ALOHA ! Voici le chapitre 11 pour Unmasked que Blackout deigne bien nous envoyer depuis sa Bretagne (je te hais la fourbe !).
Bref, je vous laisse découvrir tout ça :B
NOTE DE L'AUTEURE :
Saluuut les gens!
Alors, j'suis désolée, mais j'ai complètement oublié de poster la suite et après, j'suis partie en vacances pendant deux semaines, sans connexion internet, donc j'ai pas pu poster le nouveau chapitre avant, c'était en plein "suspense", alors j'en suis désolée! Bref, voilà le nouveau chapitre, un assez long chapitre pour une fois, le prochain sera dans deux semaines environ, parce que je repars dès demain!
Pour les reviews!
Fanie: Merciii pour cette review, et bienvenue! (Je crois que t'es nouvelle, si j'me trompe pas), et non non non, faut pas pleurer, surtout pas! Ça fait bien plaisir en tout cas, continue! :D
Guest (Qui es tu, inconnu(e)?): Ouai, je sais, j'ai tendance à bien trop dramatiser, mais bon... J'suis pas sadique, en vrai, pas du tout! (Okay, peut-être un peu), merci beaucoup en tout cas :D
Ylena: Merci pour ces informations haha, ça fait plaisir de te connaître un peu plus! Merci pour cette review, et j'espère que ce chapitre te conviendra!
PopLove: Merciiiiiiiiiiii, ta review m'a fait EXTRÊMEMENT plaisir, mais genre vraiment beaucoup. T'es une lectrice formidable, l'une des meilleures :D Merci encore, franchement, t'es vraiment trop top! Et j'irai faire un tour pour voir ta fiction :) Voilà le suspense achevé, alors, bonne lecture!
Voilà voilà, les gens, j'vous souhaite une bonne lecture à tous, et à la prochaine!
Merci encore pour vos reviews, j'le dis peut-être pas assez mais ça fait vraiment plaisir!
UNMASKED
Chapitre 11 : The Ghost Of You.
Vendredi 7 mars.
- Matthew ? Si tu m'entends, parle moi. Dis n'importe quoi.
Il était si près de cette lumière. Si près de cet après. Si près de son but. Il courrait vers celui-ci. Mais pourquoi semble t-elle s'éloigner ? Pourquoi semble t-elle s'affaiblir ? Celle-ci s'efface de plus en plus pour ne devenir qu'une faible lueur à peine percevable. Ou bien peut être est-ce Matthew qui s'éloigne ? Peut être est-ce lui qui fait demi-tour ? Matthew ne comprend plus rien à ce qui lui arrive. Il était à deux pas d'atteindre ce recommencement. Pourquoi ces secousses se répètent t-elles ? Ces secousses qui semblent vouloir le ramener à cette réalité qu'il ne supporte plus. Ces secousses semblables à des électrochocs qui ébranlent son corps entier.
Alors, c'était ça. Ce putain de désespoir ne voulait pas le laisser partir. Sous aucun prétexte. Alors, il est venu le ramener à la vie parce qu'il n'a pas fini de le faire souffrir. Parce que le contrat n'est pas terminé. Mais, tu ne crois pas que tu en as déjà assez fait ? Jusqu'où es-tu capable d'aller ?
Matthew se sent soudainement projeté en avant, comme s'il s'écrasait violemment contre un mur. La lumière a disparu. Tout a disparu. Il ne voit plus rien. Mais cette putain de douleur surgit à nouveau. Alors, il comprend. Il a échoué. La réalité l'a rattrapé. La vie ne veut définitivement pas le lâcher.
Matthew entend des voix mais il n'arrive pas à comprendre d'où elles viennent. Il essaie de bouger, mais ses membres sont comme paralysés. Il tente d'ouvrir les yeux, en vain.
- Matthew, si tu m'entends, serre moi la main.
Il entend ces voix, ou plutôt cette voix, plus distinctement, mais il ne sait pas à qui elle appartient. C'est celle d'un homme, il en est sûr. Cette voix continue de lui parler, encore et encore. Mais Matthew ne saisit pas tout. Alors, il se concentre et essaie tant bien que mal d'esquisser un mouvement. Quelques minutes passent, et Matthew sent une certaine pression au niveau de son épaule, et de sa main. Il entend plusieurs personnes s'agiter autour de lui. Quelque chose l'éblouit. Le soleil ? La lumière de la pièce dans laquelle il est allongé ? Il ne sait pas, mais celle-ci l'oblige à ouvrir les yeux doucement. Sa vision est encore trouble. Tout est flou autour de lui. Mais peu à peu, tout devient plus clair, et les yeux de Matthew se posent sur un mur blanc. Le plafond d'une chambre d'hôpital. Il baisse son regard et observe quelque peu la pièce. Celle-ci est plutôt étroite. Il peut apercevoir une étagère en face de lui où sont regroupés plusieurs affaires lui appartenant : Quelques vêtements, son Ipod, son sac de cours. Une porte est entrouverte à côté de cette étagère et donne sur une large salle de bain. Les yeux de Matthew se posent finalement sur la personne assise en face de lui. Will. Celui-ci avait été appelé par l'hôpital en pleine formation, car les infirmiers voulaient que celui-ci clarifie les raisons du suicide de Matthew. Son cœur avait loupé un battement. Parce qu'il ne voulait pas croire qu'il allait échoué pour la première fois de sa carrière. Qu'il allait perdre un patient. Alors, il était parti aussitôt et avait pris le premier train du matin en direction de Teignmouth. Il était arrivé une heure plus tard, et avait accouru vers cet hôpital. On lui avait dit que Matthew était tiré d'affaires, et que celui-ci restait dans un état comateux depuis quelques temps.
- Qu'est ce qui t'as pris, Matthew ? Qu'est ce qui s'est passé pour que t'en arrives là ?
Flash back.
Sa respiration s'était coupé, il ne ressentait plus rien. Plus de douleur, plus de tristesse, plus aucun désespoir. Il était bien. Parfaitement serein. Alors, c'était fini ? Il se rapprochait enfin de ce paradis, ce paradis dont tout le monde parlait. Mais si tout cela n'existait pas ? Mais si le paradis était simplement qu'une putain d'invention ? Une invention pour rassurer tout ce monde, terrifié par la mort. Simplement une invention pour répandre un espoir. Un espoir que la mort n'est que le commencement d'une autre vie. Et s'il n'y avait rien ? Rien d'autre qu'un trou noir, un vide continuel.
Mais, Matthew ne peut plus réfléchir, il se sent déjà partir vers cet au-delà.
Peu importe ce qui l'attend, il ne va pas tarder à le découvrir.
Mais as-tu pensé à ces personnes qui tiennent à toi, Matthew ? As-tu pensé à Will ? Lui qui se bat pour trouver une solution, lui qui se bat pour te faire enfin retrouver le sourire ? As-tu pensé à ta mère qui a passé sa vie à essayé de te rendre plus heureux, qui a tout fait pour que tu atteignes enfin le bonheur ?
As-tu pensé à ton frère ? Ton frère qui a toujours pris soin de toi. As-tu pensé à lui ? Lui qui se rapproche de plus en plus vite de cette pièce dans laquelle tu es étendu, perdant ton sang. As-tu pensé à lui ? Lui qui court pour te venir en aide, pour te sauver de cette galère. Lui qui court en larmes, la gorge serrée, plus angoissé que jamais. As-tu pensé à lui ?
As-tu pensé à eux ?
Quelques minutes avant.
Paul soupire de soulagement en sortant de cette fac situé à environ vingt minutes à pied de son nouveau chez eux. Il est suivi de près par Eliott, un adolescent de 19 ans avec qui il s'est lié d'amitié depuis début Janvier. Un sourire s'installe sur son visage réjoui. Enfin le week-end tant attendu. Il n'avait pas cours le lendemain, donc cela lui permettait d'avoir un week-end d'autant plus long. Il s'apprêtait à poser une question à Eliott mais Basket case de Green Day qui s'agit être la sonnerie de son portable se met en route. Il sort machinalement son téléphone de sa poche de jean, et fronce les sourcils en constatant que l'appel vient de leur voisine, Mme Austin, il avait eu son numéro parce qu'elle souhaitait que Paul garde ses enfants un soir. Celui-ci finit par décrocher, priant intérieurement qu'elle ne lui demande pas la même chose.
- Bonjour.
- Paul ?
- C'est moi!
- C'est à propos de Matt...
- Matt ?
- Je l'ai aperçu rentrer chez vous i peine deux minutes, il était mal en point. Je crois qu'il s'est fait agressé. Il avait le nez en sang, et... Je crois qu'il pleurait. J'ai voulu lui demander ce qui s'est passé, mais il est rentré sans rien dire. J'ai essayé d'appeler votre mère, elle ne répond pas. Je préférais vous prévenir.
Mme Austin continuait de parler, mais Paul n'écoutait plus. Sa respiration s'était coupé. Les battements de son cœur s'étaient accélérés. Il sentit soudainement un mauvais pressentiment l'envahir. Son frère était en danger. Il se retourna brusquement vers son ami, les larmes aux yeux. Il ne savait plus quoi faire. Il était perdu.
- Paul ? Qu'est ce qui se passe...? Rien de grave ?
- Je... Mon frère. Appelle le SAMU, Eliott, tout de suite, je t'en pries. Dis leur qu'une personne est en danger à mon adresse. Tout de suite.
Paul avait hurlé ces quelques mots en commençant déjà à se précipiter vers l'arrêt de bus le plus proche de sa faculté. Il regarda en coup de vents les horaires, et jura quand il s'aperçut que le prochain bus était environ une demie-heure plus tard.
Alors, il se mit à courir le plus vite possible. Aussi rapidement qu'il pouvait. Déjà, il ressentit une vive douleur au niveau des jambes, et un point de côté s'empara de lui, mais il s'en fichait. Il continuait de courir à s'en défoncer les pieds, au point d'en avoir envie de vomir. Il courait. Encore et encore. Sa respiration était saccadée, les battements de son cœur n'avaient jamais été autant rapides, mais cela lui était égal. C'était Matthew. Et la mort n'allait pas s'emparer aussi facilement de son petit frère. Il aurait voulu cracher ses poumons tellement le vent lui fouettait le visage, et faisait souffrir sa gorge. Il courait. A moins de cinq minutes de chez lui, il marcha sur un lacet qui s'était échappé de sa chaussure. Il s'écroula de tout son long, et en perdit sa chaussure. Son front heurta lourdement le béton, et il fut parcouru d'une vive douleur qui s'empara de lui. Il resta sonné quelques temps, mais se releva l'instant d'après, ne prenant pas le temps de prendre sa chaussure, et continua à courir, encore et encore. Il sentit quelque chose couler sur son visage, ses joues. Ses larmes ? Du sang ? Il n'en savait rien. Il avait mal. Il avait chaud. Mais il continuait à courir à en crever. On n'allait pas lui prendre son petit frère. Il allait vivre.
Il ne contrôlait plus rien, c'est comme si ses jambes couraient d'elles-mêmes et l'entraînait à leur suite. Il entendit une sirène d'ambulance. Il était tout près. Il courut encore plus vite, si c'était possible. Il entama la dernière rue qui se terminait par leur maison, la dernière ligne droite. Il put apercevoir l'ambulance stationner devant leur garage, mais aussi, ce brancard sur lequel est allongé son petit frère, son Matthew. Il ne sait pas s'il est mort, s'il est dans le coma, dans un état critique, tiré d'affaires. Il ne sait pas. Il ne sait rien. Ce qui le fait accélérer le pas d'autant plus.
C'est seulement quand il arrive devant cette équipe d'urgence du SAMU qu'il se rend compte de son état. Son jean est déchiré, son tee-shirt est couvert de sang, il peut d'ailleurs sentir ce liquide s'étendre sur son visage, et le goût métallique dans sa bouche. Il pose doucement une main dans ses cheveux, et la retire l'instant d'après : Celle-ci est couverte de sang. Paul reste interdit quelques instants, avant qu'un infirmier se dirige rapidement vers lui, constatant son état.
- Comment vous sentez-vous Monsieur ? Vous connaissez la victime ?
- C'est... C'est mon petit frère.
- Venez avec nous dans l'ambulance.
Paul s'exécute aussi rapidement que possible. Il ne veut pas faire perdre une seule seconde de plus à l'équipe d'urgence. Il monte, et s'assied à côté de Matthew, encore inconscient sur le brancard. Le même infirmier ferme la porte d'un coup sec et l'ambulance se met en route aussitôt. Celui-ci en profite pour soulager la blessure au niveau de l'arcade sourcilière de Paul, et ainsi, éviter une infection qui pourrait devenir dangereuse. Paul ne dit rien. Il reste statique, les yeux fixés sur Matthew. Il peut apercevoir un garrot au niveau de son poignet, il en déduit donc que celui-ci a voulu mettre fin à ses jours en se coupant les veines. La chemise de son frère est ouverte, et il peut constater les énormes bleus situés sur son torse. Paul n'arrive pas à comprendre. Que s'est t-il passé pour que Matthew veuille se donner la mort ? Lui qui s'est toujours battu pour s'en sortir, lui qui a trouvé le moyen de passer outre les problèmes. Mais cette fois-ci, cela semble plus grave. Pourquoi Matthew s'est t-il fait agressé ? Serait-ce par de parfaits connards qui croisaient son chemin ? Ou alors, par ses camarades de classe ? Paul savait que l'intégration dans ce nouveau lycée était difficile pour Matthew, mais celui-ci n'est jamais vraiment critiqué, en temps normal. Il est mis à part, comme invisible. Personne ne fait attention à lui. Qui pourrait être haineux de Matthew au point de le frapper ? Qui pourrait détester Matthew au point de lui donner des envies suicidaires ? Paul ne comprenait plus. Une seule chose était sûre : Il allait faire payer ces merdeux.
Paul avait accompagné les ambulanciers, et avait pleuré de joie quand les infirmiers lui avaient dit que Matthew était tiré d'affaire.
Cela avait été laborieux, et plutôt perdu d'avance, selon eux, mais ils avaient fini par le stabiliser. Il était resté près de Matthew toute la soirée, avec sa mère qui l'avait rejoint quelques temps plus tard, plus angoissée et soulagée que jamais. Parce que le fait que son fils avait voulu se donner la mort l'a tué. Mais il était tiré d'affaires, et elle lui prouverait que ce qu'il s'apprêtait à faire n'était pas la meilleure des solutions.
Will Graham était arrivé quelques temps plus tard, vers 8h du matin, convainquant la mère de Matthew, et Paul de prendre du repos, qu'il promettait de veiller sur l'adolescent, et de les appeler si jamais celui-ci se réveillait.
Fin du flash back.
Matthew restait immobile devant Will Graham. Bah oui, qu'est ce qui t'as pris, Matthew ? Tu ne pouvais pas subir ces critiques, et fermer ta gueule, comme toujours ? Tu n'en as pas marre de jouer la victime ? Tu n'en as pas marre de jouer au garçon rejeté de tout le monde ? Tu ne crois pas que ça suffit la comédie, maintenant ? Non, cela ne te convient pas, il faut aussi que tu en viennes à cette extrémité pour faire sentir coupable le plus grand nombre de personnes ?
Matthew vida son esprit de toutes ces accusations qui le hantaient et se concentra à nouveau sur Will.
- Parce que... Parce que je suis faible. Parce que je suis un incapable.
Dominic franchit la salle de cours en soupirant, pas que cela ne changeait de son habitude, mais le blond n'était pas vraiment enchanté d'entamer deux heures de sciences avec M. Weston. Il s'assied machinalement à côté de Dan qui lui lança un large sourire. L'atmosphère était quelque peu tendu mais chacun y mettait du sien pour arranger la situation. Dominic s'était excusé pour son comportement, et sa réaction plutôt démesurée de l'autre jour, et cela avait semblait suffit pour Dan. Dominic fut étonné de constater que la place, d'habitude occupée par Matthew, était vide.
- La tapette n'est pas là ? Lança Kévin bien fort, en entrant en classe.
Dominic serra les poings, sentant la rage s'emparer de lui, encore une fois. Mais il n'eut pas le temps d'y penser davantage car il fut surpris de l'entrée fracassante du professeur de sciences. Celui-ci ouvrit violemment la porte, rouge de colère, de fureur. Il claqua la porte aussi fort que possible, ne se souciant pas une seule seconde du bruit que cela pouvait provoquer dans l'ensemble de l'étage. Il s'assit rapidement sur son siège, après avoir lancé violemment son sac sur la table. Il prit sa tête entre ses mains et respira de nombreuses fois, préparant mentalement le discours qu'il allait prononcer à l'ensemble de la classe. Il était temps que les choses changent.
- Écoutez moi bien, et bouclez là. Je ne pense pas que vous tous, tous ici, ayez conscience des conséquences désastreuses que vos actes, que vos accusations malsaines, et injustes, que vos insultes, vos critiques, vos ricanements, vos jugements infondés peuvent avoir sur une personne, aussi innocente soit-t-elle. Et pourtant... Dieu ce que j'aimerais ne pas prononcer ce que je m'apprête à dire, mais vos conneries ont failli coûtés la vie à votre camarade... Matthew Bellamy. Je ne devrais pas vous le dire, mais je pense que c'est nécessaire vu votre niveau de tolérance, apparemment inexistant : Matthew a voulu se ôter la vie hier soir, suite à de nombreux coups qu'on lui a administré après les cours, et à cet harcèlement incessant de certains élèves, ici, dans cette pièce, je ne citerais pas de prénom, je pense qu'ils savent se reconnaître. Alors... Ouvrez bien vos oreilles : Je ne tolérerais plus AUCUNE critique de tout genre. Et je peux vous garantir, que si quelqu'un ose recommencer ne serait-ce qu'une seule fois, il aura de mes nouvelles. Je n'ai sincèrement plus rien à foutre des règles qui m'obligent à me tenir à carreau. N'avez vous donc aucune limite ? N'avez vous donc aucun respect ? Mais jusqu'où vous apprêtiez vous à aller ? C'est répugnant, infect, et injuste. Savez-vous au moins que le comportement de certains pourraient être punis par la loi de notre pays ? Je vous laisse cinq minutes en silence, pour vous permettre à vous tous, ici, de réfléchir à la portée que peuvent avoir vos actes.
Le cœur de Dominic loupa un battement. Les larmes lui montaient aux yeux au fur et à mesure que le prof prononçait ce discours, pour finir par s'écouler le long de ses joues, jusqu'à son cou. Son ventre se crispa de douleur, de frustration, d'angoisse, d'inquiétude, de culpabilité. Ses mains se mirent à trembler dangereusement.
Qu'avait t-il fait ?
- C'aurait fait un PD de moins sur Terre, dommage... Lança Kevin silencieusement.
Mais Dominic l'avait entendu. Il avait entendu ces mots bien distinctement. Et avant qu'il ne se rende compte de ce qu'il s'apprêtait à faire, son poing s'était déjà abattu sur la mâchoire de Kévin. Celui-ci tomba de sa chaise, et s'écrasa lourdement à terre. Il se redressa et lança un regard d'incompréhension total vers Dominic.
- Comment tu peux encore dire ça alors qu'un mec est dans un état critique à l'hôpital ? T'es un putain de beau connard.
Dominic sortit de la salle de cours en trombe, après avoir eu l'accord du professeur qui avait hoché la tête, se doutant de la question du blond. Il dévala les escaliers, et manqua de s'écrouler à terre, il sortit du lycée le plus vite possible, et courut vers l'hôpital le plus proche, situé à environ 10 minutes du lycée. Il n'avait rien prévu, rien préparé, mais peu importe. Il fallait qu'il s'excuse, qu'il lui parle, qu'il le voie. Que lui dire ? Il avait agi comme un beau connard, lui aussi, et il s'en rendait compte. Il ne pouvait pas croire que Matthew en était venu à vouloir se suicider. Son cœur loupa un battement, et il courut encore plus vite. Il arriva en sueur à l'hôpital, et se précipita vers la chambre indiquée par la secrétaire. Il ouvrit violemment la porte, et reprit son souffle, avant de lever la tête et se retrouver nez à nez avec un homme qu'il ne connaissait pas, et... Matthew qui se contentait de le regarder avec un air indéchiffrable figé sur son visage. Il semblait tellement faible, et ne semblait pas vraiment suivre le déroulement de la situation.
- Vous... Vous êtes son père ? Dit t-il hors d'alêne.
- Son psychologue. Tu dois être Dominic, n'est-ce-pas ?
- Oui... Je... Matthew, t'es vraiment trop con, putain. Dit t-il en se précipitant aux côtés de Matthew.
Matthew sembla enfin réaliser qu'il se trouvait dans cet hôpital, bien vivant. Des larmes se mirent à dévaler le long de ses joues. Ses mains commencèrent à trembler. Son corps entier était parcouru de frisson. Sa respiration devint de plus en plus difficile.
- J'ai échoué, enlevez-moi ce virus, enlevez-moi ce virus.
Dominic ne comprenait pas, et se contentait de regarder Matthew, terrifié, angoissé, ne sachant que faire. Il laissa sa place à Will qui tenta de le rassurer le plus possible, comme il l'avait fait à sa dernière séance, mais cela ne semblait pas suffire cette fois-ci. Et la panique de Matthew empirait.
- ENLEVEZ-MOI CE VIRUS. Je ne veux plus être gay. Je ne veux plus être gay. Répétait t-il sans cesse, en pleure, angoissé comme jamais.
La gorge de Matthew était sèche. Il se mit à se gratter les bras tellement fort qu'il commença à saigner. Comme si cela pouvait faire disparaître ce «virus », comme si cela pouvait empêcher cette maladie de se propager. Matthew était hors de contrôle. Ses gestes se faisaient de plus en plus brusques. Dominic s'était éloigné et regardait ce spectacle, impuissant. Une idée germa enfin dans son esprit, et il se précipita dans le couloir, afin d'appeler de l'aide.
Quand il revint dans cette chambre, deux infirmiers à sa suite, Matthew continuait à se gratter jusqu'au sang, encore et encore. Il ne criait plus, mais hurlait à plein poumon. Il hurlait les mêmes choses. D'énormes sanglots venaient ensuite l'étouffer et l'empêcher de poursuivre sa litanie de mots. Il semblait complètement désemparé, hors de lui. Les deux infirmiers finirent par le maintenir allongé, en l'empoignant fortement par les épaules, avec l'aide de Will. Matthew se débattit quelques instants, mais finit par abandonner, et se calmer, en s'allongeant à nouveau sur son lit. Dominic attendit que les infirmiers sortent et que Matthew soit vraiment calmé, pour venir l'approcher.
- L'homosexualité n'est pas un virus, Matthew... Finit t-il par dire, en posant une de ses mains sur son épaule.
- Où étais-tu Dominic ?
- Comment ça ? J'étais... J'étais en cours...
- Non... Où étais-tu ? Où étais-tu lorsqu'on m'envoyait des insultes à la gueule ? Où étais-tu quand on me frappait dans les toilettes ? Où étais-tu quand on me faisait tomber dans les escaliers ? C'est toi qui l'a voulu, cette amitié, alors pourquoi l'as tu détruite à la première occasion... ?
- Je... Je me suis comporté comme un connard, Matthew, pardonne-moi. Je tiens à toi. Il faut que tu le saches. Plus que tu ne le crois. J'aimerais... J'aimerais qu'on puisse recommencer à zéro.
- Il t'as fallu attendre que je me suicide pour ravaler ta fierté, et venir t'excuser ?
- Je... Je suis désolé, Matthew.
- Je... J'aimerais que tu t'en ailles.
Dominic ouvrit la bouche, mais la ferma l'instant d'après. Il devait laisser Matthew tranquille. En tout cas, pour aujourd'hui. Mais il reviendra demain, et après demain, et tous les jours, pour convaincre Matthew de lui donner une seconde chance.
- Prends soin de toi. Dit t-il avant de fermer la porte.
Will avait observé la scène sans rien dire. Et un sourire ne put s'empêcher de s'installer sur son visage. Car il le savait. Qu'entre ces deux garçons se cachaient une amitié profonde et sincère, plus forte que ce qu'ils pouvaient imaginer.
Note de June : Envoyez les reviews, elle vous fait patienter alors qu'elle a déjà écrit tous ses chapitres mais bon on l'aime quand même (brave bête va).
hehe.
Passez de bonnes fins de vacances !
Blakcout et June
