Merci pour toutes vos reviews bien sympathiques!!! continuez elles sont comme le café une drogue lol

bonne lecture


Tony reconnut immédiate l'écriture fine et régulière de sa partenaire. Luttant entre sa curiosité maladive et sa conscience - par faiblesse - il capitula et commença sa lecture. Son visage se décomposa, sans même s'en rendre compte, il cessa de respirer à mesure qu'il lisait ces mots qui prenaient un sens qui lui firent l'effet d'une bombe lui explosant en pleine figure.

Tony,

Je ne sais pas si cette lettre te parviendra et même si j'aurais le courage de l'envoyer, mais si finalement tu la reçois, commence par boire un verre histoire de te préparer. En tout cas moi, j'en aurai eu bien besoin pour l'écrire mais j'ai dû m'en passer.

J'ai tant de choses à te dire, malheureusement les mots me manquent, et d'ailleurs je ne sais pas par où débuter. Dieu que c'est difficile, écrire est sensé faciliter l'expression (je sais à quoi tu penses, l'anglais et moi ça fait trois, même en arabe j'aurai le même problème).

Je me lance... Je ne regrette en rien cette nuit que nous avons passé ensemble, et j'espère qu'il en est de même pour toi. On aurait pu passer ce cap il y a longtemps, et ce n'est pas faute d'occasions, mais je crois qu'on a refusé de s'avouer nos sentiments, car je sais que tu en as envers moi... et c'est réciproque je te le garantie. Finalement, il aura fallu attendre un drame pour que nous nous rapprochions enfin, en sachant que notre histoire s'achèverait toutefois le lendemain. Tu es parti sans me dire au revoir, et moi, j'ai fais semblant de dormir. Pourquoi se torturer davantage? On avait droit qu'à une seule nuit. On le savait.

J'ai essayé de t'oublier, toi et tout ce que nous avions vécu ensemble. Comme si c'était pas assez difficile et alors que je commençais enfin à reprendre une vie normale, voilà qu'une nouvelle anéantissait tous mes efforts. J'apprenais que j'étais enceinte. Epargne moi la question qui, je sais, tu vas te poser. Oui, tu es le père en dépit de tout ce que je te faisais croire, je n'ai jamais appréhendé le sexe à la légère.

Je ne te demande rien, ni d'argent, ni une responsabilité dont je n'ai pas le droit d'exiger de ta part. J'estime juste que tu dois être au courant. D'ailleurs pourquoi te le dire alors que nous vivons sur des continents distincts, d'ailleurs en ce moment tu n'es même pas au états-unis mais dieu sait où. Voilà pourquoi j'hésite à t'envoyer cette lettre, mieux vaut pour toi que tu ne saches rien. Un avenir pour nous est exclus, ta vie n'est pas en Israel, et quant à moi, je n'envisage pas de revenir. Cette lettre finira certainement dans un tiroir jusqu'à ce qu'un jour je retombe dessus... Qui sait. Je me serai au moins défoulée en écrivant ces quelques mots.

Ziva.

L'impression d'étau dans la poitrine, choc de la révélation, Tony se frotta les yeux pour se rassurer qu'il était bien éveillé. Il relit brièvement les quelques lignes, s'assurant qu'il n'avait pas fait de faux sens. Non, tout était limpide. Elle lui avait caché sa paternité, délibérément. Sciemment. Cette lettre ne lui était jamais parvenu. Bon sang, pourquoi? Un profond sentiment de trahison s'empara de lui, alors qu'il essayait de mettre de l'ordre dans sa tête. D'un côté, il comprenait les réticences de Ziva à vouloir garder le secret, mais n'était-il pas en droit malgré tout de le savoir? Depuis son retour, il avait senti en elle comme une fêlure, une distance ; elle vivait quelque chose d'intense et de secret qui l'empêchait de vouloir renouer avec lui, car il savait que l'histoire de l'amoureux laissé en Israel ne tenait pas la route. Si seulement il avait pu obtenir d'elle un peu de bonne volonté... Qu'elle partage avec lui tout ça… C'est alors que Tony percuta : qu'est-il arrivé au bébé? Vu sa taille de guêpe, elle n'était pas, plus, enceinte... Ce pourrait-il qu'elle ait interrompu sa grossesse? Bien que la jeune femme n'ait jamais montré de penchant pour la maternité, il refusa de le croire. Rien de cette lettre n'indiquait qu'elle l'ait envisagé une seule seconde, au contraire, elle projetait de l'élever. Seule. Sans lui.

Il remit la lettre en place et retourna à son bureau d'un pas las à l'instar d'un somnambule. Une question retentissant dans sa tête: pourquoi s'est-elle tu? Pourquoi, j'aurai tout abandonner pour elle. Il aurait été capable de tout larguer pour ce sacré bout de femme, voilà pourquoi Ziva n'avait rien dit, elle le savait.

OoO

Derrière la vitre de la salle d'interrogatoire, Ziva fixait tour à tour les deux amies de Alice Logan, tiquant sur leur attitude de coupable qui se lisait sur leur visage. Etrange. Il était évident qu'elles leurs cachaient un élément déterminant pour la résolution de l'enquête. Pourquoi refusaient-elles obstinément de leur le dire au risque de finir entre quatre planche?

Une porte claqua, la jeune femme se retourna pour faire face à son patron qui avait, comme d'habitude, un gobelet de caféine dans la main.

- « J'aurai une question Gibbs.. en fait deux. Pourquoi les avoir conduite en salle d'interrogatoire, elles ne sont pas suspectes. »

- « Et la deuxième? » demanda l'ancien marine.

- « Pourquoi c'est Tony qui essaye de les faire parler, moi, j'y serai arrivée. »

Au vu de l'air imperturbable de son patron, Ziva souffla d'exaspération.

- « C'est parce qu'il nous a trouvé la piste des légendes urbaines » spécula t-elle avant d'ajouter. « Je croyais qu'on ne devait jamais laisser deux suspects dans la même pièce. »

- « Comme vous l'avez dit, ce ne sont pas des suspectes » lui répondit Gibbs en fixant la vitre, attendant que son protégé entre en scène.

Tony entra en salle d'interrogatoire, un dossier à la main, le visage fermé comme jamais. Il prit place en face des deux jeunes femmes et se contenta de les fixer, attendant que son silence fasse monter davantage la pression dans la pièce.

- « C'est quoi cette technique d'interrogatoire? » s'ébahit Mcgee, plissant des yeux.

Ziva ne dit rien, mais elle n'en pensait pas moins. Cette méthode pour faire pression n'était pas lui... ce n'était pas du Tony. Non, lui préférait les blagues salaces pour alléger l'atmosphère avant d'aborder le vif du sujet au moment où on s'y attendait le moins. Déstabilisée, la personne en face de lui se vendait d'une manière ou d'une autre. Une façon de soutirer des informations peu réglementaire mais qui portait ses fruits. Là, il paressait préoccupé, à fleur de peau, comme s'il venait d'apprendre la fin du monde et qu'il ne parvenait pas à faire la part des choses. En général, il arrivait toujours à rebondir et à oublier ses petits tracas... sauf quand il s'agissait d'un problème de coeur.

- « Agent Dinozzo, pouvez vous me dire ce qu'on fait ici? On a répondu à toutes vos questions hier, à moins que Mindy et moi soyons suspectées d'avoir tuées nos deux amies. » fit la jeune rousse aux faux airs de Jenny.

- « Mitchel Mayers. » fit Tony, laconique.

- « Et bien? » fit la jeune femme brune en retenant sa respiration.

Tony esquissa un sourire puis ouvrit le dossier pour en sortir une photo qu'il placa devant elles.

- « Lui et sa fiancée ont eu un accident il y a deux ans. Lui a survécu mais pas elle. »

- « C'est triste pour lui, mais en quoi sommes nous concernés? » demanda Mindy

- « Nous n'avons pas pu le trouver. Pas de domicile... il semble avoir disparu de la circulation. »

- « Pourquoi nous parler de cet homme » dit Mindy sur la défensive.

- « Le connaissez vous? Regarder bien la photo! » ordonna Tony en l'approchant d'elles.

Julie comme Mindy se décomposèrent sur place. Pas de doute, elles le connaissaient, songea Gibbs qui ne perdait pas une miette de la scène. Tony verrouilla son regard dans celui de Julie, tout simplement, toujours muet. L'ancien marine sourit mentalement en constatant que son agent excellait dans l'art et la manière de soutirer les informations et surtout que son flair ne le trompait pas. Il avait raison de miser sur Julie, plus fragile, elle ne tiendrait pas longtemps.

- « Vous ne le connaissez pas alors? C'est étrange car on a retrouvé les empreintes de sa fiancée, morte, sur la boite de chocolat qui contenait les lames de rasoir que votre amie a avalé. Drôle de coincidence, sauf que dans mon métier, on n'y croit pas! »

- « C'est vrai?! » fit Julie dont l'affolement était perceptible dans la voix.

- « Julie! » cria Mindy pour la sommer de se taire.

Tony se leva de sa chaise et exécuta une sorte de danse devant elles. Julie le regarda, alternativement, intriguée et inquiète à la fois, puis baissa la tête de nouveau.

- « Vous êtes les prochaines, vous le savez, nous le savons. On peut remédier à ça si vous me dites tout sur le champ. » aboya Tony. « Sinon... je vous promets qu'on ne bougera pas d'un pouce pour vous protéger. »

Ziva hoqueta, surprise par ces propos et surtout par la sincérité qu'elle lisait dans ses yeux verts.

- « Il débloque là! » s'égosilla Mcgee en regardant Gibbs, attendant une approbation de sa part.

- « Pas du tout » contredit Gibbs.

Mcgee chercha Ziva du regard, comme lui, elle était horrifiée.

Tony poursuivit son manège, comme un lion en cage, il longea la pièce de long en large puis brusquement, il s'immobilisa, regarda Julie, le visage neutre.

- « Les secrets finissent toujours par être découverts, je vous le garanti. Ils vous rongent de l'intérieur comme un cancer, vous hantent de jour comme de nuit et vous ne pensez alors qu'à une seule chose: soulager sa conscience en n'en parlant à quelqu'un d'autre. »

Il se redressa et fixa la vitre sans teint, sachant que Ziva s'y trouvait derrière, espérant qu'elle comprenne le message.

- « Vous avez gagné... » souffla Julie qui ne se formalisa pas du coup de coude que lui lança son amie. « Je vais tout vous dire. »