Hey,
Je sais que ça fait un sacré bout de temps, mais je vous ai écris un chapitre de 20 pages ! Mais bon, je vous donne le droit de m'en vouloir étant donné que je sais ce que c'est que d'attendre un nouveau chapitre très longtemps.
Je remercie toutes mes revieweuses sans exception pour votre soutien, vos reviews et vos demandes pour la suite (sans lesquelles je ne me serais certainement pas bougé pour poster), je remercie également tout ceux qui ont ajoutés ma fic en story alert.
Et pour le moment je sais que même si j'ai trainé et trainerais certainement encore à poster, je n'abandonne en aucun cas cette fiction ! Pour moi, c'est impossible, c'est mon bijoux. Et bon, je crois que je ne veux plus trop ajouter quoique ce soit, je ne sais pas quoi dire à vrai dire, même pour justifier mon absence du site ? Page blanche ? Flemme ? Problèmes ? Peut-être.
Bref, il ne vous reste plus qu'à lire n'est-ce pas ?
Bonne lecture !
Briséis Black
Chapitre 10 : Se confier et sourire
Il s'était mis à pleuvoir quelque temps après que Sirius m'ait entraîné dans les couloirs et dans des recoins isolés du château qu'à sa grande surprise je connaissais, puis dans le parc à cause de tout les élèves que l'on croisait et qui nous dévisageait comme si il était étrange de nous retrouver ensemble. Vers le lac, dans un coin isolé par la rive et les saules, il m'avait encore embrassé, comme si le temps manquait, et j'avais répondu avec la même ardeur, allant même passer mes mains froides sous sa chemise d'uniforme, caressant doucement le bas de son dos, ne prêtant pas attention au lieu ou nous nous trouvions, et après tout, peu m'importait qu'il pleuvait ou qu'on y aille trop vite, j'avais l'impression d'être à ma place avec lui.
De respirer enfin…
Quand nous avions détaché nos lèvres, ses yeux avaient pris une couleur argenté d'une brillance extrême, j'avais souris et l'avait interrogeais d'un « quoi ? » ; il avait juste sourit en secouant la tête, m'avouant que c'était bien d'être avec moi après tant de temps. Je l'avais alors forcé à se tourner et j'avais inspecté minutieusement son dos, caressant les contours du bandage que j'avais remis en place après observation.
« Pomfresh a bien fait les choses, ça va disparaître dans peu de temps, ai-je dis. »
La tournure des choses fit qu'il calma ses ardeurs en m'avouant ne pas vouloir aller trop vite, ce qui voulait dire prendre le temps. J'étais d'accord. Et tant qu'il restait avec moi, je le serais, pensais-je. Nous passâmes donc la fin d'après-midi à marcher et à discuter de choses personnelles.
Il me rassurait sur bien des sujets, allant de ma famille sang-pur qui avait les mêmes mœurs que la sienne en passant par Poudlard et tout ce que cela encourait. Il disait que si j'étais dehors, je serais suivie par une horde de journalistes, alors qu'ici j'étais à l'abri de tout ça. J'avais acquiescé, pensive, alors que nous étions assis face à face, arrachant de l'herbe de la main quand nous nous arrêtions de parler, mais lui comme moi cherchions sans cesse des choses à dire.
Je lui parlais de Landon qui se trouvait à Durmstrang, je lui parlais de son insistance à m'apprendre à conduire quand il me demanda comment je savais conduire alors que de tout l'été où il était avec James dans la maison d'en face de la mienne, il ne m'avait pas vu sortir avec l'une des voitures de mon garage. J'avais ri et lui avais expliqué que Landon m'avait apprit à conduire dans un endroit désert pour ne pas risquer de blesser quelqu'un ou d'amocher le véhicule. Je le charriais ensuite sur sa moto et ses manies sang-pur tape à l'œil dont il ne se doutait même pas et il secouait la tête, des mèches noires venant embrouillait sa vue, et alors qu'il s'était rapproché de moi, il tentait de me pousser en arrière pour que j'arrête avec mes moqueries.
« Tu regardes les autres comme un sang-pur, ça se remarque.
- Tu fais pareil.
- Beaucoup de filles sont intéressées par ta personne.
- Parce que tu ne l'es pas ?
- Tu m'y fera monter ? lui avais-je alors demandé, brusquement en le poussant dans l'herbe, montant à califourchon sur sa taille sans avoir sur le coup conscience de mon geste qui n'était plus enfantin. Ta moto je veux dire… »
Il s'était relevé sur ses avant-bras et m'avait fixé dans les yeux avant de tenter de se relever. Gênée, et il le vit clairement puisqu'il sourit narquoisement, je m'étais relevée et lui avais tendu la main pour l'aider à se relever.
« Ça te plairait ?
- Et comment !
- Et en échange, qu'aurais-je ?
- Ma gratitude ?
- Hum.
- Demande alors.
- Viens là. »
J'avais approché et il m'avait regardé un long moment avant de me tirer dans l'étau de ses bras et de m'embrasser suavement.
J'étais bien dans cette sorte de bulle où seul lui et moi étions à cet instant.
Quand l'heure du dîner s'était approché, Sirius avait insisté pour que nous nous rendions dans les cuisines et que nous mangions ensemble. J'avais accepté, sachant qu'il voulait prolongé ce moment où je n'étais pas froide et impassible. Nous avions attendu dans le hall, contre un mur que James accompagné comme d'habitude de Lupin et Pettigrow apparaissent. Sirius leur avait glissé quelques mots alors que j'observais les portes de la grande salle et Regulus qui y entrait sans escorte.
Regulus… Les choses changeaient apparemment de son côté, car à ma connaissance, Regulus n'était jamais seul, il y avait toujours des sous-fifres dans ses pas. Il était un Black après tout. Il avait donc dû se passer quelque chose… Rabastan suivit son entrée dans la grande salle, l'air agacé et je vis James qui avait apparemment finit de parler avec Sirius le suivre du regard en marmonnant.
« On y va, dit alors Sirius d'une voix sèche en suivant le regard de James. Vous voulez venir ? »
James eut un sourire entendu en tournant la tête vers Sirius.
« Non, allez-y vous deux. Remus doit parler à Evans.
- Evans ? demandais-je doucement.
- Parler ? demanda Sirius en fixant Lupin puis James.
- Pourquoi ? demandais-je après lui en portant mon regard sur James.
- Ouais, vous savez, des trucs de préfets…
- Et ? dit Sirius.
- Et James veut en profiter pour lui parler, continua Lupin, amusé. »
Sirius haussa les épaules et m'entraîna vers les cuisines alors que les autres s'éloignaient vers la grande salle.
x X x
« Sirius, arrête ! gloussais-je alors que je secouais mes bras dans l'air. »
Il avait un sourire diabolique collé sur le visage alors qu'il me regardait et continuait à me chatouiller.
J'étais allongée sur le sol des cuisines. Il était assis à côté de moi, penché dans ma direction. Ses mains bougeaient toujours, à une vitesse folle tandis que je continuais à glousser et rire.
« Arrête, s'il-te-plaît ! »
Je fis la moue mais il y fut insensible. Il me sourit, me coupant le souffle un instant.
J'avais fini par pouvoir me relever sous le regard de quelques elfes de maisons du château.
Le repas terminé - en fait Sirius n'avait pas réellement mangé équilibré, préférant gâteaux et jus de citrouille à mes pâtes et ma viande - nous nous étions donc encore rendu dans le parc, vers le terrain de Quidditch. La pluie s'était arrêté pour n'être que bruine et quand nous nous installâmes dans les gradins vides, je pensais au Quidditch et en parlais avec lui, de comment les années passé sous le commandement de Flint avait un goût quelque peu amère pour moi : Flint, l'ancien capitaine de l'équipe Serpentard, n'était qu'un crétin prétentieux et sûrement adepte du Seigneur des Ténèbres à l'heure qu'il était.
On avait parlé des devoirs qu'on avait en commun puis Sirius m'avait posé mille et une questions sur ce qui s'était passé après la mort de ma mère et étrangement, je n'avais pas hésité à lui en parler. Je m'étais confiée sans aucune barrière, sans doute avais-je retrouvé depuis bien longtemps la confiance inébranlable que je lui avais toujours porté. Alors je lui parlais surtout de mon départ en France chez mes grands-parents lorsque j'avais dix ans, de mes notes catastrophiques avec le précepteur qu'avait choisi mon grand-père, de mon mutisme et de mes nombreuses altercations avec celui-ci lorsque j'eus dépassé mes quatorze ans, ainsi qu'avec leurs idées prônant le sang-pur, je lui parlais encore une fois de mon cousin qui avait dévié quelque temps sur le mauvais chemin, et enfin, de mes pauvres relations amoureuses.
À savoir que j'étais sorti quelques mois avec Nathaniel Archibald, grand brun aux yeux vert qui était maintenant scolarisé à Durmstrang et qui avait une demeure à Godric's Hollow où ses parents vivaient encore. Il était de sang-pur. Enfin, ça, Sirius le savait très bien. Le signe particulier de Nathaniel c'était qu'il avait un physique de mannequin. Mais cette histoire avec lui… ça n'avait pas duré. Quelques mois, trois en tout. Il était très beau, c'était donc très appréciable d'être avec lui, mais je savais que j'avais simplement cédé à ses incessantes demandes de sortir avec lui pour essayer, comme ça : il avait était mon premier petit ami. La rupture est venu de moi, j'y ai mi fin quand je me suis rendu compte de qui m'attirait vraiment (ça je ne le lui racontais pas, surtout pas pour mourir de honte !). Sirius grogna quand je lui expliquais ceci, mais ne fit pas de commentaire, m'écoutant. Ensuite, il n'y avait rien eu d'autre, aucun autre garçon.
Après ce sujet, le silence s'était installé.
Bien sûr, je vis le sourire satisfait qu'arborait Sirius quand il sut cette dernière chose, le fait que ce soit moi qui est cassé, et ça me rendit quelque peu heureuse de le savoir possessif et jaloux.
Je savais bien que Sirius détestait Nathaniel, surtout lorsqu'il était à Poudlard.
Il m'a même avoué qu'il ne pouvait pas le sentir lorsque nous étions ensemble. J'ai souris, lui demandant depuis combien de temps il était attiré par moi. Il a simplement répondu d'un ton gêné que ça faisait longtemps. Je l'ai rassuré et lui ai dit que pour moi ça faisait aussi longtemps même si il m'exaspérait et avait le don de me faire sortir de mes gongs avant notre réconciliation.
« À quoi tu penses ? »
Pas une seule fois, il n'avait retiré son bras de mes épaules. J'avais l'impression que sans Sirius à mes côtés, je ne serais que l'ombre de moi-même.
« Il est tard, je n'ai fais presque que parler et le couvre feu est dépassé. »
Je le poussais à me suivre en lui prenant la main pour descendre des gradins et rejoindre le parc. Rapidement nous nous retrouvâmes dans le hall sans qu'aucuns mots ne soient échangés.
« Bien… je pense que je vais y aller, je dois rentrer tu sais, haussais-je les épaules.
- Non, ne t'en va pas. »
Sirius m'accrocha à lui, pour me retenir, je souris.
« Je dois y aller.
- S'il-te-plaît… »
J'essayais de tirer doucement ma main loin de la sienne, mais il ne la lâchait pas.
« Sirius…, soupirais-je et il resta sans réaction tandis que je détachais ma main de la sienne et mettais une certaine distance entre nous.
Je commençais à marcher vers ma salle commune après être subitement revenu sur mes pas et lui avoir embrassé la joue quand il traîna derrière moi.
« Retourne à ta tour, James doit t'attendre. »
Je mis mes mains dans mes poches, me tournant pour lui faire face.
Je ne voulais pas lui montrer que j'étais tout autant que lui déchirée à l'idée de le quitter pour rejoindre ma salle commune et mon dortoir, mais il le fallait après tout.
« Sûrement. Mais il aimerait aussi te voir et tu le sais ! me lança-t-il.
- Oui mais… »
Il s'approcha si rapidement de moi que je ne l'avais pas vu venir, celle-là.
« Allez Callista. »
Ses lèvres entrèrent en collision contre les miennes et je jetais un coup d'œil aux alentours en le repoussant… juste pour m'assurer que nous n'étions pas regardé. Mais il recommença avec un baiser.
« Monte avec moi… plaida-t-il contre mes lèvres.
- Comment ? Et Némésis ? »
J'étais lentement en train de céder. Je ne voulais pas rentrer dans ma salle commune et affronter Mulciber, Rabastan ou bien Mercer et Smith. Je voulais être avec lui. Partir était la dernière chose que je voulais faire.
« Bones ne va pas mourir si tu ne dors pas avec elle et je la connais assez pour dire qu'elle te couvrira si quelqu'un cherche à savoir où tu as passé la nuit. Allez, dis oui, personne ne remarquera que tu es dans notre dortoir… »
Il me fit un clin d'œil. Ses bras étaient serrés autour de ma taille. Rester cette nuit ? Est-ce qu'il était sérieux ? J'hésitais.
« Et les autres ? chuchotais-je, ma voix avait craqué. »
C'était bien la seule chose qui pouvait m'empêcher de le suivre.
« Les autres ? répéta-t-il, fronçant les sourcils. Tu parles de -
- Lupin et Pettigrow, acquiesçais-je. Je ne les connais même pas comme je te connais toi ou James, ça va peut-être les déranger que je sois dans leur dortoir. Pense-y. »
Sirius balaya mon argument d'un revers de main.
« Non, trouve autre chose.
- Bien. J'ai une question alors.
- Vas-y.
- Est-ce qu'ils m'aiment bien ? »
Je me mordis la lèvre, essayant de déchiffrer chaque expression qui passèrent sur son visage alors que la plus dominante était l'amusement.
« Qui ?
- Tu sais bien… tes copains… Lupin et Pettigrow. »
Je roulais des yeux en disant cela mais bien plus en insistant sur le nom de Lupin. Car à mon humble avis, Sirius n'aimait pas vraiment Pettigrow comme on aimait un réel ami, il le supportait dans son groupe d'amis tout en lui lançant quelques piques. Je le connaissais bien, il n'aimait pas les suiveurs.
« Est-ce qu'ils t'aiment bien ? répéta-t-il. Ouais, de ce que j'en sais.
- Lupin ? insistais-je. »
Ses yeux me fixèrent.
Lupin, je l'avais bien remarqué en six année complètes à Poudlard, était quelqu'un de discret bien que brillant. J'aurais pu très bien m'entendre avec lui, mais mon incapacité à parler à Sirius et James sans une agressivité passagère ou une ignorance feinte m'avait bloqué face à tout ceux qui les fréquentaient de près ou de loin.
« Remus ? Bien sûr qu'il t'apprécie !
- Ouais… il est assez secret. »
Je ris dans un chuchotement nerveux alors que Sirius se tendait.
Je me lançais :
« Tu sais, l'année dernière, il y a eu des rumeurs avec Rogue…
- Rogue n'est qu'un imbécile ! s'emporta Sirius.
- Hum…, acquiesçais-je, mais ce que tu ne sais probablement pas, c'est que je l'ai attrapé à cette époque.
- Hein ? Pourquoi ?
- Enfin, Sirius ! me justifiais-je en le regardant. On disait que James l'avait sauvé de quelque chose, j'ai pensé que vous lui aviez joué un mauvais tour comme vous en aviez l'habitude mais que James avait décidé que c'était dangereux au dernier moment… Mais c'est à cette même époque que Rogue et Evans se sont disputé et ne se sont plus parlé, et Rogue colportait des rumeurs un soir, des rumeurs qui t'impliquaient toutes toi et James. Pour lui tu avais voulu le tuer. »
Il soupira.
« Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?
- J'étais… confuse. Je ne m'étais pas mêlé de cette histoire quand tout à débuté, je me disais que ce n'était rien de bien important, après tout vous n'aviez pas l'air d'être amochés, tous. Mais j'ai remarqué que tu ne traînais plus avec James et les autres pendant un petit bout de temps. Et voilà que tout à dérapé quand Rogue m'a dit que je ne devrais pas m'acoquiner à Lupin même si un professeur l'exigeait, il disait que ce n'était pas sain, et ce même si nous nous détestions, il voulait me prévenir.
- C'est quoi cette histoire encore ?
- Tu ne te souviens pas ? J'avais un devoir à rendre avec Lupin.
- Oh, souffla-t-il.
- Bref, après ça, j'ai tenté de questionné Rogue, mais il n'en disait pas plus. Alors, le lendemain, je l'ai attrapé dans notre salle commune. »
J'observais Sirius en fronçant les sourcils.
« Il a dit, je cite : Lupin cache très bien son jeu tout autant que ton copain Black.
- Et tu t'es posé des questions, conclu Sirius. »
J'inclinais la tête.
« Remus est l'un de mes meilleurs amis, Callista, dit-il alors.
- Je sais, répondis-je, et je ne cherche pas à savoir ce qu'il a, je te dis juste ce que je sais de Rogue pour que tu comprenne mon point de vue sur Lupin. »
Il hocha la tête.
« Et Pettigrow ? enchaînais-je alors, très rapidement. Il m'aime bien ?
- Oh, souffla-t-il. J'en sais rien à vrai dire, il ne s'ait jamais mêlé d'une conversation où ton nom était présent.
- Je suis à Serpentard après tout, risquais-je. »
En plein dans mes pensées peu amènes qui me rappelèrent de quelle maison et de ce fait de quelle lignée je venais, je ne vis pas Sirius me soulever tout contre lui, tirant sur mes cuisses pour me porter contre lui et me faire tournoyer entre ses bras.
« Ok, murmurais-je une fois qu'il m'ait remise sur mes pieds. Tu es fou. »
Je secouais la tête.
« Tu peux parler ! s'exclama-t-il. »
Il posa ses lèvres sur les miennes encore une fois, avant d'essayer de les retirer.
« Hey ! Je n'en ai pas encore fini avec toi. »
Je serrais mes bras autour de son cou pour l'embrasser d'une façon nouvelle. Lentement.
« Mmm… »
Il gémit, quand je me retirais et plaça une rangée de doux baisers dans mon cou alors que je riais sottement tant ça chatouillait.
« Okay, okay, on doit y aller maintenant… »
Je respirais et humidifiais mes lèvres gonflées.
« Sirius, personne ne doit me voir. Et je suis sérieuse. J'ai eu assez de retenues depuis mon entrée à Poudlard pour passer en conseil de discipline. »
Il se moqua de moi.
« Alors j'y passerais avec toi. »
x X x
« Tu vois, on a rencontré personne.
- Pour le moment.
- Arrête de faire ça.
- Quoi ?
- Ton comportement pessimiste.
- Il est fait pour t'agacer, soufflais-je. J'aime t'agacer.
- De toute façon il n'y a pas à s'inquiéter, souffla-t-il alors qu'il me conduisait vers le septième étage sans que je n'oppose de résistance. »
Il me fit gravir des marches, me fit m'engouffrer dans un dédale de couloirs et d'escaliers jusqu'à l'entrée secrète de sa tour.
« Le mot de passe ? demanda le portrait d'une grosse femme vêtue d'une robe rose.
- Forcus Veritas. »
J'étais un peu nerveuse que quelqu'un m'aperçoive. Sirius franchit le simple trou qui permettait d'accéder à la salle commune. Je le suivis en rabattant ma capuche sur ma tête. Il m'entraîna à sa suite à grand pas.
« Je suis déjà venu visiter, lui appris-je dans un chuchotement bas.
- Quand ? demanda-t-il comme si il y était préparé.
- En troisième année. Némésis s'ennuyait, on a visité les salles communes. Serdaigle, c'était facile, dis-je alors d'un ton dégagé en parlant tout de même bas, tu peux y entrer comme tu veux avec leurs énigmes.
- Et pour Gryffondor et Poufsouffle comment vous vous êtes débrouillez ?
- Pour les mots de passe, on a suivit des élèves, on s'est caché, c'était simple. »
Je n'eus que le temps d'apercevoir la vaste pièce colorée essentiellement de rouge et quelques élèves regroupés autour de la cheminée qu'il me pressait de monter des escaliers en tirant sur ma main. Une pensée subite me vint à l'esprit et je la lui exposais maladroitement en haut des escaliers :
« Tu ne… tu ne diras rien à propos de nous, n'est-ce pas ? demandais-je soudainement en serrant sa main. »
Il soupira.
« Je ne dirais rien, bien sûr, mais après ça je pense que James sera sur mon dos à la moindre indication. »
Je ris gauchement.
Déjà que quand nous étions enfants James m'embarrassait à la moindre occasion sur des garçons, Sirius en particulier tant je lui parlais des Black et de « mon ami Sirius différent », je craignais sa réaction en apprenant pour moi et Sirius. Bon sang, il serait insupportable !
Sirius finit par s'arrêter à un palier - le troisième je crois - et poussa une porte de chêne alors que des bruits de pas se faisaient entendre dans l'escalier qui menait aux étages supérieurs.
J'observais les lieux et les personnes qui s'y trouvaient en baissant mon capuchon. C'était une large pièce circulaire comportant plusieurs fenêtres, dont quatre lits à baldaquin pourvu de rideaux de velours rouge. À côté de chacun il y avait une armoire tandis qu'en face reposait un coffre. Lupin observait quelque chose par une fenêtre que je supposais être à côté de son lit.
« Sirius, tu es reve - »
Il se retourna et resta muet.
Gênée, je n'eus pas le temps de bouger pour chercher James du regard alors que j'avais aperçu Pettigrow sur son lit que celui-ci sorti de la salle de bain pour me tirer en avant. Sirius ferma la porte en riant doucement.
« Callista ? s'étonna James avec des accents surexcités dans la voix. Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Il avait les cheveux plus en épis que jamais tant ils étaient mouillés. Je souris et ouvris la bouche en regardant brièvement Lupin et Pettigrow, puis Sirius avec un coup d'œil appuyé.
« Euh… en fait c'est Sirius qui m'a ramené ici.
- Tu passes la nuit ici ?
- C'est que… »
Je me tournais vers Sirius et l'intimais du regard à m'aider.
« Oh, tu sais James, ces Serpentard ne sont pas très divertissants.
- Inutile de me rappeler l'image noire qu'a ma maison.
- Elle dort où ? demanda James.
- Avec moi, fit Sirius en haussant les épaules. »
Je m'éloignais vers un lit et avisais un devoir de potion bâclé au nom de James. Je soupirais en lui jetant un coup d'œil par-dessus mon épaule.
« J'ai été avec Rogue pour la pratique de cette potion. J'ai bien failli me faire embrocher la main après une petite pique. »
James explosa de rire et m'entraîna à sa suite sur son lit pour m'empêcher de parler de « Servilus » comme ils le surnommaient en me questionnant sur le Quidditch tandis que Sirius s'éclipsait pour prendre une douche.
« Dis, tu as réfléchis à qui tu vas prendre comme batteur ? Et comme gardien ?
- Non, répétais-je sans cesse à James alors qu'il m'attaquait en me jetant des coups d'oreiller, je ne te dirais pas la constitution de mon équipe !
- Oh, allez sois sympa !
- Les sélections ne sont mêmes pas proches !
- C'est samedi pour toi, je suis allé réservé le terrain ce midi avant de te retrouver et Madame Bibine m'a dit que tu venais de le réservé pour samedi après-midi.
- Ouais, le matin je serais indisponible vu que mon grand-père vient me donner une petite visite, grognais-je.
- T'inquiète, me rassura James en me pinçant les deux joues. »
Je le repoussais alors qu'il riait.
« Tu l'as pour quand toi ? questionnais-je.
- Samedi matin. »
Je me relevais de son lit ou nous nous étions assis en tailleur, l'un en face de l'autre et allais pour regarder par la fenêtre.
« Dis moi à qui tu as pensé comme batteur, insista-t-il. Les batteurs c'est important au Quidditch.
- Non, je ne dirais rien. »
À vrai dire j'avais une petite idée pour le batteur que je sélectionnerais, restait-il à savoir si celui-ci se présenterait aux sélections…
« Si tu sais ! »
Je souris en évitant un énième coup d'oreiller en me cachant derrière Lupin qui passait devant nous, un livre à la main.
« Menteuse ! criait James en se postant devant Lupin.
- Laisse-moi ! ronchonnais-je comme une gamine en m'agrippant au bras de Lupin. »
James ne cessait de sourire alors qu'il sortait sa baguette de sa poche.
« Remus, mon pote, recule. »
J'éclatais de rire en sortant à mon tour ma baguette.
« Lupin, crois moi, c'est dans ton intérêt de ne pas bouger. Souviens toi que James a un piètre niveau en sortilège, alors que moi… »
Je laissais ma phrase en suspens. Lupin me jeta un regard amusé par-dessus son épaule et je fus frappé par la couleur intense de ses yeux. D'un mordoré encore plus frappant que ceux de Delphie.
« James, dit-il calmement en reportant son regard sur James. Arrête tes conneries et baisse ta baguette, on est dans un dortoir. »
La porte de leur salle de bain s'ouvrit sur Sirius en chemise et short.
Je tâchais de ne pas prendre en compte qu'il se tenait là, vêtu si peu, devant moi et me secouais intérieurement pour reporter mon regard sur quelqu'un d'autre. Bon sang, pourquoi est-ce que Sirius vêtu d'un short pour dormir me faisait un tel effet alors que la tenu de James était identique et que lui, il ne me faisait aucun effet ?
Une petit voix dans ma tête me souffla que ça n'était surement pas sans rapport avec ce que j'avais vu de lui et moi quand j'étais dans ces visions du futur (ou d'un probable futur) à cause des routes fantômes.
Je revenais à la réalité alors que Sirius avançait vers son lit.
« James j'ai tout entendu, t'es dingue, dit-il. »
Nous l'ignorâmes tous, même Pettigrow qui suivait notre échange ne lui adressa aucun mot.
« James, répéta Lupin. Je suis préfet, alors baisse ta baguette.
- Ouais, James, fis-je d'une voix amusée, écoute Lupin et baisse ta baguette comme un bon toutou. »
À peine avais-je eu le temps de lâcher ses mots que je poussais Lupin sur le côté avec un gloussement et parais le sort mineur que James venait de nous lancer.
« T'es toujours aussi susceptible, Potter ! »
Je me passais une main sur la nuque et évitais prestement un « expelliarmus » en me cachant cette fois derrière Sirius qui sentait bon le gel douche tout en parant le sort rouge d'un bouclier.
« T'es fou ? agressais-je alors James qu'il se cachait derrière son lit en riant malgré lui, une main posée sur un pilier de son lit à baldaquin. Tu voulais que je passe par la fenêtre ? Tu voulais que Sirius y passe avec moi ?
- Eh ! se défendit-il. Je voulais juste faire s'envoler ta baguette !
- Même, l'accusais-je en tentant de ne pas rire moi aussi. On aurait pu voler par la fenêtre si je n'avais pas de si bon reflexes.
- Mais tu l'as paré, sourit James. »
J'attrapais un oreiller sur le lit à Sirius et le fit léviter avant de l'envoyer sur la figure de James.
« Ce n'est pas un cognard, mais on est quitte, souris-je.
- C'est bon de te retrouver, lança alors James. »
Ils étaient proches, tout les quatre, ça se voyait aux regards qu'ils se lancèrent après que James ait dit ça.
x X x
J'ouvris les yeux et avalais ma salive en tâchant de calmer les battements irréguliers de mon cœur.
Il me fallut un certain temps pour me remémorer où j'étais et avec qui. Je poussais le drap et la couette loin de moi et me redressais en passant mes deux mains sur mon visage. À côté de moi, allongé sur le ventre, la tête reposant contre un oreiller, Sirius bougea. Mes cheveux me collaient au dos et je me rendis compte en les repoussant sur le côté que j'étais en sueur.
Je tâchais de respirer calmement mais des images noires défilèrent sous mes yeux à grande vitesse… Sirius mort en me protégeant, James livide face au trépas, Regulus buvant cette espèce de poison verdâtre alors que je l'y forçais, pleurant et gémissant contre ce que je faisais, Némésis dans toute sa splendeur, baguette à la main mais gisant au sol, les yeux encore surpris du sort fatal qui l'avait frappé, Landon roulant à grande vitesse en voiture et percutant voitures sur voitures… je me recroquevillais et étouffais mes pleurs.
C'était des conneries, mais je ne réalisais pas encore.
Sirius se réveilla et se redressa en me cherchant de la main. Je hoquetais des choses inintelligibles et il m'attira contre son torse, détachant mes mains de mon visage et respirant contre mon cou.
« Calme toi, me disait-il en chuchotant lentement, calme toi, je suis là… calme toi…
- Toi, James… Né…Némésis et aussi Reguluuuss… tous morts… tous pâles…
- Shhh… calme toi, respire, je suis là… ce n'était qu'un rêve… »
Il ne cessa sa litanie que lorsque je pus reprendre un semblant de contenance en soufflant un « merci » chevrotant.
« Qu'est-ce que tu as ? me demanda-t-il enfin, après m'avoir lâché pour chercher à tâtons sa baguette et nous éclairer faiblement d'un lumos. Tu as fais un cauchemar ?
- Un cauchemar ? répétais-je comme anesthésiée. Oui… un horrible cauchemar. »
Je gémis et baissais la tête en triturant mes mains. J'avais pris du Cedenmornia pour ne pas avoir le moindre contact avec la zone fantôme et tout ce qui s'y rattachait pendant mon sommeil, certes, mais je ne pouvais empêcher les cauchemars qui m'asseyaient sur d'autres sujets…
Mes yeux s'embuèrent et quelques larmes glissèrent sur mes joues. Je n'osais même pas lever les yeux vers Sirius. Un silence inconfortable s'installa puis Sirius me releva le visage et approcha sa tête de mon visage mais n'eut point le temps d'effleurer mes lèvres que je m'écartais avec un visage torturé. Il fronça les sourcils en essayant de cacher sa déception et son sentiment de rejet, tandis que j'étais en plein conflit avec moi-même.
En me donnant un baiser, il avait voulu me réconforter, mais j'avais peur.
« Il faut que je te prévienne de quelque chose, dis-je, le visage emprunt à de la gravité. »
Je séchais mes larmes d'un revers de main et reniflais.
« Je t'écoute. »
Il resta ensuite silencieux et tendit l'oreille.
« Ma vie… si je dois te la résumer en une phrase, c'est un véritable bordel. Et même si ça m'est difficile à admettre, je ne suis certainement pas le genre de fille qu'il te faut avec la guerre qui est présente dehors.
- Quoi ? s'indigna Sirius, hors de lui. Mais pourquoi tu dis ça ? »
Je passais ma main sur sa bouche pour le faire taire et utilisais sa baguette pour lancer un sort qui nous permettrait de ne pas être entendu bien que je pensais que les autres dormaient encore, sinon il y aurait eu du mouvement.
« Écoute, soufflais-je en le regardant droit dans les yeux. J'ai des problèmes depuis toujours. Ma vie est déjà instable, je ne me suis pas fait beaucoup d'amis en entrant à Serpentard tout en restant libre de mes idées, et encore moins avec le père que j'avais, parce que, auror, tu te rend compte ? Et je suis passé à Serpentard avec ça. Si tu décides de t'impliquer dans une relation avec moi, je peux déjà t'affirmer avec certitude que ce ne sera pas comme si tu sortais avec une fille sans problèmes. Je risque de t'attirer mes problèmes et je… »
Il ne me laissa pas le temps de continuer car il s'empara de ma bouche, n'y tenant apparemment plus. Je compris à sa façon de me serrer contre son torse qu'il se fichait éperdument comme d'une guigne des paroles que je venais de débiter. Je m'écartais promptement, le visage étonné et encore torturé.
« Je suis sérieuse, Sirius. Tu risques d'avoir des emmerdes avec moi. De grosses emmerdes.
- Ferme-là, répondit-il en se ruant sur mes lèvres une nouvelle fois. »
Cette fois ci, je me laissais faire et passais mes mains dans ses cheveux désordonnés tout en gémissant sous la caresse de sa langue sur mes lèvres. Je ne me fis pas prier et bientôt, nos langues dansaient et s'entortillaient avec tellement d'ardeur que j'en voulais plus, toujours plus.
Merlin, que c'était bon de le sentir, de sentir sa chaleur alors que je l'avais aperçu sans couleur dans mon rêve…
Il émit un grognement alors que je me rapprochais de plus en plus de lui, puis il me pressa contre lui en me serrant avec force alors qu'il basculait sur le dos, allongé. De là où je me trouvais, je pouvais aisément sentir son érection se réveiller. Cela me fit gémir alors que la peau chaude de son ventre, où son tee-shirt était relevé, frôlait la mienne par-dessus la chemise qu'il m'avait prêté pour dormir. Mon intimité commençait à s'humidifier et toutes pensées cohérentes quittèrent mon cerveau. Je n'avais plus conscience que nous nous trouvions dans son dortoir, où James, Lupin et Pettigrow dormaient aussi…
Ses mains passèrent sous la chemise que je portais et me caressèrent le ventre près de l'endroit où se trouvaient mes seins et mon soutien-gorge, provoquant ainsi chez moi une multitude de frissons atterrissant tout droit jusque dans mon bas-ventre. Notre baiser s'approfondit, m'arrachant un soupir tandis que son bassin venait de cogner contre le mien.
Je gémis en sentant son désir contre mon sexe déjà humide.
Ses mains se firent indéniablement baladeuses alors que je reprenais mon souffle sous ses baisers haletants. Cette fois, ce fut moi qui écrasais mes lèvres contre les siennes avec urgence alors que ses mains descendaient le long de mon dos, caressant mes fesses sous sa chemise avant que sa main droite ne se pose sur ma cuisse et ne l'empoigne brutalement et sensuellement vers lui. Ma jambe se retrouva pliée en deux contre son flan gauche et je me sentis arquer le dos encore plus intensément. J'étais aux anges bien que son désir évident me faisait peur pour me rendre euphorique l'instant d'après. Ce ne fut que lorsque notre position m'arracha un gémissement plus prononcé que Sirius arrêta de m'embrasser, plongeant ses yeux dans les miens.
« Callista, on… on devrait s'arrêter là, souffla-t-il d'une voix rauque. Sinon je risque de ne pas tenir ma promesse.
- Quelle promesse ?
- Celle de ne pas aller trop vite. »
On se regarda en silence pendant quelques minutes, avant de se sourire. J'acquiesçais. Je me redressais et tirais sur sa chemise pour couvrir davantage mes cuisses avant de tomber à ses côtés sur son lit.
« En tout cas, tu sais comment faire pour me couper la parole. Tu embrasses très bien, lui dis-je.
- J'ai cru comprendre que ça ne te laissais pas indifférente, lança-t-il. Et je peux te retourner le compliment. »
Je lui envoyais un sourire en guise de remerciement, avant d'attraper sa baguette pour chuchoter le contre sort du lumos. Je me rallongeais après avoir posé sa baguette sur sa table de chevet en me perchant sur mes coudes pour ne pas le frôler dans la manœuvre.
Plusieurs minutes passèrent, dans le silence et l'obscurité de la chambre. Je savais qu'un jour nous irions plus loin, je le désirais et apparemment il me désirait avec autant de force. J'aimais ce qu'il s'était passé, j'avais juste de légères craintes…
Sa voix grave s'éleva alors :
« Tu dors ?
- Non, répondis-je simplement. Comment le pourrais-je après ça ? Pourquoi ? »
Il ne dit rien pendant quelques secondes.
« J'espère que… Comment dire… Je ne veux pas aller trop vite, surtout parce que je ne veux pas que plus tard tu te dises que j'ai profité de la situation… enfin tu vois, finit-il par souffler. »
À mon tour, je ne répondis pas de suite. Je savais que par situation il parlait de la mort de mon père, il laissait sous-entendre que par peine, je pourrais me donner à lui et le regretter plus tard. C'était une idée intolérable. Je me tournais vers lui et il me prit dans ses bras. Alors, je me collais à lui.
Son désir était toujours présent et il siffla quand ma cuisse le frôla. Il ne dit rien mais je savais que ça le gêné.
« Je sais ce que je fais, dis-je finalement, d'une voix basse et altérée. Et tu es l'une des personne à laquelle j'accorde ma plus grande confiance. »
Je sentis ses bras se resserrer autour de moi.
« Ok, souffla-t-il, ok…
- Dors, Sirius, murmurais-je. »
Je bougeais encore sans le faire exprès et encore une fois, je frôlais son érection de la cuisse. Je gloussais sous son grognement rauque et glissais ma main gauche sous son tee-shirt pour lui caresser le ventre.
Je lui répétais de dormir.
J'étais bien. Vraiment bien.
x X x
Je m'étais réveillé tôt, Sirius était réveillé et me regardais. Mes joues s'étaient teintées de rouges aux souvenirs de la veille et il s'était doucement moqué en m'embrassant la joue me promettant qu'il se vengerait. Sous les encouragements mutins de Lupin et ceux bien plus expressifs de Sirius, j'avais ensuite eus le droit de réveillé James à ma façon, soit en lui sautant dessus. Cet idiot m'avait surprise en se relevant d'un seul bond sur ses coudes, criant à l'assassin. Ma hanche droite s'en souvenait bien d'ailleurs après contact avec le sol et James qui m'avait sauté dessus pour me faire ensuite monter sur ses épaules avec des cris, des rires, et une chute sur un lit…
Comme la veille, j'avais traversé leur salle commune très rapidement, flanqué de Sirius et James qui riaient à gorge déployé sur mon empressement à sortir tandis que Lupin essayait de les tempérer sans grand succès puisque lui aussi fut entrainé dans leur débâcle de rire et de gloussements. Aussi peut-être Lily Evans m'avait-elle aperçu quand James passa à côté d'elle en lui lançant un sourire éblouissant.
C'est donc en retard, après m'être lavé dans leur salle de bain et m'être rhabillé de mon uniforme que j'avais dû retourné dans mon dortoir chercher mon sac et toutes les affaires qui allaient avec mon emploi du temps du matin. J'avais couru, monté quatre à quatre les escaliers, aperçu le lit fait de Némésis, avait dévalé les mêmes escaliers, avais évité West qui avait tenté de passer une main sur ma tête pour ébouriffer mes cheveux, avais salué brièvement Regulus par manque de temps, et avais couru pour rejoindre le hall et ses déviations, attrapant au passage quelques toasts sur ma table… Pour l'heure, je me dépêchais de contourner un attroupement d'élèves pour rejoindre ma salle de classe quand je bousculais une première année de Serdaigle, le souffle sifflant. Ses livres étaient à terre et son regard confus se posa sur moi alors que je me baissais pour les lui ramassais à la va-vite.
« Ben alors Carter, tu aides une sang-de-bourbe ? se moqua une voix. »
Sang-de-bourbe ? Je relevais la tête et me tournais vers ma camarade, fronçant les sourcils. Jane Mercer. Évidemment, c'était trop beau !
« Et si tu la fermais pour voir ? l'agressais-je directement. »
Inutile de perdre tu temps.
« Tu peux répéter ?
- Bordel, Mercer, jurais-je en faisant abstraction des élèves autour de nous dont Joyce Marple qui tentait de retenir Regulus d'intervenir en le tirant par la manche. Tu n'as toujours pas compris que ce n'est vraiment pas dans ton intérêt de parler de cette manière devant moi à ce que je vois ! La première sortie à Pré-au-Lard et je te fais une carte pour te montrer où se trouve l'aller simple à l'infirmerie si tu veux, au moins on évitera de se prendre une retenue pour bagarre dans l'enceinte du château. Ou mieux, si cela ne te dérange pas, viens me voir directement. »
Mercer ne répondit rien et me fusilla du regard. La gamine de Serdaigle était toujours silencieuse et observait Mercer avec incompréhension. Athenodora Smith avança de derrière Mercer et avisa la situation avec un rictus mauvais.
« Callista… tu préfères te frotter à des impurs de plus en plus débiles à ce que je vois, plaisanta-t-elle en montrant de la main la Serdaigle qui ne comprenant rien à la situation.
- Et c'est toi qui dit ça avec la bande de débiles dans laquelle t'es engrenée Smith ? J'ai du mal à croire que Delphie Dasylva ait un lien de parenté avec toi. Allez, dégage de là et va crever. »
Je profitais de mon moment d'exaltation en voyant les sourcils bruns de Smith se froncer. Mais il restait Mercer.
« Tss, tss…, siffla-t-elle. Tu m'as habitué à mieux, Carter. On se ramollie ? Oh mais… ? Où sont tes charmants amis ? Tu es toute seule ? Tes petits copains t'ont abandonnés ? Même Black et Bones qui incendient quiconque te regarde de travers ? Et je ne parle même pas de Potter qui fait ça depuis toujours ! Ah tu vois Dora, Carter a finit par rejoindre ses petits copains Gryffondor finalement… Peut-être que Black veut la mettre dans son lit si ce n'est déjà fait… »
Elle savait que je n'avais pas passé la nuit dans nos quartiers.
Mercer se tendit en même temps que moi. J'interceptais le sourire narquois qu'elle afficha, et j'aperçus clairement que l'envie de me blesser la démangeait sérieusement. Et je ne pouvais rien faire. Jeter des sorts serait idiot, la gamine à mes côtés risquait d'être touchée, et si moi j'étais habitué à recevoir des sorts plus ou moins violents, elle ne connaissait sans doute rien du monde sorcier si elle était réellement une enfant de moldus. C'était trop dangereux. Je devais donc m'écraser. Mais, me jurais-je, c'était à charge de revanche.
« Eh bien, Carter ? Tu ne réponds rien ? Tu fais moins la maligne quand on parle de ce traître à son sang de Sirius Black !
- La ferme Mercer, rétorquais-je en gardant mon calme. Lui au moins il est libre et sans marque sur le bras. Tu dois être contente remarque, depuis que tu sais transplaner tu dois pouvoir aller rejoindre ton cher maître en attendant de savoir si tu vas rejoindre ses rangs officiellement… ou pas. Il vous marque comme du bétail non ? C'est ce que j'ai entendu dire, tu sais… C'est bien ça le principe Mercer non ? »
Je jetais un regard froid à la foule et voulu signifier à Regulus de déguerpir de là avant que je ne m'énerve vraiment.
« Jalouse ?
- Dégoutée.
- De ?
- D'être la chienne de Voldemort ? assenais-je, alors que Mercer et Smith frissonnaient sous l'œil ébahi de la Serdaigle et des élèves. »
Je ne faisais même plus attention à la portée de mes paroles alors que nous étions dans un couloir maintenant de plus en plus fréquenté.
J'avais toujours été bagarreuse, ce n'est pas maintenant que ça allait changer.
« Oh non, continuais-je avec un rire à glacée les eaux qui attira l'attention encore une fois, être marqué comme du bétail, ça ne m'a jamais vraiment attiré. Quant à être le sous-fifre de l'assassin de mon père… très peu pour moi. »
Mercer amorça un mouvement vers moi, mais une voix retentit demandant ce qu'il se passait ici d'une voix autoritaire comme seul un ou une préfète sait le faire. Tous sursautèrent, et ce fut avec l'étonnement le plus marqué que je vis apparaître Lily Evans et James. Si Mercer commença par la regarder de haut en bas avec mépris en marmonnant quelques insultes sur son sang, ce fut une toute autre affaire quand James lui lança un expelliarmus. Smith allait répliquer, mais Sirius, sortant de nulle part, la bouscula d'un coup d'épaule qu'il fit passer pour nonchalant en avançant vers moi. Mercer qui avait récupéré sa baguette lança un regard amusé à la scène et mit sa main devant Smith. Sirius la dévisagea avec suspicion et colère. Quant à moi, j'observais avec une attention toute particulière Mercer. Car si Mercer commençait à abandonner une altercation…
« Laisse. Ils n'en valent pas la peine. Et puis… il reste toujours le cours du professeur Turner pour régler nos différents. C'est duel aujourd'hui non ? Et puis je suis sûre que si je ne tombe pas avec toi Mulciber s'en fera une joie, n'est-ce pas Carter ? »
Elle me fixait tout particulièrement.
Sirius avança violemment en avant mais je le retins en les laissant partir. Et pendant tout ce temps, la Serdaigle avait observé d'un œil effrayé la scène, la bouche bée. Une fois Mercer et Smith parties, je me tournais vers la elle.
« Comment t'appelles-tu ? »
Ma voix était un peu trop rauque et brusque.
« Valéria Gilmore, dit-elle, presque effrayée.
- Bien, soupirais-je alors que doucement je lâchais le bras de Sirius que j'avais retenu pour ne pas qu'il fonce tête baissé. Je suis Callista -
- Carter, oui, finit-elle pour moi avec un sourire timide. Tout le monde parle de toi à Serdaigle, tu sais. Les plus grands surtout. »
Elle rougit quand Sirius, James et Evans la scrutèrent.
Sirius s'était retourné et avait fixé Regulus avant que celui-ci ne parte accompagné de Joyce Marple, le musicien, et de Jasper et West qui nous jetèrent un coup d'œil au passage. Je me rendis compte avec l'intérêt que portait West à la fille de Serdaigle que ça aurait pu être sa sœur car même si les West étaient des sang-purs… il n'en valait pas moins qu'ils étaient presque des traitres à leurs sang.
« Bien, répétais-je en reportant mon regard sur le fille, tu vois les deux filles qui sont venu m'ennuyer ? Ne t'approche pas d'elles si tu le peux, fais toi discrète et tout ira bien. Si tu as un problème, fais moi le savoir. »
La cloche sonna.
« Fais-moi le savoir, j'insiste. »
Elle acquiesça et je lui tendis les livres que je tenais encore dans ma main gauche. Elle couru jusqu'au bout du couloir et nous lança un signe de main en rougissant. Elle était blonde et petite. Fragile.
x X x
Lorsqu'on arriva devant la salle de cours, tout les élèves étaient presque déjà arrivés, Turner n'était pas présent et la porte restait close, j'évitais de regarder Mulciber et Mercer, encore moins Rabastan. La deuxième sonnerie indiquant le début des cours sonna et la porte s'ouvrit soudainement. J'aurais presque sursauté si je n'avais pas pressenti le geste alors que Némésis avançait vers moi, sortant de nul part. Par contre, Smith faillit faire une crise cardiaque ce qui déclencha la bonne humeur de Némésis.
« Où as-tu passé la nuit ? me demanda-t-elle en souriant.
- Dans leur dortoir, il était tard et il me l'a proposé alors… »
J'inclinais la tête vers Sirius et elle hocha la tête.
Je trainais derrière. Lupin arriva légèrement en retard et Rogue qui l'avait vu, s'apprêtait à fermer la porte brutalement quand je la retenais du bout du pied en sifflant un « dégage de là Rogue » sous le regard de Turner. Bordel. Lupin passa devant moi et me souffla un « merci » à peine perceptible tandis que je sondais avec lui la classe des yeux à la recherche des tables qui avaient étaient repoussées au fin fond de la salle.
« Placez vous en face de moi. »
Turner dardait sur nous un regard mauvais alors que nous avancions, mais je ne m'en souciais pas. Mon attention fut dissiper par Némésis qui s'attachait les cheveux en une queue de cheval haute tout en ne lâchant pas du regard Smith qui lui renvoyait des regards assassins alors qu'Evan posait son regard sur Némésis de façon trop insistante. J'avançais vers Sirius qui me faisait signe. Il jouait discrètement avec la bague aux armoiries des Carter que je portais à la main, tandis que James bougonnait contre je ne sais pas quoi.
Sirius se pencha vers mon oreille après que sa main est prise la mienne dans l'ignorance générale.
« Il faudra que tu me racontes ce qu'il s'est passé avec Mulciber. »
Son ton n'était pas normal, je relevais les yeux et vis qu'il le regardé avec défi.
« Il n'y a rien.
- Ne me dis pas de conneries, fit-il en me regardant moi. J'ai bien entendu Mercer sous-entendre qu'il t'en voulait, alors tu me raconteras. »
Turner attendit que les dernières conversations s'arrêtent pour faire claquer la porte d'un coup sec. Il alla se poster en face de la masse que nous formions et au fur et à mesure qu'il passait, il nous toisait d'un regard hautain. Je vis James avoir un rictus méprisant lorsqu'il fut sûr d'être hors de vue de Turner. Ça n'allait pas être la joie tous les jours avec lui…
« Bien. Vous êtes donc en cours de duel. Je voudrais simplement voir comment vous vous en tirez en combat singulier. Après on verra sur la théorie. »
Des murmures se propagèrent, certains se plaignaient du manque de logistique, des tapis pour amortir les chutes au sol ou bien contre les murs auraient été bienvenue, disaient-ils.
Turner les fit taire d'un regard. Il nous ordonna de nous mettre en ligne et nous observa quelques secondes. Parfois, il s'arrêtait devant un élève, passait sa main dans ses cheveux et reprenait sa ballade. Lorsqu'il passa devant Sirius qui était à ma droite, il s'arrêta définitivement et le regarda droit dans les yeux. Sirius ne détournait pas le regard, faisant une moue ennuyé. Au bout d'une minute qui me sembla interminable, Turner eut un rictus désagréable. Il se recula alors.
« Bon, mettez-vous contre qui vous voulez pour le moment. »
Naturellement, James se posta devant Sirius, Pettigrow devant Lupin - je lui souhaitais bonne chance mentalement, Evans devant Marie MacDonald et Némésis devant moi. Rabastan se retrouva avec Evan. J'échangeais un bref regard avec lui alors que je me laissais gagner par l'impatience de Némésis qui m'entraînais vers un endroit libre. James et Sirius nous suivirent, excités comme des puces. Turner donna rapidement le coup d'envoi et les sorts fusèrent à la seconde où sa voix porta.
Si les filles de Gryffondors étaient plutôt gentilles dans leurs sortilèges, les Serpentard - sexes confondus - faisaient carrément dans le vicieux. Rogue n'hésita pas à lancer un sort à la limite de la magie noire particulièrement humiliant à Avery qui se défendit du mieux qu'il pouvait - ce qui n'était pas peu dire avec les sorts incontrôlables qu'il enchaînait. Moi et Némésis étions plutôt entre les deux. Je lui faisais parfois quelques coups bats pour qu'elle ne me ménage pas et elle n'hésitait pas à me rappeler à l'ordre d'un sort bien senti. Par contre, entre James et Sirius, c'était quasiment la guerre. Ils semblaient régler leurs comptes.
J'en souriais jusqu'à ce que Turner ne nous stoppe tous et ne nous place avec un adversaire au hasard.
Je tombais avec Mercer…
« Ok, souffla Némésis après que je lui ai raconté l'épisode avec la Serdaigle, décime là à cette salope. »
x X x
Nous passions deux par deux devant tout le monde, sous le regard de Turner qui notait des choses sur son carnet.
Comme par hasard, on est passé les premières.
Je me baissais pour éviter le jet de lumière rouge qui jaillit de la baguette de Mercer. Gardant de la colère avec ce qui s'était passé plus tôt, j'éclatais de rire en me moquant d'elle :
« Et c'est tout ce que tu sais faire ! m'écriais-je, ma voix résonnant en écho dans la vaste salle de défense contre les forces du mal. »
Certains élèves sifflèrent. Je ne regardais pas les élèves et restais concentrée en ne répliquant pas, juste pour lui laisser le temps de s'échauffer.
Il était de notoriété publique que nous nous détestions, moi et Mercer.
Le deuxième jet de lumière qu'elle fit sortir de sa baguette noire alors que je portais une attention toute particulière à ma main qui avait eut un petit tremblement, me frappa en pleine poitrine. Ma nervosité face à ce tremblement ne s'était pas complètement effacé sauf quand mais mes yeux s'agrandirent sous le choc du mur de pierres contre ma colonne vertébrale.
Plaquée au mur, j'attendis en jetant un regard à Turner pour voir s'il allait réprimender Mercer. Il n'en fit rien. Alors, sous les murmures de la classe, je grognais et marmonnais une formule en bougeant le poignet. Je tombais d'un bon mètre, mon dos frôlant le mur dans la manœuvre, pour ensuite retomber sur mes pieds. Je relevais le visage vers Mercer, mon adversaire et ne riais plus du tout.
« Je croyais qu'on n'avait pas droit à ce genre de sortilèges ! »
J'accusais Turner, sans gêne.
Je pestais alors que Turner s'avançait maintenant, semblant subitement s'être rappelé ce qu'il avait dit à toute la classe un peu avant, car « que des sorts de défense et d'attaque mineur » avait-il bien spécifié. Sans doute voulait-il voir si j'avais la capacité de me sortir du mur auquel Mercer m'avait projeté, et maintenant que c'était fait, il voulait arrêter notre petit duel.
Mais à voir le regard provocant de Mercer, elle pensait avoir gagné. Ce n'était pas finit, oh non…
« Stupefix ! pensais-je de colère en visant sa poitrine. »
Le sort informulé marcha et j'entendis Némésis répondre à Evans, qui avait posé la question, que j'avais lancé un stupéfix. Mercer était à terre.
« Venvero ! »
Son corps se leva sans grâce et alla se contrer au mur opposé.
Voilà le même sort qu'elle m'avait lancé pour démarrer les hostilités.
« Levicorpus ! cria-t-elle toujours collé au mur, préférant m'attaquer en premier plutôt que de se libérer du venvero. »
Je n'entendais plus les autres et Turner qui criait de cesser ceci alors que je contrais le sort envoyé par elle et qu'elle fut elle même suspendu par la cheville. D'un moulinet agacé du poignet, je laissais le temps à Mercer de se dégager et elle réengagea l'attaque, telle une guerrière.
Ouais, c'était la guerre.
Et l'autorité de Turner n'exista plus du tout dés lors qu'elle me lança un autre sortilège vicieux, comparable au venvero.
x X x
Après les deux heures de cours avec Turner, l'heure d'après, qui devait être réservé à un cours de botanique, le premier de l'année, fut remplacé par un tour dans le bureau de Slughorn.
Turner nous avait viré de son cours quand j'avais réussi à prendre le dessus sur Mercer et que je m'étais calmée.
J'étais en retenue, Mercer aussi.
Putain à cause de cette -
Les mains dans les poches, j'attendais que la masse d'élèves qui se pressait d'entrer dans la grande salle par les portes avance quand une armoire à glace bouscula un garçon qui lui-même bouscula Mercer qui m'avait suivi jusqu'ici. Je souris de bonheur à la voir s'être fait bousculer. Je reportais mon attention sur le garçon. Il toucha le sol dur. J'entendis marmonner un « excuse Price ». Je compris que l'armoire à glace, c'était en fait Kellan West. Je soupirais. Celui-ci m'aperçut et haussa les épaules en souriant avant de se frayer un passage muscler pour atteindre les portes.
Je baissais les yeux et me demandais si je n'allais pas profiter de l'étourdissement inopiné qu'il avait causé pour m'élancer à sa suite quand mon regard buta sur un gant en cuir. Je me baissais et le ramassais.
« Hey ! C'est ça que tu cherches ? »
J'interpelais le garçon toujours à terre qui cherchait quelque chose. Il se leva et se retourna pour me faire face. Je tenais son gant et ce fut la première chose qu'il sembla remarquer.
« Ouais, merci. »
Son ton était sec, son allure nerveuse. Il tendit la main pour récupérer son gant. Je pivotais sur moi-même afin qu'il ne l'attrape pas.
« Attend un peu. Tu es Thomas Price, non ? demandais-je, plissant les yeux, tout en faisant tourner son gant entre mes mains.
- Oui, répondit-il. »
Je jetais un « qu'est-ce tu veux toi ? » à Mercer qui nous épiait et lui fit signe de décamper. Déjà qu'elle m'avait assez pompé l'air avec ses mensonges chez Slughorn…
Elle s'éloigna non sans un regard mauvais.
« Euh… mon gant ? »
J'observais sa carrure et me rappelais ce que je savais de lui ; à savoir qu'il s'était présenté l'année passé aux sélections de l'équipe mais que Flint l'avait refusé au profil de son ami Nott - un espèce d'abruti incapable de viser un joueur correctement avec un cognard. Et, chose bien plus importante à mes yeux, Price était aussi originaire de Durmstrang et sa venu à Poudlard un an auparavant n'était dû qu'au déménagement de ses parents. Des sang-purs. Landon le connaissait.
Les yeux brillants, je refusais de lui rendre son gant.
« Je ne sais pas si je dois te le rappeler, Price, mais chaque année, à Poudlard, un tournoi de Quidditch est organisé entre les quatre maisons. Six matchs ont lieu durant l'année. La maison qui remporte le plus de matchs gagne la coupe de Quidditch et permet d'apporter plus de points à sa maison pour la coupe des maisons en fin d'année.
- Je suis au courant, se renfrogna-t-il. Tu crois pas qu'on m'en a déjà parlé à mon entrée ici ?
- Gryffondor, Serdaigle et Poufsouffle, énumérais-je lentement avec un sourire en coin, ce sont de très bonne équipes.
- Et alors ?
- Tu ne vas pas te présenter aux sélections de Quidditch ? demandais-je soudainement. »
Il était surpris par ma question, son visage reflétait cet état. Mais autre chose semblait le rendre nerveux. Mais quoi ?
« Qu'est-ce que ça peut te faire, répondit-il alors.
- Même si je ne t'ai jamais parlé, je sais que tu jouais au poste de batteur quand tu étais à Durmstrang.
- Qui t'a dit ça ? grogna-t-il.
- Oh, soufflais-je, amusée, ça, tu le sais très bien. »
Je souris comme si de rien n'était en avançant dans la grande salle - la foule s'était dissipé le temps que dura notre échange.
« Eh Carter, mon gant ! »
Je me retournais et vit que Price me suivait.
« Je te le rendrais, fis-je, bientôt.
- Quand ? s'agaça-t-il en me lançant un regard noir. »
Je me moquais de lui en le regardant, j'étais plus grande de quelques centimètres même si lui était en cinquième année maintenant. Il avait des yeux marrons chocolat et une tignasse brune qui partait dans tout les sens. Il avait un visage aux traits lisses et un regard farouche. Il était beau garçon et certaines filles de son année devaient se confronter à sa froideur à chaque fois qu'elles tentaient de lui parler. Je souris, je l'aimais déjà.
« Samedi, lui indiquais-je. Viens aux sélections samedi et tu auras ton gant. »
Je me retournais et commençais à avancer vers Némésis que j'avais repéré quand Price m'agrippa par le bras. Quelques têtes se retournèrent vers nous. Si j'essayais de ne pas y prêter attention, quand on chuchota mon nom avec insistance, Price fronça les sourcils.
« C'est bon, fis-je comme si de rien n'était en fixant sa main qui m'agrippait toujours le bras, c'est de moi qu'ils parlent.
- Quoi ?
- J'ai dépassé les bornes à mon cours de duel avec Turner. Mercer aussi.
- Turner hein ? fit soudain Price en jetant un coup d'œil à la table des professeurs. Tu sais que lui aussi a passé sa scolarité à Durmstrang ? »
Je fronçais les sourcils alors qu'il me lâchait.
« Bon. Qui te dit que j'ai envie de jouer pour Serpentard ? fit-il.
- Mais enfin, rétorquais-je comme si c'était une évidence en faisant abstraction des regards et de ce qu'il m'avait révélé, tu es Thomas Price, je t'ai vu jouer l'année dernière lorsque Flint était capitaine, et crois moi si il a prit son copain Nott au poste de batteur ce n'est pas à cause de ses qualités de jeu, c'est plutôt parce qu'il devait une faveur à ce crétin de Nott. Laquelle, je n'en sais rien. »
Je le fixais avant de lui tapoter l'épaule.
« Je ne cherche pas à t'amadouer, mais mon cousin Landon m'avait parlé de toi quand tu as quitté Durmstrang. Le Quidditch, c'est toute ta vie non ?
- J'y joue depuis toujours, admit-il. Et alors ?
- Et alors, je te vois samedi Price. »
Je m'éloignais à pas rapide avant d'agiter avec un grand sourire son gant en cuir de dragon - d'une qualité irréprochable - et de le rangeais dans mon sac.
Price avait l'étoffe d'un très bon joueur de Quidditch. Et il manquait à Serpentard un batteur.
Et c'était bien à lui que j'avais pensé pour ce poste.
Thomas Price.
x X x
Nous étions vendredi. La semaine était passé a une vitesse exécrable. J'avais l'impression qu'horloges et réveils avaient été ensorcelés pour que le temps passe plus vite. Ou bien cette sensation était-elle du à mon stress d'être confronté au père de mon père ?
Et où étais-je à cet instant - dans une salle au troisième étage, ô joie !
Aujourd'hui, c'était théorie. Je fermais les yeux et me massais les tempes en ruminant. Ce cours, bon sang… Turner qui était toujours furieux contre moi et l'autre, Mercer, pour ne pas l'avoir écouté quand il nous disait de stopper notre duel, ne cessait de nous le faire payer avec des regards et des sous-entendus douteux quant à chacun de nos mouvements.
Némésis, elle, avait de sérieuses tendances à l'insolence, plus que d'habitude du moins. Et puis, à Serpentard, à l'époque de notre première année, on la raillait, bon sang, on la raillait si méchamment à propos des membres de sa famille qui passaient le plus généralement par Poufsouffle que souvent, je l'avais senti au bord du gouffre, du gouffre d'une colère qu'elle ne laissait jamais exploser en public et devait lui hurler de tous les massacrer un à un, le couteau sous la gorge et les yeux exorbités.
Bon. Il fallait me ressaisir, c'est vrai.
Là je repensais à ce que Némésis avait enduré il y a très longtemps tout en pestant contre mes propres problèmes. Et présentement, j'avais un gros problème avec Mulciber. Mais bon, il n'y avait pas que lui, n'est-ce pas ? Il y avait mon grand-père du groupe Carter, il y avait le fait que je n'avais plus de parents, il y avait Rabastan comme autre problème, et ainsi de suite quoi. Autant se tuer avec une vie comme ça !
Se ressaisir, Callista, songeais-je pour m'y obliger.
Et en passant, Sirius et les autres étaient au courant pour mon accrochage avec Mulciber cet été, et tout ce qui en a suivi… Ils l'ont su après m'avoir posé une question, à savoir qu'est-ce qu'il avait le Mulciber à me regarder de la sorte ? Némésis avait tout raconté alors que je l'avais retenu d'aller l'attraper, comme elle aimait dire. Bon, tuer toute une partie de ma maison serait malheureusement cataclysmique. Peut-être que le meurtre des principaux protagonistes de ma déchéance passerait-il inaperçu ? Je verrais bien. Mais je sens que je tâcherais au plus vite de m'occuper de la bande avec qui traîne sans cesse Rogue, de Mulciber en particulier, ce connard de Mulciber. Mmmh. Quelle idée séduisante. Je n'entendais même plus la voix de Turner, toute à cette délicieuse rêverie.
Rogue grogna et je repoussais d'un coup sec son bras alors qu'il le posait un peu trop prêt de moi. Bon sang, qu'avaient tout ces profs à nous placer ensemble ? En potion, puis maintenant en DCFM.
Poudlard. Ses élèves. J'avais l'impression d'être vraiment heureuse que lorsque j'étais avec Sirius et sa joie de vivre qui me contaminait, avec Némésis et son humour bizarre, avec James ou encore Lupin, mais aussi avec Regulus - bien que ce soit assez étrange ces temps-ci avec lui (je m'étais tout de même contredite en lui disant qu'il devait choisir ce qu'il en serait de lui plus tard, pour qu'il revienne me voir, mais enfin, à Poudlard, on peut dire que ce n'est pas pareil, nous sommes tous à l'abri de l'extérieur). Ensuite, cette semaine, j'ai pu constaté que d'autres, tel que Delphie et son incapacité à ne pas rester en place, me faisait sourire, West également qui m'attaquait par derrière en me remontant le moral quand mes yeux se voilaient. Jasper Greengrass, lui, n'avait qu'à marcher calmement en poussant Regulus contre les armures pour l'ennuyer que je souriais aussi…
Regulus, pour en revenir à lui… Parfois je lui parlais en repensant à ce que j'avais vu de lui, dans cette caverne, et cette potion… Mais plus tard, avais-je décidé un soir, quand les éléments viendront à moi, j'irais à la recherche d'indices me prouvant que tout ce que j'avais vu dans mon séjour chez les morts était vrai.
Je suffoquais maintenant et sur mon parchemin, ma main se crispa ; cette fois, j'étais seule au fond de la classe en compagnie de Rogue. Turner nous avait tous déplacé au hasard, je le détestais pour ça. Devant, Némésis ricanait avec aigreur près d'Evan et lui envoyait des insultes belliqueuses quand il lui adressé un mot. Soudain, je crispais ma mâchoire : Turner me lançait un regard. Il allait me confondre en reproches, ou m'interroger sur le cours. Le cours, le cours, le cours, ce foutu cours !
Je fis profil bas et les minutes passèrent sans que Turner ne m'interroge. À ma droite, Rogue se fichait de moi, je le savais et c'est bien pour cela que je souhaitais qu'il me provoque en premier, histoire de ne pas me faire reprocher d'avoir engager un duel ou une joute verbale, oh, oui, ce sale petit Rogue, plongeait jusqu'au cou dans sa magie obscure, oui il en connaissait des sorts, oui je voudrais bien un petit duel, histoire d'avoir un petit salut pour la journée… Je me mis à le détailler d'un œil froid qui suintait le mépris, et il me sautait aux yeux qu'il serait une très bonne manière de se défouler à la sortie du cours : les sortilèges qu'il utiliserait avec moi ne seront pas dénoncés à Dumbledore, j'avais juste envie de voir ce qu'il valait vraiment.
À la sortie du cours, peut-être pourrais-je même lui en toucher deux m…
Un bruit sourd se fit entendre dans la salle me faisant reprendre mes esprits. Parce que, bon sang, je me faisais tant influencer par James pour ne plus pouvoir supporter Rogue ?
Le bruit provenait d'un sortilège.
Némésis s'était levée d'un bond et toisait furieusement Evan du regard tandis que celui-ci tenait son bras avec une expression douloureuse sans jeter un regard au professeur. Il semblait que Némésis avait réagit au quart de tour et qu'Evan en restait fasciné.
« Puis-je avoir votre nom ? rugit Turner en fixant Némésis. »
Merde, pestais-je. Némésis se tourna vers Turner pour l'aviser et lui répondre, sa baguette coupable toujours en main, mais, avant que Némésis n'ait pu répondre, une nouvelle voix masculine s'éleva dans la salle de classe, une voix railleuse, la voix d'Evan Rosier :
« Pourquoi vous n'en avez pas ? »
La salle de classe du côté des Serpentard explosa de rire (enfin, sauf Rogue, bien sûr). Apparemment, la fin de semaine faisait des ravages chez certains.
« Crétin, ne pus-je m'empêcher de dire haut et fort. »
Ce que je regrettais automatiquement, car si Turner n'avait semble-t-il pas prit la peine de retenir le nom de Némésis, j'étais sûre et certaine à deux cent pour cent qu'il connaissait le mien par cœur. Je fis semblant de lire mon livre de cours tandis que Turner fustigeait du regard mes deux camarades en passant également par moi et que, comme si ce n'était pas suffisant avec les rires gras des Serpentard, certains, comme Avery, firent le V de la victoire à Evan pour sa repartie. Rabastan secouait la tête, assis à côté de Mercer qui n'avait cessé de tout le cours de lui faire de l'œil - grand bien lui fasse, il ne m'intéressait pas.
James assis à une table partagée avec Evans, croisa mon regard et grimaça en jetant un coup d'œil sur Rogue. Les Gryffondor n'avaient pas lachés un rire ou même un sourire, se contentant d'observer mes camarades en silence, la rivalité obligeant cela, et même, il n'y avait aucune affinité entre eux.
Je soupirais en avisant le même genre de regard que Sirius m'adressait, assis à côté de Lupin. Lui au moins était assis à côté de quelqu'un d'appréciable ! Et dire qu'il restait encore une heure entière de cours sur les deux heures prévu sur l'emploi du temps du vendredi après-midi !
« En attendant mon nom c'est Bones, fit savoir Némésis en couvrant les derniers rires.
- En attendant, Bones, les je m'en foutiste complètement inconscientes au sale caractère de votre genre je m'en passerais dans ma salle de classe ! Vous allez sortir de cette classe avec Rosier en vous attendant à recevoir vos heures de retenues. Je vous verrais tout les deux, ce soir, dans mon bureau. »
Turner avait les yeux flamboyants. Sous le silence revenu dés les paroles de Turner, Némésis et Evan prirent toutes leurs affaires, - Némésis fit montrer sa colère en rangeant ses affaires dans son sac avec des gestes brusques au contraire d'Evan qui restait serein. Ils sortirent et alors qu'Evan avait largement dépassé l'embrasure de la porte, Némésis la claqua de toute ses forces, le front haut, les yeux levés, la bouche plissé.
Elle allait tuer Evan sur le chemin de la salle commune.
« Spécial ta copine, commenta Rogue.
- Attends que je lui rapporte ça et tu verras combien elle est spécial, Rogue. »
Peu de temps après, je me massais de nouveau les tempes et ruminais en m'imaginant dehors à l'air libre.
Ce cours, bon sang…
Et dire que ce soir, j'étais collé.
Et dire qu'en plus, Mulciber sera de la partie.
Et dire qu'en plus, je soupirais de nouveau.
Voilà, long chapitre hein ? Je l'ai corrigé à plusieurs reprises. J'espère que ce n'est pas top nul pour mon retour. Vous me ferez plaisir en appuyant sur la touche verte et en laissant une review ? : )
