessinées et Clarke lui appris quelques astuces pour réussir un homme vu en plongé, et même plus dur, vu en contre-plongée. Ils s'entendaient bien. Adopter l'âge mental d'un adolescent de treize ans était une chose assez naturelle chez la jeune femme...
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Clarke dans sa cuisine parlait avec Polyphème, lui demandant s'il préférait une pâtée au lapin ou au bœuf.
– Celle au bœuf a en plus des légumes, lui précisa-t-elle en lisant l'étiquette.
Elle fut interrompue par la sonnette de l'entrée. Ne laissant plus le choix au chat, elle lui écrasa rapidement un peu de pâtée au bœuf dans sa gamelle, et alla ouvrir. Lexa un carton de pizza à la main lui souriait.
– Soirée pizza ?
– Et Aden ?
– Il dort chez un ami.
– Elle est à quoi la pizza ?
– Chorizo.
– Désolée je n'aime pas ça, répondit Clarke en lui fermant la porte au nez, pour la rouvrir aussi sec en souriant.
Lexa rit face à cette blague débile. Clarke ouvrit la porte en grand et la laissa enter.
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