Salut à tous,

Je suis vraiment désolée d'avoir mis si longtemps à écrire ce chapitre, j'ai assez peu de temps à y consacrer et j'ai mis pas mal de temps à être satisfaite de ma production. Je vous souhaite tout de même une bonne lecture !


Carlisle m'entraîna dans le jardin, nous marchâmes jusqu'à la rivière et il s'arrêta. Il s'assit au bord du cours d'eau qui faisait une quinzaine de mètres de large en me faisant signe de l'imiter. Je m'exécutai et nous restâmes un moment sans rien dire. Puis, il regarda l'heure sur sa montre et je l'interrogeai du regard, curieuse.

- Alice a prédit un rayon de soleil à cet endroit dans environ une minute trente.

Je restai coite. Ainsi, j'allais enfin savoir quel effet le soleil produisait sur les vampires. Carlisle retira sa veste, et commença à déboutonner sa chemise. J'écarquillai les yeux et avalai péniblement ma salive. Il dévoila son torse musclé, qui était aussi parfait que le reste de sa personne, et j'éprouvai immédiatement l'envie de le toucher. Il surprit mon regard et sourit.

- Tu te rendras mieux compte comme ça, dit-il.

J'acquiesçai sans vraiment comprendre ce que ça signifiait. Puis, il se leva et s'éloigna à quelques mètres de moi.

- Ne sois pas effrayée surtout, murmura-t-il.

- Je n'aurais pas peur, Carlisle, répondis-je tout aussi doucement.

J'observai le ciel gris. Le vent s'était levé et les rayons du soleil arrivaient presque à transpercer la couche grise et duveteuse des nuages. Quelques secondes plus tard, le soleil m'éblouit et je clignai plusieurs fois des yeux. Puis, je regardai Carlisle.

Il offrait une vision spectaculaire. Sa peau brillait, comme incrustée de milliers de petits diamants, son visage, son torse et ses bras scintillaient à la lumière. J'étais muette de stupéfaction. Il était tellement beau, je n'arrivais même pas à concevoir que quelqu'un d'aussi magnifique puisse exister. Il s'approcha de moi qui ne le quittai pas des yeux, hypnotisée par la flamboyance de sa peau. Il s'assit à nouveau et je me rapprochai, désirant l'observer de plus près. Je touchai sa main. Elle était aussi douce et froide que d'habitude. Il me regarda, curieux.

- Tu n'es pas choquée ?

- Un peu, admis-je. Mais je suis surtout curieuse, comment est-ce possible ?

Il rit doucement.

- Notre peau est dure comme de la pierre, une sorte de granit. Le fait de scintiller au soleil en est la principale caractéristique.

- Tu es magnifique, murmurai-je.

Carlisle pencha la tête sur le côté.

- Tu trouves ?

- Évidemment, répondis-je. Comment pourrait-il en être autrement ?

- La première fois que je me suis vu au soleil, je me suis fait la réflexion que c'était bien la preuve que j'étais devenu un monstre, dit-il.

- Tu n'es pas un monstre Carlisle, tu es quelqu'un de bon.

- Les vampires sont des monstres pourtant.

- Pas toi, répliquai-je. Tu œuvres pour le bien, tu aides les gens, tu les soignes.

Il sourit et caressa ma joue.

- Oui, répondit-il. J'aime mon travail et être un médecin m'apporte une grande paix. Et pourtant...

- Pourtant quoi ?

- La plupart d'entre nous pense que nous sommes damnés pour l'éternité.

Je le regardai, incrédule. Il arborait un air sérieux.

- C'est complètement ridicule, tu ne peux pas être damné Carlisle.

- En fait, expliqua-t-il, je suis le seul à penser que nous ne le sommes pas. J'ai toujours eu la foi, et je pense que quelque chose a été prévu pour nous après la mort, aussi impensable que cela puisse paraître.

- Ce n'est pas impensable, au contraire, c'est tout à fait logique.

Il rit à nouveau.

- Et bien, fit-il, tu es la première à être d'accord avec moi.

- Ta famille ne l'est pas ? M'étonnai-je.

- Ils aimeraient bien, mais ils ne sont pas aussi optimistes que moi.

Je pris la main de Carlisle et l'observai de près. La lumière du soleil ricochait sur sa peau. Je la retournai dans tout les sens. Carlisle me laissa faire, mais les nuages reprirent bientôt leur place attitrée, et il cessa de scintiller.

- C'est malin, dis-je, je n'avais pas encore fini mes observations.

- Ce sera pour une autre fois, dit Carlisle, malicieux.

Je frissonnai. La température avait baissé, et sans le soleil pour me réchauffer, je commençais à avoir froid. Carlisle le remarqua et mit sa veste sur mes épaules. Je le remerciai tandis qu'il remettait sa chemise.

Le temps avait passé plus vite que je ne l'aurais cru et Carlisle me ramena chez moi, après avoir dit au revoir à Edward, Bella, Alice, Jasper, Rosalie et Emmett. Ce dernier m'adressa à nouveau un sourire carnassier et je m'efforçai de ne pas me montrer effrayée tandis que Rosalie lui donnait une claque derrière la tête. Nous partîmes donc et une fois devant l'immeuble, je proposai à Carlisle de rester.

- Avec grand plaisir, répondit-il en me faisant un clin d'œil.

Je rougis. Nous sortîmes de sa flambante Mercedes et rentrâmes dans l'immeuble. Une fois chez moi, j'allai faire une rapide toilette. Je me dépêchai, désireuse de le retrouver rapidement ; je n'étais jamais assez rassasiée de sa présence. Je le rejoins dans le salon, il était occupé à regarder mes livres. Il se tourna vers moi, le sourire aux lèvres.

- Mes livres te plaisent ? Demandai-je en m'approchant.

- Je les ai déjà tous lus et appréciés, pour la plupart, répondit-il, nonchalant.

Je ris. Il me prit dans ses bras, et je me serrai contre lui, respirant son odeur. Il m'avait dit qu'il n'éprouvait aucune souffrance à résister au sang humain, ce qui m'allait bien. J'aurais détesté le fait qu'il soit obligé de rester loin de moi pour résister à la tentation. J'avais besoin de sa présence et son contact m'était tellement agréable !

Il embrassa le dessus de mon crâne et je levai la tête vers lui. Nos lèvres furent scellées en un instant. Je l'avais déjà embrassé auparavant, et j'avais pourtant l'impression de le redécouvrir, comme si je revivais notre premier baiser, avec des sensations nouvelles. Je passai mes bras autour de son cou, resserrai notre étreinte. Il caressait mon dos, me faisant frissonner. Mais il finit par me relâcher en souriant et je repris mon souffle avec difficulté, comme à chaque fois. Hum, j'aurais bien aimé continuer de l'embrasser. Comme s'il avait deviné ce que je pensais, il dit :

- Je ne voudrais pas que tu meures asphyxiée !

- Comme c'est prévenant, plaisantai-je.

Il sourit.

- Tu n'imagines pas comme je suis heureux de t'avoir rencontrée, dit-il avec ferveur.

Avant que je ne puisse répondre, mon ventre gargouilla, ce qui le fit rire. Je rougis de plus belle et filai à la cuisine me préparer un repas. Plus tard, nous étions devant la télévision depuis un moment, enlacés. Je baillais et mes yeux papillonnaient.

- Tu as l'air fatiguée Esmée, me dit paisiblement Carlisle. Il serait plus sage d'aller au lit tu ne crois pas ?

Je m'agrippai à lui.

- Je n'ai pas envie que tu partes tout de suite.

- Moi non plus, mais je ne veux pas que tu sois épuisée à cause de moi.

Une idée me traversa l'esprit et mon cœur s'emballa. Et si...

- Carlisle, es-tu obligé de rentrer chez toi ? Demandai-je en feignant l'indifférence.

Il me regarda d'un air surpris.

- Non, admit-il, je peux rester si tu veux.

- Hum, je ne voudrais pas te forcer à passer la nuit avec moi...

Il me regarda d'un air vaguement inquiet.

- Ça ne me dérange pas du tout, au contraire.

- Tant mieux.

Sur ces paroles, je m'approchai vivement de son visage et l'embrassai à perdre haleine. Il me rendit mon baiser, avec une certaine prudence toutefois. Je m'échauffai rapidement et me collai un peu plus contre lui, montrant clairement que je désirais plus. Je le désirais lui. Mais Carlisle m'immobilisa dans l'étau de ses bras. Je le regardai, déçue. Ses yeux luisaient d'une lueur inhabituelle et il serrait les dents. Je me mordis la lèvre, soucieuse.

- Carlisle ? Qu'y a-t-il ?

- Je ne pense pas être capable de faire ça Esmée, fit-il après s'être détendu. Je pourrais te blesser par accident.

- Je suis sûre que non, arguai-je.

- Tu ne peux pas savoir, répliqua-t-il.

- Carlisle, tu es un vampire et tu travailles dans un hôpital ou l'odeur de sang est plus forte que n'importe où ailleurs, tu as un contrôle exemplaire.

- Ce n'est pas pareil, contra-t-il, je te l'ai expliqué.

Oui, et je ne l'avais pas oublié, mais j'avais le droit d'espérer, non ?

- Cela fait des siècles que je résiste à l'odeur du sang, alors maintenant cela ne me demande aucun effort. Mais, je n'ai absolument aucune expérience pour ce qui est des relations physiques. Je ne peux pas prendre ce risque, c'est trop dangereux.

Je caressai doucement ses cheveux. J'étais déçue, bien sûr, et en même temps curieuse. Il n'avait vraiment aucune expérience ? Je me promis de lui poser la question un jour.

- Je suis désolée, m'excusai-je.

- Tu n'as pas à être désolée, soupira-t-il, ce n'est pas ta faute. C'est la mienne. Tu devrais être avec quelqu'un de normal, qui puisse être en mesure de satisfaire tous tes désirs.

Je le fixai, mécontente.

- Nous en avons déjà discuté il me semble, rétorquai-je, tu es l'unique personne avec qui j'ai envie d'être, fin de la discussion.

- Mais..., commença-t-il, étonné de ma réaction.

Je me levai sans lui laisser le temps de continuer, en lançant :

- Rejoins-moi dans la chambre dans cinq minutes.

Je filai dans la salle de bain, fit une rapide toilette, mit un pyjama en lin noir, puis allai dans ma chambre et me glissai dans le lit en éteignant la lumière. J'étais toujours en colère. Il ne comprenait pas à quel point ma vie tournait autour de lui désormais, juste autour de lui. Je l'aimais comme je n'avais jamais aimé personne, et je n'aimerais jamais personne d'autre que lui. Qu'il ne se sente pas suffisamment sûr de lui pour « franchir le pas » n'avait aucune importance, après tout, il prenait simplement ma sécurité trop à cœur. Je m'en sentais tout de même frustrée, mais j'avais bon espoir de le faire changer d'avis, un jour ou l'autre.

Je sentis qu'on soulevait le drap, et des bras m'enlacèrent. Je me rapprochait de Carlisle en soupirant d'aise.

- Tu m'en veux ? Chuchota-t-il dans mon oreille.

- Non, répondis-je, je t'aime.

- Moi aussi.

- Tu travailles demain ?

- Oui, toute la journée jusqu'à huit heures du soir. Je viens te voir après ?

- Avec plaisir, ris-je.

Il m'embrassa furtivement.

- Dors maintenant, ma douce Esmée.

Je ne tardais pas à m'endormir, bercée dans les bras de Carlisle.

La journée du lendemain me parut très longue, l'absence de mon vampire blond me pesait. Julia le remarqua pendant le repas de midi et me questionna :

- Tu as l'air ailleurs depuis ce matin Esmée, ça ne va pas ?

- Si, j'ai juste hâte d'être à ce soir, répondis-je en lui faisant un clin d'œil.

Elle comprit et sourit mais je n'entrai pas plus dans les détails, ne voulant toujours pas que les gens soient au courant de ma relation avec Carlisle tant que je ne l'aurais moi-même pas révélé à mon père. Et nous n'étions en effet pas seules à notre table.

Mark O'Connor, le nouveau professeur de mathématiques qui remplaçait M. Varner, déjeunait avec nous. Il était arrivé ce matin avec Julia, celle-ci se faisant un plaisir de lui servir de guide dans l'établissement. Il était plutôt séduisant, avec un visage égayé par des fossettes, des cheveux noirs et des yeux gris. Julia ne cessait de l'observer, sans qu'il semble s'en apercevoir. Car malheureusement, il focalisait toute son attention sur moi depuis le début du repas. Pour ma part, je faisais comme si je ne remarquai rien, priant pour qu'il finisse par remarquer l'attention que lui portait mon amie et cesse de me reluquer. Mais il ne se découragea pas et, une fois que nous eûmes finit, il m'offrit avec un sourire enjôleur de m'accompagner jusqu'à ma salle de cour. Je retins une grimace. Après tout, il ne faisait rien de mal, mais j'étais gênée pour Julia qui sembla quelque peu déconfite mais qui décida tout de même de nous accompagner.

C'est ainsi que je me rendis dans ma chère salle de cour, en me demandant comment j'allais faire comprendre à ce Mark que j'étais déjà prise. J'avais déjà suffisamment de problèmes sans vouloir en rajouter un autre.

Julia ne se décourageait pas, au contraire, elle engagea la conversation sur un ton animé et Mark y prit part avec un plaisir évident. Tout n'est peut-être pas perdu... songeai-je. Je les écoutai discuter en glissant par-ci par là une ou deux phrases. Julia était aux anges, Mark lui parlait avec un plaisir non dissimulé et je me faisais toute petite. Avec un peu de chance, il avait abandonné. Cependant, juste avant la sonnerie, Julia s'éclipsa et Mark commença par la suivre, avant de revenir. Je pianotai sur mon clavier d'ordinateur et fit semblant de ne pas l'avoir remarqué.

- Esmée ? Appela-t-il.

- Oui ? répondis-je en relevant la tête.

- Je me demandais si... si vous accepteriez de venir prendre un verre avec moi après les cours.

Décidément je n'avais pas de chance. S'il n'y avait pas eu Carlisle, j'aurais sans doute été heureuse et flattée qu'un bel homme m'invite à boire un verre alors que nous venions juste de nous rencontrer, mais il y avait Carlisle, et maintenant que je le connaissais, je ne pouvais même pas imaginer fréquenter quelqu'un d'autre que lui. Personne ne pouvait soutenir la comparaison avec mon vampire adoré. J'avais caressé son magnifique visage, j'avais joué avec ses soyeuses mèches blondes, j'avais embrassé ses lèvres au goût merveilleux, j'avais...

- Esmée ? Reprit Mark sur un ton inquiet.

Je rougis, m'étant laissée emporter par mes pensées.

- Je suis vraiment désolée Mark, mais je ne suis pas disponible, répondis-je finalement avec un sourire d'excuse.

Je ne voulais pas être trop dure, étant donné l'espoir innocent que je percevais dans ses yeux et qui me mettait mal à l'aise.

- Oh... fit-il, déçu, une autre fois peut-être ?

C'est pas vrai, j'ai vraiment l'impression d'être une mégère, me dis-je intérieurement.

- Euh... je ne pense pas que ce sera possible... désolée... répondis-je, évasive.

Il avala péniblement sa salive.

- Ce n'est pas grave, je comprends, répondit-il, malheureux. Euh... bonne journée Esmée.

- Bonne journée, répondis-je, me sentant mal pour lui.

Pourquoi avait-il fallu qu'il s'intéresse à moi alors que c'était Julia qui était raide dingue de lui ? Elle me l'avait dit le matin même pendant un intercours où elle était venue me voir, excitée comme une puce, parce que Mark était " absolument trop craquant ".

La sonnerie retentit, et je me décidai à chasser de mon esprit cette histoire de cœur digne des adolescents auxquels j'enseignais.

À la fin de la journée, je rejoignis Julia sur le parking. Elle était seule, en train de ranger ses affaires dans son coffre. Elle me vit arriver et m'offrit une mine dépitée.

- Mark n'est pas avec toi ? demandai-je, hésitante.

- Non, il a préféré rentrer à pied, répondit-elle. Malgré tous mes efforts, il ne s'intéresse vraiment pas à moi.

- Je suis vraiment désolée, fis-je, compatissante. Mais ce n'est que le début, tout n'est pas perdu, tentai-je de la réconforter.

- Oui, enfin c'est un peu décevant qu'il ait flashé sur toi et pas sur moi.

J'affichai une moue gênée, ne sachant que répondre.

- Mais quand il saura avec qui tu sors, il se rendra compte qu'il n'avait aucune chance, rit-elle.

Je ris avec elle.

- Mais n'en parle pas à Mark tout de suite s'il te plaît, il faut d'abord que je le dise à mon père.

- Ton père ? Il n'est pas au courant ? s'étonna-t-elle.

- Euh... Non. En fait, les gens de La Push ne portent pas vraiment les Cullen dans leur cœur.

- J'en ai entendu parler, c'est vrai, mais je n'ai jamais compris pourquoi.

Ce n'était guère étonnant. Comment le commun des mortels aurait-il pu savoir que les Quileute détestaient les Cullen parce que ceux-ci étaient des vampires ?

- Comment va-t-il réagir selon toi ? Continua-t-elle.

- Il va être furieux.

- Peut-être sur le moment, mais s'il voit que tu es heureuse avec Carlisle il ne le restera pas très longtemps.

J'aurais aimé que Julia eut raison mais malheureusement, je savais que Billy n'accepterait pas facilement ma relation avec Carlisle, si seulement il l'acceptait.

Je saluai Julia et me dirigeai vers ma voiture. J'avais hâte de revoir Carlisle, mais je devais patienter toute l'après-midi avant de le retrouver. Fort heureusement, j'avais de quoi m'occuper : des évaluations à corriger, un groupement de texte sur le théâtre à préparer...


J'espère que ça vous a plu, je me mets de suite à l'écriture du chapitre 12 qui sera publié plus rapidement que celui-ci, si tout se passe bien (malheureusement il y a toujours des risques pour que ça foire quelque part). A+

=)