Chapitre 11 : Péripéties, un nouvel espoir.

« On a perdu la mère Michelle.

- J'ai l'impression qu'il l'a fait exprès, non ? »

La jeune russe haussa les épaules, occupée à surveiller la rue depuis leur cachette provisoire.

« Il est grand, il fait ce qu'il veut.

- Si ça se trouve, il pensait qu'on allait l'attendre… Je me sens un peu coupable. »

Mei commença à se mordiller la lèvre. Si le musicien s'était involontairement éloigné d'elles, il devait actuellement être mort de panique.

« Eh, il avait qu'à courir plus vite.

- Braginski, parfois je me demande si tu es capable d'empathie, soupira sa voisine.

- Ja ne govorju Anglijskij jazyk1, grogna Natalya.

- D'accord, j'ai compris, sujet clos. »

La chinoise préféra ne pas insister. Si Braginski se mettait à ne même plus lui parler anglais, la journée allait être longue. Ou était-ce la nuit ? Pour son téléphone, on était au milieu de l'après midi, mais c'était difficile à croire.

« C'est quand même plus qu'étrange ce qui se passe, tu trouves pas Braginski ? »

Natalya se tourna vers sa compagne d'infortune, qui plissa les yeux dans l'attente d'une réponse sèche et garnie d'insultes.

« Ouais… Il s'est passé des choses dans notre QG, juste après le tremblement de terre… Il faut que je retrouve Vanya.

- Ivan ? Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ? »

La russe fronça les sourcils.

« Toris a été enlevé par une créature poilue. J'ai peur que ça soit un piège pour attirer mon frère.

- Une… créature poilue ? répéta Mei, incrédule.

- Je sais pas, dans le noir j'ai cru reconnaître un… un satyre ouais. Sauf que… »

La chinoise patienta le temps que Natalya se décide à parler de ce qui la perturbait :

« Il ressemblait au fleuriste de la rue Napoléon. »

Mei écarquilla les yeux et sentit son pouls accélérer. Une idée folle lui trottait dans la tête depuis plusieurs années, qu'elle avait toujours repoussé – c'était trop absurde.

« Tu sais, c'est peut-être juste le vrai fleuriste… sauf qu'il cachait sa véritable nature.

- Complètement débile, répliqua immédiatement Natalya en secouant la tête. Feliks est un crétin fini. S'il était une créature magique depuis le début, tu penses bien que-qu'on l'aurait remarqué quand même. Toris passe ses journées avec lui ! s'exclama-t'elle.

- Oui mais… écoute, je devrais pas t'en parler, mais je crois que Yao a un lien avec ce qui se passe aujourd'hui, murmura le plus vite possible la jeune chinoise.

- Quel est le rapport avec le satyre et Feliks ?

- Je crois que… que Yao est pas humain, lui non plus. Il… »

La jeune femme ne parvint qu'à terminer sa phrase par des gestes d'incompréhension.

« Oh. Et bah moi je suis un lutin de Noël, répliqua Natalya en levant les yeux au ciel.

- C'est vrai ? couina sa voisine.

- Mais non, crétine. »

Mei se détendit et reprit la parole.

« Non je te jure, il est bizarre. Et ça ne m'étonnerait pas que le satyre et ton Feliks soient la même personne. »

Natalya ne répondit pas immédiatement cette fois. Elle fronça les sourcils et repensa à certains comportements étranges qu'avait eu le fleuriste, parfois. Feliks avait toujours été… décalé. Et Vanya avait vaguement parlé d'un stupide message énigmatique sur une soit-disant invasion, peu avant les évènements d'aujourd'hui.

Ça valait la peine de faire quelques recherches.

« Bon, soupira la russe. Dans ce cas, on a qu'à aller fouiller sa boutique.

- Tu commences à y croire toi aussi ? murmura Mei.

- Je commence surtout à croire que si c'est bien Feliks le satyre, ce crétin de Toris est sans doute en sécurité. » répliqua Natalya en se relevant.

La rue vide n'avait pas évolué d'un pouce pendant leur discussion. Voitures, passants et lumières étaient toujours absents.

Les deux jeunes femmes se mirent d'accord sur un chemin rapide et évitant les grandes avenues pour rejoindre la rue Napoléon. Elles devaient à tout prix rester discrètes et tapies dans l'ombre.
La situation était trouble amis ou ennemis pouvaient en réalité se révéler être de « l'autre côté », comme disait Mei. Si elles croisaient quelqu'un, rien ne pouvait leur garantir qu'il était bien ce qu'il paraissait être.

La méfiance était de mise.

Entre deux buissons, la jeune chinoise relança la conversation à voix basse.

« Mais ton frère ? Il a donné une raison au fleuriste de lui tendre un piège ?

- Aucune idée. Feliks est pas du genre à avoir besoin d'une « raison » pour faire quoi que ce soit.

- Ah. J'en ai un comme ça à la maison, compatit sa compagne de voyage, levant les yeux au ciel.

- Un satyre ?

- Non, un coréen. »

Natalya s'autorisa un petit rire. Elle jeta un coup d'oeil à Mei pendant qu'elles traversaient le dixième jardin de la journée.

Quand elle avait rencontré la chinoise pour la première fois, elle l'avait détestée. Elle était une menace, l'ombre du chef de la Triade et pourtant, à peine quelques jours plus tard, voilà que la russe se surprenait à réviser son premier jugement.

Elle ne changeait pourtant pas souvent d'avis, Natalya.

« À ton avis, il est humain ? demanda-t-elle maladroitement à sa nouvelle alliée.

- Youngsoo ? Je le connais depuis qu'il est bébé. Ça m'étonnerait qu'il soit autre chose qu'Homo Sapiens, pouffa Mei derrière sa main, un souvenir manifestement hilarant en tête.

- J'espère qu'il va bien alors, marmonna Natalya le plus sincèrement possible.

- Oh, je ne me fais pas trop de soucis : il est avec Kaoru. À eux deux, ils sont capables de faire sauter la ville. »

La russe écarquilla les yeux, consternée.

« Euh…

- Ah non, mais ils ne le feront pas ! » la rassura aussitôt Mei.

Ou alors ils sont déjà en train de le faire, songea avec inquiétude leur grande sœur.

L'apparition avait jeté un froid dans l'assemblée. Après tout, c'était quand même inattendu.

« Waaah hyung, tu nous avais jamais dit que t'étais un pokémon !

- Un poké… Báichī ! Je suis un DRAGON, aru !

- On dirait pas, rétorqua Lukas.

- Pardon ? s'exclama le chinois outré en posant une main choquée sur son torse.

- Nan mais il a raison, là on dirait juste un vendeur de nouilles ambulant, y'a de quoi être déçu. » soupira Francis alors qu'il enregistrait quelques clichés de la scène.

Apparence décevante ou pas, au milieu du plafond se trouvait quand même un chinois translucide. C'était suffisamment étrange pour faire taire Alfred et faire abandonner son balai à Lovino et peu de choses faisaient cet effet au boss, le photographe savait de quoi il parlait.

Pendant que le vendeur de nouilles et son jeune officier continuaient leur joute verbale en une autre langue, le mafieux baissa son appareil photo et jeta un coup d'oeil à ses voisins, inhabituellement silencieux – surtout pour certains danois et policier. Son instinct carnassier avait reniflé une autre photo à faire dans les environs.

Mathias était toujours ébahi par l'apparition magique, apparemment. Il observait le plafond, bouche ouverte – ce qui en soi n'aurait jamais choqué le paparazzi plus que ça, s'il n'avait surpris le regard de Lukas, occupé à dévorer son colocataire ahuri.

Francis ricana tout bas en immortalisant la scène. Il voyait déjà les impressions grandeur nature qu'il allait faire afficher dans toute la ville dès que la situation retournerait à la normale. Avec un tel plan machiavélique, il connaissait un certain couple qui serait enfin forcé de se déclarer.

Son regard s'attarda ensuite sur Gilbert – ce qu'il en restait.

Avec l'apparition magique du chef de la Triade, un étau s'était desserré dans les entrailles du photographe son génial meilleur ami n'allait sûrement pas rester mort plus longtemps. Même Ludwig semblait avoir retrouvé des couleurs.

« Eh, au lieu de raconter de la merde en chinois là, tu veux pas te rendre utile ? fit alors Lovino, agitant son balais brosse sous le « dragon » flottant.

- Pardon ?!

- Ouais, ressuscite les trois crétins par exemple. »

Le translucide chinois flottant hésita quelques instants avant de répondre à contrecœur :

« Bon, je vous le fait pour un seul vœu, mais c'est bien parce qu'il y a Kiku dans le tas, aru.

- Tu vois, quand j'te disais que tu faisais plus vendeur de nouilles, je parlais de ça. » ricana Francis.
Yao fit la moue mais se concentra quand-même sur sa mission divine.

Ludwig s'était détourné du corps de son frère et se tenait juste derrière le plus petit des blondinets, son visage sévère se décrispant lentement alors que de la lumière commençait à émaner du chinois.
Alfred leva soudain les bras au ciel dans une exclamation excitée et se mit à exécuter une danse vaudoue autour des tables – il n'y eut qu'une seule personne suffisamment imperméable au ridicule pour le rejoindre en caquetant, et à la surprise générale, ce n'était pas Mathias.

Lovino se tourna vers Lukas, qui n'avait quitté son danois des yeux que pour froncer les sourcils en direction du chef de la Triade – mais ça, l'italien ne l'avait pas remarqué, et il se contenta donc de lui demander :

« Besoin de quelque chose pour le rébus ? Il nous reste encore des vœux hein ? ajouta-t'il en direction du chinois scintillant, qui hocha brièvement la tête.

- J'ai laissé mon dictionnaire troll dans ma chambre. » déclara platement Lukas.

Yao claqua immédiatement des doigts et un bruit sourd retentit juste avant que Mathias ne s'écroule au sol, assommé. Alfred et Youngsoo cessèrent immédiatement de danser, pris de court par la soudaine chute de leur camarade blond. Les autres occupants du bar se jetèrent des coups d'oeil inquiets, sans remarquer le chef de la Triade qui se mordait les lèvres au dessus d'eux.

Les lèvres de Lukas tremblèrent en un semblant de sourire réprimé alors qu'il se penchait pour ramasser le coupable de cet écroulement inattendu, un lourd ouvrage à la couverture élimée. Il avait vu du coin de l'oeil Francis et le danois se décaler de quelques centimètres vers la baie vitrée – c'était tout à fait honorable de la part de Yao de vouloir assommer ce bavard paparazzi, après tout.

« Ah duìbuqǐ, j'ai mal calculé la distance. » fit le chinois depuis son plafond, ses yeux plissés en direction du photographe. Lukas haussa les épaules – son ami avait la tête solide, et revenait déjà à lui en se tenant l'arrière du crâne. Il n'avait qu'à pas se décaler.

Lovino, qui avait sursauté à cause de la chute du danois, s'éclaircit la gorge et s'accrocha à son balais pour réfléchir un instant au troisième vœu. Heureusement que personne ne l'avait vu tressaillir – surtout Francis, en fait. Son appareil photo était presque plus dangereux qu'un flingue.

L'italien remarqua du coin de l'oeil que l'officier chinois le moins stupide s'était rapproché de leur petite assemblée, et fronça les sourcils. Il allait quand-même pas réclamer le dernier souhait ? Ou peut-être allait-il enfin s'occuper du grand crétin tartiné d'eye-liner… non, il était tout entier fixé sur Yao – mamma mia, il allait chiper le dernier vœu quel bastardo2 ! Hors de question que ce chinois lui vole l'opportunité de sauver Feli et l'autre stupido spagnolo ;

« Il ne vous reste qu'un seul vœu – et si vous pouviez vous dépêcher, je suis pressé aru.

- EMIL ! s'écrièrent alors à l'unisson Kaoru et Lukas.

- Quoi Emil ?

- Bah fais le revenir, téléportation, tout ça quoi, expliqua l'aîné des officiers asiatiques.

- Ah non, il est très bien là où il est.

- Pardon ? grogna Lukas.

- Oui, bon, j'ai la flemme aru, soupira Yao sans montrer le moindre remord. Avec les deux crétins qui brouillent le signal magique autour d'eux, c'est vraiment chiant de viser. Il devrait pas tarder à vous rejoindre de toute façon, vous voulez pas attendre un peu ? »

Lovino se redressa, un sourire triomphant aux lèvres. Place aux choses sérieuses, il avait deux adorabili3 imbéciles à sauver.

« Mais… commença à protester Kaoru.

- J'veux m'poêle.

- Dernier vœu accordé, ARU ! »

Il y eut un court moment de flottement durant lequel les survivants se regardèrent tous un par un, les yeux écarquillés.

Une ombre immense surgit alors derrière Tino et l'agrippa fermement par les épaules.

« HIYAAAAAH ! hurla la frêle créature finlandaise avant de s'évanouir.

- Non mais ÇA VA PAS LA TÊTE DE REVENIR À LA VIE COMME ÇA ? s'égosilla Mathias, manifestement partagé entre un besoin pressant de frapper Berwald et l'envie de le serrer dans ses bras.

- LA PROCHAINE FOIS TU RESTES MORT SI C'EST POUR GÂCHER NOTRE DERNIER VOEU ! hurla le petit italien colérique de son côté. On aurait pu RALLUMER LE SOLEIL ou faire disparaitre les MONSTRES, CRETINO ALLÉ PELO BIONDO !

- … nani ? » couina une petite voix venue du fond du bar.

De Youngsoo s'éleva alors un long cri plaintif, et le grand jeune homme se précipita vers Kiku pour l'étreindre maladroitement. Lovino, lui, cessa subitement de vociférer quand il réalisa ce qui se passait – l'homme qu'il avait tué une heure plus tôt était revenu d'entre les morts.

Bon, il avait gâché leur précieux dernier vœu, mais il était vivant. Agrippé à son petit ami évanoui comme une moule à son rocher, aussi silencieux qu'un mur, c'était comme s'il n'avait jamais quitté le monde des vivants.

Mais il manquait quelque chose. Les regards du reste de l'assemblée se portèrent bientôt sur le sol, d'où aucun bruit, aucune interjection géniale ne s'étaient fait entendre.

Et pour cause : des bras musclés de Ludwig ne dépassait qu'une touffe de cheveux albinos, alors que Gilbert agitait vainement les bras et essayait de se libérer de l'étau mortel – mais affectueux.

« Was zum Teufel ist dein Problem Luddie ?! Je t'ai eu au téléphone il y a moins d'une heure ! réussit-il à brailler d'une voix cassée quand son petit-frère décida de le laisser respirer.

- Oui, mais entre-temps tu as trouvé le moyen de mourir, cretino. » marmonna son adorable boss, qui, malgré la rudesse de ses paroles, s'assit à côté des deux allemands et posa une main sur l'épaule de son officier ressuscité. Gilbert écarquilla les yeux et chercha autour de lui un regard trahissant la mauvaise blague4 qu'on lui faisait, mais dut rapidement se rendre à l'évidence : il avait raté quelques chapitres.

D'abord son boss engageait volontairement un contact physique, ensuite au milieu du plafond flottait le chef des chinois d'en face, et puis on avait Francis qui cachait ses yeux humides du mieux qu'il pouvait, mais surtout…

« Y'A UN CHINOIS AU PLAFOND ! s'égosilla le redoutable assassin en agrippant son boss.

- Aiyaaaa, c'est pas bientôt fini oui ? De toute façon je dois y aller, j'ai des boules à récupérer moi.

- Ça va pas te prendre, genre, des mois ? » s'étonna Kaoru.

Son petit-frère adoptif hocha vigoureusement la tête, toujours collé à Kiku au fond du bar.

« Oh pas du tout ! C'est précisé dans mon contrat, elles se dispersent juste à côté de moi après l'invocation et-

- Et tu es où exactement ? le coupa Lovino, qui tentait de se libérer de la poigne de son officier albinos sous le choc.

- Je suis près de la zone industrielle aru ! D'ailleurs, en voilà une- AAAAAH !»

L'image du chinois se troubla à la façon d'un vieux téléviseur, et sa voix devint grésillante. Deux mains squelettiques empoignèrent son cou et la communication fut subitement coupée.

« Yao-ge ! s'exclama Kaoru.

- Les zombies ! Ils sont attirés par les boules ! s'affola Youngsoo.

- À ne pas sortir de son contexte. » ricana quelqu'un dans l'anonymat blond.

Gilbert pouffa, beaucoup plus serein depuis que le chef des chinois d'en face avait disparu. Eh quoi, ça se fait pas d'apparaître par magie dans le bar de la concurrence. Il allait concocter un plan génial pour se venger, c'est sûr.

Le pauvre mafieux perdu observa silencieusement l'assemblée de survivants paniquer et piailler dans toutes les langues, pendant que lui et son frère restaient sagement au sol.

« Il s'est passé quoi ? finit par demander Gilbert en allemand au bout de quelques minutes.

- Tu es mort – ne me regarde pas comme ça, je n'ai aucune idée de la façon dont c'est arrivé – et Mathias a ramené ton corps et celui du grand blond à lunettes. Ah et Kiku aussi était mort, écrasé par un troll… d'ailleurs en parlant de ça, un énorme machin de cinq mètres de haut j'appelle pas ça un « truc chelou » ! marmonna Ludwig – il s'était promis d'en toucher deux mots à son frère, mort ou ressuscité.

- EH, t'appelle ça comment alors ! protesta l'albinos.

- Un énorme machin de cinq mètres de haut. »

Gilbert leva les yeux au ciel mais le plus grand poursuivit :

« Et après le grand chinois a mis une boule dans une valise pleine de boules et Yao est apparu et il t'a ressuscité. » fit Ludwig d'une seule traite.

Son frère voulut exprimer son doute, quand ses yeux remarquèrent enfin le sang qui maculait son t-shirt et sa veste troués – c'était quand même pas des marques de dents… si ? Il se sentit pâlir alors que Ludwig posait une main rassurante sur son épaule, et déglutit.

« Ah.

- Tout va bien. On est en sécurité ici – pas de zombies ou de trolls à l'horizon, le rassura doucement son petit-frère.

- En sécurité… ? Dois-je te rappeler que notre boss a un balais entre les mains ? » s'inquiéta-t'il sarcastiquement. Son petit frère lui sourit d'un air las.

« Et pourtant, c'est peut-être la première fois qu'il n'a pas l'intention de s'en servir contre nous.

- Contre toi, tu veux dire ! Je suis son officier pré-fé-ré – après Feli bien s… » La voix de Gilbert s'éteignit. Il observa à nouveau le bar et ses occupants, mais ce n'était pas lui qui n'avait pas fait attention : deux personnes manquaient à l'appel.

« Luddie ?

- Ah, euh, on a aucune nouvelle… et le dernier vœu est parti en poêle.

- Crétin de blond. » marmonna Gilbert. Son frère porta la main à ses propres cheveux, faussement choqué et déçu – tandis que juste à côté, Francis foudroyait son ami du regard. Lukas et Mathias allèrent jusqu'à se retourner pour froncer les sourcils en direction du mafieux au sol.

« C'était pas adressé à quelqu'un en particulier, on se calme ! Et depuis quand vous parlez allemand vous deux là ? s'étonna Gilbert.

- Oh, ça c'est une histoire rigolote, figure toi que Lukas a fait LV1 Allemand et que Mathias a changé de langue en cours d'année juste pour avoir les mêmes voyages scolaires et s'assoir à côté de lui dans le-

- MERCI Tino, on se passera de ton moment Père Castor finlandais. » gronda Mathias, l'air inhabituellement menaçant – Lukas l'aurait presque trouvé inquiétant s'il ne l'avait pas connu depuis plus de dix ans : cet air là, les vrais amis de Mathias savaient qu'il le prenait quand il ne fallait pas jouer avec ses legos.

Autant dire qu'y repenser provoqua soudain chez le norvégien impassible une crise de rire, le forçant à s'agripper à une table pour ne pas tomber – pendant que le reste de l'assemblée se posait de sérieuses questions. Un danois de type blond, par exemple, se demanda si le mot « Père Castor » était la cause d'un tel déferlement de larmes de rire, tandis que Francis voulait très sérieusement en savoir plus sur ce qui avait bien pu se passer pendant ces voyages scolaires pour que l'un refuse d'en parler et que l'autre en explose de rire à la simple mention.

Il y avait certainement matière à écrire un article juteux sur son blog – il parviendrait bien à faire parler le danois ou le Père Castor.

« Eh, y'a pas de mal à faire certaines choses par amour tu sais – j'en connais un qui prend des cours particulier d'espagnol en ce mom- » Gilbert fut coupé par l'atterrissage violent d'un manche de balai sur son front, ce qui, en plus de lui laisser une marque sexy pendant plusieurs heures, l'envoya se cogner contre le pied d'une table – dure soirée pour le crâne de cet albinos.

Lovino en profita pour se passer une main dans les cheveux, et pendant le court moment de silence qui suivit l'attaque, se tourna vers Berwald – qui n'avait pas lâché le Père Castor.

« Euh… sans rancune ? marmonna-t'il, les yeux fixés sur le plancher.

- …Sans ranc'ne. »

L'imposante armoire à glace suédoise lui tendit une main plus large qu'une notice Ikea, mais se révéla pourtant remarquablement délicat avec sa poignée de main.

L'italien soupira de soulagement, il pouvait au moins retirer ça de sa conscience – un discret coup d'oeil à Lukas lui confirma que ça aussi, il pouvait s'en sentir libéré. Délivré, le petit mafieux se glissa derrière le comptoir et se hissa sur la pointe des pieds pour attraper quelques bouteilles.

Arthur Kirkland, probablement magicien au chômage, avait perdu le contrôle de la situation. Après tout, il aurait du s'en douter : si quelque chose dans sa vie pouvait mal se passer, cela se passerait toujours mal. Il était maudit, condamné à vie – et par Merlin, voilà qu'il avait entraîné dans cette histoire toute la ville de Neue-Yerk.

Pour l'instant Héraclès et Sadiq avaient d'autres affaires à régler, mais quand viendrait son tour… Ah, il ne donnait pas cher de sa peau de fée.

En attendant, il allait devoir faire semblant d'essayer de résoudre la situation, le temps que le roi et la reine des fées trouvent la solution au problème de faille-magique-entre-les-mondes.

Peut-être qu'Héraclès parviendrait à distraire Sadiq suffisamment longtemps pour laisser à Arthur le temps de s'enfuir ? C'était fort peu probable…

Le britannique gentleman extirpa fièrement un chapeau pointu de la malle. Héraclès, dans sa grande bonté, l'avait téléportée par magie au centre de la scène. Le message était clair : au moins il finirait sa vie correctement vêtu.

Il sortit un deuxième couvre-chef, d'une couleur moins agressive que le sien, et le jeta en direction du frêle humain qui se retrouvait à son service par un hasard de scénario.

« Euh… Je suis censé en faire quoi ?

- Le mettre sur votre crâne, évidemment. » lui répondit Kirkland, enfoncé jusqu'au cou dans la malle.
Emil jeta un coup d'oeil circonspect au chapeau pointu qu'il tenait du bout des doigts. Hors de question qu'il porte ça. Il n'était pas magicien, déjà, et puis ça lui donnerait l'air d'un nain de jardin.
L'étudiant hésita pourtant.

« Parfait ! Me voilà correctement vêtu. » s'enthousiasma alors la fée en s'approchant de son acolyte involontaire.

Il s'était emmitouflé dans une pèlerine de feutre sombre, dont seuls sa tête et ses pieds dépassaient. Et quelle tête ! Emil se mordit les lèvres pour s'empêcher de sourire. Il avait devant lui le nain de jardin le plus mal coiffé qu'il ait jamais vu, tant à cause du ridicule chapeau pointu que de la touffe incontrôlable de cheveux blonds qui en émergeait ça et là.

« Tout ira bien Helviti, je suis mage de première classe ! » fit le britannique d'un ton qui se voulait rassurant.

Le jeune étudiant explosa intérieurement de rire. Il avait oublié de corriger Kirkland un peu plus tôt, mais se faire appeler « Helvíti » était au final assez comique. Peut-être allait-il oublier quelques heures de plus.

« Euh… je vous fait confiance sir Kirkland, pas de soucis. »

Arthur déglutit. C'était peut-être la première fois qu'on lui adressait ces mots. Et ça n'aidait pas du tout à gérer la pression qui pesait sur ses épaules. Ah, Merlin, dans quelle galère s'était-il donc fourré ?

Tout ça à cause d'un philtre d'amour stupide… qu'il avait réussi à renverser sur la mauvaise personne, en plus !

« J'ai-euh… deux amis à retrouver de toute urgence, annonça le gentleman à son assistant, qui haussa les épaules.

- Moi je sais où sont les miens, donc autant commencer par les vôtres. »

Emil emboîta le pas au magicien, impatient d'enfin retrouver du réseau. Il allait pouvoir reprendre contact avec ses amis et sa famille – s'ils étaient encore vivants.

Mais s'ils vivaient encore, il les retrouverait sûrement au Bastardo c'était leur lieu de rendez-vous, et le jeune blond était certain que Lukas ferait tout son possible pour y attendre son petit frère adoré.

Enfin, il l'espérait.

À peine furent-ils sortis du cinéma qu'une sonnerie stridente retentit depuis le pantalon du gentleman britannique.

« Allô, monsieur Jones ? Oui, mais… PARDON ?! M-m-mais… non, je n'ai pas remis les pieds chez moi depuis ce midi. Vous voulez dire que… Oh-mon-dieu c'est terrible. »

Kirkland avait tourné au vert et semblait sur le point de s'évanouir. Quelles que soient les nouvelles, elles n'étaient pas agréables à apprendre. Emil préféra même attendre avant de se jeter sur skype, et observa son compagnon d'un autre monde se décomposer de plus en plus.

« Je-je ne sais pas quoi vous répondre Alfred. Dites lui de garder son calme, que les secours arrivent. Oui, c'est évidemment moi les secours. Ne bougez SURTOUT PAS de là où vous êtes, stupide tête de noix ! Mais-… non, dans ce cas laissez moi au moins vous rejoindre, et nous irons ensemble chercher votre frère. Bien. Oui, je vois où c'est. Ouiiiii monsieur Jones, j'arrive le plus vite possible, détendez vous. À tout de suite. » raccrocha le magicien dans un soupir épuisé. Il adressa une question silencieuse au ciel étoilé, puis se tourna vers son compagnon peu loquace.

« Quelque chose d'affreux est arrivé. Je dois rejoindre quelqu'un dans un-

- Alfred ? Il va bien ? » le coupa soudain l'étudiant. Devant l'air stupéfait de Kirkland, il expliqua :

« Alfred Jones. Je suis un ami de son jumeau. »

La fée plaqua une main catastrophée sur sa bouche.

« Cela concerne justement Matthew… le pauvre garçon a été kidnappé par celui qui est derrière toute cette-ce dérèglement magique, avoua Arthur à voix basse. On nous attend au bar Bastardo – les deux idiots que je devais retrouver devront attendre quelques heures de plus malheureusement. »

Emil serra les dents. Un terrible froid venait d'envahir sa poitrine – déjà trop familier. S'il y avait bien une personne qu'il n'avait pas pensé en danger, c'était Matthew. Comment le frêle canadien s'était-il retrouvé mêlé à toute cette histoire ?! Il allait en faire des cauchemars, c'était sûr.

Et Gilbert… oh, ça allait être une nouvelle difficile à annoncer. Emil scruta la place obscure, mais aucun corps n'était resté sur place, évidemment. Gilbert devait joyeusement gambader avec ses camarades zombies maintenant.

« Alors, vous savez qui est derrière tout ça ? demanda l'étudiant à son compagnon qui déjà s'éloignait du cinéma.

- Oh, c'est-euh, c'est une vieille connaissance. » marmonna Arthur en pressant le pas.

S'il pouvait éviter d'en parler, il allait le faire.

La journée n'avait vraiment pas bien commencé. Ça aurait du lui mettre la puce à l'oreille, une telle suite de petits malheurs : son micro-onde avait grillé, il avait glissé dans sa baignoire, Eliz avait uriné dans ses chaussons… Non vraiment, le ciel lui avait envoyé des signes.

Mais pas de bol, Roderich avait choisi d'ignorer ces divins indices.

Et il était donc là, perdu dans une ville sombre et hantée de terribles créatures.

Seul.

Armé d'une flûte.

Dire qu'à peine quelques minutes plus tôt, il se demandait encore si avoir perdu de vue les deux mafieuses allait être bénéfique ou non pour la suite des évènements…

Il venait de croiser une des créatures grisâtres, occupée à aplatir un groupe de morts-vivants.

Tapi derrière une poubelle, le musicien tentait vainement de garder un souffle calme.

La question était close : il aurait mieux fait de ne pas s'éloigner des deux jeunes filles aussi dangereuses qu'elles puissent être, au moins elles étaient humaines !

Eh, il pouvait toujours essayer de charmer les monstres en leur jouant une petite berceuse à la flute après tout.

Il jeta un coup d'oeil par dessus sa cachette. Le troll s'éloignait en direction du centre-ville, exactement ce qu'il fallait au pianiste : rentrer se cacher chez lui, chercher Eliz le lendemain matin, à la lueur du jour et après l'arrivée de l'armée. Car l'armée allait bien évidemment venir, Roderich l'avait vu dans les films Eauliwoudiens ! Quelques obus et missiles nucléaires et on ne parlerait plus de ces créatures de pierres.

Le jeune homme soupira, et se mit à courir vers sa maison en longeant les murs. Il s'était malheureusement beaucoup éloigné, et dans le noir total qui régnait, avait perdu ses repères. Tout ce qu'il savait, c'est que derrière lui, le cinéma brillait sur la colline. Cela ne lui donnait qu'une vague idée de la direction qu'il devait suivre, et pour l'instant rien ne lui semblait familier autour de lui – il aurait du suivre les conseils de son cousin Vash et apprendre vaguement le plan de la ville.

Il aurait aussi du choisir les cours de karaté à la place de la flute, mais bon.

Parfois son imagination lui jouait des tours et lui faisait croire que des trolls se cachaient derrière chaque maison, mais par deux fois, sa paranoïa lui sauva la vie. Les créatures de pierre variaient en taille, et la plupart ne dépassaient pas les habitations à deux ou trois étages qui l'entouraient – il fallait se fier à son ouïe et guetter leur pas lourd. Sauf quand on voyait dans le coin de sa vision une cheminée bouger et grossir, dans ce cas c'était évidemment un des rares monstres dont la taille était exceptionnelle.

D'ailleurs, alors que le musicien devait traverser une rue plus large que les autres, il tendit l'oreille et détecta un troll en approche. Difficile de déterminer d'où il venait, mais le jeune homme commençait enfin à reconnaître les lieux : il devait traverser cette avenue coûte que coûte. Il n'était plus qu'à quelques pâtés de maisons de chez lui, diantre ! Il était capable de rester suffisamment discret en courant et de passer inaperçu – à priori.

Il s'élança vers le coin de la rue, cœur battant et flute à la main.

Et alors que la journée ne pouvait pas empirer, Roderich tomba nez-à-nez avec une des dernières personnes qu'il voulait voir – accompagnée d'un inconnu. Derrière les individus inattendus, une des gigantesques créatures de pierre tendait les bras, à deux doigts d'attraper ses proies.

Le musicien hurla, constata qu'on l'agrippait fermement de deux côtés, et brailla de plus belle alors qu'il se sentit s'envoler.

« Eeeeeh, signor Carriedo, c'était pas très gentil ça…

- No importa5, c'était juste Roderich.

- Je croyais que vous étiez policier…

- Lo soy ! Mais Feli, il fallait bien qu'on se débarrasse de ce monstre ! » protesta le brave représentant des forces de l'ordre.

Il semblait avoir complètement retrouvé ses esprits depuis le petit incident de ce midi – la course effrénée à travers toute la ville pour sauver leurs peaux avait du lui remettre les idées en place. Mais Feliciano doutait encore, et comme il n'avait plus aucune arme sur lui, il préférait garder une distance respectable entre eux. Surtout que si Lovi apprenait un jour ce qui s'était passé, il en ferait une crise cardiaque, c'était sûr.

Mais Antonio n'avait sans doute pas envie que Lovi l'apprenne, n'est-ce pas ?

Feliciano se mit à sourire d'un air satisfait : il disposait du moyen de pression ultime sur Antonio.

Même si, après réflexion, ça n'allait sans doute pas lui servir – à moins que le policier ne dispose d'informations croustillantes sur Francis ou Gilbert.

« Eeeeh… tu crois qu'il a souffert ?

- Signor Carriedo, je croyais que ce n'était que Roderich ? s'étonna le petit mafieux d'un air innocent.

- Dios, Feli, j'ai tué un homme ! s'écria le policer, soudain rattrapé par la réalité de son acte.

- Je l'ai poussé plus que vous ! » tenta de le rassurer Feliciano.

Ils s'étaient éloignés de quelques rues pendant que le troll et le dommage collatéral faisaient connaissance et se cachaient actuellement sous un abri bus. Après tout, ces monstres avaient l'air d'avoir de sacrés petits yeux, peut-être seraient-ils incapables de voir à travers une vitre ?

« Signor Carriedo, maintenant qu'on s'est débarrassés du truc, ça vous dirait pas qu'on se dirige par là ? demanda Feliciano, le doigt posé sur la carte de la ville et des bus.

- Le bar ? Tu crois que Lovi y sera ?

- Ve ~ C'est sûr ! » gazouilla l'italien, tout sourire. Bene, Antonio avait bel et bien retrouvé la raison.
Maintenant, il fallait arriver en vie au Bastardo – et si possible sans avoir un monstre à leurs trousses. Feliciano était certain d'y trouver son fratellone ; et sans doute le reste de la famiglia au passage, vu que la cave du bar abritait d'utiles trésors en cas de guerre des mondes.

« Vous êtes au courant que y'a pas de bus aujourd'hui, rassurez moi ? »

Le policier et l'italien se retournèrent vivement, prêts à défendre leurs vies, mais Feliciano se détendit à la vue des deux visages familiers.

« Non parce que là, on dirait vraiment que vous en attendez un – je dis ça, je dis rien.

- Veee ! Emil !

- Emil ? s'étonna Arthur.

- Emil. » soupira le concerné.

Le magicien ouvrit la bouche pour parler mais aucun son n'en sortit.

« Helvíti, c'est un juron islandais.

- Ah ! Ça veut dire que vous vous êtes moqué de moi ?

- Non pas du tout, non, c'est pas ça que j'ai dit, se défendit Emil sans conviction.

- Bah, un peu quand même. » insista le magicien.

Antonio jeta un coup d'oeil à Feliciano, et fut soulagé de constater qu'il n'était pas le seul à être perdu. Il toussa et brisa le court moment de silence gênant pour ramener la conversation sur un terrain moins étrange, tandis que les nouveaux venus entraient dans la cachette transparente.

« On allait retrouver Lovino au bar ! fit l'espagnol en indiquant avec enthousiasme le lieu béni sur la carte. Vous venez avec nous ?

- Ah, au moins le philtre d'amour a cessé de fonctionner. » constata le britannique en rajustant son chapeau pointu, qui avait heurté le toit de l'abribus en entrant.

Le policier fronça les sourcils, avant de se souvenir vaguement qu'il avait couru derrière Feliciano avec la même passion que s'il avait été Lovino, un peu plus tôt dans l'après midi.

« ¿ Por qué tu avais ça sur toi Arturo ? demanda-t'il donc, curieux.

- … Je voulais m'en servir sur Francis parce que ce crétin me tape sur les nerfs mais évidemment ça a capoté et maintenant je vais devoir en refaire un autre et vous vous rendez pas compte du temps que- » débita le magicien d'une seule traite, avant d'être rattrapé par son souffle.

Antonio fut subitement pris d'un fou rire devant l'hilarité de la situación. Il lui fallut quelques instants avant de pouvoir reprendre son souffle, tant l'attaque avait été soudaine.

« Y'a rien de drôle, grogna le pauvre anglais pris de court.

- Oh si c'est rigolo un pequeño quiproquo comme celui-là ! continua de glousser l'espagnol. E-eh, quoi, pourquoi vous me regardez tous comme ça ? »

Arthur leva les yeux aux ciel.

« Pour rien. » soupira-t'il.

Emil se rapprocha alors du petit italien pendant qu'Antonio se mettait à expliquer au britannique gentleman qu'il n'allait pas avoir besoin de philtre pour séduire sa proie.

« Heureux les simples d'esprits, murmura le blondinet, les yeux fixés sur le dos du policier.

- Veee, caqueta le mafieux. C'est mieux comme ça ~ »

Emil fit la moue. D'après ce que lui avait raconté Matthew, Gilbert et Francis étaient soi-disant amis avec le policier. Mais à quel prix ?

L'étudiant se retourna vers Feliciano.

« Pourquoi Gilbert et Francis continuent de lui mentir ? Ça vous serait pas utile, un indic' dans la police ? »

Le petit italien ouvrit grand les yeux.

« Ah. C'est que, mon fratellone a spécifiquement interdit de révéler quoi que ce soit à Toni.

- Eh … ? » s'étonna Emil.

Il avait de plus en plus de mal à comprendre le boss Vargas. Cette brute n'avait pas l'air de tenir à grand chose, et pourtant, vouloir garder le policier hors du secret, c'était un peu le protéger.
Et si Emil en tirait les bonnes conclusions… Lovino n'avait pas l'air doué pour manifester son affection.

« Pas étonnant qu'il s'entende aussi bien avec le mien, de fratellone. » marmonna-t'il.

Feliciano s'esclaffa et lui tapota amicalement le dos de son bras valide.


1 Je ne parle pas anglais.

2 Cet enfoiré.

3 Adorables.

4 Prank – on lui fé croir kil es mor, sa tourne mal (gone sexual)

5 C'est pas grave.


Cookie Tueur : Ooooh, t'inquiète pas que Lovino a de l'avance en matière de jurons héhé ! Mais j'aime un peu trop faire jurer Matthew, j'avoue…

Nda chap 11 : Le point sur les stats, et à dans deux jours (bisous) :

Nombre de jurons : 7

Nombre de jurons par personne : Lovino – 4, Emil – 2, Yao – 1.