Titre : Living arrangements
Auteur : In Darkness is Light
Traductrice : Shebang
Disclaimer : Naruto n'appartient pas à In Darkness is Light, ni à moi, et la fic n'est pas de moi, je n'en suis que la traductrice, avec l'autorisation de l'auteur !
Note de la traductrice : Encore une fois, toutes mes excuses pour le retard ; le chapitre est beaucoup plus long que d'habitude, j'espère que ça compensera un peu !
Initiation et fête
Kakashi jeta un regard de tous les côtés en passant les portes du siège de l'ANBU pour la première fois. Même s'il affichait un masque de tranquillité, de menace et d'indifférence – une étrange combinaison – son coeur battait de façon erratique dans sa poitrine, le son frappant en rythme dans ses oreilles.
Le siège de l'ANBU était, sans aucun doute, l'endroit le plus sombre, le plus imposant et le plus intimidant dans lequel il avait jamais eu l'infortune de se retrouver. Il n'était pas difficile de trouver la pièce dans laquelle avait lieu l'initiation ; c'était la seule pièce qui avait un peu de couleur, et où les lumières n'étaient pas aussi faibles qu'ailleurs. Peu importait la richesse des décorations, l'endroit semblait toujours envoyer un message noir et effrayant, l'incitant à approcher davantage. Kakashi eut l'impression de marcher tout droit vers les profondeurs de l'enfer, et s'il avait su la mission qui l'attendait, il aurait su qu'il n'était pas loin d'avoir raison.
En entrant dans la salle en même temps que les autres initiés, il remarqua immédiatement les lignes d'ANBU contre les deux murs opposés. Ils étaient vêtus de leur uniforme, un masque sur le visage leur cachant les yeux ; la lumière dans la pièce jetait une ombre sinistre sur leurs masques, faisant briller dangereusement leurs yeux et transformant leur bouche en un sourire mauvais et diabolique. Il eut l'impression d'être sur le point de rejoindre une secte. Il détourna aussitôt son regard d'eux, une impression de malaise formant une boule dans son estomac.
Ses yeux glissèrent alors sur le tapis majestueux d'un rouge intense qui couvrait le sol, menant jusqu'à une chaise. Kakashi grimaça intérieurement en remarquant que le tapis était du même rouge que le sang des ennemis ; le tapis, au lieu de donner à la pièce une impression de richesse et de chaleur (même si ce n'était pas vraiment ce que l'on recherchait à l'ANBU), ajoutait seulement au côté infernal de l'endroit. Une goutte de sueur perla à son front lorsqu'il entendit la porte de sortie se fermer et qu'il vit la lumière diminuer encore.
Un homme grand et costaud (le commandant), qui portait un uniforme différent, sans masque et des yeux noir charbon, émergea des ombres et se plaça près de la chaise au centre de la pièce. Ses yeux, petits et brillants scrutaient la foule des initiés, de la même façon que Kakashi avait senti que les autres membres de l'ANBU l'avaient jaugé avant, et l'homme lâcha un rire terrifiant qui glaça lui sang .
« De plus en plus jeunes! » mugit-il, en approchant jusqu'à se trouver à quelque centimètres de deux initiés adolescents. Les deux jeunes essayèrent de garder contenance autant que possible, mais Kakashi remarquait que le sang semblait s'être retiré de leur visage tandis que le supposé initiateur se tenait devant eux.
L'homme fit de même avec quelques autres initiés avant de retourner à la chaise au centre, apparemment satisfait. Il sortit de sa poche un parchemin de couleur claire, plaça sa main sur la chaise et appela : Daimon Botan !
Un homme âgé de la vingtaine avança du début de la ligne des initiés jusqu'à la chaise au centre de la pièce. Le jeune homme s'assit, indiqua au commandant à côté de lui son nom, son but, et son désir de rejoindre l'ANBU. À ce moment-là, le Commandant se mit à se moquer de lui. Il lui lança des insultes, railla son état physique et mental, et alla même jusqu'à lui cracher dessus. Botan, le jeune homme sur la chaise, fit de son mieux pour rester calme pendant ce temps, mais à la façon dont ses sourcils se contractant sans cesse nerveusement, on voyait qu'il n'était pas loin d'exploser. Puis le commandant changea de tactique et commença à l'intimider, lui disant ce qui lui arriverait s'il trahissait Konoha, et que l'ANBU ne prenait pas très bien les actes de traitrise. Le commandant lui détailla toutes les manières de tuer qu'avait l'ANBU, lui mettant sous le nez des photographies des morts les plus atroces possibles. À la fin, Botan était si perturbé et effrayé qu'il finit par rendre son déjeuner sur le sol de siège de l'ANBU.
La commandant secoua la tête en regardant le garçon devant lui et fit signe à un membre de l'ANBU de d'escorter Botan vers la sortie. Après la démonstration de ce que semblait être l'initiation, le groupe entier d'initié restait silencieux, osant à peine respirer, attendant leur tour avec appréhension.
« Vous avez vu ce qu'il en coûte d'entrer à l'ANBU. Si vous n'avez pas les tripes pour, reconnaissez-le maintenant devant nous, et partez. » Aussitôt dit, plusieurs jeunes hommes et femmes baissèrent la tête et s'inclinèrent avant de sortir.
Kakashi en regarda quelques-uns de plus passer le test d'initiation, certains échouant et d'autres réussissant, et soudain, l'ANBU ne lui sembla plus une option si attirante que cela. Mais quand même, c'est ce que tu voulais, se convainqui-t-il lui-même. C'est l'opportunité que tu désirais tant. Ne t'en détourne pas déjà : saisis-la. Si tu échoues au test d'initiation, alors tu auras échoué, mais essaie au moins ! Il n'avait plus le temps d'y réfléchir, car il entendit la voix du commandant mugir « Hatake Kakashi ! »
Kakashi se dirigea solennellement vers la chaise, effaçant ses émotions à chaque pas qu'il faisait. S'asseyant, il se prépara pour le test suprême de sa force mentale et du pouvoir de sa volonté.
« Hatake Kakashi, hein ? » ricana la voix du Commandant. « L'étudiant du Hokage ? Le gamin du Croc Blanc de Konoha ? »
L'oeil droit de Kakashi se tourna involontairement à la mention du nom de son père, et le commandant eut un sourire narquois. « Oui, tu veux être plus utile que ton déshonoré de père, je me trompe ? » Le commandant cracha devant Kakashi en mentionnant son père. « Le talent n'est pas tout, Hatake Kakashi. Il se peut que tu ne soies pas encore assez fort pour l'ANBU ; après tout, tu dois vraiment tuer tes émotions. »
« Je suis préparé. »
Les coins de la bouche du commandant tournèrent ; il lui sourit avec sadisme. « Es-tu sûr ? Tu as l'air si jeune, un tout petit bébé. Est-ce qu'on peut faire confiance au petit bébé Kakashi pour un travail de grand garçon comme celui là ? »
Kakashi regarda devant lui, le regard féroce. « Oui », grogna-t-il.
« Même après que tu aies tué un de tes coéquipier ? Presque deux ? On peut vraiment se fier à toi ? »
Les narines de Kakashi frémirent de rage pendant un moment, mais il retrouva son sang-froid. « Oui, » insista-t-il.
« Laisse-moi te demander quelque chose Hatake. As-tu des amis ? » lui demanda l'homme en reniflant.
« Oui. »
« Des gens à qui tu tiens ? »
« Oui. »
« Mmh. » Les yeux du commandant eurent une lueur sinistre. « Je ne pensais pas que tu en aurais ; j'ai un moyen bien plus intéressant de te tester maintenant. » Il leva une main, regardant Kakashi droit dans son oeil, et plaça sa paume sur le front de Kakashi.
Un frisson de quelque chose ressemblant à de l'électricité transperça Kakashi, et soudain, il réalisa qu'il n'était plus dans la pièce de l'ANBU, mais dans une autre, complètement masquée par l'obscurité, en dehors d'une unique lampe au centre. Sous la lampe, il y avait une fille, ses courtes mèches brunes recouvrant son visage, un tablier taché de sang couvrant une courte tenue noire. Kakashi savait qui elle était ; il aurait reconnu ces cheveux et cette tenue n'importe où. Rin. « Kakashi. » Elle se tourna vers lui, le ton de sa voix effrayé et suppliant. « Kakashi, aide-moi. »
Quand elle se tourna vers lui, la première chose qu'il remarqua était qu'elle était couverte de blessures et de cicatrices, dont certaines saignaient encore, et d'autres qui guérissaient lentement, laissant de larges et vilaines maques sur sa peau de porcelaine.
Une porte en métal s'ouvrit – il l'avait entendue même s'il ne pouvait pas la voir – et un shinobi (il n'aurait su dire de quel village) passa de l'obscurité à la lumière de la lampe. Le mystérieux shinobi (un homme) se planta avec arrogance jusqu'à Rin, la soulevant par le cou, et la projeta avec force sur le mur le plus proche. « Mauviette, » siffla l'homme d'un ton venimeux. « Tu es pathétique. »
Kakashi regarda la scène avec colère, et fit un mouvement pour avancer et stopper l'homme... peut-être lui balancer un chidori ou deux dans la face... mais alors qu'il essayait de bouger, il se rendit compte qu'il ne le pouvait pas ; ses pieds étaient littéralement enracinés dans le sol. Il se débattit encore, ne relevant la tête que lorsque l'homme parla encore.
« Debout, mauviette, » cracha l'homme, regardant Rin qui était maintenant sur le sol. « Lèves-toi et défends-toi. »
Elle tenta de se redresser et finit par y réussir, levant faiblement un kunai pour se défendre. L'homme face à elle la rejoignit de toute sa force, lui faisant trace de kunai après jutsu après trace de kunai. Rin, qui de toute évidence était à court de chakra, faisait de son mieux pour se défendre mais il était clair qu'elle n'avait pas l'avantage.
« Rin ! » cria Kakashi désespérément, essayant de trouver ce qu'il pourrait dire d'autre, ce qu'il pourrait faire d'autre pour qu'elle survive.
L'homme et Rin semblaient ne pas l'avoir entendu et la bataille continuait.
« Non! » hurla encore Kakashi. « Arrêtez ! Laissez-la ; prenez-moi à sa place ! »
Cette fois, l'homme au moins sembla l'avoir entendu car il tourna la tête vers Kakashi, et Kakashi le reconnut immédiatement : le commandant. Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Se demanda-t-il. Qu'est-ce qui se passe ? Après s'être retourné les méninges un moment, Kakashi comprit que le commandant devait l'avoir emprisonné dans un genjutsu pour voir comment il agirait dans une situation perturbante. Dès qu'il le réalisa, les liens à ses pieds disparurent et il put se mouvoir à nouveau. Kakashi, avec une volonté féroce, chargea l'homme (son commandant) dans le genjutsu, le frappant de plein fouet. « Salaud! » hurla Kakashi avec fureur, le frappant encore et encore, jusqu'à ce que finalement l'endroit redevienne la pièce d'initiation de l'ANBU.
Les yeux de Kakashi s'écarquillèrent à la vue de la pièce, et sa poitrine se levait et se baissait lourdement sous son halètement. Le reste de la pièce était muette de choc et de surprise, regardant le sol à côté de Kakashi. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Cela semblait être la pensée principale du jour, alors qu'il regardait aussi le sol à côté de lui. Il vit le visage du commandant, qui levait les yeux vers lui avec surprise, une main sur son nez maintenant brisé. Oh. Ce qui venait de se passer était maintenant évident ; Kakashi s'était probablement tellement laissé emporter par le genjutsu qu'il avait réellement attaqué son commandant.
« Hatake! » aboya le commandant.
Au temps pour mes chances de réussir. « Oui ? »
« Bienvenue à l'ANBU. »
Les yeux de Kakashi s'écarquillèrent encore davantage aux mots de son supérieur. « Quoi ? » souffla-t-il, ne parvenant pas à en croire ses oreilles.
« Bienvenue à l'ANBU », répéta l'homme. « Tu as démontré ce que devait être un ANBU, tout ce qu'il doit avoir. Le talent, les capacités et une volonté à toute épreuve, pour en nommer quelques-uns, mais surtout, la force, la détermination, et une loyauté féroce. C'est avec fierté que je t'accueille dans cette organisme d'élite. Je gage que serez tout à fait à votre place ici. »
« Merci. » Kakashi gardait une expression neutre, en tendant sa main pour aider le commandant à se relever. « C'est un grand honneur », dit-il en s'inclinant.
« Mais il y a des choses que tu dois comprendre, et des choses sur lesquelles tu devras progresser. Tu dois contenir tes émotions et écarter tout sentiment personnel quand tu es en mission. Cela te rendra faible. Tu dois t'assurer davantage, et nous devons être certains, que ta loyauté pour ton village est aussi grande, sinon plus, que ta loyauté envers les personnes qui sont importantes pour toi. »
Kakashi opina, écoutant attentivement mais toujours avec incrédulité. Il n'arrivait pas à croit qu'il avait réussi ; il pensait qu'avoir jeté au sol le commandant garantirait définitivement un échec.
« C'est ta famille maintenant. C'est ta priorité. Est-ce que tu comprends ? »
« Je comprends. » Même si ces gens ont l'air de vouloir ma peau, pas de faire partie de ma famille.
« Très bien Hatake. Félicitations. Tu seras connu sous le nom de Wolf à partir de maintenant. Tu peux disposer, et tu peux prendre ton uniforme en sortant. » Son supérieur hocha de la tête et s'inclina pendant que Kakashi lui retournait son geste avant de sortir.
Marchant à grands pas assurés vers la sortie, un air de soulagement sur le visage, arrivé aux portes, il attrapa un sac noir qui contenait tout ce dont il aurait besoin pour une mission d'ANBU. Le membre de l'ANBU qui lui avait tendu ses affaires lui parla du talkie walkie qu'il utiliserait pour communiquer pendant les missions, et de la manière dont l'ANBU l'avertirait quand il aurait une mission.
Kakashi sortit rapidement des quartiers sombres de l'ANBU, émergeant dans la lumière vive de Konoha ensoleillée. Il marchait d'un pas vif, suivant un but, atteignit son appartement plus vite que d'habitude et ouvrit la porte à la volée. Quand il entra, Rin lui sourit. « Comment ça s'est passé ? » demanda-t-elle poliment?
Il relâcha un souffle qu'il ne se rappelait pas avoir retenu. Cela le surprit, mais il comprit que c'était sûrement parce que son inconscient était toujours inquiet à l'idée qu'en réalité tout n'ait pas été un genjutsu. La voyant souriante et sans la moindre trace de blessure ou de coupure de kunai ajouta seulement au soulagement qu'il avait ressenti après avoir été libéré des quartiers de l'ANBU. « Dieu merci, » murmura-t-il pour lui-même.
« Qu'est-ce que tu as dit ? » lui demanda-t-elle. « Je n'ai pas entendu. »
« J'ai dit que ça s'était bien passé. », répondit-il en souriant.
« Tu as été accepté ? » Elle avait l'air excitée même s'il savait qu'elle n'approuvait pas sa décision de s'enrôler.
« J'ai été accepté. » Il leva le sac noir qui contenait sa tenue.
Elle eut un grand sourire et applaudit. « Je savais que tu y arriverais ! » le félicita-t-elle. « Alors, c'est quoi ton nom de code ? Il est cool ? »
« Plutôt cool... Oui. Je serai Wolf. »
« Comme grr le Loup ? » grogna-t-elle en une imitation d'un grondement de loup. « Ou comme un effrayant loup-garou ? »
« Grr le Loup. »
« J'aime bien les loups, » lui dit-elle, toujours en souriant.
Il lui rendit seulement son sourire, se demandant si son commentaire ne voulait dire que ce qu'il disait ou s'il y avait un message caché.
« Alors, quand est-ce que tu commences tes missions ? »
« Euh... demain, je pense, pourquoi ? »
« On devrait sortir fêter ça ! » suggéra-t-elle d'un ton enjoué.
« Ok, » accepta-t-il. « A quoi tu penses ? »
« Eh bien, je sais pas, on pourrait sortir dîner. »
« Ca me va. »
Ils se mirent donc d'accord pour laisser tomber les corvées de cuisine ce soir-là et laisser quelqu'un d'autre préparer le repas. Tous deux descendirent les rues dans l'obscurité de la nuit, se demandant où aller. Rin avait bien proposé de se rendre chez Ichiraku, mais Kakashi s'était plaint qu'on y mangeait trop, et comme elle avait commencé à protesté, il la contra d'un « Et je ne suis pas si radin. »
Elle fronça les sourcils mais finit par accepter. Ils finirent par dîner dans un restaurant qui s'était ouvert un mois plus tôt sur la place du marché. C'était petit et local, il n'était donc pas trop bondé, mais la nourriture était bonne et fraiche, et bon marché considérant que le Pays du Feu était en guerre. Il n'y avait des échanges uniquement entre pays alliés, et il était peu courant que même eux partagent la nourriture, surtout en période de rationnement. Konoha avait toujours eu le plus de nourriture parce que c'était un endroit ensoleillé, avec une abondance de terre arable, même si les étés brûlants contribuaient parfois à la diminution de production de céréales.
Après le dîner, alors qu'ils rentraient chez eux, Rin posa une question qu'elle avait attendu toute la journée de pouvoir poser. « Alors, qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? »
« A propos de quoi ? »
« Ben, tu es dans l'ANBU, non ? Ca veut dire que tu ne pourras plus enseigner. »
« Je sais. »
« Alors, qu'est-ce que tu vas dire à tes élèves ? »
Kakashi marqua une pause. Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait leur dire ; à dire vrai, il n'avait même pas pensé à eux quand il avait pesé le pour et le contre pour sa décision. « Je ne sais pas », avoua-t-il. « Je n'y ai pas réfléchi. »
« Tu ferais mieux de trouver quelque chose rapidement parce qu'ils s'attendent certainement à ce que tu t'entraines avec eux demain. »
Kakashi resta silencieux, hochant seulement la tête pour toute réponse. Sur le chemin du retour, aucun des deux ne parla, et le silence perdura jusqu'à ce qu'ils atteignent l'appartement ; il fut brisé seulement quand Kakashi lui souhaita une bonne nuit et s'endormit. Kakashi resta éveillé aussi longtemps que possible, tachant de trouver le meilleur moyen d'apprendre la nouvelle à ses étudiants ; ils allaient être furieux après lui, ça il en était certain.
Le matin vint rapidement et le soleil brillant de Konoha appela ses habitants au réveil et aux rituels journaliers. Avant que l'ANBU ne puisse lui donner une mission, Kakashi quitta l'appartement et se dirigea vers la stèle funéraire, pour raconter à Obito ce qui s'était passé et le dilemme dans lequel il était à présent. La discussion avec son ancien coéquipier ne dura pas longtemps car il savait qu'il devait être au moins relativement à l'heure pour voir son équipe et la mettre au courant. Haruhi, Sasaki et Nikko l'attendaient patiemment au terrain d'entrainement, discutant tranquillement entre eux.
« Yo » les salua Kakashi d'un ton aussi enjoué que possible.
« Sensei ! » répondit Sasaki avec enthousiasme. C'était étrange ; bien que Sasaki ait été le premier à exprimer son dédain pour Kakashi, le garçon semblait à présent être celui qui s'y était le plus attaché.
« Qu'est-ce qu'on a comme entrainement, aujourd'hui ? On a une mission ? » demanda Haruhi, avide de prouver sa valeur.
Kakashi secoua seulement la tête, et le reste de son équipe prit son silence inhabituel comme le signe que quelque chose s'était passé.
« Quelque chose ne va pas, sensei ? » Evidemment, vous pouviez compter sur Nikko pour être le plus empathe de tous.
« Rien... Ecoutez, je dois vous dire quelque chose. »
« Oui? » Tous l'écoutaient avec attention à présent., une expression inquiète sur leurs traits.
« J'ai été transféré. »
« Où ça ? À une autre équipe ? » demanda Sasaki.
« Non, » répondit Kakashi, mais en voyant leur expression, il comprit qu'ils attendaient une réponse plus complète. « Je... Je rejoins l'ANBU. »
Son équipe eut un grognement collectif, et Haruhi fut la première à parler. « Alors c'est ça, sensei ! Vous aussi ? C'est pas juste ! Mais pour qui se prend l'ANBU ?! Ils ont pas le droit de vous emmener comme ça ! J'arrive pas à y croire ! Bon sang ! »
« Comment vous pouvez nous laisser comme ça, sensei ?! Je sais qu'ils ne vous forcent pas à les rejoindre ! Comment vous pouvez nous faire ça ? C'est comme si vous nous trahissiez ! » cria Sasaki.
« Désolé, mais ils ont besoin de moi. »
« C'est n'importe quoi ! Vous êtes à peine plus vieux que nous ! Ils ne vous recruteraient pas, à moins que vous ayez été recommandés ou je ne sais quoi. Ça veut dire... ça veut dire que vous vouliez vous enrôler ! Ça veut dire que vous avez demandé à nous quitter ! J'arrive pas à y croire ! » continua Sasaki d'un ton furieux, hurlant littéralement après celui qui était maintenant son ancien sensei. Tout à coup, il s'arrêta, laissa ses bras retomber, et sa voix redevint basse. « Qu'est-ce qu'on a fait ? Qu'est-ce qu'on a fait pour que vous vouliez partir ? On est pas assez bons ? Vous ne nous aimez pas ? »
Wow. Si le but de Sasaki avait été de jeter Kakashi dans le troisième plus grand abîme de culpabilité qu'il ait connu dans sa vie (le premier et le deuxième ayant été son père et Obito), c'était une réussite. « Vous devriez savoir maintenant que ça n'a rien à voir avec vous. Vous êtes des gamins supers, » les taquina Kakashi. « Mais l'ANBU, c'est quelque chose que je voulais depuis longtemps, et j'en ai maintenant l'opportunité. Bien que je sois un génie, c'est comme si jusqu'ici j'avais tout fait de travers dans ma vie, et maintenant... maintenant peut-être que j'ai une chance d'aider, et je vais la saisir. »
« Mais vous pourriez vous faire tuer ! Ou pire ! » protesta Haruhi.
« C'est vrai, mais j'ai besoin de faire ce que je peux pour aider mon village, pour protéger ceux qui comptent pour moi. » Kakashi se passa la main dans les cheveux pour se donner contenance.
« Sensei, » dit Nikko, surprenant Kakashi. « Je comprends. C'est votre devoir de faire ce que vous pouvez pour aider, et vous voulez être utile à votre village. Vous êtes quelqu'un d'encore plus grand que ce que je pensais. Votre détermination, votre courage, votre gentillesse ; je sais que vous vous êtes déjà dévoué à la protection du village et vous avez prouvé votre valeur, en tout cas à nous, plus de dix fois. Vous en attendez trop de vous-même, et c'est pourquoi vous en donnez trop. J'aurais pris cette opportunité aussi, et je ne vous en veux pas d'avoir choisi cette voix. Je sais que si la situation était différente de ce qu'elle est, si vous aviez réellement eu le choix, vous auriez gardé ce travail d'enseignant. Je le vois en vous ; vous nous aimez bien, » finit le garçon en souriant.
Kakashi resta là à regarder Nikko qui souriait, stupéfait. Le petit discours du garçon était la forme d'acceptation la plus mature que Kakashi ait jamais vu ; Nikko était beaucoup plus intuitif qu'il ne l'aurait pensé. Revenant de son choc, Kakashi répondit : « J'aimerais rester, mais tu as vu juste ; ça fait partie de mon devoir. C'est quelque chose que j'ai besoin de faire ; la guerre n'en finit pas, et peut-être que si nous avons des ninjas suffisamment bien entrainés, nous pourrons gagner. Tout comme mon présent, c'est vrai que mon futur est incertain, mais on peut espérer que cette guerre stupide va bientôt finir, et que plus aucun de nous n'ait de futur incertain.
« Bon, ben on vous souhaite bonne chance, sensei ! Ne vous inquiétez pas pour nous ! » lui dit Haruhi, qui semblait finir par accepter que c'était une chose qu'elle ne pourrait changer. « Qu'est-ce qui va se passer, maintenant ? On va nous assigner un nouveau sensei ? »
« Je ne sais pas », avoua Kakashi. « Ca dépend de s'ils auront assez de monde ou non pour me remplacer. Comme vous êtes tous Chuunin maintenant, si ça se trouve ils vont juste vous garder en équipe de trois et vous laisser seuls en mission. Quoiqu'il en soit, rappelez-vous de toujours rester ensemble ; vous ne serez jamais aussi forts qu'ensemble. »
« On restera ensemble comme les doigts de la main » s'écrièrent en choeur Haruhi et Sasaki.
Kakashi leur sourit, avant de remarquer une ombre passant dans les arbres derrière eux. « Restez là », leur ordonna-t-il, partant voir ce que ou qui c'était.
Il se trouva que c'était un agent de l'ANBU, venu lui notifier sa première mission. « Vous êtes attendu aux portes dans une heure pour votre debriefing, » lui dit l'homme avec un masque de chat avant de disparaître.
Un instant plus tard, Kakashi émergea du massif d'arbustes et revint à son équipe. « Je dois y aller, » leur dit-il. « On m'a appelé pour ma première mission. » Kakashi les salua de la main, s'éloignant de son équipe pour ce qu'il espérait ne pas être la dernière fois.
« Vous êtes quelqu'un de génial, sensei. Merci pour tout, » résonna à ses oreilles la voix de Nikko.
« Bonne chance ! » lui cria Haruhi, qui lui faisait de grands signes de la main. « Et puisqu'on ne va probablement plus se voir pendant un moment, je peux vous le dire maintenant : vous êtes trop beau, sensei ! »
« Vous allez nous manquer ! » déclara Sasaki, qui agitait frénétiquement ses bras.
En s'éloignant, Kakashi ressentit tout un coup un rafale d'émotions le traverser. ; de la gratitude pour son équipe entière, de la satisfaction pour les mots de Nikko, de l'hilarité et de la surprise pour ceux d'Haruhi – même s'il n'en attendait pas moins de son exubérante élève – et une vague de soulagement et de nostalgie pour les mots de Sasaki.
Quand il atteignit son appartement, Kakashi réalisa que la nuit était en train de tomber et qu'il était censé être aux portes 30 minutes plus tard. Il traversa l'appartement dans un souffle, attrapa son uniforme et s'habilla rapidement, s'arrêtant seulement pour dire à Rin ce qui se passait. Elle lui demanda de quel genre de mission il s'agissait et quand il rentrerait ; Kalashi lui répondit qu'il n'en avait pas la moindre idée, mais qu'avec un peu de chance, il serait rentré à la fin de la semaine au maximum. Elle grogna et se mit un oreiller sur le visage ; elle marmonna quelque chose qui ressemblait à « Prends soin de toi. Fait attention. »
Supposant que c'était bien ce qu'elle avait dit, Kakashi lui assura qu'il reviendrait en vie, et lui rappela qu'elle n'avait pas besoin de s'inquiéter pour le loyer du mois ; il avait déjà donné l'argent au propriétaire. En entendant cela, elle sembla s'animer un peu, en tout cas assez pour se lever et lui sourire. Il lui rendit son regard, souriant aussi légèrement ; ce ne fut que quand il réalisa qu'il lui restait dix minutes pour être aux portes qu'il brisa le contact visuel et s'en alla.
La première mission serait la plus simple, lui avait-on dit. Il s'agissait de tester son habileté, son endurance, et sa loyauté. Les membres sennior de l'ANBU étaient toujours envoyés aux frontières, tandis que les juniors passaient la plupart du temps à l'intérieur du Pays du Feu, prêts à défendre. Si tout se passait bien avec les juniors, ils se rapprochaient des frontières à chaque mission. Quand un des juniors demanda combien de temps il fallait pour passer senior, le ninja qui les briefait leur dit gravement : « Vu comment la guerre se déroule, ça pourrait arriver d'ici quelques semaines, un mois. »
« Il y a combien de seniors ? » demanda le même junior.
« Entre 25 et 30. Le nombre fluctue avec les décès. »
Le junior avala sa salive craignant la réponse à sa prochaine question. « Et combien meurent par jour? »
« Cinq à dix. Autant vous le dire, parce que vous ne pouvez pas démissionner vu que vous venez d'être introduits. Le taux de survie est de 40%, ce qui, vu ce qui se passe aux frontières, est exceptionnel. »
Cela tut toutes les questions du junior, ce qui permit à la personne qui les briefait de leur expliquer leur mission. « Ce sera assez simple. Vous avez rendez-vous avec un autre membre de l'ANBU aux lignes, puis vous vous séparerez selon les groupes assignés, et chacun prendre une section de la ligne. Vous éliminerez toute menace. Si tout se passe bien, vous serez rentré chez vous à la fin de la semaine. Oh, et pour votre information, soldat, » et il regarda le junior qui lui avait posé toutes les questions, « le taux de survie des groupes sur les lignes est de 30%. »
Après avoir passé près d'une semaine sur les lignes du Pays du Feu à combattre les ninjas du pays de la Terre venant de la droite, de la gauche et du centre, Kakashi comprit pourquoi il était nécessaire de tuer toutes ses émotions quand on était dans l'ANBU. Pour l'essentiel, à ce moment-là, l'ANBU n'était plus une organisation ninja mais davantage un groupe d'assassins talentueux. Il fallait sans cesse avoir le réflexe d'éliminer toute menace imminente, et si l'on n'avait pas mis ses émotions de côté, on se trouvait en danger de ressentir de la sympathie pour les ninjas ennemis ; on risquait de se demander si l'ennemi qu'on avait tué n'avait pas une famille qui l'attendait au pays, ou pourquoi l'ennemi avait l'air si jeune, effrayé et innocent quand il vous suppliait de ne pas le tuer.
Quand son temps finit, Kakashi fut heureux de retourner chez lui à Konoha, loin du sang et de l'horreur, loin des tentes bondées et des pilules de nourriture dégoutantes. Il arriva en milieu d'après-midi après un long voyage de retour, et s'écroula sur son matelas, surprenant Rin alors qu'elle sortait de la salle de bain. Voyant son état, elle lui demanda d'une voix douce comment s'était passée sa mission et il essaya de marmonner quelque chose, mais il était si épuisé que le temps que ses mots arrivent à ses lèvres, ils sortaient de façon incohérente.
Elle savait qu'il y avait de bonnes chances qu'il ne quitte même pas le lit, et elle remercia secrètement l'ANBU de sa politique « une semaine en service, une semaine en repos » spécialement mise en place pour les juniors fatigués et et inexpérimentés. Elle passa à côté de lui pour se rendre à la cuisine, sortit un bol de soupe du réfrigérateur et le réchauffa sur la cuisinière. Rin était sûre qu'il n'avait pas eu un repas décent de la semaine, il avait l'air vraiment plus maigre et moins bien qu'à son départ. Dès que la soupe fut réchauffée, elle la mit dans un bol et le posa près du matelas de Kakashi. Il remercia d'un mouvement du menton sa tentative pour le faire se sentir mieux, et but avec gratitude la soupe qui avait été placée devant lui, avec un gémissement de fatigue quand il sentait une douleur aiguë chaque fois qu'il essayait de bouger.
Rin le remarqua et fronça les sourcils. Elle le fit relever son t-shirt et lui montrer l'entaille qui courait sur tout un côté de son abdomen. « Bon sang, t'as eu de la chance, » soupira-t-elle avec soulagement après avoir vérifié les chairs autour de la blessure. « Un peu plus bas et c'était la mort assurée. »
Il haussa les épaules, grimaça quand le mouvement réveilla sa blessure. « Je suis habitué à frôler la mort. »
« Tu as 14 ans, tu ne devrais pas l'être. »
Kakashi aurait voulu protester, mais se dit que ça lui demanderait une énergie qu'il n'avait pas actuellement, alors il eut un soupir résigné et la laissa le soigner. Elle prit d'abord de l'alcool pour nettoyer sa blessure – il avait horreur de ça – puis la soigna à moitié à l'aide de son chakra. Elle finit par un bandage de gaze qu'elle enroula autour de son abdomen – un procédé pour lequel il avait fallu que Kakashi s'appuie sur ses coudes. Une fois qu'elle eut terminé avec son abdomen, elle s'employa à soigner le reste de ses blessures, et le temps qu'elle finisse de guérir la dernière vilaine marque de kunai sur son biceps, il s'était endormi.
Il dormit le reste de la journée, et ne se réveilla que l'après-midi du jour suivant. Rin sourit à son air fatigué. « Bonjour, la Belle au Bois dormant. »
Kakashi hocha la tête en la voyant, lui rendit son bonjour, et grogna en s'asseyant. Le sourire de Rin se fana. « Doucement ; pas besoin de te lever si tu n'es pas encore prêt. »
Il secoua la tête et se leva, grimaçant par moments tandis qu'il marchait doucement jusqu'à la salle de bain. Malheureusement pour lui, se laver lui prit plus de temps que d'habitude, car son corps épuisé ne lui permettait pas d'aller à son rythme normal, et lui envoyait des élans de douleur dès qu'il tentait de bouger normalement. Quand il ressortit de la salle de bain, une demi heure plus tard, Rin avait déjà mis son repas sur la table et était occupée à séparer son linge propre de celui de Kakashi.
Elle s'arrêta pour s'asseoir avec lui pendant qu'il dégustait son déjeuner, son premier repas solide depuis une semaine. « Comment tu te sens ? » lui demanda-t-elle.
Comment est-ce qu'il se sentait ? Il se sentait comme si on l'avait jeté d'une falaise, qu'on lui avait roulé dessus avec un camion, puis jeté à nouveau d'une falaise. Mais elle avait travaillé si dur pour le soigner la nuit dernière qu'il ne se sentait pas le coeur de le lui dire. « Mieux », lui répondit-il, le mensonge devenant vérité quand elle lui sourit.
« Tant mieux. »
« Tu n'as pas à tout faire, tu sais ? Je peux aider » offrit-il.
« Hein ? »
Kakashi regarda l'endroit où elle avait laissé les piles de linge. « Oh, » dit-elle en réalisant de quoi il parlait. « Non, ça va. Ce sont des corvées faciles, et tu es toujours fatigué. Ne t'embête pas pour ça. Mais il faut que je les fasse aujourd'hui, parce que demain je doit cuisiner, comme ça, il n'y aura plus rien à faire après demain. »
« Qu'est-ce qu'il se passe après demain ? »
« On fête les vacances avec un peu de retard à l'hopital. Je me suis portée volontaire pour venir quelques heures plus tôt et aider à préparer. Il va y avoir beaucoup d'infirmières et leurs invités... Mais ça devrait être marrant d'y aller. »
« C'est quand? »
« Après demain », dit-elle du ton de l'évidence. « Tu es sûre que ça va ? Pas d'amnésie ou quoi que ce soit d'autre ? »
Il leva les yeux au ciel. « Je sais, ça. Je demandais quelle heure ? »
« Désolée », s'excusa-t-elle, gênée. « Ca commence à 19h, mais il faut que j'y sois à 17h. »
« Tu veux que je vienne ? »
« Tu veux venir ? »
« Ca me tuera pas », dit-il en haussant les épaules.
« Ben, moi ça me va. Mais seulement si ça t'intéresse. Je suis sérieuse, Kakashi ; si ça ne te dis rien, tu n'as pas à venir. »
Il hocha la tête, mais il maintint qu'il viendrait avec elle.
Les deux jours passèrent relativement vite, et bientôt l'après midi avant les la fête des vacances arriva. Rin filait à toute allure dans l'appartement, à la recherche d'une tenue, pendant que Kakashi observait la scène, amusé ; il était déjà habillé et assis à table, attendant qu'elle finisse. Elle était pour le moment à sa commode, à tirer sur un vêtement qui ne semblait pas vouloir venir. Finalement, après un rude combat, la commode bornée rendit les armes et Rin tomba sur le sol, le vêtement à la main.
Ravie d'avoir remporté la bataille, Rin se rendit dans la salle de bain pour se changer et ressortit seulement quelques minutes plus tard, portant une tenue composée d'un jean de coupe droite, une veste style Burberry par dessus, et un t-shirt rouge par dessous. « Je suis prête! » appela-t-elle son coéquipier, toujours attablé.
Kakashi hocha la tête et se leva lentement. Il se figea en la voyant dans sa nouvelle tenue et essaya d'arrêter de sang d'affluer à son visage et de le faire rougir. C'était une des plus jolies tenues qu'il avait vu sortir du dressing, et il la préférait définitivement à l'habituelle tenue noire et indigo qu'elle portait. Même si c'était plutôt simple par rapport à ce que portaient les gens pour les fêtes et évènements festifs, cela arrivait à sembler élégant sur elle. Elle avait relevé ses cheveux en une queue de cheval, ses mèches encadrant son visage d'une façon totalement différente de ce qu'il avait l'habitude de lui voir. Kakashi réalisa qu'il devait l'observer depuis trop longtemps car elle s'était figéé.
« Tu crois que je dois me changer ? » demanda-t-elle, incertaine, en se mordant la lèvre.
Il s'éclaircit la gorge nonchalamment, essayant de masquer son embarras d'avoir été pris en train de la fixer. « Non, pas du tout. Ca te va bien. »
« J'avais l'intention de porter une jupe ou une robe, mais je me suis dit que ça me gênerait si je devais monter sur une échelle ou je ne sais quoi. »
« Ca te va bien, » insista-t-il en la coupant.
Les joues de Rin rosirent et hocha la tête. « Bon, on y va alors. »
A la minute où ils atteignirent l'hôpital, la moitié des infirmières débarquèrent pour l'accueillir, l'alpagant et jaillissant devant de Kakashi. Il suivit le groupe de jeunes femmes à l'intérieur, craignant de la perdre dans le vaste hopital. Elles amenèrent Rin dans une pièce qui ressemblait davantage à un hall de conférence qu'à quoi que ce soit d'autre, et la poussèrent vers un carton sur lequel était écrit décorations. Sans se plaindre, elle attrapa une échelle à côté d'elle et commença à accrocher les banderoles et les flocons de neige blancs dans la pièce. Quand les jeunes infirmières ne semblèrent plus intéressées par Rin – en grande partie parce que Kakashi continuait à les ignorer elles partirent, se dépêchant vers l'entrée à la recherche de leurs amis et échangeant des ragots.
Rin leva les yeux au ciel, mais Kakashi savait qu'elle ne le pensait pas vraiment grâce au sourire aimable sur son visage. Pendant qu'elle installait décoration après décoration, Kakashi s'occupait en tenant l'échelle. Tous les deux discutèrent à batons rompus pendant qu'ils travaillaient, mais ils durent s'arrêter quand la pièce commença à se remplir de monde et de nourriture, de musique et de lumières. La fête amena avec elle beaucoup des anciennes infirmières plus agées avec lesquelles Rin avait été amies ; elles avaient donné leur démission après leur grossesse, et elles avaient amené leurs époux avec elles. Elle écouta poliment leurs histoires sur ce qui s'était passé dans leurs vies depuis qu'elles avaient quitté l'hopital, et elles lui donnèrent tous les détail juteux sur leurs mariages, les décrivant à grand renfort de descriptions inutiles. Kakashi s'occupa en allant chercher à manger, et s'installa seul dans un coin dans le sud de la pièce.
Une fois que toutes les infirmières nouvellement mariées et les anciennes standardistes eurent fini de parler avec Rin, elle s'excusa poliment et alla chercher à manger, puis marcha vers le coin où Kakashi se tenait tranquillement appuyé contre le mur. « Tu t'amuses ? » demanda-t-elle.
Kakashi haussa les épaules pour la énième fois de la journée. Elle n'avait pas besoin de lui demander ; elle connaissait sa réponse avant qu'il ne la lui donne. « Moi non plus. Viens, » dit-elle, en l'attrapant par le poignet, « on s'en va. »
Elle le dirigea vers la sortie, attrapa leur vestes sur les porte-manteaux et se dirigea vers l'extérieur. Il la suivit sans un mot, se demandant ce qu'elle faisait et où elle allait. Rin ne se tourna pas vers lui pour lui parla, ni ne lui expliqua où ils se rendaient, mais elle arrêta de le trainer derrière elle quand ils atteignirent la place du grand marché. Il était presque désert, à l'exception de quelques marchands et habitués, mais les lampions sur le thème des vacances accrochés aux balcons de chaque appartement, chaque vitrine, et chaque lampadaire diffusaient une atmosphère douce et chaleureuse.
« J'ai toujours préféré cet endroit pendant les vacances » dit-elle en lui offrant un large sourire. « Elles sont toujours si belles, les lumières. »
« Ouais », acquiesça-t-il, regardant autour de lui, impressionné. Il devait vraiment y avoir quelque chose qui n'allait pas chez lui ; la mission devait avoir réduit son cerveau en bouillie ; le traumatisme de la défense des lignes devait avoir eu raison de lui. Qu'est-ce qui aurait pu expliquer que tout ce qu'il regardait ait l'air de baigner dans une lumière différente, sinon, comme si tout apparaissait dans toute sa splendeur, scintillant avec toute cette beauté devant lui ? Ok, maintenant, il était sûr qu'il avait pété un boulon. Ce n'étaient que des lumières, après tout. Tout le monde en avait ; elles n'avaient rien de nouveau. Alors pourquoi est-ce qu'il se sentait comme si c'était la première fois qu'il les voyait ? Pourquoi lui semblaient-elles incroyable, maintenant ?
« Marchons un peu. » La voix de Rin l'arracha à ses pensées, et il secoua la tête, pour la première fois content de la distraction?
Ils marchèrent le long de la place du marché et des magasins, jetant un oeil par toutes les fenêtres des boutiques encore ouvertes. Le froid engourdissait leurs mains et leur visage, mais la beauté de la nuit les retenait d'entrer quelque part pour se mettre à l'abri. Mais une heure plus tard, le froid avait rougi leurs nez, leurs joues et leurs doigts, avait bleui leurs lèvres, et leurs corps commençaient à frissonner dans l'air froid. Un magasin proche vendait du chocolat chaud, et ils ** comme des pingouins, leurs poumons gelés. Une fois leur corps réchauffé et leurs joues seulement rosées du plaisir apaisant du chocolat chaud descendant dans leur gorge, ils décidèrent de rentrer.
Comme ils passaient devant d'autres vitrines, Rin remarqua quelque chose dans une des vitrines et entra à l'intérieur. Kakashi s'était à peine aperçu qu'elle n'était plus à côté, jusqu'à ce qu'il pose une question et n'obtienne pas de réponse. Commençant à paniquer, il regarda frénétiquement autour de lui à sa recherche ; ses épaules s'affaissèrent de soulagement quand il remarqua qu'elle courait pour le rattraper.
« Où est-ce que tu étais passée ? »
« Je devais acheter ça. » Elle sortit un petit tampon rouge avec l'emblème du Pays du Feu.
« Un tampon ? » Il haussa un sourcil.
« Pas un simple tampon, » assura-t-elle, enlevant le capuchon et se tamponnant la main. Elle lui montra la marque rouge ; c'était un petit dessin du visage de leur sensei avec les mots « Approuvé par le Yondaime » dessous.
« L'attirail pour du Hokage. » Kakashi levant les yeux au ciel en comprenant.
« J'ai pensé que c'était mignon ! » soutint Rin. « Je suis sûr que ça va l'amuser quand il devra remplir toute sa paperasse ! Je le lui donnerai pour son anniversaire », dit-elle en souriant.
« C'est une bonne idée, concéda Kakashi. « Maintenant, on rentre. » ses dents claquaient. « Je gêle. »
« Ca me rappelle ! » s'exclama Rin, fouillant dans le sac en bandouillère qu'elle avait amené. « Et voilà. » Elle sortit un morceau de tissu bleu tricoté. « Je t'ai fait une écharpe pendant que tu étais absent ! Je me suis dit que tu aurais sûrement froid et tout... en plus, c'est ta couleur préférée ! »
Il la prit, stupéfait. Il n'arrivait toujours pas à comprendre comment elle pouvait toujours être aussi incroyablement gentille avec des gens qui ne le méritaient pas. « M-Merci » bafouilla-t-il, sentant son coeur se réchauffer un peu ; si elle le lui avait demandé, il lui aurait répondu qu'il bégayait uniquement à cause du froid. Voilà, c'était ça. C'était la faute au froid. Il attacha l'écharpe autour de son cou avec précaution, se délectant de la chaleur qu'elle lui apportait, et fourra ses mains dans ses poches.
Une bourrasque de vent frais se leva ; Rin frissonna et attrapa le bras de Kakashi sans y faire attention. Il baissa les yeux vers elle, choqué, mais en voyant qu'elle ne semblait pas le remarquer, il la laissa. Ce n'était pas comme si cela le dérangeait ou quoi que ce soit ; ce n'était pas comme s'il y avait quelqu'un qu'ils connaissaient autour.
En plus, il aimait bien, en fait. Ça lui tenait chaud.
*
note de la traductrice : eh oui, c'était long, je l'avais dit ! Et ça se termine sur une jolie pensée, ça fait du bien ! Le prochain chapitre devrait être à peu près aussi long que celui-là, je ne sais pas s'il sera en ligne la semaine prochaine, désolée !
