Noooo Aime : Donc si je comprends bien, en tout tu mets 1H30 à faire une review ? C'est plus de la dévotion à ce stade, c'est le niveau au-dessus ! Moi je n'ai aucun mal à jongler entre vous deux, je vous fais une réponse chacune votre tour :p
Si tu veux qu'on te donne des idées, viens sur le chan de discussion du Nano ! On t'aidera à trouver ! Au pire on te donnera des liens vers des sites qui te proposent des prompts... C'est là que j'ai trouvé l'idée pour mon Nano de novembre dernier !
Je répondrai à tes suppositions en te disant que le deuxième personnage que tu as cité, n'a pas eu de point de vue pour l'instant ! Et ne fait donc pas partie des candidats potentiels au MCD !
Mon portable n'a pas fait la guerre, mais il a une propriétaire très maladroite qui n'arrête pas de le faire tomber ! Du bureau, de son lit, d'entre ses mains... C'est avec lui que je lis vos reviews, d'ailleurs, surtout au moment de faire les ràr : la review est affichée sur le téléphone, le document du chapitre sur l'ordinateur, et j'ai juste à baisser les yeux (et faire défiler la page) pour lire ! C'est plus pratique que de passer sans arrêt de Open Office à Google Chrome !
J'ai une beta, en théorie, pour SRG mais si elle me fait défaut je penserai à toi. Pour l'instant c'est pour cette fic que j'aurais besoin d'une beta de remplacement, l'officielle a pris un break d'un mois le temps de passer son bac ! Ça t'intéresse ?
Celeborn s'oppose fermement à la comparaison à un pot de fleurs. Plus sérieusement, il y a une différence entre 'ne pas le mettre en valeur' comme dans SDA et 'le faire passer à la trappe pour que sa femme puisse flirter avec Gandalf' comme dans le Hobbit... Parce que là du coup, pour ceux qui avaient lu les livres ça faisait bizarre de voir Galadriel (j'ai failli écrire Gabriel. Trop de Supernatural) en ship-baiting avec Gandalf, genre PJ a oublié qu'elle était mariée... Glorfindel j'avoue je l'avais totalement oublié... Faut vraiment que je relise les livres du SDA moi !
Thorin et Tauriel ont rangé leurs armes pour l'instant mais me font savoir qu'ils t'ont à l'œil :p Si je t'ai tuée avec la citation, je te conseille fortement d'acheter les livres ! (Je te redonne les titres en MP si tu veux) Entre celui sur les contes de fées, celui sur Internet et les fantômes, celui sur Merlin et celui sur le SDA, tu vas devoir t'acheter un inhalateur pour respirer !
J'ai jamais dit que je faisais pas de sous-entendus, j'ai dit que tu en faisais plus que moi ! Lobélia ? Mais elle vous obsède toutes ma parole !
Le ménage des fois ça calme les nerfs aussi hein... Bon la plupart du temps c'est chiant (raison pour laquelle mon appart est en bazar quasi-perpétuel) mais des fois ça calme...
Non les hobbits n'ont pas le sang vert... Mais celui sur la lettre c'est tout simplement celui de Saradoc... Je ne sais pas où tu as vu qu'il était vert d'ailleurs. Je n'ai pas de réponse à t'apporter pour la charrette, désolée ! Je ne m'étais pas posée la question jusqu'à présent...
En fait, Dernwyn a mis le doigt sur quelque chose avec la chef des voleurs, mais je ne dirai rien de plus pour l'instant ! Et envoyer quelqu'un est plus discret qu'un corbeau, parce que des cavaliers vont et viennent régulièrement à Erebor. Tandis que les corbeaux ils ne les envoient pas tous les jours, donc des espions risquent de trouver ça suspect et de le suivre.
Tiens tu penserais donc que c'est Dernwyn qui va mourir ? J'étais sûre que ce passage aurait cet effet-là, pour être honnête. Mais dis-toi que des petits indices comme ça, l'auteur va en mettre pour à peu près tout le monde !
Le coup du 'string en ronces du Mordor' m'a tellement fait rire... J'essaye de visualiser l'objet là... Et il n'a jamais été dit que ses doigts étaient crochus. Juste qu'elle a les ongles longs. Et peints.
Pour Hamfast, je fais un point sur les personnages hobbits à la fin du chapitre, ne t'inquiète pas. Une groupie ? Non, pas vraiment, non ! Que les cookies et le litre d'eau reposent en paix...
justelaura : Ah non mais afficher la review en entier, je le fais toujours avec vous deux, de toute façon ! Mais c'est rare que je doive le faire juste pour atteindre la partie qui s'adresse à moi ! Glorfindel, le nom que tu cherches, c'est Glorfindel. Paye ton nom à coucher dehors.
Même invitation qu'à Noooo Aime, rejoins le chan du Nano ! Tu trouveras d'autres auteurs pour t'encourager, et du monde avec qui parler de ce que tu aimes ! Je passe le lien par MP si tu veux ! Je ne daignerai même pas gratifier ta remarque concernant le sous-entendu d'une réponse. Sens la profondeur de mon mépris :p
Effectivement des enfants sages c'est mauvais signe, surtout ceux de Dernwyn et Fili... C'est pas bien de faire attendre les invités mais je pense que dans ce cas précis ils excuseront la pauvre Dernwyn ! Pourquoi maintenant ? Parce qu'ils attendaient d'avoir ramené Primula, Drogon et Élodie dans la Comté je pense ! Il y a une bonne raison, tu verras !
Les corbeaux sont dressés pour savoir où ils doivent aller. Ils sont plus intelligents et plus forts que les pigeons (qui sont idiots, et qui peuvent se faire attaquer par un oiseau de proie).
Le dirigeant des hobbits c'est le Thain, mais ce n'est pas vraiment un roi... Et il se fait élire de toute façon. Je te souhaite bon courage pour trouver la race de la réprouvée ! Pas de rôle passif pour Dernwyn, sois rassurée ! Moi aussi j'aime beaucoup Dril, mais ne t'inquiète pas il jouera son rôle plus tard dans cette fic !
Je regrette de te dire ça mais l'auteur n'a pas fini de jouer avec tes nerfs ! Ce ne sont pas les mêmes personnes qui ont envoyé la lettre, mais ils sont dans le même camp, on va dire. Aux ordres de la 'réprouvée'. Le chapitre est arrivé, tu peux de nouveau respirer !
Dame Marianne : Mais la femme en question ne se trouve pas dans la Comté, je regrette de te l'apprendre. Elle est cachée ailleurs...
Julindy : En effet, le plan est très bien ficelé ! Comme tu dis Bilbon pense toujours aux autres avant lui... Parfois au détriment de sa santé !
Chapitre 11 : Sauvetage
Résumé : Le sauvetage de la Comté a commencé. L'élément de surprise joue en leur faveur.
Mais pour sauver les hobbits, un sacrifice pourrait être nécessaire.
(-)
Bilbon cligna des yeux.
« C'est moi qu'ils attendent ? »
Hamfast hocha rapidement la tête, à tel point que Thorin s'inquiéta pour sa tête, qui risquait de se détacher de ses épaules.
« Ils n'arrêtent pas de parler de vous, et d'or, et d'une sorte de rançon. En disant que ce serait bien si c'étaient eux qui vous capturaient, pour gagner des faveurs pour eux-mêmes, et ç'a été horrible, Monsieur Bilbon, juste horrible de les écouter parler de vous comme ça. »
Thorin allait être malade. Les morceaux commençaient enfin à s'assembler : les voleurs entrant dans Erebor deux ans plus tôt, leur intérêt pour Bilbon, enlever la famille de Bilbon, le prix qu'ils recherchaient. Ce n'était pas juste l'or : l'or était une simple commodité à échanger et utiliser. Non, c'était à Bilbon qu'ils en avaient, Bilbon qu'ils voulaient vraiment.
Le 'pourquoi' allait devoir attendre. La première inquiétude de Thorin était son mari, qui semblait bien trop secoué au goût de Thorin.
« Combien d'entre vous se sont échappés, Maître Hamfast ? demanda Thorin au hobbit excitable.
- Quatre, dit Hamfast. Moi-même, Adelard Touque, Tim Chaumine, et Lobélia.
- Attendez, coupa Dwalin. Lobélia ? Comme dans Sacquet de Besace ?
- Elle-même, dit Hamfast. En fait, c'est elle qui a réussi à nous conduire en sécurité. Nous nous cachons depuis quelques jours maintenant : le feu est constant depuis hier. Il est fait de charrettes et d'autres choses, tout ce qu'ils peuvent trouver. »
Au bout d'un moment ils seraient à court de bois et se tourneraient vers les hobbits. Thorin pouvait pratiquement voir les mêmes idées traverser l'esprit de tout le monde ici. Bien qu'intacts pour le moment, les hobbits étaient quand même en danger.
« Esmeralda, ça fait plaisir de vous voir, vraiment plaisir, dit Hamfast avec un sourire soulagé. Quand les autres sont revenus sans vous et Saradoc, nous avons cru au pire.
- Prim est là, alors ? Drogon et Élodie aussi ? demanda Esmeralda.
- Ils sont là, acquiesça Hamfast. Sains et saufs... enfin, pour le moment. Ils ont été enfermés à Cul-de-Sac. »
Il jeta un regard au groupe, fronçant les sourcils.
« Vous n'avez pas ramené Saradoc avec vous ? demanda-t-il. »
Esmeralda déglutit et détourna les yeux. Bilbon posa une main sur l'épaule de Hamfast quand ses yeux s'écarquillèrent d'horreur et de chagrin.
« Elle l'a ramené, dit Bilbon à mi-voix. Il sera éparpillé, ici, chez lui. »
Hamfast murmura quelque chose que Thorin ne put déchiffrer, mais Bilbon et Esmeralda hochèrent fermement la tête.
« Eh bien, dit Hamfast d'une voix plus forte, avant de s'arrêter pour se frotter les yeux. Eh bien. »
Bilbon commençait à arborer de nouveau cette expression de haine envers lui-même, celle que Thorin avait à peine réussi à chasser à Fondcombe. Heureusement, Esmeralda prit la parole.
« Il est mort pour me défendre, ainsi que les autres. Je veux que ça se sache.
- Et ça se saura, lui assura Hamfast. Il n'aurait pas voulu partir d'une autre façon, c'était un Brandebouc. Un cœur solide et loyal jusqu'à l'os. »
Il jeta un regard à Bilbon et lui tapota l'épaule.
« On a à peine réussi à tous les garder dans la Comté, quand l'invitation est arrivée. Les gardes nains n'arrêtaient pas de devoir courir pour les rattraper ! »
« Des aventuriers, tous autant que vous êtes.
- Pour le bien que ça a fait à la Comté, dit amèrement Bilbon. »
Mais certaines rides sur son front avaient disparu aux paroles de Hamfast. Les membres de sa famille étaient partis de leur propre chef, avaient volontairement fait la route vers Erebor. Ce qui leur était arrivé n'était pas sa faute, mais la faute des voleurs et des orques.
À ce sujet...
« Combien d'orques, mon bon Hamfast ? demanda Gandalf. »
Un de ces jours, le magicien allait expliquer comment il lisait si facilement les pensées de Thorin.
« Combien d'orques devons-nous affronter ?
- Quelques douzaines, dit Hamfast en frissonnant. Terrifiantes créatures que celles-là.
- Des douzaines de centaines ? dit Dwalin. »
Thorin tendit la main vers Orcrist. Ça pouvait être fait : ce ne serait pas facile, mais ça pouvait être fait. Hamfast fronça les sourcils.
« Hum, non. Quelques douzaines. Trente environ, je dirais. »
La compagnie marqua une pause. Esmeralda sembla terrifiée à ce nombre, mais Thorin se surprit à répondre à l'expression éberluée de Dwalin avec une identique. Trente ? Ils n'étaient que ça ? Et ils avaient pris toute la Comté ?
Il s'était attendu à ce que quelques centaines les affrontent à la frontière, leurs piques prêtes à massacrer leurs chevaux, la Comté presque encerclée par leurs nombres. Mais trente... trente était à peine un groupe de pillards, encore moins une occupation.
« On pourrait affronter ça, sans problème, dit Balin, l'air tout aussi surpris et perplexe.
- Par la barbe de Mahal, je pourrais affronter ça sans problème, et à moi tout seul, dit Gimli. S'ils venaient tous sur moi d'un coup, j'aurais leurs têtes, c'est certain. »
Ah. Voilà l'autre élément que Thorin n'avait pas immédiatementenvisagé.
« Vous ne pouvez pas bondir pour les attaquer, dit Aragorn à Gimli. Ils retiennent beaucoup d'otages, qu'ils massacreraient juste pour se faire comprendre. Nous ne pouvons pas mener une charge. Nous devons les attirer plus loin.
- Ehbien, venez avec moi au grenier à grains, dit Hamfast avec un signe de tête vers la direction présumée de leur cachette. Nous aiderons de notre mieux. J'ai une poêle à frire qui pourrait servir. »
Toujours hospitaliers et gentils, même au milieu des ténèbres. Si seulement toutes les créatures de la terre étaient comme les hobbits, songea Thorin.
« La cuisine est une arme pour les estomacs affamés, certainement, dit Dwalin afin d'essayer de réconforter le hobbit au sujet de son offre. Et nous serons contents de manger. »
Hamfast le regarda comme s'il était fou.
« Je serais ravi de vous nourrir, mais ma poêle à frire est en fer : je suis certain qu'elle fera sonner plus d'une tête d'orque. »
Puis il partit, traversant un champ à proximité. Bilbon renifla devant leurs expressions stupéfaites.
« Les Touque sont un groupe dangereux, et les Brandebouc peuvent causer autant d'ennuis, dit-il. Mais je ne contrarierais pas un Gamegie en colère. Jamais de la vie. »
Thorin non plus, à partir de maintenant. Il suivit son mari et Hamfast dans la nuit tombante, la lueur du feu ne brillant que plus fort avec l'arrivée des ténèbres. Ils descendirent à travers les champs, dépassant un petit bosquet d'arbres derrière lequel ils se cachèrent quand des bruits étranges attirèrent leur attention. Ce n'étaient que quelques daims, cependant, s'éloignant rapidement de la Comté, et ils s'empressèrent d'avancer avant de découvrir ce qui avait effrayé les daims.
Finalement ils arrivèrent devant les ruines d'une ancienne ferme, dont il ne restait plus que quelques lattes de bois, et à côté, un grand grenier à grains. Bois et métal étaient exposés au sommet, mais le bas était encore proprement recouvert. Une cachette parfaite.
« Là-dessous, murmura Hamfast. »
Il se dirigea vers une large partie du bois qui était arraché. Aragorn et Gandalf auraient du mal à entrer, mais les hobbits et les nains s'y glisseraient facilement.
Hamfast sifflota un air joyeux et entraînant tandis qu'il se dirigeait vers l'entrée, et quand il fut à l'intérieur, il dit rapidement :
« J'ai trouvé de l'aide. »
Puis Thorin suivit Bilbon et Esmeralda à l'intérieur. Des halètements de surprise se firent entendre, et les deux hobbits furent rapidement enveloppés dans les bras d'autres hobbits. Deux jeunes hommes étaient là, et en train de courir vers l'avant, il y avait Lobélia Sacquet de Besace. Sa robe était déchirée et ses cheveux en bataille, mais elle s'accrocha à Bilbon d'une façon que Thorin n'aurait jamais devinée. Bilbon sembla aussi stupéfait que l'était Thorin, mais il lui tapota gentiment le dos. Elle s'accrocha un peu plus longtemps, puis renifla et recula.
Dix ans avaient changé Thorin, dans une certaine mesure peut-être avait-elle changé aussi.
« Ils ont pris Lothon et Othon, dit-elle avant de taper du pied. Ils ont pris tout le monde !
- Du calme, Lobélia, dit l'un des hommes – et Bilbon le prit rapidement dans ses bras.
- Boltim Chaumine, ça fait plaisir de te voir. Et toi aussi, Adelard.
- Il s'est poliment tenu éloigné de mes parapluies, dit Lobélia en croisant les bras. Ce qui ne m'a pas empêchée de le surveiller.
- Une voleuse qui surveille un voleur, marmonna Esmeralda dans sa barbe. »
Même Balin dut dissimuler un sourire. Plus fort, elle ajouta :
« Il n'y a que vous quatre, alors ? Personne d'autre ne s'est sauvé ?
- Ç'a été assez dur de les faire sortir, dit Lobélia en secouant la tête. Mais j'ai vu ma chance de sortir, de peut-être aller chercher de l'aide, alors je l'ai prise. Ils étaient les plus proches du bord de la route pour fuir, alors je les ai tirés avec moi. Seulement... »
Son visage s'affaissa et elle se frotta les bras, comme si elle avait froid.
« Il n'y a personne pour aider. J'ai essayé d'atteindre le Pays de Bouc, mais ils ont quelques orques qui patrouillent la route vers le Quartier Est. Qui sait combien de plus se trouvent en-dehors de la Comté. »
Il n'y en avait aucun que Thorin ait vu, mais ils étaient entrés vite et aussi silencieusement qu'ils le pouvaient par la route principale de la Comté. Peut-être avaient-ils raté la patrouille ? Gandalf, accroupi devant l'entrée, lui demanda :
« Combien d'orques ? »
Thorin pouvait encore apercevoir Aragorn dans les ténèbres, et il savait que Tauriel devait monter la garde, surveillant l'horizon au cas où des orques approcheraient.
« Combien d'orques y avait-il ?
- Trop pour les attaquer, dit le hobbit nommé Adelard. »
Il se gratta la tête, ne déplaçant que des cheveux sales.
« Peut-être plus de trente. »
C'était quand même un si petit nombre, et le cœur de Thorin avait mal pour l'innocence des hobbits. Trente orques étaient vus comme un danger si terrible, et Thorin trouvait le nombre trivial. Il put voir Aragorn fermer étroitement les yeux, ayant manifestement des pensées similaires. Dwalin serra les points avec impuissance, et Gimli sembla sur le point de prendre la parole, mais se tut d'un air malheureux.
« Je les aurais tous pris, moi, dit Boltim en levant les poings. »
Il était large selon les standards des hobbits, presque aussi grand qu'Ori et aussi large que Bifur. Il était clair que, s'il restait un hobbit, il avait des muscles, encore plus évidents avec ses manches déchirées.
« Et je l'aurais fait, s'ils n'avaient pas pris les femmes et les enfants. Et ma femme et mon fils, ajouta-t-il à mi-voix, perdant toute envie de se battre. Tolman vient juste d'avoir dix ans.
- On les récupérera, Tim, promit Bilbon. Je le jure. »
Mais son mari semblait encore moins sûr de lui que tout à l'heure, et Thorin détesta la façon dont la ténacité et la détermination habituelles de Bilbon vacillaient face à sa culpabilité et son inquiétude. Jamais auparavant il n'avait vu Bilbon aussi peu sûr de lui.
Si Bilbon n'avait pas la force de se tenir seul, alors Thorin serait là pour l'aider. Thorin s'avança et leur fit un tous une révérence.
« Par ma main, et celle de mon peuple, je jure que nous reprendrons la Comté, leur dit-il. Mais nous aurons besoin de votre aide. »
S'il y avait la moindre chance d'entrer sans se faire remarquer par les orques, ce serait grâce à la connaissance des hobbits.
« Et vous l'aurez, déclara promptement Lobélia. »
Elle jeta un regard inconfortable à Dwalin.
« Je ne veux pas me faire pousser dans une flaque, lui dit-elle.
- J'vous ai pas poussée la première fois, contra Dwalin. Vous êtes tombée sur les fesses toute seule. »
Lobélia le fusilla du regard, mais l'effet était gâché par ses cheveux pendant autour de son visage comme un nid de souris.
« Il a fallu un moment pour te faire sortir, ajouta Adelard, et elle dirigea son regard vers lui. Toute cette eau dans tes jupons et tout ça-
- Et ensuite tu as essayé de me voler mon parapluie, je sais, dit-elle d'un ton mordant. Pouvons-nous revenir au sauvetage de la Comté. »
Encore deux hobbits aux doigts collants. Et Thorin s'était inquiété, quand on lui avait dit que leur cambrioleur était un hobbit, qu'il ne sache même pas ce que ça voulait dire. Il avait eu la preuve que beaucoup de ses suppositions initiales sur les hobbits étaient fausses, et il en était heureux. Lobélia n'avait pas tort, cependant : ils devaient trouver un moyen de sauver les hobbits et la Comté, et ça n'arriverait pas en râlant au sujet de parapluies volés et de certaines hobbits dans des flaques.
Même si Thorin avait apprécié l'image fournie par Lobélia au moment de sa chute.
« Une patrouille approche, dit Tauriel à l'extérieur. »
Sa voix était douce mais assez forte pour porter jusqu'au grenier, et les quatre hobbits se figèrent. Esmeralda fit un pas vers la porte en direction de Tauriel, mais Bofur et Bilbon la tirèrent tous deux en arrière.
« Où ? Et combien ? lui demanda Balin. »
Une pause.
« Trois orques, dit-elle enfin. Un avec une lanterne. Aucun d'eux n'a l'air inquiet. Nous pourrions les prendre facilement et rapidement. »
C'était une idée tentante.
« à quelle fréquence sont les patrouilles ? demanda Thorin aux hobbits.
- Toutes les quelques heures, dit Hamfast. Ils changent constamment. C'est difficile de savoir quand il est sûr de partir à l'est. C'est pour ça que nous ne sommes pas partis. Nous avons rassemblé des fournitures.
- Des fournitures ? demanda Bofur. »
Alors même que Hamfast pointait du doigt le mur derrière eux, Thorin put apercevoir les divers outils et longs bâtons de bois qu'ils avaient rassemblés. Une binette, une pelle, un petit râteau de jardin. Ils étaient manifestement bien entretenus, car aucun n'avait de rouille, mais le seul avec un bord vraiment aiguisé était la pelle. Pourtant c'était tout ce que les hobbits avaient pu trouver pour se défendre, et ils avaient été assez déterminés pour essayer.
« Quand est-ce que vous comptiez courir jusqu'à la rivière ? demanda Bilbon – mais il avait l'air de déjà connaître la réponse.
- Ce soir, dit Tim. On allait s'enfuir ce soir. Hamfast faisait le guet pour la patrouille que vous venez de voir. »
Bilbon jeta un regard à Thorin, et il était clair qu'il cherchait de l'aide. Quand ils parlaient avec le Conseil, c'était Thorin qui cherchait le conseil de son mari, désirant l'approche logique et la tête froide de Bilbon face aux problèmes du jour. Ça faisait longtemps que Bilbon n'avait pas regardé Thorin d'un air si implorant, suppliant une solution.
Ici, une tête froide ne servirait pas à grand-chose pour aider les hobbits. Ici, la force brute et le savoir tactique d'un guerrier les mèneraient à la victoire. Et cela, cela Thorin pouvait les offrir.
Il s'avança, plaçant gentiment la main sur le dos de Bilbon en guise de soutien.
« Une attaque surprise nous serait le plus utile ici, dit Thorin. Mais jusqu'à ce que nous sachions où les hobbits sont retenus, et que nous puissions empêcher les orques d'y courir pour les utiliser comme boucliers, nous ne pouvons planifier notre propre attaque. Nous devons entrer dans Hobbitbourg.
- Où se logent-ils ? demanda Aragorn. Est-ce qu'ils campent ? »
Une bonne question.
« Je... je ne sais pas, admit Hamfast avant de se frotter l'arrière de la nuque. Il y avait des tentes, mais je ne sais pas si c'est là qu'ils restent ou pas. Ils pourraient se terrer chez quelqu'un, pour ce que j'en sais. »
Une possibilité, étant donné qu'ils pouvaient utiliser les meubles à l'intérieur pour le feu, mais Thorin en doutait. La maison de Bilbon était l'une des plus larges de la Comté, et elle laissait à peine passer Gandalf. Les orques n'auraient pas jugé utile de s'installer dans les maisons des hobbits.
« Je parie qu'ils ont un campement près de la ville, grogna Dwalin. »
Il semblait faire écho à ses pensées, et Thorin hocha la tête.
« Les orques s'éloignent de nous et retournent vers Hobbitbourg, dit Tauriel d'une voix plus urgente. Est-ce que nous les attaquons ou pas ?
- Vous connaissez mieux la Comté que moi, dit Aragorn. »
La décision revenait donc à Thorin. Celui-ci pinça les lèvres, pesant ses options. Finalement, il déclara :
« Pas encore. Nous devons entrer dans la ville, et peut-être en sortir, aussi discrètement que possible. Si une autre patrouille est envoyée pour découvrir ce qui est arrivé à la première, nous risquons de perdre l'élément de surprise. Si j'avais plus de temps pour observer leur schémas, et que je savais qu'ils ne manqueraient à personne avant plusieurs heures, je le ferais. Mais nous n'avons pas ce luxe. »
Pas avec des centaines de vies en jeu.
« Ce qui m'inquiète le plus est ce qui est arrivé au Pays de Bouc, dit Gandalf. Car si quelqu'un devait monter à la défense de la Comté, ce serait eux, mais nous y sommes passés sans entendre un bruit. Il est possible qu'ils aient été pris aussi, et que le plus grand ennemi soit là-bas, et non ici. Ou peut-être que les orques sont à Bree, que nous avons contournée et évitée afin d'arriver ici plus vite. »
Thorin détestait quand Gandalf déposait des idées légitimes, et donc plus de dangers, sur la table. Il avait un talent pour ça.
« Nous ne pouvons pas tous être à plusieurs endroits à la fois, lui dit Thorin. Nous devons d'abord sécuriser Hobbitbourg. Si nous pouvons au moins reprendre cette partie de la Comté, nous aurons un point d'appui. Pour l'instant, nous n'avons rien.
- Si ce n'est un grenier qui tombe en morceaux, dit Dwalin. Et ce n'est pas un grand réconfort du tout.
- Alors comment entrerons-nous dans Hobbitbourg ? demanda Adelard.
- Pas tous, dit Thorin. Nous sommes simplement trop nombreux. Non, certains doivent rester ici tandis que d'autres partiront en éclaireurs. »
Une idée lui vint, tandis que les hobbits semblaient sur le point de protester.
« Y a-t-il une maison, près d'un bord de la ville, où nous pourrions entrer sans être détectés ? »
Une base en ville serait avantageuse.
« Il y en a une, dit Bilbon, le faisant sursauter. Cul-de-Sac. C'est sur la dernière colline, et la porte de derrière est assez cachée pour y aller sans problème.
- Attendez, il y a une porte de derrière ? demanda Bofur avec incrédulité. Où ça ?
- Sous la colline, lui dit Esmeralda. Elle mène à la cave. Je pense que c'est parfait pour nous faire entrer. »
Que Mahal lui vienne en aide, Thorin avait pensé que dire non à Bilbon quand il était déterminé sur quelque chose était difficile. En regardant les six hobbits, chacun aussi enthousiaste et décidé que son voisin, il sut que ça allait être impossible. Il prit une grande inspiration et commença à parler, mais son mari lui coupa la parole :
« N'y pense même pas, avertit Bilbon. Je viens avec toi. Comment pourras-tu entrer, sinon ? C'est moi qui ai la clé.
- Tu pourrais me donner la clé, dit Thorin. »
Mais c'était une bataille perdue d'avance et il le savait. Avec un peu de chance, il pourrait convaincre Bilbon de rester avec ses cousins à Cul-de-Sac et le protéger ainsi des orques.
Sa chance n'avait jamais valu grand-chose, cela dit.
« Esmeralda- »
Esmeralda secouait déjà la tête à la douce entrée en matière de Tauriel.
« Non, non, et non, dit-elle. J'y vais. Pas juste pour moi, ou pour Prim et Drogon et Élodie. J'y vais pour Saradoc.
- Vous ne me laisserez pas en arrière, dit immédiatement Bofur. Je reste avec Esmeralda. »
Esmeralda lui adressa un grand sourire amical, et Bofur réussit à ne pas se cacher sous son chapeau.
Thorin se demanda comment il n'avait pas vu plus tôt ce qui se passait entre eux. Il était douloureusement évident que Bofur était tombé amoureux de la hobbit. Il écarta cette idée et se consola en pensant qu'Esmeralda serait au moins bien protégée.
« Ma poêle à frire attend de goûter un orque, dit sombrement Hamfast. »
Lobélia courut vers les outils de jardinage, et en tira un parapluie rouge vif.
« Mon parapluie fera l'affaire. Le bout est plus tranchant qu'il n'en a l'air.
- Terriblement tranchant pour être porté par une si jolie dame, commença Adelard. »
Tous les hobbits dans le grenier se tournèrent vers lui avec un 'Non' retentissant. Adelard croisa les bras avec un 'hmph' et sembla extrêmement contrarié.
Argenterie et parapluies. Les hobbits se fixaient sur les choses les plus étranges parfois. Le penchant de Bilbon pour les mouchoirs lui vint à l'esprit, mais ça au moins Thorin le comprenait. En quelque sorte.
« Vous ne pouvez pas tous venir, dit gentiment Gandalf. »
Son ton et son doux sourire firent grommeler les hobbits mais ils cédèrent. Lobélia lui adressa un regard renfrogné, mais elle laissa enfin tomber son parapluie au sol. Adelard y jeta un œil, et elle déposa fermement sa botte dessus.
« Je vais rester ici, car ma taille ne se prête pas à cette tâche, poursuivit le magicien avec un certain air d'amusement. Non, je resterai à l'extérieur pour garder l'œil sur les patrouilles des orques. Peut-être puis-je discerner un schéma. Ori, si vous voulez m'aider à garder les hobbits cachés, j'en serais des plus reconnaissants. »
Ori jeta un œil à Dwalin, puis hocha finalement la tête. Dwalin semblait loin d'être soulagé, mais il ne semblait pas anxieux, non plus. Thorin pouvait imaginer qu'il soit plus heureux qu'Ori reste ici et loin du danger. Si seulement Thorin pouvait convaincre Bilbon d'en faire autant, mais un regard à son mari montra que le visage de Bilbon était déterminé. Aragorn hocha la tête.
« Balin, si vous voulez bien venir avec moi, je voudrais jeter un œil à la rivière, pour voir ce que je pourrais trouver de l'autre côté. S'il y a d'autres orques à trouver, ils doivent garder les eaux de près.
- Je viendrai avec vous, mon gars, et avec plaisir, dit Balin avec une courbette. »
Deux hobbits, une elfe, Dwalin, Bofur, Gimli, et Thorin. Sept formaient un groupe assez petit, mais assez capable.
« Tauriel, où sont les orques ? demanda Thorin.
- Plus loin, ils se dirigent vers la ville, dit-elle. Je n'en vois pas d'autres approcher.
- Pas de meilleur moment, dit Dwalin – et Thorin hocha la tête.
- Alors nous partons maintenant. »
(-)
Les collines avaient été un excellent terrain où jouer avec les autres enfants hobbits, et celles-ci étaient loin des vraies collines plus loin à l'ouest. Mais c'était dans ces petites collines que Bilbon se souvenait d'avoir joué avec Tim et Lobélia et Hamfast, trébuchant partout avec ses cousins Touque, riant et courant dans tous les sens. Il se souvenait d'avoir joué à cache-cache, accroupi derrière des bosquets et couché derrière des buissons sauvages pour ne pas être vu.
Désormais plus vieux, ce n'était plus aussi drôle. Même si les cachettes étaient les mêmes.
« Arbres, murmura Bilbon. »
Thorin hocha rapidement la tête. Lorsque Tauriel en fit autant, ils se lancèrent, courant à travers la nuit jusqu'au petit bosquet d'arbres. Encore une seule colline, et ils y seraient. Même d'ici, la chaleur du feu se faisait sentir, et Bilbon ne pouvait qu'imaginer à quel point il devait faire chaud à côté. C'était à peine plus qu'une petite vague de chaleur ici, mais de près, cela devait donner l'impression d'une fournaise.
Il se demanda si ça ressemblerait au Mordor, si c'était pour ça que les orques l'avaient fait, et il ferma étroitement les yeux.
« Pas maintenant, murmura-t-il pour lui-même. Pas maintenant. »
Il ne pouvait pas prendre le risque de se perdre dans ses souvenirs du Mordor maintenant.
« Bilbon ?
- On y est presque, répondit-il au murmure concerné de Thorin. »
Son mari pinça les lèvres, mais par chance Tauriel fit signe de bouger, et ils couraient vers la colline. Puis il n'y eut plus qu'à tourner au coin, et ils seraient à la porte de derrière.
Lentement Dwalin s'avança, les haches à la main. Bilbon sentait son cœur tambouriner, son pouls lui faisant presque tourner la tête. S'il y avait des orques après le coin, s'ils apercevaient Dwalin, s'ils savaient où était la porte de derrière...
Mais Dwalin hocha seulement la tête.
« Clair, lança-t-il par-dessus son épaule. »
Bilbon s'élança, clé en main. La porte de derrière était là, recouverte d'une mousse familière, et il tourna rapidement la clé. Avant même qu'il ne puisse ouvrir la porte, cependant, Thorin se plaça devant lui, Orcrist à la main. Bilbon vérifia sa propre lame et la trouva du même argent que d'habitude. Pas d'orques à l'intérieur, donc.
Tout le monde entra rapidement. La cave était fraîche et humide, parfaite pour ranger les vins et les bières, et l'odeur familière de la maison l'enveloppa si soudainement que Bilbon faillit tomber. Même après toutes ces années, il y avait encore un sentiment de mal du pays pour la Comté, pour Cul-de-Sac, pour les collines vertes et son petit jardin et une bonne pipe pleine de feuille à la fin de la journée. Même s'il adorait la montagne et était fier d'appeler Erebor sa maison, il y aurait toujours une partie de lui, pensa-t-il, qui voudrait être ici, aussi.
Thorin était à Erebor. Thorin n'avait pas d'autre choix que d'être à Erebor. Et au final, c'était tout ce dont Bilbon avait besoin pour décider où il vivrait.
Être fatigué n'aidait en rien son humeur ça le rendait seulement larmoyant. Fatigué n'était pas tout à fait le terme exact : il était épuisé, purement et simplement. Et il n'y avait pas de soulagement en vue.
« Et maintenant ? murmura Bofur. »
Des pas lourds au-dessus d'eux attirèrent leur attention, et Bilbon put voir la lueur de sa lame du coin de l'œil. Eh bien, voilà qui était déterminé.
« Je crois qu'on a des orques à découper, dit Dwalin. »
Il y eut soudain un grand bruit derrière eux, et avant de le savoir, ils étaient assiégés. Sauf que ce fut plus quatre hobbits trébuchant dans Cul-de-Sac, comme huit nains l'avaient fait autrefois, et juste derrière eux se trouvait Ori.
« Qu'est-ce que tu fais là ? siffla Dwalin.
- Ils se sont sauvés ! se plaignit Ori. Partis en courant dès que Gandalf a tourné le dos. Qu'est-ce que je devais faire à part les suivre ? »
Tauriel leva la main pour les faire taire, et ils retinrent leur souffle comme un seul homme, guettant le moindre bruit au-dessus d'eux. Les bruits de pas s'étaient arrêtés. Bilbon aurait juré que tout le monde dans la cave pouvait entendre son cœur battre, à la vitesse où il allait.
Au bout d'un moment, les pas reprirent, et ils poussèrent tous un soupir de soulagement.
« Entrez là-dedans, gronda Thorin vers les hobbits, et Ori ferma rapidement la porte.
- Je vous l'ai dit, mon parapluie attend un orque, insista Lobélia.
- Ce n'est pas très normal pour un hobbit, fit remarquer Bilbon. »
Lobélia étrécit les yeux.
« De tous les gens qui devraient m'appeler anormale pour une hobbit, Bilbon Sacquet, ce n'est pas toi. Tu n'as pas un pied poilu sur lequel te tenir.
- Non, j'en ai deux, répliqua-t-il. »
Quelque part derrière lui, le reniflement de Thorin fut à peine audible.
« Pourrait-on ne pas faire ça maintenant ?
- C'est toi qui as commencé, marmonna Lobélia, mais elle se tut. »
Si ces dix dernières années semblaient l'avoir partiellement calmée, elle avait encore une langue acérée, et Bilbon ne pouvait qu'imaginer qu'elle se cachait dans les ténèbres, prête à frapper. Par chance, elle ne s'en était pas encore prise à Bilbon, et son étreinte de tout à l'heure l'avait complètement surpris. Ç'avait presque été comme s'ils étaient encore des enfants, quand ils étaient amis.
Il ne pouvait qu'espérer que son attitude resterait identique.
Thorin montait déjà les escaliers. Dwalin vint se placer derrière lui, et Bofur avait sa pioche brandie. Ori avait le marteau de Dwalin, et devant lui se trouvaient les hobbits et Tauriel. Une poêle à frire et un parapluie ne serviraient pas à grand-chose ici, aussi enthousiastes qu'ils soient à l'idée de les aider, et Bilbon observa avec une légère satisfaction leurs yeux s'élargir à la vue de Dard dégainée. Le bleu était vif et brillant maintenant.
« Est-ce que la porte va craquer ? murmura Ori, et Bilbon renifla.
- Si elles craquent, Primula n'a pas vécu ici. Croyez-moi, ma cousine aura veillé à ça. »
La porte s'ouvrit sans un bruit, et de la lumière se déversa d'au-dessus. Thorin se glissa silencieusement dans le couloir illuminé. Maintenant que la porte était ouverte, Bilbon distinguait les voix des orques. Trois voix distinctes, pensa-t-il entendre. L'un d'entre eux riait, l'un argumentait, et un troisième toussait.
« … juste les éventrer ! disait Argument. Pourquoi on ne peut pas ?
- C'du poison, réussit à dire Toux. C'mauvais et horrible !
- C'est de la cannelle, dit une voix familière, tremblante mais énervée. Primula. Vous ne pouvez pas juste l'avaler sans quelque chose pour boire avec. »
Oh mais c'était si bon d'entendre sa voix, de savoir qu'elle était vivante. Bilbon ferma les yeux un instant et se contenta de respirer. Elle n'avait pas l'air chagrinée : Drogon et Élodie devaient aller bien, aussi. Le rire s'éteignit enfin.
« ça valait l'expression sur ta figure, c'est certain, dit Rire. Je pensais pas que tu pouvais avoir l'air plus laid.
- Manges-en et tu verras, dit furieusement Toux. Vas-y, prends une bouchée !
- J'ai l'air aussi con que toi ?
- Je dis quand même qu'on devrait juste les éventrer et en finir, insista Argument. Pour faire filer doux les autres hobbits. D'ailleurs, c'pas comme si Bilbon Sacquet allait venir. On aura pas cette chance. »
Bilbon se figea. Pourquoi est-ce qu'ils le voulaient ? Pourquoi ?
« Il pourrait, dit Rire. Cette misérable petite hobbit s'est échappée.
- Nah, ça changera rien. Il sera un bon petit hobbit et répondra à la demande de rançon, ce qui veut dire que les autres vont l'attraper. Ils recevront toute la gloire pour ça. »
Rançon ? Une demande de rançon avait été faite ? Si Bilbon avait jamais souhaité pouvoir être à deux endroits à la fois, il aurait souhaité retourner à Erebor juste quelques minutes pour voir si c'était vrai. Quelle rançon ?
Et pourquoi était-il censé y répondre ?
« J'ai encore faim, se plaignit Toux. Je me fiche de la rançon, je veux de la viande.
- On aura assez de viande quand les autres viendront se balader dans la Comté, dit Rire, et il commença à ricaner. Ne t'inquiète pas. Ça pourrait prendre un moment. Mais on aura notre viande, pas de doute.
- Les nains sont pas bons à manger, insista Toux. »
Bilbon fixa Thorin avec choc et trouva le même regard dans sa direction. Des nains ? Ils comptaient manger des nains ?
La réponse lui tomba dessus moins comme un filet d'eau et plus comme une cascade lâchée d'un coup. C'était pour ça qu'ils avaient traîné Primula et Drogon et Élodie jusqu'à la Comté. Ils avaient voulu que Bilbon les suive et livre la rançon... ailleurs, puisque les orques ici n'avaient pas prévu de l'attraper. Non, ils s'étaient préparés à attraper Thorin et tout autre nain qui viendrait avec lui.
Prim et Drogon avaient été l'appât, parce qu'après tout, si Bilbon répondait à la demande de rançon, Thorin irait avec lui ou vers la Comté pour les sauver. Ils étaient parents avec Bilbon, après tout.
Les lèvres de Dwalin se retroussèrent sur un rugissement et il resserra sa prise sur sa hache.
« On enverra les hobbits à la cave, murmura-t-il. »
Thorin hocha la tête, le visage sombre, et avança silencieusement dans le couloir, Dwalin et Bofur derrière lui. Esmeralda fit mine de les suivre, mais Bilbon l'attrapa avant qu'elle ne puisse le faire. Elle pinça les lèvres comme si elle était de nouveau une enfant.
Bilbon ne se laissa pas prendre.
« Nous sommes plus en sécurité ici, dit-il à voix basse.
- Je veux aider.
- Des nains ! cria l'un des orques. Attrapez-les !
- Tu pourras aider dans une minute, dit Bilbon. »
Il courut jusqu'en haut des escaliers. Il y avait les sons d'une bataille dans les pièces de devant, le fracas des armes et les grognements de fatigue. Un orque poussa un cri puis fut abruptement réduit au silence. Un de moins.
Des pas martelant le couloir poussèrent Bilbon à resserrer sa prise sur Dard jusqu'à ce qu'il entende Rire crier :
« Ils s'enfuient ! »
Bilbon bondit dans le couloir avant qu'Ori ou Tauriel ne puissent l'arrêter. Primula et Drogon couraient comme des fous vers la cave, Élodie sur la hanche de Prim.
« Ici, ici ! appela Bilbon. »
Ils se précipitèrent à l'intérieur et dévalèrent les escaliers. Bilbon jeta un œil rapide à l'orque qui les suivait avant de retourner à l'intérieur et de fermer la porte derrière lui. Il poussa le verrou et attendit, sa lame une lumière bleue dans la cave noire.
Plus bas, il entendit Prim et Drogon étreindre Esmeralda avec des murmures et des exclamations étouffées. Il ignora l'envie de jeter un regard derrière lui, ses pensées trop concentrées sur la porte. Son cœur battait à toute vitesse, son pouls résonnant dans ses oreilles. Ses doigts tremblaient sur la poignée, et pour la première fois depuis des années, il pensa aux cicatrices qui s'y trouvaient encore. Blanchies et à peine visibles, mais Bilbon savait où était chacune d'entre elles sur ses mains. Il savait où étaient toutes les autres cicatrices, aussi. Il se força à se concentrer sur l'attaque imminente.
Rien ne vint ouvrir la porte. Il entendait le bruit de quelqu'un marchant sur les escaliers, et quand il osa jeter un regard en arrière, Tauriel était là, l'arc bandé. Elle aurait pu bouger silencieusement, mais n'avait manifestement pas voulu le faire sursauter. Bilbon lui adressa un rapide signe de tête et attendit.
Et attendit.
Il déglutit, ses yeux essayant d'observer la poignée à travers les ténèbres. S'ils entraient, il serait à peine capable de les voir avant qu'il ne soit trop tard. Tauriel, au moins, aurait un tir de prêt, et il n'avait jamais été plus reconnaissant envers l'elfe à ses côtés que maintenant.
Attendez.
Bilbon regarda lentement vers son épée. Elle ne brillait plus : elle était simplement argentée, laissant la cave complètement noire. Au bout d'un moment, il monta les autres escaliers, appuyant son oreille contre la porte. Pas un bruit ne se fit entendre.
« Bilbon, non, murmura frénétiquement Primula. »
Mais il ouvrit grand la porte une minute plus tard. Un orque était là, sur le sol, une lame à travers le crâne. Bilbon ignora le spectacle dégoûtant qui fit haleter d'horreur les hobbits en bas, et traversa le couloir, Dard brandie. Juste parce qu'il ne semblait pas y avoir plus d'orques dans le coin, ça ne voulait pas dire qu'ils étaient en sécurité. Ça et le fait qu'aucun des nains n'était revenu lui retournait l'estomac.
Le rapide moulinet d'une lame sur sa droite le fit se baisser et lever la sienne, puis se figer. Dwalin s'arrêta aussi, sa hache en plein mouvement.
« Vos cousins vont bien ? demanda enfin le nain. »
Bilbon hocha la tête.
« Est-ce que vous êtes tous... ?
- On sécurise la maison. Vous-
- Ne devrais pas être ici, dit Thorin. »
Il arrivait des pièces à l'arrière et entra dans la salle principale. Il jeta un regard noir à Bilbon.
« Je venais te chercher.
- Dard s'est assombrie, expliqua Bilbon en lui rendant son regard noir. Qu'est-ce que j'étais censé faire si vous aviez des ennuis, de toute façon ? Me cacher ? »
Le visage de Thorin indiqua que oui, ç'aurait été la meilleure méthode pour Garder Bilbon En Sécurité. Bilbon poussa un soupir.
« Ils sont tous partis, et nous sommes en sécurité. Pas d'éclaireurs dehors ?
- Juste les trois orques qui surveillaient Primula et Drogon, dit Dwalin. Bofur vérifie l'avant de son mieux sans être vu. »
La porte de devant s'ouvrit, et Bofur se glissa rapidement à l'intérieur.
« Pas d'orques à proximité, dit-il. Les plus proches sont en bas près du feu. J'ai cru voir quelques hobbits, mais j'ai regardé vite. »
La prochaine étape, supposa Bilbon : découvrir ce qu'ils avaient fait de son peuple. Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, cependant, les autres étaient là, courant hors de la cave. Puis Bilbon se retrouva les bras pleins de Primula et Drogon, qui s'enroulaient tous deux autour de lui comme du lierre en pleurant. Ses yeux se remplirent de larmes et il les ferma étroitement, s'accrochant à eux. Ils étaient vivants. Et c'était plus que Bilbon n'avait espéré.
Il fit un pas en arrière au bout d'un moment et les regarda de la tête aux pieds. Tous deux avaient quelques bleus et égratignures et semblaient loin d'être aussi polis que d'habitude. En fait, tous deux avaient l'air plus minces qu'avant, mais ils étaient vivants et ils respiraient, et dans l'ensemble, étaient étonnamment entiers. Même la petite Élodie allait bien, ses yeux bleu vif le regardant intensément. Il lui fit un sourire et éloigna des cheveux de son visage, et elle lui rendit un sourire timide qui était entièrement Primula.
« Est-ce que ça va ? ne put-il s'empêcher de demander. »
Drogon hocha la tête.
« Rien dont on ne se remettra pas. Mais Bilbon, il faut que je te dise- »
Un large rugissement de l'extérieur le coupa. Tout le monde se figea. Lentement Thorin se dirigea vers la fenêtre, Orcrist pendant de façon trompeuse à son bras. Elle serait brandie en une demi-seconde pour protéger les personnes à l'intérieur, et Bilbon laissa le sentiment d'être protégé, d'être abrité contre le mal, le remplir. Aussi frustrant qu'il puisse être que Thorin se place sans arrêt en danger pour Bilbon, il y avait aussi un réconfort là-dedans. Il avait fait face au Mordor et à l'Anneau et aux orques tout seul. Il était capable d'affronter le pire de ce que le monde pouvait lui jeter.
C'était plaisant de ne pas avoir à le faire, de savoir qu'il avait quelqu'un pour se tenir là avec lui.
Thorin pinça les lèvres.
« Des orques ? demanda Bilbon. »
Il hocha rapidement la tête.
« Des orques, dit-il. Pas beaucoup, mais suffisamment. Il y a des hobbits autour du feu maintenant. »
Bilbon se figea.
« Autour du feu ? s'exclama Tim. Ils vont les brûler !
- Je ne crois pas que ce soit leur intention, dit Thorin à voix basse. »
Il n'avait pas l'air plus détendu, cependant, et Bilbon eut l'impression d'être un fil trop tendu. À tout moment, il risquait de claquer.
« Je crois qu'ils se contentent de les rassembler.
- Pourquoi ? demanda Hamfast. Pourquoi feraient-ils ça ? »
Thorin jeta un regard à Dwalin. Bilbon ferma les yeux.
« Parce qu'ils savent que nous sommes là, dit-il doucement. »
Il se dirigea vers la porte et l'entrouvrit rapidement. Pas assez pour laisser sortir la lumière, mais assez pour entendre ce qui se passait.
Assez pour entendre quand un grand et large orque cria devant le feu :
« Je veux Bilbon Sacquet, et je le veux maintenant ! »
Oh ils savaient. Comment ils savaient, Bilbon ne voulait pas le savoir. Mais il reçut quand même sa réponse quand deux orques tirèrent Adelard en avant. Le hobbit était clairement terrifié, et le cœur de Bilbon se tordit dans sa poitrine.
Mal. Tout ça était mal. Il y avait un feu de joie montant dans la nuit au milieu de la Comté, le bois brûlant rangé bien trop haut pour qu'un hobbit puisse l'atteindre. Les orques continuaient de crier et rire, et en-dessous, sur le sol, serrés aussi près du feu que possible, se trouvait un grand nombre de hobbits.
Une rançon. Ils rançonnaient la Comté pour Bilbon.
Bilbon commença à ouvrir la porte, mais fut tiré en arrière par Thorin.
« Qu'est-ce que tu fais ? siffla son mari.
- Tu crois qu'ils ne tueront pas ces hobbits pour moi ? dit Bilbon. Thorin, il faut que j'aille là-bas.
- Vous vous rendez, c'est comme si vous étiez déjà mort, gronda Dwalin. Hors de question.
- Je ne demande pas vos avis, insista Bilbon. »
Thorin sembla furieux, mais ses doigts tremblaient sur les épaules de Bilbon. Juste quelques instants plus tôt, Bilbon avait pensé à la frustration que pouvait engendrer Thorin en le protégeant perpétuellement. Maintenant, tout ce qu'il voulait faire était se cacher derrière son mari. Il leva la main pour encadrer le visage de son mari.
« Je dois faire ça, je le dois. Il y a des vies en jeu.
- Ils ont Adelard, dit doucement Tim qui était venu à la fenêtre. »
Hamfast enfouit son visage dans ses mains, et Lobélia sembla partagée entre terrifiée et furieuse.
« Il était juste derrière moi ! Je jure qu'il est entré avec nous ! »
Bilbon l'avait pensé, aussi. Mais dans l'obscurité de la cave, ç'avait été difficile à voir. Il jeta un regard à son mari.
« Tu sais que je dois faire ça, dit-il à mi-voix. »
Thorin serra sa mâchoire, à deux doigts de réprimander Bilbon. Puis il laissa échapper une respiration tremblante et se pencha pour déposer un baiser au sommet de la tête de Bilbon. Bilbon ferma les yeux et s'accrocha.
« Pas seul, jura Thorin. Tu ne vas pas tout seul là-dehors.
- Si tu sors avec moi, ils auront deux prisonniers au lieu d'un.
- Je n'ai pas dit que nous irions ensemble, contra Thorin. »
Bilbon cligna des yeux.
« Quoi ?
- Les surprendre ? demanda Gimli, et Thorin hocha la tête.
- Si tu descends là-bas en marchant, ça gardera leur attention concentrée sur toi. Comme ça nous pouvons arriver par derrière. Trente orques porteront leur attention sur nous plutôt que sur toi ou n'importe quel autre hobbit. »
Bilbon déglutit.
« D'accord.
- Tu n'es pas obligé de-
- Si, dit-il, coupant son mari. Je le suis. Je ne verrai pas la Comté blessée à cause de moi. C'est moi qu'ils veulent, et c'est moi qu'ils auront.
- Pas si je peux l'empêcher, dit Thorin, et ses mains étaient maintenant fermes sur les épaules de Bilbon. Nous arriverons par derrière. Tu ne seras pas tout seul là-bas, bien-aimé. Je le jure.
- Bilbon Sacquet ! C'est toi ou ton petit ami ! »
Le cri énervé de l'extérieur fit grimacer Bilbon. Il ressemblait tellement à l'orque de la tour, en Mordor, dix ans plus tôt. L'orque qui avait failli le manger. Doux Eru, il ne pouvait pas faire ça. Mais il le devait, et il devait le faire vite. Thorin semblait prêt à rayer toute l'idée afin d'emmener Bilbon dans un endroit sûr, et même si Bilbon aurait adoré qu'il fasse ça, il ne pouvait pas. Pas avec les vies de tous les autres hobbits qui dépendaient de lui et de ce qu'il ferait.
« Fais vite. »
Ce fut tout ce qu'il dit. Thorin déposa un autre baiser sur son front et courut vers la cave. Bilbon ferma les yeux et commença à compter dans sa tête. Une charrette de pommes, deux buissons à baies, trois chefs cuisiniers, quatre pissenlits, cinq œufs cassés, six traversées en ferry...
Sa mère lui avait appris la comptine, bien des années plus tôt. Il pouvait la voir maintenant : le berçant dans ses bras tandis qu'elle se balançait d'avant en arrière, une nuit où il avait été malade. Elle lui avait chanté bien plus d'une chanson quand il avait eu du mal à dormir. Il pouvait presque voir la façon négligente dont elle coiffait ses cheveux, entendre sa voix tandis qu'elle fredonnait et chantait.
Un autre rugissement exigeant arriva, et quand Bilbon ouvrit les yeux, Cul-de-Sac était vide. Prim, Drogon, Bofur, Thorin, ils étaient tous partis. Lentement il redressa le dos et plaça sa main sur le pommeau de Dard. Son autre main se posa sur le bord de la porte. Leur avait-il laissé assez de temps ? Ça ne pouvait pas attendre, pas une minute de plus.
Avant que l'orque ne puisse de nouveau rugir son nom, Bilbon ouvrit la porte et sortit dans la nuit.
(-)
Au sujet des personnages : Pour ceux qui sont perdus : Hamfast Gamegie est le père de Sam. Boltim Chaumine est un personnage inventé qui sera le père de Tolman 'Tom' Chaumine, qui est le père de Rosie Chaumine (qui devient la femme de Sam dans le canon). Adelard Touque est un personnage amusant qui vole toujours les parapluies. Il aura un but particulier, mais pas avant un certain temps (proche de la fin de la saga)
Petite annonce : Ma beta officielle, Colinou, se retire de la correction pendant un mois pour cause de bac. Le prochain chapitre est corrigé, pas les autres. J'ai donc besoin de quelqu'un pour corriger les chapitres 13 à 20 (et comme vous êtes malignes vous aurez repéré que ça inclut le chapitre avec le fameux MCD).
En salaire je fournis des informations gratuites sur le reste de cette fic, en plus d'obtenir les 8 chapitres mentionnés en avant-première.
Il s'agit principalement de repérer les fautes de frappe et d'étourderie qui auraient pu m'échapper, ou les barbarismes si j'en fais. Je mets souvent des commentaires à côté du texte, la beta est libre d'y répondre et/ou d'ajouter les siens^^
Je vous préviens je ne suis pas extrêmement rapide, surtout en ce moment car je dois m'occuper d'autres trucs IRL. Vous aurez rarement les chapitres plus d'une semaine à l'avance et je risque parfois d'en envoyer un la veille pour le lendemain...
