Bêtas correctrices : Nanola et Wrire

Bêta lectrice : Merylsnakes

NDA : Méchante ! Méchante Mandy ! Mandy est une vilaine auteur, qui change un passage du chapitre deux jours avant sa publication, Mandy est une tortionnaire qui oblige ses gentilles bêtas à tout corriger dans l'urgence. Mandy se punira en s'arrachant les cheveux (Aieeeuuuuu) elle fera 25 pompes (ouinnnnn) elle avouera publiquement sa faute (ça c'est fait) et se prosternera aux pieds de ses bêtas, virtuellement, cela va sans dire (héhéhé). Bref vous l'avez compris, mes bêtas sont des adorables génies, vous pouvez les remercier sinon le chapitre n'aurait pas été publié en raison d'une crise existentielle et littéraire de dernière minute de la part de l'auteur ^^'


CHAPITRE 11

Lenny était ravi, enchanté même. Lawrence avait terminé le boulot en temps et en heure. Du travail de professionnel, c'était certain. Le seul inconvénient avec Lawrence, c'était qu'il était beaucoup trop curieux. Il considérait toujours Lenny comme le petit gosse paumé du vieux Wheeler et pensait qu'il pouvait lui faire avaler n'importe quelle couleuvre ou lui soutirer toutes les informations qu'il voulait. Mais Lenny ne lui donnerait jamais aucune info importante sur ce client en particulier. Hors de question ! Il n'était pas complètement crétin non plus, n'en déplaise à ce vieux con, à Casper et à l'ordure de feu son père.

Il rentra, une fois n'est pas coutume, avant Casp'. Cela lui permit de planquer les papiers car Casper n'avait pas à se mêler de son petit trafic personnel.

C'était une chance que personne ici à Londres ne sache qu'il avait un frangin du prénom de Casper. Toutes ses relations n'auraient pas hésité à le dénoncer ou mieux, à le faire chanter. Quant à ceux de Liverpool, personne ne disait rien. Ils les avaient sans doute oubliés, il n'allait pas s'en plaindre.

Il avait cru que Casper allait devenir fou hier soir, aux infos de minuit, quand ils avaient vu une photo de lui en tenu de légionnaire. Il avait balancé sa bouteille de whisky contre le mur et Lenny avait dû nettoyer. Il en avait marre de vivre dans une porcherie, alors depuis son grand nettoyage de la dernière fois, il passait son temps à briquer, sous les railleries de son frère qui le traitait de tapette.

Lenny avait eu du mal à convaincre Casper de ne pas repartir en chasse ce week-end, mais pour une fois son bon Dieu de frangin l'avait écouté. Au lieu de partir chasser, ils avaient passé presque trois nuits à repeindre leur Vauxhall Vivaro en noir, dans le garage que son père avait loué le jour où il avait décidé de s'acheter l'utilitaire. Les deux étaient encore à son nom, d'ailleurs. Preuve, selon Lenny, qu'il n'était pas aussi stupide que ça. Peindre le Vivaro n'avait pas été une mince affaire : ils avaient dû d'abord vider le garage pour pouvoir se déplacer à l'intérieur sans difficulté, fourguant tout le bordel dans le peu de place de leur sous-sol à la maison. Il était en effet inenvisageable de repeindre le véhicule en plein jour ou en pleine rue, ni même dans un garage professionnel. Ils avaient donc acheté de la peinture métallique noire dans un grand magasin de bricolage, frotté leur voiture, la ponçant comme ils pouvaient, avant de la repeindre à l'aide d'un compresseur (ils en avaient trouvé un dans le fouillis du garage, merci papa Wheeler) et d'un pistolet à peinture qu'ils avaient acheté en même temps que la peinture.

Le résultat n'était pas parfait, loin de là, mais ce n'était pas comme s'ils allaient l'utiliser en plein jour ou pour aller faire des courses. Le Vivaro ne sortait que le week-end, pour leur plaisir personnel.

Lenny avait failli vomir plus d'une fois, dans l'air du garage surchargé des vapeurs de peinture. Il avait préféré laisser Casper finir le boulot, pendant que lui rangeait leur cave.

Mais maintenant ils étaient fin prêts.

Lenny avait refait le plein de drogue, obéissant à Casper une nouvelle fois. Juste de la kétamine et du pancuronium, cette fois. Casper n'aimait pas quand ils étaient trop shootés. C'était Lenny qui avait insisté les premières fois car il fallait reconnaître que c'était quand même plus facile pour attraper les jouets et s'amuser avec. Mais Casper n'aimait pas plus que ça la facilité, il aimait quand les garçons se débattaient, criaient, pleuraient et étaient conscients de ce qu'il leurs faisait. Pas Lenny. D'après Casp', ses meilleurs orgasmes, il les avait eu en Bosnie. Là, tout était réuni, des garçons blonds aux yeux bleus, qui ne disaient rien tant qu'ils ne se rendaient pas compte de ce que le soldat leur voulait réellement. Ensuite... Ah ensuite, c'était si bon.

Il avait décidé d'égorger ses victimes au fil du temps, selon leurs réactions. Ceux qui s'étaient le plus débattus, qui l'avaient frappé ou qui le menaçaient (du moins c'était ce qui semblait ressortir de leur baragouinage incompréhensible) n'avaient aucune chance de s'en tirer. Au Rwanda, il avait fait une vraie tuerie, décidant que finalement, tous méritaient de finir la gorge ouverte. Mais les blacks, ce n'était pas son truc. Dommage que la Légion allait souvent en Afrique.

Avec les drogues, le garçon qu'il chasserait serait plus ou moins conscient, pourrait plus ou moins bouger. Casper voulait le droguer le moins possible, il avait décidé d'en profiter au maximum. À lui aussi, le petit brun lui avait bien plu.

Bref, Lenny savait que le prochain serait sûrement un blondinet. Il n'en voulait pas, Casper pouvait bien prendre qui il voulait, il s'en foutait complètement.

Lui, il voulait Harry Evans.

Lenny avait pédalé dans le sud, jusqu'à Bolden Street, mais il s'avéra que le H. Evans qui demeurait là était une vieille femme du nom de Hillary Evans. Aucun intérêt.

Mais au 43, Cleavland Square, il avait trouvé ce qu'il était venu chercher, écrit sur l'interphone de l'entrée soigneusement fermée : Harry Evans. Il savait que c'était lui. Il le sentait dans ses tripes. Il s'était installé dans le parc juste en face, espionnant discrètement l'immeuble blanc, aux balconnières en fer forgé noir. Le dernier étage était agrémenté d'une petite terrasse, ça devait être un duplex. Il se demandait à quoi pouvait bien ressembler l'appartement de sa princesse. Il crevait d'envie de rentrer dans le bâtiment, de fouiner partout, mais il ne devait pas, pas encore. Il devait tout bien préparer, cela prendrait du temps, mais Harry en valait la peine, tout devait être parfait pour l'accueillir. C'était ça ou mourir de toutes façons.

Il entendit la porte claquer au rez de chaussée et dévala les escaliers à la rencontre de son aîné qui lui fit un sourire carnassier.

Ce week-end, ils iraient chasser.

... ... ...

« Ça colle parfaitement, monsieur, » disait Nkata, le nez sur la carte affichée dans le bureau de Lynley. « Si Evans a été violé dans ce parc, la distance entre ce lieu et Lincoln's Inn Fields fait environ six kilomètres à vol d'oiseau. En prenant la A11, le trajet dure approximativement vingt minutes, quand ça roule bien. »

« Et on reste dans cette fameuse zone de confort, » rajouta Havers.

Lynley enleva ses lunettes dorées qu'il mettait pour lire ou quand il était fatigué, ce qui était le cas, pour l'un comme pour l'autre.

« Oui, maintenant, reste à savoir deux choses. La première, comment ont-ils fait pour rentrer dans le parc ? Il est fermé à clé. Quand bien même ils auraient un double, ils n'auraient pas pu passer par l'entrée principale, sur Southern Grove. C'est impossible, on les aurait forcément remarqués. » Il se leva, tourna en rond devant la carte. Puis il retourna à son bureau, pianota sur son ordinateur.

« Vous faites quoi, monsieur ? »

« Helen m'a montré un truc intéressant une fois, un logiciel qui permet de voir les rues depuis le ciel, des vues satellites. On a pu voir la maison, sur Eaton Terrace. C'est vraiment impressionnant. Regardez, voici Tower Hamlets, les routes et... là. Sur Knapp road. Il faudrait aller voir »

« J'y suis déjà allé, monsieur, » fit le grand noir. « Il y aussi un portail fermé à clé, mais effectivement, c'est beaucoup plus tranquille, surtout la nuit. S'ils ont un pass, ils auraient pu entrer par là sans se faire remarquer, ensuite passer par là... » Son doigt montra une route, puis un chemin qui s'enfonçait dans les bois, « ... pour vraiment pénétrer le plus possible dans le parc. Une fois installés, même si le gosse crie dans la camionnette, personne ne peut les entendre. »

« Ça correspondrait aussi à ce que vous a dit le gamin, monsieur, qu'au départ il était ballotté dans la voiture, avant de rouler en ligne plus ou moins droite. »

« Oui, c'est très certainement cela, Havers... Un pass... Bon sang ! Mais oui ! Cela expliquerait aussi par où ils sont passés pour Mile End, Stepney Green, Bunhills Field, Newman's Row et tous les autres parcs. Ils ont les clés des portails ! C'est facile pour eux dans ce cas. Pour Mile End, ils n'ont pas pris la route principale, Burdett Road, ils ont dû passer par là, Solebay Street, de l'autre côté, comme ça ils ont pu rentrer dans le parc ni vu ni connu. Bande d'enfoirés ! » fit Lynley, surprenant les deux autres policiers par son juron.

« Et la deuxième chose ? » demanda Havers.

« La deuxième chose c'est de savoir si, oui ou non, ils violent toujours au même endroit. Si c'est le cas, je jure devant vous que la prochaine fois qu'ils enlèvent un gamin, je prendrais moi-même Knapp Road pour le sortir de cette fichue camionnette. » Lynley s'étira, ses bras le long de sa tête, les mains jointes. Havers grommela dans sa barbe tandis qu'elle pensait à un félin. Son patron était décidément beaucoup trop séduisant dans cette position.

« Je pense qu'ils n'ont qu'un seul endroit pour les viols. Je pense aussi qu'ils ne doivent pas habiter très loin, » rajouta Lynley comme pour lui-même.

« Pourquoi ? »

« Parce que Winston, la première victime connue de Stephen Lewis a été violé à Calvi. Calvi, ville du 2ème REP de la légion. La plus proche de lui. Ensuite, il a bougé jusqu'à Nice, avant de revenir en Corse. Ça ne vous rappelle rien, ces bonds ? »

« Merde si, monsieur, » jura Havers. « C'est ce qu'ils ont fait avec nous, à Londres »

« Oui, donc, logiquement, s'il a reproduit cela, sa première victime a été tué à l'endroit le plus proche de son lieu de résidence. Puis, comme en France, il s'en est éloigné. Il doit vivre dans ce coin, » fit Lynley en traçant un nouveau cercle sur la carte.

... ... ...

Dennis voyait le week-end arriver avec un soulagement certain. Il n'était pas de garde, il allait pouvoir en profiter !

Plus qu'une heure, une heure et il pourrait prendre sa jolie petite voiture adorée pour retourner dans son non moins adoré appartement. Loin, très loin de cette diablesse blonde de Nancy. Il ne savait plus quoi faire pour lui faire comprendre qu'il n'était pas, mais alors pas du tout intéressé par ses charmes.

Même Johanna l'avait contemplé avec un regard à la fois désespéré et de soutien pendant la pause déjeuner, alors que l'autre blondasse se penchait vers lui, lui offrant une vue imprenable sur son décolleté plongeant. La moitié des vétos de la clinique se foutait de sa gueule. Enfin, plus de celle de cette nympho que de la sienne, c'était déjà ça.

Donahue lui avait donné son point de vue, pendant qu'ils étaient en train de manger leurs plats réchauffés grâce au micro-onde de leur salle de repos.

« Que veux-tu mon pauvre Dennis, tu as minci, tu t'es fait couper et éclaircir les cheveux, en somme, tu annonces clairement à la face du monde que tu es un célibataire à la recherche d'une aventure. Pour une nana comme Nancy, c'est plus que suffisant. Déjà avant elle te faisait du gringue, maintenant tu es devenu une véritable obsession, un défi. Cette fille, il n'y a que le train qui ne lui est pas passé dessus ! Crois-moi, si tu veux la paix, tire-la vite fait un soir et basta, tu en serais débarrassé ! »

« Je suppose que tu parles en connaissance de cause, Jimmy ? »

« Ouais, en plus c'est un bon coup, elle m'avait fait une de ces fellations, mon vieux ! Du tonnerre ! Puis elle est pas emmerdante, tu la baises, elle jouit et après, t'as la paix ! »

« C'est pas ce que je recherche, j'ai envie d'une relation stable, pas d'un coup d'un soir. »

« Je sais, mais la petite Johanna est déjà prise, mon gars. »

Dennis n'avait rien ajouté, se contentant de mâcher ses pâtes. Johanna était en effet plus son style... s'il avait préféré les filles. Mais il s'était enfin admis à lui-même qu'après des années de doute et de déni, il devait plus être homo qu'hétéro.

Il avait envie de séduire, de plaire, c'était indiscutable. C'était bien pour cette raison qu'il allait dans cette fichue salle de sport pour perdre du poids, qu'il s'était payé l'un des meilleurs coiffeurs du moment pour mettre un peu de miel dans ses cheveux châtains qu'il avait aussi admirablement bien raccourcis, tout en lui laissant suffisamment de longueur ! Ce week-end, il avait la ferme intention de tester son charme. Samedi, il irait faire un tour à Soho, c'était le moment où jamais de voir si sa nouvelle apparence attirait ses congénères masculins.

... ... ...

Casper avait été infect toute la journée. Le temps était maussade, il faisait froid, il avait envie de baiser, bref rien n'allait. Lenny s'enfuit donc de la maison, bien décidé à profiter de sa journée avant de s'attaquer aux choses sérieuses le soir-même.

Enfin, passé 21h00, ils décollèrent. La nuit était tombée rapidement en ce samedi du 13 octobre, leur permettant de se faufiler sans se faire remarquer dans leur nouveau véhicule, noir comme la nuit. Il bruinait toujours, le brouillard s'étalant dans les rues de Londres. Comme d'habitude, ils iraient à Soho.

Casper avait ordonné à Lenny de venir avec lui à la chasse au jouet et il s'était contenté de grogner en réponse. Il tirait la gueule depuis le départ. Il n'avait pas envie de baiser un nouveau gamin. Mais Casper était Casper alors il n'avait pas franchement le choix. Lenny en avait ras le bol de cette vie de merde.

Il avait pris sa décision : cette nuit serait la dernière.

Finalement Casper alla dans un bar, puis un autre, il revint quelques temps plus tard en disant qu'il avait trouvé leur nouveau sex-toy, un jeune qui allait parfaitement convenir.

« Il est un peu plus grand que le dernier, plus costaud, mais super mignon, tu vas te régaler frangin !

« Mmprfff » répondit Lenny en tenant fermement le volant du Vauxhall entre ses doigts gantés.

Ils attendirent patiemment dans la voiture. D'après Casper, leur proie était seule, c'était l'avantage d'avoir passé un mois sans chasser, les gazelles ne se méfiaient plus des lions.

Enfin, Casper le reconnut, silhouette solitaire qui se dépêchait sous la pluie. Lenny bénit cette pluie rendant les rues désertes. Ils enfilèrent leur célèbre masque de singe, le cœur battant. Alors que Casper imbibait un torchon de chloroforme, lui suivait de loin le garçon qui avait rabattu la capuche de sa veste sur sa tête.

Quelle qu'elle soit, il n'atteignit jamais sa destination.

Avec la précision d'un orfèvre, Lenny accéléra, stoppa le Vivaro pile à bonne hauteur du gosse alors que Casper avait déjà ouvert la porte latérale. En moins de vingt secondes, le jeune était sonné, shooté et enfermé dans la voiture qui continuait au trot.

Aucun témoin, l'alerte ne serait pas donnée, c'était parfait.

Lenny roulait tranquillement, en respectant scrupuleusement le code de la route. Le gamin gémissait à l'arrière, Casper ne l'avait pas assez endormi mais il lui avait déjà arraché les vêtements du haut et lié les poignets qu'il était en train de ficeler sur l'anneau qu'ils avaient soudé au sol. D'un coup d'œil régulier dans son rétroviseur, Lenny suivait le déroulement des opérations de son frère. Casper prit l'une des seringues qu'il avait préparée à l'avance, fit un garrot rapide au gamin avec un morceau de chiffon, puis piqua l'une des veines pour lui faire l'intraveineuse.

Le gosse pleurnichait, gémissait. Quand Casper lui retira son pantalon et son caleçon, il sembla comprendre ce qui se passait et pleura pour de bon en commençant à les supplier. Lenny put voir les yeux de Casper se mettre à briller de plaisir anticipé.

« Putain celui-là il va être trop bon, j'te promets Lenny, c'est du premier choix ! Tu vas vite l'oublier ton Evan ! »

« Il est blond, je préfère les bruns... Et j'adore le prénom Evan, » fit Lenny, maussade.

« Non, c'est juste des mèches, il est plutôt châtain. » Il se pencha vers le gamin, l'obligeant à le regarder, lui maintenant fermement les joues entre ses doigts « Les yeux sont marron mais avec du vert, comme tu aimes. Comment tu t'appelles merdeux ? »

« De... Dennis, » gémit le gosse effrayé, à moitié dans les vapes.

Puis Casper commença son inspection, tâtant le jeune garçon sous toutes les coutures comme un fermier ferait d'un cochon avant l'abattage, alors que Lenny continuait sur l'A11.

Arrivés vers l'intersection avec Campbell Road, Lenny prit son courage à deux mains, il engagea la voiture dans Campdell, mais au lieu de continuer tout droit, il la stoppa sur un côté, au niveau de Arnold Road.

« J'y vais pas, Casper. »

« Quoi ? »

« J'ai dit, j'y vais pas. J'en ai marre, j'ai pas envie de faire ça. C'était ton trip pas le mien. Moi ce que je voulais, c'était Evan. Les autres, j'm'en tape. Chuis pas comme toi Casp', chuis pas un assassin, j'ai pas envie de continuer. Prends la camionnette, de toute façon le gamin peut plus bouger, alors t'as plus besoin de moi. Prends-le, fais ce que tu as à faire. Moi je rentre à la maison. »

« Pour faire quoi, connard ? Te branler en pleurant sur ton petit Evan chéri ? T'es vraiment qu'un sale pédé, Lenny ! »

« Tu peux bien gueuler tout ce que tu veux, je descends ici ! »

« Pauvre con ! » s'écria Casper, furieux. Il se précipita sur son frère et l'empoigna par le col.

« Arrête Casp', me frappe pas ! C'est pas contre toi, putain. Je t'ai aidé à le chopper ce merdeux, non ? Alors fous-moi la paix, j'ai pas envie de le baiser ! » pleurnicha Lenny en levant un bras pour se protéger.

Casper attendit un moment, pour réfléchir, le silence dans le Vivaro seulement perturbé par les pleurs désespérés du garçon ligoté.

« File-moi le pass. »

Lenny lui tendit une paire de clés, attachées à un gros mousqueton. « Tu vas au cimetière, comme d'hab ? »

« Tu veux que j'aille où sinon, pauvre crétin ? Putain Lenny, parfois t'es tellement con que je me demande comment tu fais pour pisser tout seul. »

« M'engueule pas Casp', chuis désolé, mais vraiment j'ai pas envie... Tu vas le larguer où ensuite ? »

« Mile End, comme tu me lâches, c'est le plus simple. »

« Okay... Pardon, Casp' » fit Lenny en se levant pour laisser la place du conducteur à son frère. « Pardon pour tout, mon frère, mais c'est trop difficile. »

« Humm, t'es surtout qu'un putain de merdeux doublé d'une lopette. On peut vraiment rien tirer de toi. T'aurais dû continuer à faire la pute, c'est encore comme ça que tu t'en tirais le mieux, » rétorqua méchamment Casper alors que son frère descendait du véhicule.

Sans lui laisser le temps de répondre, il ferma la porte et démarra. Il ne jeta pas un seul regard à son frère dans le rétroviseur. S'il l'avait fait, il l'aurait vu se précipiter en courant dans Arnold Road, chez eux.

Lenny courait, comme si sa vie en dépendait. Ce n'était certes pas sa vie qui était en jeu, la sienne était finie, il le savait bien. Mais il avait un timing précis à tenir s'il voulait mettre son plan à exécution. Ce soir, il sauverait peut-être une vie, comme une rédemption pour celle qu'il allait prendre. Le petit Dennis allait souffrir cette nuit, mais il serait peut-être encore vivant demain matin si Lenny réussissait son coup.

Cette nuit, il dirait adieu à une vie de misère, de prostitution, de douleur et de soumission, envers son père et son frère. Lenny Wheeler ne serait jamais aimé.

Mais il allait se venger. Son frère lui avait volé sa princesse et il le prenait pour un crétin. Il allait payer ses crimes.

Il entra dans la maison.

C'était simple, il avait déjà tout préparé à l'avance. Il ne quitta pas ses gants en cuir bien chaud pour faire ce qu'il avait à faire. Courant dans sa chambre, il prit les sept sacs en plastique contenant les affaires des garçons, les jeta dans la poubelle à l'extérieur de la maison, le plus loin possible mais toujours sur le trottoir. Il retourna ensuite à l'intérieur, entrouvrit les fenêtres pour permettre à l'air de bien circuler puis descendit au sous-sol pour prendre les bidons d'essence qu'il y avait entreposés. Il vida les bidons partout dans la maison, dans les recoins, les endroits importants, les inutiles. L'air puait. Il fallait que tout crame. Dans la poubelle de la cuisine, il vida tous les papiers qu'il avait triés depuis des semaines, tous les documents qui se rapportaient à lui, ses photos. Il ne voulait plus rien de lui. Lenny Wheeler était un bon à rien.

Il ouvrit son briquet avec une étrange fascination, jeta un chiffon enflammé au sous-sol qui s'embrasa, un autre dans les chambres de l'étage, au pied des escaliers et mit le feu dans la poubelle de la cuisine.

Il était 23h56 quand il avait quitté Casper, à 00h11, il s'échappa de leur maison qui flambait.

Dans peu de temps les voisins verraient les flammes sortir des fenêtres éclatées par la chaleur. Il ne resterait rien, vu la quantité d'essence qu'il avait versée à l'intérieur.

Il sauta sur son vélo, bien emmitouflé dans sa parka, bonnet, écharpe et gants, son sac à dos bleu nuit avec les derniers éléments de sa vie sur son dos.

Il roula comme un fou sur Arnold Road, sauta du vélo qu'il porta aisément sur une épaule, traversa en courant le petit pont qui surplombait la voie ferrée pour se retrouver de l'autre côté, directement sur Eleanor Street et reprit son vélo pour, de là, rouler jusqu'au bout de la rue. Il atterrit sur les vieux hangars qui étaient loués comme garages. Casper le prenait peut-être pour un con, mais il ne s'était pas rendu compte que Lenny avait enlevé la clé qui permettait de rentrer dans les bâtiments qui abritaient leur garage. Lenny s'y précipita, ouvrit le hangar, renversa le bidon d'essence et les restes de peinture qu'il avait laissé, puis, enflammant un chiffon, il le jeta dedans pour son deuxième feu de joie. Parfait.

Il reprit son vélo à 00h20.

Maintenant, il avait rendez-vous avec la Tamise.

Il pédala plus vite que jamais, ne s'arrêtant pas une seule fois. Ses jambes étaient en feu, ses poumons le brûlaient alors que l'air froid pénétrait violemment à l'intérieur à chacune de ses respirations. Il sentait la sueur couler dans son dos mais ne s'arrêta pas, jetant fréquemment des regards sur sa montre pour vérifier qu'il était dans les temps. Il ne fallait pas que Casper en réchappe. Il n'avait pas le droit à l'erreur.

Il avait déjà fait plusieurs fois le trajet depuis la veille, calculant et recalculant son itinéraire. Casper devait être en train de violer le garçon. Normalement, pour sa première baise, il aimait prendre son temps, surtout que là le gamin avait l'air plutôt bien réveillé, du moins assez pour que Casper s'amuse. La baise en elle-même allait bien durer une demi-heure, d'autant que Casp' n'avait pas encore trop bu. Il ferait durer le plaisir comme il disait. Ensuite, il s'amuserait un peu avec ses dents. Puis il boirait une douzaine de bières. C'était à ce moment-là que lui, Lenny, prenait son tour normalement avec les garçons. Mais il se doutait que son absence ne changerait rien aux habitudes de Casp'.

Il avait suffisamment râlé avec Harry justement à cause de ça. C'était la première fois que Lenny tirait son coup en premier. Et deux fois de suite, s'il vous plaît ! Casper s'était bien marré cependant et il avait profité du spectacle. Il s'était même branlé en le voyant faire. Il avait giclé sur le visage de sa princesse, qui avait vomi. Alors ensuite Lenny l'avait bien nettoyé, avec un chiffon propre et la bouteille d'eau qu'ils avaient toujours dans le fourgon. Il ne voulait pas que sa princesse ait du foutre sur son joli visage. C'était déjà lui qui l'avait nettoyé pour lui enlever les résidus de chloroforme, afin d'éviter que le produit ne le brûle. Il voulait le garder intact.

Il le voulait tout court, dès le moment où il l'avait vu dans le bar commander une bière avec un joli sourire timide au serveur. Il avait craqué. C'était lui, lui qu'il cherchait depuis des années. Il aurait voulu aller le voir, lui parler, le draguer, mais il en était incapable. Ainsi, il s'était contenté de rester dans l'ombre, l'observant à la dérobé, admirant les lèvres roses couvertes de mousse de la bière avant que la petite langue ne vienne dessus pour les lécher. Comme il aurait aimé pouvoir goûter cette langue, ces lèvres. Il l'avait fait, lorsqu'il lui avait fait l'amour la première fois, mais sa princesse était vraiment dans les vapes, elle gémissait, sans se rendre compte de ce qui se passait. Son goût était encore meilleur que ce qu'il avait imaginé.

Réalisant qu'il bandait malgré les efforts physiques et le froid, il s'obligea à revenir au présent, au temps qui filait entre ses doigts.

Quand Casper aurait fini de boire, il irait pisser son premier coup. Puis il re-violerait le gamin. Re boirait. Il avait embarqué plus d'une vingtaine de bières plus une bouteille de whisky. En général, il baisait deux à trois fois, selon son humeur. Comme Lenny n'était pas là pour s'amuser lui aussi, il supposa que Casper jouerait un peu plus à frapper le gosse et le mordre afin de passer le temps. Il allait sûrement le baiser trois fois, ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas fait quelqu'un. Or, Casper ne supportait pas la frustration. Ouais, qu'il soit là ou pas, le garçon en avait pour au minimum trois heures à se taper Casper.

Enfin il arriva à destination, à Grand Union Canal.

Il posa son vélo et l'accola à une rambarde. Il n'en aurait plus jamais l'utilité.

Il prit son téléphone portable, pour passer le coup de fil le plus important de sa vie, le dernier. Il était 00h42. Casper devait avoir fini la première manche, il fallait se grouiller.

Il fit le 999.

Une fois que l'opératrice lui débita son baratin, il se mit à expliquer le plus calmement possible.

« Je m'appelle Lenny Wheeler, j'ai vingt-huit ans. Avec mon frère, Casper Wheeler, on est les Macaques. Avant de dire que c'est une blague écoutez-moi bien, parce que vous comme moi, on a peu de temps. »

« Monsieur, pouvez-vous m'indiquer votre numéro téléphonique et l'endroit d'où vous appelez ? »

« Bordel, tu le connais mon numéro, je sais qu'il s'affiche ! T'as pas compris ce que je viens de te dire ? Mon frère est en train de baiser un gamin, en ce moment même, là où on les baise toujours, à Tower Hamlets Cemetery Park. Vous avez pas toute la nuit devant vous si vous voulez sauver ce qu'il reste des fesses de ce gosse ! »

« Monsieur, j'ai compris que vous vouliez me dire qu'une personne est en danger, mais calmez-vous s'il vous plaît, je dois noter ce que vous me dites. Où est cette supposée victime ? » reprit l'opératrice tout en appuyant sur un appel d'alarme interne, prévenant son chef de quart qu'elle avait un problème.

Celui-ci se précipita, alors qu'elle mettait le haut-parleur et lui montrait ses notes.

Toute l'équipe était en alerte maximale les week-ends, depuis que les meurtres des Macaques avaient commencé. Suite à l'enlèvement du n°7, ils étaient sur les dents, attendant LE coup de fil qui les préviendrait d'un nouvel enlèvement, d'un nouveau corps, d'une nouvelle information. Le Yard était à cran, cela faisait trois semaines que l'inspecteur chargé de l'enquête, Lynley, les bassinait pour qu'ils le préviennent, directement sur sa ligne personnelle au Yard ou sur son portable, en cas de nécessité.

« T'es bouchée toi ! C'est pas vrai, fallait que je tombe sur une bouchée ! Putain, mon frangin Casper est en train de violer un gamin ! Il est à Tower Hamlets Cemetery Park » fit Lenny en articulant exagérément le nom du parc. « On va toujours dans ce foutu parc, parce qu'on a les clés de l'entrée de Knapp Road. »

« Écoutez, monsieur... Wheeler, c'est bien ça ? Vous devez comprendre que nous recevons des appels de ce genre régulièrement et... » fit l'opératrice en regardant son chef de quart qui l'encourageait d'un geste de la main.

« Putain mais fais ton boulot, pétasse ! Demande aux autres, vous devez avoir des alertes incendies en ce moment, à Arnold Road et Eleanor Street. On habite à Arnold Road et on planquait notre Vivaro à Eleanor Street, il y a des incendies à ces adresses, je le sais parce que c'est moi qui ai foutu le feu ! C'est MOI ! »

Le chef de salle se tourna, claqua des doigts pour qu'un autre opérateur vienne en soutien à la première et lui montra les adresses indiquées, faisant comprendre par ce simple geste qu'il fallait vérifier, vite. De son côté, il prenait son portable. La guerre était lancée, il appela Lynley, alors que dans la salle, l'ambiance se faisait électrique, chacun comprenant que ce qu'ils attendaient était enfin arrivé.

« Parce que j'en peux plus moi, vous comprenez ? Je voulais juste pouvoir faire ma vie quand mon père est mort. Tu veux des infos ? Ben écoute, espèce de courge, mon père, c'était Roderick Wheeler. La maison, le garage, la voiture, tout est encore à son nom. Avant on vivait à Liverpool, c'est là qu'on est né, Casp' et moi, mais on a déménagé à Londres quand j'étais gamin. Mon vieux est mort, mais Casper s'est pointé en mars, vous pouvez vérifier, je dis la vérité ! » Sa voix se brisa. « Je demande pardon, pour tout le mal que j'ai fait. Surtout à ma princesse, j'aurai pas dû laisser Casper lui faire aussi mal. J'ai foiré avec ma princesse... »

« Monsieur, vous devez comprendre que tout ce que vous dites est... »

« La ferme, connasse ! La ferme et écoute-moi ! Demande aux pompiers de regarder dans les poubelles, devant la maison qui crame, ils trouveront sept sacs en plastique. Dedans, il y a les fringues que portait chaque victime. Ils trouveront aussi mon masque de singe, j'en veux plus. Je veux plus de cette vie. Mais les flics, faut qu'ils se grouillent, Casp' est avec un gamin, dans le parc, quand il aura assez fait mumuse avec, il ira le planter, à Mile End, avec sa putain de baïonnette. S'il fait comme la dernière fois, il passera par Solebay Street. Au fait, le Vivaro est plus blanc, on l'a repeint en noir. Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire. Dites à ma princesse que je l'aime et qu'un jour j'espère qu'on se reverra, et dites aussi pardon, pour les autres, chuis désolé. Pour moi c'est fini, je veux plus de cette vie. »

« Monsieur, monsieur ! Où êtes vous, d'où m'appelez-vous ? Ne faites rien qui pourrait vous nuire, on peut vous aider, dirigez-vous vers le poste de police le plus proche... »

« Jamais ! J'veux crever vous comprenez ? J'vais me flanquer à la flotte, c'est tout ce qui me reste à faire, chuis sur les quais, à Basin Approach. Adieu. »

Il ferma son portable, le jeta au sol, enleva ses chaussures qu'il posa à côté du portable, son écharpe et son bonnet, qu'il jeta dans l'eau, sa vieille parka suivit le même chemin.

Lenny Wheeler allait mourir.

... ... ...

Par un heureux concours de circonstance, Lynley, Nkata et Havers étaient encore au bureau. Le hasard n'avait en fait rien à voir là-dedans. Comme le week-end précèdent, ils faisaient le pied de grue, attendant que deux heures du matin soient passées avant de se décider d'arrêter thé, café et cigarette pour rentrer chez eux.

Le téléphone de Lynley se mit à sonner, il lui sauta dessus, manquant de renverser son café.

« Lynley. »

Il fallut moins de dix minutes pour alerter tous les services concernés et les mettre en branle. Lynley ordonna que trois véhicules de la police métropolitaine se dirigent, sans sirène, aux endroits indiqués par le dénommé Lenny Wheeler : Mile End sur Solebay Street et Burdett Road, Tower Hamlets' Cemetery en passant par Knapp Road. Une équipe sur Arnold Road et Eleanor Street, deux dernières équipes pour inspecter les environs de Limehouse Basin, jusque sur la Tamise.

Le mot d'ordre était simple : il fallait arrêter les Macaques, deux hommes dangereux, potentiellement armés au moins de couteaux. Ils avaient une nouvelle victime, la priorité c'était elle, peu importait que les Macaques soient capturés morts ou vifs.

Effectivement, les pompiers étaient déjà sur deux incendies aux endroits indiqués, l'un pour l'incendie dévastateur d'une maison, l'autre dans des vieux hangars.

Pour Lynley et son équipe, ce n'était pas une plaisanterie de mauvais goût. L'information sur Liverpool n'avait pas été donnée aux médias, de même que celle des pass, de Solebay Street ou de la baïonnette. Arnold Road était dans le cercle réalisé par Lynley sur la carte. Plus encore, personne d'autre que Harry, les enquêteurs et les médecins les plus proches ne savaient que Lenny appelait Harry 'princesse'.

Ils fonçaient, une boule au ventre, le stress et la tension de leur mission les aveuglant.

Havers sur Mile End, Lynley et Nkata à Tower Hamlets, où trois véhicules remplis de policiers en uniforme les attendaient déjà.

Arrivés sur Knapp Road, Nkata descendit et donna un simple coup de pied dans le portail en fer. Les véhicules de la police s'engouffrèrent aussitôt, en silence. Lynley ne voulait pas que Casper panique en entendant des sirènes, tue le garçon et réussisse à s'échapper.

Il avait des promesses à tenir.

« Le portail était pas fermé à clé, » grogna Winston en rentrant dans la voiture. Ils ne firent que quelques mètres avant de s'arrêter.

Puis les policiers s'enfoncèrent dans les chemins et sentiers du parc, arme au poing.

Lynley, Nkata et trois agents, marchaient en silence, leurs lampes torches éclairant les chemins, les arbres et les tombes.

Lynley regarda sa montre, anxieux, les battements de son cœur résonnant dans ses tempes. Ils avaient mis moins de quinze minutes pour venir, n'ayant éteint leur sirène qu'en arrivant sur Routon Road. Malgré tout, une bonne demi-heure s'était écoulée depuis l'appel téléphonique de Lenny. Un appel du central leur avait confirmé que les policiers envoyés à Arnold Road avaient trouvé, dans la poubelle marquée au nom de la famille Wheeler, sept sacs en plastique remplis de vêtements, de chaussures et de portefeuilles. Ils appartenaient aux victimes des Macaques.

Un cri déchira l'air, leur envoyant une brutale décharge d'adrénaline.

... ... ...

Le cri du garçon transperça les tympans des cinq ombres qui se mirent à courir vers lui, chacun fixé sur son objectif, se terrant dans ses pensées.

Un gamin, un autre gamin est en train de souffrir. Harry, roulé en boule, pleurant, des traces de morsure sur le corps. Il m'a demandé de les arrêter. Je vais le faire, Harry, j'y vais. Lynley ne songeait qu'à eux, qu'aux victimes, Harry et l'inconnu dans la camionnette en priorité.

Merde ! Lynley court trop vite, faut que j'accélère le pas ! Merde, merde ! ne put que penser Winston, courant derrière Lynley à en perdre haleine.

J'y suis, c'est ma première vraie inter'. Cette fois, c'est pas un entraînement, les gars ! Je suis avec des agents du Yard. On va choper les Macaques. Maman va pas y croire, Karen non plus quand j'vais leurs raconter ! Le jeune agent Zachary Anderson, vingt ans tout rond, avait certes peur mais il ne savait pas, tout entier tourné vers ses premières sensations, que la réalité n'était pas toujours telle qu'on l'imaginait

L'inspecteur de la Met' se demandait si ce n'était pas un piège mais Lynley ne ralentit cependant pas son rythme, il devait courir, courir ! Parce que les cris, eux, étaient bien réels. Un garçon, un gamin était en train de souffrir. L'adrénaline circulait à plein régime dans son sang, il savait qu'il devait rester vigilant car, de ce qu'ils connaissaient des Macaques, ces derniers étaient capables de tout. Lenny avait-il réellement voulu se repentir ? Avait-il vraiment abandonné son frère parce qu'il regrettait ce qu'il avait fait à tous ces jeunes hommes et à Harry en particulier ? Mais surtout, la question qui ne cessait de tourner dans sa tête était : et s'ils arrivaient trop tard pour sauver cette victime-là ?

La lumière de la lampe de Lynley, toujours devant, éclairait des tombes, des arbres. Celles de ses collègues qui le suivaient aussi. Elles semblaient affolées, ces lumières, comme l'enfant qui pleurait actuellement. Des tombes, des arbres, rien d'autre. Ils arrivèrent devant le Vauxhall, noir comme la nuit. Ils ne voyaient rien à cause de cette pluie et de ce brouillard. Il n'y avait presque pas de lumière à part celle s'échappant faiblement des vitres et du pare-brise avant.

Lynley montra à Nkata et à un agent, le chef Leigh, l'arrière du véhicule. Winston hocha la tête en réponse, silencieusement. Bien, Lynley souhaitait que l'équipe se divise en deux, lui et l'ancien à l'arrière, les trois autres à la porte latérale. Le grand homme à la balafre sur le visage soupira intérieurement, soulagé que Lynley ait eu la présence d'esprit de le mettre avec le chef Leigh, bien baraqué, et non pas avec le gosse terrorisé qui avait dû tout juste sortir de l'école de police.

Pendant que Nkata et l'agent se dirigeaient vers les portes doubles de l'arrière, Lynley et les deux autres se positionnèrent à la porte latérale. Des sanglots puis des paroles étouffées, des suppliques remplies de douleurs et de peur se faisaient entendre, emplissant l'air autour d'eux, surpassant le bruit de leur respiration haletante à cause de leur course folle. Le garçon enfermé à l'intérieur devait vivre un martyr.

Tommy prit une grande inspiration, ferma les yeux pendant deux secondes à peine. Il fallait le faire, le poids de l'intervention reposait sur ses épaules, de même que la vie de toutes les personnes présentes. S'obligeant à faire le vide, Lynley rouvrit ses yeux, qui tombèrent directement sur le gosse aux cheveux rasés, au visage pâle comme la mort qui le regardait, telle une chouette perdue en plein jour, et dont les mains tremblaient. Il lui fit un signe de la main, rapide et directif. Après quelques secondes à rester debout comme un abruti, le gamin eut finalement un éclair de génie, comprenant ce que voulait Lynley. Il se positionna le long de la porte, la main posée sur la poignée, sans cesser de fixer Lynley, en quête de son approbation. Ce dernier, toujours de la main et en silence lui fait signe de s'arrêter, de ne pas ouvrir la porte de suite.

Finalement, ne supportant plus l'attente ni les bruits et avisant que chacun était prêt dans l'expectative de sa décision, Tommy fit un rapide signe de tête. Aussitôt, plusieurs actions se passèrent simultanément dans un brusque tumulte assourdissant.

A l'arrière, Winston ouvrit les portes, le chef et lui les armes au poing.

Sur le côté, le gamin tira de toutes ses forces sur l'ouverture latérale.

Ni Lynley ni Nkata ne se rendirent compte qu'ils criaient en même temps le même mot, tant chacun était concentré sur son objectif, sa mission, son devoir.

« Police ! » hurla donc Lynley en pointant son arme dès que la porte du véhicule fut ouverte en grand devant lui. L'autre agent de police, un certain Jack, fit de même à ses côtés, l'un et l'autre sans même remarquer que leur collègue, le gamin, s'était retrouvé les fesses par terre et les quatre fers en l'air.

L'odeur nauséabonde leur emplit le nez, tandis que, devant leurs yeux, un homme grand et lourd, le pantalon sur les chevilles, était vautré sur un jeune garçon, blond, qui baignait dans le sang et les larmes, ses bras tirés en arrière, les poignets liés entre eux et tenus par un solide anneau, un mousqueton apparemment, fixé au sol. Les jambes suppliciées du blond, couvertes de morsures, étaient maintenues largement écartées par des mains grosses comme des battoirs qui les avaient saisies au niveau des genoux, les faisant presque toucher le sol crasseux du véhicule recouvert de bouteilles de bière vides.

Un visage marbré de larmes, brûlé sur la bouche et sous le nez, des yeux marron remplis de détresse, se tourna vers Lynley, alors que des cris s'échappaient de la bouche tordue par la douleur.

Son bourreau eut juste le temps de relever la tête, surpris en pleine action, ses lèvres recouvertes de sang.

Nkata et le chef Leigh, à l'arrière, ne virent quant à eux qu'une paire de fesses blanches et des jambes couvertes de poils noirs placées entre un corps marqué de rouge. Une rage subite, incontrôlable, aussi noire que sa peau, envahit Winston. Il ne pouvait rien voir d'autre que ça, que cette brute qui martyrisait un gosse, un bébé, un pauvre bébé pâle qui pleurait. L'envie de casser la gueule à l'enfoiré monta en lui, véritable poison liquide qui courait dans ses veines. Il fallait que cette ordure dégage de ce p'tit gars.

Venu de très loin, un rugissement animal se fit entendre. Deux secondes à peine après que la porte soit ouverte, l'homme sortit du champ de vision de Lynley, projeté en arrière par une ombre noire qui lui enserrait le cou.

Ce cri réveilla Lynley qui d'un bond, sauta dans le fourgon, les yeux rivés sur le jeune homme allongé.

« Zack ! Bordel, viens en soutien ! Ton arme, putain Zack ! » gueula le fameux Jack au jeune flic encore à terre.

Ce dernier, totalement hébété, se décida à se relever, puis, après un dernier bref regard à Lynley, il prit le parti de suivre son aîné, imitant ses gestes, regardant lui aussi devant et sous le véhicule afin de le sécuriser. Un seul Macaque était présent dans l'habitacle. De ce qu'ils en savaient, le deuxième pouvait tout aussi bien se trouver planqué dans un coin qu'à tenir compagnie aux poissons au fond de la Tamise.

Winston avait arraché Casper de sa jeune victime dans un bruit écœurant de succion. Il projeta le Macaque hors de la voiture, ce dernier se vautrant directement par terre et il lui tomba dessus, son bras toujours autour de son cou. Il n'avait qu'une envie : le buter, tout légionnaire qu'il était, lui choper le cou, le tordre, l'étouffer, l'étrangler.

« Donne tes mains, connard ! Donne tes mains ! »

Le garçon ne quittait pas des yeux l'inspecteur de la Met' qui se rapprochait de lui. Allongé sur le dos, il pleurait toujours comme un désespéré, un condamné à mort qui voyait sa dernière heure arrivée, ses jambes prises de soubresauts et de tremblements. Sa poitrine, couverte elle aussi de morsures sanguinolentes, se creusait à chaque respiration sifflante, paniquée, qu'il prenait.

« Aidez-moi, pitié, aidez-moi ! »

Lynley s'agenouilla près de lui. Le jeune homme pleurait, les larmes coulant sur ses joues sales, sur ses narines et sa lèvre brûlées par le chloroforme, elles noyaient ses prunelles pleines d'une douleur indicible.

« Aidez-moi, je vous en supplie, aidez-moi, je ferai tout ce que vous voulez, mais aidez-moi, par pitié, par pitié. » Puis ses paroles devinrent incompréhensibles alors qu'il s'étranglait avec ses propres sanglots.

Casper rigola, il puait la bière, le sperme, la sueur, la pisse. Winston le frappa par terre, sa sale tête plongeant dans la boue, tandis que l'agent lui flanquait un coup de coude dans les côtes, provoquant un grognement de satisfaction de la part de Nkata toujours à califourchon sur son dos.

« Donne-moi tes mains j'te dis, fils de pute ! »

« Viens les chercher toi-même, sale négro, » répondit l'enfoiré en se marrant.

« J'arrive, connard, j'te lâcherai pas, enfoiré de bâtard ! »

Sans pouvoir se contrôler, Nkata lui cracha dessus. Tout en le maintenant au sol, il lui attrapa une de ses mains, lui tordit le bras puis fit pareil avec l'autre, les entravant de son poids. Il attrapa ses menottes et d'un geste les lui passa aux poignets, les serrant le plus possible.

« T'es baisé, enfoiré »

Casper rigolait toujours, ses lèvres s'étirant dans un sourire sanglant dans la terre.

« Moi non, mais le blondinet là-dedans, moi je l'ai baisé, négro. »

« Ta gueule, pauvre merde. »

Nkata se redressa enfin, préférant s'éloigner de l'ordure avant de réellement mettre ses menaces mentales à exécution. Il ne retint pas cependant un coup de pied qui l'atteignit dans le flanc

« Ton arme, bordel de merde ! Zack, pointe pas ton arme sur nous ! Mais on vous apprend quoi à l'école, bon Dieu ! » beugla le chef Leigh au jeune agent qui accourait vers eux.

« Y'a personne d'autre chef, Jack et moi on a vérifié, » fit le gamin, visiblement dépité de se faire encore engueuler, puis son visage se pencha vers l'homme à terre. Une terreur sans nom l'envahit aussitôt alors qu'il restait paralysé face aux billes noires qui le dévisageaient et à la bouche sanglante. Il déglutit péniblement sans pouvoir rien faire d'autre.

Casper souriait. Il sortit sa langue et la passa lentement sur ses lèvres, en faisant un clin d'œil au jeune flic terrorisé qui put lire sur ces dernières : t'es le prochain.

De pâle, Zack devint transparent. Le prochain ? Au Seigneur... Son envie de faire pipi qui l'avait prise au plus mauvais moment, à savoir quand il devait ouvrir la porte, se rappela joyeusement à lui. Ce ne fut que par un instinct bienfaiteur qu'il ne se fit pas dessus en vidant entièrement sa vessie devant le Macaque. Cependant, les quelques gouttes qui vinrent s'échouer dans son caleçon le réveilla de sa transe. La peur au ventre, il réussit à se détourner enfin. Il se précipita de nouveau vers le fourgon, se demandant ce qu'il pourrait faire pour se rendre utile et qui lui ferait oublier ce qu'il venait de vivre à l'instant.

Winston entendit le chef et le jeune flic, mais il ne les voyait pas, pas vraiment, alors qu'il restait bloqué à regarder les fesses blanches devant lui. Casper était toujours allongé par terre, le visage couvert de boue, sa bouche pleine de sang étirée en un étrange sourire. Enfin, les deux plus vieux agents le relevèrent, lui remontèrent son pantalon et l'entraînèrent un peu plus loin.

Alors Nkata se tourna et vit Lynley penché sur le gosse dans la camionnette.

Lynley tendait ses mains vers lui, lui soulevant la tête avec toute la délicatesse, voire la tendresse qu'il pouvait mettre dans ce geste, afin qu'il ne s'étouffe plus. Il lui caressa la joue, essuyant ses larmes tout en plongeant ses yeux dans les siens, comme pour le rassurer, le consoler.

« C'est fini, c'est fini. On est de la police. Il ne te fera plus de mal, tu es sauvé. »

« J'ai crié à l'aide, j'ai crié à l'aide, » s'étrangla le blondinet en le regardant toujours.

« On t'a entendu, on est venu, tu ne risques plus rien. »

Soudain une ombre surgit à leurs côtés. Elle coupa les liens du gamin, qui se redressa immédiatement vers le grand inspecteur blond qui le prit contre lui et le berça. Il passa son bras dans son dos, pour le soutenir et l'apaiser. La jeune victime pleurait toujours, hystérique et tremblante.

« Monsieur, s'il vous plaît, je veux rentrer chez moi. Je veux rentrer à ma maison. »

« Oui, ne t'inquiète pas, une ambulance va venir, tu vas rentrer chez toi, c'est fini. »

« Comment tu t'appelles, mon grand ? » lui demanda l'ombre, à savoir Nkata, d'une voix douce.

« Dennis, Dennis Marshall... »

Winston resta agenouillé devant lui. Alors qu'ils se regardaient, le grand policier sentait sa rage le quitter enfin, tandis qu'un violent mal de dos le saisissait. Résultat sans l'ombre d'un doute de la tension de ses muscles due à l'adrénaline et à sa petite séance physique avec Casper. Il sourit au gosse, dont les yeux ne le quittaient pas. L'enfant comprenait-il, se souvenait-il que c'était cet homme qui avait enlevé de sur son corps le monstre qui le violentait, il y avait de cela quelques minutes à peine ?

Sans doute, car quand Nkata se retourna pour sauter à l'extérieur du véhicule, la victime gémit et tendit sa main vers lui.

Le jeune agent, que Nkata avait bousculé sans même le voir, s'approchait à pas lent de l'habitacle. Avec toute la bonne volonté du monde, il pensait qu'il pouvait peut-être faire quelque chose ? Mais son visage devint de nouveau translucide tandis qu'il découvrait véritablement la scène devant lui.

L'odeur, la vue du sang, des marques de morsures, les traces sur la moquette, le regard du garçon qui devait avoir son âge, peut-être même qu'il était plus jeune, le plongèrent directement en enfer alors que la nausée l'envahissait.

Il eut juste le temps de se précipiter vers le buisson le plus proche pour y vomir ses tripes et ses boyaux sous le regard compatissant de Nkata. Ce dernier leva son visage vers le ciel. Il était noir, sans lumière. Le policier ferma les yeux, réalisant subitement que la pluie avait enfin cessé de tomber.

Les autres équipes arrivèrent pour embarquer leur prisonnier, pendant que l'ambulance faisait hurler ses sirènes. Dans le fourgon, le gamin pleurait en le dévisageant... Lynley aussi vraisemblablement, une main soutenant sa tête blonde, l'autre toujours passée dans le dos du garçon pour le soutenir. Winston décida de remonter à l'intérieur. Sa place était là désormais, avec ce petit gars qui le voyait arriver comme le sauveur qu'il était devenu pour lui.

« Patron, l'ambulance arrive. »

Nkata prit la main de la victime dans la sienne. Le jeune la serra si fort que ça lui faisait presque mal. Presque.

Les ambulanciers arrivèrent et le gosse pleura plus encore. Il avait peur.

« Je vais le prendre avec moi, patron. Allez viens, petit. Patron, lâchez-le, je le prends, je m'en occupe maintenant, j'vais rester avec lui. Viens petit, viens. »

Lorsque Lynley le lâcha, le gamin tendit immédiatement ses bras en direction de Nkata qui le porta tandis qu'il se cramponnait à lui. Il le descendit de la fourgonnette pour le poser sur le brancard. Quand il se retourna, Lynley était encore assis par terre dans la camionnette, le visage posé dans l'une de ses mains

Nkata monta dans l'ambulance en tenant fermement la main de celui qui était dorénavant son p'tit gars.

Le premier qui lui parle mal, je le bute.

... ... ...

En faisant entrer sa clé dans la porte de son appartement de Higman Hill, Dennis Miller eut l'impression de revivre.

D'ailleurs, il y avait un peu de ça.

Un immense sentiment de liberté lui emplit la poitrine.

Comme il aimait cet appartement et sa vie, elle ne pouvait pas être plus belle. Enfin si, elle pouvait, mais ce n'était qu'une question de temps, bientôt elle serait parfaite.

Soupirant d'aise, il enleva ses chaussures, posa son sac bleu dans l'entrée et se dirigea à la salle de bain pour prendre une bonne douche. Une fois nu dans sa salle de bain, il s'examina. Son nouveau corps lui plaisait de plus en plus. Encore deux ou trois mois à faire son régime, sa musculation, ses séances de natation et il serait méconnaissable. Bien sûr, il lui faudrait cacher le plus gros des transformations sous des pulls, histoire que cette tarée de Nancy lui foute la paix.

Il se plaça sous le jet d'eau chaude, se mouilla les cheveux, laissant la chaleur le détendre. Il était bien.

Une nouvelle vie commençait pour lui. Sa sortie à Soho dans l'après-midi était un succès. Il avait bien vu que plusieurs autres hommes étaient intéressés. C'était parfait, son samedi s'était merveilleusement déroulé.

Il prit du gel de douche à la vanille, se lavant à la main, faisait courir ses doigts sur son corps totalement imberbe, y compris au niveau de l'entrejambe. Il ne supportait pas les poils, nulle part. Il se lava avec beaucoup de soin car l'hygiène et la propreté, c'était très important. Il l'avait appris grâce à son mentor, celui grâce à qui il en était là aujourd'hui, qui l'avait protégé, l'avait aidé à avoir un bon métier et une situation. Le docteur Priest. Béni soit cet homme. S'il ne l'avait pas rencontré l'année de ses seize ans où serait-il aujourd'hui ? Sans doute dans un trou à rat, en prison ou au fond de la Tamise.

Il passa sa main sur son sexe nu, glabre et le caressa. Se ferait-il un plaisir solitaire ? Il décida que oui. Emporté par la chaleur et les vapeurs de la douche, enivré par le parfum excitant de la vanille, il jouit en à peine trois minutes, la tête pleine d'images plus délicieuses les unes que les autres.

Il finit de se laver, le corps et les cheveux qu'il massa soigneusement. Il sortit ensuite de la douche, s'enveloppa dans une serviette moelleuse et alluma la télévision en passant dans le salon pour se diriger à la cuisine.

Il avait une fringale d'enfer.

Prenant dans le frigo tout ce qu'il lui faisait envie, il décida que pour ce soir, enfin cette nuit vu l'heure plus que tardive à laquelle il rentrait, son régime irait voir ailleurs s'il y était.

Jetant la serviette dans le lave-linge, il se balada, complètement nu dans son appartement. À partir d'aujourd'hui, il ferait ce qu'il avait envie.

Il allait quitter Londres, vivre une nouvelle vie, plus proche de la campagne, avec un petit-ami adorable. Voilà, ça c'était son nouveau projet de vie.

Pour fêter sa résolution, son nouveau départ, il décida de s'offrir, en plus de son festin tardif, une bouteille de champagne.

Il fallait au moins ça.

... ... ...

À Suivre

... ... ...


NDA : Comme toujours un grand merci à tous ceux qui ont mis cette fiction en follower ou en favorite (je vous aime !) et à ceux qui ont laissé une review, dont les guests Elodie57, Lalouve, Choupy, Salimandre, Marie et Hikaru. Je ne peux malheureusement pas répondre aux anonymes ici, mais sur les conseils d'Archimède (ma bêta-mèche quand l'occasion se présente et mon petit hibou préféré, toujours) vous pouvez maintenant lire mes réponses individuelles à vos reviews sur le forum dont le lien est sur mon profil.

Je tenais quand même à remercier chaleureusement ici Salimandre pour sa review. J'avoue que j'ai eu du mal à m'en remettre ^^'

Félicitations à Nanachan14 pour la 200ème review !

La semaine prochaine, vous serez les bienvenu(e)s, ou pas, dans l'esprit d'un monstre...