Bonjour bonjour, j'espère que vous allez bien.

J'espère vraiment que vous allez bien avant d'entamer votre lecture parce que Warning dans ce chapitre pour violence autant physique que morale. Cass va en enfer... c'est tout dire.

Pitêtre bien qu'à un moment vous allez m'en vouloir un peu...ou beaucoup... on verra.

On se retrouve en bas... ?

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Chapitre 11:

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- CASS !

Dean frappait depuis plusieurs minutes à la porte de la salle de bain. Castiel y était entré pour se préparer un bon quart d'heure auparavant. Ils discutaient à travers la porte, des choses à revoir pour la mission, lorsque le silence s'était soudainement fait.

Dean s'était approché et avait appelé sans que plus personne ne lui réponde. Il s'était mis à frapper à la porte, un mauvais pressentiment l'envahissant de plus en plus.

- Cass ? Appela t'il une dernière fois. Cass, j'entre, mec.

Et il ouvrit la porte, pour constater, comme il s'y attendait, que la petite pièce était vide. Il tira le rideau de douche par acquis de conscience. Personne !

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- Putain de merde ! Cass !

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La veille, Dean et Castiel s'étaient arrêtés dans ce petit hôtel pas loin du cinéma et de la pizzeria où ils avaient ensuite dîné après le film. Dean se souvenait encore du goût délicieux de la spéciale boulettes de viande et bacon qu'il avait commandée. Oh bon sang, la meilleure pizza qu'il ait mangé de toute sa vie !

L'hôtel était simple et joliment décoré, mais Dean aurait pu jurer qu'il n'était pas là avant, lorsqu'ils étaient passés dans cette rue le matin même. Ce foutu Trickster manipulait la réalité à sa guise, c'était complètement déconcertant, mais aussi en l'occurrence plutôt pratique.

Lorsqu'ils s'étaient adressés à la réception, ils avaient eu la surprise - mais ils auraient probablement dû s'y attendre - de constater qu'une chambre avait été réservée à leur nom. Enfin plutôt au nom de Mr et Mme Winchester !

Dean avait levé les yeux au ciel et avait eu beau expliquer de toute les façons possibles au réceptionniste, y compris en l'attrapant par le col de sa chemise, qu'il y avait une putain de foutue erreur. Qu'ils n'étaient de toute évidence PAS un couple marié et qu'il leur fallait donc deux putains de chambres. Mais cet imbécile n'avait pas voulu en démordre.

Dean avait fini par lui arracher des mains la clef qu'il leur tendait, en vociférant des chapelets d'insultes où le mot Trickster était revenu à plusieurs reprises.

Ils étaient ensuite montés à l'étage et Dean avait de nouveau étouffé un grognement de rage lorsqu'ils avaient constaté que la chambre ne possédait qu'un lit double.

- Mais c'est pas bientôt fini ces conneries ?! Ça devient franchement lourd là ! MERDE ! Fulmina t'il.

Castiel le calma en posant sa main sur son épaule.

- Ignore le, Dean. Plus tu t'énerves et plus ça doit l'amuser. Ça ne vaut pas le coup. Regarde.

Castiel s'était alors approché du lit qui s'était révélé être en fait composé de deux lits d'une personne qui avaient été rapprochés. Ils les avaient séparés et avaient pu s'installer pour la nuit.

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Dean avait fait des cauchemars cette nuit là, ses souvenirs de l'enfer revenant le hanter et se mêlant à l'image d'un Castiel blessé, perdant tout son sang tel qu'il l'avait trouvé après le massacre où Lucifer avait tué son double. Il s'était redressé sur son lit, en sueur, jetant un regard dans l'obscurité vers le lit de son ami, presque certain qu'il avait entendu crier. Mais Castiel respirait paisiblement et ne bougeait pas. Dean s'était alors rallongé, essayant de calmer sa respiration erratique.

- Tout va bien se passer Dean. Lui avait alors dit Castiel à voix basse au bout d'un moment.

Dean n'avait rien répondu, fixant silencieusement l'obscurité, un mauvais pressentiment chevillé aux entrailles.

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Le matin, Castiel s'était réveillé avant lui. Dean, encore somnolent après la nuit agitée qu'il avait passée, l'avait entendu entrer dans la salle de bain et prendre une douche. Même après toutes ces semaines, il avait encore du mal à s'habituer au fait que Castiel ait désormais besoin de se plier à tous ces petits rituels si humains tels que manger, dormir, se laver. C'était un rappel constant de l'anormalité de sa situation. Il n'était pas à son époque, pas avec le Castiel qu'il avait connu. Il était loin de chez lui, de sa vie. Pour toujours.

Dean s'était levé et habillé. Et lorsque Castiel était ressorti, pour prendre quelques affaires puis était de nouveau rentré dans la petite pièce pour se raser, ils avaient entamé la discussion sur la mission et leur plan.

- Je le sens pas du tout cette histoire, Cass. On devrait réfléchir un peu plus.

- Moi non plus, je n'aime pas ça. Mais on en a déjà discuté. On a pas vraiment d'autre option.

- Et comment est ce que tu feras pour te diriger en enfer, si tu arrives à passer la barrière ?

- Je connais l'enfer, Dean. Ce n'est pas la première fois que je m'y rends.

Assis sur son lit, Dean avait revu dans une série de flashs les salles de tortures, senti l'odeur du sang et de sa propre chair brûlée. Ses souvenirs n'avaient jamais été aussi nets, douloureusement précis, même juste après son retour. Il avait revu Castiel venir le délivrer, halo de lumière celeste dans la puanteur nauséabonde de ce cloaque infernal.

Dean n'avait pas compris au début. Il l'avait cru que ses sens suppliciés l'abusaient. Il avait pris l'ange pour un autre tortionnaire venu s'amuser. Mais au lieu de le faire souffrir, il avait fait disparaître les crochets fichés dans sa chair et qui le maintenaient écartelé. La douleur avait disparu, enfin, après tant d'années. Car même si ses bourreaux le torturaient moins souvent, après qu'il ait lui même cédé et commencé à supplicier d'autres âmes, malgré cela, régulièrement ils le remettaient sur le chevalet d'Alastair, afin de parfaire sa transformation. Quelques années de plus et il serait devenu un démon comme tant d'autres avant lui.

Mais Castiel était venu. Et il l'avait sauvé.

Dans la petite chambre d'hôtel, Dean avait dû faire un réel effort de volonté pour s'arracher à l'emprise de ces flash-back douloureux de réalisme. Il se passa vigoureusement les mains sur le visage et souffla pour évacuer la douleur presque physique.

Ce n'était pas le moment de se laisser envahir par ses souvenirs. Evidemment tout ça remontait à la surface parce que Castiel s'apprêtait à retourner en enfer. Pas besoin d'être docteur en psychologie pour le comprendre. Mais justement, c'était Castiel aujourd'hui qui allait retourner en enfer, pas lui. Il n'avait pas le droit de se laisser submerger.

- Cass ? Avait il appelé, n'entendant plus son ami parler derrière la porte de la salle de bain.

Dean se dit qu'il avait dû perdre le fil de la conversation et que Castiel en avait sûrement eu assez de discuter dans le vide.

- Castiel, ça va ? Appela t'il une seconde fois.

Toujours pas de réponse.

- CASS !

Il frappait à présent sur la porte, l'angoisse commençant vraiment à le prendre aux tripes.

- Cass ? J'entre, mec.

Et la salle de bain était vide. Castiel avait disparu.

- Putain de merde ! Cass !

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Dean en était sûr, le Trickster était derrière cette disparition. Qui d'autre ?

Soudainement la télévision se mit en marche, affichant d'abord des parasites, puis l'image de l'embrouilleur dans son salon apparut à l'écran. Castiel était debout derrière lui, son rasoir et sa serviette encore à la main, visiblement surpris de se retrouver brusquement à cet endroit-là.

- Les adultes ont besoin de discuter ensemble, Dean. Dit le Trickster. Et ça sera plus facile sans toi dans nos jambes. Alors détends toi et profite encore un peu du room service. Je te ferai venir dans peu de temps.

Il le vit claquer des doigts et l'écran s'éteignit.

- Bordel ! Rugit le chasseur dans le vide. Je vais buter ce salopard !

Pour toute réponse quelqu'un frappa à la porte qui s'ouvrit et une superbe serveuse poussa dans la chambre un chariot portant un très complet et appétissant petit déjeuner.

- J'ai rien commandé ! Hurla Dean exaspéré.

La jeune femme ne sembla pas s'en offusquer et lui sourit, puis se retira.

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Dean rassembla ses affaires et les fourra dans son sac avec des gestes rageurs, furieux contre lui même.

Putain, ils auraient dû se méfier davantage! Cet enfoiré allait forcement leur jouer un mauvais tour. Il avait sûrement changé d'avis, décidé de les vendre à Lucifer. Bon sang qu'ils avaient été cons! ils auraient dû se tirer hier soir quand ils en avaient encore la possibilité. Et là c'était trop tard. Mais il allait retrouver Castiel et faire payer ce fumier ! Foi de Winchester !

Dean attrapa au passage un croissant et sortit en trombe de la chambre d'hôtel. Arrivé dans la rue, il se dirigea droit vers sa voiture, fourra son sac dans le coffre, monta dans l'impala et démarra sur les chapeaux de roues, bien décidé à trouver lui même la maison du Trickster, et Castiel par la même occasion.

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Mais il avait du rapidement se rendre à l'évidence que la tache allait être plus difficile que prévu, voire même carrément impossible. Comment pouvait il trouver une maison qu'il n'avait jamais vue de l'extérieur, dans un quartier qui lui était inconnu et qui pouvait changer d'aspect à volonté selon les désirs du maitre des lieus.

Cela faisait des heures maintenant qu'il roulait. Et Dean était de plus en plus convaincu qu'il n'arriverait à rien. Mais il refusait de s'arrêter, il aurait eu l'impression d'abandonner Castiel et ça, il n'en était pas question. Pas plus que d'attendre que ce connard ne le fasse venir alors qu'il prenait visiblement un malin plaisir à le torturer.

Le réservoir de la voiture était presque vide, il allait devoir s'arrêter faire le plein et bien sûr il n'avait trouvé aucune station-service dans les quartiers qu'il avait visités.

Brusquement l'impala stoppa net. Dean jeta un coup d'œil à la jauge de carburant. Il ne lui restait presque plus d'essence certes, mais le réservoir n'était pas encore complètement vide. Ce n'était pas ce qui avait arrêté le moteur.

La porte d'entrée de la maison devant laquelle il venait de stopper s'ouvrit, et il comprit. Il descendit de la voiture immobilisée, la laissant à regret au milieu de la chaussée et s'avança prudemment dans l'allée, tous ses sens en alerte.

Immédiatement l'impala redémarra, le faisant se retourner en sursaut beretta déjà en main, et vint se garer d'elle même le long du trottoir. Dean poussa un soupir exaspéré, en remettant l'arme à sa ceinture dans son dos. Bon sang qu'il détestait ce mec! Ce connard se permettait de le manipuler comme un pantin, d'enlever son ami et même de posséder sa voiture! Il allait le lui faire regretter !

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Dean entra en trombe dans la maison, reconnaissant au premier coup d'oeil celle dans laquelle le Tickster les avait emmené la veille.

- Qu'est ce que tu as fait de Castiel, salopard ?! Cria t'il lorsqu'il l'aperçu.

- Bonjour à toi aussi Dean. Si tu te calmes, je t'emmènerai jusqu'à lui. Lui dit il du ton qu'emploierait une maîtresse d'école pour apaiser un enfant récalcitrant.

Dean serra les poings, mais tenta de se maitriser, conscient de son impuissance face à l'embrouilleur. Il devait retrouver son sang-froid. Pour Castiel. Pour les sortir tous les deux de ce traquenard.

- C'est mieux. Repris l'homme face à lui. Suis moi et sois silencieux.

Il le conduisit le long d'un couloir, jusqu'à la porte d'une chambre d'ami. Lorsqu'il l'ouvrit, Dean aperçu le corps de Castiel allongé sur le lit, immobile, dans la pièce plongée dans la pénombre.

Dans un grondement de rage, Dean saisit le Trickster à la gorge, puis le plaqua contre le mur du couloir d'un bras en travers de sa poitrine tandis qu'il enfonçait son arme parfaitement inutile sous son menton.

- Qu'est ce que tu lui as fait? REPONDS !

L'embrouilleur lui sourit, absolument pas impressionné. Soudainement les doigts de Dean se refermèrent sur du vide tandis que l'homme réapparaissait dans l'encadrement de la porte de la chambre, lui faisant signe d'approcher.

- Calme toi, Dean. Castiel va bien, en tout cas pour le moment. Il a commencé son voyage. Dit-il à voix basse, sans quitter le corps immobile des yeux. Il a réussi à passer la barrière, il est en enfer à présent.

Le chasseur toujours furieux ouvrit la bouche mais l'embrouilleur le fit taire d'un geste impérieux.

- Qu'est ce que tu voulais me demander ? Pourquoi est ce que je l'ai fait venir, lui, et pas toi ? Oh Dean. Soupira t'il exaspéré en levant les yeux au plafond. Réfléchis une minute et cesse de te comporter comme un enfant stupide! Cette fois, il ne s'agit pas de toi. Cette fois il s'agit de lui. Seul Castiel pouvait y aller. Il le savait, et il a voulu te protéger comme toujours. Aujourd'hui ce n'est pas à toi de sauver le monde Dean. Il va falloir que tu le comprennes et que tu l'acceptes.

Le chasseur fixait le corps de son ami étendu sur le lit. Il déglutit avec difficulté.

- Il est mort ?

- Pas tout à fait. Son esprit est détaché de son corps, mais il respire toujours. Il ne faut pas le bouger, ni le réveiller. Tout ce qui arrive à son esprit se retranscrira sur son corps et inversement.

Dean fixa cet homme qui lui parlait si calmement, sérieusement, en regardant Castiel avec une lueur d'affection dans les yeux. Mais qui était ce mec ? Il rangea de nouveau son arme dans son dos et s'approcha du lit avec angoisse.

- Qu'est ce que je peux faire pour l'aider ?

- Tu ne peux rien faire, Dean. Ou plutôt si, veille sur lui. Il l'a tant fait pour toi. Après tout, ce serait un juste retour des choses, non ?

L'homme quitta la pièce.

Dean regarda tout autour de lui. La petite chambre était toute simple, un lit, une table avec une lampe de chevet qui diffusait une lumière douce et à côté du lit, un fauteuil. Il s'y assit fixant son ami du regard.

La respiration de Castiel était calme, mais ses yeux s'agitaient en tous sens, il avait commencé son périple.

Dean se sentait tellement impuissant. Rester sans rien faire pendant que Castiel affrontait son pire cauchemar lui semblait au-dessus de ses forces. De dépit, il posa sa tête sur ses mains jointes, les coudes appuyés sur ses genoux. Il eut un rire amer, en se rendant compte qu'une personne entrant dans la pièce à ce moment là aurait presque pu penser qu'il priait.

Et pourtant prier n'avait jamais été son fort. Pourquoi s'adresser à un Dieu absent et démissionnaire qui n'en avait visiblement pas grand chose à foutre de sa propre création ?

Mais vu ce qui attendait Castiel alors qu'il n'avait plus aucun pouvoir, après tout... pourquoi pas? Peut être que pour lui, IL entendrait. Après tout Castiel avait été Son fils. Et de très loin le meilleur d'entre tous ces enfoirés d'emplumés. Et puis, il n'était pas à une idée stupide prés de toute façon. Dean se sentait à la fois idiot et maladroit, mais il pouvait bien faire ça pour son ami.

- Euh...Dieu... si vous m'entendez, veillez sur lui, d'accord ? Je sais pas si vous vous en êtes rendu compte, mais c'est un beau bordel ici. Oui, je sais, j'ai ma part de responsabilité là dedans. Et je me fous pas mal de ce qui m'arrivera à moi. Mais Cass ... il a toujours obéi à vos ordres. Il a vraiment fait de son mieux. C'est de loin le meilleur de tous vos soldats. Alors ça serait bien de lui filer un p'tit coup de main pour une fois, vous croyez pas ?

Une prière à la Winchester, pas très respectueuse et encore moins conventionnelle. En espérant qu'il y ait quelqu'un pour l'entendre... Et que ce quelqu'un veuille bien les aider.

Il se redressa et posa ses mains sur ses genoux, jetant un coup d'œil gêné en direction de la porte d'entrée de la chambre pour s'assurer que ce fichu embrouilleur ne l'avait pas espionné.

Il se cala dans le fond du fauteuil, posant son arme sur la table de chevet à portée de main, lorsqu'il la sentir s'enfoncer dans son dos. Il reporta son regard sur Castiel. Il ne pouvait plus rien faire d'autre qu'attendre.

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- Ca ne peut pas être normal que ce soit si long ! Affirma Dean pour la centième fois, faisant les cents pas dans la chambre.

Le Trickster soupira.

- Dean, soit tu t'assois et tu attends en silence comme moi, soit je t'expédie au fin fond de l'Alaska. Le temps que tu reviennes en raquettes, Castiel sera de retour.

- Mais ça fait des heures ! Pour lui en bas, ça fait des jours ! Hurla à voix basse le chasseur.

Il n'en pouvait plus de se contenir. Il n'en pouvait plus de rester là à ne rien faire et de ne pas savoir ce que son ami endurait.

Castiel avait dû se battre, ça, il l'avait déduit des hématomes et des plaies qui étaient apparues sur son corps. L'ancien ange avait hurlé alors que de profondes lacérations étaient apparues sur sa poitrine. Et Dean s'était figé, en voyant son sang imbiber abondamment sa chemise. Dans un nouveau flash, il avait revécu en direct les tortures endurées sous la lame du rasoir d'Alastair.

Et aussi difficile que cela soit pour lui de l'admettre, c'est le Trickster qui l'avait aidé à reprendre pied, et qui avait pansé soigneusement les blessures de Castiel.

- Fais moi entrer dans son esprit. Demanda brusquement le chasseur, à peine remis de ses émotions. Je suis sûr que tu en as le pouvoir. Je dois pouvoir l'aider.

- Tu ne pourras rien faire, Dean. Si je te faisais entrer, tu ne pourrais qu'assister à ce qui se passe en spectateur impuissant. Et tu n'es pas assez fort. Regarde toi, l'enfer te colle encore à la peau. Comment crois tu que tu pourrais l'aider, alors que tu ne peux pas t'aider toi même?

Le chasseur détourna les yeux.

- Il le ferait pour moi.

L'embrouilleur l'avait alors regardé avec moins de condescendance que d'habitude. En soupirant, il avait posé deux doigts sur le front du chasseur et sur celui de Castiel.

- N'oublie pas Dean, il ne pourra ni te voir, ni t'entendre. Tu ne seras qu'un fantôme. Pour repartir, il te suffira de le demander.

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Noirceur putride.

Chaleur suffocante.

Odeur de sang, de sueur et de désespoir.

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Immédiatement Dean se crispa. Une peur primale le submergea, et un instant tout son être voulut faire demi-tour. Il ferma les yeux pour se maîtriser, serrant si fortement les paupières que la pression en devint douloureuse.

Il devait se concentrer. Castiel. Evacuer le reste. Surtout ne pas regarder autour de lui, ne pas croiser le regard des suppliciés, et ne pas y reconnaître le sien.

Il tenta de focaliser son esprit sur son ami, fouillant l'obscurité épaisse, et enfin il l'aperçu.

Castiel était à genoux, terrassé, les mains violemment pressées sur ses oreilles, dans un effort désespéré pour échapper aux paroles de ses plus terribles tourmenteurs.

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Son périple avait été si long et douloureux. Mais il avait tenu bon. Castiel avait cru réussir. Il était si proche. Mais là, arrivé aux portes de la délivrance, il capitulait devant cette si criante évidence: Ils avaient raison, il n'en était pas digne.

Dans une ultime torture, alors que ses bourreaux le tourmentaient de leurs paroles acides et qu'il se recroquevillait au sol dans l'espoir insensé d'échapper à leur venin, les images de son calvaire repassèrent devant ses yeux et donc devant ceux de Dean connecté à son esprit.

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Il le vit courir poursuivi par des démons. Dès l'instant où Castiel avait franchi la barrière, les démons l'avaient pris en chasse. Il les avait combattus avec rage, terriblement conscient que ses poings nus n'étaient que d'une désespérante inefficacité face à leurs grilles acérées qui avaient meurtri et lacéré sa chair. Mais l'ancien ange connaissait ces lieux, il savait exactement où se trouvait ce qu'il cherchait. Tout au fond, au plus bas de ce cloaque de douleur et de désespoir. Et il avait couru de toutes ses forces.

Il avait descendu un gigantesque escalier sans fin menant jusqu'à la crypte la plus profonde des enfers. Des éclairs illuminaient par moment la noirceur aveuglante, dévoilant pendant une fraction de seconde la succession interminable des marches de pierre et les murs sombres incrustés d'âmes aux bouches déformées par des hurlements silencieux d'agonie.

Plus Castiel descendait plus l'atmosphère s'alourdissait de désespoir, de douleur, et d'effroi. La température au départ suffocante diminuait à chaque nouvelle marche parcourue.

Qui avait dit que l'enfer était brasier ?

Le souffle erratique de Castiel sortait maintenant de sa bouche sous la forme d'une épaisse fumée blanche et gelée. Malgré sa course frénétique, il grelottait à présent et ses muscles se rigidifiaient, rendant ses mouvements de plus en plus difficiles. Et même si il n'était que pur esprit, les plaies que lui avaient infligées ses poursuivants le faisaient souffrir tout aussi sûrement que si il avait été incarné.

Mais malgré le froid engourdissant et la douleur, il savait qu'il devait courir. Ils étaient juste derrière lui.

L'un deux le rattrapa, et lui entailla profondément le dos de ses griffes acérées.

Castiel trébucha, posa une main sur le mur et la retira dans l'instant, profondément brûlée par le froid abyssal. Il jeta un coup d'œil derrière lui et reprit sa descente effrénée.

Brusquement les démons disparurent et il se retrouva seul dévalant toujours l'interminable escalier.

Le sol sous ses pieds le surpris et il tomba emporté par son élan se déchirant les mains et les genoux contre la pierre. La consistance sous ses doigts était poisseuse, désagréable. Il faisait trop sombre pour qu'il puisse distinguer de quoi elle était constituée et en fut presque reconnaissant. Il se redressa, essuyant ses mains écorchées sur son pantalon maculé.

Au centre d'un espace immense, tellement sombre que ses contours se perdaient dans l'infini, il la vit: une immense colonne noire aux contours irréguliers tel un gigantesque éclair inquiétant et figé.

Lorsqu'il s'en approcha, il put constater que sa surface rugueuse était recouverte de symboles étranges, incroyables de finesse et de complexité, un langage que même lui, qui possédait pourtant toutes les connaissances de l'univers, ne parvenait pas à déchiffrer. Ce n'était pas de l'Araméen, langage des hommes, pas de l'Enochien, langage des anges. Ces caractères qui irradiaient d'une puissance qu'il ne pouvait qualifier que de divine étaient le langage de Dieu Lui même.

Castiel avait entendu parler de cet endroit lorsqu'il était encore un ange, mais il ne lui avait jamais été donné de le voir. Cet éclair était la matérialisation de la terrifiante Colère de Dieu lorsqu'il avait banni son fils favori du paradis. C'était le point de chute de l'archange déchu, l'épicentre qui avait créé l'enfer.

Celui qui avait été un ange frémit. Il s'approcha de l'immense concrétion avançant la main sans oser la toucher, avec autant de déférence que de crainte.

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Autour de la colonne, l'obscurité démoniaque et glaciale semblait impacter tout être vivant ou mort qui se trouvait à proximité, absorbant toute énergie, toute volonté. Elle semblait lui parler, lui ordonner d'abandonner, lui susurrant qu'il n'était pas de taille, que les démons dans le noir l'attendaient et finiraient de le mettre en pièce lorsqu'il remonterait.

Castiel se sentit faiblir. Ses forces le fuyaient, le découragement l'envahissait.

Sa mission allait être un échec.

Par sa faute.

Parce qu'il était faible.

Insuffisant.

Humain.

Il était pourtant si près du but. Le froid le transperçait jusqu'aux os, il avait tellement mal et il était si fatigué. Il se sentit sombrer. Autant rester ici, renoncer, ce serait tellement plus facile, moins douloureux.

Castiel se redressa brusquement lorsque cette idée s'insinua dans son esprit, le fouettant à sang.

Jamais!

Il refusait de se laisser corrompre par le mal. Il refusait d'abandonner! Il y avait forcement une solution. Il avait appris ça des Winchester, ne jamais renoncer, même quand tout semblait perdu. Tenir, même quand on était à bout de forces.

Il plissa les yeux pour s'habituer à l'obscurité, regarda plus attentivement autour de lui et cru apercevoir un éclat rougeoyant dans les ténèbres, le véritable but de son périple. Il avança dans l'obscurité, les mains tendues devant lui comme un aveugle, sentant ses forces revenir au fur et à mesure qu'il s'éloignait de la colonne.

Il se laissa guider par la lueur. Elle provenait d'un énorme chaudron noir rempli de charbons ardents. Il reposait sur un socle rond en pierre et un second piédestal identique un peu plus loin était vide. Une phrase en énochien, cette fois, y était gravée. Castiel aurait pu la traduire grossièrement par:

"la souffrance apporte repentance et salut."

Castiel s'approcha, en fit le tour et reconnu sur les côtés du récipient brûlant certains des symboles gravés sur la colonne. Les caractères en relief semblaient presque bouger d'eux même tellement la chaleur du métal chauffé jusqu'à l'incandescence faisait onduler l'air.

Castiel comprit ce qu'on attendait de lui, de quelle façon il allait pouvoir ramener les précieux symboles qu'il était venu chercher. Sa nouvelle épreuve. Après avoir résisté à la tentation d'abandonner, il devait maintenant faire preuve d'abnégation et de sacrifice, prouver qu'il avait la force d'endurer la douleur et ce qui était encore plus difficile se l'infliger lui même.

Il n'y avait pas de poignée pour déplacer ce chaudron d'un socle à l'autre, aucun objet avec lequel il aurait pu le faire. Il retroussa ses manches, découvrant ses avant-bras et les plaça à distance de chaque côté du récipient face aux symboles rougeoyants. Il hésita un instant, ressentant déjà la vive brûlure sur sa peau nue, puis les appliqua sur le métal incandescent.

La chair grésilla et il hurla.

La souffrance fut mille fois pire que ce qu'il avait anticipé, irradiant depuis ses bras dans chaque fibre de son être, mais il tint bon. Dans un effort gigantesque dont il s'ignorait capable depuis qu'il était humain, il souleva le chaudron, et le déposa sur le deuxième socle, sentant les symboles se graver profondément dans sa chair.

Lorsque le poids du chaudron reposa sur le second socle, il recula, tremblant de tout son être, les avants bras levés devant lui, tentant de maîtriser la douleur violente qui le suffoquait. Il entendit plus qu'il ne la vit, une porte se déverrouiller, et une lumière vive, immaculée, angélique, l'aveugla.

La délivrance.

Il avait réussi.

Chaque parcelle de son corps était souffrance mais il avança toute de même vers l'éblouissante clarté.

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Et c'est là qu'il les entendit, dans sa tête et tout autour de lui. Les voix des anges.

Il les reconnaissait, et aurait même pu en identifier certains qui avaient été si longtemps ses frères et qui à présent allaient être son ultime épreuve.

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Dean n'avait pu assister qu'en spectateur impuissant à la course effrénée et aux épreuves endurées par son ami. Son esprit était lié au sien, il voyait et ressentait les sentiments de Castiel mais ne pouvait rien faire pour l'aider. Il n'était qu'un fantôme invisible, comme le Trickster le lui avait dit. Il ne ressentait pas la douleur physique de celui qui n'était plus un ange, mais sa peur, son désarroi, la détestation qu'il éprouvait de ce qu'il était devenu.

Lorsque la porte s'était ouverte et que la lumière avait jailli inondant la crypte, un son strident s'était fait entendre. Dean le reconnaissait, c'était la voix des anges. Cette voix qu'il avait entendue lorsqu'il s'était retrouvé dans cette station-service juste après sa résurrection. Une voix qui avait brisé toutes les vitres, qui avaient failli lui crever les yeux et les tympans. Cette fois là, cela avait été la voix de Castiel même si il l'ignorait à ce moment là.

Mais là, le son était un million de fois plus fort, ce n'était pas un ange qui parlait, mais des milliers. Il regarda Castiel, qui ne semblait pas physiquement affecté, mais qui restait immobile, les poings serrés, devant cette issue ouverte qui était pourtant son salut. Son visage reflétait une douleur différente de celle plus physique qui l'avait assaillie précédemment, mais plus intense encore.

Plus les voix lui parlaient, plus Castiel fléchissait. Ses épaules se voûtaient. Sa tête s'inclina d'abord vers le sol, puis il releva un visage suppliant, des larmes silencieuses coulant sur ses joues.

Dean comprenait sans vraiment les entendre, ce que la cacophonie des anges répétait dans un écho sans fin.

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"Tu es un monstre, Castiel, indigne de Dieu et de Son paradis.

Une abomination. Inutile. Faible. Maléfique.

Tous ceux qui t'approchent vont mourir, tu resteras seul.

Tu as failli à toutes tes missions.

Dean Winchester a brisé le premier sceau parce que tu ne l'as pas sauvé à temps.

Son âme est pervertie. Il va mourir par ta faute. Il retournera en enfer et il deviendra un démon.

Tout est de ta faute, Castiel.

Renonce ou tu provoqueras la fin du monde, la chute des anges, tu détruiras le paradis, tu te prendras pour Dieu lui même et tu assassineras tes frères.

Tu n'es plus un ange, Castiel, pas même un homme. Tu souilles tout ce que tu touches.

Tu n'es plus rien. Tu ne mérites pas de vivre.

Tu as déçu ton Père.

Reste en enfer, Castiel, où est ta place.

Accepte ton châtiment et peut être qu'IL te pardonnera un jour.

Renonce, Castiel."

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L'ancien ange était à genoux à présent, les mains fermement pressées sur ses oreilles, il n'en pouvait plus.

Ils avaient raison. Il devait accepter son sort. Il devait payer pour ses crimes passés, présents et futurs, pour tous ses manquements, tout ce qu'il n'avait pas su être.

Peut-être pourrait il espérer le pardon, la paix, peut être la souffrance disparaîtrait elle, si il obéissait?

Il s'allongea au sol, se recroquevilla en position fœtale, les bras repliés sur sa poitrine.

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Une ombre passa devant la lumière.

Dean ?

Non. Dean ne pouvait pas être là. Il ne devait pas être là.

Castiel l'avait sorti des enfers. Il l'avait sauvé lorsqu'il était encore un ange. Il avait échoué pour tout le reste mais cela, il l'avait accompli, il avait arraché l'Homme Vertueux à la damnation.

Dean ne pouvait pas être là, c'était forcément une illusion, mais elle lui faisait du bien. Son ami le regardait, tendait la main vers lui et Castiel avait un peu moins mal.

Il savait qu'il n'aurait pas dû bouger, qu'il aurait dû obéir aux anges, abandonner, capituler, mais malgré cette certitude, dans une douloureuse espérance, il tendit la main vers ce mirage et saisit celle qui lui était offerte. Des doigts se refermèrent fermement sur son bras et il se sentit tiré en avant. Il ferma les yeux, se laissa emmener.

Mourir, enfin...

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La douleur brusquement cessa.

Castiel ouvrit les yeux, rencontrant ceux de Dean debout à ses côtés.

Il se trouvait allongé sur un lit et reconnut la chambre de l'embrouilleur.

Il était revenu.

L'échange intense et silencieux entre les deux hommes se prolongea quelques secondes.

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Puis un bruit de raclement de gorge se fit entendre.

- Euh...les gars...croyez bien que je m'en veuille énormément d'interrompre un moment aussi émouvant, mais il reste du boulot quand même.

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oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

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Mais non je suis pas un horrible monstre sadique.

Et puis dites vous que j'aurais pu faire pire. J'ai envisagé de vous laisser sur le moment où Castiel se sent mourrir. Mais j'ai pas pu, même moi je ne suis pas aussi cruelle.

Mais j'ai hésité...hihi, parce que je trouvais que ça faisait une super fin de chapitre.

L'intervention de mon petit Gaby, apres tellement de tension, ça fait du bien non ?

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D'attaque pour la semaine prochaine ? :)

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Ps: qui a reconnu la série d'où j'ai emprunté l'épreuve du chaudron incandescent ? Ah ah... Dites moi si vous savez, ... ou si vous voulez savoir... ;)