Helloooooo tout le monde :D

Voici le chapitre 11, que j'ai finalement eu le temps de finir entre mon cours de latin et de bio :P

J'espère qu'il vous plaira!

Bisous bisous!


Milo avait mal à la tête. Très mal. Il avait l'impression qu'elle avait été serrée dans un étau pendant plusieurs heures et qu'elle était maintenant prête à éclater. C'était une sensation très désagréable et…où était-il au juste ? Lorsqu'il papillonna des paupières, sa vue fut directement agressée par de vives lumières bleues. Et qui était cet homme en face de lui, au juste ? Il se souvenait être allé chez Saga avec Camus et….

-Camus ! Camus !

Il tenta de se relever mais l'homme qu'il ne connaissait pas le maintint au sol, l'empêchant ainsi de se débattre.

-Calmez-vous monsieur, vous ne devez pas bouger.

-Laissez-moi ! Camus !

-Vos amis sont déjà en route pour l'hôpital. Vous devez rester tranquille.

Comment ça, en route pour l'hôpital ? Qu'est-ce que c'était que cette histoire encore ? Ça devait être un mauvais rêve oui, ça devait être ça. Il ferma les yeux, espérant qu'une fois qu'il les ouvrirait à nouveau il serait loin d'ici mais non. Il restait au même endroit, inlassablement. Ce n'était donc pas un cauchemar.

-Que s'est-il passé ? Murmura-t-il comme l'homme examinait sa tête.

-Vous avez été impliqué dans un accident de la route. L'autre véhicule a pris la fuite.

Aussitôt, Milo se mit à paniquer : un accident ? Et comment allaient les autres ? Il était seul dans la voiture et cela l'angoissait au plus haut point cela signifiait que ses camarades avaient dû être emportés rapidement…Saga, Shion, Camus !

-Nous allons vous placer en observation pour la nuit afin d'éviter de passer à côté d'une possible hémorragie interne mais il n'y a rien d'apparent.

Une…hémorragie interne ? Milo frissonna déjà persuadé de sentir son cerveau se remplir d'un épais liquide rouge : du sang ! Mon Dieu, il avait peur de bouger la tête, craignant que ses neurones n'en soient imbibés et finalement hors service.

-Monsieur ? Vous devez nous suivre.

Il releva la tête vers l'homme qui le tenait maintenant par le bras et voulait visiblement qu'il aille dans l'ambulance. Il n'avait pas vraiment envie de se rendre dans un endroit dont l'odeur lui soulevait le cœur mais, si c'était pour retrouver Camus et les autres alors il voulait bien faire le sacrifice.

-Est-ce que mes amis vont bien ? Demanda-t-il tout de même avant de monter.

-Je ne peux pas vous en dire plus, vous serez renseigné une fois arrivé à l'hôpital.

Et sans se rendre compte de rien, Milo fut entraîné à l'intérieur de l'ambulance. Quelques secondes plus tard, les sirènes s'élevèrent dans la nuit, brisant le silence, seul témoin de l'accident qu'ils avaient subi.

-Camus Kolitso, je vous l'ai déjà dit ! Il a dû être admis cette nuit.

Le grec perdait patience : il était arrivé aux urgences depuis une demi-heure et personne n'était capable de le renseigner sur la situation de son colocataire. Il voulait le voir il avait besoin de le voir. Il s'en voulait tellement de l'avoir embarqué dans cette histoire et ne pas savoir s'il allait bien ou non le rongeait littéralement de l'intérieur. Il avait besoin de savoir s'il allait bien.

-Ecoutez monsieur, je suis navrée mais si le nom de votre ami n'est pas dans les dossiers d'admission c'est que…Je suis désolée de vous dire ça mais généralement c'est qu'il y a eu une complication.

Quel genre de complication ? Qu'est-ce que ça voulait dire ? Camus n'était pas encore arrivé ? Il était coincé dans les embouteillages ? Il était retenu dans un autre service ? Qu'est-ce que ça voulait dire, bon sang ?

-Comment ça ? Quand est-ce qu'il arrive ?

-Je pense que vous ne m'avez pas bien comprise…Si votre ami n'est pas enregistré ici c'est qu'il est…décédé.

Le cœur de Milo loupa un battement. Non, ce n'était pas possible ! Pas lui pas Camus, non ! Cette femme devait se tromper, Camus ne pouvait pas être mort, il ne pouvait pas l'avoir quitté, c'était impossible ! Ses jolies prunelles dorées s'embuèrent rapidement, l'empêchant presque de voir le visage de son interlocutrice. Non, c'était un cauchemar !

-Je suis vraiment désolée.

-Vous devez avoir fait une erreur, cherchez encore ! Camus est ici, il doit être ici !

-Je suis sincèrement désolée monsieur.

Les doigts de Milo se crispèrent machinalement sur le bord du bureau : non. Non. Non. Non. Camus n'était pas mort. Non. Il avait l'impression d'être déconnecté de la réalité. Son cœur saignait de ce coup de poignard qu'il venait de recevoir. Il avait déjà beaucoup souffert dans sa vie, avec le départ de sa mère, le rejet de son père, le mépris de ses amis et le boulot sale qu'il traînait derrière lui, mais jamais à ce point.

Non, il n'imaginait même pas qu'une telle douleur existait. Il se sentait comme vide, comme seul et incompris. Personne ne remplacerait Camus. Il le savait. Il n'avait jamais dépassé le statut de relation entre colocataires et pourtant, il voyait Camus comme un ami, un confident, un idéal.

Il se détesta de ne lui avoir pas avoué les sentiments naissants qu'il ressentait pour lui. Il aurait dû lui dire à quel point il tenait à lui, à quel point il ne pouvait déjà plus se passer de lui et surtout, à quel point il se sentait bien en sa présence. Mais il avait eu peur, il s'était comporté comme un lâche, comme toujours ! Et maintenant Camus était mort…et lui était seul.

-Monsieur ? Vous ne pouvez pas rester ici, d'autres personnes attendent leur tour. Votre ami Saga Mao occupe la chambre 206. Monsieur ? Vous devez partir maintenant.

Milo sentit simplement que quelqu'un le prenait par les épaules et le déplaçait sur le côté. Sans qu'il ne s'en rende compte, les larmes avaient commencé à couler le long de ses joues. Camus était…mort ? Il étouffa un sanglot derrière la paume de sa main et secoua vigoureusement la tête de gauche à droite tout en se mettant en marche : non, Camus ne pouvait pas être mort !

Il vacilla longtemps, sous les regards parfois curieux, parfois compatissants ou encore hautains des autres patients. Il ne savait pas où il se trouvait, il ne savait même pas où il devait aller. Il voulait juste voir Camus. Il voulait lui dire tout ce qu'il n'avait pas eu le temps de lui dire. Il voulait encore sentir sa peau douce sous ses doigts. Il devait le voir !

-Monsieur ? Est-ce que tout va bien ?

A travers les larmes, Milo reconnut l'ambulancier qui l'avait conduit ici un peu plus tôt.

-Camus…

-Vous cherchez vos amis ? Je vais vous conduire à la chambre 206, suivez-moi.

Non ! Il ne voulait pas voir Shion et Saga il voulait Camus, mais il n'avait plus assez de forces pour se débattre et se laissa donc conduire par le jeune homme. De toute façon, son monde venait de s'effondrer, il n'avait plus envie de rien. Pourquoi était-il sorti vivant de ce fichu accident ? Pourquoi n'y était-il pas resté lui aussi ? Au moins il serait avec Camus maintenant, il ne serait pas tout seul ! Il voulait Camus !

-Voilà, c'est au bout du couloir.

L'ambulancier lui lança un regard perplexe, ne comprenant pas pourquoi le grec se mettait dans cet état. Peut-être avait-il réellement reçu un choc à la tête, ce qui avait déréglé la zone responsable de ses sentiments ? Il devrait demander qu'on revérifie.

Milo se traîna jusqu'au bout du couloir et, malgré les difficultés qu'il éprouvait pour comprendre les combinaisons de chiffres, il reconnut la chevelure de son ami Saga à travers une porte. Une fois à l'intérieur, il éclata en sanglots.

-Milo ? Oh mon dieu Milo, enfin tu es là mais…qu'est-ce qu'il y a ?

Le jeune homme était incapable de prononcer un mot, secoué par de violents spasmes qui nouaient sa gorge. Est-ce que Saga était au courant du drame ? Savait-il seulement que Camus n'était plus de ce monde, qu'il se retrouvait seul ? Il ne se sentait plus assez fort pour supporter la solitude une nouvelle fois, non.

-Milo ? Explique-moi.

-C-Camus.

-Quoi Camus ?

-Il est…il est…

-Je suis quoi ?

Le grec fit volte-face il aurait reconnu cette voix entre mille.

-Camus ?

Non, ce n'était pas possible, il devait rêver. La jeune femme à l'accueil lui avait dit que Camus était mort alors…comment pouvait-il être devant lui, une attèle au bras et un pansement sur le front ? Il était en train de rêver, c'était ça.

-Hé, qu'est-ce qu'il y a Mimi ?

Pourtant, quand la main de Camus effleura sa joue, tout cela lui sembla si réel ! Et quand sa douce voix s'éleva autour de lui, il eut l'impression de l'avoir en face de lui en chair et en os. Il n'avait pas l'impression d'avoir à faire à un fantôme.

-Camus…

Il se laissa alors aller contre lui, ne réalisant pas encore tout à fait qu'il était bel et bien là, avec lui, qu'il n'était pas mort. Il pensait que dieu existait bel et bien et qu'il lui accordait quelques dernières secondes avec son Camus avant de le lui reprendre pour toujours.

-Calme-toi Milo. Je suis là. Tout va bien, c'est fini.

Les larmes du grec coulèrent le long de son cou, mouillant son t-shirt comme Camus massait doucement le haut de son crâne : pourquoi son colocataire était-il dans cet état ? Il n'avait pas l'air blessé pourtant. Aurait-il appris une mauvaise nouvelle ?

-Camus tu es…tu es vivant ?

-Bien sûr que oui Milo, on ne se débarrasse pas de moi si facilement tu sais.

-Oh Camus !

Il se serra alors un peu plus étroitement contre lui, tellement content de pouvoir le tenir dans ses bras. Il avait réellement cru l'avoir perdu et son petit cœur brisé quelques secondes plus tôt était maintenant rayonnant de bonheur. Son Camus était encore en vie, avec lui. Il ne l'avait pas laissé. Tout était encore possible.

-Hey Mimi, arrête de pleurer.

Il le sentait hoqueter contre lui et cela lui brisa le cœur : qui avait glissé dans l'esprit déjà instable de son petit grec l'idée de sa mort ? Il détestait la personne qui l'avait mis dans cet état : Milo avait dû se sentir abandonné et ça, ça avait dû énormément le blesser.

-Je suis là, je ne t'ai pas abandonné Milo.

Son colocataire se calma alors doucement entre ses bras, nichant son visage au creux de son cou comme ils prenaient place sur le lit drapé de blanc derrière eux. Un peu plus loin, Saga s'était un peu éclipsé pour les laisser savourer pleinement leurs retrouvailles. Milo semblait très perturbé.

-Camus, il faut que je te parle, lui murmura-t-il comme le français caressait le bas de son dos d'une main distraire, je dois te dire quelque chose…

-Plus tard Milo, je ne pense pas que ce soit un moment propice aux confidences.

-Oui mais…

-Shhh. Je te promets que nous aurons cette discussion, d'accord ?

Milo hocha la tête comme Camus plongeait son magnifique regard dans le sien il comprenait que ce n'était pas le moment de discuter. Et puis de toute façon, il préférait avouer ses sentiments dans l'intimité de leur appartement et non pas dans cet endroit impersonnel et froid.

-Je vous ramène le petit dernier !

-Shion !

Saga se jeta presque sur le nouveau venu, examinant celui-ci sous toutes les coutures.

-Tu es blessé, déclara-t-il en découvrant les pansements appliqués sur sa peau.

-Comme nous tous Saga, ne t'inquiète pas.

Shion s'amusait de la réaction de son ami : Saga dramatisait pour les quelques petits bobos qu'il avait alors que lui-même avait plusieurs point de suture et avait reçu un violent choc à la tête, heureusement sans danger.

-Vous avez tous eu beaucoup de chance, déclara alors le docteur. Aucun de vous n'a été gravement touché.

-Quand pourrons-nous sortir ?

Certes, cette petite mésaventure les avait retardés mais Saga ne perdait pas son but de vue : il devait retrouver son frère et ce ne sont pas quelques petites blessures qui l'en empêcheraient.

-Je ne vois pas d'inconvénient à ce que vous sortiez dès demain, s'il n'y a aucune complication, mais vous devrez vous représenter ici dans quelques jours pour vérifier votre état. Reposez-vous maintenant, vous en avez bien besoin.

Les quatre jeunes hommes saluèrent le médecin qui sortait enfin de la pièce et, une fois le calme revenu, le sommeil frappa chacun d'eux. Saga prit place sur l'un des lits, vite rejoint par Shion, qui ne tarda pas à trouver sa position favorite contre son ami avant de fermer les yeux.

-Tu peux prendre l'autre lit, murmura Milo en se relevant, laissant à Camus l'opportunité de dormir sur le matelas après tout il était plus blessé que lui.

-Ne soit pas bête, répondit Camus en le prenant par la main pour l'obliger à se coucher près de lui, il y a assez de place pour deux.

Milo ne se fit pas prier pour se boudiner contre lui en souriant. Il l'enserra de ses bras, comme pour s'assurer qu'il était à présent bel et bien avec lui qu'il n'était pas mort. Il avait pris conscience de la place que Camus occupait dans son cœur ce soir, quand il l'avait cru mort. Il s'était rendu compte qu'aujourd'hui il avait besoin de la présence du français dans sa vie.

-J'ai eu si peur, susurra-t-il dans le noir, comme un secret inavouable, je pensais que tu étais mort.

-Mais je suis là, tu le vois bien. N'y pense plus.

Redevenu calme, Milo desserra petit à petit sa prise sur Camus, sans s'en dégager pour autant : il passa une jambe au-dessus des siennes, l'empêchant ainsi de bouger sans lui. Tendrement enlacés de la sorte ils ne tardèrent pas à rejoindre eux aussi les bras de Morphée. Ils ne furent jamais aussi intimement liés que cette nuit-là.


-Dépêche –toi de prendre ton petit déjeuner Kiki, j'ai quelques petites choses à régler avant d'aller à l'aéroport alors ne traîne pas.

Le petit garçon le fixa tout en engloutissant son croissant son maître n'avait même pas touché au thé à la menthe qu'il avait demandé, trop occupé à rédiger une lettre qu'il lui avait interdit de lire. Oh bien sûr, Kiki avait bien essayé de lire par-dessus son épaule mais toutes ses tentatives avaient été vouées à l'échec.

Il se demandait ce que son maître pouvait bien comploter pour être aussi concentré dans son travail. Et puis d'abord, qu'étaient ces petites choses qu'il devait régler ? Depuis quand y avait-il des secrets entre eux ? Lui voulait tout savoir de ce que faisait son maître Mu !

Mais Mu ne faisait même pas attention à son jeune disciple, plongé dans la rédaction d'une ultime lettre destinée à Shaka. Il voulait que l'hindou connaisse tout de ses sentiments il voulait qu'il connaisse la raison de son départ qu'il comprenne le mal être qui l'habitait. Oh bien sûr, il ne le rencontrerait pas personnellement, certain d'alors retomber sous son charme, mais s'il s'y prenait assez tôt, peut-être pourrait-il glisser sa lettre avec le courrier du matin. Avec un peu de chance, peut-être que Shaka penserait à aller le relever.

Il avait pensé à lui toute la nuit sans jamais fermer l'œil, s'en voulant d'être parti ainsi sans lui avoir donné plus d'explications. Evidemment, Shaka devait se douter que cette histoire avec Kiki avait été trop loin mais après tout, Mu ne lui avait dit ouvertement à quel point il se sentait mis à l'écart pour une figure divine qui avait disparu depuis des siècles.

-Vous ne mangez pas votre pain au chocolat, maître Mu ?

-Non non, répondit celui-ci en poussant l'assiette du bout des doigts, tu peux le terminer si tu veux.

Il ne fallut pas le lui dire deux fois Kiki appréciait tellement ces petites viennoiseries qui fondaient presque sur sa langue : c'était un véritable délice ! Un ''péché du diable'' comme disait le grand blond illuminé qui servait de petit ami à son maître. Mais maintenant que son maître Mu s'était enfin débarrassé de cet ascète, Kiki pouvait manger ce qui lui plaisait et quand ça lui plaisait sans subir les réflexions de barjot dont il ne comprenait pas la moitié des paroles !

Ah ! Il avait quand même dû sortir les cartes secrètes de son jeu pour le faire craquer, le Shaka ! Il avait bien cru qu'il n'arriverait jamais à le mettre assez en colère pour que son maître Mu voie le véritable fond de son être. Il avait eu bien de la chance d'être tombé sur la statuette hideuse. Il s'était dit que, si elle trônait en évidence dans une vitrine, c'est que Shaka devait beaucoup y tenir et donc, qu'il sortirait de ses gonds si jamais il y touchait. Il avait vu juste !

-Kiki, appela Mu en claquant des doigts devant son regard fixe, va t'apprêter s'il te plaît, j'aimerais partir au plus vite.

Le Kiki en question enfourna son dernier morceau de pain au chocolat en bouche, termina son jus d'orange et sauta sur ses pieds pour filer à la salle de bains, un large sourire collé aux lèvres : il pouvait tout de même être très fier de lui sur ce coup ! Comment se débarrasser de bouddha en une leçon…il avait trouvé la réponse !


-Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Grogna Milo d'un ton franchement peu amical.

Saga les avait tirés du lit au petit matin, hurlant haut et fort que leur mission ne pouvait plus attendre. Résultat : Milo manquait de sommeil et cela se ressentait sur son humeur plus qu'exécrable. Parce que oui, il était d'accord, leur mission ne pouvait plus attendre, mais il faudrait qu'on lui explique COMMENT ils allaient rejoindre l'aéroport maintenant qu'ils n'avaient plus de voiture.

-Nous allons nous débrouiller pour trouver un taxi.

-Génial !

-Toujours en train de ronchonner, mhm ?

Milo haussa les épaules en se retournant vers Camus qui venait tout juste de les rejoindre. Même fatigué, des cernes sous les yeux, il le trouvait infiniment beau. Camus n'était pas humain, c'était impossible autrement. Il planta son regard dans le sien, sans jamais pouvoir s'en détourner. Il était comme hypnotisé par la profondeur océane dans laquelle il s'était plongé.

-Bon les gars, vous arrêtez de roucouler une seconde, le temps qu'on trouve un taxi ?

Camus rougit alors violemment avant de tourner la tête et faire quelques pas pour s'éloigner de Milo et rejoindre Shion, qui les regardait avec tendresse. Milo se contenta de râler un peu plus tout en foudroyant Saga de ses yeux d'or.

-On ne roucoulait pas, lança-t-il pour se défendre, une fois que Camus et Shion furent loin devant.

-Mais bien sûr. Ça fait combien de temps ?

-Mais arrête ça Saga, on est pas ensemble !

-Dommage. Vous formeriez un très joli couple.

Et sans un mot de plus, Saga accéléra le pas pour héler un taxi. Milo, lui, resta en retrait, se ressassant les paroles de son ami : un…joli couple ? Il n'en était pas certain. Il n'était pas à la hauteur pour être le petit ami de Camus et malheureusement il en était conscient. Il était tout juste bon pour aller jouer aux putes une fois la nuit tombée. Son colocataire valait bien mieux que ça méritait bien mieux que lui.

-Milo ? Dépêche-toi !

Il ne s'était pas rendu compte qu'il s'était arrêté au milieu du trottoir. Il releva alors la tête pour tomber sur Camus, qui tenait la porte du taxi pour ne pas que celui-ci parte sans lui. Il trottina alors jusqu'à la voiture jaune et, une fois arrivé à la hauteur du français, celui-ci posa une main sur son avant-bras :

-Est-ce que tout va bien ?

-Oui, ne t'en fais pas !

-Tu es en certain ? Si tu ne te sens pas bien, nous ne sommes pas obligés de partir tout de suite.

-Tout va bien je t'assure.

Il lui lança un bref sourire avant de pénétrer à l'intérieur du véhicule, le laissant prendre place à ses côtés.

-Espérons qu'Eaque ne refasse pas surface, murmura Shion tout en se renfrognant.

Il sentit ensuite le regard de Saga posé sur lui, avant que sa main ne se glisse dans la sienne pour la serrer doucement en signe d'excuse.

-Pardonne-moi Shion, tu avais raison. J'ai été stupide de ne pas t'avoir écouté.

-Ça ne fait rien Saga. L'important c'est qu'il ne soit pas arrivé à ses fins.

Et pourtant le premier jumeau s'en voulait beaucoup : quand Eaque avait débarqué dans sa vie près de deux ans plus tôt, Shion l'avait mis en garde contre lui car il sentait que cet homme cachait quelque chose mais Saga avait refusé de le croire, idolâtrant alors le jeune homme qui semblait si bien le comprendre.

Eaque l'avait pris par les sentiments il lui avait dit qu'il ressentait sa douleur, qu'il l'avait vécue lui aussi. Il passait régulièrement le voir et, quand il était au bout du rouleau et voulait partir à la recherche de Kanon, il l'en empêchait en lui parlant longuement de sa propre histoire, du refoulement qu'il risquerait de vivre.

Il avait naïvement pensé qu'il faisait ça pour son bien, pour l'empêcher de souffrir encore mais il s'était trompé ! Eaque voulait simplement le séparer définitivement de son frère mais pourquoi ? Il n'arrivait pas à comprendre comment un tel acharnement était possible. C'était son frère après tout, il avait bien le droit de rester avec lui, ça ne faisait de mal à personne ! Comment en étaient-ils arrivés là, tous les deux ?

-Saga ? Ça ne fait rien, vraiment. Il n'aura pas réussi à nous séparer.

-Tu as raison.

Et pourtant, Shion avait eu mille et une opportunités de fuir, quand parfois il lui demandait de les laisser seuls, quand il le rejetait pour passer du temps avec Eaque. Oui, il se demandait comment son ami avait fait pour supporter son comportement oh combien pathétique et détestable.

Mais il avait raison : aujourd'hui ils étaient encore ensemble, il était resté. Maintenant il allait tout faire pour se racheter, pour se faire pardonner ses erreurs et tout reprendre à zéro avec lui. Shion lui avait toujours été d'un grand soutien, il était peut-être temps du lui rendre la monnaie de sa pièce.

C'est donc dans cet état d'esprit que Saga se concentra sur la route qui défilait devant eux ils en avaient pour un moment de route. D'ailleurs à côté de lui, Milo terminait sa nuit contre l'épaule de Camus. Et après, il lui dirait encore qu'ils n'étaient pas ensemble…en tout cas s'ils ne l'étaient pas, cela ne saurait tarder. Saga avait le feeling pour ces choses-là.


-Maître Mu, non, je refuse de retourner là-bas !

-Arrête de jouer aux insolents, Kiki, on n'y retourne pas. Je dois simplement déposer quelque chose.

Le petit garçon resta tout de même sur ses gardes : on ne sait jamais que son maître serait posséder par l'esprit machiavélique de bouddha qui le pousserait à rejoindre cet endroit glauque qu'était l'appartement de Shaka. Il ne voulait plus y retourner, c'était trop horrible !

-Et je ne rentrerai pas !

-Cesse de brailler de la sorte Kiki, sinon tu réveilleras vraiment Shaka.

Ce fut la phrase magique pour faire taire le petit rouquin, qui devint aussitôt sage comme une image. Il aurait tout fait pour ne pas revoir le regard assassin du grand blond posé sur lui. Il regarda d'un œil perplexe son maître qui glissait une enveloppe dans la boîte aux lettres de l'hindou avant de fixer la fenêtre de leur ancienne chambre, toujours plongée dans le noir.

-Adieu Shaka.

Mu se retourna ensuite vers Kiki, prit son sac d'un air distrait et tourna les talons.

-Allons-y.

Le petit garçon le suivit de près, tournant une dernière fois la tête vers l'appartement du diable en lui tirant la langue d'une manière très enfantine. Enfin tout ça n'était plus qu'un horrible cauchemar ! Il allait enfin retrouver les verts pâturages des collines le long desquelles il allait pouvoir gambader comme un lapin sans craindre de déranger sa majesté bouddha.

Ça, c'était la vraie vie !


-Tout est en place, Minos ?

-Oui, je viens tout juste de parler à Eaque, Saga et les autres sont neutralisés.

-Parfait.

Rhadamanthe passa une main dans la chevelure emmêlée de Kanon, toujours dans un semi-coma.

-Tu vois, murmura-t-il en se penchant près de son oreille, ton cher frère ne pourra plus venir te sauver maintenant. Décidément, tu ne lui auras amené que des ennuis mon pauvre Kanon.

Le gémeau ne rétorqua rien, trop faible pour articuler la moindre parole depuis que l'anglais lui avait attribué une dose assez puissante pour qu'il se tienne tranquille pendant tout le voyage, mais Rhadamanthe décelait très bien la lueur de profonde tristesse au fond de ses prunelles et ça, c'était plus que jouissif pour lui.

-Occupe-toi de lui, Minos, je prends les valises.

Le jeune homme sortit Kanon de la voiture et le maintint contre lui pour ne pas qu'il tombe. Ils ne devaient pas se faire remarquer sous peine de quoi Rhadamanthe lui ferait passer un sale quart d'heure, il n'en doutait pas une minute.

Il attendit que l'anglais le rejoigne à l'entrée de l'aéroport, traînant leurs valises derrière lui. Celui-ci passa devant eux avec son éternel air hautain qui ne le quittait jamais pour s'engouffrer à l'intérieur de l'aéroport, là où grouillait déjà une foule impressionnante de monde. Il s'arrêta après quelques mètres et lança un regard glacial à Minos.

-Tâche de faire tout ce que je te dirai, Minos, je ne laisserai plus personne m'arrêter maintenant.

-Ce n'était pas dans mes intentions Rhadamanthe, je te suivrai jusqu'au bout, tu le sais.

-Oui, mais je préfère assurer mes arrières tout de même.

Il claque ensuite des doigts et lui indiqua une longue file de passagers vers laquelle il se dirigeait déjà. Destination pour l'Egypte…leur avion décollait dans à peine trois heures. Plus que trois heures. Encore trois heures. Rhadamanthe ne parvenait pas à se décider si ce laps de temps était trop court ou trop long.

Son amour était encore si loin et pourtant, il pouvait déjà presque sentir sa présence à nouveau, qui ne l'avait jamais vraiment quitté. Quand il était dans les bras de Kanon, c'est lui qu'il voyait quand il l'embrassait c'est le goût de ses lèvres qu'il savourait et quand ils faisaient l'amour, c'est son corps qu'il sentait contre le sien. Non, son amant ne l'avait jamais réellement quitté. Il avait toujours été près de lui.

-Plus que quelques heures. Patience, mon amour.


-Fichue machine, technologie de Satan !

Le poing de Shaka s'abattit sur le haut de la machine à café, faisant vrombir celle-ci sans jamais lui donner le liquide désiré. Et où avait-il fourré le mode d'emploi, au juste ? Il avait dû rejoindre les ordures depuis bien longtemps. Habituellement, c'était Mu qui lui préparait son café mais aujourd'hui, livré à lui-même, il se rendait compte à quel point il était en retard sur son temps.

C'est vrai depuis quand utilisait-on cette horreur pour une simple tasse de café ? Ne pouvait-on plus le préparer comme au temps de son enfance ? Visiblement non. Shaka finit par délaisser la cafetière pour aller relever le courrier : autre habitude qu'il devrait penser à prendre.

Facture, publicités mensongères et…oh, un bon pour un paquet de thé gratuit. A garder. Prospectus dans importance, encore des factures et…mais qu'est-ce que c'était que ça ? Shaka ouvrit l'enveloppe sur laquelle il n'y avait aucune indication et son cœur loupa un battement en pensant reconnaître l'écriture de Mu. Ronde et fine.

Non, il ne devait pas lire ça ! Il avait déjà eu du mal à trouver le sommeil malgré ses longues heures de méditation, il ne devait pas s'enivrer de Mu maintenant, sous peine de quoi il était perdu !

Pourtant, bien qu'il fasse tout pour tenir la lettre loin de ses yeux, son attention était sans cesse attirée dans sa direction. Il lui semblait que sa conscience lui criait de la lire, que c'était important. Malgré tous ses efforts, il finit par céder.

-Oh grand bouddha, divinité toute puissante, pardonne ma faiblesse.

Il s'appuya contre le plan de travail et commença sa lecture. Au fur et à mesure que les mots défilaient sous ses yeux, un malaise sans non prenait possession de tout son être : alors comme ça…Mu avait donc tant souffert auprès de lui ? Et pourtant il n'avait jamais rien laissé paraître c'était seulement aujourd'hui, sous sa plume, que Shaka découvrait son mal être.

Et cette phrase, celle qui faisait tant saigner son cœur : ''Je sais que tu ne peux pas comprendre, je sais que tu ne m'aimes pas comme moi je t'aime, je sais que toute ta vie est dédiée à bouddha mais sache que loin de toi mon cœur souffre. J'aurai besoin de beaucoup de temps pour t'oublier et, même si pour toi ça doit déjà être fait, s'il te plaît garde au moins en souvenir l'amour que je te porte. ''

Alors comme ça, Mu pensait qu'il ne l'aimait pas ? Non, c'était faux ! Bien sûr, bouddha occupait son être tout entier mais Mu…Mu était différent. Mu était réel, c'était un être de chair, un simple mortel comme il se plaisait à l'appeler. Mu était un homme comme lui, la douceur et l'attention en plus.

''Je m'en vais ce soir, tu ne me reverras plus.''. Quoi ? Non, non, non ! Il ne pouvait pas partir si vite, Shaka avait besoin de plus de temps pour prendre sa décision. Il ne savait plus où il en était. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait perdu. Tiraillé entre sa dévotion inconditionnelle pour bouddha et son besoin de Mu.

-Bouddha, pourquoi me fais-tu subir cela ? N'es-tu pas satisfait de mes services ?

Un long silence lui répondit. Ce silence qui déclencha une grand prise de conscience en Shaka : bouddha n'était pas réel. Bouddha était son âme sœur spirituelle, son idéal divin mais…il n'était pas réel. Il ne pouvait pas se blottir contre lui le soir, tout comme il ne pouvait pas converser de questions spirituelles. Mu lui le pouvait. Mu l'écoutait, le rassurait, le soutenait.

-Mu…mais qu'est-ce que j'ai fait ?

Bien sûr il aimait bouddha plus que tout et jamais, oh non jamais il ne pourrait se détourner de lui mais il aimait Mu tout autant. Oui, il pouvait le dire aujourd'hui, Mu occupait une place essentielle dans son cœur et il savait qu'il ne pourrait pas continuer sans cela. S'il avait eu tant de mal à se concentrer sur sa méditation la nuit passée, c'est parce que son esprit n'était pas en paix avec lui-même. Mu lui manquait. Il espérait simplement qu'il n'était pas trop tard !

Repliant la lettre en quatre pour la glisser dans sa poche, il se précipita dehors, dans le vacarme de la ville.

-Oh grande divinité toute puissante, donne-moi la force !

Il se mit à courir sans réellement savoir où il allait. Il finirait bien par trouver l'aéroport il devait empêcher Mu de partir ! Il devait le retenir, lui et son horrible gnome carotte. Oui, il serait même capable de dompter cette abominable créature si seulement Mu acceptait de rester.


-Gardez la monnaie !

Fichus embouteillages ! Maintenant il ne leur restait que peu de temps pour retrouver Kanon avant que l'avion ne décolle. Ils devaient faire vite. Arrivés dans le hall de l'aéroport, les quatre amis s'immobilisèrent : comment allaient-ils pouvoir retrouver Kanon dans cette masse abondante ?

-C'est impossible, murmura Milo, se sentant incapable de reconnaître son ami parmi tous ces visages.

-Bien sûr que non ! Il est ici, je sens sa présence. Nous allons nous séparer pour le retrouver. Milo, Camus, vous prenez la gauche et Shion et moi nous allons à droite.

-Entendu.

L'esprit vif de Camus se mit directement au travail comme Milo le suivait péniblement à travers la foule de passagers qui se pressaient pour ne pas rater leur vol.

-Mais Camus attend, pourquoi est-ce que tu vas si vite ? On les a peut-être déjà ratés !

-Milo réfléchit une seconde, si Rhadamanthe compte quitter le territoire, il est certainement déjà au poste d'enregistrement des bagages ou pire encore, peut-être qu'il est déjà de l'autre côté alors ne traîne pas.

-Mais attends-moi !

-Ce n'est pas le moment de jouer au limaçon !

Le grec grommela des paroles incompréhensibles tout en cherchant la main de Camus dans sa foule. Il en saisit d'abord une mais, quand une jeune femme visiblement outrée se retourna vers lui, prête à lui écraser son sac à main en pleine figure, il la relâcha très vite pour enfin atteindre celle de Camus, qui pouffait en silence.

-Ce n'est pas drôle, arrête de te moquer !

-Désolé. Concentre-toi.

Camus comptait à présent sur les capacités de reconnaissance de son colocataire : lui n'avait vu Kanon qu'une seule fois et c'est à peine s'il avait entraperçut l'anglais alors il n'était pas certain de lui être d'une grande aide pour le moment. Il comptait sur Milo.


-Saga, attends, comment est-ce que je pourrais reconnaître Kanon ?

-Ce ne sera pas difficile, c'est ma copie conforme.

-Mon dieu, à quoi pensait le seigneur le jour où il a fait une copie de la tête brûlée que tu es ?

Pour toute réponse, Saga lui tapa le haut du crâne.

-Cesse de plaisanter, nous ne devons pas le rater.

-Tu as raison.

Shion devint plus calme et se concentra sur les visages autour de lui. Il y en avait de toutes les formes, de toutes les couleurs. Il croisait des regards verts, bleus, marrons et même violets, mais jamais les prunelles sombres dans lesquelles il avait pour habitude de se plonger.

Saga lui, avait tous les sens en alerte : son frère était là, tout près, il le sentait. Il pouvait presque sentir son aura rejoindre la sienne comme avant. Kanon était ici, il le savait. Il était hors de question qu'il l'abandonne maintenant, il allait le retrouver.


Shaka avait enfin trouvé l'aéroport et, à bout de souffle, il pénétra à l'intérieur et se mêla à la horde vagabonde.

-Veuillez m'excusez, mortels humains mais j'ai un besoin urgent de me frayer un chemin à travers vous.

Il ne tint pas compte des paires d'yeux hors orbite qui l'assaillirent. Il n'avait pas de temps à perdre avec ces simples humains, il devait retrouver Mu ! Il scruta l'assemblée à la recherche de la chevelure lavande qu'il connaissait si bien et, en même temps, à la recherche de l'horrible tignasse rousse qui apparaissait dans ses pires cauchemars.

Il bouscula sans ménagement la troupe de scouts agglutinés autour de leur guide et continua son acheminement. Mu lui avait bien dit qu'il repartait pour Jamir n'est-ce pas ? Alors dans ce cas il devait trouver où avaient lieu les embarquements.

Il mit plusieurs longues minutes à s'y retrouver tant il était peu habitué à fréquenter les milieux publics. Par bouddha, quand y allait-il y avoir un grand nettoyage ici afin de faire le tri parmi ces âmes damnées ? Au moins il lui serait moins pénible d'évoluer dans un tel milieu.

Alors qu'il était au bord de la crise de nerfs à cause d'un petit gosse qui venait de marcher sur son pied divin, il crut entendre au loin la voix stridente de Kiki, toujours en train de jacasser comme à son habitude et celle plus calme de Mu, qui lui demandait vainement de bien se tenir. Il fit alors un tour sur lui-même avant que le visage fin de son ex-amant ne lui apparaisse comme une illumination divine.

-Mu !

Il s'élança à sa rencontre, le voyage déjà prêt à passer la porte qui le séparerait alors de lui, l'empêchant de faire marche arrière.

-Mu !

Non, ce n'était pas possible, pourquoi ne l'entendait-il pas ? Pourquoi ne s'arrêtait-il pas ? Et pourquoi ce satané Kiki, créature du diable, le tirait-il aussi vigoureusement pas la main ? Il était certain que ses petites oreilles affutées avaient parfaitement reconnu le son de sa voix mais qu'il voulait éviter que son cher maître Mu ne revienne vers lui.

-Mu, attends !

-Kiki, tu n'as rien entendu ?

-Non maître Mu, rien du tout ! Venez vite, on va rater l'avion !

Shaka sentait que la prochaine fois qu'il lui mettrait la main dessus, il le réduirait en pièce ce sale petit rouquin. Il vit presque avec résignation Mu et Kiki passer le sas et il redoubla d'inquiétude : non, Mu ne poussait pas lui glisser entre les doigts maintenant.

-Mu ! Mu ! Mu !

Il se jeta sur la porte en verre avec violence avant d'être immobilisé par deux vigiles.

-Muuuu !

Il vit son ex petit ami vouloir se retourner et Kiki lui sauter dessus avant de l'attirer vers une boutique à bonbons. Il allait étriper ce môme ! Mu lui échappait finalement bel et bien…Et sans même s'être rendu compte qu'il était enfin venu le chercher. Mu devait penser qu'il l'avait vraiment abandonné, qu'il n'en avait finalement rien à faire de lui, mais c'était faux !

-Laissez-moi passer.

-Votre billet ?

-Pardon ?

-Vous devez être en possession d'un billet d'avion pour franchir cette porte.

-Ecoutez-moi bien, insignifiantes créatures, je vous conseille de me laisser passer sous peine de quoi le grand bouddha vous le fera payer.

Les deux vigils échangèrent un rapide regard blasé : ils en avaient déjà vu des illuminés dans leur carrière mais à ce point jamais. Le grand blond faisait fort cette fois.

-Mais bien sûr, rigola l'un d'eux, et le grand méchant loup nous dévorera en enfer, c'est ça ?

Shaka fut ensuite laissé sur le côté pendant que les deux autres qu'il qualifiait intérieurement d'imbéciles repartaient toujours en rigolant. Qu'est-ce que c'était que ce stupide règlement ? Pourquoi devait-il user toutes ses économies pour rejoindre Mu alors qu'il lui suffisait de passer cette porte pour le voir ? C'était totalement stupide !

Toujours avec la même rage, il fit demi-tour. Il allait devoir annuler son cours du mercredi à cause de ce contre temps et tout ça parce que cet horrible petit roux avait empêché Mu de l'entendre ! Vraiment, il l'obligerait à le rembourser, même si toutes ses économies devaient y passer et même si cela lui valait une dispute avec Mu! Déjà que Kiki lui devait une statuette de grande valeur, il ne fallait pas profiter de lui !


-Vous l'avez trouvé ?

-Non, il n'est nulle part…

Saga serra les poings : il avait espéré de tout son cœur que Camus et Milo seraient revenus avec de bonnes nouvelles mais non, ils étaient aussi bredouilles que Shion et lui : aucune trace de Kanon. Où diable se cachait-il ? Il ne pouvait tout de même pas être déjà parti, c'était impossible !

-Je suis désolé, murmura Shion en posant une main sur son épaule.

Mais, à son plus grand étonnement, Saga se dégagea de son étreinte avec véhémence : il ne voulait pas de sa pitié, Kanon était toujours là, il pouvait le sentir ! Il se mit à courir droit devant lui, sans bien savoir où ses pas le menaient, les larmes roulant déjà sur ses joues, les trois autres à ses trousses.

-Saga ! Saga attends !

Mais le plus âgé des jumeaux n'entendait rien il devait voir Kanon, il avait besoin de le voir ! Et puis tout à coup, il le vit, son frère. Son frère, dans les bras d'un type qu'il ne connaissait pas, visiblement somnolant, juste derrière cette enflure de Rhadamanthe !

-Kanon !

Rhadamanthe ne perdit pas une seconde pour réagir : il ordonna à Minos d'accélérer le pas jusqu'à être hors de portée de Saga. Dans le sas, il se retourna une dernière fois et envoya un sourire satisfait à son rival, qui ne pouvait que le regarder emmener son frère sans rien faire.

-Kanon !

Saga ne parvenait pas à penser correctement : son frère était si prêt et pourtant si loin, si cette porte ne les avait pas séparés, il aurait presque pu le toucher en tendant la main. Il vit alors Kanon relever faiblement son regard pour le fixer et toute la détresse qu'il vit en lui le fit souffrir bien plus que toute autre blessure.

-Grand…frère…

-Kanon, hurla-t-il en tapant des poings sur la porte, Kanon, je vais venir te chercher ! Attends-moi, d'accord ? Kanon, je ne t'abandonne pas, Kanon !

Les deux vigils qui s'étaient débarrassé de Shaka un peu plus tôt revinrent à la charge : ils s'étaient donné rendez-vous ou quoi ?

-Monsieur s'il vous plaît, il vous faut un billet pour passer cette porte.

Saga regarda ensuite ses amis, qui ne pouvaient que regarder la scène sans rien dire.

-Je dois le rejoindre, déclara-t-il. Shion, je compte sur toi pour…

-Je t'arrête tout de suite, Saga. Si tu pars, je pars avec toi.

-Tu en as déjà bien assez fait Shion, je ne peux pas accepter.

-Tu n'as pas l'air de comprendre. Ce n'est pas une proposition.

Saga soupira, sachant pertinemment qu'il était inutile de discuter avec Shion quand celui-ci avait décidé quelque chose. Tout au plus, il s'attirerait une crise de nerfs. Il devrait donc embarquer son ami avec lui et ce n'était pas pour lui déplaire.

-J'ai toujours rêvé de découvrir l'Egypte, je peux me joindre à vous ?

Camus se dit alors qu'il aurait peut-être mieux fait de ses taire quand les regards étonnés des autres se posèrent sur lui après tout il pouvait bien se payer des vacances lui aussi ! Bon d'accord, la mission était de sauver Kanon des griffes de l'anglais mais tout de même, ça lui donnait l'occasion de voyager.

-Bien sûr, ton aide ne sera pas de refus, répondit doucement le premier jumeau, touché par tant d'attention.

-Si Camus y va alors je viens aussi, déclara haut et fort Milo, qui ne concevait pas que son colocataire parte sans lui. Il ne savait pas comment il payerait son voyage ni même où il pourrait récolter autant d'argent en si peu de temps mais peu lui importait, il ne laisserait pas Camus partir sans lui.

-Sangsue.

-Si tu crois vraiment que je vais te laisser aller draguer tous ces beaux égyptiens, tu te trompes mon cher Camus.

Il rigola en voyant le français prendre une mine défaite. C'était donc décidé, ils partaient tous les quatre. Ils avaient tout juste le temps de passer prendre quelques affaires avant le prochain vol c'était une chance ! Milo nota dans un coin de son esprit d'emporte son maillot de bain : il trouverait bien une minute pour se dorer au soleil et dévoiler ainsi à Camus sa superbe musculature ! Sûr qu'après ça, son colocataire ne pourrait pas lui résister !


-Tu vas finir par prendre racine, lança ironiquement Marine à travers la pièce.

Aiolia avait élu domicile tout près du téléphone, attendant impatiemment l'appel de Milo qui le délivrerait enfin de son calvaire qu'attendait-il pour téléphoner à Marine ? Il devait certainement le faire exprès ça devait lui plaire de l'imaginer se torture l'esprit !

La rousse elle, le fixait du coin de l'œil : c'était tellement bon de pouvoir profiter ainsi de sa supériorité. Aiolia était définitivement bien trop naïf bien sûr qu'elle ne doutait pas de sa franchise, mais elle aimait vraiment beaucoup le voir se comporter ainsi. Et puis, Milo ne tarderait probablement pas à l'appelée…

Si seulement Aiolia avait su que le soir même, Milo s'envolerait pour l'Egypte, il aurait probablement fait une syncope. Mais il ne l'apprendrait que bien plus tard, quand il serait déjà réduit à l'état de plante verte à côté du téléphone. Décidément, le pauvre grec n'avait pas de chance en amour !


Alors, des réactions?

Et oui...nos chers amis décollent pour de nouveaux horizons, qui leur réservent quelques surprises.