On est revenus de vacances un peu plus tôt ;) Temps pourri et chéri rappelé au boulot ... Pfff Bref, pour me faire pardonner l'attente de presque deux semaines, je vous envoie la suite aujourd'hui (enfin, cette nuit quoi xD) :D
Navrée, j'ai encore pété un plomb dans ce chapitre ... Qu'est-ce que vous voulez, chassez le naturel et il revient au galop ! Mouarf !
Encore merci pour les reviews et bonne lecture !
°°o°° Scène X °°o°°
Julie fut réveillée avec le rayon de soleil qui se faufilait depuis la fenêtre et venait lui chauffer le visage. Un coup d'œil au réveil lui apprit qu'elle devait se tirer du cocon de son lit et …
Elle grogna, cela n'allait pas être du gâteau. Comme ils en avaient pris l'habitude, elle tournait le dos à Thomas qui l'entourait d'un bras. Ce qui était pour le mieux étant donné que le Lieutenant ronflait lorsqu'il était sur le dos. Elle sourit en pensant qu'ils avaient déjà leurs coutumes et positions de sommeil attitrées … Comme un vieux couple. Julie ricana.
Toujours était-il qu'elle allait encore prendre cinq bonnes minutes à s'échapper de son lit et du corps chaud lové contre elle. Elle avait deux bonnes heures avant le briefing, après tout. Elle devrait laisser Nola à Heinrich qui aurait la chance de passer toute la journée avec leur fille … Coureau soupira en songeant que leur petit vie familiale n'allait pas être aisée sur cette cité.
Prenant son courage à deux mains, elle attrapa délicatement le poignet de son compagnon pour élever légèrement le bras qui suivait et le passer derrière elle. Ceci fait, elle put soulever la couette et se lever du lit … Le tout, sans un bruit. Elle était devenue une experte dans cet exercice. Souriant affectueusement, elle se pencha sur Thomas pour déposer un baiser sur les lèvres entrouvertes, passant une main légère sur le torse nu de celui-ci. Le résultat fut qu'il roula sur le dos et redémarra une séance de ronflement.
Julie ne put s'empêcher de glousser.
Elle pivota ensuite sur elle-même pour jeter un œil dans le petit lit de Nola, qui dormait à point fermé. La petite fille était un ange, ces derniers temps, faisant des nuits complètes … Le Capitaine savait que cela n'allait malheureusement pas durer, ce n'était qu'un répit. Elle effleura le front du bébé de ses lèvres et prit la direction de la salle de bain pour sa douche matinale.
Dans la cabine, la jeune métisse réglait l'eau en repensant à la veille, au retour de Thomas de sa première mission. L'Allemand avait passé son débriefing avec son équipe et Elizabeth, puis s'était rendu à l'examen obligatoire à l'infirmerie. Et Julie lui avait sauté dessus à la sortie, n'ayant pas pu avoir les premières impressions de son compagnon lorsqu'il avait passé la porte. La Française l'avait assommé de questions, comme dans la salle d'embarquement, et cette fois le Lieutenant avait pu y répondre …
La jeune femme avait été niaisement émerveillée par les réactions de son ami. Celui-ci paraissait complètement extatique, l'excitation et l'enchantement brillaient dans les yeux verts. Julie avait obtenu des « Génial », « Absolument incroyable » ainsi que des « Wunderbar » et « Fantastisch » dans chaque phrase du nouvel Atlante. Il n'était visiblement pas le moins du monde déçu par son premier passage à travers le vortex et sa première rencontre avec un peuple Pégasien ... Un petit garçon au matin de Noël.
Coureau était sincèrement heureuse … Peut-être plus qu'elle ne l'avait jamais été.
Elle fronça les sourcils après être sortie de sa rêverie, se rendant compte que le jet d'eau était toujours froid … si ce n'était carrément glacial. Cela faisait bien plusieurs minutes qu'elle avait activé l'eau chaude.
Bah, qu'est-ce qui se passe ? Elle effectua la même opération que précédemment … Toujours rien d'autre que de l'eau froide. C'est quoi ce délire ?
Exaspérée, elle claqua sa main sur la paroi et jura … Elle n'avait jamais eu ce problème, en tout cas pas sur cette cité. Le système d'irrigation d'Atlantis était hautement sophistiqué et, plus important, on ne pouvait pas vous couper l'eau chaude ou l'électricité pour facture impayée dans cette galaxie …
A moins qu'EDF-GDF se soit exporté. La jeune femme écarquilla les yeux et dut se mordre la langue pour s'empêcher d'éclater de rire à sa pensée pour le moins grotesque. Elle devait arrêter de vouloir absolument inventer des plaisanteries ... Elle se permit quand même de glousser, elle était seule après tout.
Julie stoppa net et se raidit, à bien y réfléchir, cela lui était arrivé une seule fois … Le seul moyen de se voir privé de ses privilèges dans ses quartiers était …
Oh putain, c'est pas vrai … Qu'est-ce que j'ai fait, cette fois ?
Coureau avait terminé de s'habiller, enfilant rapidement son uniforme. Elle poussa un soupir à fendre une pierre. Retournant près du lit, elle y retrouva un Thomas éveillé, les cheveux totalement ébouriffés et des petits yeux encore endormis, appuyé sur les coudes et la couette s'arrêtant à la taille. Il l'observait avec les sourcils froncés, interloqué.
Le Capitaine bloqua sur la vision. Oooh trop chou …
« Julie ? » Fit une voix enrouée, matinale.
La jeune métisse cligna des yeux, revenant à la réalité, et s'empressa de le rassurer.
« Hu … Faut que je passe aux labos, dire deux mots à un crevard, vite fait … Tu, hu, bouges pas. Rendors toi, c'est cool … Rien de grave. »
Elle se pencha pour capturer rapidement ses lèvres.
« Tu as l'air pressée, tu es sûre que ce n'est pas grave ? »
« Ouais, impec'. T'inquiète pas … » Elle se dirigea vers la porte. « Au fait, bonjour ! »
Elle le vit rire en secouant la tête avant qu'elle ne disparaisse dans le couloir au pas de charge … Ce fut à cet instant qu'elle s'arrêta net avant de faire demi-tour, rouvrir sa porte puis passer la tête à travers l'encadrement.
« J'oubliais, n'utilise pas la douche tout de suite ! J'te le conseille pas. » Elle s'apprêtait à repartir mais eut une soudaine appréhension, considérant l'énergumène auquel elle pensait. « Finalement, n'utilise rien du tout et reste au lit ! »
O
John se concentrait, il se concentrait vraiment. Il ne faisait pas semblant. Mais rien à y faire, l'item dans ses mains refusait de réagir. Cela faisait vingt minutes qu'il essayait et, franchement, ce truc était totalement bousillé, Sheppard en était persuadé. Mais non, le grand Docteur McKay savait tout mieux que tout le monde et lorsqu'il disait qu'un artéfact ancien fonctionnait, cela voulait dire que cet artéfact « fonctionne très bien, espèce d'idiot. ».
Le Colonel soupira, exaspéré. Il souhaitait plus que tout au monde rencontrer quelqu'un avec un gène aussi puissant que le sien … afin d'échapper au rôle de cobaye dont l'affutait continuellement Rodney lorsqu'ils n'étaient pas sur le terrain. Il cessa la petite expérience, réellement excédé, et ouvrit les yeux pour apercevoir le Capitaine Coureau pointer sa tête à travers la porte d'entrée, semblant chercher quelqu'un.
La jeune femme semblait particulièrement remontée, les lèvres serrées comme si elle se contenait. John fronça les sourcils, curieux, et reporta son attention sur le Canadien qui l'ignorait totalement, les yeux plongés dans l'écran de son portable.
« McKay, qu'est-ce que vous avez fait ? »
Le scientifique releva la tête et le jaugea des pieds à la tête.
« Excusez-moi ? Qu'est-ce que c'est que cette question ? » Il pointa l'artéfact dans les mains de son meilleur ami. « Vous avez fini, avec ça ? »
« Je … » Soupir. « Je vous répète que ça ne marche pas. »
« Faites fonctionner votre cerveau de primate pour vous concentrer un peu plus au lieu de rêvasser, Colonel. Je sais bien que ce qu'on fait dans ce laboratoire dépasse votre psyché néanderthalienne mais vous pourriez tout de même faire un petit effort pour le bien de cette cité … »
L'Américain leva les yeux au ciel et décida de l'ignorer pour reporter son attention sur la Française qui était entrée afin de se poster à quelques mètres du duo, les bras croisés.
« Rodney. »
« Quoi ? » Fit-il, agacé et impatient.
« Sans blague, qu'est-ce que vous avez foutu ? »
« Je … Vous vous fichez de moi, là ? »
Celui-ci haussa un sourcil et, avec un sourire goguenard, fit un geste de la main en direction de Julie qui capta le message et rejoignit les deux hommes. Le Canadien l'observa s'approcher dans l'expectative, surpris de trouver la militaire dans son antre à une heure aussi matinale.
« Mon Colonel. » Salua la jeune femme avec un sourire avant de se tourner vers le scientifique. « Doc'. »
« Coureau. » Répliquèrent simultanément les deux équipiers d'Sga-1.
Julie pouffa alors que les deux hommes se regardaient en grimaçant avant de se relancer dans une nouvelle joute verbale et, cette fois, la jeune femme leva les yeux au ciel. Ce qu'ils peuvent avoir l'air débile, quand ils s'y mettent, ces deux-là … Le pilote et l'astrophysicien avaient toujours été une source d'intense amusement pour la Française. Cependant, ce matin n'était pas le meilleur moment pour assister à leur nouveau numéro.
Elle n'était juste pas vraiment d'humeur.
Coureau leur laissa quelques secondes afin de voir s'ils s'arrêteraient d'eux-mêmes mais, voyant que les répliques fusaient toujours, la jeune métisse inspira profondément pour se donner du courage et ouvrir la bouche.
« Oooh Tic et Tac, là ! C'est bon, vous avez fini ? »
Deux têtes se tournèrent vivement vers elle avec des airs légèrement éberlués et elle soupira de soulagement. Ces deux-là avaient dû provoquer des centaines de migraines autour d'eux depuis leur rencontre.
Son répit fut de courte durée. Elle vit McKay ouvrir la bouche, sans doute pour une réplique des plus cinglantes mais, heureusement, Sheppard lui serra l'épaule pour l'interrompre et se dépêcha de prendre la parole.
« Tic et Tac ? »
Le scientifique haussa les épaules et préféra ignorer royalement les deux militaires au profit de son ordinateur, il avait visiblement plus important à faire. Julie répondit à son supérieur.
« C'est hallucinant comment ça vous va comme un gant. »
« Il y a quelque chose qu'on peut faire pour vous, Capitaine ? » Demanda John qui préférait passer à la suite, ne voulant pas trop s'aventurer dans le psychisme particulier de sa subordonnée et encore moins l'explorer.
La jeune femme haussa un sourcil et croisa les bras en levant le menton.
« En vrai … J'aurais bien voulu discuter un p'tit peu avec le Doc', si ça vous ennui pas. »
« Je suis obligé de rester ? » Répliqua l'Américain qui voyait une opportunité d'échapper aux expérimentations avec le génie.
« Hu … Peut-être. Vous pourrez probablement nous éclairer, mon Colonel. »
Déçu de voir ses espoirs brisés, l'officier poussa un soupir pitoyable et rata l'œil surpris de Julie. Il posa son regard sur le scientifique qui était toujours plongé dans son ordinateur, tapant furieusement sur son clavier, totalement inconscient de son entourage.
« McKay, on veut vous parler. »
Pas de réponse.
« McKay, sortez de ces équations ou je-ne-sais-quelle simulation et revenez un peu parmi nous, si ce n'est pas trop vous demander. »
Toujours pas de réponse, hormis l'incessant « clic-clic-clac » du clavier. John souffla, sentant ses nerfs se manifester, il n'eut cependant pas le temps de réitérer.
« Oooh Couillu-le-Caribou, on se réveille, là ! »
Ecarquillant les yeux, Sheppard se tourna vers sa subordonnée. Où cherchait-elle tous ces surnoms ? Totalement loufoques, cela dit en passant. Néanmoins, celui-ci était plutôt bien trouvé et le pilote sentit un sourire étirer ses lèvres.
Le Colonel n'était pas sensé savoir que Julie avait entendu cela à la télévision dans son pays.
Il se mordit le poing pour étouffer un éclat de rire en voyant la tête de Rodney dont l'attention avait été récupérée grâce à l'intervention. Le Canadien fixait la Française avec des yeux ronds et des lèvres serrées avec un air totalement outré, offensé, scandalisé … bref, un air bien McKayen.
A cet instant, John décida de se retirer et observer la scène en spectateur. Il n'allait certainement pas interférer si cela lui donnait ce genre d'image. Il n'avait qu'à simplement rire très discrètement et ne pas se faire repérer.
« Bah, quoi ? » Fit innocemment la jeune métisse.
« Je vous demande pardon ? » Demanda calmement le chef scientifique, d'une voix qu'il pensait dangereuse.
« Hey, j'ai rien dit pour le Capitaine Mono-neurone, moi … »
Elle reçut un rire méprisant.
« Ça n'a absolument rien à voir. Vous avez mérité cette appellation. »
Julie haussa un sourcil, songeuse.
« Mmh … Yep, pas faux. » Approuva-t-elle.
« La vôtre est tout simplement grotesque. »
« Ouais mais c'est marrant. »
« Seulement parce que je suis Canadien ? Caribou ? C'est tout ce que vous avez trouvé, Capitaine ? » Demanda l'astrophysicien d'un air hautain.
« Hu … Ouais. » Julie, elle, était plutôt fière.
McKay hocha la tête et claqua des doigts, l'air d'avoir trouvé la solution.
« C'est donc tout ce dont vous êtes capables. C'est tout de même assez faible et c'est un euphémisme. Ça ne fait que confirmer mon estimation de votre niveau intellectuel qui, je dois le dire, m'inquiète un peu pour la sécurité des membres civils de cette expédition. Nous serions plus en sécurité sous la protection de chimpanzés … »
Alors que le scientifique poursuivait, John voyait sa subordonnée sourire de toutes ses dents.
Je ne la savais pas suicidaire, pensa l'Américain. Ses yeux faisaient des aller-retour entre son meilleur ami et la jeune femme qui n'avait visiblement plus beaucoup de temps à vivre, à en juger par le regard déjà calculateur du dangereux scientifique.
Sheppard décida d'arrêter le jeu, même s'il devait admettre qu'il s'amusait comme un petit fou. Il était tout de même curieux et voulait connaitre la raison de cette provocation de la part de sa subordonnée.
« Hum, okay les enfants, on arrête là. On peut savoir ce qui se passe, exactement, Capitaine ? »
« C'est une excellente question ! » Lâcha sarcastiquement Rodney. « J'aimerais, moi aussi, savoir pourquoi est-ce qu'on vient m'agresser –après avoir totalement perdu ses esprits, visiblement- alors que je m'efforce de faire tourner et maintenir à flot cette cité ! Merci John, ravi de voir que je ne suis pas le seul à tenter d'élever le niveau de cette conversation … »
« McKay. »
Le scientifique s'interrompit en se mordant la lèvre, mâchoire serrée. Que c'était dur de la fermer … Le pilote sourit, son ami faisait tout de même des progrès. Il reporta son attention sur Julie qui souriait toujours, l'air étrangement aimable.
« Donc … Que se passe-t-il, au juste ? »
« Bah, rien. J'ai juste plus d'eau chaude dans mes quartiers mais c'est cool … Oh, j'ai pas essayé les autres fonctionnalités mais je mettrais ma main à couper que 'y a plus rien qui marche, en fait. »
Croisant les bras, elle reposa le regard sur le Canadien qui la fixait en maintenant la tête haute. Il arborait une posture bravache et, dans le même temps, tentait d'avoir l'air innocent. Comme s'il la défiait de l'accuser …
Alors que tout le monde savait pertinemment qu'il était le seul coupable possible, le seul à pouvoir trafiquer les systèmes domestiques des quartiers d'habitations. Le tout depuis son laboratoire.
« Auriez-vous le culot d'insinuer que je suis responsable, Capitaine ? »
« Rodney. » Fit John.
« Quoi ? »
Le scientifique planta ses yeux dans ceux du militaire qui haussait un sourcil.
« 'Faudrait que je trouve autre chose … Ça devient évident. » Marmonna McKay pour lui-même.
« Non mais sans blague, j'ai fait quoi, cette fois ? » S'exclama finalement Julie.
Pour le coup, la Française semblait franchement indignée et Sheppard était réellement intrigué. Pourquoi le scientifique avait-il jeté son dévolu sur la jeune femme ? Qu'avait-elle bien pu faire ? Il réfléchit à ce qui s'était passé dernièrement et aux précédentes rencontres entre le Capitaine et l'astrophysicien …
Le pilote secoua la tête, ne trouvant rien d'exceptionnel dans sa mémoire. Lorsqu'il reporta son attention sur le Canadien, il vit qu'il avait croisé les bras et semblait tout aussi scandalisé. Cependant, son meilleur ami semblait se contenir et fixait la jeune métisse dans les yeux. Une bataille visuelle semblait s'être déclenchée …
Ce fut à cet instant que le scientifique craqua.
« Je ne suis pas gay, espèce de cinglée ! »
John haussa un sourcil et sentit la panique s'installer en voyant Julie sursauter face à la réplique du Canadien, sincèrement étonnée et tellement prise de court que ses bras retombèrent le long de son corps. Et le silence retomba sur le laboratoire. Heureusement que la plupart du staff de l'astrophysicien était au mess pour le petit-déjeuner et qu'il n'y avait personne autour du trio.
L'Américain porta la main à ses yeux et décida de procéder à un examen scrupuleux de ses ongles. Plusieurs minutes passèrent …
Alerté par le silence qui s'étirait sans que son équipier n'ouvre la bouche –honnêtement, McKay sans parler pendant plus de deux minutes, ce n'était juste pas normal-, Sheppard finit par achever la contemplation de ses doigts et releva la tête pour voir Coureau se tourner lentement vers lui. Rodney, de son côté, haussait un sourcil dans sa direction. Les yeux du pilote firent le chemin en sens inverse pour retrouver ceux de la jeune femme.
Un échange visuel se fit entre les deux militaires et la panique s'intensifia chez John.
Oho … hu, oups ?
« Oh non mais c'est pas vrai ! Vous lui avez dit quoi vous, aussi, là ? » S'exclama la Française en tapant du pied, brisant le silence.
McKay avait désormais une expression de totale confusion sur le visage et John s'empressa de répondre à sa subordonnée.
« Mais absolument rien ! »
« Oh ! Je ne vous voyais pas comme un menteur pathologique doublé d'un hypocrite, Colonel. » Cracha Rodney à ses côtés. « C'est vous qui m'avez parlé de ces affreuses rumeurs lancées par cette schizophrène, hier soir ! »
« De quoi ?! »
Cette fois, Julie avait littéralement crié et fixait maintenant son supérieur avec un regard meurtrier. Le scientifique, lui, le regardait comme s'il avait été trahi et organisait déjà une vendetta. Sheppard grimaça, pris entre deux feux …
Il leur offrit un sourire forcé en reculant d'un pas, tentant la retraite stratégique, et se fit la réflexion qu'un peloton entier de Wraiths était bien moins terrifiant que le tableau McKay-Coureau qu'il avait actuellement sous les yeux.
Okay, il devait admettre qu'il avait fait une jolie boulette. Mais il ne pouvait pas savoir que son meilleur ami interprèterait les choses de travers. Il n'avait jamais insinué que c'était Julie elle-même qui s'amusait à raconter des idioties sur lui et son équipier. Il n'avait pas eu non plus l'intention de donner l'impression au dit équipier qu'il ne le soutenait pas …
Bon, il s'était mal exprimé, visiblement.
« Okay. McKay, je ne nie pas que je vous aie parlé de ça. Pour vous prévenir, je le répète. Et Coureau, je n'ai jamais dit que vous aviez lancé des rumeurs nous concernant, seulement que vous m'en aviez informé. » Il leva les mains dans une attitude défensive.
« Vous dites que c'est moi qui mens, maintenant ? » S'indigna Rodney.
« Quoi ? Mais non ! »
L'Américain soupira, blasé. Tout le monde comprenait de travers tout ce qu'il disait ces derniers temps, ou quoi ?
« Bon, maintenant que mon cas est éclairci … » Commença Julie. « Je vais demander à ce bon Docteur de bien vouloir me rendre mon eau chaude, maintenant qu'il sait que j'ai rien fait, et je vais aller prendre mon p'tit déj' … Désolée pour le caribou, Doc', normalement je vous kiffe. » Elle se tourna vers son patron. « Bon courage, mon Colonel ! »
Le pilote vit la Française tourner les talons sans attendre leur réponse et s'engager dans le couloir d'un bon pas. Ils l'avaient bien énervée, visiblement. Il grimaça avant de retourner à son meilleur ami … Qui ne l'était peut-être plus, à voir la tête de psychopathe qu'il donnait à John.
Le Canadien croisa les bras, semblant attendre une explication.
« Quoi ? » Fut tout ce que Sheppard trouva à sortir.
O
Deux jours plus tard …
« 'Tention ! … Argh ! Derrière toi ! … Oh mais non ! Tu t'y prends comme un manche ! »
Thomas Heinrich soupira pour la sixième fois depuis qu'ils avaient commencé la partie. Il se trouvait dans les quartiers de Johann avec Julie et Nola –qui jouait dans son parc aux pieds de sa mère- depuis une petite heure, maintenant. Son compatriote lui avait fait découvrir et tester sa console de jeux vidéo … Ce qui avait grandement intéressé Thomas.
Cette chose était tout simplement fantastique. Peut-être plus que la télévision, qu'on lui avait montré à son arrivée. Parce qu'il participait à l'action virtuelle. C'était parfois ludique, d'autres fois … Juste stupide. Cela dépendait des jeux.
Cet après-midi, le jeune Steinbeck était à l'entrainement avec de nouvelles recrues et avait laissé son matériel à sa meilleure amie. Heinrich en profitait … Seulement voilà, la jeune femme n'avait rien à voir avec le Lipsien. Elle était véritablement casse-pied.
Sa compagne lui faisait aujourd'hui découvrir « Call of Duty », une saga de jeux simples, chacun mettant l'utilisateur en situation de combat. Chaque jeu traitait une guerre liée à l'Histoire terrienne. Ils pouvaient être pédagogiques, tout dépendait du joueur et de sa curiosité.
Seulement, Julie avait choisi –comme par hasard- un scénario de Seconde Guerre Mondiale. Thomas soupira … Il aurait voulu explorer une autre époque, comme cette Guerre Froide, par exemple, cela avait l'air passionnant.
Toujours était-il que le Lieutenant se retrouvait dans la peau d'un GI (1) et qu'il devait descendre ses anciens congénères. Sur cet aspect il n'allait certainement pas se plaindre, la seule chose qui maintenait son intérêt en réalité, mais son plaisir était gâché par sa chère Française. Assis au bout du lit de Johann, manette en main, il supportait les invectives de sa compagne et ne parvenait pas à se concentrer.
« T'as plus de munitions … T'es dans la merde ! »
Julie s'agita une fois de plus à ses côtés et il sentit le matelas remuer, ce qui changeait sa propre position et le distrayait. Une heure que ce rituel durait. Hurlement, bond sur le lit, juron, hurlement, bond sur le lit, et ainsi de suite … La jeune femme le rendait dingue.
« Ah ! Un Garand M1 qui traine par terre, là ! Ramasse-le, vite ! » Ah, le matelas se remit à tressaillir. « Appuis sur B, qu'est-ce que t'attends ! » Claquement de main.
Cette fois, Thomas souffla d'exaspération. Il avait beau l'aimer, en ce moment Julie était réellement … soulante, c'était le terme qu'avait utilisé son compatriote pour qualifier la jeune métisse.
« Y a un boche à ta gauche, lààà ! Fais gaffe, put- … »
Il se tourna vers elle et haussa un sourcil.
« Hu … 'Scuse. » Fit la jeune femme en pouffant avant de grimacer, penaude.
Thomas éclata de rire à sa réaction … C'était tout de même cocasse, il devait l'avouer. Il secoua la tête et reporta son attention sur l'écran … Hu ? Ecran qui était désormais partiellement couvert de rouge.
« Et voilà, t'es mort ! Bien joué, Rambo ! » Fit sarcastiquement sa compagne.
« Que … ? »
« Je te ferai voir tous ses films, tu verras … » Elle se rapprocha de lui et tenta de racheter son ingérence de la dernière heure avec un baiser avant de récupérer la manette. « Laisse faire les pros. »
Thomas soupira de soulagement en laissant les commandes à la jeune femme … Il en avait, à vrai dire, plus qu'assez et était épuisé. Julie elle-même dirait qu'il avait la tête « comme un compteur à gaz ». Il n'avait jamais vraiment saisi l'expression mais savait qu'il pouvait l'utiliser en ce moment avec cette migraine qui pointait le bout de son nez.
Il observa d'un œil le jeu de Julie, songeur. Il était ravi d'être ici, sur cette citée … Si on lui avait dit, il y a quelques années encore, qu'il quitterait la Terre pour s'installer dans une autre galaxie et qu'en plus il s'y sentirait comme chez lui, Heinrich aurait fait interner le pauvre fou qui aurait osé émettre ces propos délirants.
Seulement voilà, il se faisait à l'idée. Atlantis était son chez lui, désormais … Il avait commencé à y vivre, à y travailler, à y fonder sa famille. Il n'était plus réellement un Terrien, désormais. Il hoqueta à cette idée, c'était pour le moins … déstabilisant.
Après tout, les Atlantes s'y étaient fait … Il pourrait y parvenir, lui aussi, n'est-ce pas ? En tout cas, il avait déjà été adopté … Par toute la communauté. S'il faisait exception des rares têtes dures ancrées dans leurs préjugés …
Julie et Johann l'avait prévenu à l'arrivée. Mais à la surprise et, il fallait le dire, au soulagement de Thomas, il n'avait rien entendu de très lourd. Il avait été, dans l'ensemble, plutôt bien accueilli.
Y compris par la communauté allemande et juive qui n'était finalement pas les pires. Heinrich ferma les yeux d'apaisement à cette pensée … Il s'était réellement attendu à des récriminations de ces deux types de population –l'une par culpabilité et l'autre par traumatisme- mais les habitants de cette citée étaient visiblement plus intelligents que cela et, à l'instar de sa Française, savaient faire la part des choses. Si Thomas simplifiait, ces gens avaient tout simplement été adorables …
Il n'avait vraiment aucun regret … Il n'était pas naïf, loin de là, il savait ce qu'était devenu leur planète en s'étant renseigné et grâce aux enseignements décousus de sa compagne mais il ne regrettait absolument pas son époque.
Et Atlantis lui plaisait.
Elle et sa galaxie lui fichaient une trouille bleue mais il n'en restait pas moins qu'il avait hâte d'en explorer un peu plus à chaque mission …
Ce qu'il éviterait, cependant, à l'avenir était les divertissements stupides que lui avait fait découvrir sa chère compagne. Des jeux idiots ou des films médiocres, il hésitait encore à élire le pire ... Au risque de se faire taper sur les doigts, Thomas avait fait part de moult protestations lorsqu'il avait eu la joie de faire connaissance avec le marché du téléfilm de son pays. Et bien ...
M'ouais …
Julie avait utilisé le terme « guimauve » pour les décrire et honnêtement, Thomas pensait qu'elle avait été vraiment gentille. (2) Il préférait de loin les longs métrages que lui avait montré le Colonel Sheppard, c'était d'un autre registre.
« T'as remarqué que j'étais là ou carrément pas du tout ? »
Oups … Il l'avait oublié, celle-ci.
Un petit sourire, un baiser, et la jeune femme se détendit.
« Excuses-moi … » Souffla le Lieutenant. « Je pensais à autre chose. »
« Genre ? »
Il allait ouvrir la bouche pour lui répondre mais le soleil perçant à travers la vitre qu'il capta du coin de l'œil l'en arrêta. Il porta le regard à l'extérieur pour apercevoir cette portion de la citée dont les tours s'élevaient vers le ciel, laissant même apparaître un peu de l'océan qui reflétait la lumière solaire sur la surface.
Cet endroit était réellement magnifique.
Nola, dans son parc, jeta un jouet par-dessus la barrière en gloussant et sortit son père de sa rêverie. Celui-ci reporta son attention sur la mère et plongea ses yeux verts dans les prunelles bleus qui le scrutaient dans l'expectative.
Il se pencha pour capturer les lèvres de la jeune métisse avant que celle-ci ne puisse l'interroger davantage. Vraiment, il ne regrettait absolument rien.
Il n'avait jamais fait meilleur choix de toute sa vie.
OoO
(1) Soldat Américain.
(2) (Perso, j'aime bien ça me fait marrer, je suis donc pas du même avis que Thomas :p mdr)
Si parfois, la semaine, vous êtes devant la télé pendant l'après-midi : Je parle des fameux téléfilms allemands que diffuse M6. Franchement, y a des fois, c'est tordant tellement c'est dégoulinant de guimauve. Je les adore, nos voisin, mais sérieux … pourquoi ils font ça ?! xD
Heureusement leur Cinéma, c'est autre chose ... D'ailleurs, j'ai envie de leur dire bravo :)
C'est le dernier chapitre avant l'épilogue :s C'est marrant, je vois arriver les cailloux ...
