Bonjour bonjour,

Comment allez-vous ? Perso, ça va, même si je commence doucement à stresser car je n'ai plus que cinq chapitres d'avance, ah ah, mais en fait pas tant que ça car je suis bientôt en vacances donc j'aurai un peu plus de temps. Mais ça me rappelle l'importance d'avoir de l'avance en écriture pour pouvoir rester régulièrement en publication :)

A part ça, tout va bien ! Comment pourrait-il en être autrement lorsque je vois vos nombreux retours ? Ce n'est pas nouveau, j'appréhendais beaucoup de partager cette histoire, consciente que mes choix scénaristiques ne plairaient sans doute pas à tout le monde et je suis vraiment ravie de voir que vous êtes toujours là, avec moi.

Sur ce, on retourne en 2001 avec Astoria et Ron. J'espère que ce chapitre vous plaira !

Bonne lecture


RARA :

Guest : Ravie que tu aimes Charlie ! C'est pas gagné, quand on met une personne de plus pour éloigner Hermione de Drago, ah ah. Eh oui, Drago ne fait pas les choix les plus judicieux en ce moment, mais faut ce qu'il faut pour qu'il finisse par faire les bons ! Merci pour ta review :)

MariePier1 : Salut ! Je ne comprends vraiment pas pourquoi tu n'arrives pas à lire mes réponses... En deux ans de publication sur ce site, c'est la première fois que je suis confrontée à ce problème... Et je n'ai pas trouvé l'autre compte dont tu m'as donné le nom donc me voilà là.
Sinon, pour Lulu, je ne sais pas trop, c'est pas toujours évident de trouver l'angle pour le montrer plus humain sans virer OOC... On va attendre qu'il sorte de prison et on verra bien ^^
La relation d'Hermione et de Charlie est un peu particulière. Elle ne pourrait pas en parler avec ses autres amis mais Charlie, lui, sait qu'elle est capable de coucher sans attaches (et puis bon, elle est quand même un peu pompette aussi ^^).
Charlie est loin de foutre la merde (même si je peux comprendre que tu aies l'impression qu'il retarde encore le dramione... alors que bon, elle va quand même finir avec Ron dans un premier temps XD). Charlie est là pour aider Hermione à se connaître un peu plus et à assumer ses envies.
Bref, merci pour ta review !

Delph : Je suis ravie de lire que tu as aimé le chapitre précédent ainsi que la relation entre Charlie et Hermione (effectivement sans ambiguïté ;) ). Contente aussi que tu trouves mon Drago fidèle à ce qu'il semble être. C'est pas toujours facile de varier mes approches sans les rendre OOC. Merci beaucoup pour ta review !

Cecile : Coucou ! Il n'y aura pas tant de Charmione que ça, ah ah. Mais mine de rien, je trouve important de montrer qu'ils ont connu d'autres personnes. Je ne veux pas non plus qu'Hermione passe tout simplement de Ron à Drago (même si j'ai déjà utilisé ça dans certaines histoires).
Drago était en effet tout chamboulé car il a ressenti les mêmes choses qu'elle... Et oui, Narcissa est toujours dans le coin pour secouer son fils. Quant à son futur choix de carrière, faudra attendre un peu pour le savoir ;)
Hermione n'a pas super bien vécu le départ précipité de Drago, en effet, mais heureusement Charlie est là pour l'aider à relativiser (puis vu le type de relation qu'elle a avec lui, c'est plus facile pour lui en parler). Elle commence à se stabiliser pour le boulot (d'où sa présence en Roumanie) mais en effet, elle est aussi un peu paumée depuis la fin de la guerre. Je tenais vraiment, à travers cette histoire, à montrer que ce qu'ils avaient vécu durant leur adolescence n'était pas sans conséquences (ce que j'ai eu tendance à minimiser dans mes autres histoires).
Ravie que tu aies aimé, en tout cas, et merci beaucoup pour ta review !

Alexandra : S'il avait laissé une note, ça aurait été moins drôle XD Vive la frustration mutuelle ! Sinon, j'ai prévenu dès le départ que le chemin jusqu'à la dramione pure serait long et difficile. Les passages avec Charlie sont une chose, mais il ne faut pas oublier que je tiens aux naissances de Scorpius et de Rose, il va donc y avoir bien plus de Drastoria et de Romione que de Charmione... (d'ailleurs, je suis ravie de te faire un peu plus apprécier ce couple !). MAIS c'est bel et bien une dramione. Le chapitre 9 est là pour vous le rappeler et le confirmer. Les choses vont juste être compliquées ^^
Pour la tequila, j'en sais rien, je n'aime pas ça, ptdr. Je voulais juste changer du whisky qu'on a tendance à retrouver à chaque fois (y compris chez moi).
Merci beaucoup pour ta review en tout cas et j'espère que la suite te plaira tout autant !


Merci à Damelith, Deborah Petra, Kar Ine, Keichi et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, leurs conseils, leurs corrections et leur soutien.
Merci à J.K. Rowling pour toute son œuvre. Sans elle, rien de tout cela n'existerait.

Illustration d'Upthehill : upthehillart sur DeviantArt


L'Autre

2001 - Astoria/Ronald

Astoria était assise aux côtés de sa sœur sur le canapé de la bibliothèque du manoir de leurs parents. Ces derniers leur faisaient face, installés dans des fauteuils de cuir blanc assortis au canapé.

La jeune femme n'était pas très à l'aise. Si elle n'avait rien contre la lecture, c'était même l'un de ses passe-temps préféré, elle avait toujours été assez impressionnée par cette pièce. La disposition des étagères, l'éclairage froid, le mobilier immaculé… Tout lui donnait l'impression qu'elle n'était pas la bienvenue ici. La plupart du temps, Astoria venait juste y chercher un livre ou deux avant de retourner se réfugier dans sa chambre pour le lire.

Mais aujourd'hui, elle n'était pas là pour ça. Non, cette fois, si elle était présente dans cet endroit, qu'elle n'aimait pas spécialement, c'était pour tenir la promesse qu'elle avait faite à sa sœur l'an passé, lorsqu'elle avait découvert qu'elle sortait avec Millicent.

Contrairement à elle, Daphné aimait l'austérité de cette pièce et pouvait y passer des heures, installée sur le bureau en acajou de leur mère pour y travailler. Elle avait aimé y faire ses devoirs de vacances, quand elle était encore élève à Poudlard, ou bien des recherches pour développer le commerce de leurs roses, même si depuis qu'elles avaient officiellement repris la Roseraie, elle préférait travailler sur place, dans le Norfolk.

Les quatre membres de la famille Greengrass se dévisageaient dans un silence que nul n'osait rompre. Finalement, comme bien souvent, Angela prit les choses en main.

- Eh bien, qu'avez-vous de si important à nous dire pour prendre ainsi de notre temps, à votre père et à moi ?

Daphné lança un regard oblique à sa sœur, clairement nerveuse. Astoria ne pouvait pas lui donner tort, ça allait clairement mal se passer… Elle connaissait suffisamment bien sa mère pour le savoir.

- Maman…, commença Daphné, hésitante, j'aimerais que tu arrêtes de me présenter des… des hommes. J'ai rencontré quelqu'un.

Astoria effectua une légère pression sur la main de son aînée, toujours dans la sienne, et lui sourit discrètement.

- Oooooh ! se réjouit instantanément leur mère. Il était temps ! Qui est l'heureux élu ? Avez-vous déjà fixé une date ?

- Une… une date ? demanda Daphné, interdite.

- Pour le mariage, bien sûr ! Si tu nous en parles aujourd'hui, je suppose que c'est parce que c'est sérieux entre vous, non ? D'ailleurs, pourquoi n'est-il pas présent ?

- Laisse-la en placer une, veux-tu ? l'interrompit sèchement son mari.

Angela lui retourna un regard noir mais, pour une fois, s'abstint de tout commentaire.

Leurs parents se disputaient toujours autant et Astoria commençait sérieusement à en avoir assez. Mais bon, elle préférait se tenir éloignée de leurs différends pour éviter d'y être mêlée. Après tout, elle finirait sans doute par quitter cette demeure, même si elle ne voyait pas trop par quel moyen, n'ayant toujours pas envie de se marier avec qui que ce soit… Mais là n'était pas la question.

- Hum, toussota Daphné avant de reprendre la parole. Je ne sais pas trop comment vous l'annoncer, donc je ne vais pas…

- Par Merlin, c'est un Cracmol, c'est ça ?! s'exclama leur mère. Ou pire, un Moldu !

- Angela ! gronda Barney, fusillant son épouse du regard. Laisse. La. Parler.

Celle-ci leva les mains devant elle en signe de reddition avant d'inviter sa fille à poursuivre d'un petit geste du poignet.

- Bref, reprit Daphné, visiblement perdue. Ce n'est pas un Cracmol, ni un Moldu, si ça peut vous rassurer…

- Merlin merci ! souffla leur mère, ce qui fit soupirer leur père.

- … ce n'est même pas un "un", en fait, termina la jeune femme, serrant la main de sa jeune sœur en recherche de réconfort.

- Un "un" quoi ? releva Angela, les sourcils légèrement froncés.

- Ma chérie, intervint Barney, le ton toujours plus doux lorsqu'il s'adressait à ses filles, essaies-tu de nous dire que… que ce n'est pas un homme ?

- Mais que veux-tu que ce soit, alors ?! railla son épouse, clairement moqueuse. Un elfe ?

- Ce que tu peux être stupide !

- Comment oses-tu me parler ainsi devant nos filles ?!

- Maman, Papa, intervint doucement Astoria, lasse. S'il-vous-plaît, c'est important pour Daphné…

Leurs parents se jetèrent un nouveau regard noir mais ne prononcèrent plus le moindre mot.

- Papa a raison, reprit Daphné, la voix peu assurée. Il… Il s'agit bien d'une fille. De Millicent Bulstrode, pour être exacte…

- C'est ridicule, la coupa Angela. Si tu étais… Tu-Sais-Quoi, je le saurais. Je suis ta mère !

- Si j'étais quoi ? releva la jeune femme, sur la défensive.

- Allons, Daphné, sois un peu sérieuse, pour changer ! Tu prends toujours tout avec bien trop de légèreté, je t'ai déjà dit que ça te jouerait des tours !

- Mais… Je ne vois pas le rapport avec ce que je suis en train de vous dire ?!

- Le rapport, c'est que tu as toujours aimé faire ton intéressante, et ce, depuis que tu es toute petite ! Non mais franchement, une fille ! C'est n'importe quoi ! Surtout ce veau de Milli…

Folle de rage, Daphné se leva du canapé, lâchant ainsi la main qu'Astoria tenait toujours.

- Je ne te permets pas d'insulter la femme que j'aime, Maman ! Je savais pertinemment que l'idée ne te plairait pas, mais ce n'est pas une raison pour…

- Pour quoi ?! la coupa Angela, se levant à son tour pour lui faire face. Te laisser gâcher ta vie pour un caprice de petite fille trop gâtée ?! J'ai toujours dit que votre père vous laissait passer bien trop de choses !

- Ne me mêle pas à ton intolérance, la prévint Barney, toujours assis sur son fauteuil.

- Mon intolérance ?! répéta-t-elle, en se tournant vers lui. Ainsi, tu approuves cette… cette… cette ignominie ?!

- Les Bulstrode sont des gens bien, se contenta-t-il de répondre avec un petit haussement d'épaules.

- Alors tout va bien ! s'écria-t-elle en levant les bras au ciel, dans un geste théâtral. Notre fille veut renoncer à sa réputation, à son honneur, à la maternité, à…

- Arrête de dramatiser, Maman, la coupa sèchement Astoria.

Les trois autres membres de la famille Greengrass tournèrent aussitôt leur attention vers elle, la faisant rougir légèrement.

Ce n'était pas son genre de parler ainsi à ses parents - la dernière fois qu'elle l'avait fait remontait à leur première visite chez les Malefoy et sa mère le lui reprochait encore - mais elle avait promis à Daphné de la soutenir.

Sa sœur était la personne qui comptait le plus pour elle et elle ferait tout pour la protéger. Tomber amoureuse de Millicent - ou de n'importe qui d'autre - n'était pas un choix de sa part, juste un fait. Le respect était primordial pour Astoria et elle avait eu l'occasion de voir Millicent et Daphné plusieurs fois ensemble. Elles s'aimaient sincèrement, c'était indubitable. A partir de là, le reste importait peu.

Évidemment, elle savait que sa mère pensait avant tout à perpétuer leur histoire familiale via une descendance respectable et respectée, et donc, prendrait d'office très mal le fait de se voir privée de cette opportunité, mais la jeune femme était ravie de constater que son père semblait moins obtus face à la révélation de leur fille aînée.

Daphné sourit avec chaleur à sa petite sœur, visiblement reconnaissante pour son intervention, et reprit d'une voix plus assurée que précédemment :

- Je ne voulais plus vous cacher notre histoire. Nous nous aimons et c'est très sérieux entre nous… Nous envisageons d'emménager ensemble, à vrai dire. Je ne voulais pas vous mentir plus longtemps, mais si ça vous pose problème, eh bien, je me passerai de votre bénédiction.

Sur ces derniers mots, Daphné quitta la pièce, les épaules redressées et le dos bien droit.

- Donc, tu étais déjà au courant, lâcha Angela, amère, en se tournant vers sa cadette. Et tu ne m'as rien dit ?! Tu es vraiment inutile...

Abasourdie, Astoria regarda sa mère partir à son tour, incapable de répondre quoi que ce soit. Venait-elle réellement de lui dire qu'elle était inutile ?! Son cœur se serra à cette pensée et sa tête commença légèrement à tourner. Elle n'avait qu'une envie, se réfugier dans sa chambre pour pleurer, mais elle savait qu'elle ferait probablement un malaise si elle se levait pour l'instant.

- Ne l'écoute pas, Chaton, dit son père en s'asseyant à ses côtés pour se saisir tendrement d'une de ses mains. Ta mère est une personne aigrie et jalouse, rien d'autre. Elle envie ton talent en botanique, ta bonté naturelle et ta force car malgré tout ce qu'elle peut faire, tu restes fidèle à principes et à tes valeurs. Ne la laisse pas t'entacher.

- Pourquoi restes-tu avec elle si tu as une si piètre opinion d'elle ? s'enquit faiblement Astoria, émue.

- Comme si j'allais vous laisser seules avec elle ?! Enfin, je n'ai apparemment plus à m'inquiéter pour Daphné, tu vas me dire…

- Papa…

Astoria n'ajouta rien de plus, la gorge serrée par l'émotion. C'était peut-être égoïste de sa part, mais elle était contente que son père soit toujours là pour prendre soin d'elle. Certes, elle était adulte à présent et aurait pu partir afin de vivre seule, même si ça n'était pas très bien perçu chez les Sang-Pur, mais mine de rien, elle ne supportait pas l'idée de les décevoir.

Son père passa un bras autour de ses épaules et elle s'y blottit, réconfortée par son étreinte. Barney Greengrass était un homme assez grand et dégingandé, d'allure plutôt hautaine et froide, mais Astoria ne connaissait pas d'endroit où elle se sentait plus en sécurité qu'au creux de ses bras.

- Tu es une personne merveilleuse, Chaton, reprit son père. N'en doute jamais.

Elle lui embrassa tendrement la joue pour le remercier avant de s'excuser pour aller rejoindre Daphné.

Elle arriva dans la chambre de sa sœur peu après. Cette dernière était en train de faire ses bagages.

- Tu t'en vas déjà ?! s'enquit-elle après avoir refermé la porte derrière elle.

- Tu l'as entendue, non, Rosie ? Comment pourrais-je rester sous le même toit que cette femme une minute de plus ?!

- Je sais… C'est juste que, eh bien, tu vas me manquer…

- On se verra tous les jours à la Roseraie, ne t'inquiète pas pour ça !

- Millicent est vraiment sûre que Maman ne peut pas nous la reprendre ?

- Certaine, oui. Elle a même demandé confirmation à une amie juriste. Lorsqu'elle nous l'a officiellement cédée, elle a renoncé à ses droits d'exploitation. Tes demoiselles ne risquent rien.

Astoria poussa un soupir de soulagement. Daphné le lui avait déjà dit, mais se l'entendre confirmer à nouveau était vraiment rassurant. Elle pouvait vivre avec sa mère et son caractère difficile, mais elle savait qu'elle serait malheureuse si on lui retirait ses fleurs.

- Je suis désolée, en tout cas, Rosie…, déclara son aînée en déposant une main sur son épaule.

- Pour ?

- Maman risque de te mettre la pression pour que tu te maries, à présent que… que je lui ai tout dit.

- Oh…

En effet, elle n'y avait pas pensé. C'était pourtant évident ! Mince, alors…

Sa mère s'était calmée, avec ses idées de rencontres arrangées depuis que Daphné lui avait parlé de l'amitié qui la liait à Drago, mais avec la révélation de sa sœur, les choses risquaient en effet d'être différentes. Et pourtant, Astoria n'avait toujours pas envie de fréquenter qui que ce soit.

Elle sentit ses mains la picoter légèrement. Ne pouvait-on pas la laisser tranquille ?!

Elle ouvrit et referma ses doigts à plusieurs reprises, afin de faire circuler le sang, en vain.

- Ça va, Rosie ? entendit-elle comme si ses oreilles étaient pleines de coton.

- Oui… oui... , bredouilla-t-elle, hésitante.

- Tu devrais t'asseoir, tu n'as pas l'air bien…

- Je suis désolée… C'est toi qui viens de vivre une épreuve et c'est moi qui… qui...

- Ce n'est rien, la coupa Daphné en la traînant jusqu'à son lit.

Astoria s'y installa maladroitement et plaça sa tête entre ses genoux afin de faire passer son vertige.

Quelques minutes plus tard, elle sentit son esprit s'éclaircir et la sensation désagréable dans ses mains s'estomper. Elle se redressa légèrement et regarda sa sœur, gênée.

- Désolée, Daph'...

- Ça va mieux ?

- Oui, oui, c'est passé, ne t'inquiète pas. Je pense que c'est juste un trop plein d'émotions.

- Tu as toujours été trop sensible ! la taquina sa sœur, visiblement soulagée.

Astoria se contenta de lui tirer la langue en retour, ce qui les fit éclater de rire.

Vivre ici sans Daphné allait clairement être moins amusant…


- Maman, cesse de faire la tête ! déclara Ron, légèrement taquin. C'est Audrey, la mariée, il est normal que ses parents aient voulu organiser la cérémonie chez eux !

- Et ? se défendit Molly, bougonne. C'est bien nous qui avons organisé le mariage de Bill, non ?

- Uniquement parce que nous étions en guerre, Maman ! intervint Ginny. Tu sais très bien que Fleur aurait préféré l'organiser chez elle, en France. Et de toute façon, la question ne se pose pas, Audrey veut se marier chez elle, c'est comme ça. Et ce n'est pas à la veille du mariage que nous pourrons y changer quoi que ce soit !

- J'ai quand même le droit de trouver ça dommage, non ?! D'ailleurs, Ginny-Chérie, quand est-ce que je vais avoir l'occasion d'organiser le vôtre, à Harry et toi ?

Ledit Harry, assit en leur compagnie autour de la table de la cuisine du Terrier, recracha aussitôt la gorgée de thé qu'il venait de boire et fut secoué d'une quinte de toux.

Ron lui tapota le dos, voulant se montrer secourable, et surprit le regard noir que sa sœur lança à son meilleur ami. La question du mariage était-elle tabou, entre eux ?

- On vient tout juste d'emménager ensemble, Maman, ne nous presse pas comme ça ! répondit-elle, malgré tout, en reportant son attention sur leur mère.

- Tout juste, tout juste… Cela doit faire un an, à présent ! Et tu sais qu'à mon époque, je n'aurais jamais pu vivre avec ton père sans que nous soyons mariés…

- Heureusement, nous ne le sommes plus. Harry vient d'avoir son diplôme et ma saison de Quidditch vient juste de se terminer, laisse-nous un peu le temps de souffler !

- Mais vous faites un si beau couple… Pourquoi attendre ?!

Ron se trouvait toujours à côté d'Harry, observant son meilleur ami qui préférait, sans doute à raison, ne pas se mêler de cette conversation. Déjà que Ginny allait certainement lui faire payer la réaction qu'il avait eue lorsqu'il avait entendu le mot "mariage".

Oh, il ne doutait pas qu'ils y viendraient, ces deux-là étaient faits pour être ensemble, mais Ron les trouvait encore bien trop jeunes pour franchir ce pas. Après tout, il était plus vieux qu'eux et était toujours célibataire… Certes, ce n'était pas comparable, mais il avait quand même du mal à concevoir qu'on puisse avoir envie de se marier à à peine vingt-et-un ans pour Harry et dix-neuf pour sa sœur.

Alors que Ginny et sa mère étaient toujours en train de se chamailler, Ron invita Harry à aller prendre l'air. Ce dernier sauta sur l'occasion, visiblement ravi d'échapper à la tension ambiante. Ils se retrouvèrent dans le jardin et s'installèrent sur un banc qui se trouvait non loin d'un trou de gnomes.

La soirée était encore douce, bien que le soleil soit déjà en train de se coucher, les privant peu à peu de sa chaleur.

- Ça ne va pas, avec Gin' ? demanda Ron, pour entamer la conversation.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- Je ne sais pas… Elle t'a jeté un de ces regards noirs ! Ma sœur me fait peur, parfois, je ne sais pas comment tu fais pour la supporter !

- Bah, c'est parce que tu ne la vois pas comme je la vois, on en a déjà parlé un paquet de fois ! Mais ça va, t'inquiète. Elle trouve juste que je m'implique trop dans le projet d'Hermione, depuis quelques temps.

- Ah ouais ?

- Ouais… Je trouve ça génial, son idée de créer un relais pour les nés-Moldus en attendant qu'ils entrent à Poudlard, je n'y peux rien…

- Et ton boulot d'Auror ?

- Justement, répondit Harry. Je vois souvent Hermione, après mes heures, pour lui donner un coup de main et Ginny se plaint de ne plus me voir…

- Rude…

- Elle s'en fiche que j'aide Hermione, tu comprends ? Elle voudrait juste que j'arrête de me disperser.

- Et quoi ? Tu vas arrêter ton job d'Auror alors que tu viens d'obtenir ton diplôme ?!

- Je n'en sais rien… J'avoue que c'est moins… stimulant que ce que je pensais. Je croyais que je serais plus utile, mais mon supérieur estime que j'en ai assez fait comme ça et refuse de me mettre sur des cas trop difficiles. Il pense que je suis trop inexpérimenté, tu vois le genre…

- Pff, n'importe quoi, compatit Ron. C'est pas comme si tu avais combattu quelques dizaines de Mangemorts et Voldemort lui-même !

Ils échangèrent un sourire complice puis Ron détourna les yeux pour observer le coucher du soleil.

- Goyle a débarqué au Boursouflet, aujourd'hui, déclara-t-il finalement, amer.

- Goyle… Gregory Goyle ? Celui de notre promotion ?!

- Lui-même !

- Je le croyais à Azkaban ! commenta Harry.

- Visiblement, il n'y est plus. Il fait partie d'un programme de réinsertion professionnelle, ou un truc du genre, auquel mon patron participe. Il l'a engagé comme commis.

- Ah merde !

- C'est rien de le dire…

- Tu vas faire quoi ?

- Que veux-tu que je fasse ? J'adore mon job, j'y suis depuis près de deux ans, maintenant, je ne vais pas partir à cause de ce crétin ! Il m'a assez pourri la vie comme ça.

- C'est sûr… Tu en as parlé avec ton chef ?

- Vaguement… Will dit qu'il me comprend, mais il croit aux deuxièmes chances, donc voilà. Soit j'apprends à faire avec, soit il me remplacera… Et il m'a avoué qu'il comptait me faire officiellement passer rôtisseur, donc j'ai pas vraiment envie de partir.

- Normal ! C'est cool pour ta promotion !

- Merci, vieux.

- Si on m'avait dit que tu finirais par bosser avec Goyle en cuisine, se moqua Harry, se retenant difficilement de rire.

- Oh la ferme !

Mais Ron ne parvint pas à cacher son amusement. Harry n'avait pas tort, il n'aurait jamais cru qu'il s'épanouirait autant dans ce job, lorsqu'il y avait postulé, mais il devait avouer qu'il prenait beaucoup de plaisir à évoluer derrière les fourneaux. De plus, son chef estimait qu'il avait beaucoup de potentiel et on ne lui avait pas souvent dit qu'il était doué en quelque chose, dans sa vie.

- Au fait, reprit Harry, tu as vu George depuis son retour ?

- Ouais, on a passé l'après-midi ensemble. Il a l'air d'aller beaucoup mieux, ça fait vraiment plaisir à voir.

- Tu m'étonnes ! Il sera bien là demain ?

- Oui, oui, il ne ferait pas faux bond à Percy pour une telle occasion ! Déjà qu'il a loupé la naissance de Victoire…

- Il n'était pas parti depuis longtemps, lorsqu'elle est née…

- Je sais, ouais, et il n'allait vraiment pas bien à ce moment-là mais ce n'est plus le cas. Ce voyage avec Lee a l'air de lui avoir fait le plus grand bien.

- Parfois, partir aide à se recentrer…, commenta Harry.

- Et parfois pas...

- Comment ça ?

- Je sais pas… Regarde Hermione... Je la trouve tellement changée depuis qu'elle est revenue d'Australie… Je ne la reconnais plus, par moments.

- Les choses n'ont été faciles pour personne, on gère comme on peut, souligna Harry. Regarde-moi, je me suis directement lancé dans cette formation d'Auror, persuadé que ma place était liée à la lutte contre la magie noire et au final… Je n'en sais rien. Est-ce que j'aurais eu envie de faire ça, sans toutes ces conneries avec Voldemort ?! Je me demande parfois si je ne fais pas tout ça juste parce que c'est ce qu'on a toujours attendu de moi…

- Je vois ce que tu veux dire, ouais… Admets quand même que ça ne ressemble pas à Hermione de… de glander comme ça ! Tu imagines, elle a eu ses ASPIC y a plus de deux ans et elle n'est toujours pas fixée sur son choix de carrière !

- Son projet avance bien, depuis qu'elle est revenue de Roumanie, nuança Harry. Mais c'est clair qu'à l'époque de Poudlard, elle nous aurait plié ça en trois mois.

Ron ricana à la remarque, avant de se prendre un léger coup de coude de son meilleur ami.

- En parlant d'Hermione..., reprit ce dernier, légèrement mystérieux.

- Oui, et ?

- Tu crois que je n'ai pas vu comment tu l'as reluquée, chez elle, la dernière fois ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles, nia Ron, les oreilles rougissant légèrement.

Ils avaient passé l'après-midi chez leur amie, le samedi précédent, avant que Ron ne prenne son service du soir, et ils avaient passé un excellent moment, rien que tous les trois.

Et effectivement, ce jour-là Hermione avait enfilée une robe légère, la journée étant chaude, qui avait révélé une grande partie de ses cuisses lorsqu'elle s'était penchée pour ramasser un jouet de Pattenrond qui trainait sur son tapis. Ron n'avait pas pu empêcher son regard de parcourir ces jambes dont il n'avait pas suffisamment profité.

- J'ai toujours pensé que vous finiriez ensemble, tous les deux, commenta Harry, en haussant légèrement les épaules.

- On a essayé, ça n'a pas marché…

- Le moment n'était pas vraiment idéal pour ça, Ron, tu le sais tout comme moi. Mais trois ans se sont écoulés, depuis la Bataille de Poudlard, les choses seraient sans doute différentes, aujourd'hui.

- Je ne sais pas… Comme je te l'ai dit, je ne suis pas sûr qu'elle soit toujours la fille dont je suis tombé amoureux, à l'époque…

- Je dis juste ça comme ça. Mais ce serait cool, on ferait réellement tous partie de la même famille !

- Harry ! l'appela Ginny depuis la porte d'entrée. Je voudrais être en forme, pour demain, on rentre se coucher ?

- J'arrive !

Il salua Ron puis trottina jusqu'à sa petite amie pour la rejoindre. Ils disparurent peu après dans un pop caractéristique, le laissant seul avec ses pensées.

Pensées qui se tournèrent directement vers Hermione. L'échec de leur relation était-il lié à la fin de la guerre ou étaient-ils tout simplement amoureusement incompatibles ?

Objectivement, ils n'avaient pas vraiment eu le temps d'être un couple, Hermione étant retournée à Poudlard pour passer ses ASPIC et lui ayant été trop pris par sa formation d'Auror, dans un premier temps, puis par son travail avec George par après…

Ils ne s'étaient vus que quelques weekends par-ci par-là, pas de quoi établir les bases d'une relation durable. Peut-être que ça vaudrait le coup de réessayer…

Mais Hermione en aurait-elle envie ? Elle avait tellement changé, dernièrement… Comme cette histoire avec le dragonnier. Ils n'en avaient pas reparlé, mais Ron avait du mal à croire que sa meilleure amie ait vraiment choisi de perdre sa virginité de cette façon.

Au moins, ce ne serait pas à lui de gérer ça… Sa première fois, avec Lavande, avait été désastreuse… Ils ne l'avaient d'ailleurs jamais refait vu que Ron avait été empoisonné peu après, mais il lui avait quand même fallu retenter l'expérience à plusieurs reprises avant que ça ne devienne vraiment concluant.

Peut-être qu'il pourrait lui proposer une simple sortie, un de ces quatre, juste pour voir où ça les mènerait… Mais si ça ne marchait de nouveau pas, dans quelle mesure cela impacterait-il leur amitié ? Est-ce que ça valait la prise de risques ?

Ron poussa un soupir agacé. Ça ne lui ressemblait pas de se prendre autant la tête pour une fille ! Mais en même temps, ça avait toujours été plus compliqué avec Hermione...

Peut-être, justement, parce qu'elle, elle en valait vraiment la peine.


.


Et voilà pour aujourd'hui !

Je sais, je sais, pas de Drago ni d'Hermione, mais parfois, faut faire avancer d'autres choses pour arriver où on veut aller !

Donc le retour de la très charmante Angela qui n'a, comme on s'y attendait, pas bien pris la nouvelle de l'homosexualité de sa fille. En général, j'essaie d'aborder ça de manière positive, comme avec la réaction d'Astoria, mais il me semblait plus réaliste de montrer que ce n'était pas toujours le cas. Ca n'a pas été facile d'écrire des propos que je ne valide absolument pas, mais si tout se passe toujours bien, on en perd en crédibilité, non ?

Enfin voilà, même s'il n'y avait pas de Drago, j'espère que la partie Astoria vous a plu.

Quant à Ron, Hermione n'était pas avec eux mais elle était quand même bien présente, ah ah. Ron commence à envisager la possibilité de retenter le coup avec elle... Merci Harry ;)
Sinon, ça m'a aussi permis de donner quelques nouvelles de plusieurs personnages et c'est ce que j'aime avec l'exploitation de leurs points de vue !

Bon par contre, Drago et Hermione me manquent rapidement aussi, donc je vous rassure, la semaine prochaine, Astoria et Ron vont les croiser ;)

Sur ce, je vais vous laisser.

J'ai hâte de lire vos retours.

A dimanche prochain !

Des bisous :)